Amicalement Vôtre
Chapitre 2 · La déchéance
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Amicalement Vôtre — Chapitre 2 · La déchéance

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Jane Does
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Amicalement Vôtre

Chapitre 2 · La déchéance

Drôle de silence qui s'instaure après le départ de Benoit. L'impression bizarre que mon mari m'en veut. Est-il frustré par mon refus catégorique de faire ce trio vers lequel il a tenté de m'emmener ? Un jeu extrêmement dangereux auquel je n'ai pas voulu donner une suite favorable. L'air renfrogné, il se retire dans son atelier, et j'entends rapidement le bruit de ses machines à bois. Il construit des nichoirs pour les oiseaux de notre jardin. Je dois aller le rechercher pour le déjeuner. Couvert de copeaux, il ne me desserre pas les dents. Son ami lui manque-t-il à ce point ? Dire que nous ne nous sommes même pas disputés, c'est à n'y rien comprendre.
— Le repas est prêt, Romain ! Nous pouvons passer à table… tu viens ?
— …
Pas un mot ! Mais pourquoi ? Que peut-il me reprocher ? D'avoir été fidèle, d'être restée loin de la tentation et Dieu sait que j'en ai eu envie. Mais le faire une première fois, d'une part ça n'a rien de facile et puis… où cela m'aurait-il mené. Je juge donc sa réaction disproportionnée. Mais je ne tiens pas à ce que son mutisme du moment se transforme en querelle. Et je mets mon poing dans ma poche. Ça lui passera surement assez vite. C'est fou ! Il se contente de m'éviter, et traîne franchement des pieds pour me rejoindre à la cuisine. Moment très pénible que ce repas à deux ou seuls les bruits des couverts crèvent le mur de silence qui s'installe là !
Une fin de journée à l'avenant de ce délicat déjeuner où nous ne nous sommes guère desserré les dents. J'ai toujours en travers de la gorge ce mot « salope » lancé avec une désinvolture que seuls les types bourrés peuvent avoirs. Puis la télévision et notre salon prennent le relai. Un de ces téléfilms dont les chaines nous abreuvent depuis des mois, des séries interminables, souvent insipides, dont Romain ne voit jamais que le début, puisqu'il somnole toujours à plus ou moins longue échéance. Nous sommes installés sur le canapé chacun d'un côté, laissant libre la place du centre. Mais bizarrement, ce soir, il ne dort pas.
Si sa tête dérive lentement vers le milieu du sofa, ce n'est certes pas à cause de trop de fatigue. Non ! Au bout d'une vingtaine de minutes de visionnage d'une « Astrid » autiste plus vraie que nature, mine de rien, c'est tout le corps de mon mari qui a une nette tendance à se rapprocher de moi. Je ne fais aucun mouvement pour venir à sa rencontre, aucun non plus pour éviter qu'il ne vienne me frôler. Et dans la seule lumière émise par l'écran, sa patte rampe vers la mienne. La chaleur de la jonction de nos doigts et très communicative. Je sais ce qu'il veut, et n'ai absolument pas l'intention de lui refuser un moment câlin.
Réconciliation sur l'oreiller, ou là, plus simplement sur les coussins du divan. Il ne faut que quelques secondes pour que mon corps s'embrase et exprime avec une violence toute relative son trop-plein d'attente. Peut-être aussi que c'est tout bêtement une manière de me libérer l'esprit, de relâcher une incroyable pression que la présence inquiétante de son pote trop empressé a fait monter en moi. Et nous renouvelons tous les deux un de ces moments où la communion de nos corps nous fait oublier tant de choses. Nos soupirs se muent en gémissements, plaintes qui n'ont rien à voir avec de la douleur. Non ! Je me donne comme pour oublier que j'ai un court instant imaginé qu'un autre visage transparaissait en filigrane de celui de mon Romain.
Lui ne se pose aucune question existentielle et profite seulement de ce que nous avons à prendre et à donner. Une offrande commune qui nous fait délirer sur des figures libres et des postures que les experts du Kamasutra ne renieraient pas. Il me reste une pointe d'amertume dans un coin de ma tête, due à un mot trop franchement prononcé, bien qu'atténué, par l'excuse « alcool ». Mais en est-ce vraiment une ? Peut-être que je devrais voir dans le fait qu'il l'ait prononcé dans un moment d'ivresse, un accent de sincérité provocateur. Je jouis tout de même et le plaisir enfonce plus profondément dans mon cerveau les explications à venir… parce qu'à n'en pas douter, il devra se justifier.
Et puis, comme tout, les choses se tassent, et si l'ami de mon mari reste en contact avec lui, je n'ai pas de nouvelles de ce Benoit durant des semaines. Surement aussi que plus ou moins persuadé que j'ai du mal de l'encadrer, Romain s'efforce de ne pas le ramener sur le tapis. Et les jours qui nous séparent de sa visite s'espacent de plus en plus, éloignant le spectre de mon désir pour lui. Je dois toutefois reconnaitre que parfois, j'ai une pensée pour ce trio que j'ai refusé. C'est tel un coup de chaud et surtout, c'est dans des moments où… j'ai besoin de caresses, de tendresse. Bien sûr que mon mari compense sans le savoir, mais… c'est mieux ainsi. La vie reprend ses droits et son cours. J'y pense et puis… j'oublie !
Pourtant, ce soir, en rentrant du travail, je le trouve bien énervé, mon petit homme. Il ne me parle de rien, mais son attitude me plonge dans l'expectative. Il tourne en rond, vient me faire de petits bisous dans le cou, et je trouve ça très spécial, même si au demeurant j'apprécie ses câlineries de gamin. Il est pourtant suffisamment nerveux pour que je sente qu'il y a anguille sous roche. Et alors que nous avons les pieds sous la table pour apprécier « les kneffes maison » que j'ai préparés à la hâte pour accompagner un reste de civet de lapin, il se montre si excité que cette fois, je lui pose la question qu'il attend surement depuis son retour.
— Bon ! Romain qu'est-ce que tu as à la fin ? Et ne me raconte pas que mes « kneffes » te mettent en joie, parce que je ne te croirais pas. Alors, vas-y… dis-moi ce qui te met dans un état pareil.
— Ben… j'ai eu Benoit au téléphone ce matin au bureau.
— Benoit… ? Tu veux dire ton pote de l'armée ? Celui qui a passé deux nuits ici ?
— Oui…
— Ne me dis pas que tu l'as de nouveau invité !
— Non ! Non, ce n'est pas exactement ça. Il m'a appelé pour me dire qu'il venait de signer chez le notaire. Tu te souviens qu'il avait visité des maisons pour se réinstaller dans la région ?
— Vaguement ! Ça veut dire que nous allons le revoir plus souvent ?
— Ben peut-être, oui ! Bon ! Je sais bien que toi et lui, ce n'est pas exactement l'amitié, mais il aimerait que nous allions visiter sa bicoque et que tu lui établisses un devis pour refaire son intérieur.
— … Ah ! Il n'a pas trouvé quelqu'un d'autre pour s'occuper de ça ? Ça me gêne un peu.
— Enfin ! Sophie, je t'ai entendu lui dire « oui », alors bien sûr qu'il n'a pas cherché ailleurs. Il est très enthousiaste de voir ce que tu vas lui proposer.
— C'est tout ? Vous n'avez pas encore manigancé je ne sais quoi tous les deux ?
— Quoi ? Mais… tu dérailles là ! Ton animosité à son égard n'est pas justifiée et surtout, elle n'a aucun fondement.
— Tiens donc ! Nous n'en avons jamais reparlé tous les deux, mais lors de son séjour ici, je me suis entendue insultée assez méchamment par toi, Romain ! Et tu trouves que me pousser à… un trio avec lui, c'est quelque chose d'acceptable ?
— Oh ! J'avais bu et puis je t'ai insulté ? Pourquoi ne m'en as-tu jamais retouché deux mots ?
— Tu ne t'en souviens pas ? « Salope ». C'est un terme que tu peux me donner ça ? Ou un truc acceptable pour ta propre femme ?
— Non bien sûr, et j'en suis désolé. Mais nous avions sifflé presque la totalité de la bouteille d'eau de vie. Tu sais bien que jamais je n'ai eu l'intention de te faire du mal. Et si… j'avoue que le plaisir de te voir te donner devant moi à un autre m'a effleuré l'esprit, j'ai bien compris que ça resterait « mon fantasme ». Mais quelque part, tu t'es avancée et quasiment engagée envers Benoit. C'est une marque de confiance qu'il te montre là, en voulant te confier la réalisation de la remise en ordre de son habitation.
— Je me sens gênée face à ce type avec qui vous avez surement parlé de moi et pas spécialement avec de bonnes ou belles pensées. Et puis avec ta manie de ne fermer aucune porte, je suis certaine qu'il m'a bien reluqué le cul à l'air, alors que comme d'habitude tu t'étais encore entortillé dans le drap. Tu peux saisir que je me sens… plus que nue devant ce gars… qui n'a qu'une idée, celle de me baiser.
— Mais non, tu dis n'importe quoi, ma chérie. Il sait rester à sa place et s'il te kiffe, jamais il n'ira plus loin, nous sommes de vrais copains.
— Ouais ? Au point de me partager… si j'ai bien retenu le fil d'une de nos conversations lors de sa visite sous notre toit.
— Sophie… je t'aime sincèrement. Et si j'ai proposé ça, c'est justement pour que nous n'ayons pas comme tant de couples de nos amis, la velléité d'aller seul chercher des sensations fortes extra conjugales.
— Oui ? Une thérapie conjugale si je comprends bien ! Tu te moques de qui là, Romain ? C'est pour satisfaire ton égo, ou jouir du spectacle de me voir baiser avec un autre ? Et c'est moi qui divague ? Allons…
— Le problème n'est pas celui-là ! Est-ce que oui ou non, nous irons voir ensemble sa nouvelle acquisition ? Après tout, ça ne coute rien et puis c'est ton travail. Une maison complète, ça doit représenter un bon paquet d'heures de boulot et de substantiels revenus.
— Peut-être ! Mais un risque énorme également. Parce que tu ne m'enlèveras pas de l'idée que ce type a, ou a eu des vues sur moi.
— Ben… ça prouve qu'il a du gout, au moins !
J'en suis baba ! Comment ose-t-il ! D'un autre côté, il a raison. J'ai parlé sans réfléchir ce fameux jour-là. Et j'ai le retour du bâton. Que faire ? Renier ma parole ? Par ailleurs, ça ravive un sentiment dont je me passerais volontiers. L'image de ce gars est de nouveau là, rivée à mon cerveau, intacte et c'est comme si jamais elle ne l'avait quitté. Mais n'est-ce pas le cas ? N'est-elle pas toujours gravée, tatouée dans ma mémoire ? De plus, rien qu'à cette discussion où je suis du coup poussée dans mes derniers retranchements, je sens une piqure vive qui me remonte dans la gorge. Celle de cette envie que j'ai eue de ce type. Et zut… je me sens pieds et poings liés. Quant à Romain, il n'a pas du tout l'air de voir le gouffre au bord duquel je surfe.
Il revient rapidement sur son idée.
— Alors, mon cœur ? Je lui réponds quoi, à Benoit ?
— Tu lui réponds ce que tu veux… de toute façon, je sens bien que je n'ai guère d'autre choix que de jouer le jeu. Et il compte faire ça quand ?
— Tu parles bien de ses travaux… ôte-moi d'un doute !
— Évidemment ! De quoi d'autre voudrais-tu que je cause ?
— Ouais… il sera là de vendredi soir à lundi. Dans la maison qu'il vient d'acheter, je précise… pas chez nous.
— J'avais compris… et nous devrions donc aller chez lui quel jour ?
— Samedi après-midi ? Ça pourrait te suffire pour prendre les mesures et voir avec lui, ce qu'il y a lieu de faire ? Établir un devis selon ses gouts ?
— Si tu m'accompagnes, c'est d'accord. Mais il veut s'installer dans sa baraque à quel moment ?
— Aucune idée ! Mais je présume qu'il va attendre que les travaux d'embellissement soient terminés. Nous en discuterons avec lui chez lui, c'est la meilleure solution, tu ne crois pas ?
— Si tu le dis ! Bon… je vais voir ça… samedi donc ?
— Oui. Je peux lui confirmer notre passage ?
— Si tu veux !
Et merde ! De nouveau, je me sens indécise, mais incapable de dire non. Et j'imagine bien que Romain va se précipiter pour renseigner son pote sur mon accord. C'est drôle aussi ! C'est moi qui viens me frotter à mon mari, avec une véritable boulimie de sexe au fond du ventre. Il ne refuse pas et nous nous mettons en chantier là où nous sommes. C'est à dire dans la cuisine. Je me retrouve les fesses nues sur le plan de travail qui jouxte l'évier. Et sans fioritures, il me prend, lui debout et moi les cuisses largement ouvertes, sans chichis. Je suis trempée, il n'est donc pas aveugle, mais reste muet. Il me lime très fortement et notre rapport est des plus épurés. Il n'en demeure pas moins vrai que je jouis très violemment, mon corps se libérant d'une étrange pression inexplicablement.
Après cela, je saisis soudain que si ça m'a excitée, Romain l'a tout autant été et… surement pour les mêmes raisons que moi. Je ne dis rien tout en prenant la douche qui s'impose après un rodéo pareil. Nous sommes mercredi, ça me laisse un peu de temps pour réfléchir à la situation. Mon homme se rase et je lis sur son visage un drôle de sourire. À quoi peut-il bien songer en me reluquant sous le jet tiède ? Et puisqu'il est aussi à poil que je le suis, je peux aisément imaginer que c'est érotique en constatant qu'il a une nouvelle érection plus que potable. Il me voit le suivre des yeux et prend ça pour… une invitation. Un second round se déroule bel et bien dans la cabine de la douche à l'italienne.
Le dos plaqué au mur, soulevée par les bras musclés de mon Romain, il me laisse glisser lentement le long de son ventre. Ma chatte vient toute seule s'enchâsser sur son membre tendu suffisamment pour être accueilli en son sein avec une sorte de gémissement de plaisir de ma part. Les mains masculines passées sous mes fesses me soulèvent doucement et relâchent leur effort dès que la queue est pratiquement arrachée de mon sexe. L'opération recommence des dizaines de fois. C'est moins violent que dans la cuisine, mais c'est bougrement efficace. Une autre manière très particulière de faire l'amour. Et mes doigts noués sur sa nuque… mon visage vient embrasser sa joue. Celle qui pique puisqu'il a interrompu son rasage pour me rejoindre.
Combien de temps dure cette langoureuse étreinte ? Je m'en moque éperdument, et je soupire d'aise alors que lui fatigue bougrement. Une position difficile à tenir sur la durée… il a tout le poids de mon corps et bien que je ne sois pas très lourde, mes cinquante-huit kilos tout mouillés finissent par devenir encombrants pour l'organisme de ce mari qui a de plus en plus de mal à soutenir ses coups de reins. Si moi j'ai un orgasme conséquent, lui n'arrive pas à libérer sa semence et finit par me reposer au sol.
— Ah ! Ah, mon gaillard… On craque ?
— Pff ! C'est éreintant, éprouvant et puis… tu sais ce qui me ferait plaisir là, tout de suite ?
— Mmm… j'ai bien une petite idée… mais tu ne finis pas là, d'accord ?
— Madame est une fée… promis ! Je ne te cracherai pas dans la bouche.
Je n'ai pas besoin de cette promesse. Je sais qu'il ne le fera pas si je ne l'y autorise pas. Et c'est donc femme en prière que je termine notre petit jeu. Il ne faut guère plus que deux minutes pour faire monter sa sève et il se répand en larmes blanchâtres sur le carrelage de la cabine de douche. Un geste sec du poignet, l'eau fait disparaitre instantanément toutes les cochonneries qui viennent de maculer le sol. Lui me serre dans ses bras et nous nous embrassons à bouche que veux-tu, sous le jet tiède qui nous dégouline sur la tête.
— Sophie… tu es… merveilleuse.
— Romain… tu es l'homme de ma vie… de toute ma vie !
— Ouais ? Mais comment peux-tu en être aussi certaine puisque tu n'en as jamais essayé un autre ?
— Eh bien… on peut dire que tu as de la suite dans les idées toi… et puis, qu'en sais-tu après tout ? Qui te dit que je ne te fais pas cocu dès que tu as le dos tourné ? Hein ?
— Effectivement rien… mais c'est ça la confiance, ma chérie… je le sais, c'est tout…
— Bon… maintenant que tu m'as défigurée avec ta barbe, laisse-moi finir de me faire belle.
— Je peux dire à Benoit que c'est bon pour samedi… vers quatorze heures… d'accord ?
— … ! Vas-y dis-lui que oui… c'est bon pour tout.
— Ah ? Vraiment tout ?
— Ola… pas ce que tu penses, juste pour son chantier.
— J'avais bien compris ça de cette manière, ma belle.
Il rigole, me donne une tape gentillette sur le cul et file devant le lavabo. Il se racle la couenne du côté « oublié » de sa bouille. Et je me sens très en forme, presque rayonnante d'être ainsi aimée par cet homme qui me donne tellement de plaisir. Lorsque je sors de la cabine, il me remplace et c'est moi cette fois, qui lui claque une pichenette sur son joli derrière. Ça le fait rire, mais il n'a pas de nouvelle érection. Il va lui falloir un peu plus de temps pour recharger ses batteries. Dommage, parce qu'en vérité, je me sens d'humeur guillerette et surtout encore assez « chaude » pour… mais bon ! Ne pas abuser des bonnes choses et puis… nous allons avoir du temps ce soir pour remettre notre ouvrage sur les rails d'un bonheur fait de ces petits riens.
— oOo —
Inutile de préciser que plus l'échéance approche et plus je me sens dans mes petits souliers. Dans la voiture, il est treize heures trente et je suis aux côtés de mon mari qui se faufile dans la circulation assez dense d'une veille de dimanche. Les gens sont de sorties où vont faire les courses pour la semaine ? Peut-être que c'est bien le cas. Et nous voici sortis de la ville, depuis quelques minutes. Le GPS nous guide et je vois les kilomètres s'effilocher de plus en plus. Cette fois, nous venons de tourner dans un lotissement relativement neuf. La maison où notre conseiller électronique nous répète : « vous êtes arrivés à destination » est plutôt pas mal. Un joli jardinet, à demi caché par une barrière à clairevoie, une allée pavée qui mène à une porte d'entrée un peu renfoncée et déjà la silhouette de Benoit qui vient au-devant de nous. Il est souriant, tout pareil à mes souvenirs.
— Ça va les amis ? Vous avez trouvé facilement la rue ? C'est un secteur très calme et puis… à dix minutes du centre-ville ! Une aubaine. Je suis heureux de vous revoir vous deux. Ça va, Sophie ? Pas trop loin de chez vous pour mon chantier ?
— Euh… je n'ai pas encore dit oui et puis… le devis peut aussi te faire changer d'avis !
— Aucun risque… Romain ne te l'a pas dit, mais je suis riche comme Crésus…
— Ah !
Les deux lascars qui se serrent la pogne éclatent de rire et je me sens toute conne. Le gaillard nous fait donc rentrer dans ce qui va devenir sa demeure principale. Et évidemment, c'est archi vide, à l'exception de la cuisine intégrée et de ce qui me parait être un salon. Un canapé qui doit servir de lit à ce Benoit qui nous fait visiter les chambres l'une après l'autre. C'est immense. Dès que nous avons fait le tour, je prends des notes et les deux hommes restent dans le seul endroit viable de la baraque. Ils boivent une bière et le propriétaire des lieux m'en propose aussi une que je refuse bien entendu. Mon bloc à la main, je prends des mesures et note toutes les indications nécessaires à la réalisation d'un devis.
Lorsque je rejoins mes deux bonshommes, c'est pour parler affaires avec l'ami de mon mari. J'ai besoin de connaitre ses gouts et ses envies, en matière de papier peint et de décorations, voire de mobilier également. Et je relève toutes ses indications au fur et à mesure qu'il les énumère. Il me surprend par sa façon de me laisser carte blanche pour beaucoup de choses et notamment pour meubler chacune des pièces, pourvu que l'ensemble soit cohérent. Nous restons encore deux bonnes heures à palabrer sur tel ou tel détail et nous prenons congé… avec une certaine gêne de le savoir rester le week-end dans cette grande bâtisse vide. Nous arrivons sur le trottoir lorsque je me surprends à lui dire soudain :
— Tu peux venir passer le reste du week-end chez nous. Ça va faire plaisir à Romain de t'avoir sous notre toit… et je suppose que ça ne doit pas être très rigolo de rester tout seul dans une maison vide.
— Tu crois ? Je ne veux pas vous déranger…
— Bon sang ! C'est Sophie qui te le propose, alors tu ne vas pas minauder. Viens ! On a encore plein de choses à se raconter…
— Oui ! Fais comme tu veux Benoit, mais c'est de bon cœur que nous t'invitons…
— Merci… Sophie. Pour vous remercier, je vous invite au restaurant ce soir ?
— Viens déjà chez nous, et l'on avisera… Sophie a déjà prévu notre diner… C'est une perle.
— Oh oui ! Je sais bien… dommage que tu n'aies pas de sœur !
Ils rient de cette boutade et nous quittons l'homme pour regagner nos pénates. Dans la voiture… Romain est égrillard, il chantonne, faux comme d'habitude. Alors…
— Oh non, s'il te plait ! Ne nous ramène pas la pluie, tu veux…
— Oh mon amour… je ne pensais vraiment pas que tu inviterais mon vieux pote. Tu as donc décidé de prendre son chantier ?
— Je vais établir son devis dans la semaine. Mais le voir, l'imaginer dans cette immense baraque vide, ça m'a fait tout… bizarre.
— Humm ! Et tu n'as donc pas trop songé à mon fantasme ?
— Mais… enfin, tu ne vas pas encore remettre ça ! Tu veux me faire regretter de m'être conduite en petite femme bien élevée ?
— Qui ne propose rien n'a rien non plus…
— Laisse-moi tranquille avec tes imbécilités… tu veux bien.
— Je sais. C'est ton corps, tu en fais ce que tu veux, mais c'est aussi le mien un peu, par procuration. Alors si l'idée te prenait de… enfin tu vois ce que je veux te suggérer, tu as ma bénédiction.
— … tu ne penses donc qu'à ce genre de trucs ? Tu es pervers ma parole.
— Non… juste un type amoureux qui rêve de voir sa femme s'encanailler et se faire plaisir. Mais… tu as le droit de décider toute seule… Et si ce soir au salon… tu nous revenais après une douche dans ta mignonne petite nuisette transparente… je ne m'en plaindrais pas et… lui non plus !
— Vous avez encore tiré des plans sur la comète ? Tu es incorrigible… comment peux-tu avoir cette seule idée fixe dans la caboche, bon sang ?
— Ça me fait bander… rien que d'en parler. Et toi ? Ça ne te fait pas un peu mouiller ? Sois honnête ! Il ne te plait vraiment pas du tout mon ami Benoit ?
— …
Pas question de lui confirmer ce qu'il pressent trop bien. Je détourne mon regard et me perds dans la contemplation des rues que nous traversons. Et cinq minutes plus tard, notre véhicule est sagement rangé dans son garage. La porte électrique se referme et Romain vient fourrager sous ma robe. Béatement, je le laisse faire. Si bien que deux secondes plus tard, après avoir tripoté dans ma culotte, il me reluque avec un regard allumé. Ses mots me fichent un grand frisson.
— Ben… j'avais raison ! C'est complètement trempé là-dedans ! Je sais que tu vas encore dire que j'exagère… mais je t'adore quand tu mouilles comme ça…
— Ben, vas-y ! Traite-moi une fois de plus de salope…
— Oui… mais juste la mienne, mon amour.
Le reste ne sort pas de sa gorge puisque par la force des choses, sa bouche entre en contact avec la mienne pour un baiser des plus passionnés. Le temps de reprendre une inspiration et il me murmure dans l'oreille…
— Tu es certaine que tu ne veux pas essayer ce soir ? Parce que c'est le bon moment…
— …
Je n'ai rien à lui rétorquer. Il a réussi à semer le trouble dans mon esprit et sa main qui me chatouille le clitoris m'interdit de lui donner une réponse, quelle qu'elle soit. Je le laisse me caresser intimement, c'est trop bon. Il finit par me faire haleter en me triturant le bouton. C'est bien sans réfléchir que mes pattes se posent sur sa braguette. Et le final de ce retour, c'est bien que notre garage est le témoin d'une scène improbable où sur le siège de la voiture, je me laisse aller à faire l'amour avec une emphase toute particulière. Mais ce sont bien les images de cette frimousse qui doit venir nous rejoindre pour le reste de la soirée qui danse dans l'habitacle où, à grands coups de reins, Romain me lime comme… une salope.
J'ai beau me dire qu'un diner n'engage personne, je ne peux m'empêcher de songer que Benoit a dans la tête ma choupinette nue entraperçue lors de sa première visite ici. Et les regards des deux mâles dès que je bouge pour servir sont là, qui flirtent sur mes courbes. C'est tout à la fois désagréable et très… voluptueux. Comment expliquer ce frisson qui me parcourt l'échine alors que leurs yeux caressent mes seins lorsque je suis assise à table ou mon derrière quand je circule entre cuisine et salle à manger ? Et puis me dire que Romain salive en espérant… ce que je ne suis pas certaine d'être capable de faire, c'est insupportable. Il est vrai que j'ai toujours la solution de filer me coucher dès que notre repas aura pris fin.
Mais, il y a aussi cette part de moi qui veut jouer avec le feu. Par contre, la honte est omniprésente, me suivant à chacun de mes pas. Comme si le déhanchement pourtant très normal lors de mes déplacements, ou cette respiration trop profonde lorsque je suis attablée, avaient quelque chose d'inconvenant, de surfait. Pas moyen de me départir de ce malaise et le mot « salope » se double désormais de celui plus péjoratif de « pute » qui s'accorderait mieux avec ces idées que m'a inculqué mon mari. Alors ? Pourquoi cette envie de sexe est latente, qu'elle m'enveloppe depuis notre folie dans le garage ? Je ne comprends plus mon corps et mon esprit qui sont en total désaccord, en parfaite désynchronisation !
J'en suis là de mes réflexions personnelles lorsque je passe sur la table le coup de balai pour ramasser les miettes. Je devrais être plus à l'aise puisque les deux copains sont passés au salon. Ils parlent gentiment avec une musique de fond. C'est moi qu'ils attendent patiemment ? Pourquoi, rien n'est gravé dans le marbre ; aucune promesse ne m'engage. Je n'ai tout bêtement pas dit oui et pas refusé clairement non plus, avant de faire l'amour dans la voiture. J'imagine donc que les deux-là, se sont concertés et que la décision de les rejoindre au salon… ou pas n'appartient plus qu'à ma pomme. Mon Dieu que c'est pénible et compliqué. Romain a suggéré que je passe par la case salle de bain ?
Il a aussi préconisé le port de cette nuisette dont tous les deux savent ce qu'elle peut contenir. C'est vrai aussi que mon mari en use et en abuse à sa guise. Mais pour Benoit… la tentation est forte de gouter à ce fruit défendu qu'il a aperçu surement, grâce à la porte grande ouverte que mon mari a la fâcheuse manie d'oublier. Et là… je tergiverse dans ma cuisine ! Je mets un temps fou pour ranger dans le lave-vaisselle des couverts que d'ordinaire j'y dépose en une seconde. J'ai chaud. Il me semble même que je transpire et que des gouttelettes de sueurs constellent mon front, m'humidifient les aisselles. Une autre moiteur aussi au creux des reins, comme si le fait de visualiser les deux paires d'yeux qui se sont focalisées sur moi durant le repas me troublait plus que de raison.
Je suis dans ma salle de bain. L'eau coule sur mon corps, mais j'évite de mouiller mes cheveux, trop longs à sécher. Puis je frictionne ce corps qui bout de l'intérieur, qui reste en feu. Un zeste de parfum, et le déshabillé qui me colle à la peau, qui me donne des décharges d'électricité statique. C'est dingue ! Je passe un coup de gloss sur mes lèvres… et j'hésite encore. Pourquoi Romain ne vient-il pas pour me parler ? Attendre encore une minute, compter dans ma tête jusqu'à dix… et puis la porte qui s'entrouvre sur la trogne anxieuse de mon mari. Il chuchote et sa voix est éraillée, rauque, remplie d'émotion.
— Tu… tu viens nous rejoindre ?
— Je… j'ai bougrement peur ! Je suis toute nouée… Je ne sais pas quoi faire.
— Oh… si tu veux, je retourne là-bas, près de Benoit et j'éteins toutes les lumières. Je ne laisse que la musique de la chaine allumée… Juste le point rouge comme repère. Et dès que tu arrives, je te fais danser au salon. Il nous rejoindra seulement si tu le désires et exprime clairement ton consentement. Ça te va… ?
— Romain… qu'est-ce que tu ne me fais pas faire ? J'ai des crampes d'estomac. Mon Dieu ! Comment tout cela va finir ? Et si… je n'y arrivais pas.
— Tu t'inquiètes pour rien, ma chérie… tu as toujours été très bonne partout. Il n'y a aucune raison pour que là encore, ce soit différent.
— Je voudrais t'y voir toi à ma place ! Tu imagines ce que tu me demandes ? C'est dingue… baiser avec ton ami et toi ? Je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie.
— Honte ? Mais c'est beau l'amour… mon cœur.
— Oui… ben, il ne s'agit pas vraiment d'amour ce que tu me réclames… mais bien de cul !
— Bon… je retourne au salon ! Et j'éteins. Je vais mettre la chaine en route et un CD de slow pour t'attendre… d'accord.
— Je… franchement, je ne sais pas, si je vais avoir le courage de… d'aller au bout de tes…
— Chut, mon ange.
Il vient d'avancer et il me prend dans ses bras. Je tremble et il doit bien le sentir. Alors le baiser que nous nous donnons est-il de nature à me rassurer ? Pas vraiment. Mais dès qu'il prend fin, Romain repart et moi… je suis dans la salle de bain à guetter tous les bruits saugrenus que la maison distille. Ils sont nombreux ce soir qui entrent dans mes oreilles, bien plus que d'ordinaire. À quelques enjambées seulement, le CD égrène déjà ses notes douces. Tout est sombre et pour seul fil rouge, un point lumineux qui troue la nuit quasi complète. J'ai seulement fait deux pas que je suis devant la porte ouverte. Rien n'est visible que ce phare monstrueusement minuscule. Et je reste coi, sans savoir si je dois aller plus loin ou tourner les talons.
— oOo —
Mon mari a-t-il perçu le bruit léger de mes pas ? Sa frimousse s'encadre dans la porte entrouverte. Il ne dit pas un mot, me tend simplement la main. Cette fois, je suis au pied du mur. Je me raidis et reste pourtant figée dans ma posture guindée. Il insiste et sa patte trouve mon poignet, vient caresser du bout des doigts le dessus de ma menotte et il m'enlace gentiment. Comme dans un rêve, ou un brouillard, il débute là, entre corridor et salon un slow sur les accords doux de la musique que dispense la chaine hifi. Je peux encore me sortir de cette étreinte très étrange, mais je n'en fais rien. Mes paupières se ferment et je me laisse guider dans une ronde qui nous mène au centre de la pièce. Là où d'habitude se trouve… la table basse, entre fauteuils et sofa.
La place est vide et je me sens très… trop docile. Aucun geste équivoque pour l'instant, seulement une main brulante sur mon épaule et l'autre qui m'entraine dans notre danse en me tenant serrée contre sa poitrine. Je sens son souffle rapide qui me court sur la joue, respiration haletante et saccadée. Sans doute que mes poumons aussi sont crispés au point de me garder sur la défensive. Mais il est là, qui me guide, qui me fait tourner et arrive alors sa voix. Simple murmure, à peine audible, à telle enseigne que je songe une fraction de seconde que c'est ma tête qui imagine ses mots.
— Oh mon amour… je suis si heureux que tu aies osé. Tu veux bien que nous allions plus loin ?
— …
— Je veux dire que sans ton accord, rien ne sera possible, tu en es consciente ? Pas de « oui » de ta part et nous en resterons là…
Je suis bloquée. Ma gorge est sèche, incapable de lâcher un seul mot. Je me raidis davantage contre lui et je sais, sens… il bande déjà très fort. Contre mon bassin, à chaque mesure du CD son sexe se fait plus dur. Il me frotte éhontément, pour me montrer que cette situation l'excite ? J'ai peur, je tremble et suis dans l'impossibilité de décrocher un oui… ou un non du reste. Et nous dansons toujours, rasant surement Benoit sagement assis dans la pénombre du salon. Je ne veux rien voir, rien entendre, rien savoir. La main de Romain sur mon épaule glisse sur mes reins. Elle se colle à la limite de mes fesses, sans plus bouger. Chaude, irritante par sa seule présence, et nous tournons toujours.
La voix dans mon oreille… elle revient, plus doucereuse, plus quémandeuse aussi…
— Je peux lui dire de nous rejoindre ? Sophie… mon amour, tu veux bien qu'il vienne nous retrouver pour danser ?
— … je…
Combien c'est difficile de sortir ce simple « Je ». Lui insiste, pas lourdement non, mais d'un ton presque geignard. Il me serre plus fort, incruste ses doigts dans les froufrous de mon vêtement léger. Mes pas sont moins assurés, j'en perds le rythme, nous faisons du sur-place.
— Sophie… dis-moi ! Décide-toi…
— Oh… pourquoi ? Fait comme tu veux…
— Mon ange… je ne peux pas me contenter de ça… tu dois exprimer clairement tes intentions… je ne veux pas être le salaud de service… tu peux comprendre. Je ne veux pas te forcer… à faire quelque chose que tu pourrais regretter…
— Romain… je… vas-y ! Dis-lui que je suis d'accord !
Ça me brule la gorge, me pique les yeux, mais je viens de sceller le destin de cette soirée… Mon homme ne dit plus rien. Nous reprenons notre slow, toujours aussi serrés, langoureusement cramponnés l'un à l'autre. Je n'ai pas la sensation qu'il parle à son ami. Non ! Lui fait-il un signe ? En tout cas pas avec une de ses mains parce que celle qui me guide et l'autre sur le haut de ma cuisse ne me quittent pas. Alors ? Je sens d'un coup un second souffle dans mon cou. Benoit est derrière moi et il nous encercle les deux de ses bras. Il se tient encore suffisamment éloigné de moi pour ne pas me frôler. Mais pour danser à trois, il lui faut bien se rapprocher et… cette fois…
Il n'y a plus seulement la bite de mon mari qui se love contre mon ventre. Non ! Celle de notre invité est elle aussi en érection et c'est bien sur mes fesses qu'elle roule à chaque pas. Mon corps est pris en étau par les deux mâles qui bandent. Drôle de situation qui me rend nerveuse. Romain saisit l'occasion et sa bouche vient à la rencontre de la mienne. Je ne peux plus suivre la musique. Nous ne bougeons plus vraiment nos gambettes, demeurons sur place avec simplement des mouvements de nos hanches. J'ai toujours les yeux clos et je devine assurément que les mains qui empaument mes seins sur le tissu ne peuvent pas appartenir à… mon mari.
Des doigts lissent lentement l'étoffe qui me couvre la poitrine. Mes tétons réagissent curieusement à cette caresse inattendue. Ils semblent s'allonger, s'étirer et tendent leur gangue de fil. Je frissonne sous cet effleurement qui me fait tressaillir. Le ventre aussi sur mon derrière se meut dans un mouvement significatif. Je sens monter en moi une fièvre qui me fait l'effet d'un coup de fouet. Et tout mon être se propulse vers le corps de mon homme. Lui prend ça pour un acquiescement réel et me serre plus fort encore. Je suis perdue. Il m'embrasse de nouveau et je n'ai pas le réflexe de refuser.
Dans mon cou, deux lèvres viennent se mêler au bal. Mon Dieu… je fonds pour de bon. J'ai chaud, je suis en nage, j'ai des frissons et lequel des deux soulève ma nuisette ? Je ne veux pas savoir, et suis rapidement nue, toujours debout entre les deux mecs qui restent vêtus. C'est Romain qui se décide le premier en se détachant légèrement de moi. Il garde cependant sa louche dans la mienne, mais entraine mon bras au centre de lui. Et là… mes doigts entrent en contact avec sa braguette hyper tendue. Il s'empresse de faire avancer ma paume en la tirant par le poignet vers cette bosse dont je sais la teneur. Contre mon fessier… Benoit quant à lui ne cherche nullement à reculer.
Il insiste plutôt. Ses pattes sont désormais directement sur la peau de mes seins nus. Elles jouent avec les deux pointes qui sont déjà gorgées de sang. Je gémis sous l'étrangeté de la situation autant que par l'attouchement bizarre. Le bruit qui me vrille les tympans, je devine que c'est… celui de la braguette de Romain. Il se dévêt sans un mot. Seuls nos soupirs et autres gémissements sont perceptibles. La main de mon mari… elle revient pour guider mes doigts vers… sa queue qui se frotte à mon ventre nu. Mais la seconde se saisit de celle qui est toujours libre chez moi. Et… il la mène vers… un autre sexe dont j'ai du mal de savoir comment il se tient là, raide, et surtout sans fringue.
À aucun instant, je n'ai eu l'impression que Benoit avait quitté ma poitrine de ses pattes. Alors ? Quand s'est-il déshabillé ? Toujours est-il qu'il est dans une tenue d'Adam et que je n'ai rien su de son effeuillage. Mes doigts… Romain les lâche alors qu'ils sont sur ce membre qui monte vers le nombril de son propriétaire. Je dois être rouge de honte, le front et les joues bouillants. Je ne cherche pas à les refermer sur cette tige inconnue qui frémit sous la pression de ma paume. C'est fou ! Je suis trempée, et je me sens si… impossible à décrire mon état physique. Tremblante et dépendante de ce qui se passe autour de moi, pas moyen de faire un geste de retrait, mais pas non plus capable d'aller plus loin dans… ce que mon cerveau assimile à une abjection.
Aucun des deux ne me brusque. Ils m'entrainent de concert vers une position allongée. Et me voici alitée dans le noir sur le tapis qui couvre le sol, là où nous dansions, il y a quelques instants encore. Romain me caresse le visage, me couvre de petits baisers, des bisous sonores, de grandes pelles aussi. Surement pour me maintenir sous pression et m'interdire toutes velléités de retour en arrière. Je sens le museau qui se fraye un chemin entre mes cuisses. Par la force des choses, mes jambes se désolidarisent et ouvrent ainsi le chemin à ce que mon buisson camoufle encore. Un souffle chaud, et puis… je sais que c'est une langue qui court sur mes grandes lèvres. Je griffe ce que mes doigts peuvent attraper.
Il s'agit surement du dos de mon mari. Je lui laboure la peau, mais il ne tente pas de me dissuader d'y creuser des sillons profonds. Lentement, mon corps s'éveille aux câlins et je râle déjà bien trop, pour que ce soit de douleur. Alors ? À quel moment la queue de Romain se présente-t-elle à ma bouche ? Je ne sais pas, plus, mais je la happe pour me donner une certaine forme de contenance et lui faire plaisir. J'ai honte de sucer sa hampe en sachant que son ami me lèche lui la chatte, et les bruits incongrus qu'il fait dans cette action m'horrifient. Et pourtant ? Je ne trouve pas désagréable cette minette, alors que je taille une pipe de plus en plus généreuse à mon homme.
Il y a même un début de plaisir malsain dans ma descente aux enfers programmée. Pas de mot, pas de cri non plus pour faire cesser la léchotte ou ma bouffarde. Pire, je me love de plus en plus aisément dans la turpitude inouïe du moment. Mon mari me lime la bouche et sa dureté est un signe de son contentement. J'ai des soubresauts qui me secouent tous les muscles sous les actions conjointes des hommes qui s'occupent à merveille de ma petite personne. Et cette bassesse volontairement subie est source d'un coup d'un orgasme qui se diffuse partout en moi. Mon sang bout et je ne suis soudain plus rien d'autre qu'une femme à repasser, une chienne en chaleur. J'ai envie, besoin, oui, c'est une nécessité, il me faut de la bite.
Pas seulement dans ma bouche ou une langue sur le con ! Non ! Je veux être prise, baisée en profondeur et peu m'importe lequel des deux va s'atteler à cette tâche. Je ne suis plus en état de réfléchir. J'ai juste un vrai désir d'être traitée en chienne, d'être leur salope, de me faire bourrer le sexe par l'une ou l'autre des deux queues qui bandent dans les parages de ma chatte. Je gémis, soliloque des mots sans suite, inaudibles sans doute aux oreilles masculines, bien éloignées de leurs préoccupations du moment. Il me faut donc me faire entendre et je mets en pause ma fellation pour feuler telle une lionne.
— Oh… baisez-moi ! Prenez-moi, vite, s'il vous plait, sautez-moi… je veux une bonne queue…
— Tu veux lequel de nous deux... Sophie ?
— Hein ?
Qui des deux vient de formuler cette phrase idiote ? Je m'en fiche de savoir lequel va me prendre. Je veux seulement me sentir femme, jusqu'au tréfonds du vagin. Qu'ils me baisent à tour de rôle ou ensemble, je m'en tape, je veux tout bêtement être remplie et sentir contre les parois de mon sexe se frotter une bonne queue. Je geins, crie et finis par hurler pour avoir ce que j'attends. Les paupières de nouveau fermées, je me moque bien de savoir qui de Benoit ou de Romain va venir le premier tremper son biscuit. Je suis chaude, en rut et plus rien ne peut me faire revenir en arrière. Je me tortille comme un ver. Mon léchouilleur ne peut plus tenir sa position, obligé de se retirer pour ne pas avoir les tempes trop serrées, voire écrasées, entre mes cuisses.
Je me positionne à quatre pattes, posture indécente au possible, appel au mâle, on ne peut plus explicite, suggestif, fait pour les exciter encore davantage. Et il m'est bien égal que ce soit l'un ou l'autre qui entre, l'important est désormais ailleurs. Alors les pattes qui me tiennent par les hanches, cette queue qui lentement se fraye un passage dans ma chatte noyée de mes secrétions intimes, elle n'a aucune difficulté à se laisser absorber dans sa totalité par mon vagin en chaleur. Celui qui me baise débute des va-et-vient lascifs. Je suis aux anges et me raccroche à tout ce que mes ongles peuvent attraper. Je ne songe pas à dire non lorsque mon visage est encadré par deux paumes bouillantes. Et la seconde bite est elle aussi à l'ouvrage. Limée par le haut, par le bas… je ne pense plus à rien d'autre. Je suis ce que Romain voulait… une salope, une pute !
— oOo —
Nuit qui change ma vision des choses du sexe du tout au tout. Romain s'en aperçoit-il ? Même si c'est le cas, trop tard pour revenir en arrière. Rien n'est interdit durant ces heures sombres, dans notre salon où je passe de bras en bras. Sans trop savoir avec qui je baise. Est-ce que ça a une importance capitale du reste ? Une fois que le processus est engagé, que les vannes sont ouvertes, je me sens, comment dire ? Libérée du poids du remords. Oui ! C'est exactement ça. Puisqu'il l'a voulu, l'a cherché… eh bien qu'il ne vienne pas se plaindre après que… je suis trop coopérative. Je suce, je me laisse faire, réclame plus encore. L'apothéose, le bouquet final de ce feu d'artifice… artifesses surement, c'est une double pénétration vaginale et anale.
Sans me préoccuper le moins du monde de qui fait quoi, de qui est positionné devant ou derrière, je deviens une lionne en rut. Et ça n'en rend que plus amer le réveil du lendemain. Nous ne sommes plus que Romain est moi. Notre ami à la sortie de nuit s'est éclipsé. Le face à face entre Romain et moi est du genre « gêné ». Dans un premier temps, nous ne parlons pas. Il me pose sa main sur la joue et je la repousse sans vraies violences, mais fermement. Il me faut digérer ce qui s'est déroulé lors de cette intimité avec une pièce rapportée. Je sens mon mari plutôt penaud. Il avale son petit déjeuner sans un mot, les quinquets rivés sur son bol de café.
C'est moi qui au bout d'une demi-heure tendue, décide d'ouvrir le feu.
— Alors ? Tu te sens mieux maintenant que je suis devenue… une autre ?
— Hein… mieux ? Ben… et puis pourquoi une autre ? Je ne pige pas ?
— Mais tu penses vraiment que ce qui s'est passé ici ne va pas laisser de traces ? Tu imagines ? J'ai couché avec un autre et que tu aies été présent ne change rien au fond du problème. Je me sens… sale, moche ! J'ai du mal d'assumer ce qui s'est passé.
— Mais mon Dieu, c'est moi qui t'ai un peu poussée… à le faire. Je suis content du plaisir que tu as pris… Et puis… nous avions bien dit : une seule fois !
— Tu as dit ceci, cela, et moi jamais je n'aurais dû… mais c'est fait, c'est fait ! Plus moyen de revenir en arrière. Je m'en veux.
— Arrête… ça change quoi à notre quotidien ? Je t'aime encore plus fort ce matin qu'hier… tu peux bien le comprendre. Et nous avons vécu une expérience exceptionnelle, unique. J'ai adoré te voir jouir, te regarder, t'entendre râler. Tu sais… jamais encore je n'avais eu ce bonheur de mesurer à quel point tu es belle lorsque tu te donnes… je t'aime pour ce moment formidable. Mon Dieu… tu es… tu as été…
— Une vraie pute, une salope ! C'est comme ça que je le ressens ce matin. Du reste, Benoit n'a pas eu le courage d'affronter notre regard ? Pourquoi est-il parti aussi brusquement ? Hein ? Tu peux me le dire ? Comment vais-je pouvoir affronter ses yeux, lors de notre prochaine entrevue ? Tu peux me l'expliquer, Romain ? Ben, vas-y ! Dis-le-moi ! Et toi ? Dans quelques jours, lorsque tu feras le tri dans ce qui est arrivé, dans ce que j'ai fait… es-tu bien certain que tu me regarderas toujours avec des yeux plein d'amour ? J'ai peur du contrecoup de cette nuit de folies.
— Mais enfin… il ne s'agit pas d'amour Sophie ! C'était juste du sexe… et du très bon même… rien ne nous oblige à en reparler si tu n'y tiens pas. J'ai vraiment kiffé et je t'en aime d'autant plus que tu l'as fait… pour moi !
— Et… tu ne t'es pas rendu compte que je ne maitrisais plus la situation ? Qu'à un moment, je me suis trouvée submergée par mon besoin de baiser ? Incompréhensible et dangereux pour moi… mais je dois être honnête avec toi, mon esprit a déraillé grave cette nuit. Je ne peux pas te promettre de te rester fidèle désormais. Tu as ouvert la boite de Pandore, Romain. Et si… ces démons qui m'ont perturbé cette nuit reviennent, comment réagir ?
— Sophie ! Tu te poses bien trop de questions ! Nous avons eu une envie, un fantasme ! Il est assouvi et voilà tout. Maintenant, tout rentre dans l'ordre et c'est « normal ».
— Pour toi ! Tu vois ça de ton point de vue. Mais je ne suis pas persuadée que les dégâts causés ne sont pas irréversibles. Et si moi… j'avais envie, besoin de reproduire ce drôle de schéma ? Imagine que je n'arrive pas à surmonter ce qui est pour moi… quelque chose d'inconcevable ?
— Eh bien mon cœur, nous recommencerons si ça te fait plaisir et si ça te convient… ce n'est pas pour me déplaire ! Après tout, c'est aussi une manière de ne pas tomber dans une routine qui tue tant de couples.
— … mouais… pas convaincue qu'elle est ta seule motivation. Et tu réalises que je vais devoir travailler chez Benoit des jours durant ? Que nous allons être amenés à nous côtoyer chez lui ? Et si…
— Tu sais mon amour… j'ai adoré cette nuit, te voir, et te sentir devenir une femme libre. Alors, vivons ce qui est à vivre et nous verrons bien où ça nous embarque. Je ne suis pas devin et ne sais pas de quoi demain sera fait. Je sais seulement que cette nuit, cette femme dans mon lit m'a donné plus que personne ne pourra jamais m'offrir. Je t'aime depuis longtemps et ce partage n'a fait que renforcer ce que je savais déjà… Sophie, tu es unique et la seule femme qui compte pour moi. Et j'ai adoré… c'est même plus fort que ça, tellement que je n'ai pas les mots pour te dire ce que je ressens suite à ce trio… tu es… tu restes le centre de mon univers.
— Romain… moi aussi je t'aime. Pourquoi est-ce que je me sens… vide et sale de l'intérieur alors ? Tu peux imaginer ce que c'est que songer qu'un type, un de tes amis qui plus est, à mis ses pattes sur moi… avec ton aval certes, mais c'est te tromper dans ma tête. Et ce sentiment-là risque bien de m'obséder encore longtemps.
— Mon ange… quoi que tu décides je te suivrai, et jusqu'au bout du monde si tu me le demandes… ne culpabilise pas pour ce moment dont j'ai rêvé si fort… un merveilleux cadeau que tu m'as fait là, mon amour.
— Et… qu'allons-nous faire de notre dimanche ? Pour parler d'autre chose ?
— Je ne sais pas ! Ça peut se décider entre nous, non ?
— Ben… pourquoi ton ami est parti en coup de vent après ce qui…
— Je pense qu'il a eu peur de tes regards aussi…
— Ou alors j'ai été en dessous de tout… et il n'a pas aimé du tout de son côté…
— Arrête ! Tu sais très bien que c'est faux ! Ne te mets pas de pareilles idées en tête… je peux le rappeler si tu veux.
— Pour recommencer ? Tu crois qu'il serait d'accord ? Mais cette fois pas question de nous cacher… après tout, c'est bien de partage qu'il s'agit, non ? Et c'est bien toi qui as voulu cela…
— Oui… laisse-moi cinq minutes et je lui téléphone, ça te va !
— On fait comme ça…
— Banco !
Soulagement ? Je ne sais pas, mais combattre le mal par le mal est une thérapie éprouvée. Et je range la vaisselle dans la machine pendant que Romain discute au téléphone avec son ami. Je ne sais pas quelle sera la décision prise. Ce que je sais, c'est que j'ai envie, besoin de refaire au grand jour, ce qui s'est déroulé dans le huis clos de notre salon cette nuit. Et… Benoit est la personne la plus compétente pour ce genre de jeu. Je suis dans la salle de bain lorsque mon mari m'y rejoint. Il se dévêt, et sans hésiter entre sous la douche qui me coule sur le crâne…
— C'est bon, ma chérie… nous allons déjeuner tous les trois et après… tu choisiras ton terrain pour…
— Embrasse-moi… j'en ai besoin Romain… tu veux bien ?
— Je t'aime ! Tu es ma reine, Sophie…
— Ouais… votre reine alors, à tous les deux !
— … si tu veux.
Et la porte se referme sur nous… dans un murmure de pluie domestique. Je suis soulagée et fière de mon homme. C'est un amour… et l'avenir nous appartient.
Fin !
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Yves33500
27 juillet 2026 à 12:19
Belle expérience, bien menée. Merci pour ces mots .
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Frodon
17 janvier 2026 à 00:37
Bonjour,
C’est beau, sensuel, sexuel, et torride. Je rejoins d’autres commentaires, dommage qu’il n’y ait pas de chapitre 3, pour le passage d’un couple vers un “trouple”. Sophie est une coquine et son mari est aussi coquin… et Benoit une pièce rapportée qui s’intègre bien. Que de beaux jeux amoureux en perspective !
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Photo de profil de SuzePhil
SuzePhil
11 juin 2024 à 23:55
Super récit. Il serait intéressant de connaître le cheminement suivi par ce couple. Dommage qu’il n’y a pas de suite. Merci pour tout.
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Ced67220
9 juin 2024 à 19:02
Très beau
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Exorium
9 juin 2024 à 07:03
Délicieusement subtil...
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Photo de profil de Jojo33bdx
Jojo33bdx
8 juin 2024 à 22:07
Magnifique histoire. Énormément de sensualité dans ce texte ainsi qu'un érotisme torride sans vulgarité. Bravo et merci pour ce moment de lecture.
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Photo de profil de Davidorab
Davidorab
8 juin 2024 à 14:42
Superbe comme d'habitude, et l'ambivalence des sentiments de Sophie (qui s'oppose à l'imperturbable sérénité de Romain) est finement analysée. Bravo !
Soyez respectueux
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