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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Mon passé d'aro/ace — Chapitre 2 · Aromantique ?

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Dragounette
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Mon passé d'aro/ace

Chapitre 2 · Aromantique ?

Au cours des trois mois qui suivirent, les choses reprirent leur train-train. Ma chambre, mes amies en ligne, mes petites créations, ma mère qui me surcouvait. Mais il y avait une différence : j'avais un horizon. Je voulais revoir Charlie, et lui aussi semblait vouloir de même. Nous finîmes par trouver un week-end où il était disponible, et où mes parents ne m'emmenaient pas en vadrouille avec eux. Mais, là encore, impossible de l'inviter à la maison. Mes parents refusaient catégoriquement, et de toute manière, je ne voyais pas où il aurait pu dormir. Ma chambre, assez petite, ne disposait que d'un lit simple (celui où j'ai toujours dormi, seule) et nous n'avions pas de chambre d'ami dans cet appartement. Charlie me proposa alors une solution avec un naturel qui me déconcertait toujours : il prendrait simplement un AirBnB. Avant d'accepter, je demandai encore une fois l'autorisation à mes parents qui me donnèrent le feu vert.
Je les trouvais de plus en plus souples pour tout ce qui concernait Charlie. J'annonçai donc la nouvelle à Charlie, et nous convînmes de nous retrouver pour le week-end suivant, devant l'immeuble où il devait loger durant son séjour.
À son arrivée le vendredi soir, il m'envoya un message pour que je le rejoigne. Guillerette, je m'habillai chaudement (ce week-end d'automne était frais) et je partis le rejoindre. À sa vue, je me sentis toute drôle. Mais contrairement à d'habitude, je n'avais pas envie de prendre mes jambes à mon cou. Presque le contraire. Était-ce la seule fois ? Ou se peut-il qu'à chaque fois que j'avais ressenti cela par le passé, ce n'était ni de l'angoisse, ni de la peur, mais de l'attirance ? Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions : j'arrivai déjà à sa hauteur. Enfin, façon de parler, puisqu'en lui faisant une simple bise pour le saluer, il me fallut lever la tête et me mettre sur la pointe des pieds ! Je lui fis alors la surprise d'avoir réservé une table pour nous deux au même restaurant que la dernière fois. Charlie parut tout surpris, pensant que je détestais toujours les restaurants. Mais cette fois, c'était différent. Avec lui, j'en avais envie.
Et puis, « je lui dois bien cela » m'étais-je dit pour me justifier la veille, quand j'avais réservé la table (via une application, heureusement, car je n'aurais quand même pas pu passer un coup de fil pour ça !).
Nous prîmes un plat commun pour deux (un genre de fondue chinoise), ce qui me ravit de nouveau : je n'aurais pas l'impression de l'obliger à finir mon assiette ! Nous passâmes donc une soirée des plus agréables, discutant à nouveau de choses et d'autres. Il me donnait des nouvelles de son travail qui le passionnait et moi, je lui partageais mes dernières créations. Je lui avais même fait une place dedans. Évidemment, sans le nommer explicitement là encore. Mais une place tout de même. Il faisait déjà partie de ma vie après tout. Pourtant, je restais quand même une éternelle angoissée, et j'eus par deux fois, besoin de prendre un peu de recul (physiquement !) en feignant de devoir passer aux toilettes. À chaque fois, à mon retour, Charlie n'eut aucune remarque, ce qui me rassura et m'évita la nécessité d'un troisième passage.
Le repas terminé, je payais l'addition (avec mes maigres deniers de poche, mais chacun son tour !) puis nous partîmes pour une petite promenade nocturne. J'aimais être à ses côtés, car je ne me sentais pas « écrasée » par sa présence. Enfin, physiquement, un peu, mais mentalement non. Il semblait savoir être loquace, presque exubérant avec ma famille et se montrait bien plus tacite et discret avec moi. J'aimais beaucoup ça. Pendant de longues minutes, mes pensées se bousculaient dans ma tête, à un rythme nettement plus effréné que notre petite marche. Mais je finis par respirer un grand coup (ce qui le fit d'ailleurs sursauter !) et je décidai de prendre sa main dans la mienne. Mon cœur tambourinait, je suis certaine qu'on pouvait l'entendre jusqu'à chez moi. Il ne se calma que lorsque je sentis ses doigts se resserrer doucement sur les miens. J'avais le rose aux joues, et je devinais son regard posé sur moi, alors que mes yeux ne quittaient pas le bitume du trottoir devant moi.
Des lutins semblaient danser la chamade dans mon ventre, au point de me faire croire qu'il me faudrait mettre un terme à cette agréable promenade pour foncer aux toilettes chez moi. Mais il n'en fut finalement rien.
Nous arrivâmes finalement aux limites de ma ville (bien qu'elle ne soit pas immense, je n'étais jamais allée aussi loin à pied !). Une sorte de clairière s'étalait devant nous, et Charlie me proposa de s'y arrêter. Cela me convenait d'être ainsi loin de l'agitation du centre-ville, en retrait, un peu isolée avec lui.
— En revanche, la doudoune blanche n'est peut-être pas très adaptée pour s'installer dans l'herbe, me dit-il alors.
J'acquiesçais, ne sachant trop quoi faire, et ce fut lui qui s'allongea alors dans l'herbe, après avoir retiré et étalé dans l'herbe son imperméable noir qui lui donnait un petit air de Neo dans Matrix (les lunettes de soleil en moins, vu la saison), comme une couverture.
— Tiens, je te fais une place si tu veux, comme ça, ça devrait aller, me proposa-t-il.
Je m'assis alors sur son manteau, à ses côtés et nous observâmes le ciel étoilé, lui allongé sur le dos à ma gauche, sa tête derrière moi et son bras droit dans mon dos, et moi assise, le nez en l'air. À un moment, dans le silence apaisant de cette nuit calme, je sentis sa main droite se poser près de mon bassin, contre ma cuisse droite. Je frémis en sentant son pouce me masser légèrement, machinalement sans doute, par-dessus mon pantalon jeans. Je continuais de m'imaginer tous les scénarios dans ma tête, mais je m'aperçus qu'ils étaient de moins en moins « catastrophiques ». Je décidais alors de prendre une forme d'initiative, une première pour moi, et je lui dis :
— Je vais attraper un torticolis en restant comme ça. Je vais m'installer mieux.
Et sur ce, j'écartais sa main de ma cuisse (je devinais, à ses sourcils, un mélange de surprise et de légère tristesse à ce geste) avant de m'allonger sur le côté, ma tête sur son bras droit, mon corps blotti contre le sien, ma main droite sur son torse. Je vis alors un sourire revenir sur son visage, je le sentis se détendre (ce qui me détendit aussi, étant particulièrement stressée par le simple fait d'avoir pris une initiative !) et je sentis aussi sa main revenir sur ma cuisse. Enfin... À moitié, puisqu'elle glissait un peu vers ma fesse, au fil des minutes qui passaient. Il m'expliquait pendant tout ce temps des choses sur les planètes, les étoiles et les galaxies. Je tentais de suivre et de l'écouter, tournant par moments la tête vers le ciel, mais le plus souvent vers lui, croisant régulièrement son regard.
Je m'aperçus alors que c'était comme si j'avais inversé les rôles : au lieu que ce soient les autres qui me regardent constamment, et moi qui les croise parfois, c'était comme si moi je le dévorais du regard pendant que lui croisait le mien seulement par moments. J'avais l'impression de bouillir de plus en plus de l'intérieur, mon ventre semblait danser la chamade, mes jambes me donnaient l'impression de s'agiter toutes seules. Je voulais en même temps les croiser le plus possible, comme si j'avais une envie pressante et immédiate, mais aussi les agiter en tous sens, comme si je courrais un marathon virtuel. Je crûs à une nouvelle bouffée d'angoisse, mais quelque chose était différent. Les mêmes symptômes, mais je n'avais pas la même envie de m'enfuir. Jusqu'à une sorte de point de rupture. Subitement, je craquai. Relevant légèrement la tête, je déposais mes lèvres sur sa joue, juste au bord des siennes.
Cela ne dura qu'une seconde, avant que je ne reprenne ma place contre son épaule, le cœur palpitant comme jamais. J'avais fait une bêtise. Ça y est. Il va partir. Il va s'en aller à cause de moi. Qu'est-ce qui m'avait prise ? J'étais perdue ! Et, comme pour mettre un terme à toutes mes questions internes, je sentis quelque chose se poser à son tour sur mes lèvres. Là encore, cela ne dura qu'une seconde. Prise au dépourvu, il me fallut un peu de temps pour comprendre qu'il venait de me rendre mon baiser furtif. Ce fut alors l'explosion en moi. Une décharge électrique me traversa tout le corps, éclatant dans ma tête, descendant jusqu'à mon bas-ventre, et remontant tout aussi vite. Je ne pus m'empêcher de pousser comme un petit miaulement, presque comme le ferait mon propre chat, avant de sauter à califourchon sur lui, et de le serrer dans mes bras, assez fins pour les glisser derrière lui-même lorsqu'il est allongé.
La tête dans le creux de son cou, je pouvais sentir son parfum et son odeur alors que ses mains m'enserraient à leur tour, l'une dans mon dos l'autre sur mes reins. Relevant les yeux vers lui, je sentis son souffle chaud sur mon visage, et nous approchâmes de nouveau nos visages pour nous embrasser. Ce fut, cette nouvelle fois, loin d'être furtif. Nos lèvres ne cessaient de se rencontrer, et je sentais sa respiration glisser sur ma peau, tel un courant d'air chaud dans cette nuit froide. Je ne cessais de me dandiner et de me trémousser sur lui, mes mains ayant quitté son dos pour venir se poser sur ses épaules. L'embrassant une nouvelle fois, je sentis alors ses lèvres s'entre-ouvrir, et sa langue venir caresser mes lèvres. Une fraction de seconde, je ne sus que faire, mais le souvenir de ce que j'avais lu quelques semaines plus tôt me revient alors.
En effet, entre nos deux rencontres, je m'étais déjà surprise (de nombreuses fois en fait !) à penser à lui, et à m'imaginer (une fois) ce qu'il faudrait faire s'il m'embrassait (je n'aurai alors jamais imaginé que ce serait moi qui l'embrasserais la première ; ne suis-je pas aromantique ?!). J'avais lu, sur internet, qu'il fallait alors respirer par le nez pour ne pas bêtement s'étouffer, et caresser doucement sa langue avec la mienne, sans « rentrer de force dans sa bouche façon char soviétique » (cette phrase m'a marquée tellement elle m'avait fait rire !). J'appliquais donc ces conseils, et je sentis cette chose humide, à la fois molle et dure, douce et râpeuse, venir caresser doucement ma propre langue. Il avait un goût légèrement chocolaté et un peu salé à la fois.
Sans y réfléchir, mes mains caressaient son visage quasiment au même rythme, et je sentis se calmer peu à peu le feu qui traversait mon corps depuis un moment, mon attention étant alors entièrement focalisée sur ce baiser et ces sensations nouvelles si agréables. Lorsque je le sentis se retirer, je fis de même avant de me laisser retomber sur lui, joue contre joue. Il m'embrassa sur l'oreille. Je riais doucement, les yeux fermés, profitant du moment et assimilant toutes ces nouvelles émotions qui, à l'inverse de ce que je craignais, me donnaient un sentiment de calme et de plénitude que je n'avais jamais connu. Comme si tous les problèmes du monde s'étaient envolés vers les étoiles.
Après de longues minutes d'un câlin apaisant, je l'entendis me murmurer à l'oreille qu'il faudrait rentrer si je ne voulais pas inquiéter mes parents. Mes parents ! Je les avais complètement oubliés ! Je me redressais d'un coup, toujours en cavalière au-dessus de lui (je fais d'ailleurs de l'équitation depuis que je suis toute petite : monter à cheval a le don de me calmer et de m'apaiser, sans que je ne sache vraiment pourquoi, mais je m'en fiche, tant que ça marche et que j'aime ça). Je sortis mon téléphone, et je m'aperçus que j'avais plus de deux heures de retard ! Ma mère va me tuer ! me dis-je. Mais en rangeant mon téléphone, et en voyant Charlie allongé en dessous de moi avec son regard pétillant, je n'arrivais pas à paniquer pour autant. Ses mains étaient posées sur mes cuisses. Elles étaient d'ailleurs plus larges qu'elles ! Je mis les miennes sur son torse, et je laissais courir mes doigts sur son pull.
Lorsque je les avançais jusqu'à ses épaules, j'en profitais pour me pencher exagérément en avant et venir lui prendre un autre baiser sur ses lèvres. Je sentais alors ses mains remonter sur mes hanches et s'y agripper doucement, puis revenir sur mes cuisses lorsque je me redressais. Je fis durer mon petit manège jusqu'à ce que, en me redressant, je sentis quelque chose frémir en dessous de moi. Lorsque je compris que c'était l'intérieur de son pantalon que j'avais senti, je virai au cramoisi. Je me relevai alors rapidement, un peu chamboulée et prise d'un vertige en repensant soudainement à tout ce qui s'était passé cette nuit, comme si ce dernier contact auquel je ne m'attendais pas m'avait ramené à ce que j'étais encore quelques mois plus tôt. Charlie me demanda, avec une pointe d'inquiétude, si ça allait. Je feignis que oui, et qu'il fallait surtout que je rentre rapidement.
Il se releva alors lui aussi, secoua un peu son imperméable pour faire tomber l'herbe et la terre qui s'y étaient accrochés avant de le remettre, et nous partîmes en direction de mon immeuble.
En chemin, ce fut lui qui me prit la main. Ma mère ne voulait pas, normalement, que j'invite quelqu'un chez elle, ni même que l'on sache où nous habitions. Mais je m'en fichais. Je me laissais donc raccompagner par Charlie, jusqu'au bas de notre petit immeuble. Là, en place des « au revoir » habituels, il me tourna vers lui et me dit qu'il avait passé la plus merveilleuse des soirées avec moi. Je lui retournai le compliment, et il m'embrassa de nouveau. Je dus me mettre sur la pointe des pieds, mais j'appréciais cette sensation. Contrairement à tout à l'heure, ce baiser me paraissait moins fougueux, plus calme. Lorsque nos langues se détachèrent enfin, je lui dis sur un ton amusé « ça, c'est un beau bisou de bonne nuit ! » Il rit, et me répondit qu'à partir de maintenant, il m'en donnerait un tous les soirs avant que je n'aille m'endormir.
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