Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La sage épouse devenue la salope de son patron — Chapitre 1 · Sauver l'emploi de mon mari
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La sage épouse devenue la salope de son patron
Chapitre 1 · Sauver l'emploi de mon mari
Tout a commencé il y a près de trois ans, de longs mois de doutes, de culpabilité, de larmes, de crises, avant l'acceptation, devenue plaisir, et désormais addiction et épanouissement. Ce n'est donc que maintenant que je trouve le besoin et l'envie de livrer ce témoignage, sorte d'exutoire qui prouve à quel point la vie peut réserver des surprises, bousculer des certitudes et faire évoluer les gens. Et les couples.
Je m'appelle Elodie, trente-sept ans, mariée depuis huit ans à Christophe, trente-neuf ans. Nous n'avons pas d'enfants, mon mari est stérile, situation qui nous a d'abord attristés avant de nous faire une raison, même si l'adoption reste dans un coin de notre tête.
Nous vivons dans un bel appartement près du centre de Lyon, où mon mari a une bonne situation dans un grand cabinet d'expert-comptable. Quant à moi, j'ai un poste à mi-temps dans une crèche, plus par occupation que par réelle nécessité. Bref nous ne sommes pas riches, plutôt classe moyenne aisée, ce qui permet une vie confortable avec de belles vacances et qui suffit à mon bonheur.
Suffisait… devrais-je plutôt dire. On me dit jolie et bien faite (plutôt grande 1m73, yeux verts, longs cheveux auburn, mince 59 kilos, mais des formes et une belle poitrine ronde et encore très ferme), mais je ne m'en rendais pas compte et n'en avais jamais joué « avant », faute d'une stricte éducation et d'un manque de confiance en moi. Et toujours un look sage genre jean-baskets, juste une ou deux excentricités en lingerie dans l'intimité du couple.
Je n'avais, jusqu'au début de cette aventure, connu que très peu d'hommes, trois précisément avant mon mari, que je n'avais jamais trompé. Je n'ai perdu ma virginité qu'à dix-neuf ans, avec un garçon de mon âge, une première histoire qui n'a duré que quelques semaines.
Je suis sortie plus tard avec Thomas, pendant deux ans, avant un très long break puis six mois avec Pascal, et une nouvelle longue pause avant la rencontre de Christophe chez des amis communs. Je me demande d'ailleurs si, nous sachant célibataires tous les deux, nos amis n'avaient pas « arrangé » cette rencontre en espérant que (ils n'ont jamais voulu me le confirmer), mais grand bien leur a pris.
J'avais vingt-six ans, trois ans plus tard, nous nous sommes mariés. Ces quatre premiers hommes n'étaient pas obsédés par le sexe, tout cela était bien sage, mais ne connaissant rien d'autre, je pensais alors que c'était la « norme », nous ne discutions pas de ces choses-là avec mes amies, et comme il m'arrivait de temps en temps de prendre du plaisir et même de jouir, tout cela m'allait très bien.
Toute cette jolie routine va voler en éclats le 15 février 2022, un mardi. Comment ne pas m'en souvenir ? Le facteur qui sonne, une lettre à en-tête de l'entreprise de mon mari, avec accusé de réception, qui m'interpelle. Je la signe pour lui, je l'appelle à son travail, lui demande si il sait de quoi il s'agit, si c'est urgent, s'il faut que je l'ouvre. Je le sens gêné, confus.
— Non ne l'ouvre pas, je t'expliquerai ce soir.
Bref juste de quoi me faire gamberger tout l'après-midi. Même au travail, je ne peux m'empêcher de penser à cette drôle de réaction. Quand Christophe rentre, je n'y tiens plus, et comme il semble encore tergiverser et vouloir gagner du temps, j'explose :
— Bon tu l'ouvres cette lettre ou c'est moi qui le fais !
Mis devant le fait accompli, il s'exécute enfin en me bredouillant :
— Je voulais t'expliquer, mais...
Je lui arrache la lettre des mains et me retrouve en état de sidération dès la lecture des terribles premiers mots : « licenciement... faute grave... entretien préalable dans dix jours... ».
— Chérie, je ne savais pas comment te le dire... je... j'ai fait un faux en écriture qui pouvait me rapporter 5000 €... Une somme que j'ai perdue au casino... tu sais le mois dernier quand on est sortis avec des collègues... j'avais bu... j'ai commencé à perdre, je voulais me refaire, ça a été l'engrenage.
Des mots qui ne font qu'augmenter ma fureur.
— Mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? On s'est toujours fait confiance, j'aurais pu comprendre, pardonner, on aurait trouvé une solution. Tu te rends compte qu'on est dans la merde, avec le crédit de l'appartement, on va faire comment si tu n'as plus de travail ? Le rembourser avec mon salaire de misère !
Je crie, je pleure. J'ai besoin d'un verre. Une heure plus tard, enfin calmée, après avoir réfléchi, je dis à Christophe :
— Je vais aller voir ton patron.
— J'ai déjà essayé d'argumenter ! me répond-il, c'est inutile, il est inflexible. Et de toute façon, il ne voudra même pas te recevoir.
— J'ai déjà essayé d'argumenter ! me répond-il, c'est inutile, il est inflexible. Et de toute façon, il ne voudra même pas te recevoir.
Je rétorque que ça ne coûte rien d'essayer. Une femme en larmes va peut-être le sensibiliser. Dès la première heure le lendemain matin, j'appelle le secrétariat de la boîte de mon mari pour prendre rendez-vous avec le boss. De peur qu'il refuse effectivement de me recevoir pour cette affaire privée, je prétends m'appeler Mme Maréchal, être la responsable d'une importante boîte d'agroalimentaire qui cherche un cabinet d'expert-comptable. La secrétaire me laisse en attente quelques minutes puis revient à moi :
— Monsieur R. a un agenda toujours très chargé, mais il a l'habitude de manger parfois sur le pouce au bureau les vendredis, et si cela vous convient, vous pouvez passer après-demain midi.
Ma « ruse » a fonctionné. Heureusement, car il ne reste qu'une semaine avant que Christophe ne se retrouve au chômage.
Et à moi 48 heures jusqu'à vendredi. Je vais devoir être convaincante. Notre avenir en dépend. J'ignore encore que ce rendez-vous va bouleverser ma vie. Notre vie.
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