Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La sage épouse devenue la salope de son patron — Chapitre 2 · Le rendez-vous
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La sage épouse devenue la salope de son patron
Chapitre 2 · Le rendez-vous
Deux jours qui me paraissent interminables. Quoi lui dire ? Quel ton employer ? Comment m'habiller, genre femme qui n'a pas trop les moyens et ne peut se permettre de voir son époux se retrouver sans emploi ? Non ça ferait trop « cosette ». Mon look habituel de tous les jours, jean-baskets ? Ou plutôt faire dans l'élégance chic, voire légèrement sexy, mais sans pour autant jouer les séductrices afin de ne pas laisser imaginer des choses à M. R. ? J'essaye d'en parler avec Christophe, surpris par mon culot pour obtenir ce rendez-vous, mais qui est tellement persuadé que je « vais me faire jeter », pour reprendre son expression, qu'il me dit que ma tenue n'aura guère d'importance et que je n'ai qu'à faire comme je veux.
On se dispute plusieurs fois. Puis je reviens à chaque fois m'excuser tellement je le vois abattu. Christophe travaille dans cette boîte depuis douze ans, il se rend compte qu'il va être viré, il tourne dans la maison comme un lion dans une cage avec cette mise à pied jusqu'à l'entretien préalable qui se profile. Je suis certainement très naïve, mais j'ai pourtant envie d'y croire.
Vendredi matin. J'ai opté pour la troisième solution. Un ensemble gris chic, tailleur et jupe mi-longue, chemisier blanc entièrement boutonné, des collants noirs, une paire de chaussures à petits talons plats. Juste un peu de fond de teint. Le chignon que je porte au quotidien au travail. La boîte est à vingt-cinq minutes de notre domicile, bouchons lyonnais (sans jeu de mots !) compris. Trop nerveuse, je pars déjà à onze heures vingt, et je me force à attendre dix minutes sur le parking. C'est un magnifique bâtiment ultra-moderne, deux étages tout en verre et acier. Onze heures cinquante-cinq, mon cœur bat la chamade lorsque je pousse l'imposante porte d'entrée. Je m'annonce à la secrétaire à l'accueil, une jeune femme d'une trentaine d'années, très polie, mais sans charme, qui appelle M. R, puis m'invite à patienter sur un sofa.
J'ai décidé de jouer la franchise, de laisser parler mon cœur, je n'ai pas voulu préparer un texte à réciter. Je déjà menti sur mon identité et je ne sais pas comment le boss va le prendre. C'est l'heure de la pause déjeuner, et plusieurs hommes et femmes sortent de l'entreprise en me saluant. Dix minutes, qui m'ont paru une heure, passent, lorsque la sonnerie du téléphone de la secrétaire retentit.
— Très bien M. R. je vous l'envoie.
Aussitôt elle se lève, prend son manteau et son sac, c'est la pause pour elle aussi.
— Deuxième étage, le bureau est à droite au fond du couloir, vous avez l'escalier ou l'ascenseur juste là-bas. Au revoir.
J'opte pour l'escalier, comme pour retarder l'échéance. Arrivée à l'étage, j'entrevois le bureau, dont la porte vitrée est grande ouverte. C'est le moment. Je ne peux plus reculer. Christophe m'a peu parlé de M. R. durant toutes ces années. Si ce n'est que c'est un homme grand, élégant, riche, mais dont les employés ignorent à peu près tout de la vie privée, à part qu'il a été marié, puis divorcé il y a fort longtemps.
— Madame Maréchal, c'est un réel plaisir de vous recevoir. Veuillez excuser l'horaire inhabituel, mais j'ai une semaine très chargée, et il m'arrive de rester au bureau pendant l’heure du déjeuner, surtout les vendredis. Mais je vous en prie, installez-vous. Que puis-je faire pour vous ? dit-il en me serrant d'une main ferme et en me désignant un confortable fauteuil en cuir.
— Très bien M. R. je vous l'envoie.
Aussitôt elle se lève, prend son manteau et son sac, c'est la pause pour elle aussi.
— Deuxième étage, le bureau est à droite au fond du couloir, vous avez l'escalier ou l'ascenseur juste là-bas. Au revoir.
J'opte pour l'escalier, comme pour retarder l'échéance. Arrivée à l'étage, j'entrevois le bureau, dont la porte vitrée est grande ouverte. C'est le moment. Je ne peux plus reculer. Christophe m'a peu parlé de M. R. durant toutes ces années. Si ce n'est que c'est un homme grand, élégant, riche, mais dont les employés ignorent à peu près tout de la vie privée, à part qu'il a été marié, puis divorcé il y a fort longtemps.
— Madame Maréchal, c'est un réel plaisir de vous recevoir. Veuillez excuser l'horaire inhabituel, mais j'ai une semaine très chargée, et il m'arrive de rester au bureau pendant l’heure du déjeuner, surtout les vendredis. Mais je vous en prie, installez-vous. Que puis-je faire pour vous ? dit-il en me serrant d'une main ferme et en me désignant un confortable fauteuil en cuir.
Cet homme n'est pas seulement élégant, il respire la classe, comme d'ailleurs tout l'aménagement de son immense bureau. La cinquantaine bien portante, il doit friser les 1 m 90 (mon mari fait 1 m 75), allure sportive, cheveux mi-longs poivre et sel, des yeux marrons derrière d'originales lunettes à grosses montures bleues. Je décide de jouer cartes sur table.
— Monsieur R., merci de me recevoir, je veux être franche avec vous, je ne m'appelle pas Mme Maréchal, je ne suis pas responsable d'entreprise.
— Voici un inattendu préambule, me répond-il, visiblement surpris. Mais qui êtes-vous alors, et quel est l'objet de votre visite ? Comme je vous l'ai dit, je n'ai guère de temps à perdre.
Je rassemble mes forces, respire un grand coup, et je me lance.
— Je suis l'épouse de M. D.
Il me scrute, mais reste impassible et ne répond rien. Le temps est suspendu. Au bout d'un moment qui me semble une éternité, c'est moi qui romps ce lourd silence.
— Je suis sincèrement désolée de ce petit stratagème, mais c'était le seul moyen de pouvoir vous voir rapidement. Vous savez que le délai...
Il me coupe brutalement.
— Ainsi vous êtes une menteuse et tricheuse comme votre mari.
J'encaisse.
— Non, nous ne sommes cela ni l'un ni l'autre. Il a fait une faute qui risque d'avoir de fâcheuses conséquences pour nous s'il perd son emploi, et je suis venue vous supplier de revenir sur votre décision.
Je commence à évoquer mon petit salaire, notre train de vie, l'appartement à rembourser, nos deux voitures, mais il agite la main pour me stopper, genre j'ai bien conscience de tout ça, inutile de développer. Avec un sourire mi-narquois, mi-compatissant.
— Madame D., votre mari est le numéro quatre de l'entreprise, il dirige même une de nos succursales. Même si ses états de service ont toujours été irréprochables, pensez-vous réellement que je puisse à nouveau accorder ma confiance à quelqu'un qui a voulu me voler ?
— Il n'a pas voulu vous voler, il m'a longuement expliqué. Une stupide dette de jeu dont il n'a pas osé me parler, une faille dans un document qu'il a pensé pouvoir exploiter sans que personne ne s'en aperçoive, un coup de panique, de folie, il en est dévasté aujourd'hui. Et moi aussi. Je suis sûre que vous pouvez comprendre. S'il vous plaît, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous reveniez sur votre décision.
— Monsieur R., merci de me recevoir, je veux être franche avec vous, je ne m'appelle pas Mme Maréchal, je ne suis pas responsable d'entreprise.
— Voici un inattendu préambule, me répond-il, visiblement surpris. Mais qui êtes-vous alors, et quel est l'objet de votre visite ? Comme je vous l'ai dit, je n'ai guère de temps à perdre.
Je rassemble mes forces, respire un grand coup, et je me lance.
— Je suis l'épouse de M. D.
Il me scrute, mais reste impassible et ne répond rien. Le temps est suspendu. Au bout d'un moment qui me semble une éternité, c'est moi qui romps ce lourd silence.
— Je suis sincèrement désolée de ce petit stratagème, mais c'était le seul moyen de pouvoir vous voir rapidement. Vous savez que le délai...
Il me coupe brutalement.
— Ainsi vous êtes une menteuse et tricheuse comme votre mari.
J'encaisse.
— Non, nous ne sommes cela ni l'un ni l'autre. Il a fait une faute qui risque d'avoir de fâcheuses conséquences pour nous s'il perd son emploi, et je suis venue vous supplier de revenir sur votre décision.
Je commence à évoquer mon petit salaire, notre train de vie, l'appartement à rembourser, nos deux voitures, mais il agite la main pour me stopper, genre j'ai bien conscience de tout ça, inutile de développer. Avec un sourire mi-narquois, mi-compatissant.
— Madame D., votre mari est le numéro quatre de l'entreprise, il dirige même une de nos succursales. Même si ses états de service ont toujours été irréprochables, pensez-vous réellement que je puisse à nouveau accorder ma confiance à quelqu'un qui a voulu me voler ?
— Il n'a pas voulu vous voler, il m'a longuement expliqué. Une stupide dette de jeu dont il n'a pas osé me parler, une faille dans un document qu'il a pensé pouvoir exploiter sans que personne ne s'en aperçoive, un coup de panique, de folie, il en est dévasté aujourd'hui. Et moi aussi. Je suis sûre que vous pouvez comprendre. S'il vous plaît, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous reveniez sur votre décision.
Cette dernière phrase était sortie comme ça, sans réfléchir, sans qu'il n'y ait pour moi d'équivoque. M. R. me regarde cette fois de haut en bas, un regard dérangeant avant de m'assener brutalement.
— La discussion est close. J'ai du travail. Bonne journée.
Un monde s'écroule sous mes pieds. Mes jambes flagellent, mais je n'ai plus qu'à me lever et partir. Il croit bon d'ajouter.
— La discussion est close. J'ai du travail. Bonne journée.
Un monde s'écroule sous mes pieds. Mes jambes flagellent, mais je n'ai plus qu'à me lever et partir. Il croit bon d'ajouter.
— Vous connaissez le chemin. Votre époux percevra ses indemnités vendredi prochain. Bon courage.
Il n'y a rien à répondre, je n'ai même pas envie de dire au revoir. Alors que je franchis le seuil, je l'entends se lever de son fauteuil et m'interpeller.
— Madame D. !
Je me retourne pour entendre cette phrase assassine :
— Et puis croyez-vous réellement qu'une femme prête à tout pour son mari se présente ainsi avec son si sage chignon et vêtue comme une nonne ? Je vous invite à y réfléchir pendant le week-end.
Il n'y a rien à répondre, je n'ai même pas envie de dire au revoir. Alors que je franchis le seuil, je l'entends se lever de son fauteuil et m'interpeller.
— Madame D. !
Je me retourne pour entendre cette phrase assassine :
— Et puis croyez-vous réellement qu'une femme prête à tout pour son mari se présente ainsi avec son si sage chignon et vêtue comme une nonne ? Je vous invite à y réfléchir pendant le week-end.
Je reste sans voix et j'ai besoin de plusieurs minutes pour reprendre mes esprits dans la voiture. Arrivée à la maison, je raconte tout à Christophe. Enfin presque tout, mais je ne sais pas encore pourquoi, pas cette dernière phrase qui me trotte dans la tête. Moi qui me trouvais élégante, une nonne ? Non, mais quel mufle ! Je me sens tellement vexée. Mon mari, tout à sa déprime, se contente d'un :
— Merci quand même d'avoir essayé, et de déposer baiser sur ma joue.
Il est tellement gentil, mon Christophe. Il l'a toujours été. Attentionné, prévenant, drôle, intelligent, j'avais été sous le charme dès notre première rencontre chez nos amis.
— Merci quand même d'avoir essayé, et de déposer baiser sur ma joue.
Il est tellement gentil, mon Christophe. Il l'a toujours été. Attentionné, prévenant, drôle, intelligent, j'avais été sous le charme dès notre première rencontre chez nos amis.
Onze ans ont déjà passé. Et tout va changer.
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