Qui va à la chasse perd sa place
Chapitre 1 · Le soupçon, ce qui nous pousse à chercher ce que nous ne voulons pas savoir
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Qui va à la chasse perd sa place — Chapitre 1 · Le soupçon, ce qui nous pousse à chercher ce que nous ne voulons pas savoir

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Mibou
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Qui va à la chasse perd sa place

Chapitre 1 · Le soupçon, ce qui nous pousse à chercher ce que nous ne voulons pas savoir

Chère lectrice, cher lecteur
C'est une autre facette de l'adultère que j'ai voulu explorer cette fois. N'hésitez pas à me faire connaître votre avis soit dans le commentaire soit en message privé. J'en serai ravi quel qu'il soit et je m'efforcerai de répondre.
Merci de me lire.
---OOO---
-         Tu pars déjà me crie Nadine, dépitée alors que je tente de quitter le lit saccagé par nos ébats.
-         Oui, désolé mais je dois retourner chez moi.
-         On se revoit quand Jérémy ?
-         Je ne sais pas encore, mais au plus tard la semaine prochaine, jeudi, même heure, même endroit. Je t'appelle.
-         OK, mais vite s'il te plaît. J'ai faim de toi !
 
Mon corps repu de caresses et de sexe se lève avec difficulté pour enfin quitter ce lit où ma maîtresse m'a donné tant de plaisir. Je dois retrouver rapidement ma femme sous peine d'être soumis à un feu de questions roulants.
Un rinçage rapide, un habillage TGV et me voilà dans le parking de l'immeuble pour y récupérer ma voiture.
 
Voilà maintenant un mois que j'ai franchi le pas, j'ai une maîtresse, quelle connerie !
Je ne me comprends pas, que s'est-il donc passé dans ma caboche pour aller voir ailleurs ? Braver l'interdit ?
Si je sais : j'ai voulu démontrer à mes collègues ma capacité à m'acoquiner d'une donzelle bien foutue, quelle bêtise !
 
C'est d'autant plus idiot que ma femme Audrey est très jolie. Je l'aime vraiment : bizarre me direz-vous ?  Ben surtout idiot, voyez plutôt.
Grande aux cheveux longs noir de jais qui font ressortir ses yeux vert clair, elle a tout pour elle : beauté, visage aux traits fins, bouche suffisamment pulpeuse pour vouloir y goûter et toujours le sourire qui s'y accroche, nez fin aquilin et cou gracile. Elle est dotée d'une magnifique poitrine qui ne demande pas de soutien-gorge et que n'importe quel homme normalement constitué rêverait de caresser.
 
Ma femme, c'est la grâce lorsqu'elle se déplace.
Une princesse, que dis-je, une reine tant sa classe et sa féminité éclaboussent celles et ceux qui la côtoient.
Les femmes la jalousent et mes collègues sont envieux de ma chance. Ils donneraient cher pour la sauter. Le problème pour eux, c'est qu'elle est fidèle voire rigide, ce qui à la fois me rassure et me fait bien rire.
Bas les pattes, messieurs ! Et heureusement pour moi !
 
 
Quel jeu idiot que de vouloir être le plus séduisant, le plus beau, le mieux membré, celui qui a le tableau de chasse reprenant les plus belles femmes, celles dont tout le monde rêve. 
Jeux d'adolescents boutonneux peut-être, mais à 33 ans ?
 
L'âge du Christ dit-on, l'âge de la sagesse ! Quelle blague ! Nous ne sommes que des enfants immatures où les jeux aussi stupides que de savoir qui pisse le plus loin sont en vogue.
 
Mais voilà, je me suis pris au jeu. L'insistance de mes chers collègues, leurs moqueries, eux qui ne comptaient pas les coups d'un soir ou les maîtresses (en tout cas le disait-il), ont eu raison de mes réticences. Ego oblige !
Il y en a déjà deux qui ont dit adieu à leur mariage et, leur liberté retrouvée, nous excitent comme une bande d'ados attardés en vantant leurs exploits sans contrainte.
Je peux à présent fanfaronner devant eux et leur raconter, fier comme Artaban, que j'ai levé un gibier de choix. 
Nadine est vraiment une belle femme, très classe (bien moins qu'Audrey cependant), très féminine et sensuelle, pourvue de tous les atouts nécessaires et utiles.
Mais, ce qui ne gâche rien, c'est qu'il s'agit de la femme de notre directeur des ventes, excellent pour mon aura. Stupeur et tremblement comme aurait dit Amélie Nothomb chez mes collègues.
-         Mazette, me disent Pierre, Valéry et Francis, tu pioches vraiment fort ! disent-ils stupéfiés.
 
C'est au cours de la fête annuelle de l'entreprise où je travaille que j'ai rencontré Nadine. Pour une fois que les conjoints avaient été invités, j'ai tiré le gros lot. Elle m'a très vite tapé dans l'œil ce qui n'a pas échappé à mes collègues.
-         C'est un trop gros morceau pour toi m'a dit Pierre.
-         Jamais tu ne parviendras à la mettre dans ton lit surenchérit Julien
 
Alors, mis au défi, j'ai lâché la cavalerie et tout fait pour la séduire. Et, cela a marché ! J'ai vite constaté que je ne lui étais pas indifférent. Echange de 06, rendez-vous discrets d'abord dans un bar puis à l'hôtel.
 
Ils en sont jaloux mais aussi fascinés par cette réussite.
 
Pendant ce temps, j'ai oublié ma femme et mes collègues en ont profité, ils n'avaient d'yeux que pour elle et ses magnifiques rondeurs. Ils ont tourné autour d'elle comme des vautours prêts à fondre sur leur proie et la dévorer.
Mais, ils se sont cassé les dents car si dans l'intimité elle peut être très chaude, elle peut aussi être d'une froideur à vous couper toute envie de la fréquenter. Un vrai glaçon !
 
Au retour à la maison, cela m'a valu une volée de reproches où se mêlent « me laisser seule avec cette bande d'abrutis libidineux » à « je te trouve bien servile auprès de Nadine » ou encore « à voir ton empressement pour elle, tu as la queue qui frétille ». Le pire a été « si je ne te suffis plus dis-le moi tout de suite, j'en trouverai d'autres pour me baiser comme tu as sans doute pu le constater ! ».
Elle me dit avoir entendu Nadine me titiller en suggérant que chez l'homme, c'est comme le homard, c'est la queue le meilleur ! Pouffiasse, va !
 
Elle était vraiment en colère et, il a fallu d'urgence éteindre l'incendie. Alors, je lui ai fait l'amour avec fougue pendant une grande partie de la nuit. Tout y est passé : cunnilingus, missionnaire, levrette, le cheval à bascule ou encore le cadenas. Bref, la totale ! Et, sans me vanter, elle est montée au septième ciel plus d'une fois !
 
Reconnaissez que voilà une chouette manière d'éteindre un incendie mais mieux vaut l'éviter, il arrive que l'on s'y brûle sérieusement.
 
Etonnamment, pendant l'amour, je voyais à certains moments le visage de Nadine. Non, je n'en suis pas amoureux mais cette dualité a considérablement boosté mon excitation, en tout cas pour l'instant.
 
Pendant la fête, Nadine trônait au-dessus de tous les subordonnés de son mari, Paul. Lui-même se trouvait être très attiré par la femme de Thierry, notre PDG, (Geneviève de son petit nom, belle blonde aux formes opulentes) lui montrant un intérêt un peu trop évident.
Quel panier à crabes tout de même, à croire qu'il n'y a que le sexe et la séduction qui comptent dans cette boîte !
Cela dit, j'ai juste le droit de me taire, je n'ai pas vraiment le droit de m'en plaindre.
 
A présent je m'astreins à mener une double vie, entre ma femme que j'aime sincèrement, et ma maîtresse que j'utilise plus comme hochet face à mes collègues aussi débiles que moi.
Jeu dangereux, je le sais, que je pourrais bien regretter, mais je me donne des excuses, certes pas très malignes en cherchant à en mettre plein la vue à mes collègues. J'en ai terriblement envie, alors il ne me reste plus qu'à croire en ma bonne étoile.
 
---OOO---
 
Voilà plusieurs mois que notre liaison dure. Nadine est à la limite de la nymphomanie, car, outre notre rendez-vous hebdomadaire du jeudi, elle s'arrange pour se rencontrer très régulièrement à la sauvette, prête à baiser à tout moment et en tous lieux. 
Il est vrai que mon métier de commercial me permet de me déplacer à beaucoup d'endroits sans éveiller le moindre soupçon, que ce soit de mon employeur ou de ma femme. Facile et sans risque.
 
Le problème est que ce rythme m'épuise, j'ai beaucoup de difficultés à la suivre dans cette débauche de sexe, je dois bien l'avouer. Mais, chut, ne le dites à personne… 
Résultat, mon épouse légitime commence à pâtir de cette frénésie sexuelle. Nos rapports sont moins chauds, moins fréquents. Elle ne m'a encore rien reproché, mais je sens bien que cela va arriver.
 
Nadine semble vouloir s'accrocher et me répète trop souvent qu'elle m'aime. Moi, je ne l'aime pas, c'est ma femme dont je suis amoureux. Au surplus, je vous l'ai dit, Nadine est la femme de mon boss. Certes, je peux maintenant rabaisser le caquet de ces Don Juan de pacotille, mais en revanche, la situation est vraiment délicate, je n'ai pas vraiment envie de perdre à la fois ma femme et mon boulot.
Il faut vraiment mettre fin à cet écart dangereux, mais je n'y arrive pas, cette femme m'envoute littéralement et l'interdit est un aphrodisiaque puissant.
Dans quoi me suis-je donc fourré ?
 
 
 
AUDREY
 
Mon mari a une maîtresse, banal, me direz-vous. Sans doute, mais cela me fait mal quand même.
Enfin, je pense qu'il en a une parce que mon odorat fin a perçu sur son veston un parfum de femme qui n'est pas le mien. Quelques petits détails me mettent la puce à l'oreille, les hommes ne sont pas bien malins !
A la maison, il est plus présent et même attentionné, cherche de la tendresse mais pas le rapport sexuel qui commence à  se raréfier (enfin une fois par semaine quand même !). 
Il m'a même offert des fleurs sans raison apparente, ce qui n'est plus arrivé depuis au moins trois ans ! 
Déjà en proie au doute, ces comportements inhabituels le raffermissent.
 
Jérémy est un bel homme et je ne suis pas étonnée qu'il attire la convoitise des femmes. Grand, musclé, un visage à la Alain Delon, chevelure lisse châtain clair, yeux gris coruscants et le sourire ravageur, je l'aime. 
Je l'ai dans la peau. En plus, il est gâté par la nature, et sait s'en servir. Mais cela, je suis en principe la seule à le savoir. 
Enfer, quand la jalousie vous étreint, la curiosité s'emballe.
 
Après la soirée d'entreprise, j'ai cru naïvement que mon accès de colère allait le calmer. Pourtant, contrairement à ce que vous pouvez croire, ce n'est pas un coureur de jupon, c'est sûr, il aime plaire à ces dames comme sans doute tous les hommes.
Mon problème est que je le sais un peu immature, ce qui explique sans doute cet écart potentiel, mais cela ne l'excuse pas. Et l'influence de ses collègues n'est sans doute pas pour me rassurer.
 
Moi je n'aime pas les regards des femmes sur mon homme, surtout s'ils sont concupiscents. Jalousie de femme amoureuse à n'en point douter. Rien que de croire qu'il puisse être infidèle provoque en moi une grande agitation avant de me plonger dans une profonde détresse.
Je souffre en silence, cette jalousie me tord les tripes.
Ne suis-je pas en train de me faire un film ? Vérifier, il me faut une preuve, une certitude, comme saint Thomas.
Je l'aime et je ne veux pas le perdre, mais je dois savoir même si connaître la vérité me fait peur.
 
 
 
Ce matin, en rassemblant les vêtements destinés au pressing, j'ai retrouvé dans la poche de son veston un mot oublié et visiblement écrit par une femme, une écriture ronde et ample typiquement féminine. Je lui ai pourtant souvent reproché son étourderie, mais cette fois elle me sert.
 
Un mot doux qui me transperce le cœur. 
Il accompagne une note d'hôtel, le Cygne Noir, je connais, hôtel plutôt cossu. Il ne s'ennuie pas le salaud quand il invite sa pétasse. Je n'ai pas droit à de tels égards lorsque nous partons en week-end !
 
En tout cas, je l'ai ma preuve. L'enfoiré !
 
Et maintenant, que faire ? Le confondre ? Le prendre en flagrant délit avec du public, qu'il soit bien honteux ?  Lui faire avouer ? Le mettre à la porte ? Lui faire une scène terrible ? Lui arracher les yeux ? L'émasculer ? L'envie ne me manque pas, mais je serais doublement punie : cocue et plus de valseuses à caresser !
Mieux vaut ne pas se laisser emporter par la colère, toujours mauvaise conseillère et attendre ou provoquer une bonne opportunité pour le punir. Pour sûr, il ne l'emportera pas au paradis…
 
---OOO---
 
Voilà, il revient du boulot affichant un air satisfait, content de sa journée, le sourire aux lèvres.  
Il m'embrasse, me demande si ma journée a été bonne, écoute même la réponse que je lui sers en grinçant des dents, et se dit fourbu par le travail. 
Mais lequel ? me dis-je en avalant ma colère.
Je fais en sorte qu'il ne remarque rien (ce qui n'est pas bien difficile tant il est centré sur sa personne), je l'observe à la recherche du moindre indice. Il a un comportement habituel où rien ne transparaît, sauf peut-être qu'il est plus volubile et a le regard un peu fuyant. 
 
Me sentant crispée, il m'enlace, me couvre de baisers. J'ai un peu de mal mais il est tellement doux et je l'aime tellement que je me laisse faire. 
Il caresse mes seins qu'il sort de leurs bonnets, me retire la robe qui glisse à mes pieds, mon soutien-gorge, lèche mes seins, les titille, pince les tétons.
Je ne peux m'empêcher de gémir de plaisir, il me connait et sait quoi faire le salaud.
Il est vite nu dans le salon, ne s'embarrasse pas de trop de préliminaires et me pénètre un peu à la hussarde, vite et brutalement.
J'aime et me tortille de plaisir.
Son sexe me remplit, va et vient dans un rythme soutenu. Il m'entraine rapidement vers la jouissance et, me sentant arriver à l'orgasme, accélère encore pour se répandre en moi, ce qui provoque ma jouissance.
Cela n'a pas duré plus de dix minutes. Même si c'était bon, j'aimerais qu'il me cajole plus, m'entraine plus vers la félicité et l'harmonie. Je suis un peu frustrée.
 
 
La conclusion me parait évidente : ce doit forcément être harassant de baiser l'après-midi, entre deux clients ! Le traître !
 
 
---OOO---
 
 
Décidément, les mecs n'ont toujours pas conscience qu'ils se trahiront un jour ou l'autre et que nous les femmes, nous avons une sensibilité très développée. Appelez cela le sixième sens si vous voulez.
Je ravale ma rancœur et ma colère. Moi non plus, je ne montre rien, et, pourtant, j'ai mal à en mourir. 
J'accepte encore ses caresses et continue de coucher avec lui. Faut-il que l'amour que je lui porte est tel qu'il me permette d'accepter ses avances, de l'aimer charnellement et même d'y trouver du plaisir non dissimulé. Mais à chaque fois (enfin pour les rapports de plus en plus espacés et rares que nous avons) ma colère resurgit.
 
Qu'ai-je raté ? N'ai-je pas été à la hauteur ? Est-elle plus attrayante, plus jolie, plus sexy ? Ne suis-je pas assez attentionnée, assez aimante, pas assez… je ne sais pas, je suis perdue ! 
Alors je veux tout savoir : qui elle est, est-elle plus jolie que moi, bien faite, plus jeune peut-être ?
C'est drôle de vouloir tout connaître, son passé, son histoire. Mais, je veux comprendre ce qui le pousse dans les bras d'une autre, pourquoi elle a pris ma place.
 
Ma jalousie me pousse à être curieuse, à me faire mal au point d'avoir envie d'en mourir. Peut-être une forme de voyeurisme ? D'autodestruction ? 
En tout cas une envie de comprendre, de savoir ce qui peut pousser mon mari à se dévergonder, à franchir une frontière interdite alors que cela risque de tout détruire.
Peut-être est-ce justement cet interdit qui le motive et l'excite, ce risque qui lui rend la tromperie tellement jouissive ?
 
Je me culpabilise, me torture l'esprit. Pourquoi ? On dit que les hommes sont volages et si je parle à ma mère, elle me dira que je n'ai pas su garder mon homme.
-         Baises-le me dit-elle, sois sexy, avenante, prête à toutes les folies. Les hommes ont une bite sur le front ! Cela marche à tous les coups !
-         Heu, tu as connu cela avec Papa ?
-         Secret ma chérie, mais crois-en mon expérience.
 
Autant dire qu'elle a dû faire face à une situation identique ou similaire. Je suis sidérée, mon père !
Il n'empêche, un peu facile tout cela, elle m'accable mais c'est tout de même moi la cocue ! Un comble !
 
---OOO---
 
Avec patience, je l'épie, le surveille, lis les messages la nuit dans son téléphone ou consulte ses mails (je connais ses mots de passe, c'est moi qui les lui ai installés). Certes, ce n'est pas très loyal mais en matière de loyauté je pense que Jérémy n'a pas de leçon à me donner. 
 
Ce qu'il écrit me crève le cœur, des « je t'aime » ou encore « j'ai envie de toi, vivement jeudi » « je vais te baiser, tu demanderas grâce » et plus d'une fois au milieu de la nuit, je sanglote, décomposée par cette trahison indicible. Et en plus, il fanfaronne !
 
Mon obstination est rapidement récompensée, je finis par découvrir les heures de rendez-vous, je connais déjà les jours et le lieu. 
Je veux maintenant savoir qui.
 
Au boulot, je me suis faite porter malade ce jeudi, (vous comprenez, un souci féminin un peu plus compliqué que d'habitude. Imparable), histoire d'avoir toute liberté pour enquêter.
 
Je reconnais l'hôtel où ils se retrouvent. Bel immeuble, classe, chic et cher. Il lui déroule un vrai tapis rouge.
Le voilà, il arrive, seul, au volant de sa voiture qu'il gare juste en face de l'hôtel à quelques mètres de moi. Pas très prudent, on pourrait reconnaître sa bagnole. Bien entendu, il ne me voit pas, pressé de retrouver sa maîtresse. il n'est que 15 heures. Le traitre, j'enrage.
 
Vais-je enfin découvrir l'identité de celle qui a pris ma place ? La peur m'étreint, les tremblements secouent mon corps, cent fois, je veux abandonner mon poste d'observation, cent fois l'entrée de cet hôtel me retient.
Le allées et venues des clients me font craindre de ne pas être en mesure de repérer ma rivale. Comment pourrais-je l'identifier ? C'est sans doute idiot de vouloir jouer à la Mata Hari, mais je veux une réponse.
 
Soudain, elle apparait, je la reconnais.
C'est Nadine, l'épouse de son directeur ! J'aurais dû m'en douter compte tenu du passé. La garce, elle pourrait presque être sa mère ! (J'exagère un peu). La voleuse de mari, la pouffiasse. J'ai envie de l'agripper, la gifler, lui arracher les yeux, mais je me retiens, inutile de me retrouver au commissariat face à une flicaille moqueuse. Le cocuage fait toujours rire.
Je me sens humiliée, si je pouvais entrer dans le sol…
 
Il faut reconnaître qu'elle a de l'allure, du maintien et que la sensualité dégouline le long de son être.
Quelle rivale ! Une vieille, mon courroux fait un bond vers la haine.
C'est à cause d'elle que nous avons eu une dispute, je me le rappelle. Il m'avait assuré que tout cela n'était qu'un jeu, que j'étais la seule habitante de son cœur. Il m'a même fait l'amour avec passion. 
Quelle gourde je suis ! Que je suis naïve !
 
Elle pénètre dans le lieu du saccage de ma vie. Ma frustration n'a d'égale que ma colère. Je la suis dans l'hôtel, la voit demander la clé de la chambre, la n° 126.
Dans un effort surhumain, je dois me retenir pour ne pas la suivre et entrer dans cette chambre, les confondre en pleine action. Ce n'est pas l'envie qui me manque.
Et puis ? 
A part un plaisir inutile d'une vengeance fugace, je n'aurai rien réglé. Il va s'excuser, se confondre en regrets, demander mon pardon et, malgré la trahison, je serais encore capable de l'absoudre en écoutant sa contrition accentuée par ses yeux de chien battu. Non, il faut le reconquérir et me montrer plus forte, meilleure, plus sexy si je veux sauver mon mariage, soit l'humilier si je décide de le quitter. 
Surtout, choisir et réfléchir.
 
Demi-tour, retour à mon poste d'observation où je rumine et tente de calmer mes élans assassins. 
Je suppose que prendre cette femme pour maîtresse lui procure une certaine aura auprès de ses polissons de collègues qui, tous sans exception, m'ont fait des avances aussi stupides que lourdes et déplacées. Et lui, bien entendu, il n'a rien vu ! 
Qu'ils sont tous minables ces mecs, mon mari compris !
 
JEREMY
 
Nadine n'est pas encore arrivée, je suis fébrile. Il faut que je lui dise, que nous devons arrêter cette relation sans issue, qu'il faut cesser nos coucheries.
Certes, elle me comble, je raffole de ses seins si doux, de son cul si appétissant et de ses hanches tellement accueillantes. Son corps est une ode à l'amour.
 
Je ne suis pas amoureux, mais elle me procure un plaisir très différent de celui que je partage avec Audrey. Peut-être devrais-je changer ma manière de faire l'amour à ma femme ? Il n'y a pas de raison de ne pas ressentir des sensations aussi puissantes voire plus avec elle alors que je l'aime.
 
Mes réflexions sont interrompues par l'entrée de Nadine.
Je me précipite vers elle, et nous nous embrassons fougueusement.
-         Enfin me dit-elle, j'avais hâte de te retrouver.
-         Nadine, il faut qu'on parle.
-         D'accord, mais d'abord, j'ai trop envie de toi. Viens, fais-moi l'amour.
-         Heu…
-         Viens te dis-je. Nous aurons tout le temps après. Je veux jouir, crier mon plaisir.
 
Je n'ai pas pu résister.
L'après-midi est torride, elle n'en n'a jamais assez. Devant ce sexe luisant, ces seins offerts et sa bouche gourmande, je l'embrasse, la caresse, la baise, la prends par devant ou par derrière, la sodomise. Quelques minutes de récupération, et nous recommençons le cycle.
Toujours plus vite, plus fort, plus viril, plus brutal. Elle crie de plaisir, en redemande, nous sommes en sueur.
Quelle femme ! Quelle femelle ! Impossible de résister.
Au bout de deux heures, les visages marqués par les efforts, une douche réparatrice est bien nécessaire.
-         Que voulais-tu me dire mon chéri ?
-         Oh, rien d'important. Il est possible que je m'absente la semaine prochaine pour quelques jours.
-         Ah. Pourquoi ?
-         Un séminaire est prévu mais ma participation n'est pas confirmée.
-         Veux-tu que j'en parle à mon mari ?
-         Certainement pas. Il va se demander comment tu es au courant.
-         C'est vrai.
-         Je vais tout faire pour ne pas y aller.
-         Tu es vraiment un amour ! Cela aurait été compliqué de me passer de toi une semaine !
 
Décidément, je ne parviens pas à lâcher le morceau.
 
AUDREY
 
Au bout de deux heures d'attente et de torture mentale, je les ai vu sortir de l'immeuble, bras dessus bras dessous en riant, se dire au revoir et se quitter sur un baiser passionné. Des ados !
 
J'ai mal à en mourir, mon cœur explose.
Je les trouve ridicules et indignes. Pas très objectif comme avis, j'en conviens.
 
C'est bizarre tout de même cette envie de se faire mal. 
En y réfléchissant, je comprends que cette curiosité, qui tourne à l'obsession, alimente ma déception, ma tristesse, mon humiliation, ma colère et éteint petit à petit mes sentiments à l'égard d'un conjoint qui ne mérite plus de l'être pour être remplacé par un sentiment de haine. Peut-être ai-je besoin de cet adjuvant tortueux pour mesurer pleinement la situation ? Pour m'aider à prendre une décision ?
 
Quoi qu'il en soit, je ne laisserai pas passer, tout cela ne sera pas sans conséquence, j'en suis convaincue.
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Mibou
21 avril 2025 à 16:08
Merci pour vos commentaires. Comme vous l'avez sans doute compris, la trahison m'est insupportable. En conséquence, elle ne peut rester impunie.
La moquerie ou l'humiliation ne peuvent en aucun cas triompher.
J'aime la clarté, l'échange bien compris, les sentiments vrais et partagés, bref tout ce qui se partage en pleine connaissance de cause.
Merci en tout cas de m'avoir lu.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Davidorab
Davidorab
21 avril 2025 à 13:40
Curieux de lire l'évolution de la situation.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
20 avril 2025 à 23:09
Quelle trahison pour Audrey d'apprendre que Jérémy son mari la trompe avec Nadine la femme de son directeur, je verrai bien qu'Audrey en face autant avec le mari de Nadine où avec un de ses collègues pour une belle humiliation, mais le couple va t'il survivre après ça où vont-ils se donner une deuxième chance mais pour Jérémy il mérite une bonne leçon ou une mauvaise
Modifié 20 avril 2025 à 23:17
Soyez respectueux
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Photo de profil de NathNMitch
NathNMitch
20 avril 2025 à 22:43
Comme toujours, Mibou, j'ai bien aimé ton récit. Maintenant que la femme "cocu" le sait, j'ai hâte de voir de quelle façon la situation va évoluer. Comme tu sais, j'ai un peu (ou beaucoup) horreur de la trahison, quelqu'elle soit, autant pour le mari que pour la femme. C'est très rare que la vengeance vient de la femme, alors j'ai vraiment hâte au 23 avril...
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