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Orientation principale dans ce chapitre
Le temps des tempêtes — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le temps des tempêtes
Chapitre 1
Aujourd'hui, j’enterre mon fils. Toute la famille est là au cimetière pour l'événement et surtout, mon ex-femme, Clara, sa mère, que je désespérais de revoir un jour, à l’aube de mes soixante-quinze ans. C’est drôle quand même quand on y pense : avec mon long imperméable démodé, tout le monde doit me prendre pour un vieux pervers, mais, que voulez-vous, je mentirais en prétendant le contraire. Foutu orage. Héhé. Moi, au moins, avec mon long imperméable, je ne prends pas l’eau. C’est qui les malins, maintenant ?
Ils sont bien gris, ces nuages. Oh ! Comme ça tonne, aussi ! Ça n’annonce rien de bon. L'obscurité gagne le ciel avec la pluie. Ce n’est pas bien beau. Je préfère le Soleil, moi.
Bah ! Regardez-moi cette jeunesse. Il peut bien faire tempête : ça ne leur viendrait pas à l’idée de décrocher les yeux de leur téléphone. Ils sont tous plongés dans leur petite bulle numérique. Des branleurs, je vous dis. Tous rivés sur leur Tik Tok, là, je n’appelle pas ça du divertissement, mais de la procrastination. Ils fuient, tous, les responsabilités de la vie. Ils fuient leur futur. C’est comme cela que celui-ci leur échappe. De mon temps, on luttait. On jetait des pavés. On avait tous ce mot à la bouche : anticonformisme. Ça voulait dire qu’on se rebellait contre le système, qu’on se battait pour notre utopie. On ne se conformait pas aux petites attentes de la société marchande. On luttait contre ! Anticonformisme ! Ça voulait dire cultiver la différence pour proposer une alternative ! Ça voulait dire faire bouger la baraque pour être plus libres !
Elle est belle la liberté et la différence, avec leurs petits comptes de « stars » autoproclamées, cette obsession malsaine pour l’attention, pour se distinguer des autres artificiellement, ce petit monde de complaisance où surtout, chacun reste bien cloisonné dans la bulle de ses recommandations. Bah ! Cafards ! Ça me dégoûte. Cette génération, ce sont des cafards, oui. Ça ingurgite, ça broie sans réflexion, du contenu médiocre et superficiel. Ça ne communique que par antennes. Puis, jamais vu des voyeurs pareil, avec de grands yeux écarquillés d’insectes sombres, avides de cette pornographie capitaliste insipide. Des blattes, des cancrelats, appelez ça comme vous voulez. Ça ne fait rien d’autre que d’infecter vos cuisines, bouffer les vivres ! Et ça épie. Ça bouffe dans les recoins. Ça laisse, enfin, la Terre crever en accusant la vieille génération !
De mon temps, nos parents avaient eu la Guerre. C’était difficile pour nous aussi. Eh bien, on a fait preuve de résilience. On ne s’est pas laissé abattre. On a lutté pour avancer. On a acquis des droits. Eux, ils préfèrent dire que c’est la faute aux anciens. Ils préfèrent abandonner aux politiciens véreux contre lesquels ils ne font rien, tous les droits que nous avions obtenus. Ils préfèrent s’abrutir devant leurs écrans. Parfois, j’aimerais pouvoir prendre une télécommande et changer leur film, pour qu’ils voient autre chose, pour qu’ils se réveillent un peu, qu’ils se remuent enfin.
La seule chose qu’ils font bouger dans ce monde, c’est leurs patins de chaises, les patins de leurs chaises de « gamers », là, des chaises de bureau fabriquées exprès pour permettre à ces branleurs de ne surtout pas déplacer leur cul. C’est plus facile de tout laisser glisser. Des patins de chaises ! Bah ! De mon temps, les chaises, ça ne bougeait pas et quand on voulait que ça change, on levait ses fesses ! C’est terrible.
— Ernest ! Allez, viens, prends ma main, voilà, comme ça. C’est bien. On va se mettre à l’abri à la salle des fêtes du village.
Qu'est-ce qu’elle a, celle-là, à me traiter comme un gosse ?! Quelle connasse, cette gamine. Ça a trente ans et ça fait la grande. Je déteste ma nièce. Je ne l’aimais déjà pas quand elle était petite. Une vraie petite chieuse déjà à l’époque quand on l’amenait au parc. On ne la faisait plus décrocher de la balançoire. Elle faisait des caprices interminables. Bah ! Connasse ! Je lui cracherais bien dessus. Un vieux, ça bave. Je le ferai passer pour de la sénilité. Héhé. Une bavure de vieux. C’est toujours mieux qu’une bavure de flic. Hé ! J’ai mieux. Je lui retire le balai qu’elle a dans le cul et lui enfonce un bâton de trinitrotoluène à la place ! Ensuite, boum ! Plus de nièce casse-burne. Bon débarras ! Héhé.
Tout ce petit monde en deuil pour mon fils se dépêche. On va se réfugier à la salle des fêtes, quelques pâtés de maisons, plus haut dans le village. Vous me direz que c’est drôle, une salle des fêtes à proximité d’un cimetière, mais tout est proche, ici.
Tiens ! Ils ne s’attendaient pas à avoir autant de visite ! C’est comme ça chez nous. Quand on en a besoin, on utilise la salle des fêtes. Ce n’est pas un vernissage à la con de pseudo-artistes du « contemporain », comme ils appellent ça, qui va nous empêcher de nous mettre à l’abri dans notre bon vieux local communal, payé avec nos impôts !
— Ernest ! Tu as vu ça ? C’est des images de ta jeunesse, non ?
Bah ! Quelle bande de cons ! C’est une exposition avec des tableaux, tiens, mais quels tableaux ! Partout, ce sont des collages à la con avec des opercules de bouteille, des capsules de bière écrasées, des emballages plastiques et même des préservatifs agrafés ! Ça ne se refuse rien ! Ça accroche vraiment tout et n’importe quoi sur des toiles ! Et puis, quoi ? Ça fout tout ça sur des photos d’époque, des souvenirs émouvants des manifestations de ma jeunesse ?! Qu'est-ce que ça veut dire ? Ils recouvrent les souvenirs de nos luttes pour un monde meilleur, par une accumulation de déchets ? Bravo le symbole ! Petits cons ! Ah ça, pour un vernissage, ils sont vernis, les cocos.
Mes jambes tremblent de colère en regardant ces abominations. Je veux les arracher de ces murs, les déchirer en mille morceaux pour les ramener à la terre d'où tout ce plastique et ces ordures ont jailli. Je me tourne vers ma nièce, les dents serrées, les poings crispés sur les anses de ma canne.
— Tu appelles ça de l'art, toi ? Tu trouves ça beau, la beauté dans les déchets de la société de consommation ? C'est notre passé, notre combat, notre histoire qu'ils bafouent ici, à grand renfort de plastique de merde.
Elle me regarde, les joues rougies, les sourcils froncés.
— Oh, arrête de t'enflammer, Ernest. C'est juste une exposition. Ça veut dire qu'ils se souviennent de ces moments, que ça les inspire.
Je la fixe, les yeux injectés de sang, le cœur battant la chamade dans ma poitrine. Je suis sûr qu'ils n'ont aucune idée de la force qui coule dans les veines de notre passé. Aucune idée de la beauté dans les souffrances endurées pour notre liberté.
— Inspire ?! Je suis inspiré, moi, par les vrais combats, par les vraies beautés, par les vraies hontes de ce monde. Je suis inspiré par les cris de la terre qui se meurt, les gémissements des forêts brûlées, les hurlements des baleines qui se font harponner, les soupirs des océans qui s'étouffent dans les plastiques. Plutôt que de les répandre sur nos luttes pour les droits humains qu’ils laissent perdre par leur immobilisme, ils feraient mieux de nettoyer à leur porte et de poursuivre notre combat, oui, plutôt que d’y étaler leurs déchets de merde !
Ma nièce lève les sourcils. Elle me prend de haut. Elle me prend pour un vieux fou. Connasse ! Petite conne ! Pétasse !
Je n’arrive pas à m’apaiser. Ce n’est pas bon pour mon cœur, mais je n’en ai rien à foutre ! Mon regard se pose sur les toiles déformées, les images de ma jeunesse souillées par les débris de la «modernité ». Je m’imagine envoyer tout ça en l’air avec une batte de baseball, quand, je la vois, mon ex-femme, Clara, s'approchant de moi, les cheveux encore plus longs et plus noirs qu'autrefois (certainement une couleur pour teindre ses cheveux blancs), la poitrine lourde et les mamelons pointant dans son t-shirt mouillé. Mon sexe se raidit dans mon pantalon, une sensation que je n'ai plus connue depuis des lustres. Elle a beau être vieille, comme moi : j’y vois encore la beauté des années soixante-dix avec qui j’ai fait les quatre cents coups.
— Clara...
Elle m'observe, les lèvres entrouvertes, les pupilles dilatées. Je sais qu'elle me veut encore, qu'elle me veut toujours dans les pires moments, les moments les plus difficiles pour le cœur. Je sais qu'elle sent ma rage, ma force, ma virilité encore intacte quand je m’emporte comme maintenant. Cette hargne, ça la rassure. Ça l'excite.
— Viens, me murmure-t-elle à l'oreille. J’ai les clefs des sanitaires, on peut s'y isoler.
Putain ! Elle n’a pas perdu de son rentre-dedans et de son audace ! C’est bon, ça. Et pourtant, bien que j’ai une trique de tous les enfers maintenant, je ne sais pas.
— Clara, je suis vieux, je suis fatigué, je suis en colère, dis-je d'une voix rauque.
Elle me sourit, une lueur de défi dans les yeux.
— Alors, montre-moi que tu es encore capable de tout bousculer.
Elle me fait un clin d'œil et un signe pour la suivre tout en s’éloignant. Et sans un mot de plus, je la suis vers les coulisses de la salle des fêtes, vers les toilettes, vers les plaisirs interdits d'un passé qui me hante encore. Je sens mon cœur s'emballer, les veines de mon sexe se gonfler à en exploser. Je la veux. Clara, pourquoi s’est-on séparé déjà ? Je ne veux plus le savoir.
Dans les toilettes, Clara me pousse contre un de ces quatre murs dégradés, tapissés de graffitis sans talent. Elle referme la porte derrière nous, à clé et là, enfermés dans les chiottes, mon ex-femme me regarde avec une faim de louve, les pupilles dilatées par les souvenirs de la passion que je pourrais encore lui offrir.
Son visage est illuminé par les éclairs qui zèbrent les fenêtres, les gouttes de pluie restantes glissant le long de son nez. Mon cœur s'emballe à la vision de son corps, les seins lourds pointant encore plus à travers le tissu trempé. Elle enlève son haut humide, le décolle de sa peau et sans soutif, je peux l’admirer dans toute sa nudité, si belle, si érotique.
Elle m'enlève mon imperméable et mon tricot de peau, me laissant à moitié nu dans la froideur de la pièce, les poils de mes aisselles dressés par l'excitation. Oui, c’est comme ça chez moi. Ça a déjà occasionné de belles rigolades. Clara me regarde, les mains tremblantes, les doigts caressant les contours de ma braguette, la serrant, la lissant, la malmenant presque dans sa hâte de libérer ma verge encore ferme malgré les ans. Je lui tiens les fesses puis retire son leggings qu’elle n’a pas honte de porter malgré son grand âge. Nous y voilà... Nous sommes tous les deux complètement nus, mon pénis et son clito en érection, les corps humides et échaudés, le souffle brûlant, impatients de baiser comme autrefois, fougueux, instoppables.
— Embrasse-moi, chuchote-t-elle en me tendant les lèvres, assise à califourchon sur moi.
Et dans les bruits lointains de la pluie et du tonnerre, je la prends dans mes bras, sentant la douceur de son ventre que je caresse avidement, ses seins tendus, l’embrassant à pleine bouche. Quand je me retire, j’inspire un grand coup. Le parfum de son sexe suant en bas envahit mes narines. Je suis aux anges. Et Clara, dans les ombres des sanitaires, dans les odeurs environnantes de savon et d’urine, dans les relents de tabac, dans les souvenirs de la passion interdite, Clara, Clara, Clara, Clara... Elle m'envoûte sans vergogne.
Elle se jette sur moi, avide, les lèvres gourmandes, les mains glissant dans les plis de mon pantalon trempé, cherchant ma virilité qui n’est plus endormie. Oh que non. Je la sens humer mon sexe. C’est un régal. Clara, Clara, Clara, Clara... Je suis encore un homme. Je suis encore en vie. Je suis encore prêt aux culbutes les plus sauvages, avec toi.
Mes mains se posent sur ses seins, les malaxant, les serrant, les caressant, les malmenant dans un geste à la fois tendre et sauvage. Clara gémit, sa bouche cherchant la mienne dans les ténèbres de la salle exiguë, les dents qui s’entrechoquent dans nos baisers fiévreux.
Ensemble, dans les replis les plus intimes de notre passé qui ne peut que redevenir présent, dans les flammes de notre passion interdite, Clara et moi, dans les toilettes de la salle des fêtes, dans les ombres de la mort de notre fils, les jambes tremblantes de la colère et de l’âge, dans les cris lointains de la tempête qui s’abat dehors, dans les gouttes de pluie qui glissent sur les vitres sales, Clara et moi, on se bouscule comme des bêtes pour sentir le bonheur d’être encore en vie, dans le plaisir de nos chairs emmêlées.
Elle prend mon sexe et le dirige à l'intérieur de sa chatte molle, dégoulinante de jus d’envie. Elle fait pénétrer mon gland dans son vagin, puis la base, jusqu'à la hampe. Ah ! Qu'est-ce que c’est bon d’être en elle, et sans ces merdes de capotes. En andromaque, elle me chevauche pour sentir mon sexe la baiser comme elle le veut. Elle m’utilise pour son plaisir et j’adore ça. Je sens que je vais jouir.
— Pas maintenant, Ernest... C’est délicieux de retrouver ces sensations, tous les deux. Je veux qu’on prolonge. À toi, un peu, de remuer les muscles. Je suis épuisée. Viens sur moi, prends-moi en missionnaire comme quand on était jeunes.
Je la bouscule sans ménagement, la renversant contre le carrelage froid, passant sur elle, avide d’elle et de sa petite chatte de vieille cochonne qui en veut encore comme quand on avait vingt ans. Clara gémit de plaisir, les jambes en l'air, les pieds battant l'air.
Je me penche vers elle, les mains glissant le long de sa peau, les doigts fouillant son entrejambe, sentant la chaleur, l'humidité de son sexe qui me tend les lèvres.
Je la pénètre avec douceur, dans la position tendre et si intime du missionnaire, en face à face, les mains agrippées à son dos, les jambes tremblantes se posant sur les siennes. Clara se cambre, les seins rebondissants, les cris de plaisir se mélangeant au tonnerre qui gronde dehors. Je suis, en elle, mieux que nulle part ailleurs. Cette fois, je ne vais pas pouvoir me retenir d’éjaculer en elle.
— Clara, regarde-moi, grogné-je en la prenant fermement par les chevilles.
— Qu'est-ce que... Ah... Oui ! Vas-y, Ernest ! Mon grand cochon ! Je veux ton sperme ! Déverse-toi en moi ! Vas-y, lâche tout !
— Qu'est-ce que... Ah... Oui ! Vas-y, Ernest ! Mon grand cochon ! Je veux ton sperme ! Déverse-toi en moi ! Vas-y, lâche tout !
Je jouis ! Mon sexe bat la chamade comme si tout le sang de mon cœur y avait migré, et j’éjacule, abondamment, déchargeant à cette occasion tout ce que je n’ai pas pu décharger, durant toutes ces longues années de solitude à la maison de retraite des Bleuets.
Clara ne peut retenir ses gémissements sauvages quand je la pénètre, plus fort, plus profond, dans les bruits de la pluie et les grondements du tonnerre, pour demeurer encore en elle, le sexe baignant dans sa mouille, un cru de choix, et dans ma semence, stérile, de vieillard. Le bruit de la pluie qui frappe les vitres et les cris de la tempête qui bat son plein, tout s'entremêle dans les profondeurs de son sexe de femme mûre, Clara, ce fruit délicieux, si tendre et sucré, contre lequel je ne pourrais jamais me défendre.
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Commentaires ()
J'aime bien ton antihéros rempli d'une colère qui, en plus du sexe, est sans doute ce qui le fait se sentir encore vraiment vivant. C'est un personnage des plus inhabituel, mais dont le caractère entier et sans concession m'a bien amusé.
Bravo (et pardon pour le retard...) !
Bravo
On passe du soixantuitard énervé au vieux amants vigoureux, bien joué :)
Tu sais, j'ai une chaise gaming, hein... et elle n'a même pas de patins... elle a des roulettes ;).
Et puis... ce coup de gueule passé, tu nous fais vivre une scène si sensuelle, si touchante... et si sulfureuse ! Du sexe, du vrai ! Et tu nous montres qu'il n'y a pas d'âge pour ça... C'est beau !
Alors, bravo Blabla, pour ta participation au concours :).
(ça me fait penser qu'il ne faut pas que je traîne pour publier le mien ;)).