Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chapitre 1 : Le Réveil du dernier homme. — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chapitre 1 : Le Réveil du dernier homme.
Chapitre 1
Chapitre 1 : Le Réveil du dernier homme.
La conscience revint à Nathan par vagues successives, chaque pulsation dans ses tempes lui rappelant cruellement qu'il était vivant. Une douleur sourde irradiait de sa nuque jusqu'au bas de son dos, comme s'il avait été roué de coups pendant son sommeil. Ses paupières collaient, résistant lorsqu'il tenta de les ouvrir. L'air qu'il inspira sentait le métal froid, l'antiseptique, et cette odeur indéfinissable, mais universelle de la peur séchée.
Quand sa vision se débloqua enfin, le spectacle qui s'offrit à lui le glaça jusqu'à la moelle.
Il gisait sur un lit d'hôpital, les draps froissés maculés de substances diverses - du sang, de la sueur, peut-être d'autres fluides corporels. Autour de lui, la salle d'hôpital baignait dans une lumière blafarde filtrant par des stores à moitié fermés. Les autres lits... Tous occupés. Des formes immobiles recouvertes de draps blancs, certaines révélant des contours effrayamment familiers - un bras pendant, une cheville tuméfiée, une mèche de cheveux noirs échappée du linceul improvisé.
— Putain de merde...
Sa propre voix lui parut rauque, étrangère, comme s'il n'avait pas parlé depuis des semaines. Une quinte de toux sèche le secoua, lui arrachant des larmes aux yeux.
En se redressant péniblement, Nathan sentit chaque muscle protester. Ses vêtements avaient été remplacés par une tunique d'hôpital trop large qui laissait son dos nu entrer en contact avec la surface plastique du lit. La froideur du matériau lui rappela des souvenirs fragmentaires - les sirènes, les cris, sa mère pleurant devant la télévision alors que les nouvelles diffusaient en boucle les mêmes images de corps alignés dans des gymnases transformés en morgues temporaires.
Le virus M7. Le tueur d'hommes.
D'un mouvement maladroit, il fit pivoter ses jambes hors du lit, ses pieds nus rencontrant le linoléum glacé. La pièce tourna autour de lui pendant un instant avant que son équilibre ne se stabilise. Les premiers pas furent des plus précaires, chaque contact avec le sol lui envoyant des décharges électriques depuis ses mollets jusqu'à ses cuisses.
La porte de la salle était entrouverte, oscillant légèrement comme si quelqu'un venait de partir à la hâte. Dans le couloir, le chaos régnait. Des brancards abandonnés en travers du passage, des dossiers médicaux éparpillés, des taches sombres sur les murs et le sol qui n'avaient pas encore été nettoyées. Et surtout, ce silence. Ce silence absolu, pesant, qui semblait absorber même le son de sa propre respiration.
Nathan avança en titubant, s'appuyant au mur pour se soutenir. Chaque porte qu'il passait révélait le même spectacle macabre - des corps, toujours des corps. Des médecins en blouse blanche effondrés sur leur bureau, des infirmières figées dans leur dernière action, un garde de sécurité, la main encore sur son arme dans son holster. Tous hommes. Tous morts.
La station infirmière offrit le premier indice tangible. Un écran d'ordinateur était toujours allumé, affichant un dossier médical partiellement rempli. Nathan fit glisser la souris avec des doigts tremblants, révélant une dernière note datée de trois jours plus tôt :
— Patient masculin #4781 - Test M7 : Positif. Décès en 2h47. Aucun traitement efficace. Isoler les sujets féminins immédiatement. Protocole Alpha enclenché.
Protocole Alpha. Ces mots lui firent monter une boule acide dans la gorge. Il se souvenait des rumeurs, des messages cryptés diffusés sur les ondes pirates avant que le réseau ne s'effondre. Des laboratoires secrets. Des expériences. Des plans de contingence pour "préserver l'espèce".
Une fenêtre brisée au bout du couloir laissait entrer une bouffée d'air extérieur, apportant avec elle une odeur de ville abandonnée - métal chaud, ordures pourrissantes, et quelque chose de plus primitif, plus animal. Nathan s'y dirigea comme un naufragé vers une bouée, avide de voir le monde au-delà de ces murs mortuaires.
Le spectacle qui s'offrit à lui depuis le troisième étage de l'hôpital lui coupa le souffle. Paris, sa ville, n'était plus qu'un cadavre urbain géant. Pas un mouvement dans les rues en contrebas. Pas une lumière dans les immeubles alentour. Seulement des voitures abandonnées, certaines encore avec leurs portières grandes ouvertes comme si leurs occupants s'étaient volatilisés en pleine fuite.
— JE SUIS LÀ ! hurla-t-il soudain, sa voix brisant le silence comme un coup de feu. "IL Y A QUELQU'UN ?!"
Seul l'écho lui répondit, se répercutant entre les façades aveugles des bâtiments. Nathan laissa échapper un rire nerveux, qui se transforma rapidement en sanglot. Ses genoux cédèrent et il glissa le long du mur jusqu'à s'effondrer sur le sol froid, enfouissant son visage dans ses mains.
C'est alors qu'un bruit incongru attira son attention. Un grésillement électrique provenant d'une pièce adjacente. Nathan se releva d'un bond, suivant le son jusqu'à une petite salle de repos où une radio amateur était encore branchée, son cadran éclairé d'une lueur verte fantomatique.
Avec des gestes précipités, il tourna le bouton de volume, captant d'abord seulement du bruit blanc avant qu'une voix féminine ne surgisse des interférences :
— ... peat, this is Lyon Command. Male survivors report to... coordinates... protected... Repeat...
Le message se brouilla avant de reprendre au début. Nathan sentit ses poings se serrer involontairement. Lyon. Elles étaient à Lyon. Et elles cherchaient des survivants masculins.
Mais pour quoi faire exactement ?
Alors qu'il tentait de capter plus d'informations, un autre son lui glaça le sang - le crissement de pneus sur le bitume en contrebas. Puis des portières qui claquaient. Des voix féminines, plusieurs, échangeant des ordres brefs.
Nathan éteignit la radio d'une main tremblante et se précipita vers la fenêtre, se cachant derrière le rideau pour observer la scène sans être vu.
Trois véhicules militaires étaient garés en éventail devant l'entrée principale. Des femmes en combinaisons de protection en sortaient, armées, organisées. L'une d'elles pointa un doigt ganté vers les portes de l'hôpital avant que l'équipe ne se déploie avec une efficacité terrifiante.
Nathan recula, le cœur battant à tout rompre. Son instinct lui hurlait de fuir, mais où ? Comment ? Il était piégé comme un rat dans ce bâtiment hanté par les morts.
C'est alors que son regard tomba sur la carte d'évacuation accrochée au mur - et le tracé en pointillé menant aux sous-sols. Aux garages. Aux ambulances.
Peut-être... juste peut-être...
Un coup violent contre la porte d'entrée principale résonna dans tout l'étage, suivi d'une voix amplifiée par un mégaphone :
— Nous savons que vous êtes là-dedans. Sortez et vous ne serez pas blessé.
Nathan n'eut pas besoin qu'on le persuade davantage. Il se rua vers les escaliers de service, déterminé à ne pas devenir ce qu'elles attendaient de lui. Pas sans se battre. Pas sans comprendre.
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