Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les aventures d'Arthur — Chapitre 1 · Volume 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les aventures d'Arthur
Chapitre 1 · Volume 1
Je m’appelle Arthur, j’ai 30 ans. Depuis presque un an, je suis célibataire, et franchement, c’est le désert. Je ne suis pas un Apollon, mais on ne peut pas dire que je sois moche non plus. On me décrit le barbu au regard ténébreux; j’avoue que j’ai toujours du mal à y croire. Je ne suis pas très grand, mais j’ai un physique de rugbyman : trapu, costaud, taillé par des années de mêlées.
Tout ça pour dire que ces derniers temps, je mets les femmes entre parenthèses. Jusqu’à récemment.
C’est la conséquence d'une blessure au genou survenue à l’entraînement en fin d’année. Plusieurs mois sans bouger, à tourner en rond. Puis enfin, le feu vert du chirurgien. Pour ma rééducation, je dois marcher un peu tous les jours.
L’idée ne m’enchante pas, mais je me dis que ce serait plus sympa à deux. Et justement, un couple d’amis habite à quelques rues de chez moi. Alex et Ninon promènent souvent leur chien. L’occasion est parfaite. Je les invite à prendre l’apéro en vue, donc, de leur proposer de me joindre à eux.
L’idée ne m’enchante pas, mais je me dis que ce serait plus sympa à deux. Et justement, un couple d’amis habite à quelques rues de chez moi. Alex et Ninon promènent souvent leur chien. L’occasion est parfaite. Je les invite à prendre l’apéro en vue, donc, de leur proposer de me joindre à eux.
Vers 18h, alors que je termine de faire les toasts – tapenade, chèvre-miel, saucisson, le tout bien arrosé de vin blanc – Alex et Ninon arrivent.
Alex, blond sec, fidèle à lui-même : nerveux comme un chat. Et Ninon... Ninon est lumineuse. Petite brune à la peau d’albâtre, fine, toujours perchée sur ses bottines et affublée de ses lunettes bizarres. Celles qui lui donnent cet air mutin, presque provocant. Et ce sourire, avec ses fossettes ! Un sourire qui peut faire vaciller les bonnes résolutions.
— Salut les amis ! dis-je en ouvrant la porte, sourire en coin.
— Salut le blessé ! répond Ninon en riant. Alors, comment va le genou ?
— Ça va mieux. Le médecin veut que je marche tous les jours. Et je me disais que je pourrais peut-être vous accompagner de temps en temps pour promener le chien ?
— Salut les amis ! dis-je en ouvrant la porte, sourire en coin.
— Salut le blessé ! répond Ninon en riant. Alors, comment va le genou ?
— Ça va mieux. Le médecin veut que je marche tous les jours. Et je me disais que je pourrais peut-être vous accompagner de temps en temps pour promener le chien ?
Ninon hausse les sourcils, puis lance, un peu trop vite peut-être :
— Je sors tous les après-midis avec lui, vers 14h. En ce moment je suis souvent seule, Alex bosse. Alors si t’as envie de compagnie, tu sais où me trouver.
— Je sors tous les après-midis avec lui, vers 14h. En ce moment je suis souvent seule, Alex bosse. Alors si t’as envie de compagnie, tu sais où me trouver.
Je souris, un brin taquin :
— J’veux pas qu’Alex commence à se faire des idées. T’es jolie, après tout.
— J’veux pas qu’Alex commence à se faire des idées. T’es jolie, après tout.
Alex éclate de rire.
— T’inquiète, vieux. Je te fais confiance. Et puis Ninon est sage comme une image, hein ?
— Une image un peu coquine, parfois, réplique-t-elle en croisant mon regard.
— T’inquiète, vieux. Je te fais confiance. Et puis Ninon est sage comme une image, hein ?
— Une image un peu coquine, parfois, réplique-t-elle en croisant mon regard.
Nos yeux s'accrochent un instant. Pas très longtemps, mais assez pour que je sente un frisson me parcourir. Peut-être à cause du vin. Peut-être pas.
La soirée file à toute vitesse. On joue aux cartes, on refait le monde autour d’une bouteille ou deux. Et à un moment, alors que Ninon se penche pour ramasser une carte tombée au sol, nos mains se frôlent. Légèrement. Mais le frisson, lui, est bien réel. Elle ne dit rien. Moi non plus. Mais ce regard, ce bref échange entre nous, il n’a rien d’innocent. Et pourtant, Ninon c’est la femme de mon pote. Mais quelque chose, ce soir-là, change.
Lundi, 13h45.
Je suis prêt depuis un moment déjà. Jean décontracté, sweat à capuche, basket neuves. Mon genou tiraille un peu, mais l’idée de marcher avec Ninon rend la douleur presque excitante. J’ouvre les volets, le ciel est couvert, mais l’air est doux.
À 14h tapantes, j’entends frapper. J’ouvre. Ninon est là, sourire aux lèvres, le chien est en laisse. Un petit cocker bringé, curieux, qui trépigne d’impatience. Mais pas autant que moi.
— Prêt pour la rando de l’année ? me lance-t-elle, faussement solennelle.
— J’ai pris une aspirine, alors je peux te suivre jusqu’au bout du monde.
— Prêt pour la rando de l’année ? me lance-t-elle, faussement solennelle.
— J’ai pris une aspirine, alors je peux te suivre jusqu’au bout du monde.
Ninon rit. Elle est habillée simplement : un jean moulant, un pull un peu large qui tombe juste assez sur une épaule pour laisser entrevoir une petite surface de peau. Et ses fameuses lunettes, rouges cette fois, rondes, espiègles.
On marche dans les petits chemins près de chez moi. Rien de spectaculaire. Mais la conversation coule naturellement. Elle me parle de son boulot, de son ennui ces derniers temps, de son besoin d’air. Je parle peu. Je l’écoute. J’observe. Par moments, nos bras se frôlent. Elle rit souvent. Elle me jette des regards rapides, presque fuyants. Comme si elle avait peur que je lise dans ses pensées. Ou qu’elle lise dans les miennes.
On marche dans les petits chemins près de chez moi. Rien de spectaculaire. Mais la conversation coule naturellement. Elle me parle de son boulot, de son ennui ces derniers temps, de son besoin d’air. Je parle peu. Je l’écoute. J’observe. Par moments, nos bras se frôlent. Elle rit souvent. Elle me jette des regards rapides, presque fuyants. Comme si elle avait peur que je lise dans ses pensées. Ou qu’elle lise dans les miennes.
Au détour d’un sentier, le chien tire sur sa laisse et s’enfonce dans les hautes herbes. Ninon le suit, moi derrière. Elle s’accroupit pour l’attraper, son jean se tend sur ses courbes. Je détourne les yeux, par respect. Mais pas assez vite.
— Il en fait qu’à sa tête, celui-là, soupire-t-elle en se redressant.
— Il a bon goût, j’ai l’impression, dis-je avec un demi-sourire.
— Il en fait qu’à sa tête, celui-là, soupire-t-elle en se redressant.
— Il a bon goût, j’ai l’impression, dis-je avec un demi-sourire.
Elle tourne la tête vers moi. Silence. Son regard s’accroche au mien. Long. Troublant.
— T’as toujours été aussi direct ? murmure-t-elle.
— Non. C’est nouveau. C’est toi qui me rends comme ça, peut-être.
— T’as toujours été aussi direct ? murmure-t-elle.
— Non. C’est nouveau. C’est toi qui me rends comme ça, peut-être.
Ninon ne répond pas. Elle baisse les yeux, esquisse un sourire, puis reprend la marche. Je sens l’électricité dans l’air. Ce moment, ce flottement entre deux possibles. Rien ne s’est passé. Et pourtant, tout est là, sous-jacent.
En arrivant près de chez moi, elle ralentit un peu.
— Tu veux un verre d’eau ? proposé-je, sans y croire vraiment.
— Un verre d’eau ? C’est tout ce que tu proposes à une femme qui t’a fait marcher trois kilomètres ? ironise-t-elle.
— Disons… un verre d’eau qui peut déraper ?
En arrivant près de chez moi, elle ralentit un peu.
— Tu veux un verre d’eau ? proposé-je, sans y croire vraiment.
— Un verre d’eau ? C’est tout ce que tu proposes à une femme qui t’a fait marcher trois kilomètres ? ironise-t-elle.
— Disons… un verre d’eau qui peut déraper ?
Elle rit. Plus bas. Plus doucement.
— Allez. Juste un verre, alors.
— Allez. Juste un verre, alors.
Arrivés chez moi, je lui tends un verre d’eau pendant que je me sers du vin. Elle me regarde faire, lève un sourcil.
— C’est ça ton idée de réhydratation ?
— Le vin, c’est du raisin. Et le raisin, c’est de l’eau… fermentée.
— C’est ça ton idée de réhydratation ?
— Le vin, c’est du raisin. Et le raisin, c’est de l’eau… fermentée.
Elle rit encore, mais cette fois un peu plus doucement, comme si le simple fait d’être là, en tête-à-tête, changeait la tonalité. Je l’observe du coin de l’œil. Jambes croisées, pull retombant toujours de la même épaule, Ninon s'installe sur le canapé après avoir tiré ses cheveux en arrière, découvrant ainsi sa nuque. Son regard erre dans la pièce, puis s’arrête sur moi.
— Tu sais Arthur ça m’avait manqué, ces moments simples. Juste discuter, marcher, être vue autrement que comme la "copine de".
— T’es bien plus que ça. Ça se voit, ça s’entend.
— Tu sais Arthur ça m’avait manqué, ces moments simples. Juste discuter, marcher, être vue autrement que comme la "copine de".
— T’es bien plus que ça. Ça se voit, ça s’entend.
Elle plante son regard dans le mien. Il y a une chaleur étrange entre nous, un équilibre fragile. Elle porte le verre à ses lèvres, lentement, comme si elle cherchait à meubler le silence devenu trop dense.
Je m’assois à côté d’elle. Pas trop près. Mais pas loin non plus. Le chien dort dans un coin du salon. Le monde, dehors, semble s’être arrêté.
— Je me sens bizarre, avoue-t-elle.
— Moi aussi.
Je m’assois à côté d’elle. Pas trop près. Mais pas loin non plus. Le chien dort dans un coin du salon. Le monde, dehors, semble s’être arrêté.
— Je me sens bizarre, avoue-t-elle.
— Moi aussi.
Un silence. Nos regards se cherchent, se fuient, reviennent. Et puis, sans vraiment réfléchir, je tends la main. Mes doigts effleurent les siens. Ninon ne recule pas. Mais elle ne répond pas non plus.
— Arthur… C’est pas bien.
— Je sais.
— T’es mon ami.
— Et toi, t’es la femme de mon pote.
— Arthur… C’est pas bien.
— Je sais.
— T’es mon ami.
— Et toi, t’es la femme de mon pote.
Un moment suspendu. Nos visages sont proches. Trop proches. Son souffle caresse ma joue. Je sens son parfum, léger, floral. Un mélange de désir et d’interdit m’envahit. Ninon ferme les yeux une seconde, comme si elle luttait. Puis elle murmure :
— Si on franchit cette ligne, rien ne sera plus comme avant.
— Et si on reste là, à se regarder comme ça, rien ne sera jamais comme avant non plus.
— Si on franchit cette ligne, rien ne sera plus comme avant.
— Et si on reste là, à se regarder comme ça, rien ne sera jamais comme avant non plus.
Nos lèvres sont si proches qu’un rien suffirait. Un souffle. Un glissement. Mais elle se redresse brusquement, prend une grande inspiration.
— Je devrais y aller. Alex va bientôt rentrer.
— Je devrais y aller. Alex va bientôt rentrer.
Je hoche la tête, sans rien dire. Ninon se lève, passe sa main nerveusement dans ses cheveux. Elle ne me regarde pas.
— Merci pour la balade ; et le verre d’eau.
— Merci pour la balade ; et le verre d’eau.
Je l’accompagne jusqu’à la porte. Elle se retourne une dernière fois.
— On se revoit demain pour marcher ?
— Tu veux toujours de la compagnie ?
— On se revoit demain pour marcher ?
— Tu veux toujours de la compagnie ?
Elle me fixe longuement, puis répond avec un demi-sourire :
— Oui. Mais pas plus.
— Oui. Mais pas plus.
Et elle s’en va.
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Commentaires ()
Le tout étant bien écrit, ce qui ne gâche rien, bien au contraire.
Une première histoire très sensuelle, qui flirte avec l'interdit... et tellement frustrante.
La suite devrait faire avancer cette relation délicieusement ambiguë 😋.
Mais vous, étiez vous réellement prêt à franchir le pas ce jour là ? Moi je n'en suis pas sûre...
Car quand elle vous dit "Tu es mon ami", et que vous lui répondez "Et toi la copine de mon pote", par ces quelques mots vous la replacez immédiatement dans son couple... À partir de là, elle ne pouvait plus s'en affranchir car vous l'avez indirectement privée de l'excuse consistant à dire qu'elle s'était laissée emporter...
Tant pis pour vous... 😝
J'espère que la suite vous plaira, elle est en attente.
Quoi qu’il en soit, je m’abonne immédiatement, car il y a du talent, de la délicatesse. Bravo et merci pour ce moment de lecture
Merci, je m'occupe de poster la suite le plus rapidement possible 😅