Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le confinement a changé ma vie — Chapitre 5 · Une nouvelle invitation
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le confinement a changé ma vie
Chapitre 5 · Une nouvelle invitation
A mon retour, Brigitte était couchée. Je ne voulais pas aller la rejoindre. Aussi pris-je des draps et allai m'installer dans la chambre d'ami. Ce n'était plus les douleurs physiques qui empêchèrent mon sommeil, c'étaient mes tentatives confuses pour analyser ce qui s'était passé au cours de cette folle journée et pour imaginer ce qui pourrait être la suite. Pour faire un court résumé de mes cogitations, je ne voulais pas perdre Brigitte, j'avais été étrangement docile face à Jérémy, j'avais aimé sucer sa queue et j'avais été fortement excité par l'écoute des ébats de ma femme avec son amant. En conclusion, rompre avec Brigitte et quitter le foyer conjugal n'était pas une option. Pour aller où, du reste. En période de confinement, il fallait de toute manière accepter la cohabitation. Je n'avais donc pas beaucoup de cartes en main. Je devais plutôt jouer profil bas, ne pas la braquer si je ne voulais pas qu'elle me quitte.
Au réveil, je préparai pour tous les deux un petit-déjeuner copieux. En me voyant derrière ma fenêtre, Jérémy sortit sur son balcon pour me faire un signe. Il fit quelques étirements pour me signifier qu'il se sentait en pleine forme après une bonne soirée et une bonne nuit de récupération. Je répondis à son salut par un geste rapide de la main.
Quand Brigitte entra, elle cacha sa surprise et vint me donner un baiser comme si tout était normal. C'était un signe de paix encourageant. Je lui rendis son baiser.
- Tu sais, ma chérie, j'ai bien réfléchi et je comprends mieux maintenant. Finalement, c'est Jérémy qui a raison, l'adultère participe de l'hygiène du couple. Tu avais sans doute besoin de t'échapper de l'enfermement qui nous tuait à petit feu. Je crois même que cela me rend aussi service. J'avais tendance à me replier sur moi.
- C'est bien que tu le prennes comme ça. C'est exactement ce que je pense. Je n'ai pas fait ça contre toi. Je t'aime. J'ai pris les avances de Jérémy comme une bouée de sauvetage qui me sauvait de la noyade. J'ai pensé aussi à toi : si je les avais refusées, notre vie serait devenue un mensonge et un enfer.
- Je comprends ce que tu veux dire. Cela va nous aider à repartir sur de bonnes bases.
J'étais soulagé de la tournure des évènements. Brigitte m'aimait toujours. Je partis dans mon bureau le cœur léger. Nous prîmes un encas à midi en évitant de revenir sur le sujet. Mais le soir quand j'interrogeai Brigitte sur ce qu'elle avait envie de manger, elle m'informa que Jérémy lui avait déjà proposé de diner et de passer la soirée avec lui. Je masquai ma déception en lui souhaitant alors une bonne soirée.
- Comme je risque de rentrer tard, il vaudrait mieux que tu restes dans la chambre d'amis. Comme ça, je ne te réveillerai pas à mon retour.
Elle m'embrassa avec un grand sourire sincère qui montrait qu'elle était heureuse de pouvoir aller baiser sans avoir à s'en cacher.
Je n'avais reçu aucun texto de la part de Jérémy de toute la journée. En revanche, il avait correspondu avec Brigitte. Ce jeu de vases communiquant montrait bien vers qui son centre d'intérêt s'était déplacé. J'en étais un peu jaloux.
Les jours se suivirent selon la même routine. Brigitte sortait tous les soirs et ne rentrait que lorsque j'étais couché. Je passais mes soirées à visionner en me masturbant des vidéos porno qui tournaient autour des sujets de candaulisme, de soumission, de gaysex. Sans gloire, je vidais mon sperme dans le lavabo des toilettes et me couchais seul et triste dans la chambre d'amis
Les meurtrissures de mon dos qui m'avaient contraint à la réserve dans mes rapports à Brigitte s'étaient maintenant complètement estompées. Lors d'un lunch, en passant derrière elle pour lui servir un peu de salade, je me penchai et l'embrassai dans le cou. Comme elle se prêta de bonne grâce à ma tendresse, je poussai plus loin mon intiative en lui caressant le sein et en lui susurrant :
- J'ai envie de toi.
- Gilles, quelle belle surprise de te sentir si excité. Je suis donc redevenue séduisante ? C'est peut-être l'effet Jérémy. Il me fait rayonner. Hélas pour toi, il m'a fait promettre de rester chaste pour lui.
- Il est sacrément gonflé. Il prêche l'amour libre quand ça lui profite mais dès qu'il s'agit de partager, c'est plus la même chose.
- Non, ce n'est pas ça. Il prétend que cette frustration fait partie de ta thérapie et je pense qu'il a raison. De toute manière, je n'en ai pas envie maintenant.
- Je suis donc en thérapie et il est mon médecin. Je crois plus simplement qu'il veut te baiser et qu'il jouit de me faire cocu. Ça doit le faire bander, ce sadique que le cocu reste chaste.
- Gilles, je t'en prie. Je ne crois pas que Jérémy aimerait t'entendre parler de lui en ces termes.
- Il n'est pas là pour entendre.
- Tu sais qu'il est très soucieux de tes réactions et il me demande de lui rapporter tout ce que nous faisons la journée.
- Eh bien, tu censureras cette partie-là.
Je ne sais pas si tu le mérites. Tu manques de flegme et je n'aime pas que tu t'emportes comme tu viens de le faire.
- Je m'excuse. C'est bon ?
- OK, incident clos, je retourne bosser.
Elle prenait fait et cause pour Jérémy en faisant mine de ne pas saisir toute la perversion qui l'animait. En attendant, j'étais contraint de faire profil bas encore un temps et d'attendre une opportunité plus favorable. Je souffrais malgré tout de plus en plus de ma solitude vespérale et le visionnage des vidéos, loin de me soulager, excitait mon besoin de sexe réel. Je me fis la réflexion que je supporterais sans doute mieux mon sort si leurs ébats se passaient chez nous. Au moins, je ne me sentirais plus totalement ignoré. Un matin, je proposais à Brigitte :
- Chérie, cela fait plusieurs soirs que Jérémy t'invite. Il serait peut-être bon de lui rendre la pareille. Que dirais-tu si nous l'invitions ce soir ?
- Je n'osais pas te le proposer. C'était un peu gênant de ma part de t'imposer mon amant, mais si l'initiative vient de toi, c'est parfait.
- Montrons-nous un couple moderne.
- C'est parfait. D'autant plus que j'étouffe un peu dans l'appartement de Jérémy. Il est petit, mal éclairé et on se sent écrasé par notre immeuble qui masque une bonne part de la vue. Je lui envoie tout de suite un message pour lui transmettre ta proposition…
- C'est vrai que son appartement est très triste. Comment peut-il vivre là-dedans ?
- Il trouve la proposition excellente, dit-elle en lisant le texto de réponse de Jérémy. Il te remercie.
- Mais que va-t-on lui faire à manger ?
- Ne t'inquiète pas, je m'occuperai du repas.
- Oh, mon chéri, je t'adore.
- Je t'aime aussi.
Le soir arriva. Jérémy se présenta à notre porte. Brigitte me demanda d'aller l'accueillir.
- Salut Gilles. Heureux de te revoir. Depuis a dernière fois, ça fait bien quinze jours ?
- Quelque chose comme ça.
- J'ai dû te manquer ? Moi, Brigitte me donne régulièrement des nouvelles de toi. Enfin, c'est quand même mieux de se voir en direct. Je te remercie encore de cette invitation.
Il était vêtu simplement d'un short et de sandales. J'avais moi-même enfilé une chemise blanche et un pantalon en toile beige et des mocassins. Il tenait une petite mallette en cuir. Il me la tendit. Je compris qu'il voulait que je l'en débarrasse. Tandis que j'allai la poser dans le bureau, il se dirigea, sans y être invité vers le salon. Je le suivis de peu. Brigitte l'attendait debout Elle avait revêtu une robe d'été très courte et avec de bretelles très fines.
- Toute en beauté, mon amour, s'extasia-t-il !
Il l'embrassa tout naturellement sur la bouche. Il lui roula un long patin bien baveux, devrais-je plutôt dire. J'attendis la fin de leurs effusions pour leur proposer de s'installer à table. Sur la proposition de Brigitte, j'avais dressé la table dans le salon. San hésitation, ils s'assirent l'un à côté de l'autre sur le canapé, me laissant le fauteuil.
- Et que nous as-tu préparé de bon, cher hôte ?
- Comme il fait chaud, je me suis dit qu'un assortiment de salades fraîches serait agréable.
- C'est parfait.
- Mais, on peut peut-être commencer par un apéritif ?
- Non, je ne pense pas que ce soit raisonnable par cette chaleur, décida aussitôt Jérémy. Je veux rester pleinement en forme. Le nuit est encore longue.
IL passa son bras derrière la nuque de Brigitte et l'attira à lui pour lui rouler un nouveau patin. Elle se soumit sans aucune gêne pour moi. Il lui pelotait le sein sous le tissu de la robe.
- Bien, alors j'apporte directement les salades, proposai-je.
- Fais donc (c'est toujours lui qui parlait) !
Lorsque je revins avec mon plateau de salade, il n'avait pas desserré leur étreinte.
- Tu peux nous servir, fit-il en lâchant un instant la bouche de Brigitte.
- Tu as oublié le pain, remarqua Brigitte.
Cela leur donna le temps de poursuivre leurs préliminaires. Enfin lorsque les assiettes furent garnies, les verres remplis d'eau, ils se séparèrent et nous commençâmes à manger.
- C'est bon, constata-t-il. Simple mais bon. La table est beaucoup plus raffinée dans ce restaurant. Je crois qu'il serait bon que nous changions d'auberge. Qu'en penses-tu, Brigitte ?
- Je ne peux qu'être d'accord.
- Bon, c'est décidé, on mangera ici tous les soirs désormais. Tu n'y vois pas d'inconvénient, Gilles ?
- Si c'est votre plaisir, j'en suis heureux.
- Quel admirable amphitryon !
Le repas se poursuivit. Jérémy ne se privait pas de glisser la main entre les cuisses de Brigitte jusqu'à remonter vers son sexe.
- C'est chaud et humide ici, commenta-t-il salace en s'adressant à Brigitte. J'en connais un qui serait heureux d'y faire un tour. Regarde-le comme il se dresse. Prêt à bondir dès qu'on le sortira de sa cage.
Brigitte ne faisait rien pour le retenir dans son exhibitionnisme. Elle semblait au contraire en redemander.
- Et ton animal Gilles, comment se porte-t-il en ce moment. Est-il prêt à bondir ?
- Quand il est indiscipliné, j'essaie de le contenir.
- C'est sûr qu'il lui est difficile de se lâcher avec un tel carcan. Mets-toi à l'aise mon vieux. Enlève ce pantalon et cette chemise… Et ces pompes. Tu dois étouffer !
- Oui, tu as raison, je vais aller passer un short et un t-shirt.
- Pas la peine. Tu peux rester en slip. On est entre gens de bonne compagnie. Décontraction !
Ne voulant pas l'énerver, je m'exécutai et me retrouvai en slip.
- En revanche, pour le service, il serait peut-être préférable que tu mettes un tablier. Vous devez en avoir un, Brigitte.
- Il y aurait bien le mien. Cela fait bien longtemps que je ne l'ai pas utilisé. Il doit être dans le meuble haut de la cuisine. Il risque de t'être un peu court.
- Ce sera parfait. C'est juste parce que je ne trouve pas très appétissant d'être servi quasiment à poil.
- Tu as raison, renchérit Brigitte.
- Tu peux aller l'enfiler Gilles, demanda-t-il.
J'allai récupérer le tablier. Il était rose avec des petites fleurs sur le devant. Il y avait de la dentelle tout autour du col. Il faisait vraiment très féminin.
- Quelle est mignonne, s'exclama Jérémy en guise de boutade innocente quand il me vit revenir ! Une vraie soubrette.
- Merci Monsieur, fis-je en faisant une petite courbette comme pour montrer que j'avais moi aussi de l'humour et que je pouvais rentrer dans le jeu de la serveuse de restaurant. Qu'y a-t-il d'autres pour votre service ?
- Elle n'est pas sauvage la bougresse. Je lui demanderais bien une petite pipe si je n'étais pas si bien accompagné, dit-il en embrassant Brigitte dans la foulée qui semblait trouver la plaisanterie de bon goût.
- Quand même, chérie, on ne parle pas comme ça. Tu vas gêner Mademoiselle.
- Oh, elle ne va s'offusquer parce que je parle de fellation. Elle a déjà dû en dispenser, n'est-ce pas Mademoiselle ?
- Certainement pas, Monsieur, Pour qui me prenez-vous ?
- En es-tu bien sûr, petite cachottière ? Même pas une ?
Où voulait-il en venir ? Révéler à Brigitte que je l'avais sucé ? Quel intérêt y avait-il ? Je ne crois pas que Brigitte aurait apprécié d'apprendre qu'avant de la séduire, il avait joué avec moi. IL devait le savoir. Voulait-il seulement me mettre mal à l'aise en m'obligeant à mentir ? Si c'était cette deuxième hypothèse, il réussissait son coup. Je perdais pied.
- Non Monsieur, fis-je hésitant.
- En es-tu bien sûr ? C'est un non bien timide. Tu pourrais le jurer ?
Il me fallait une échappatoire, tout en continuant à jouer le jeu de la soubrette. Arrêter le jeu à ce stade aurait été une forme d'aveu.
- Ce n'est pas bien de jurer, m'a-t-on appris.
- Tu vois qu'elle a déjà fait des fellations, dit-il triomphant et se tournant vers Brigitte. Elle ne dit plus non. Et combien faudrait-il que je vous donne comme pourboire pour m'en prodiguer une maintenant ?
- Pas un sou, répondis-je maladroitement au lieu de dire « pas question ».
- Et en plus elle ne demande pas d'argent ! Mais, avant cela, je dois demander la permission de Madame.
- Jérémy, je suis un peu perdue. Je ne sais plus si l'on est encore dans un jeu ou si tu parles sérieusement.
- L'un et l'autre, mon amour. C'était un jeu pour moi, mais j'ai l'impression que ce n'en est plus un pour Gilles.
- Gilles ? As-tu déjà fait une fellation à un homme, demanda à brule-pourpoint Brigitte qui semblait perplexe sur mes réponses ?
- On ne joue plus Gilles, insista Jérémy. Réponds sincèrement, agitant une menace sous-entendue !
- Cela m'est arrivé une fois.
- Et tu y as pris du plaisir, continua-t-il ?
- Je ne sais pas.
- Comment, tu ne sais pas ? Quand je baise, je sais si j'en retire du plaisir ou non ? Est-ce que tu as bandé pendant que tu suçais ?
- C'est possible.
- Je traduis, ça veut dire oui.
Brigitte écoutait mes révélations sans la moindre réaction comme si elle était sous le choc. Elle laissait l'initiative à Jérémy pour conduire l'interrogatoire. Il semblait si doué pour me faire avouer. Elle ne savait pas que sa force, il la tenait des preuves qu'il pouvait apporter si je répondais de travers.
- Est-ce que ça t'arrive de regarder des vidéos porno ?
- Ça m'est déjà arrivé, par curiosité mais c'est pas mon truc.
Et qu'est-ce que tu regardes ?
- Rien de spécial. Je ne me souviens plus. Des fellations, des pénétrations, enfin des trucs classiques.
L'interrogatoire me mettait de plus en plus mal à l'aise, je répondais comme un petit enfant pris sur le fait. Des larmes pointaient au coin des yeux. Je n'allais quand même pas pleurer. Se tournant vers Brigitte.
- Je ne sais pas si tu veux en savoir plus, ma chérie, mais je crois que ce serait important pour comprendre ce qui vous arrive.
- Oui, je veux savoir. Gilles dis-moi tout !
- Mais il n'y a rien d'autre à dire. Ce n'est pas si important. Tout le monde peut avoir des moments d'égarement dans son adolescence. C'est une période où l'on se cherche. Je n'ai pas de doute sur mon hétérosexualité et sur le fait que je t'aime. Comment peux-tu en douter après tout ce que…
- Tu veux en avoir le cœur net, demanda Jérémy à Brigitte en me coupant net ?
- Oui.
- C'est simple. Va chercher l'ordinateur de Gilles. Il a sans doute laissé des traces.
Malheureusement, enfermé dans ma solitude, je n'avais pas imaginé qu'il y aurait quelqu'un qui s'intéresserait à fouiller dans mon ordinateur. Depuis que je faisais chambre à part, je n'avais pas cru bon d'effacer les traces de mon activité sur internet. Tout y était et Brigitte connaissait mon mot de passe. J'étais coincé. Je transpirais à grosses gouttes. Jérémy me regardait me décomposer avec un sourire sadique. Il ne lui était plus utile de voir les traces sur l'ordinateur. Mon visage m'avait déjà trahi. Brigitte revint. Elle posa le portable devant eux, l'alluma et entra le mot de passe. Il suffisait de regarder l'historique pour mesurer la compulsion avec laquelle je m'adonnais tous les soirs à des visionnages pornos.
- Eh bien, mon cochon, me lança-t-il triomphant ! Et tu parles d'un visionnage occasionnel et ancien ! Tu voulais plutôt dire qu'il a commencé il y a longtemps. Sauf qu'apparemment, il ne s'est jamais arrêté. L'avantage avec ces historiques, c'est qu'on a en un coup d'œil un panorama complet de ce qui t'excite : gay, SM, cocu. Tu peux cliquer sur quelques liens, si tu veux voir de quoi il s'agit, proposa-t-il en s'adressant à Brigitte dont le regard était scotché sur l'écran.
Elle cliqua sur un premier lien. J'étais dos à l'écran, mais les sons étaient très explicites. Son visage passait par toutes les émotions, de la surprise, ou du dégoût et même l'excitation, feinte ou réelle. Jérémy était aux anges.
Elle cliqua quelques fois pour zapper sur d'autres vidéos, puis jugeant qu'elle en avait assez vu pour se faire une idée de mon cas, elle rabaissa l'écran.
- Alors c'est ça qui t'excite, me demanda-t-elle en me regardant droit dans les yeux ?
- C'est juste un fantasme. Ce n'est pas ce que j'attends dans la vraie vie.
- Je n'en suis pas si sûr, intervint Jérémy. Quand je vois comme tu assumes toutes les tâches ménagères sans rechigner, je me dis que ça matche avec le fantasme de la soumission. Quand tu invites l'amant de ta femme à venir la baiser sous ton toit, sous tes yeux, n'est-ce pas de fascination pour le statut de cocu ? Quant au sexe gay, tu viens de nous avouer que tu as déjà pratiqué, certes, il y a longtemps. Maintenant, on peut faire une expérience qui peut éclairera définitivement… tu me permets Brigitte ?
- Qu'as-tu l'intention de faire ?
- Je vais lui donner ma queue à sucer pour vérifier que ça le fait bander.
- Tu es pd aussi ?
- Non, je te rassure, je n'ai jamais sucé de queue, ni fait rien d'autres dans le genre. Mais, quand il s'agit de fellation, je dis toujours oui. Je dirais même que ça excite mon côté macho de savoir que celui que je domine de la queue est une pédale. Je peux aussi avoir des penchants SM moi-aussi, mais, du côté dominant et avec des petites fiottes qui ne méritent que cela.
- Que tu sois un macho, ça ne fait aucun doute. Même-moi, tu aimes bien me dominer par moment et, le pire, c'est que j'y prends goût.
- Oui, mais toi je te respecte avant tout et je fais tout cela dans un jeu consentant. Tu n'en doutes pas, j'espère ? Avec une fiotte, c'est un peu plus rude. Il n'y a plus de respect.
- Tu l'as donc déjà fait ?
- Oui quelquefois.
- Albertine était au courant ?
- Naturellement. Nous avons eu une période Marquise de Merteuil et Vicomte de Valmont où nous laissions libre cours à nos pulsions sadiques avec des femmes ou des hommes.
- Diable, cela me fait un peu peur, mais ça m'excite à la fois.
- Alors, cette expérience, tu veux que nous la fassions.
- J'ai peut-être mon mot à dire, intervins-je, inquiet de la tournure des évènements.
- Eh bien exprime-toi, dit Jérémy.
- Je pense que vous vous racontez des histoires sur mon compte et je suis un peu fatigué de cette soirée. Je vais aller me coucher.
- Si tu quittes cette pièce, c'est pour faire tes valises et te casser !
- Mais Brigitte, tu ne peux pas me faire ça.
- Bon alors tu obéis à Jérémy.
- J'en conclus que tu souhaites que nous fassions l'expérience, ma chérie.
- Oui, allons jusqu'au bout.
- Gilles, retire ton tablier et ton slip et viens me sucer.
Pendant que je me dénudais, Jérémy ouvrit son short et sortit sa queue.
- Tu peux me la caresser un peu ma chérie pour me faire bander.
- Ça me rassure, tu as encore besoin de moi.
- Plus que jamais.
Il bandait maintenant, je repoussai la table basse pour pouvoir me mettre à genoux devant sa queue.
- Allez, vas-y, petite pute, fais-toi plaisir. Désolé, ma chérie, ajouta-t-il en se tournant vers Brigitte, il faut quand même que je la féminise pour continuer à bander.
Je me vautrai sur sa queue, comme si je me raccrochais à quelque chose de bien concret qui me permettait de sortir de la conversation qui me mettait si mal à l'aise.
- Regarde là comme elle a faim de ma queue. Elle aime ça. Tu vas voir, dans une minute, sa queue va bander comme tu ne l'as jamais vu. Et toi, la salope, applique-toi, enfonce-la bien dans ta gorge… Oui, comme ça. Ah, tu aimes ça, ma cochonne.
- Tu as raison, il bande méchamment. L'expérience est concluante.
- On arrête là alors, demanda-t-il à Brigitte ?
- Oh, tu peux le laisser te sucer encore un peu, si ça te fait plaisir. Mais garde ton sperme pour moi.
- Oui, laisse-moi te montrer ce que l'on peut obtenir d'une pédale en matière de fellation.
Il appuya sur ma nuque pour m'obliger à prendre sa queue jusqu'au fond de ma gorge et il me bloqua de longues secondes jusqu'à ce que je m'étouffe. Il s'en amusa et relâcha sa prise.
- C'est bien petite pute, tu as été à la hauteur, fit-il en me tenant par les cheveux pour m'obliger à soutenir son regard. Bon, il te reste à débarrasser la table et à faire un peu de ménage. Nous, on va aller se coucher.
Il avait pris le rôle du maître de maison et il allait de soi pour lui de s'approprier la chambre conjugale.
- Au fait, demain, tu nous réveilles à 7 h 30. Et, petit-déjeuner au lit. Compris, ajouta-t-il en me donnant deux petites claques.
- Oui Maître, répondis-je sans remarquer dans ma confusion que c'était la première fois que je l'appelais ainsi en présence de Brigitte.
- Tu vois, lui fit-il remarquer, comme il prend son rôle à cœur. Sans qu'on le lui demande, il emploie les termes convenus dans les jeux relations SM. Tu peux m'appeler Maître, ça me convient. Et toi Brigitte, comment veux-tu qu'il t'appelle ?
- J'ai eu ma dose d'émotions pour aujourd'hui. On en reparlera demain. Allons nous coucher !
- OK, je te suis. Gilles, apporte-moi ma sacoche.
- Oui.
- Oui, qui ?
- Oui, Maître.
- Bien. Quand on prend de bonnes habitudes, on les garde.
- Entendu, Maître.
- Au fait, je te confisque l'ordinateur pour cette nuit. Tu n'as plus besoin de ces vidéos, tu as tout ce qu'il te faut à la maison.
Au réveil, je préparai pour tous les deux un petit-déjeuner copieux. En me voyant derrière ma fenêtre, Jérémy sortit sur son balcon pour me faire un signe. Il fit quelques étirements pour me signifier qu'il se sentait en pleine forme après une bonne soirée et une bonne nuit de récupération. Je répondis à son salut par un geste rapide de la main.
Quand Brigitte entra, elle cacha sa surprise et vint me donner un baiser comme si tout était normal. C'était un signe de paix encourageant. Je lui rendis son baiser.
- Tu sais, ma chérie, j'ai bien réfléchi et je comprends mieux maintenant. Finalement, c'est Jérémy qui a raison, l'adultère participe de l'hygiène du couple. Tu avais sans doute besoin de t'échapper de l'enfermement qui nous tuait à petit feu. Je crois même que cela me rend aussi service. J'avais tendance à me replier sur moi.
- C'est bien que tu le prennes comme ça. C'est exactement ce que je pense. Je n'ai pas fait ça contre toi. Je t'aime. J'ai pris les avances de Jérémy comme une bouée de sauvetage qui me sauvait de la noyade. J'ai pensé aussi à toi : si je les avais refusées, notre vie serait devenue un mensonge et un enfer.
- Je comprends ce que tu veux dire. Cela va nous aider à repartir sur de bonnes bases.
J'étais soulagé de la tournure des évènements. Brigitte m'aimait toujours. Je partis dans mon bureau le cœur léger. Nous prîmes un encas à midi en évitant de revenir sur le sujet. Mais le soir quand j'interrogeai Brigitte sur ce qu'elle avait envie de manger, elle m'informa que Jérémy lui avait déjà proposé de diner et de passer la soirée avec lui. Je masquai ma déception en lui souhaitant alors une bonne soirée.
- Comme je risque de rentrer tard, il vaudrait mieux que tu restes dans la chambre d'amis. Comme ça, je ne te réveillerai pas à mon retour.
Elle m'embrassa avec un grand sourire sincère qui montrait qu'elle était heureuse de pouvoir aller baiser sans avoir à s'en cacher.
Je n'avais reçu aucun texto de la part de Jérémy de toute la journée. En revanche, il avait correspondu avec Brigitte. Ce jeu de vases communiquant montrait bien vers qui son centre d'intérêt s'était déplacé. J'en étais un peu jaloux.
Les jours se suivirent selon la même routine. Brigitte sortait tous les soirs et ne rentrait que lorsque j'étais couché. Je passais mes soirées à visionner en me masturbant des vidéos porno qui tournaient autour des sujets de candaulisme, de soumission, de gaysex. Sans gloire, je vidais mon sperme dans le lavabo des toilettes et me couchais seul et triste dans la chambre d'amis
Les meurtrissures de mon dos qui m'avaient contraint à la réserve dans mes rapports à Brigitte s'étaient maintenant complètement estompées. Lors d'un lunch, en passant derrière elle pour lui servir un peu de salade, je me penchai et l'embrassai dans le cou. Comme elle se prêta de bonne grâce à ma tendresse, je poussai plus loin mon intiative en lui caressant le sein et en lui susurrant :
- J'ai envie de toi.
- Gilles, quelle belle surprise de te sentir si excité. Je suis donc redevenue séduisante ? C'est peut-être l'effet Jérémy. Il me fait rayonner. Hélas pour toi, il m'a fait promettre de rester chaste pour lui.
- Il est sacrément gonflé. Il prêche l'amour libre quand ça lui profite mais dès qu'il s'agit de partager, c'est plus la même chose.
- Non, ce n'est pas ça. Il prétend que cette frustration fait partie de ta thérapie et je pense qu'il a raison. De toute manière, je n'en ai pas envie maintenant.
- Je suis donc en thérapie et il est mon médecin. Je crois plus simplement qu'il veut te baiser et qu'il jouit de me faire cocu. Ça doit le faire bander, ce sadique que le cocu reste chaste.
- Gilles, je t'en prie. Je ne crois pas que Jérémy aimerait t'entendre parler de lui en ces termes.
- Il n'est pas là pour entendre.
- Tu sais qu'il est très soucieux de tes réactions et il me demande de lui rapporter tout ce que nous faisons la journée.
- Eh bien, tu censureras cette partie-là.
Je ne sais pas si tu le mérites. Tu manques de flegme et je n'aime pas que tu t'emportes comme tu viens de le faire.
- Je m'excuse. C'est bon ?
- OK, incident clos, je retourne bosser.
Elle prenait fait et cause pour Jérémy en faisant mine de ne pas saisir toute la perversion qui l'animait. En attendant, j'étais contraint de faire profil bas encore un temps et d'attendre une opportunité plus favorable. Je souffrais malgré tout de plus en plus de ma solitude vespérale et le visionnage des vidéos, loin de me soulager, excitait mon besoin de sexe réel. Je me fis la réflexion que je supporterais sans doute mieux mon sort si leurs ébats se passaient chez nous. Au moins, je ne me sentirais plus totalement ignoré. Un matin, je proposais à Brigitte :
- Chérie, cela fait plusieurs soirs que Jérémy t'invite. Il serait peut-être bon de lui rendre la pareille. Que dirais-tu si nous l'invitions ce soir ?
- Je n'osais pas te le proposer. C'était un peu gênant de ma part de t'imposer mon amant, mais si l'initiative vient de toi, c'est parfait.
- Montrons-nous un couple moderne.
- C'est parfait. D'autant plus que j'étouffe un peu dans l'appartement de Jérémy. Il est petit, mal éclairé et on se sent écrasé par notre immeuble qui masque une bonne part de la vue. Je lui envoie tout de suite un message pour lui transmettre ta proposition…
- C'est vrai que son appartement est très triste. Comment peut-il vivre là-dedans ?
- Il trouve la proposition excellente, dit-elle en lisant le texto de réponse de Jérémy. Il te remercie.
- Mais que va-t-on lui faire à manger ?
- Ne t'inquiète pas, je m'occuperai du repas.
- Oh, mon chéri, je t'adore.
- Je t'aime aussi.
Le soir arriva. Jérémy se présenta à notre porte. Brigitte me demanda d'aller l'accueillir.
- Salut Gilles. Heureux de te revoir. Depuis a dernière fois, ça fait bien quinze jours ?
- Quelque chose comme ça.
- J'ai dû te manquer ? Moi, Brigitte me donne régulièrement des nouvelles de toi. Enfin, c'est quand même mieux de se voir en direct. Je te remercie encore de cette invitation.
Il était vêtu simplement d'un short et de sandales. J'avais moi-même enfilé une chemise blanche et un pantalon en toile beige et des mocassins. Il tenait une petite mallette en cuir. Il me la tendit. Je compris qu'il voulait que je l'en débarrasse. Tandis que j'allai la poser dans le bureau, il se dirigea, sans y être invité vers le salon. Je le suivis de peu. Brigitte l'attendait debout Elle avait revêtu une robe d'été très courte et avec de bretelles très fines.
- Toute en beauté, mon amour, s'extasia-t-il !
Il l'embrassa tout naturellement sur la bouche. Il lui roula un long patin bien baveux, devrais-je plutôt dire. J'attendis la fin de leurs effusions pour leur proposer de s'installer à table. Sur la proposition de Brigitte, j'avais dressé la table dans le salon. San hésitation, ils s'assirent l'un à côté de l'autre sur le canapé, me laissant le fauteuil.
- Et que nous as-tu préparé de bon, cher hôte ?
- Comme il fait chaud, je me suis dit qu'un assortiment de salades fraîches serait agréable.
- C'est parfait.
- Mais, on peut peut-être commencer par un apéritif ?
- Non, je ne pense pas que ce soit raisonnable par cette chaleur, décida aussitôt Jérémy. Je veux rester pleinement en forme. Le nuit est encore longue.
IL passa son bras derrière la nuque de Brigitte et l'attira à lui pour lui rouler un nouveau patin. Elle se soumit sans aucune gêne pour moi. Il lui pelotait le sein sous le tissu de la robe.
- Bien, alors j'apporte directement les salades, proposai-je.
- Fais donc (c'est toujours lui qui parlait) !
Lorsque je revins avec mon plateau de salade, il n'avait pas desserré leur étreinte.
- Tu peux nous servir, fit-il en lâchant un instant la bouche de Brigitte.
- Tu as oublié le pain, remarqua Brigitte.
Cela leur donna le temps de poursuivre leurs préliminaires. Enfin lorsque les assiettes furent garnies, les verres remplis d'eau, ils se séparèrent et nous commençâmes à manger.
- C'est bon, constata-t-il. Simple mais bon. La table est beaucoup plus raffinée dans ce restaurant. Je crois qu'il serait bon que nous changions d'auberge. Qu'en penses-tu, Brigitte ?
- Je ne peux qu'être d'accord.
- Bon, c'est décidé, on mangera ici tous les soirs désormais. Tu n'y vois pas d'inconvénient, Gilles ?
- Si c'est votre plaisir, j'en suis heureux.
- Quel admirable amphitryon !
Le repas se poursuivit. Jérémy ne se privait pas de glisser la main entre les cuisses de Brigitte jusqu'à remonter vers son sexe.
- C'est chaud et humide ici, commenta-t-il salace en s'adressant à Brigitte. J'en connais un qui serait heureux d'y faire un tour. Regarde-le comme il se dresse. Prêt à bondir dès qu'on le sortira de sa cage.
Brigitte ne faisait rien pour le retenir dans son exhibitionnisme. Elle semblait au contraire en redemander.
- Et ton animal Gilles, comment se porte-t-il en ce moment. Est-il prêt à bondir ?
- Quand il est indiscipliné, j'essaie de le contenir.
- C'est sûr qu'il lui est difficile de se lâcher avec un tel carcan. Mets-toi à l'aise mon vieux. Enlève ce pantalon et cette chemise… Et ces pompes. Tu dois étouffer !
- Oui, tu as raison, je vais aller passer un short et un t-shirt.
- Pas la peine. Tu peux rester en slip. On est entre gens de bonne compagnie. Décontraction !
Ne voulant pas l'énerver, je m'exécutai et me retrouvai en slip.
- En revanche, pour le service, il serait peut-être préférable que tu mettes un tablier. Vous devez en avoir un, Brigitte.
- Il y aurait bien le mien. Cela fait bien longtemps que je ne l'ai pas utilisé. Il doit être dans le meuble haut de la cuisine. Il risque de t'être un peu court.
- Ce sera parfait. C'est juste parce que je ne trouve pas très appétissant d'être servi quasiment à poil.
- Tu as raison, renchérit Brigitte.
- Tu peux aller l'enfiler Gilles, demanda-t-il.
J'allai récupérer le tablier. Il était rose avec des petites fleurs sur le devant. Il y avait de la dentelle tout autour du col. Il faisait vraiment très féminin.
- Quelle est mignonne, s'exclama Jérémy en guise de boutade innocente quand il me vit revenir ! Une vraie soubrette.
- Merci Monsieur, fis-je en faisant une petite courbette comme pour montrer que j'avais moi aussi de l'humour et que je pouvais rentrer dans le jeu de la serveuse de restaurant. Qu'y a-t-il d'autres pour votre service ?
- Elle n'est pas sauvage la bougresse. Je lui demanderais bien une petite pipe si je n'étais pas si bien accompagné, dit-il en embrassant Brigitte dans la foulée qui semblait trouver la plaisanterie de bon goût.
- Quand même, chérie, on ne parle pas comme ça. Tu vas gêner Mademoiselle.
- Oh, elle ne va s'offusquer parce que je parle de fellation. Elle a déjà dû en dispenser, n'est-ce pas Mademoiselle ?
- Certainement pas, Monsieur, Pour qui me prenez-vous ?
- En es-tu bien sûr, petite cachottière ? Même pas une ?
Où voulait-il en venir ? Révéler à Brigitte que je l'avais sucé ? Quel intérêt y avait-il ? Je ne crois pas que Brigitte aurait apprécié d'apprendre qu'avant de la séduire, il avait joué avec moi. IL devait le savoir. Voulait-il seulement me mettre mal à l'aise en m'obligeant à mentir ? Si c'était cette deuxième hypothèse, il réussissait son coup. Je perdais pied.
- Non Monsieur, fis-je hésitant.
- En es-tu bien sûr ? C'est un non bien timide. Tu pourrais le jurer ?
Il me fallait une échappatoire, tout en continuant à jouer le jeu de la soubrette. Arrêter le jeu à ce stade aurait été une forme d'aveu.
- Ce n'est pas bien de jurer, m'a-t-on appris.
- Tu vois qu'elle a déjà fait des fellations, dit-il triomphant et se tournant vers Brigitte. Elle ne dit plus non. Et combien faudrait-il que je vous donne comme pourboire pour m'en prodiguer une maintenant ?
- Pas un sou, répondis-je maladroitement au lieu de dire « pas question ».
- Et en plus elle ne demande pas d'argent ! Mais, avant cela, je dois demander la permission de Madame.
- Jérémy, je suis un peu perdue. Je ne sais plus si l'on est encore dans un jeu ou si tu parles sérieusement.
- L'un et l'autre, mon amour. C'était un jeu pour moi, mais j'ai l'impression que ce n'en est plus un pour Gilles.
- Gilles ? As-tu déjà fait une fellation à un homme, demanda à brule-pourpoint Brigitte qui semblait perplexe sur mes réponses ?
- On ne joue plus Gilles, insista Jérémy. Réponds sincèrement, agitant une menace sous-entendue !
- Cela m'est arrivé une fois.
- Et tu y as pris du plaisir, continua-t-il ?
- Je ne sais pas.
- Comment, tu ne sais pas ? Quand je baise, je sais si j'en retire du plaisir ou non ? Est-ce que tu as bandé pendant que tu suçais ?
- C'est possible.
- Je traduis, ça veut dire oui.
Brigitte écoutait mes révélations sans la moindre réaction comme si elle était sous le choc. Elle laissait l'initiative à Jérémy pour conduire l'interrogatoire. Il semblait si doué pour me faire avouer. Elle ne savait pas que sa force, il la tenait des preuves qu'il pouvait apporter si je répondais de travers.
- Est-ce que ça t'arrive de regarder des vidéos porno ?
- Ça m'est déjà arrivé, par curiosité mais c'est pas mon truc.
Et qu'est-ce que tu regardes ?
- Rien de spécial. Je ne me souviens plus. Des fellations, des pénétrations, enfin des trucs classiques.
L'interrogatoire me mettait de plus en plus mal à l'aise, je répondais comme un petit enfant pris sur le fait. Des larmes pointaient au coin des yeux. Je n'allais quand même pas pleurer. Se tournant vers Brigitte.
- Je ne sais pas si tu veux en savoir plus, ma chérie, mais je crois que ce serait important pour comprendre ce qui vous arrive.
- Oui, je veux savoir. Gilles dis-moi tout !
- Mais il n'y a rien d'autre à dire. Ce n'est pas si important. Tout le monde peut avoir des moments d'égarement dans son adolescence. C'est une période où l'on se cherche. Je n'ai pas de doute sur mon hétérosexualité et sur le fait que je t'aime. Comment peux-tu en douter après tout ce que…
- Tu veux en avoir le cœur net, demanda Jérémy à Brigitte en me coupant net ?
- Oui.
- C'est simple. Va chercher l'ordinateur de Gilles. Il a sans doute laissé des traces.
Malheureusement, enfermé dans ma solitude, je n'avais pas imaginé qu'il y aurait quelqu'un qui s'intéresserait à fouiller dans mon ordinateur. Depuis que je faisais chambre à part, je n'avais pas cru bon d'effacer les traces de mon activité sur internet. Tout y était et Brigitte connaissait mon mot de passe. J'étais coincé. Je transpirais à grosses gouttes. Jérémy me regardait me décomposer avec un sourire sadique. Il ne lui était plus utile de voir les traces sur l'ordinateur. Mon visage m'avait déjà trahi. Brigitte revint. Elle posa le portable devant eux, l'alluma et entra le mot de passe. Il suffisait de regarder l'historique pour mesurer la compulsion avec laquelle je m'adonnais tous les soirs à des visionnages pornos.
- Eh bien, mon cochon, me lança-t-il triomphant ! Et tu parles d'un visionnage occasionnel et ancien ! Tu voulais plutôt dire qu'il a commencé il y a longtemps. Sauf qu'apparemment, il ne s'est jamais arrêté. L'avantage avec ces historiques, c'est qu'on a en un coup d'œil un panorama complet de ce qui t'excite : gay, SM, cocu. Tu peux cliquer sur quelques liens, si tu veux voir de quoi il s'agit, proposa-t-il en s'adressant à Brigitte dont le regard était scotché sur l'écran.
Elle cliqua sur un premier lien. J'étais dos à l'écran, mais les sons étaient très explicites. Son visage passait par toutes les émotions, de la surprise, ou du dégoût et même l'excitation, feinte ou réelle. Jérémy était aux anges.
Elle cliqua quelques fois pour zapper sur d'autres vidéos, puis jugeant qu'elle en avait assez vu pour se faire une idée de mon cas, elle rabaissa l'écran.
- Alors c'est ça qui t'excite, me demanda-t-elle en me regardant droit dans les yeux ?
- C'est juste un fantasme. Ce n'est pas ce que j'attends dans la vraie vie.
- Je n'en suis pas si sûr, intervint Jérémy. Quand je vois comme tu assumes toutes les tâches ménagères sans rechigner, je me dis que ça matche avec le fantasme de la soumission. Quand tu invites l'amant de ta femme à venir la baiser sous ton toit, sous tes yeux, n'est-ce pas de fascination pour le statut de cocu ? Quant au sexe gay, tu viens de nous avouer que tu as déjà pratiqué, certes, il y a longtemps. Maintenant, on peut faire une expérience qui peut éclairera définitivement… tu me permets Brigitte ?
- Qu'as-tu l'intention de faire ?
- Je vais lui donner ma queue à sucer pour vérifier que ça le fait bander.
- Tu es pd aussi ?
- Non, je te rassure, je n'ai jamais sucé de queue, ni fait rien d'autres dans le genre. Mais, quand il s'agit de fellation, je dis toujours oui. Je dirais même que ça excite mon côté macho de savoir que celui que je domine de la queue est une pédale. Je peux aussi avoir des penchants SM moi-aussi, mais, du côté dominant et avec des petites fiottes qui ne méritent que cela.
- Que tu sois un macho, ça ne fait aucun doute. Même-moi, tu aimes bien me dominer par moment et, le pire, c'est que j'y prends goût.
- Oui, mais toi je te respecte avant tout et je fais tout cela dans un jeu consentant. Tu n'en doutes pas, j'espère ? Avec une fiotte, c'est un peu plus rude. Il n'y a plus de respect.
- Tu l'as donc déjà fait ?
- Oui quelquefois.
- Albertine était au courant ?
- Naturellement. Nous avons eu une période Marquise de Merteuil et Vicomte de Valmont où nous laissions libre cours à nos pulsions sadiques avec des femmes ou des hommes.
- Diable, cela me fait un peu peur, mais ça m'excite à la fois.
- Alors, cette expérience, tu veux que nous la fassions.
- J'ai peut-être mon mot à dire, intervins-je, inquiet de la tournure des évènements.
- Eh bien exprime-toi, dit Jérémy.
- Je pense que vous vous racontez des histoires sur mon compte et je suis un peu fatigué de cette soirée. Je vais aller me coucher.
- Si tu quittes cette pièce, c'est pour faire tes valises et te casser !
- Mais Brigitte, tu ne peux pas me faire ça.
- Bon alors tu obéis à Jérémy.
- J'en conclus que tu souhaites que nous fassions l'expérience, ma chérie.
- Oui, allons jusqu'au bout.
- Gilles, retire ton tablier et ton slip et viens me sucer.
Pendant que je me dénudais, Jérémy ouvrit son short et sortit sa queue.
- Tu peux me la caresser un peu ma chérie pour me faire bander.
- Ça me rassure, tu as encore besoin de moi.
- Plus que jamais.
Il bandait maintenant, je repoussai la table basse pour pouvoir me mettre à genoux devant sa queue.
- Allez, vas-y, petite pute, fais-toi plaisir. Désolé, ma chérie, ajouta-t-il en se tournant vers Brigitte, il faut quand même que je la féminise pour continuer à bander.
Je me vautrai sur sa queue, comme si je me raccrochais à quelque chose de bien concret qui me permettait de sortir de la conversation qui me mettait si mal à l'aise.
- Regarde là comme elle a faim de ma queue. Elle aime ça. Tu vas voir, dans une minute, sa queue va bander comme tu ne l'as jamais vu. Et toi, la salope, applique-toi, enfonce-la bien dans ta gorge… Oui, comme ça. Ah, tu aimes ça, ma cochonne.
- Tu as raison, il bande méchamment. L'expérience est concluante.
- On arrête là alors, demanda-t-il à Brigitte ?
- Oh, tu peux le laisser te sucer encore un peu, si ça te fait plaisir. Mais garde ton sperme pour moi.
- Oui, laisse-moi te montrer ce que l'on peut obtenir d'une pédale en matière de fellation.
Il appuya sur ma nuque pour m'obliger à prendre sa queue jusqu'au fond de ma gorge et il me bloqua de longues secondes jusqu'à ce que je m'étouffe. Il s'en amusa et relâcha sa prise.
- C'est bien petite pute, tu as été à la hauteur, fit-il en me tenant par les cheveux pour m'obliger à soutenir son regard. Bon, il te reste à débarrasser la table et à faire un peu de ménage. Nous, on va aller se coucher.
Il avait pris le rôle du maître de maison et il allait de soi pour lui de s'approprier la chambre conjugale.
- Au fait, demain, tu nous réveilles à 7 h 30. Et, petit-déjeuner au lit. Compris, ajouta-t-il en me donnant deux petites claques.
- Oui Maître, répondis-je sans remarquer dans ma confusion que c'était la première fois que je l'appelais ainsi en présence de Brigitte.
- Tu vois, lui fit-il remarquer, comme il prend son rôle à cœur. Sans qu'on le lui demande, il emploie les termes convenus dans les jeux relations SM. Tu peux m'appeler Maître, ça me convient. Et toi Brigitte, comment veux-tu qu'il t'appelle ?
- J'ai eu ma dose d'émotions pour aujourd'hui. On en reparlera demain. Allons nous coucher !
- OK, je te suis. Gilles, apporte-moi ma sacoche.
- Oui.
- Oui, qui ?
- Oui, Maître.
- Bien. Quand on prend de bonnes habitudes, on les garde.
- Entendu, Maître.
- Au fait, je te confisque l'ordinateur pour cette nuit. Tu n'as plus besoin de ces vidéos, tu as tout ce qu'il te faut à la maison.
Brigitte se rendit dans la chambre sans un geste, ni une parole à mon endroit. Elle devait sans doute encore gamberger sur ce qui venait d'arriver, sur ce qu'elle découvrait de moi, peut-être aussi sur ce qu'elle découvrait de Jérémy. Je regrettais mon idée d'invitation. Comment avais-je pu penser que Jérémy n'en profiterait pas pour avancer ces pions et m'humilier devant Brigitte ?
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