Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le confinement a changé ma vie — Chapitre 1 · Chapitre 1 : En période de confinement, les voisins partagent une forme d’intimité
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le confinement a changé ma vie
Chapitre 1 · Chapitre 1 : En période de confinement, les voisins partagent une forme d’intimité
Nous habitons, mon épouse et moi dans un appartement traversant au cinquième étage d'un immeuble dispose de deux balcons : un balcon terrasse côté salon qui offre une magnifique vue dégagée sur les montagnes et un balcon long mais plus étroit côté cuisine. Celui-ci bénéficie également d'une vue large vue sur un autre massif mais est orienté vers la ville : ainsi deux immeubles hauts sur le côté gauche et un immeuble de trois étages en face ne parviennent pas à gâcher le panorama. Si nous nous trouvons chanceux, ce n'est sans doute pas le cas de nos voisins qui occupent l'immeuble bas et dont la vue est largement masquée par notre immeuble de six étages. Comme notre appartement est spacieux, refait à neuf et très lumineux, nous avons passé un confinement relativement agréable. Nous sommes dans notre cinquantaine, mon épouse étant plus jeune que moi de cinq ans. Elle est surtout beaucoup plus jolie et très sociable. Notre union a été d'abord très intense sexuellement, d'autant que j'ai un attribut capable par sa dimension et sa virilité de procurer du plaisir. Mais, avec le temps, l'amour se nourrit plus de tendresse, de complicité que d'érotisme. Nos ébats se sont espacés et, mon épouse semble très bien s'en satisfaire d'autant qu'elle trouve la pénétration douloureuse depuis quelque temps sans pouvoir en savoir la cause. J'en souffre car mon désir pour elle reste fort et ma libido ne faiblit pas.
Pendant le confinement, chaque soir, à 20 heures, nous allions tantôt sur un balcon, tantôt sur l'autre pour applaudir nos soignants. C'était l'occasion de saluer les voisins de l'immeuble ou des environs dans une atmosphère bon enfant. Parmi eux, il y avait un couple autour de la quarantaine au deuxième étage de l'immeuble d'en face, côté cuisine, qui semblait vouloir sympathiser. De notre côté, il n'était pas a priori question d'engager plus loin cette relation. Le confinement terminé, nous avons cessé de nous rendre sur le balcon pour applaudir. Quant à notre couple voisin, surtout l'homme car la femme semblait de moins en moins souvent présente, il continuait d'applaudir et nous faisait des signes lorsqu'il nous apercevait derrière la fenêtre de notre bureau ou le plus souvent de notre cuisine. Il faut préciser que, dans la cuisine, l'évier et une partie du plan de travail sont face à la grande fenêtre et la table à manger fixée au mur donne sur la porte-fenêtre. Il semble que, même fenêtres fermées et lumières éteintes, ce qui se déroule dans nos pièces soient parfaitement accessibles à un œil externe, fut-il à distance. Certes, par moment, nous répondions à ses signes, afin de ne pas donner l'impression d'une hostilité à son égard, ce qui pouvait créer une certaine ambiguïté.
L'insistance de ses regards se doubla petit à petit d'une attitude un brin exhibitionniste. Il se montrait souvent en short et faisait miroiter sa silhouette svelte et musclée. Au début, l'intrusion dans notre espace de ce voisin m'incommodait mais, peu à peu, je fantasmai sur son attitude virile qui me renvoyait à mon abstinence contrainte. Une étrange mutation se fit dans mon esprit. Mon voisin symbolisait le mâle alpha qui assumait une virilité et une libido que rien ne pourrait arrêter, virilité et libido frustrée chez moi. Aussi, devint-il le héraut de mes envies. Ses démonstrations me procuraient alors une satisfaction secrète et une forme d'excitation, une excitation sexuelle ; j'attendais chacune de ses apparitions à son balcon et je cherchais à l'encourager à quelques audaces. Je voulais lui faire comprendre mon admiration, mon respect, ma soumission. Mais comment m'y prendre ? Comment ne rien laisser paraître devant mon épouse. Je remarquai, au passage, qu'elle ne semblait plus aussi incommodée qu'au début. Je la soupçonnais même de changer elle aussi d'attitude et de se livrer à un jeu comparable au mien. Aussi m'interrogeai-je : lequel de nous deux était le but des démonstrations de notre voisin. Peu m'importait, d'ailleurs car je me sentais de plus en plus inférieur et soumis et il n'était pas question de jalousie. Qu'il ait des vues sur elle ne me contrariait pas et que cela réveille en elle une libido me satisfaisait.
Je commençai donc à lui envoyer plusieurs signaux de mon envie d'entrer dans un jeu pervers de relation dominé-dominant, mais à distance seulement. J'assumai de plus en plus ostensiblement le rôle de mari soumis en m'occupant plus systématiquement des tâches ménagères. Jusqu'ici, nous avions un partage naturel des tâches. Maintenant, je me précipitais pour préparer le repas, faire la vaisselle, le ménage, je faisais le repassage à la cuisine pour être bien en vue de mon observateur. Je ma baladais de plus en plus souvent avec juste un short, ou un slip comme vêtement. Lorsque je me levais dans la nuit pour boire, j'étais même nu. J'éprouvais peu à peu le besoin d'aller un pas plus loin pour augmenter mon excitation ; aussi, je me caressais le sexe ; cela n'était qu'un jeu pour animer mon fantasme et je savais qu'en fait il n'y avait aucun public à mon spectacle et c'était heureux. Un jeu qui était cela dit un peu stérile et la raison aurait dû m'amener à y renoncer avant de commettre une imprudence et d'être surpris. Pourtant je ne parvenais pas à y renoncer et je m'interrogeais sur cette pulsion si difficile à réfréner. Etais-je un homosexuel refoulé et non l'hétérosexuel épanoui que je croyais être ? Je n'ai pourtant jamais de relations sexuelles avec des garçons, si l'on excepte les jeux de touche-pipi préadolescents ; lorsque j'analyse les choses froidement, l'homosexualité ne me titille, ni ne me répugne. Faisais-je un transfert tardif du fait de ma frustration dans ma relation sexuelle avec mon épouse sur un nouveau type de relation ? Cela sans doute aussi par refus de trahir mon épouse qui conserve tout mon amour, par une banale aventure extra-conjugale avec une rivale. L'adultère avec un homme serait-il plus autorisé, plus pardonnable ? Cela se discutait. Non, bien que prêt, certes avec crainte, à l'admettre et à en accepter les conséquences, je n'arrivais pas à me convaincre qu'il s'agissait d'une homosexualité révélée ou acquise. En revanche, l'hypothèse d'un besoin de soumission me paraissait elle crédible et troublante. Même si cela semblait paradoxal car j'ai toujours été actif dans mes relations passées et encore aujourd'hui avec mon épouse lors de nos rares ébats et que j'exerce une activité de cadre dirigeant habituellement qui m'amène à commander, ce que je fais plutôt naturellement, tout en restant humain et respectueux. Je ne tire aucune satisfaction du pouvoir qui m'est attribué de par mes fonctions ; je n'en éprouve plutôt que le poids de la responsabilité.
J'ai donc vécu les premières semaines de confinement comme une période de questionnement et de perturbation.
Progressivement, le déconfinement nous permis de reprendre une vie presque normale. Je retournai à mon bureau selon les horaires habituels. Abandonnant le « Carrefour drive », nous fréquentâmes à nouveau les commerces de proximité pour notre ravitaillement, notamment une supérette bio. J'y passais quelquefois au fin d'après-midi après le travail pour quelques courses urgentes. C'est ainsi qu'un soir, juste avant la fermeture, j'y fis une halte pour acheter un paquet de muesli. J'allais directement vers le rayon des céréales, pris mon article et me dirigeai vers la caisse. Il n'y avait pas de file d'attente, je devais simplement attendre que la caissière en ait terminé avec un client qui avait un charriot assez rempli. Je lançais un bonjour de politesse à la caissière et au client qui me faisait dos. La caissière leva les yeux pour me répondre puis le client se retourna en ma direction pour en faire autant. Son bonjour prononcé, il continua de me fixer d'avoir avec une hésitation puis un large sourire et voyant que je restai sur la réserve, il m'adressa la parole.
- Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis votre voisin… L'immeuble d'en face.
Informé de cet indice, je le reconnus effectivement. Sa rencontre m'embarrassait et je craignis que ma gêne ne fut perceptible. Je tentai malgré tout de donner le change.
- Oui, bien sûr… Désolé de ne pas vous avoir reconnu immédiatement, mais, vous savez, dans un autre contexte…
- Y a pas de lézard ! C'est une heureuse coïncidence… Enchanté, je m'appelle Jérémie, et vous ?
- Gilles, enchanté de même.
- Gilles, si j'osais, je vous demanderais bien un petit service.
- …
- Voilà, j'ai pris un peu trop de choses et je m'apprêtais à faire deux voyages pour ramener le tout chez moi. J'ai quelques scrupules à faire attendre mademoiselle qui devait fermer sa boutique. Comme je vois que vous-même n'êtes pas trop chargé, vous pourriez peut-être m'aider. Comme vous le savez, je n'habite qu'à deux pas, et, bien sûr, je vous offrirai à boire.
Présentée ainsi, avec la supplication muette de la caissière, l'invitation était difficile à refuser, pourtant l'accepter me semblait franchir un pas vers une relation plus officielle.
- Naturellement, je vous rends avec plaisir ce service, mais permettez-moi de ne pas rester, car je ne voudrais pas trop faire attendre mon épouse. Je lui avais promis de préparer le repas ce soir.
- Comme il vous plaira Gilles. Je peux comprendre que vous ne souhaitez pas désobliger votre ravissante épouse.
Je réglai mon achat. Il me mit sur les bras la cagette où il avait entassé la plus grande part de ses achats. Il y ajouta mon paquet de Musli ; il prit le sac qui regroupait le reste de ses achats ; nous quittâmes le magasin.
- Merci encore de ton aide, me dit-il en adoptant un tutoiement inattendu. Ce n'est pas trop lourd, me demanda-t-il, faussement compatissant ?
Etait-ce de la paranoïa de ma part ? je recevais cette question comme si elle s'adressait à un domestique pour vérifier l'acceptation de son rôle, celui d'assumer les tâches ingrates.
- Non, répondis-je en serrant les dents.
Et, pour ne pas rester sur une forme d'acceptation de ma soumission, je prolongeai ma réponse par une boutade moyennement drôle.
- J'ai profité du confinement pour faire un peu de musculation : il faut bien que cela serve !
- C'est très bon, la musculation. Comme tu as dû, t'en rendre compte, j'en fais beaucoup et je ne suis pas mécontent du résultat. Qu'en penses-tu ?
- C'est sûr que vous avez l'air assez en forme, dis-je en espérant que mon vouvoiement lui indiquerait que je souhaitais la réciproque et le maintien d'une distance
- Assez en forme, comme tu dis ! Pour ce qui te concerne, il y a encore un peu de travail, mais je peux te coacher.
- Oui, je dois sans doute persévérer, rebondis-je, sans même m'offusquer de son appréciation désobligeante. J'ai encore un peu de ventre à perdre mais je me sens quand même beaucoup plus en forme qu'au début du confinement et je suis déterminé à faire de l'exercice plus régulièrement.
Nous arrivâmes devant son immeuble. Il me transmit son sac de courses pour pouvoir extraire les clés de la poche de son pantalon et ouvrir la porte d'entrée. Il s'engagea dans la cage d'escalier, sans me reprendre son fardeau. Je préférai ne pas le prier de me soulager de ce second poids craignant qu'il le prenne comme un aveu de faiblesse après l'échange précédent. Nous gravîmes, trois étages, lui devant et moi avec toutes les courses à distance. Lorsque j'arrivai sur le pallier, il était déjà dans son appartement, tenant une bière à la main et se dirigeant vers une armoire sans doute à la recherche d'un verre.
Pendant le confinement, chaque soir, à 20 heures, nous allions tantôt sur un balcon, tantôt sur l'autre pour applaudir nos soignants. C'était l'occasion de saluer les voisins de l'immeuble ou des environs dans une atmosphère bon enfant. Parmi eux, il y avait un couple autour de la quarantaine au deuxième étage de l'immeuble d'en face, côté cuisine, qui semblait vouloir sympathiser. De notre côté, il n'était pas a priori question d'engager plus loin cette relation. Le confinement terminé, nous avons cessé de nous rendre sur le balcon pour applaudir. Quant à notre couple voisin, surtout l'homme car la femme semblait de moins en moins souvent présente, il continuait d'applaudir et nous faisait des signes lorsqu'il nous apercevait derrière la fenêtre de notre bureau ou le plus souvent de notre cuisine. Il faut préciser que, dans la cuisine, l'évier et une partie du plan de travail sont face à la grande fenêtre et la table à manger fixée au mur donne sur la porte-fenêtre. Il semble que, même fenêtres fermées et lumières éteintes, ce qui se déroule dans nos pièces soient parfaitement accessibles à un œil externe, fut-il à distance. Certes, par moment, nous répondions à ses signes, afin de ne pas donner l'impression d'une hostilité à son égard, ce qui pouvait créer une certaine ambiguïté.
L'insistance de ses regards se doubla petit à petit d'une attitude un brin exhibitionniste. Il se montrait souvent en short et faisait miroiter sa silhouette svelte et musclée. Au début, l'intrusion dans notre espace de ce voisin m'incommodait mais, peu à peu, je fantasmai sur son attitude virile qui me renvoyait à mon abstinence contrainte. Une étrange mutation se fit dans mon esprit. Mon voisin symbolisait le mâle alpha qui assumait une virilité et une libido que rien ne pourrait arrêter, virilité et libido frustrée chez moi. Aussi, devint-il le héraut de mes envies. Ses démonstrations me procuraient alors une satisfaction secrète et une forme d'excitation, une excitation sexuelle ; j'attendais chacune de ses apparitions à son balcon et je cherchais à l'encourager à quelques audaces. Je voulais lui faire comprendre mon admiration, mon respect, ma soumission. Mais comment m'y prendre ? Comment ne rien laisser paraître devant mon épouse. Je remarquai, au passage, qu'elle ne semblait plus aussi incommodée qu'au début. Je la soupçonnais même de changer elle aussi d'attitude et de se livrer à un jeu comparable au mien. Aussi m'interrogeai-je : lequel de nous deux était le but des démonstrations de notre voisin. Peu m'importait, d'ailleurs car je me sentais de plus en plus inférieur et soumis et il n'était pas question de jalousie. Qu'il ait des vues sur elle ne me contrariait pas et que cela réveille en elle une libido me satisfaisait.
Je commençai donc à lui envoyer plusieurs signaux de mon envie d'entrer dans un jeu pervers de relation dominé-dominant, mais à distance seulement. J'assumai de plus en plus ostensiblement le rôle de mari soumis en m'occupant plus systématiquement des tâches ménagères. Jusqu'ici, nous avions un partage naturel des tâches. Maintenant, je me précipitais pour préparer le repas, faire la vaisselle, le ménage, je faisais le repassage à la cuisine pour être bien en vue de mon observateur. Je ma baladais de plus en plus souvent avec juste un short, ou un slip comme vêtement. Lorsque je me levais dans la nuit pour boire, j'étais même nu. J'éprouvais peu à peu le besoin d'aller un pas plus loin pour augmenter mon excitation ; aussi, je me caressais le sexe ; cela n'était qu'un jeu pour animer mon fantasme et je savais qu'en fait il n'y avait aucun public à mon spectacle et c'était heureux. Un jeu qui était cela dit un peu stérile et la raison aurait dû m'amener à y renoncer avant de commettre une imprudence et d'être surpris. Pourtant je ne parvenais pas à y renoncer et je m'interrogeais sur cette pulsion si difficile à réfréner. Etais-je un homosexuel refoulé et non l'hétérosexuel épanoui que je croyais être ? Je n'ai pourtant jamais de relations sexuelles avec des garçons, si l'on excepte les jeux de touche-pipi préadolescents ; lorsque j'analyse les choses froidement, l'homosexualité ne me titille, ni ne me répugne. Faisais-je un transfert tardif du fait de ma frustration dans ma relation sexuelle avec mon épouse sur un nouveau type de relation ? Cela sans doute aussi par refus de trahir mon épouse qui conserve tout mon amour, par une banale aventure extra-conjugale avec une rivale. L'adultère avec un homme serait-il plus autorisé, plus pardonnable ? Cela se discutait. Non, bien que prêt, certes avec crainte, à l'admettre et à en accepter les conséquences, je n'arrivais pas à me convaincre qu'il s'agissait d'une homosexualité révélée ou acquise. En revanche, l'hypothèse d'un besoin de soumission me paraissait elle crédible et troublante. Même si cela semblait paradoxal car j'ai toujours été actif dans mes relations passées et encore aujourd'hui avec mon épouse lors de nos rares ébats et que j'exerce une activité de cadre dirigeant habituellement qui m'amène à commander, ce que je fais plutôt naturellement, tout en restant humain et respectueux. Je ne tire aucune satisfaction du pouvoir qui m'est attribué de par mes fonctions ; je n'en éprouve plutôt que le poids de la responsabilité.
J'ai donc vécu les premières semaines de confinement comme une période de questionnement et de perturbation.
Progressivement, le déconfinement nous permis de reprendre une vie presque normale. Je retournai à mon bureau selon les horaires habituels. Abandonnant le « Carrefour drive », nous fréquentâmes à nouveau les commerces de proximité pour notre ravitaillement, notamment une supérette bio. J'y passais quelquefois au fin d'après-midi après le travail pour quelques courses urgentes. C'est ainsi qu'un soir, juste avant la fermeture, j'y fis une halte pour acheter un paquet de muesli. J'allais directement vers le rayon des céréales, pris mon article et me dirigeai vers la caisse. Il n'y avait pas de file d'attente, je devais simplement attendre que la caissière en ait terminé avec un client qui avait un charriot assez rempli. Je lançais un bonjour de politesse à la caissière et au client qui me faisait dos. La caissière leva les yeux pour me répondre puis le client se retourna en ma direction pour en faire autant. Son bonjour prononcé, il continua de me fixer d'avoir avec une hésitation puis un large sourire et voyant que je restai sur la réserve, il m'adressa la parole.
- Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis votre voisin… L'immeuble d'en face.
Informé de cet indice, je le reconnus effectivement. Sa rencontre m'embarrassait et je craignis que ma gêne ne fut perceptible. Je tentai malgré tout de donner le change.
- Oui, bien sûr… Désolé de ne pas vous avoir reconnu immédiatement, mais, vous savez, dans un autre contexte…
- Y a pas de lézard ! C'est une heureuse coïncidence… Enchanté, je m'appelle Jérémie, et vous ?
- Gilles, enchanté de même.
- Gilles, si j'osais, je vous demanderais bien un petit service.
- …
- Voilà, j'ai pris un peu trop de choses et je m'apprêtais à faire deux voyages pour ramener le tout chez moi. J'ai quelques scrupules à faire attendre mademoiselle qui devait fermer sa boutique. Comme je vois que vous-même n'êtes pas trop chargé, vous pourriez peut-être m'aider. Comme vous le savez, je n'habite qu'à deux pas, et, bien sûr, je vous offrirai à boire.
Présentée ainsi, avec la supplication muette de la caissière, l'invitation était difficile à refuser, pourtant l'accepter me semblait franchir un pas vers une relation plus officielle.
- Naturellement, je vous rends avec plaisir ce service, mais permettez-moi de ne pas rester, car je ne voudrais pas trop faire attendre mon épouse. Je lui avais promis de préparer le repas ce soir.
- Comme il vous plaira Gilles. Je peux comprendre que vous ne souhaitez pas désobliger votre ravissante épouse.
Je réglai mon achat. Il me mit sur les bras la cagette où il avait entassé la plus grande part de ses achats. Il y ajouta mon paquet de Musli ; il prit le sac qui regroupait le reste de ses achats ; nous quittâmes le magasin.
- Merci encore de ton aide, me dit-il en adoptant un tutoiement inattendu. Ce n'est pas trop lourd, me demanda-t-il, faussement compatissant ?
Etait-ce de la paranoïa de ma part ? je recevais cette question comme si elle s'adressait à un domestique pour vérifier l'acceptation de son rôle, celui d'assumer les tâches ingrates.
- Non, répondis-je en serrant les dents.
Et, pour ne pas rester sur une forme d'acceptation de ma soumission, je prolongeai ma réponse par une boutade moyennement drôle.
- J'ai profité du confinement pour faire un peu de musculation : il faut bien que cela serve !
- C'est très bon, la musculation. Comme tu as dû, t'en rendre compte, j'en fais beaucoup et je ne suis pas mécontent du résultat. Qu'en penses-tu ?
- C'est sûr que vous avez l'air assez en forme, dis-je en espérant que mon vouvoiement lui indiquerait que je souhaitais la réciproque et le maintien d'une distance
- Assez en forme, comme tu dis ! Pour ce qui te concerne, il y a encore un peu de travail, mais je peux te coacher.
- Oui, je dois sans doute persévérer, rebondis-je, sans même m'offusquer de son appréciation désobligeante. J'ai encore un peu de ventre à perdre mais je me sens quand même beaucoup plus en forme qu'au début du confinement et je suis déterminé à faire de l'exercice plus régulièrement.
Nous arrivâmes devant son immeuble. Il me transmit son sac de courses pour pouvoir extraire les clés de la poche de son pantalon et ouvrir la porte d'entrée. Il s'engagea dans la cage d'escalier, sans me reprendre son fardeau. Je préférai ne pas le prier de me soulager de ce second poids craignant qu'il le prenne comme un aveu de faiblesse après l'échange précédent. Nous gravîmes, trois étages, lui devant et moi avec toutes les courses à distance. Lorsque j'arrivai sur le pallier, il était déjà dans son appartement, tenant une bière à la main et se dirigeant vers une armoire sans doute à la recherche d'un verre.
L'appartement était dans la pénombre car les volets étaient fermés la journée pour faire écran au soleil brulant de la fin juin. Il faisait malgré tout très chaud. Sans consigne de sa part, je me dirigeai vers la table de salon pour poser les courses. Il me coupa dans mon élan :
- Non, s'il te plait, pas sur la table du salon… Rejoins-moi à la cuisine, je vais faire un peu de place sur le bar, tu pourras les poser là.
Il avait maintenant son verre à la main ; il y versa de la bière et prit le temps d'en boire une bonne gorgée avant de libérer la place pour que je puisse poser ma charge.
- Merci, Gilles. T'es un mec vraiment serviable. J'apprécie. Allez, prends un verre avec moi.
- Bon, alors juste un verre d'eau, vite fait.
Il prit un verre sur l'égouttoir et le remplit avec l'eau du robinet sans même vérifier si elle coulait fraîche. Je le remerciai et commençai à boire. L'eau était tiède.
Il alla s'asseoir dans un fauteuil du salon et m'indiqua le sofa à côté. Je pris place. Le salon était disposé face à la baie vitrée qui donnait sur l'un des deux balcons et faisait face à notre immeuble. Sur la table basse était posé un ordinateur portable que mon hôte alluma machinalement tout en reprenant la discussion. L'ordinateur était connecté à ce qui ressemblait à un télescope fixé à un trépied juste à côté de la table et pointant, à ce qu'il me semblait, vers notre immeuble, peut-être même vers notre appartement.
- J'avais trouvé sympa nos salutations pendant le confinement. Je n'ai pas compris pourquoi, d'un seul coup, vous ne répondiez plus à mes signes, faisant semblant de ne pas me voir, alors que je me rendais bien compte que vous continuiez à m'épier.
- Je suis vraiment désolé que vous croyiez cela, répondis-je gêné par son attaque peu diplomatique et si soudaine, inquiet aussi de ce que ce télescope lui avait permis d'observer. Il me semble qu'on répond à vos signes lorsque nous sommes sur le balcon et nous ne sommes pas non plus des voyeurs.
Il semblait m'écouter d'une oreille distraite et s'affairait à ouvrir des fichiers sur son ordinateur.
- Il est peut-être vrai que nous regardons parfois en direction de votre immeuble, mais c'est machinalement et sans curiosité malsaine. C'est simplement parce que ‘lorsqu'il y a un mouvement sur l'un ou l'autre des balcons, cela attire l'œil.
- Ouais, ouais… Oublions cela et laisse-moi te montrer ce que l'on peut faire avec des instruments modernes : un télescope et un ordinateur. Le télescope observe, même la nuit par infrarouge, et l'ordinateur enregistre ; il peut aussi diffuser sur internet, s'il est connecté à un réseau, ce qui est le cas bien sûr.
Je restai pétrifié imaginant ce qu'il avait peut-être enregistré et le chantage qu'il pourrait en tirer, car je voyais bien que son petit jeu n'était pas gratuit.
- C'est parti ? on lance un petit extrait ? Attends, on va mettre un peu de musique… C'est plus cool avec de la musique.
Avec une télécommande, sans quitter son fauteuil, il commanda sa chaine hifi et une musique techno se fit entendre.
- Le spectacle commence !
La vidéo commença par un générique qui mentionnait sur une première planche le nom des deux acteurs, en l'occurrence mon épouse et moi, et précisant notre métier et notre adresse mail professionnelle. Les informations étaient malheureusement justes. Une deuxième planche indiquait le titre du film : « la punition des voyeurs pervers ». Une troisième planche annonça un premier acte intitulé la vie tranquille d'un couple bourgeois. Les séquences vidéos qui suivirent captaient des scènes anodines de notre quotidien. Le deuxième acte était intitulé : « Le larbin de Madame », les nouvelles séquences restituaient les scènes où je faisais le ménage, le repassage, la cuisine, la vaisselle et d'autres scènes où mon épouse se prélassait au soleil sur le balcon. Le troisième acte annonçait : « le larbin se dévergonde dans le dos de sa maîtresse. L'acte était composé de diverses vidéos où on me voyait nu et, hélas, dans l'une d'elle, on pouvait sans équivoque me reconnaître en train de me masturber. Elle se terminait par un arrêt sur image qui laissait penser la dévastation que la diffusion d'une telle photo dans mes cercles professionnel, familial et amical pourrait produire.
Enfin, vint un quatrième et dernier acte dont le titre était « Pendant ce temps, Madame attend son prince charmant ». Je fus surpris d'y découvrir des scènes où mon épouse semblait s'exhiber aussi au regard de notre voisin dans de petite tenue, parfois en se caressant les seins ou l'entrejambe à travers le textile de ses nuisettes.
- Instructif, me fit-il. Je t'avouerai que je ne serais pas opposé à jouer le prince charmant et m'est avis que la belle y trouverait son compte. Tu n'es pas d'accord ?
Toujours sous le coup de la sidération, la gorge complètement desséchée, je ne pouvais prononcer aucune syllabe. Je tenais toujours mon verre d'eau encore à moitié plein dans la main, mais l'idée de le porter à la bouche ne parvenait pas à mon cerveau embrumé.
- Bon, le montage n'est pas encore fini, poursuivit-il alors que le mot fin apparaissait sur une dernière planche. J'y travaille et quand ce sera fini, on pourra le diffuser. Sur Youtube vraisemblablement, mais j'aimerais le tester auprès de votre entourage. J'ai concocté une liste de diffusion que je peux te soumettre. Enfin, c'est encore un peu tôt. D'abord, je n'ai pas l'intention de diffuser ceci sans avoir discuté avec toi.
- …
- On peut aussi revoir le scénario. On peut imaginer quelque chose à trois, avec moi… Je pourrais même y jouer un rôle central. C'est sûr, dans ce cas que je n'envisagerais plus une diffusion publique. Pour ce qui me concerne, je préfère garder mes exploits sexuels pour moi et mes partenaires… Bon mais, je parle, je parle et tu ne dis rien. Vas-y, exprime-toi !
- … Si je comprends bien, tu es en train de…
- S'il te plait, je ne t'ai pas dit de me tutoyer.
- OK, je vous vouvoie… Je préfère d'ailleurs…
- Tant qu'à faire, garde ces réflexions pour toi et sois un peu plus respectueux dans ton expression, sinon, je coupe court à notre discussion !
Son ton se faisait de plus en plus ferme comme si mon attitude l'énervait et qu'il perdait patience. Je repris mon propos.
- Si je comprends bien donc, vous me faites un chantage. Allons droit au but, vous voulez de l'argent ? Combien ? Vous imaginez bien que nous avons des moyens limités… Et comment puis-je m'assurer qu'une fois que je vous aurai donné ce que vous exigez, vous ne sortirai pas une copie ?
- Tout doux. Qui te parle d'argent ? Détends-toi ! Pas de ça entre nous. Juste de petits services. Et si tu les trouves excessifs, on peut s'arrêter à tout moment.
- Et de quels services s'agit-il ?
- Des services que nous allons nous faire mutuellement et dont nous tirerons chacun notre profit. Tu vois qu'il ne s'agit pas de t'escroquer quoi que ce soit. Je ne suis pas un salop, ni un voleur. Je n'ai d'ailleurs pas de problème d'argent.
La tension extrême qui me tenaillait se desserra un peu et je pensai à boire l'eau qu'il m'avait servi. Avec ma bouche réhydratée, je retrouvai un peu de contenance.
- Et donc, que devrais-je faire ?
- Patience, laisse-moi d'abord te dire comment je vois nos trois personnages. Mais peut-être devrais-tu appeler ton épouse pour la prévenir que tu as un peu de retard… Brigitte, c'est bien ça ?
- Et que lui dirai-je ?
- La vérité : que tu m'as rencontré et que tu bois un verre chez moi à mon invitation. Tu peux même aller sur le balcon pour l'appeler et lui faire signe. Au moins, elle saura que tu ne lui mens pas.
Il se leva, pour m'ouvrir la baie et le volet et me laisser l'accès au balcon. Je fis le numéro et le suivis sur le balcon.
- Chérie, je t'appelle juste pour te dire que j'aurai un peu de retard. J'ai rencontré notre voisin chez l'épicier et je l'ai aidé à porter ses courses. Nous buvons un verre et je rentre.
- Dis-lui que nous sommes sur le balcon et qu'elle nous fasse signe, dit-il à haute voix pour qu'elle l'entende.
- Tu nous vois ? Nous sommes sur son balcon.
Mon épouse sortit et nous fit signe. Je répondis à son signe par un geste de la main et mon tourmenteur par l'envoi d'un baiser.
- A tout de suite. Bisous.
- Bisous de ma part aussi, fit-il en s'approchant du téléphone avant que je raccroche.
Nous rentrâmes dans le salon et il referma aux trois quarts le volet pour replonger le salon dans la pénombre. Nous reprîmes nos places.
- Bien, je vais te dire comment je vois les personnages et quel film cela pourrait donner. A bien vous avoir étudié, je me fais une idée assez claire de vous deux. Commençons par toi : sous des dehors manager leader que tu essaies de renvoyer dans ton travail, se cache une nature beaucoup plus féminine...
- Je ne me comporte pas de cette manière…
- Ne m'interromps pas ! Ecoute et tu réagiras lorsque j'aurai fini ! Je disais donc que sous des dehors d'un mec burné, se cache une petite soumise qui a besoin d'être sous la coupe d'un maître. Qui est le vrai mâle dans ton couple ? Celui qui doit préparer le petit déjeuner avant de partir au travail ou celle qui se lève beaucoup plus tard et n'a qu'à mettre les pieds sous la table ? Celui qui prépare le repas le soir, débarrasse et fait la vaisselle, ou celle qui joue avec son téléphone, discute avec ses copains et copines ? Celui qui fait le ménage et le repassage ou celle qui regarde une série ? Il n'y a pas de doute possible, tu as un vrai don pour la soumission et je pense que tu peux encore faire des progrès. Il faut juste que quelqu'un t'aide à te révéler ta nature profonde. Quant à Madame, c'est effectivement une vraie princesse qui mérite effectivement qu'on la respecte. C'est pourquoi je te propose de la mettre en dehors de tout ceci. Qu'en penses-tu ?
- Ça veut dire que vous pourriez effacer les scènes où elle apparaît ?
- Oui, en tout cas, elle n'apparaîtra pas dans une version publique. Laisse-moi le plaisir d'en garder une copie privée.
- Evidemment, dans ce cas, ce serait plutôt sympa de votre part… Et que dois-je faire pour que les scènes qui me concernent ne soient pas non plus publiées.
- Ah, nous y voilà. Je ne t'ai pas encore parler de moi, mais tu dois l'imaginer, je suis un mâle alpha. Je décide, je prends, et j'aime qu'on m'obéisse. Tu as pu voir que j'ai du muscle, mais j'ai aussi de la testostérone et j'ai des besoins sexuels hors normes. Baiser mon épouse ne me suffit pas. Avoir en complément une petite lope docile me serait d'un grand confort. Je crois que tu es le candidat idéal. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je suis peut-être d'une nature soumise, mais je ne suis pas non plus homosexuel
- Qui te parle d'homosexualité. La soumission est un état qui n'a rien à voir avec le genre. Serais-tu sexiste ? Je ne suis pas une pédale, mais, s'il y a un trou pour enfoncer ma bite et me vider les couilles, qu'il appartienne à un keum ou une meuf, ça fait le job.
- C'est pas la même chose de sucer une bite ou de se faire sucer.
- Peut-être. Tu es juge. Si tu as des états d'âme, je ne veux pas te forcer. Bien sûr, sans ta coopération, je me débrouillerai tout seul pour boucler et diffuser mon petit film.
- OK, cela ne me laisse pas le choix. Je me soumets ou je me retrouve livrer en pâture sur les réseaux. Un plan Q n'est pas vraiment mon truc, on ne peut pas trouver une autre entente ? Je peux racheter cette vidéo à un bon prix.
- Non, tu n'y es pas. Je t'ai dit que je ne courais pas après l'argent. En revanche, cela m'excite beaucoup de me prodiguer les services d'une petite lope. Et je suis convaincu qu'au fond de toi, tu y trouveras du plaisir et une destinée. Fais-moi confiance.
- Je sais que je ne suis pas en situation de demander grand-chose, mais si vous pouviez éviter de m'humilier avec des qualificatifs qui ne me correspondent pas.
- Comme tu le dis, tu n'es pas en situation de demander quelque chose ; alors évite !
Je ne savais quoi ajouter pour le détourner de son idée et je restai silencieux.
- Bon, je crois qu'on a fait le tour du problème. Je te laisse réfléchir dix minutes. Tu vois la porte, poursuit-il en m'indiquant du doigt une porte dans le hall d'entrée. Ce sont les WC. C'est là que tu pourras méditer. Quand tu sortiras, tu auras deux options : si tu n'acceptes pas ma proposition, tu pourras t'en aller en refermant la porte. Tu recevras sur ton mail et celui de ton épouse l'actuelle version de la vidéo. Je poursuivrai la diffusion demain et les jours suivants sur les adresses mail à ma disposition, à raison de deux par jour. Si tu acceptes la proposition, je veux que tu viennes à genoux me l'annoncer face à moi. A genoux pour me prouver ta soumission… Allez, allez ! Exécution. Je déclenche le chronomètre. Au fait, peux-tu me laisser ton téléphone ? Je ne voudrais pas qu'il parasite ta méditation, fit-il avec un sourire en coin.
Je partis donc m'enfermer dans les toilettes et tentai de mettre à profit le court laps de temps pour prendre une décision qui engageait sans doute le reste de ma vie. Si j'acceptais sa proposition, c'était accepter une dégradation : comment pourrais-je la vivre, la supporter ? Jusqu'où irait-elle ? C'était mettre le doigt dans un engrenage dont je ne pouvais savoir où il m'entrainerait : se contentera-t-il toujours de ce qu'il me demande aujourd'hui : être le jouet privé de ses jeux sexuels ? N'y aurait-il pas d'autres demandes : de l'argent, des services de plus en plus exigeants, voire illégaux ? Se soumettre à un chantage, c'est différer le problème, ce n'est pas le résoudre. Oui mais voilà, dire non tout de suite, c'était ne se laisser aucune alternative. J'avais besoin de temps pour réfléchir, pour étudier une riposte, le piéger à son propre jeu. Ce qu'il faisait n'était pas très propre non plus et il n'est pas sûr qu'il accepte, lui non plus, que cela devienne public, que la police s'en empare… Ah, si j'avais eu le réflexe d'enregistrer la conversation avec mon téléphone, j'aurais pu avoir moi-aussi une raison de chantage. Mais, voilà, je ne l'avais pas fait et je n'aurais sans doute plus l'occasion de le faire. En me retirant mon téléphone, il prouvait qu'il était vigilant pour ne pas se faire prendre en faute. Il me faudrait être plus rusé. Il me fallait du temps. Même si c'est ce que se disent probablement tous ceux qui cèdent à un chantage, acceptons la première demande pour gagner du temps. Quant à m'humilier en acceptant de ramper devant lui, il n'en était pas question. Même dans une situation de chantage, il ne fallait pas lâcher prise et défendre tout ce qui pouvait être sauvé. Je sortis donc sur mes deux jambes et me diriger vers lui. Il me regarda avancer et il me lança sans attendre que je m'approche de lui, ni me laisser la possibilité de l'interrompre :
- Ainsi, ton choix est fait, tu refuses ma proposition : c'est courageux ! Je te rends ton téléphone et tu peux partir. Je vous envoie à toi et ton épouse un mail dans la journée.
- Non, en fait, j'accepte votre proposition…
- Dans ce cas, tu retournes d'où tu viens et tu obéis à mes instructions : à genoux !
- Mais…
- A genoux ! Ne me fais pas perdre patience !
L'insistance, son refus de m'entendre et l'autorité de son ton ne laissait pas d'alternative. Je retournai aux toilettes et en ressortit cette fois-ci à genoux en me déplaçant cahin-caha ressentant à chaque appui une douleur. Il me laissa me planter devant lui tête basse et attendit ma déclaration.
- J'accepte votre proposition, dis-je d'une voix étouffée par l'humiliation.
- Répète en articulant, en élevant la voix et en y mettant la politesse nécessaire !
- J'accepte avec plaisir votre proposition, Monsieur et je vous en remercie, repris-je en espérant que la formule le satisferait.
- Je préfère que tu m'appelle Maître. Monsieur et un peu distant… Et, de toute manière, c'est ce que je vais devenir pour toi, Larbin… Tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je t'appelle Larbin ?
- On pourrait peut-être...
- Mauvaise réponse. La bonne réponse est « Oui Maître ». Il va te falloir apprendre vite si tu veux éviter des punitions.
- Oui, Maître.
- Baise mes deux pieds en guise de soumission !
Comme pris dans un engrenage, je n'avais d'autre choix que de m'obéir à ce nouvel ordre humiliant Je me penchai pour apposer un furtif baiser sur chacune de ses chaussures.
- Bien. Débarrassons-nous des punitions ! Lève-toi, ôte ton pantalon et donne-moi ta ceinture.
Je m'exécutai et il m'amena derrière le sofa, me fit pencher le ventre en balance sur le haut du dossier. Il me fit plier mes avant-bras dans le haut de mon dos, utilisa mon pantalon pour les lier ensemble. Ainsi prisonniers, mes bras tiraient douloureusement sur mes épaules. La douleur s'accentua lorsqu'il me fit écarter les jambes pour que mon appui au sol soit plus précaire. Un miroir installé sur le mur faisant face canapé me permettait, à condition de relever la tête de voir mon tourmenteur debout derrière moi. Il défit sa propre ceinture, la plia en deux, l'empoigna par les deux bouts de sa main droite.
- Voici une première punition pour avoir formulé une mauvaise réponse à une de mes questions. Faute bénigne de débutant qui mérite seulement cinq coups de ceinture. Tiens-toi prêt à recevoir dignement et respectueusement ce que tu mérites de la part de ton maître bienveillant. Après chaque coup, je veux t'entendre distinctement tenir le compte. La moindre agitation ou lamentation et le compteur sera remis à zéro.
Il arma son geste. Je fermai les yeux, baissai la tête, pour me concentrer et serrer les dents. Le coup s'abattit sur le milieu des fesses avec un claquement sec. Enfant, je n'avais jamais été puni que par une fessée plutôt symbolique, ce qui ne m'aidait pas à anticiper la douleur du coup. Aussi, la sensation de brulure provoqua instantanément en moi une envie de me frotter la zone meurtrie et de sautiller, choses qui m'étaient interdites par les liens qui immobilisaient mes bras et ma position précaire. J'aurais voulu aussi pouvoir crier en guise de dérivatif, mais je ne tenais pas à prolonger ma punition pour indiscipline. Je laissai passer la douleur et annonçai le plus distinctement possible en le regardant à travers le miroir : « Un, Maître. »
Cela sembla le satisfaire. Il arma à nouveau son geste, signal pour moi de replonger dans ma position de repli et de concentration. Le coup atteignit cette fois le bas des fesses. La même douleur violente et la même difficulté à retenir un cri. La même impossibilité à me frotter la peau meurtrie. « Deux, Maître ».
Les trois autres coups atterrirent aussi sur les fesses mais en un endroit à chaque fois différent, si bien que la douleur enflammait tout mon postérieur. A chaque coup, je serrais un peu plus les dents au point qu'à la fin, la pression aurait pu en faire exploser l'émail. Des larmes embrumèrent mes yeux. Pourtant, je me forçai à tenir le compte. « Trois, Maître… Quatre, Maître… Cinq, Maître. »
Il prit le temps d'une gorgée de bière, alluma une cigarette et en tira plusieurs bouffées. Il coinça ensuite sa cigarette à demi consumée entre l'index et le majeur de ma main droite. Il me prévint de ne pas la laisser tomber et reprit la ceinture qu'il fit claquer dans le vide pour m'annoncer la reprise de mon martyre.
- Passons maintenant à la seconde punition. Il s'agit d'une faute beaucoup plus grave. Tu sais naturellement de quelle faute je veux parler ?
- …
- Je t'autorise à parler.
- J'imagine qu'il s'agit de ne pas avoir respecté votre consigne de me présenter à genoux, Maître.
- C'est bien, tu as donc conscience de la gravité de ta faute, n'est-ce-pas ?
- Oui, Maître, dis-je n'ayant pas véritablement d'autres alternatives.
- C'est une tentative de rébellion qui ne doit pas se reproduire. Mes ordres ne sont pas négociables, je veux que tu le comprennes. Aussi tu vas prendre cette punition comme une leçon. Chaque coup t'aidera à mieux apprendre ta soumission à ma volonté. C'est pourquoi je vais prendre mon temps pour te l'administrer. Naturellement, le tarif est plus élevé. Ce sera 20 coups. Es-tu prêt ?
- Oui, Maître.
La cigarette continuait de se consumer dangereusement car je sentais maintenant la chaleur de la braise. Pourvu qu'il finisse cette maudite cigarette avant de reprendre une nouvelle séquence de coups. Hélas, il ne semblait pas y prêter attention.
- Comme pour la passion du Christ, chaque coup doit être, comme une station, l'occasion de méditer sur ce qui t'arrive. Ce premier coup, tu dois le prendre comme le rappel de la loi. Ainsi, je veux t'entendre me dire: « Premièrement, la loi est juste et je dois m'y soumettre ». Tu le répéteras 5 fois.
Le coup arriva sur l'arrière très sensible de mes cuisses. Une brulure avec une intensité croissante se fit sentir entre mes doigts l'incandescence de la cigarette. Je continuai malgré tout de la serrer, ayant peur d'ajouter une punition qui serait sans doute plus douloureuse encore. La cigarette devrait bientôt s'éteindre d'elle-même. La capacité d'accepter patiemment cette douleur par ma seule volonté, certes contrainte, fut pour moi une bonne surprise. Puissé-je en faire autant des coups de ceinture à venir.
Je déclamai le premier des vingt commandements et le répétai comme demandé. Avec le deuxième coup qui atterrit cette fois sur le haut des fesses, je dus réciter : « Deuxièmement, le maître est le seul dépositaire de la loi ». La cigarette devait être éteinte maintenant, car la brulure était moins vive.
Vinrent ensuite les autres coups avec les légendes suivantes :
- Troisièmement, le larbin fait une confiance absolue à son maître.
- Quatrièmement, le plaisir du maître est constitutif de la loi.
- Cinquièmement, le larbin n'a pas de volonté propre.
- Sixièmement, le larbin ne pense pas ; le maître pense pour lui.
- Septièmement, le larbin ne parle que lorsque son maître l'y invite.
- Huitièmement, le larbin montre en toute occasion un infini respect pour le maître.
- Neuvièmement, le larbin s'adresse à son maître avec révérence.
- Dixièmement, le larbin ne lève les yeux que lorsque son maître l'y invite
- Onzièmement, le rôle du larbin est de satisfaire son maître.
- Douzièmement, l'épanouissement du larbin est dans l'obéissance.
- Treizièmement, le plaisir du maître est l'obsession du larbin.
- Quatorzièmement, le larbin doit toujours être disponible dès que son maître l'appelle.
- Quinzièmement, le larbin doit toujours chercher à s'améliorer dans sa soumission au maître.
- Seizièmement, la punition fait partie de l'initiation du larbin.
- Dix-septièmement, la juste douleur du larbin participe au plaisir du maître.
- Dix-huitièmement, le larbin mesure son bonheur à l'attention que lui porte son maître
- Dix-neuvièmement, le larbin dépérit lorsque son maître ne veille pas sur lui.
- Vingtièmement, il ne peut y avoir d'amour pour le larbin en dehors de l'adoration qu'il portera à son maître.
A partir du huitième coup, peut-être, la douleur qui s'était intensifiée jusqu'alors, atteignit un plateau. Au dixième coup, mon tourmenteur fit une pause. Aveuglé par les larmes et m'interdisant de faire un mouvement répréhensible, je ne comprenais pas la raison de cette pause. Le silence s'installa puis quelques déclics me firent comprendre qu'il prenait des photos, sans doute de mon corps martyrisé. Mon corps pendant ce temps exprimait plus violemment sa souffrance, comme si l'interruption du rituel permettait au corps de réaliser la gravité de son état. J'en étais à souhaiter que le rituel reprit au plus vite. Parallèlement, la litanie des commandements que je répétais machinalement prit un autre sens dans ma conscience : comme si un travail obscur avait ouvert une brèche dans mon cerveau, je me mis à accorder une forme de vérité à chacun d'eux et je ressentis une étrange complicité avec le maître en les récitant, comme si je cherchais, à l'instar d'un mantra, à m'en imprégner de la substance.
La punition terminée, de nouveaux déclics se firent entendre. De nouvelles photos sans doute pour témoigner des séquelles de la punition. Puis, celui qu'il me faut bien appeler le Maître me demanda le code de déverrouillage de mon téléphone. Je le lui fournis. Il se mit face à moi et jongla quelques instants avec les deux téléphones, le sien et le mien, puis annonça qu'il avait échangé nos cordonnées, que je trouverais les siennes au nom du Maître et qu'il m'avait transmis quelques photos de « notre petite séance éducative ». Il me demanda d'être à l'affut de ses messages ou appels afin d'y répondre instantanément, que chaque retard serait puni. Il poursuivit en m'expliquant qu'il allait me détacher, que je pourrais me rhabiller et qu'avant de partir, je devais débarrasser la table du salon, nettoyer la vaisselle, lui réchauffer un plat pour son repas ; dresser la table. Je dus me familiariser avec les rangements pour connaître la place des choses nécessaire sans naturellement lui demander son aide. Pendant ce temps, le maître regardait la télévision, affalé sur le sofa. Je veillai à être le plus discret possible pour ne pas susciter ses récriminations. Pendant toutes ces opérations, le frottement des vêtements sur mon dos meurtri avivait une douleur qui ne me quittait pas. Lorsque le plat fut chaud, je me présentai, silencieux et tête basse à côté du Maître, position de respect désirée, en espérant qu'il comprenne que ma tâche était accomplie et qu'il pouvait se mettre à table. Il me toisa plusieurs secondes et finit par me demander de me mettre à genoux à ses pieds et il m'autorisa à parler.
- Maître, votre repas est servi.
- Parfait Larbin. Baise mes pieds et tu peux partir.
Lorsque je me retrouvai à l'extérieur, une multitude de pensées affluèrent de manière désordonnée dans mon cerveau confus. Le soulagement de me retrouver enfin seul, l'histoire qu'il me faudrait inventer pour cacher la vérité à Brigitte, des questions à propos de son attitude aguicheuse sur la vidéo que le maître m'avait montré d'elle. Je me demandais aussi comment j'allais pouvoir soigner mes plaies à son insu et ne pas lui montrer pendant la nuit. Et qu'allait-il se passer maintenant ? Jusqu'où le Maître avait-il l'intention d'aller dans mon asservissement ? Comment allais-je faire pour me sortir de ce mauvais pas ? Et en attendant, comment allais-je gérer ses appels sans attirer l'attention de Brigitte.
Il avait maintenant son verre à la main ; il y versa de la bière et prit le temps d'en boire une bonne gorgée avant de libérer la place pour que je puisse poser ma charge.
- Merci, Gilles. T'es un mec vraiment serviable. J'apprécie. Allez, prends un verre avec moi.
- Bon, alors juste un verre d'eau, vite fait.
Il prit un verre sur l'égouttoir et le remplit avec l'eau du robinet sans même vérifier si elle coulait fraîche. Je le remerciai et commençai à boire. L'eau était tiède.
Il alla s'asseoir dans un fauteuil du salon et m'indiqua le sofa à côté. Je pris place. Le salon était disposé face à la baie vitrée qui donnait sur l'un des deux balcons et faisait face à notre immeuble. Sur la table basse était posé un ordinateur portable que mon hôte alluma machinalement tout en reprenant la discussion. L'ordinateur était connecté à ce qui ressemblait à un télescope fixé à un trépied juste à côté de la table et pointant, à ce qu'il me semblait, vers notre immeuble, peut-être même vers notre appartement.
- J'avais trouvé sympa nos salutations pendant le confinement. Je n'ai pas compris pourquoi, d'un seul coup, vous ne répondiez plus à mes signes, faisant semblant de ne pas me voir, alors que je me rendais bien compte que vous continuiez à m'épier.
- Je suis vraiment désolé que vous croyiez cela, répondis-je gêné par son attaque peu diplomatique et si soudaine, inquiet aussi de ce que ce télescope lui avait permis d'observer. Il me semble qu'on répond à vos signes lorsque nous sommes sur le balcon et nous ne sommes pas non plus des voyeurs.
Il semblait m'écouter d'une oreille distraite et s'affairait à ouvrir des fichiers sur son ordinateur.
- Il est peut-être vrai que nous regardons parfois en direction de votre immeuble, mais c'est machinalement et sans curiosité malsaine. C'est simplement parce que ‘lorsqu'il y a un mouvement sur l'un ou l'autre des balcons, cela attire l'œil.
- Ouais, ouais… Oublions cela et laisse-moi te montrer ce que l'on peut faire avec des instruments modernes : un télescope et un ordinateur. Le télescope observe, même la nuit par infrarouge, et l'ordinateur enregistre ; il peut aussi diffuser sur internet, s'il est connecté à un réseau, ce qui est le cas bien sûr.
Je restai pétrifié imaginant ce qu'il avait peut-être enregistré et le chantage qu'il pourrait en tirer, car je voyais bien que son petit jeu n'était pas gratuit.
- C'est parti ? on lance un petit extrait ? Attends, on va mettre un peu de musique… C'est plus cool avec de la musique.
Avec une télécommande, sans quitter son fauteuil, il commanda sa chaine hifi et une musique techno se fit entendre.
- Le spectacle commence !
La vidéo commença par un générique qui mentionnait sur une première planche le nom des deux acteurs, en l'occurrence mon épouse et moi, et précisant notre métier et notre adresse mail professionnelle. Les informations étaient malheureusement justes. Une deuxième planche indiquait le titre du film : « la punition des voyeurs pervers ». Une troisième planche annonça un premier acte intitulé la vie tranquille d'un couple bourgeois. Les séquences vidéos qui suivirent captaient des scènes anodines de notre quotidien. Le deuxième acte était intitulé : « Le larbin de Madame », les nouvelles séquences restituaient les scènes où je faisais le ménage, le repassage, la cuisine, la vaisselle et d'autres scènes où mon épouse se prélassait au soleil sur le balcon. Le troisième acte annonçait : « le larbin se dévergonde dans le dos de sa maîtresse. L'acte était composé de diverses vidéos où on me voyait nu et, hélas, dans l'une d'elle, on pouvait sans équivoque me reconnaître en train de me masturber. Elle se terminait par un arrêt sur image qui laissait penser la dévastation que la diffusion d'une telle photo dans mes cercles professionnel, familial et amical pourrait produire.
Enfin, vint un quatrième et dernier acte dont le titre était « Pendant ce temps, Madame attend son prince charmant ». Je fus surpris d'y découvrir des scènes où mon épouse semblait s'exhiber aussi au regard de notre voisin dans de petite tenue, parfois en se caressant les seins ou l'entrejambe à travers le textile de ses nuisettes.
- Instructif, me fit-il. Je t'avouerai que je ne serais pas opposé à jouer le prince charmant et m'est avis que la belle y trouverait son compte. Tu n'es pas d'accord ?
Toujours sous le coup de la sidération, la gorge complètement desséchée, je ne pouvais prononcer aucune syllabe. Je tenais toujours mon verre d'eau encore à moitié plein dans la main, mais l'idée de le porter à la bouche ne parvenait pas à mon cerveau embrumé.
- Bon, le montage n'est pas encore fini, poursuivit-il alors que le mot fin apparaissait sur une dernière planche. J'y travaille et quand ce sera fini, on pourra le diffuser. Sur Youtube vraisemblablement, mais j'aimerais le tester auprès de votre entourage. J'ai concocté une liste de diffusion que je peux te soumettre. Enfin, c'est encore un peu tôt. D'abord, je n'ai pas l'intention de diffuser ceci sans avoir discuté avec toi.
- …
- On peut aussi revoir le scénario. On peut imaginer quelque chose à trois, avec moi… Je pourrais même y jouer un rôle central. C'est sûr, dans ce cas que je n'envisagerais plus une diffusion publique. Pour ce qui me concerne, je préfère garder mes exploits sexuels pour moi et mes partenaires… Bon mais, je parle, je parle et tu ne dis rien. Vas-y, exprime-toi !
- … Si je comprends bien, tu es en train de…
- S'il te plait, je ne t'ai pas dit de me tutoyer.
- OK, je vous vouvoie… Je préfère d'ailleurs…
- Tant qu'à faire, garde ces réflexions pour toi et sois un peu plus respectueux dans ton expression, sinon, je coupe court à notre discussion !
Son ton se faisait de plus en plus ferme comme si mon attitude l'énervait et qu'il perdait patience. Je repris mon propos.
- Si je comprends bien donc, vous me faites un chantage. Allons droit au but, vous voulez de l'argent ? Combien ? Vous imaginez bien que nous avons des moyens limités… Et comment puis-je m'assurer qu'une fois que je vous aurai donné ce que vous exigez, vous ne sortirai pas une copie ?
- Tout doux. Qui te parle d'argent ? Détends-toi ! Pas de ça entre nous. Juste de petits services. Et si tu les trouves excessifs, on peut s'arrêter à tout moment.
- Et de quels services s'agit-il ?
- Des services que nous allons nous faire mutuellement et dont nous tirerons chacun notre profit. Tu vois qu'il ne s'agit pas de t'escroquer quoi que ce soit. Je ne suis pas un salop, ni un voleur. Je n'ai d'ailleurs pas de problème d'argent.
La tension extrême qui me tenaillait se desserra un peu et je pensai à boire l'eau qu'il m'avait servi. Avec ma bouche réhydratée, je retrouvai un peu de contenance.
- Et donc, que devrais-je faire ?
- Patience, laisse-moi d'abord te dire comment je vois nos trois personnages. Mais peut-être devrais-tu appeler ton épouse pour la prévenir que tu as un peu de retard… Brigitte, c'est bien ça ?
- Et que lui dirai-je ?
- La vérité : que tu m'as rencontré et que tu bois un verre chez moi à mon invitation. Tu peux même aller sur le balcon pour l'appeler et lui faire signe. Au moins, elle saura que tu ne lui mens pas.
Il se leva, pour m'ouvrir la baie et le volet et me laisser l'accès au balcon. Je fis le numéro et le suivis sur le balcon.
- Chérie, je t'appelle juste pour te dire que j'aurai un peu de retard. J'ai rencontré notre voisin chez l'épicier et je l'ai aidé à porter ses courses. Nous buvons un verre et je rentre.
- Dis-lui que nous sommes sur le balcon et qu'elle nous fasse signe, dit-il à haute voix pour qu'elle l'entende.
- Tu nous vois ? Nous sommes sur son balcon.
Mon épouse sortit et nous fit signe. Je répondis à son signe par un geste de la main et mon tourmenteur par l'envoi d'un baiser.
- A tout de suite. Bisous.
- Bisous de ma part aussi, fit-il en s'approchant du téléphone avant que je raccroche.
Nous rentrâmes dans le salon et il referma aux trois quarts le volet pour replonger le salon dans la pénombre. Nous reprîmes nos places.
- Bien, je vais te dire comment je vois les personnages et quel film cela pourrait donner. A bien vous avoir étudié, je me fais une idée assez claire de vous deux. Commençons par toi : sous des dehors manager leader que tu essaies de renvoyer dans ton travail, se cache une nature beaucoup plus féminine...
- Je ne me comporte pas de cette manière…
- Ne m'interromps pas ! Ecoute et tu réagiras lorsque j'aurai fini ! Je disais donc que sous des dehors d'un mec burné, se cache une petite soumise qui a besoin d'être sous la coupe d'un maître. Qui est le vrai mâle dans ton couple ? Celui qui doit préparer le petit déjeuner avant de partir au travail ou celle qui se lève beaucoup plus tard et n'a qu'à mettre les pieds sous la table ? Celui qui prépare le repas le soir, débarrasse et fait la vaisselle, ou celle qui joue avec son téléphone, discute avec ses copains et copines ? Celui qui fait le ménage et le repassage ou celle qui regarde une série ? Il n'y a pas de doute possible, tu as un vrai don pour la soumission et je pense que tu peux encore faire des progrès. Il faut juste que quelqu'un t'aide à te révéler ta nature profonde. Quant à Madame, c'est effectivement une vraie princesse qui mérite effectivement qu'on la respecte. C'est pourquoi je te propose de la mettre en dehors de tout ceci. Qu'en penses-tu ?
- Ça veut dire que vous pourriez effacer les scènes où elle apparaît ?
- Oui, en tout cas, elle n'apparaîtra pas dans une version publique. Laisse-moi le plaisir d'en garder une copie privée.
- Evidemment, dans ce cas, ce serait plutôt sympa de votre part… Et que dois-je faire pour que les scènes qui me concernent ne soient pas non plus publiées.
- Ah, nous y voilà. Je ne t'ai pas encore parler de moi, mais tu dois l'imaginer, je suis un mâle alpha. Je décide, je prends, et j'aime qu'on m'obéisse. Tu as pu voir que j'ai du muscle, mais j'ai aussi de la testostérone et j'ai des besoins sexuels hors normes. Baiser mon épouse ne me suffit pas. Avoir en complément une petite lope docile me serait d'un grand confort. Je crois que tu es le candidat idéal. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je suis peut-être d'une nature soumise, mais je ne suis pas non plus homosexuel
- Qui te parle d'homosexualité. La soumission est un état qui n'a rien à voir avec le genre. Serais-tu sexiste ? Je ne suis pas une pédale, mais, s'il y a un trou pour enfoncer ma bite et me vider les couilles, qu'il appartienne à un keum ou une meuf, ça fait le job.
- C'est pas la même chose de sucer une bite ou de se faire sucer.
- Peut-être. Tu es juge. Si tu as des états d'âme, je ne veux pas te forcer. Bien sûr, sans ta coopération, je me débrouillerai tout seul pour boucler et diffuser mon petit film.
- OK, cela ne me laisse pas le choix. Je me soumets ou je me retrouve livrer en pâture sur les réseaux. Un plan Q n'est pas vraiment mon truc, on ne peut pas trouver une autre entente ? Je peux racheter cette vidéo à un bon prix.
- Non, tu n'y es pas. Je t'ai dit que je ne courais pas après l'argent. En revanche, cela m'excite beaucoup de me prodiguer les services d'une petite lope. Et je suis convaincu qu'au fond de toi, tu y trouveras du plaisir et une destinée. Fais-moi confiance.
- Je sais que je ne suis pas en situation de demander grand-chose, mais si vous pouviez éviter de m'humilier avec des qualificatifs qui ne me correspondent pas.
- Comme tu le dis, tu n'es pas en situation de demander quelque chose ; alors évite !
Je ne savais quoi ajouter pour le détourner de son idée et je restai silencieux.
- Bon, je crois qu'on a fait le tour du problème. Je te laisse réfléchir dix minutes. Tu vois la porte, poursuit-il en m'indiquant du doigt une porte dans le hall d'entrée. Ce sont les WC. C'est là que tu pourras méditer. Quand tu sortiras, tu auras deux options : si tu n'acceptes pas ma proposition, tu pourras t'en aller en refermant la porte. Tu recevras sur ton mail et celui de ton épouse l'actuelle version de la vidéo. Je poursuivrai la diffusion demain et les jours suivants sur les adresses mail à ma disposition, à raison de deux par jour. Si tu acceptes la proposition, je veux que tu viennes à genoux me l'annoncer face à moi. A genoux pour me prouver ta soumission… Allez, allez ! Exécution. Je déclenche le chronomètre. Au fait, peux-tu me laisser ton téléphone ? Je ne voudrais pas qu'il parasite ta méditation, fit-il avec un sourire en coin.
Je partis donc m'enfermer dans les toilettes et tentai de mettre à profit le court laps de temps pour prendre une décision qui engageait sans doute le reste de ma vie. Si j'acceptais sa proposition, c'était accepter une dégradation : comment pourrais-je la vivre, la supporter ? Jusqu'où irait-elle ? C'était mettre le doigt dans un engrenage dont je ne pouvais savoir où il m'entrainerait : se contentera-t-il toujours de ce qu'il me demande aujourd'hui : être le jouet privé de ses jeux sexuels ? N'y aurait-il pas d'autres demandes : de l'argent, des services de plus en plus exigeants, voire illégaux ? Se soumettre à un chantage, c'est différer le problème, ce n'est pas le résoudre. Oui mais voilà, dire non tout de suite, c'était ne se laisser aucune alternative. J'avais besoin de temps pour réfléchir, pour étudier une riposte, le piéger à son propre jeu. Ce qu'il faisait n'était pas très propre non plus et il n'est pas sûr qu'il accepte, lui non plus, que cela devienne public, que la police s'en empare… Ah, si j'avais eu le réflexe d'enregistrer la conversation avec mon téléphone, j'aurais pu avoir moi-aussi une raison de chantage. Mais, voilà, je ne l'avais pas fait et je n'aurais sans doute plus l'occasion de le faire. En me retirant mon téléphone, il prouvait qu'il était vigilant pour ne pas se faire prendre en faute. Il me faudrait être plus rusé. Il me fallait du temps. Même si c'est ce que se disent probablement tous ceux qui cèdent à un chantage, acceptons la première demande pour gagner du temps. Quant à m'humilier en acceptant de ramper devant lui, il n'en était pas question. Même dans une situation de chantage, il ne fallait pas lâcher prise et défendre tout ce qui pouvait être sauvé. Je sortis donc sur mes deux jambes et me diriger vers lui. Il me regarda avancer et il me lança sans attendre que je m'approche de lui, ni me laisser la possibilité de l'interrompre :
- Ainsi, ton choix est fait, tu refuses ma proposition : c'est courageux ! Je te rends ton téléphone et tu peux partir. Je vous envoie à toi et ton épouse un mail dans la journée.
- Non, en fait, j'accepte votre proposition…
- Dans ce cas, tu retournes d'où tu viens et tu obéis à mes instructions : à genoux !
- Mais…
- A genoux ! Ne me fais pas perdre patience !
L'insistance, son refus de m'entendre et l'autorité de son ton ne laissait pas d'alternative. Je retournai aux toilettes et en ressortit cette fois-ci à genoux en me déplaçant cahin-caha ressentant à chaque appui une douleur. Il me laissa me planter devant lui tête basse et attendit ma déclaration.
- J'accepte votre proposition, dis-je d'une voix étouffée par l'humiliation.
- Répète en articulant, en élevant la voix et en y mettant la politesse nécessaire !
- J'accepte avec plaisir votre proposition, Monsieur et je vous en remercie, repris-je en espérant que la formule le satisferait.
- Je préfère que tu m'appelle Maître. Monsieur et un peu distant… Et, de toute manière, c'est ce que je vais devenir pour toi, Larbin… Tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je t'appelle Larbin ?
- On pourrait peut-être...
- Mauvaise réponse. La bonne réponse est « Oui Maître ». Il va te falloir apprendre vite si tu veux éviter des punitions.
- Oui, Maître.
- Baise mes deux pieds en guise de soumission !
Comme pris dans un engrenage, je n'avais d'autre choix que de m'obéir à ce nouvel ordre humiliant Je me penchai pour apposer un furtif baiser sur chacune de ses chaussures.
- Bien. Débarrassons-nous des punitions ! Lève-toi, ôte ton pantalon et donne-moi ta ceinture.
Je m'exécutai et il m'amena derrière le sofa, me fit pencher le ventre en balance sur le haut du dossier. Il me fit plier mes avant-bras dans le haut de mon dos, utilisa mon pantalon pour les lier ensemble. Ainsi prisonniers, mes bras tiraient douloureusement sur mes épaules. La douleur s'accentua lorsqu'il me fit écarter les jambes pour que mon appui au sol soit plus précaire. Un miroir installé sur le mur faisant face canapé me permettait, à condition de relever la tête de voir mon tourmenteur debout derrière moi. Il défit sa propre ceinture, la plia en deux, l'empoigna par les deux bouts de sa main droite.
- Voici une première punition pour avoir formulé une mauvaise réponse à une de mes questions. Faute bénigne de débutant qui mérite seulement cinq coups de ceinture. Tiens-toi prêt à recevoir dignement et respectueusement ce que tu mérites de la part de ton maître bienveillant. Après chaque coup, je veux t'entendre distinctement tenir le compte. La moindre agitation ou lamentation et le compteur sera remis à zéro.
Il arma son geste. Je fermai les yeux, baissai la tête, pour me concentrer et serrer les dents. Le coup s'abattit sur le milieu des fesses avec un claquement sec. Enfant, je n'avais jamais été puni que par une fessée plutôt symbolique, ce qui ne m'aidait pas à anticiper la douleur du coup. Aussi, la sensation de brulure provoqua instantanément en moi une envie de me frotter la zone meurtrie et de sautiller, choses qui m'étaient interdites par les liens qui immobilisaient mes bras et ma position précaire. J'aurais voulu aussi pouvoir crier en guise de dérivatif, mais je ne tenais pas à prolonger ma punition pour indiscipline. Je laissai passer la douleur et annonçai le plus distinctement possible en le regardant à travers le miroir : « Un, Maître. »
Cela sembla le satisfaire. Il arma à nouveau son geste, signal pour moi de replonger dans ma position de repli et de concentration. Le coup atteignit cette fois le bas des fesses. La même douleur violente et la même difficulté à retenir un cri. La même impossibilité à me frotter la peau meurtrie. « Deux, Maître ».
Les trois autres coups atterrirent aussi sur les fesses mais en un endroit à chaque fois différent, si bien que la douleur enflammait tout mon postérieur. A chaque coup, je serrais un peu plus les dents au point qu'à la fin, la pression aurait pu en faire exploser l'émail. Des larmes embrumèrent mes yeux. Pourtant, je me forçai à tenir le compte. « Trois, Maître… Quatre, Maître… Cinq, Maître. »
Il prit le temps d'une gorgée de bière, alluma une cigarette et en tira plusieurs bouffées. Il coinça ensuite sa cigarette à demi consumée entre l'index et le majeur de ma main droite. Il me prévint de ne pas la laisser tomber et reprit la ceinture qu'il fit claquer dans le vide pour m'annoncer la reprise de mon martyre.
- Passons maintenant à la seconde punition. Il s'agit d'une faute beaucoup plus grave. Tu sais naturellement de quelle faute je veux parler ?
- …
- Je t'autorise à parler.
- J'imagine qu'il s'agit de ne pas avoir respecté votre consigne de me présenter à genoux, Maître.
- C'est bien, tu as donc conscience de la gravité de ta faute, n'est-ce-pas ?
- Oui, Maître, dis-je n'ayant pas véritablement d'autres alternatives.
- C'est une tentative de rébellion qui ne doit pas se reproduire. Mes ordres ne sont pas négociables, je veux que tu le comprennes. Aussi tu vas prendre cette punition comme une leçon. Chaque coup t'aidera à mieux apprendre ta soumission à ma volonté. C'est pourquoi je vais prendre mon temps pour te l'administrer. Naturellement, le tarif est plus élevé. Ce sera 20 coups. Es-tu prêt ?
- Oui, Maître.
La cigarette continuait de se consumer dangereusement car je sentais maintenant la chaleur de la braise. Pourvu qu'il finisse cette maudite cigarette avant de reprendre une nouvelle séquence de coups. Hélas, il ne semblait pas y prêter attention.
- Comme pour la passion du Christ, chaque coup doit être, comme une station, l'occasion de méditer sur ce qui t'arrive. Ce premier coup, tu dois le prendre comme le rappel de la loi. Ainsi, je veux t'entendre me dire: « Premièrement, la loi est juste et je dois m'y soumettre ». Tu le répéteras 5 fois.
Le coup arriva sur l'arrière très sensible de mes cuisses. Une brulure avec une intensité croissante se fit sentir entre mes doigts l'incandescence de la cigarette. Je continuai malgré tout de la serrer, ayant peur d'ajouter une punition qui serait sans doute plus douloureuse encore. La cigarette devrait bientôt s'éteindre d'elle-même. La capacité d'accepter patiemment cette douleur par ma seule volonté, certes contrainte, fut pour moi une bonne surprise. Puissé-je en faire autant des coups de ceinture à venir.
Je déclamai le premier des vingt commandements et le répétai comme demandé. Avec le deuxième coup qui atterrit cette fois sur le haut des fesses, je dus réciter : « Deuxièmement, le maître est le seul dépositaire de la loi ». La cigarette devait être éteinte maintenant, car la brulure était moins vive.
Vinrent ensuite les autres coups avec les légendes suivantes :
- Troisièmement, le larbin fait une confiance absolue à son maître.
- Quatrièmement, le plaisir du maître est constitutif de la loi.
- Cinquièmement, le larbin n'a pas de volonté propre.
- Sixièmement, le larbin ne pense pas ; le maître pense pour lui.
- Septièmement, le larbin ne parle que lorsque son maître l'y invite.
- Huitièmement, le larbin montre en toute occasion un infini respect pour le maître.
- Neuvièmement, le larbin s'adresse à son maître avec révérence.
- Dixièmement, le larbin ne lève les yeux que lorsque son maître l'y invite
- Onzièmement, le rôle du larbin est de satisfaire son maître.
- Douzièmement, l'épanouissement du larbin est dans l'obéissance.
- Treizièmement, le plaisir du maître est l'obsession du larbin.
- Quatorzièmement, le larbin doit toujours être disponible dès que son maître l'appelle.
- Quinzièmement, le larbin doit toujours chercher à s'améliorer dans sa soumission au maître.
- Seizièmement, la punition fait partie de l'initiation du larbin.
- Dix-septièmement, la juste douleur du larbin participe au plaisir du maître.
- Dix-huitièmement, le larbin mesure son bonheur à l'attention que lui porte son maître
- Dix-neuvièmement, le larbin dépérit lorsque son maître ne veille pas sur lui.
- Vingtièmement, il ne peut y avoir d'amour pour le larbin en dehors de l'adoration qu'il portera à son maître.
A partir du huitième coup, peut-être, la douleur qui s'était intensifiée jusqu'alors, atteignit un plateau. Au dixième coup, mon tourmenteur fit une pause. Aveuglé par les larmes et m'interdisant de faire un mouvement répréhensible, je ne comprenais pas la raison de cette pause. Le silence s'installa puis quelques déclics me firent comprendre qu'il prenait des photos, sans doute de mon corps martyrisé. Mon corps pendant ce temps exprimait plus violemment sa souffrance, comme si l'interruption du rituel permettait au corps de réaliser la gravité de son état. J'en étais à souhaiter que le rituel reprit au plus vite. Parallèlement, la litanie des commandements que je répétais machinalement prit un autre sens dans ma conscience : comme si un travail obscur avait ouvert une brèche dans mon cerveau, je me mis à accorder une forme de vérité à chacun d'eux et je ressentis une étrange complicité avec le maître en les récitant, comme si je cherchais, à l'instar d'un mantra, à m'en imprégner de la substance.
La punition terminée, de nouveaux déclics se firent entendre. De nouvelles photos sans doute pour témoigner des séquelles de la punition. Puis, celui qu'il me faut bien appeler le Maître me demanda le code de déverrouillage de mon téléphone. Je le lui fournis. Il se mit face à moi et jongla quelques instants avec les deux téléphones, le sien et le mien, puis annonça qu'il avait échangé nos cordonnées, que je trouverais les siennes au nom du Maître et qu'il m'avait transmis quelques photos de « notre petite séance éducative ». Il me demanda d'être à l'affut de ses messages ou appels afin d'y répondre instantanément, que chaque retard serait puni. Il poursuivit en m'expliquant qu'il allait me détacher, que je pourrais me rhabiller et qu'avant de partir, je devais débarrasser la table du salon, nettoyer la vaisselle, lui réchauffer un plat pour son repas ; dresser la table. Je dus me familiariser avec les rangements pour connaître la place des choses nécessaire sans naturellement lui demander son aide. Pendant ce temps, le maître regardait la télévision, affalé sur le sofa. Je veillai à être le plus discret possible pour ne pas susciter ses récriminations. Pendant toutes ces opérations, le frottement des vêtements sur mon dos meurtri avivait une douleur qui ne me quittait pas. Lorsque le plat fut chaud, je me présentai, silencieux et tête basse à côté du Maître, position de respect désirée, en espérant qu'il comprenne que ma tâche était accomplie et qu'il pouvait se mettre à table. Il me toisa plusieurs secondes et finit par me demander de me mettre à genoux à ses pieds et il m'autorisa à parler.
- Maître, votre repas est servi.
- Parfait Larbin. Baise mes pieds et tu peux partir.
Lorsque je me retrouvai à l'extérieur, une multitude de pensées affluèrent de manière désordonnée dans mon cerveau confus. Le soulagement de me retrouver enfin seul, l'histoire qu'il me faudrait inventer pour cacher la vérité à Brigitte, des questions à propos de son attitude aguicheuse sur la vidéo que le maître m'avait montré d'elle. Je me demandais aussi comment j'allais pouvoir soigner mes plaies à son insu et ne pas lui montrer pendant la nuit. Et qu'allait-il se passer maintenant ? Jusqu'où le Maître avait-il l'intention d'aller dans mon asservissement ? Comment allais-je faire pour me sortir de ce mauvais pas ? Et en attendant, comment allais-je gérer ses appels sans attirer l'attention de Brigitte.
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Commentaires ()
Bonne lecture.
J’aimerais bien vivre la même situation de soumis avec un voisin
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