Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le confinement a changé ma vie — Chapitre 3 · Le plan machiavélique du voisin
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le confinement a changé ma vie
Chapitre 3 · Le plan machiavélique du voisin
Avant de rentrer, je pris le temps de faire un footing, court mais intense, de manière à suer suffisamment pour donner de la crédibilité à mon alibi. Aussitôt arrivé à la maison, je passai sous la douche tandis que Brigitte terminait une série. J'enfilai un pyjama et rejoignis Brigitte au salon.
- Tu as été bien long ce soir, s'étonna-t-elle.
- Oui, j'ai fait une boucle un peu différente et elle s'est avérée plus longue que prévue.
- Du coup, il est un peu tard pour regarder quelque chose ensemble. Je vais aller me coucher.
- Ah, au fait, j'ai bien réfléchi à ta proposition d'inviter notre voisin. Finalement, je trouve que c'est une bonne idée.
- Ah bon ? Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Bien, je trouve que ce confinement nous isole et qu'il serait bon de reprendre des relations sociales. Comme il est sympathique, commençons avec lui.
- Aucun problème pour moi. Tu peux lui lancer une invitation pour vendredi soir.
- Et pourquoi pas demain soir ?
- Tu sais bien qu'il faut faire un peu de ménage.
- J'ai fait le ménage à fond ce week-end. SI tu veux, je peux repasser un coup rapidement demain.
- Après tout, tu as raison. Ce n'est pas un si grand travail. La question est de savoir s'il sera disponible. SI tu le préviens demain pour le soir même, il risque de trouver ça un peu cavalier.
- Pas besoin d'attendre demain. J'ai son portable, je vais lui envoyer un texto. Comme ça, on sera fixé.
- Eh bien, moi qui pensais tout à l'heure que tu ne voulais pas l'inviter, je suis étonnée de l'énergie que tu mets maintenant pour organiser cet apéro dans les plus brefs délais, dit-elle avec un sourire qui montrait que loin de m'en faire le reproche, elle soutenait mon initiative et me laissait penser qu'elle était impatiente de se confronter avec celui qu'elle avait aguiché à distance.
Je rédigeai un texto pour lancer une invitation dans les formes et sur un ton faussement convivial. J'effaçai aussi le texto précédent que le Maître m'avait envoyé. Si d'aventure Brigitte consultait la réponse au-dessus de mon épaule. Par bonheur, la réponse du Maître resta dans le même esprit : « Cher Gilles, je te remercie de votre invitation que j'accepte volontiers et qui me donnera le plaisir de rencontrer ton épouse. Je serai chez vous à 19 h 30 ».
- C'est OK pour Jérémy. Il sera là à 19 h 30, annonçai-je à Brigitte.
- Parfait. Si on allait se coucher maintenant. Je te propose un petit massage et plus si affinité…
Brigitte était très émoustillée à l'idée de cet apéritif. Hélas, malgré mon envie, il me fallait la décevoir. Comment pourrais-je lui montrer mon dos et mes fesses meurtris ?
- Désolé, chérie, j'aimerais tant mais je dois encore finir mon rapport. Il faut que je le rende demain matin et j'en ai bien encore pour trois heures de boulot. Il va falloir remettre ça plus tard, mais je garde mon ticket.
- Ah, tu ne m'avais pas dit que tu avais un rapport à finir.
- Non car je pensais le finir dans l'après-midi mais avec les événements du jour, j'ai pris un peu de retard.
- C'est bien dommage. Encore une occasion ratée. C'est bien la peine d'être confinés.
- Je le regrette mais je n'ai vraiment pas le choix. Je te promets que je vais me rattraper.
- Bonne nuit alors, dit-elle d'un ton qui ne cachait pas son amertume.
- Bonne nuit, ma chérie.
Je laissai rejoindre la chambre et passai la fin de la soirée devant mon ordinateur à faire des sudokus tout en repassant les évènements de la journée dans ma tête et en m'inquiétant de ce que pouvait devenir ma vie. Vers une heure du matin, je me couchai sur le canapé. Je ne voulais pas courir le risque de réveiller Brigitte en rejoignant notre lit conjugal. Le corps douloureux et l'esprit torturé, il m'était impossible de trouver le sommeil. C'est au petit matin seulement que je plongeai dans un sommeil profond.
Lorsque Brigitte me secoua pour me réveiller, sa main appuya sur une partie endolorie. Je poussai un cri et dans un geste de défense repoussai sa main violemment.
- Eh, du calme. Je ne fais que te réveiller. Il est déjà neuf heures.
- Oh, excuse-moi ma chérie, j'ai fait un mauvais rêve. Je croyais combattre un agresseur. J'ai travaillé jusque tard dans la nuit. Merci de m'avoir réveillé, j'ai une réunion qui commence bientôt.
- Passe-toi un coup d'eau sur le visage et un coup de peigne, ça suffira pour ta réunion. Je t'apporterai ton petit-déjeuner.
- Merci, ma chérie.
Malgré le petit retard à l'allumage, ma journée de travail se déroula normalement. A la pause déjeuner, je passai à la salle de bain pour faire enfin ma toilette du matin. Je constatai que les marques de coup, loin de s'être atténuées prenaient des couleurs bleues, vertes et violacées. Elles ne disparaîtraient pas avant plusieurs jours. Quant aux plaies ouvertes, elles cicatrisaient de sorte que la douleur était moins vive. C'est seulement quand j'appuyais sur les hématomes qu'elle me faisait grimacer. La douche froide m'apaisa. J'aurais pu rester de longues minutes à profiter de la caresse réparatrice de l'eau si je n'avais pas craint d'être surpris par Brigitte. J'enfilai sous ma chemise un sous-vêtement en coton en guise de protection en dépit de la chaleur de fin de printemps qui commençait à devenir étouffante. Je quittai la salle de bain pour la cuisine. Je préparai une rapide salade pour me laisser le temps de faire le brin de ménage que j'avais promis à Brigitte. Au moment de faire la vaisselle, je jetai un coup d'œil sur l'appartement de notre voisin. Il ne se montra pas mais je reçus une notification. C'était, comme je m'y attendais, un message de sa part. Il me recommandait de mettre en charge mon téléphone afin que je puisse assister à leur conversation jusqu'au bout, y compris ceux qui auraient lieu dans l'intimité de la chambre. Je me sentis obligé de répondre un « oui, Maître, j'y veillerai. » pour ne pas l'indisposer. Il envisageait donc de baiser ma femme le jour même et de m'en faire le témoin. J'effaçai les deux messages.
Je déplaçai un des deux fauteuils qui se trouvaient de chaque côté du canapé pour que je puisse m'asseoir comme me l'avait demandé le Maître face au canapé. J'écartai l'autre fauteuil pour que personne ne puisse s'y asseoir. Brigitte, découvrant la nouvelle disposition m'interrogea sur mes intentions. Je lui répondis que je trouvais plus chaleureux de nous installer en face à face.
- Tu t'installeras sur le canapé à côté de notre hôte et je prendrai le fauteuil. Il me semble que, si j'étais moi-même invité par un couple, c'est la disposition qui me mettrait le plus à l'aise.
- Si tu trouves que c'est mieux, ça me va pour la soirée. Mais, il faudra les remettre en place ensuite, car je préfère l'autre aménagement.
- Entendu, je le ferai.
Chacun repartit dans son coin pour vaquer à ses occupations professionnelles. Vers 19 h, nous nous retrouvâmes dans la cuisine pour tartiner quelques toasts avec du guacamole, du tarama et de la tapenade, remplir quelques bols d'olives et fruits secs. Je mis une bouteille de champagne au frais pour le cas où. A 19 h 30, l'interphone sonna. Je fis monter notre hôte et attendis sur le seuil qu'il se présente sur le palier de notre étage pour l'accueillir. Quand il sortit de l'ascenseur, en m'apercevant, il s'exclama à haute voix pour que l'on puisse entendre dans tout l'appartement.
- Bonsoir Gilles. Merci encore de cette invitation. Cela me fait tellement plaisir de rencontrer ton épouse et de passer enfin une bonne soirée, ce qui ne m'est pas arrivé depuis longtemps.
Il était vêtu d'un pantalon beige en coton moulant et d'un débardeur blanc, lui-aussi, très ajusté. Le tout faisait bien ressortir sa musculature.
- Le plaisir est partagé, cher Jérémy. Mon épouse a hâte également de te rencontrer. Je vais te la présenter.
Brigitte qui était partie se changer nous rejoignit dans le hall d'entrée. Elle avait enfilé une robe légère d'été à fleurs, resserrée à la taille, tombant juste en-dessous des genoux et dont le large col en V laissait apparaître le haut de sa poitrine.
- Brigitte, je te présente Gilles.
- Chère Brigitte, je suis enchanté de faire votre connaissance. Vous êtes ravissante comme je pouvais déjà l'imaginer depuis mon balcon. Et cette robe fraîche vous rend très sexy, si vous me permettez cette audace. Gilles ne mesure pas la chance qu'il a d'avoir pour lui-seul une telle déesse. Dans ces conditions, je signerai pour prolonger le confinement de quelques mois.
- Bonjour Jérémy, je vous remercie de votre compliment, bien exagéré cependant.
- Non, non, je le pense sincèrement. Vous êtes une vraie princesse.
- C'est trop aimable. Je vous retourne le compliment. Je vous trouve très charmant et même un rien charmeur. Vous avez l'art de parler aux femmes et de les séduire, si vous me permettez à mon tour une audace. Vous avez sans doute dû faire de nombreuses conquêtes.
La conversation entre eux n'avait pas attendu pour prendre un tour sexuel. De la part de Jérémy, rien ne me surprenait, mais que Brigitte en rajoute et le faisait devant son mari n'était pas dans ses habitudes.
- Tu as été bien long ce soir, s'étonna-t-elle.
- Oui, j'ai fait une boucle un peu différente et elle s'est avérée plus longue que prévue.
- Du coup, il est un peu tard pour regarder quelque chose ensemble. Je vais aller me coucher.
- Ah, au fait, j'ai bien réfléchi à ta proposition d'inviter notre voisin. Finalement, je trouve que c'est une bonne idée.
- Ah bon ? Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Bien, je trouve que ce confinement nous isole et qu'il serait bon de reprendre des relations sociales. Comme il est sympathique, commençons avec lui.
- Aucun problème pour moi. Tu peux lui lancer une invitation pour vendredi soir.
- Et pourquoi pas demain soir ?
- Tu sais bien qu'il faut faire un peu de ménage.
- J'ai fait le ménage à fond ce week-end. SI tu veux, je peux repasser un coup rapidement demain.
- Après tout, tu as raison. Ce n'est pas un si grand travail. La question est de savoir s'il sera disponible. SI tu le préviens demain pour le soir même, il risque de trouver ça un peu cavalier.
- Pas besoin d'attendre demain. J'ai son portable, je vais lui envoyer un texto. Comme ça, on sera fixé.
- Eh bien, moi qui pensais tout à l'heure que tu ne voulais pas l'inviter, je suis étonnée de l'énergie que tu mets maintenant pour organiser cet apéro dans les plus brefs délais, dit-elle avec un sourire qui montrait que loin de m'en faire le reproche, elle soutenait mon initiative et me laissait penser qu'elle était impatiente de se confronter avec celui qu'elle avait aguiché à distance.
Je rédigeai un texto pour lancer une invitation dans les formes et sur un ton faussement convivial. J'effaçai aussi le texto précédent que le Maître m'avait envoyé. Si d'aventure Brigitte consultait la réponse au-dessus de mon épaule. Par bonheur, la réponse du Maître resta dans le même esprit : « Cher Gilles, je te remercie de votre invitation que j'accepte volontiers et qui me donnera le plaisir de rencontrer ton épouse. Je serai chez vous à 19 h 30 ».
- C'est OK pour Jérémy. Il sera là à 19 h 30, annonçai-je à Brigitte.
- Parfait. Si on allait se coucher maintenant. Je te propose un petit massage et plus si affinité…
Brigitte était très émoustillée à l'idée de cet apéritif. Hélas, malgré mon envie, il me fallait la décevoir. Comment pourrais-je lui montrer mon dos et mes fesses meurtris ?
- Désolé, chérie, j'aimerais tant mais je dois encore finir mon rapport. Il faut que je le rende demain matin et j'en ai bien encore pour trois heures de boulot. Il va falloir remettre ça plus tard, mais je garde mon ticket.
- Ah, tu ne m'avais pas dit que tu avais un rapport à finir.
- Non car je pensais le finir dans l'après-midi mais avec les événements du jour, j'ai pris un peu de retard.
- C'est bien dommage. Encore une occasion ratée. C'est bien la peine d'être confinés.
- Je le regrette mais je n'ai vraiment pas le choix. Je te promets que je vais me rattraper.
- Bonne nuit alors, dit-elle d'un ton qui ne cachait pas son amertume.
- Bonne nuit, ma chérie.
Je laissai rejoindre la chambre et passai la fin de la soirée devant mon ordinateur à faire des sudokus tout en repassant les évènements de la journée dans ma tête et en m'inquiétant de ce que pouvait devenir ma vie. Vers une heure du matin, je me couchai sur le canapé. Je ne voulais pas courir le risque de réveiller Brigitte en rejoignant notre lit conjugal. Le corps douloureux et l'esprit torturé, il m'était impossible de trouver le sommeil. C'est au petit matin seulement que je plongeai dans un sommeil profond.
Lorsque Brigitte me secoua pour me réveiller, sa main appuya sur une partie endolorie. Je poussai un cri et dans un geste de défense repoussai sa main violemment.
- Eh, du calme. Je ne fais que te réveiller. Il est déjà neuf heures.
- Oh, excuse-moi ma chérie, j'ai fait un mauvais rêve. Je croyais combattre un agresseur. J'ai travaillé jusque tard dans la nuit. Merci de m'avoir réveillé, j'ai une réunion qui commence bientôt.
- Passe-toi un coup d'eau sur le visage et un coup de peigne, ça suffira pour ta réunion. Je t'apporterai ton petit-déjeuner.
- Merci, ma chérie.
Malgré le petit retard à l'allumage, ma journée de travail se déroula normalement. A la pause déjeuner, je passai à la salle de bain pour faire enfin ma toilette du matin. Je constatai que les marques de coup, loin de s'être atténuées prenaient des couleurs bleues, vertes et violacées. Elles ne disparaîtraient pas avant plusieurs jours. Quant aux plaies ouvertes, elles cicatrisaient de sorte que la douleur était moins vive. C'est seulement quand j'appuyais sur les hématomes qu'elle me faisait grimacer. La douche froide m'apaisa. J'aurais pu rester de longues minutes à profiter de la caresse réparatrice de l'eau si je n'avais pas craint d'être surpris par Brigitte. J'enfilai sous ma chemise un sous-vêtement en coton en guise de protection en dépit de la chaleur de fin de printemps qui commençait à devenir étouffante. Je quittai la salle de bain pour la cuisine. Je préparai une rapide salade pour me laisser le temps de faire le brin de ménage que j'avais promis à Brigitte. Au moment de faire la vaisselle, je jetai un coup d'œil sur l'appartement de notre voisin. Il ne se montra pas mais je reçus une notification. C'était, comme je m'y attendais, un message de sa part. Il me recommandait de mettre en charge mon téléphone afin que je puisse assister à leur conversation jusqu'au bout, y compris ceux qui auraient lieu dans l'intimité de la chambre. Je me sentis obligé de répondre un « oui, Maître, j'y veillerai. » pour ne pas l'indisposer. Il envisageait donc de baiser ma femme le jour même et de m'en faire le témoin. J'effaçai les deux messages.
Je déplaçai un des deux fauteuils qui se trouvaient de chaque côté du canapé pour que je puisse m'asseoir comme me l'avait demandé le Maître face au canapé. J'écartai l'autre fauteuil pour que personne ne puisse s'y asseoir. Brigitte, découvrant la nouvelle disposition m'interrogea sur mes intentions. Je lui répondis que je trouvais plus chaleureux de nous installer en face à face.
- Tu t'installeras sur le canapé à côté de notre hôte et je prendrai le fauteuil. Il me semble que, si j'étais moi-même invité par un couple, c'est la disposition qui me mettrait le plus à l'aise.
- Si tu trouves que c'est mieux, ça me va pour la soirée. Mais, il faudra les remettre en place ensuite, car je préfère l'autre aménagement.
- Entendu, je le ferai.
Chacun repartit dans son coin pour vaquer à ses occupations professionnelles. Vers 19 h, nous nous retrouvâmes dans la cuisine pour tartiner quelques toasts avec du guacamole, du tarama et de la tapenade, remplir quelques bols d'olives et fruits secs. Je mis une bouteille de champagne au frais pour le cas où. A 19 h 30, l'interphone sonna. Je fis monter notre hôte et attendis sur le seuil qu'il se présente sur le palier de notre étage pour l'accueillir. Quand il sortit de l'ascenseur, en m'apercevant, il s'exclama à haute voix pour que l'on puisse entendre dans tout l'appartement.
- Bonsoir Gilles. Merci encore de cette invitation. Cela me fait tellement plaisir de rencontrer ton épouse et de passer enfin une bonne soirée, ce qui ne m'est pas arrivé depuis longtemps.
Il était vêtu d'un pantalon beige en coton moulant et d'un débardeur blanc, lui-aussi, très ajusté. Le tout faisait bien ressortir sa musculature.
- Le plaisir est partagé, cher Jérémy. Mon épouse a hâte également de te rencontrer. Je vais te la présenter.
Brigitte qui était partie se changer nous rejoignit dans le hall d'entrée. Elle avait enfilé une robe légère d'été à fleurs, resserrée à la taille, tombant juste en-dessous des genoux et dont le large col en V laissait apparaître le haut de sa poitrine.
- Brigitte, je te présente Gilles.
- Chère Brigitte, je suis enchanté de faire votre connaissance. Vous êtes ravissante comme je pouvais déjà l'imaginer depuis mon balcon. Et cette robe fraîche vous rend très sexy, si vous me permettez cette audace. Gilles ne mesure pas la chance qu'il a d'avoir pour lui-seul une telle déesse. Dans ces conditions, je signerai pour prolonger le confinement de quelques mois.
- Bonjour Jérémy, je vous remercie de votre compliment, bien exagéré cependant.
- Non, non, je le pense sincèrement. Vous êtes une vraie princesse.
- C'est trop aimable. Je vous retourne le compliment. Je vous trouve très charmant et même un rien charmeur. Vous avez l'art de parler aux femmes et de les séduire, si vous me permettez à mon tour une audace. Vous avez sans doute dû faire de nombreuses conquêtes.
La conversation entre eux n'avait pas attendu pour prendre un tour sexuel. De la part de Jérémy, rien ne me surprenait, mais que Brigitte en rajoute et le faisait devant son mari n'était pas dans ses habitudes.
- Détrompez-vous, je suis d'un naturel plutôt fidèle. Plus fidèle que ma compagne. Nous venons de nous séparer car elle m'a avoué qu'elle avait cédée aux avances de son patron et qu'elle refaisait sa vie avec lui. Un homme de cinquante-cinq ans, ventre bedonnant, à moitié chauve, mais avec une Rolex, une Jaguar et une résidence secondaire à Saint-Tropez. Je n'ai pas pu lutter.
- J'en suis vraiment désolée pour vous. Pour ma part, face à une telle alternative, je n'aurais fait le même choix.
- Enfin, c'est du passé maintenant. Je compte bien reconstruire ma vie avec une autre femme qui sache m'aimer. Avec le confinement, c'est un peu compliqué de faire des rencontres, mais ça ne durera pas éternellement… Oublions ceci et faites-moi visiter votre somptueux appartement.
- Avec plaisir. Ne faites pas attention au désordre, je voulais prendre le temps de faire le ménage mais Gilles tenait à vous inviter sans tarder.
C'est vous qui vous chargez du ménage ? Seule, l'interrogea-t-il en me regardant avec une mimique feinte de reproche ?
- Non, bien sûr. Nous nous partageons les tâches ménagères. Je ne peux rien reprocher à Gilles de ce point de vue. Au contraire, il en fait beaucoup plus que moi. Il faut dire que c'est une parfaite fée du logis. Il aime tenir une maison propre et il fait remarquablement la cuisine.
- J'en suis pleinement rassuré, fit-il en m'adressant un clin d'œil chargé de sous-entendu. La gente masculine a trop longtemps profité de la répartition des corvées dans le ménage et il est temps que les rôles s'inversent.
Quel hypocrite, pensais-je ! Il n'y a pas plus macho que lui. D'ailleurs, il me moque pour m'être laissé entrainer dans cette inversion des rôles. Ah, si je pouvais ouvrir les yeux de Brigitte !
Brigitte servit de guide pour la visite. Je les accompagnai en restant. J'avais l'impression de ne pas avoir ma place dans leurs échanges. Jérémy la complimenta pour le choix d'un appartement si spacieux avec de grand balcons et des vues superbes sur les montagnes. Elle se garda bien de lui préciser que le choix de l'appartement me revenait d'abord, que j'avais réussi à la convaincre que nous serions mieux dans cet appartement que dans ceux qu'elle avait trouvés sympathiques au centre-ville. A la vue de notre chambre à coucher, il s'extasia.
- Quelle vue magnifique ! J'imagine le plaisir que l'on doit ressortir après l'amour en contemplant à deux un coucher de soleil sur les montagnes.
- C'est effectivement très romantique.
La visite terminée, nous allâmes nous installer dans le salon selon les dispositions prévues. Brigitte et Jérémy étaient assis à distance raisonnable l'un de l'autre. La robe de Brigitte était un peu remontée et laissait apparaître ses genoux.
- Un peu de champagne, un alcool fort ou des boissons fraîches avec ou sans alcool, proposais-je à notre hôte ?
- Du champagne me paraît tout à fait indiqué pour la circonstance, si cela tente Brigitte aussi.
- Ma foi, je ne dis pas non.
Je partis chercher le champagne et les flûtes. A mon retour, je constatai que la conversation avait tourné vers le sujet du confinement. C'est Jérémy qui parlait en se tournant de côté pour mieux faire face à son interlocutrice.
- … Je me souviens qu'au début, on disait que cela allait favoriser la reprise du taux de natalité. Mais, il semble que cela a au contraire eu un effet négatif sur la sexualité des couples. Il faut dire que ce n'est sans doute pas facile de passer toutes ses journées face à face et de faire le soir comme si le désir était toujours intact. Le désir, c'est avant tout l'envie d'une expérience nouvelle, d'une surprise. Pour éviter de tomber dans la routine, la séparation est indispensable. Elle doit susciter le désir de se retrouver. Quand je parle de séparation, ça ne signifie pas nécessairement une longue coupure, ou une longue prise de distance. La séparation quotidienne lorsque l'un ou l'autre part à son bureau vivre sa propre expérience avec ses propres collègues peut suffire pour que le soir, il retrouve son conjoint avec plaisir et envie. Avec le confinement, plus de séparation, même pas pour quelques minutes. On est seuls avec son conjoint sans les autres. Fini le désir. Seuls sur l'île déserte, ce n'est pas le paradis des amants mais leur enfer. On ne peut pas s'aimer en restant dans sa bulle, à l'écart des autres… Oh désolé, je me laisse emporter par mes convictions… Je ne parle pas pour vous, d'ailleurs. Vous êtes une telle beauté, Brigitte, que Gilles ne peut pas vivre cet isolement avec vous comme un supplice.
Jérémy se rapprocha un peu de Brigitte comme pour mieux l'écouter.
- Vous avez sans doute raison, Jérémy, intervint Brigitte. Je pense que depuis le début du confinement nous-mêmes, Gilles et moi, nous avons assez peu fait l'amour. Mais je pense que la raison est davantage liée à l'envahissement de la vie professionnelle. Elle s'est introduite dans la sphère privée et elle prend de plus en plus de place. Elle repousse la vie intime dans ses derniers retranchements.
Brigitte ne m'avait jamais fait part de ses réflexions sur le sujet. Pourquoi ? Sentait-elle que c'était inutile ?
- Et toi, Gilles, quel est ton avis, demanda mon Maître en se retournant enfin vers moi et en profitant surtout de ce mouvement pour se rapprocher encore de Brigitte ?
- Je pense aussi que le covid a créé un état d'anxiété qui n'est pas propice à l'érotisme.
Leurs cuisses se touchaient maintenant.
- Je ne suis pas d'accord avec toi, Gilles. La preuve, c'est le succès actuel des sites pornographiques. Il n'a jamais été aussi grand que depuis le confinement. Les gens veulent toujours du sexe, ce dont ils ne veulent pas c'est du confinement qui veut enfermer le sexe dans une relation contrôlée. Le sexe, c'est la liberté. La liberté d'aller où on veut, voir qui l'on veut. L'adultère a été rendu matériellement impossible avec la suppression des relations sociales. Pourtant, l'adultère est fondamental pour la santé du couple. D'abord, il introduit la menace d'une concurrence qui oblige chacun à rivaliser d'imagination pour ne pas voir l'autre chercher sa satisfaction ailleurs. Ensuite, il permet à l'amant qui s'interroge de faire des expériences qui peuvent quelquefois détruire le couple mais le plus souvent lui donner du piment. Je dois vous faire un aveu, Brigitte…
Et là, il se redressa, pivota pour se mettre face à Brigitte, comme si la confidence demandait ce supplément d'intimité. Dans son mouvement, il prit appui de sa main droite sur la cuisse gauche de Brigitte. Il le fit avec un tel naturel que, sur l'instant cela ne paraissait pas choquant. Brigitte toute ouïe n'esquissa pas la moindre réaction. Moi-même, dans l'attente de la révélation, je ne manifestai pas de protestation.
- Albertine et moi, nous étions adeptes de l'amour libre. Albertine, c'est mon ex qui vient de me quitter. L'un et l'autre, nous nous autorisions quelques entorses au contrat de mariage sans nous en cacher. Nous partagions nos expériences et nous en profitions pour enrichir nos pratiques, ce qui permettait à nos propres ébats de ne pas sombrer dans la routine. Bien sûr chacun prenait toutes les précautions nécessaires. Au début, l'amant ou la maîtresse ignoraient que l'adultère était connu du conjoint. Par la suite, nous avons trouvé plus honnête de leur expliquer nos intentions véritables. Bien nous a en a pris, car cela a mis la pression sur nos partenaires occasionnels qui voulaient pouvoir rivaliser avec le conjoint.
Pendant tout son monologue, le Maître gardait sa main sur la cuisse de Brigitte. Il s'était même arrangé par quelques mouvements imperceptibles pour faire remonter le volant de la robe de sorte que sa main était maintenant en contact direct avec la chair. Brigitte le laissait faire. Mon silence devait lui ôter tout sentiment de culpabilité. Il avait gagné la première manche.
- Vous vous disiez fidèle tout à l'heure. Je ne comprends pas. C'est une drôle de fidélité que de multiplier les aventures extraconjugales, s'étonna Brigitte.
- D'abord, elles ne se sont pas autant multipliées que vous l'imaginez. Sans doute mes propos vous ont laissés penser à tort que nous passions notre temps à chercher de nouveaux partenaires sexuels. Sur dix ans de mariage, nous pouvons les compter sur les doigts des deux mains. Ensuite, ces expériences ne remettaient pas en cause ma fidélité à Albertine, puisque je le faisais avec son accord et en restant toujours avec elle. Cela participait à l'hygiène de notre couple. Au passage, si vous parlez de fidélité, n'oubliez pas que c'est elle qui m'a quitté pour un autre, c'est elle l'infidèle. Moi, ma fidèle n'a jamais été démentie.
- Et c'est autre, c'était l'un de ses amants de passage ?
J'avais bien l'impression que la main de Jérémy était remontée jusqu'au milieu de la cuisse. Et Brigitte s'en accomodait.
- Oui, il en faisait partie.
- Il a donc détruit votre couple. Voilà où vous a mené votre amour libre.
- C'est le prix de la liberté. Aurais-je été plus heureux, si j'avais gardé mon épouse en la barricadant contre son gré ?
Non bien sûr.
Eh bien, c'est cela que requiert le mariage conventionnel…
Ce retournant enfin vers moi, sans pour autant retirer sa main. Il mit un terme à l'exploration du sujet.
- Enfin, je me fais un peu honte de vous assommer avec mes conceptions sur l'amour et le mariage. Après tout chacun sa philosophie. Si l'on parlait d'autre chose… Mais j'y pense, j'avais prévu de vous offrir des fleurs, de magnifiques roses rouges. J'ai laissé bêtement le bouquet chez moi. Je vais réparer cet oubli et aller le chercher de ce pas… Au fait, Brigitte, ne voudriez-vous pas m'accompagner ? Cela me permettrait de vous faire visiter mon appartement. Vous devez être aussi curieuse de découvrir ce qui se cache derrière le balcon duquel nous nous saluions. J'avais la même curiosité pour votre appartement.
- Pourquoi pas. C'est vrai que je ne connais que l'avant-scène et que j'aimerais découvrir le décor qui se cache derrière le rideau.
- Je ne te le propose pas de nous accompagner, Gilles, puisque tu connais déjà les lieux.
- Oui, effectivement. Allez-y sans moi, lâchai-je comme un aveu de ma défaite.
- J'en suis vraiment désolée pour vous. Pour ma part, face à une telle alternative, je n'aurais fait le même choix.
- Enfin, c'est du passé maintenant. Je compte bien reconstruire ma vie avec une autre femme qui sache m'aimer. Avec le confinement, c'est un peu compliqué de faire des rencontres, mais ça ne durera pas éternellement… Oublions ceci et faites-moi visiter votre somptueux appartement.
- Avec plaisir. Ne faites pas attention au désordre, je voulais prendre le temps de faire le ménage mais Gilles tenait à vous inviter sans tarder.
C'est vous qui vous chargez du ménage ? Seule, l'interrogea-t-il en me regardant avec une mimique feinte de reproche ?
- Non, bien sûr. Nous nous partageons les tâches ménagères. Je ne peux rien reprocher à Gilles de ce point de vue. Au contraire, il en fait beaucoup plus que moi. Il faut dire que c'est une parfaite fée du logis. Il aime tenir une maison propre et il fait remarquablement la cuisine.
- J'en suis pleinement rassuré, fit-il en m'adressant un clin d'œil chargé de sous-entendu. La gente masculine a trop longtemps profité de la répartition des corvées dans le ménage et il est temps que les rôles s'inversent.
Quel hypocrite, pensais-je ! Il n'y a pas plus macho que lui. D'ailleurs, il me moque pour m'être laissé entrainer dans cette inversion des rôles. Ah, si je pouvais ouvrir les yeux de Brigitte !
Brigitte servit de guide pour la visite. Je les accompagnai en restant. J'avais l'impression de ne pas avoir ma place dans leurs échanges. Jérémy la complimenta pour le choix d'un appartement si spacieux avec de grand balcons et des vues superbes sur les montagnes. Elle se garda bien de lui préciser que le choix de l'appartement me revenait d'abord, que j'avais réussi à la convaincre que nous serions mieux dans cet appartement que dans ceux qu'elle avait trouvés sympathiques au centre-ville. A la vue de notre chambre à coucher, il s'extasia.
- Quelle vue magnifique ! J'imagine le plaisir que l'on doit ressortir après l'amour en contemplant à deux un coucher de soleil sur les montagnes.
- C'est effectivement très romantique.
La visite terminée, nous allâmes nous installer dans le salon selon les dispositions prévues. Brigitte et Jérémy étaient assis à distance raisonnable l'un de l'autre. La robe de Brigitte était un peu remontée et laissait apparaître ses genoux.
- Un peu de champagne, un alcool fort ou des boissons fraîches avec ou sans alcool, proposais-je à notre hôte ?
- Du champagne me paraît tout à fait indiqué pour la circonstance, si cela tente Brigitte aussi.
- Ma foi, je ne dis pas non.
Je partis chercher le champagne et les flûtes. A mon retour, je constatai que la conversation avait tourné vers le sujet du confinement. C'est Jérémy qui parlait en se tournant de côté pour mieux faire face à son interlocutrice.
- … Je me souviens qu'au début, on disait que cela allait favoriser la reprise du taux de natalité. Mais, il semble que cela a au contraire eu un effet négatif sur la sexualité des couples. Il faut dire que ce n'est sans doute pas facile de passer toutes ses journées face à face et de faire le soir comme si le désir était toujours intact. Le désir, c'est avant tout l'envie d'une expérience nouvelle, d'une surprise. Pour éviter de tomber dans la routine, la séparation est indispensable. Elle doit susciter le désir de se retrouver. Quand je parle de séparation, ça ne signifie pas nécessairement une longue coupure, ou une longue prise de distance. La séparation quotidienne lorsque l'un ou l'autre part à son bureau vivre sa propre expérience avec ses propres collègues peut suffire pour que le soir, il retrouve son conjoint avec plaisir et envie. Avec le confinement, plus de séparation, même pas pour quelques minutes. On est seuls avec son conjoint sans les autres. Fini le désir. Seuls sur l'île déserte, ce n'est pas le paradis des amants mais leur enfer. On ne peut pas s'aimer en restant dans sa bulle, à l'écart des autres… Oh désolé, je me laisse emporter par mes convictions… Je ne parle pas pour vous, d'ailleurs. Vous êtes une telle beauté, Brigitte, que Gilles ne peut pas vivre cet isolement avec vous comme un supplice.
Jérémy se rapprocha un peu de Brigitte comme pour mieux l'écouter.
- Vous avez sans doute raison, Jérémy, intervint Brigitte. Je pense que depuis le début du confinement nous-mêmes, Gilles et moi, nous avons assez peu fait l'amour. Mais je pense que la raison est davantage liée à l'envahissement de la vie professionnelle. Elle s'est introduite dans la sphère privée et elle prend de plus en plus de place. Elle repousse la vie intime dans ses derniers retranchements.
Brigitte ne m'avait jamais fait part de ses réflexions sur le sujet. Pourquoi ? Sentait-elle que c'était inutile ?
- Et toi, Gilles, quel est ton avis, demanda mon Maître en se retournant enfin vers moi et en profitant surtout de ce mouvement pour se rapprocher encore de Brigitte ?
- Je pense aussi que le covid a créé un état d'anxiété qui n'est pas propice à l'érotisme.
Leurs cuisses se touchaient maintenant.
- Je ne suis pas d'accord avec toi, Gilles. La preuve, c'est le succès actuel des sites pornographiques. Il n'a jamais été aussi grand que depuis le confinement. Les gens veulent toujours du sexe, ce dont ils ne veulent pas c'est du confinement qui veut enfermer le sexe dans une relation contrôlée. Le sexe, c'est la liberté. La liberté d'aller où on veut, voir qui l'on veut. L'adultère a été rendu matériellement impossible avec la suppression des relations sociales. Pourtant, l'adultère est fondamental pour la santé du couple. D'abord, il introduit la menace d'une concurrence qui oblige chacun à rivaliser d'imagination pour ne pas voir l'autre chercher sa satisfaction ailleurs. Ensuite, il permet à l'amant qui s'interroge de faire des expériences qui peuvent quelquefois détruire le couple mais le plus souvent lui donner du piment. Je dois vous faire un aveu, Brigitte…
Et là, il se redressa, pivota pour se mettre face à Brigitte, comme si la confidence demandait ce supplément d'intimité. Dans son mouvement, il prit appui de sa main droite sur la cuisse gauche de Brigitte. Il le fit avec un tel naturel que, sur l'instant cela ne paraissait pas choquant. Brigitte toute ouïe n'esquissa pas la moindre réaction. Moi-même, dans l'attente de la révélation, je ne manifestai pas de protestation.
- Albertine et moi, nous étions adeptes de l'amour libre. Albertine, c'est mon ex qui vient de me quitter. L'un et l'autre, nous nous autorisions quelques entorses au contrat de mariage sans nous en cacher. Nous partagions nos expériences et nous en profitions pour enrichir nos pratiques, ce qui permettait à nos propres ébats de ne pas sombrer dans la routine. Bien sûr chacun prenait toutes les précautions nécessaires. Au début, l'amant ou la maîtresse ignoraient que l'adultère était connu du conjoint. Par la suite, nous avons trouvé plus honnête de leur expliquer nos intentions véritables. Bien nous a en a pris, car cela a mis la pression sur nos partenaires occasionnels qui voulaient pouvoir rivaliser avec le conjoint.
Pendant tout son monologue, le Maître gardait sa main sur la cuisse de Brigitte. Il s'était même arrangé par quelques mouvements imperceptibles pour faire remonter le volant de la robe de sorte que sa main était maintenant en contact direct avec la chair. Brigitte le laissait faire. Mon silence devait lui ôter tout sentiment de culpabilité. Il avait gagné la première manche.
- Vous vous disiez fidèle tout à l'heure. Je ne comprends pas. C'est une drôle de fidélité que de multiplier les aventures extraconjugales, s'étonna Brigitte.
- D'abord, elles ne se sont pas autant multipliées que vous l'imaginez. Sans doute mes propos vous ont laissés penser à tort que nous passions notre temps à chercher de nouveaux partenaires sexuels. Sur dix ans de mariage, nous pouvons les compter sur les doigts des deux mains. Ensuite, ces expériences ne remettaient pas en cause ma fidélité à Albertine, puisque je le faisais avec son accord et en restant toujours avec elle. Cela participait à l'hygiène de notre couple. Au passage, si vous parlez de fidélité, n'oubliez pas que c'est elle qui m'a quitté pour un autre, c'est elle l'infidèle. Moi, ma fidèle n'a jamais été démentie.
- Et c'est autre, c'était l'un de ses amants de passage ?
J'avais bien l'impression que la main de Jérémy était remontée jusqu'au milieu de la cuisse. Et Brigitte s'en accomodait.
- Oui, il en faisait partie.
- Il a donc détruit votre couple. Voilà où vous a mené votre amour libre.
- C'est le prix de la liberté. Aurais-je été plus heureux, si j'avais gardé mon épouse en la barricadant contre son gré ?
Non bien sûr.
Eh bien, c'est cela que requiert le mariage conventionnel…
Ce retournant enfin vers moi, sans pour autant retirer sa main. Il mit un terme à l'exploration du sujet.
- Enfin, je me fais un peu honte de vous assommer avec mes conceptions sur l'amour et le mariage. Après tout chacun sa philosophie. Si l'on parlait d'autre chose… Mais j'y pense, j'avais prévu de vous offrir des fleurs, de magnifiques roses rouges. J'ai laissé bêtement le bouquet chez moi. Je vais réparer cet oubli et aller le chercher de ce pas… Au fait, Brigitte, ne voudriez-vous pas m'accompagner ? Cela me permettrait de vous faire visiter mon appartement. Vous devez être aussi curieuse de découvrir ce qui se cache derrière le balcon duquel nous nous saluions. J'avais la même curiosité pour votre appartement.
- Pourquoi pas. C'est vrai que je ne connais que l'avant-scène et que j'aimerais découvrir le décor qui se cache derrière le rideau.
- Je ne te le propose pas de nous accompagner, Gilles, puisque tu connais déjà les lieux.
- Oui, effectivement. Allez-y sans moi, lâchai-je comme un aveu de ma défaite.
Enfin, il retira la main de la cuisse de Brigitte pour se lever. Il la lui tendit aussitôt après pour l'aider à se lever à son tour. Au moment de franchir la porte palière, il se retourna pour m'adresser un clin d'œil. Il se sentait fier et heureux du succès de son plan, qui, je devais l'avouer, m'avait bluffé. Et maintenant, ils disparaissaient dans l'ascenseur. Ils s'échappaient sans que je puisse les retenir, ni revenir en arrière.
J'allai être cocu, cela ne faisait plus de doute.
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