Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les silences brulants — Chapitre 4 · La morsure du désir
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les silences brulants
Chapitre 4 · La morsure du désir
Je suis sortie de la boutique en vitesse, comme si j'avais volé quelque chose. Je marchais sans voir devant moi, les lumières du centre commercial flottaient comme dans un rêve. Mon short collait à mes hanches. Je n'avais plus rien en dessous. Je venais de confier mon tanga à Victor, alors que sa femme était à moins de deux mètres. Lui, l'inconnu du bar qui avait enflammé mon imaginaire, l'homme infidèle qui avait commis l'adultère avec mon amie Flavie. J'étais là, au milieu de tous ces gens, les jambes tremblantes, la gorge nouée, le sexe gonflé, trempé, brûlant.
Qu'est-ce que je venais de faire ?
Je venais de m'exhiber. Pas comme une blague. Pas comme une provocation légère. Non. Comme une salope. J'avais montré mes seins. Mes fesses. Mon sexe. Je venais de tendre mon cul à cet inconnu qui me rendait folle, mais le pire est que j'avais aimé ça
Putain ! J'ai tellement aimé.
Qu'est-ce que je venais de faire ?
Je venais de m'exhiber. Pas comme une blague. Pas comme une provocation légère. Non. Comme une salope. J'avais montré mes seins. Mes fesses. Mon sexe. Je venais de tendre mon cul à cet inconnu qui me rendait folle, mais le pire est que j'avais aimé ça
Putain ! J'ai tellement aimé.
Un éclair remonta ma colonne, pas de plaisir cette fois, mais de panique. J'étais toujours dans un lieu public. Des familles, des couples, des mères. Des gens normaux. Et moi, j'étais à deux doigts de m'écrouler, de jouir debout, sans culotte. Avec l'image de son regard plantée dans ma mémoire comme une aiguille dans ma peau.
J'ai senti mes abdos se contracter. Mon ventre s'est tendu. Il suffisait d'un rien. Un frottement. Une pensée. Un mot et je serais submergée, incapable de rester debout, écroulée au sol, hurlant dans la tête, laissant ce plaisir me dévorer tout entière. Jamais, je n'avais été aussi folle dans un lieu public. J'avais peur. Une vraie peur, pas la peur de jouir devant tout ce monde, mais d'aimer ça. De devenir autre chose, de ne plus revenir en arrière. De devenir Flavie.
Cette pensée me donna la nausée. J'ai pensé à courir jusqu'aux toilettes, m'enfermer, glisser ma main sous mon short, de me finir pour me calmer. C'est ce qu'elle aurait fait. Moi, je ne suis pas censée être comme ça.
Lucas.
Lucas était à 15 minutes.
Il avait dit qu'il passerait l'après-midi à jouer sur sa console. Je pouvais le rejoindre. Je pouvais faire l'amour avec lui. Oui. C'était ça la solution. Ce qui venait de se passer n'était qu'un fantasme. Une folie. Une crise. J'allais rentrer. Me blottir contre lui. L'embrasser. Le chevaucher peut-être. Et ce serait terminé comme une lettre reçue par erreur et rangée dans un tiroir.
Lucas était à 15 minutes.
Il avait dit qu'il passerait l'après-midi à jouer sur sa console. Je pouvais le rejoindre. Je pouvais faire l'amour avec lui. Oui. C'était ça la solution. Ce qui venait de se passer n'était qu'un fantasme. Une folie. Une crise. J'allais rentrer. Me blottir contre lui. L'embrasser. Le chevaucher peut-être. Et ce serait terminé comme une lettre reçue par erreur et rangée dans un tiroir.
J'ai accéléré. Lorsque j'attendais à un passage piéton, je serrais les cuisses et sentais mon entrejambe inondé. J'essayais de ne pas penser. De ne pas imaginer son regard, sa voix. Son doigt sur mes lèvres : « chut » puis « Ouvre ». Sa queue qui entrerait dans la bouche...
Non.
Je ne devais pas être ce genre de fille, même si mon corps le réclamait. Je ne pouvais pas être ça. Je ne voulais pas. J'avais Lucas.
Et à cet instant-là, je l'ai vu différemment, plus comme mon copain, mais comme une bouée pour ne pas me noyer. Alors j'ai continué à marcher, la tête basse, les jambes molles, avec cette certitude terrible au fond du ventre : je ne devais plus jamais craquer ainsi, plus jamais être une salope.
Je ne devais pas être ce genre de fille, même si mon corps le réclamait. Je ne pouvais pas être ça. Je ne voulais pas. J'avais Lucas.
Et à cet instant-là, je l'ai vu différemment, plus comme mon copain, mais comme une bouée pour ne pas me noyer. Alors j'ai continué à marcher, la tête basse, les jambes molles, avec cette certitude terrible au fond du ventre : je ne devais plus jamais craquer ainsi, plus jamais être une salope.
Ma certitude n'a tenu que le temps du trajet. Dans l'escalier de son immeuble, chaque marche me faisait monter le sang aux tempes. Mon short me collait entre les jambes, et mes cuisses frottaient l'une contre l'autre, attisant le feu au creux des reins. J'ai frappé à sa porte sans m'arrêter jusqu'à ce qu'il ouvre, en jogging, la manette encore à la main, le casque autour du cou, son visage frappé de surprise.
— Charlotte ? T'es pas avec tes cop...
Je l'ai poussé contre le mur, mes lèvres s'écrasant sur les siennes. La porte claqua derrière nous. Il n'a pas eu le temps de parler. J'avais besoin de la chaleur de son corps. Il ne comprenait rien et moi non plus.
J'ai arraché mes vêtements à la hâte, sentant l'air frais glisser sur ma peau nue, sur mes tétons déjà tendus. Mon short, trempé, m'a collé un instant aux lèvres avant de céder. Il n'a même pas eu le temps de remarquer que je ne portais rien dessous. Je suis tombée à genoux sans réfléchir. Jamais je n'avais fait ça avec Lucas ou aucun autre : m'agenouiller devant un homme pour le sucer. C'était trop vulgaire, trop humiliant, trop Flavie.
Et pourtant, je l'ai fait.
J'ai arraché mes vêtements à la hâte, sentant l'air frais glisser sur ma peau nue, sur mes tétons déjà tendus. Mon short, trempé, m'a collé un instant aux lèvres avant de céder. Il n'a même pas eu le temps de remarquer que je ne portais rien dessous. Je suis tombée à genoux sans réfléchir. Jamais je n'avais fait ça avec Lucas ou aucun autre : m'agenouiller devant un homme pour le sucer. C'était trop vulgaire, trop humiliant, trop Flavie.
Et pourtant, je l'ai fait.
J'ai tiré vers le bas son pantalon de survêtement. Son caleçon a suivi. Il était mou, surpris, complètement ailleurs alors que j'étais déjà en feu.
— Charlotte, mais qu'est-ce que tu f...
Trop tard pour expliquer. J'ai saisi sa queue molle dans ma main, et je l'ai prise en bouche, l'aspirant, la langue traçant un cercle lent autour de son gland. Ma salive glissait déjà le long de sa peau tiède, et je voulais qu'il sente tout. Je l'ai sucée, caressée avec ma langue, elle durcissait lentement entre mes lèvres. Je voulais en faire le centre de mon univers.
Je me suis penchée plus bas, mes lèvres effleurant la base, puis ma langue caressant ses couilles. Je les goûtais comme si j'avais été affamée. Comme si j'avais attendu ça toute ma vie. Je voulais l'entendre gémir. Je voulais sentir son odeur. Je voulais qu'il me prenne les cheveux et qu'il me baise la bouche.
Mais il restait là, figé.
Je me suis penchée plus bas, mes lèvres effleurant la base, puis ma langue caressant ses couilles. Je les goûtais comme si j'avais été affamée. Comme si j'avais attendu ça toute ma vie. Je voulais l'entendre gémir. Je voulais sentir son odeur. Je voulais qu'il me prenne les cheveux et qu'il me baise la bouche.
Mais il restait là, figé.
— Oh Char... Charlotte... oh, mais putain, qu'est-ce que tu me fais là ?
Je ne répondais pas. Je ne pouvais pas, car si je le faisais, ma voix tremblerait. Je voulais me persuader que j'étais cette fille qui savait ce qu'elle faisait. Je me suis vue dans le reflet du miroir de son entrée, là, à genoux, la bouche pleine, la langue offerte. J'aurais dû avoir honte, mais la réalité était cruelle.
J'adorais ça.
J'adorais ça.
Je voulais me perdre et être brisée. Dans ma tête, ce n'était plus la queue tiède de Lucas que je suçais. C'était celle de Victor. Celle que Flavie avait décrite avec ce ton excité. Épaisse, chaude, animale. Je la voulais. Je la voulais jusqu'à m'étouffer avec. Jusqu'à sentir mes larmes couler sur mes joues, mes lèvres gonflées, ma mâchoire douloureuse. Je voulais sentir le monstre m'étrangler de plaisir.
Mais Lucas n'avait rien d'un monstre. Juste un homme désarmé, qui ne comprenait rien. Je me suis relevée, son goût encore sur ma langue, mes cuisses humides, mon cœur battant dans ma gorge. J'étais une bête affamée, et ce n'était qu'un début.
Mais Lucas n'avait rien d'un monstre. Juste un homme désarmé, qui ne comprenait rien. Je me suis relevée, son goût encore sur ma langue, mes cuisses humides, mon cœur battant dans ma gorge. J'étais une bête affamée, et ce n'était qu'un début.
Je l'ai emmené dans sa chambre par la main et je l'ai poussé sur le lit. Je me suis mise à califourchon sur son corps maigre. J'ai attrapé sa queue encore semi-dure. Entre ma salive sur sa verge et ma fente ruisselante, je me suis empalée d'un coup. Entièrement. Un gémissement m'a échappé. Long, profond. Enfin, je me sentais remplie. Enfin, mon corps avait ce qu'il réclamait.
J'ai fermé les yeux par réflexe, mais Victor revenait. Ce n'était plus Lucas sous moi. C'était lui qui me regardait, lui qui me baisait avec cette intensité animale. Lucas, lui, restait trop doux, trop respectueux, trop amoureux. Et moi... moi, j'étais en train de devenir cette salope en chaleur que j'avais toujours refusé d'être.
J'ai fermé les yeux par réflexe, mais Victor revenait. Ce n'était plus Lucas sous moi. C'était lui qui me regardait, lui qui me baisait avec cette intensité animale. Lucas, lui, restait trop doux, trop respectueux, trop amoureux. Et moi... moi, j'étais en train de devenir cette salope en chaleur que j'avais toujours refusé d'être.
Mon corps bougeait sans aucune pensée, comme s'il avait sa propre volonté. Je n'avais plus rien à décider, plus qu'à ressentir. Chaque vibration se propageait comme une vague chaude dans mes cuisses et mon ventre. Je souriais entre deux gémissements, ivre de moi-même. Mon souffle m'échappait, irrégulier. Plus rien n'existait que mon plaisir.
J'ai bougé mes hanches avec une fureur nouvelle. Chaque va-et-vient m'ouvrait un peu plus, faisait éclater de chaleur l'intérieur de mon ventre. J'entendais le bruit mouillé de ma chair. Mon clito cognait contre sa base, et chaque frottement m'envoyait une décharge brûlante jusque dans mes cuisses. Je me suis cambrée en me redressant, empoignant mes seins, les pressant jusqu'à sentir mes tétons durcir contre mes paumes. Mes cheveux collaient à mon visage.
Lucas me regardait, bouche ouverte, passif, choqué. Il me touchait comme si j'étais en sucre, comme s'il craignait que je casse. Mes mains sont allées derrière moi, agrippant mes propres fesses pour les écarter, l'invitant à me percuter le fond, à me marquer la chair. Je voulais sentir ses mains m'écraser, me claquer, m'empoigner.
— Arrête... d'être doux... allez, baise-moi, putain ! Baise-moi comme une chienne !
Le mot est sorti. Brutal. Cru. Comme si mon corps affirmait enfin ce que mon esprit refusait d'admettre. Il m'a regardée, perdu.
— T'as bu quoi à ce brunch ?
Il s'est figé. Mon bassin, lui, continuait de frotter, frotter, frotter... mais plus rien ne montait.
Alors, je l'ai sorti de moi. Sa verge, brillante et tiède de mon fluide, est retombée mollement sur son pubis. Mon corps s'est retourné tout seul, cambré à l'extrême. Un éclair de lucidité a traversé ma tête :
Qu'est-ce que je suis en train de devenir ?
Qu'est-ce que je suis en train de devenir ?
Puis, comme une gifle, Victor est revenu dans mon esprit. Je l'ai imaginé debout derrière moi, les yeux vissés sur mes reins arqués, soumise à sa volonté. Sa main calleuse me forçant à plier davantage. Tout mon corps s'est enflammé.
Les seins écrasés contre le matelas. Le dos tendu comme un arc. Les genoux écartés au maximum, les fesses bien hautes, tendues et offertes. Une levrette obscène et sale. J'étais comme ces actrices pornos ou ces influenceuses sur Instagram qui vendent leurs corps. Moi, je n'avais rien à vendre. J'étais là pour me faire défoncer.
Mes mains se sont posées sur mes propres fesses, les doigts enfoncés dans ma chair. Je me suis écartée, sentant mes trous s'ouvrir en grand. L'air frais a caressé la moiteur brûlante de ma chatte, et ce contraste m'a donné un frisson jusqu'à la nuque. J'ai imaginé Victor se pencher, sentir cette odeur, me lécher, me parler d'une voix grave en me tenant comme une proie. Je n'avais jamais osé ça avant. Maintenant je voulais tout.
Les seins écrasés contre le matelas. Le dos tendu comme un arc. Les genoux écartés au maximum, les fesses bien hautes, tendues et offertes. Une levrette obscène et sale. J'étais comme ces actrices pornos ou ces influenceuses sur Instagram qui vendent leurs corps. Moi, je n'avais rien à vendre. J'étais là pour me faire défoncer.
Mes mains se sont posées sur mes propres fesses, les doigts enfoncés dans ma chair. Je me suis écartée, sentant mes trous s'ouvrir en grand. L'air frais a caressé la moiteur brûlante de ma chatte, et ce contraste m'a donné un frisson jusqu'à la nuque. J'ai imaginé Victor se pencher, sentir cette odeur, me lécher, me parler d'une voix grave en me tenant comme une proie. Je n'avais jamais osé ça avant. Maintenant je voulais tout.
— Prends-moi, Lucas. Je veux ta queue ! Baise-moi !
Il est venu, m'a attrapée par la hanche, trop doucement. Sa verge est entrée, mais ce n'était pas l'entrée fracassante que j'attendais. Je sentais ses hanches taper contre mes fesses... mais dedans ? Rien.
Dans ma tête, Victor m'aurait prise comme la chienne en chaleur que j'étais à ce moment. Sa main m'aurait écrasée par la nuque, plaquée contre le matelas, m'empêchant de bouger. Sa queue énorme m'aurait pilonnée si profond que chaque coup m'aurait arraché le souffle, mes gémissements se seraient éteints en cris brisés. Mes fesses auraient brûlé sous les percussions de ses hanches, mes cuisses trembleraient à force de résister, mon ventre se serait noué à chaque enfoncement brutal. Ma chatte, d'ordinaire si douce, se serait fait lionne, qui serrerait sa proie pour ne jamais la laisser ressortir. Je me serais cambrée pour m'offrir tout entière, l'implorer de m'achever. Je n'aurais plus été Charlotte. Plus rien d'autre qu'un corps vibrant et offert, à déchirer, à souiller. J'aurais voulu que ça dure jusqu'à m'effondrer, la bouche ouverte, le regard vide, mais le cœur battant de bonheur.
Mais la réalité... c'était Lucas. Lucas qui m'aimait, qui essayait et qui ne comprenait rien.
Dans ma folie, j'ai donné un coup de bassin, violent, pour le sentir plus fort, pour qu'il me claque. Il a glissé simplement hors de moi.
— Mais putain, défonce-moi au lieu de m'aimer !
Les mots ont jailli sans passer par ma tête. Ce n'était pas moi qui parlais, c'était mon corps en feu. Il s'est figé, debout, au bord du lit. J'ai gardé ma position, cul en l'air, ma fente grande ouverte, comme une salope qui attend son maître. Pendant quelques secondes, j'ai espéré sentir un choc, une poussée, quelque chose... Mais rien. Toujours rien.
Et alors, tout s'est effondré. Le feu s'est éteint comme si on m'avait jeté un seau d'eau glacée. Mes muscles se sont relâchés d'un coup, et avec eux, mon esprit. Black-out. Plus de pensées, plus de chaleur. Juste ce silence intérieur douloureux. Je me suis enroulée dans les draps, assise au bord du lit. Il ne bandait plus. Il me regardait, attendant une explication que je n'avais ni la force ni l'envie de lui donner. À la place, j'ai pleuré.
Je me souviens seulement qu'il m'a pris dans ses bras, qu'on s'est rhabillés, qu'on a fini sur le canapé du salon. Il attendait son explication. Subitement une idée a germé. Un mensonge. Une petite graine sombre me murmurait de lui mentir. Pas uniquement pour me protéger, mais presque pour le piquer, le réveiller. Jamais il ne pourrait comprendre que je pensais à un autre homme, alors je devais un peu déformer la vérité.
Je lui ai raconté la dernière conquête de Flavie : un homme plus âgé, marié, qui baisait comme un animal, sans préciser qu'il hantait mes fantasmes. J'ai glissé, presque en souriant, la manière dont elle l'a sucé en voiture, la description du marteau-piqueur en missionnaire avec les pieds sur ses épaules. Je le voyais imaginer la scène derrière ses yeux alors j'ai continué. J'ai révélé le secret de mes copines. Léa qui exhibait son corps sur des plages nudistes chaque été et Inès qui pratiquait régulièrement la sodomie. Des images que je savais choquantes pour lui alors qu'il les avait déjà rencontrées plusieurs fois. Je voulais une réaction, un sursaut d'orgueil, qu'il comprenne que notre vie de couple, prévisible et insipide, était source de moqueries. Je passais pour la frigide du groupe et je ne supportais plus d'être étiquette.
Mais au lieu de comprendre, il s'est emporté : mes amies étaient des perverses, des traînées, des filles sans valeur. Il m'a parlé de vertu, de confiance, d'amour véritable. J'avais envie de vomir. Puis, pour me rassurer, il m'a proposé... de rencontrer ses parents et sa grande sœur.
Je voulais vibrer sur des montagnes russes. Lui me proposait le pédalo avec les beaux-parents.
Je n'avais plus la force de me battre. Je ne voulais pas le blesser ; il ne méritait pas ça. Il n'avait rien fait de mal. Il m'aimait, il me respectait et voulait que je reste respectable. C'était tout ce qu'une bonne fille sage pouvait espérer, mais je ne l'étais plus. Et pourtant, j'eus la bêtise de me dire que je pouvais encore l'être.
Après la monotonie des jours a repris, comme si cette après-midi n'avait été qu'une parenthèse malsaine, refermée à la hâte, glissée dans un tiroir que je n'osais plus ouvrir. Trois longues semaines à aller en cours, travailler mes dossiers, encaisser les clients du bar avec mon sourire automatique. Lucas et moi avons « essayé ». J'ai commandé de la lingerie en ligne, un peu sexy. Pas question de retourner dans une cabine, j'aurais revu Victor en train de me regarder comme une brûlure rémanente. Lucas, malgré sa bonne volonté, ne savait pas quoi en faire. Il me l'enlevait avec précaution, comme on retire un papier cadeau qu'on veut réutiliser. « Pour ne pas l'abîmer », disait-il. Un string à dix euros. Un body à vingt balles. Moi, je voulais qu'il l'écarte, qu'il me prenne avec, dans la brutalité de l'envie. Il m'effleurait comme une porcelaine fragile. Sa douceur me donnait envie de crier.
Peu à peu, ma flamme s'est changée en cendres froides. On couchait ensemble une fois par semaine, par habitude, juste avant de dormir. Je faisais semblant de jouir, discrètement, presque par politesse. Ça lui suffisait, il ne savait pas reconnaître le chant du faux-semblant. Chaque étreinte me laissait un vide plus profond que la précédente. Je me surprenais à me demander : suis-je encore désirable ? Assez excitante ? Assez bonne pour donner envie ? Serais-je toujours cette fille fade qu'on aime pour sa tendresse, mais qu'on ne désire pas vraiment ?
J'ai mis de la distance avec mes amies. Un soir, j'étais « malade ». Le suivant, un week-end en amoureux. Puis mes parents en visite. En réalité, je savais que si je les voyais, je m'écroulerais et leur déverserais tout, jusqu'au dernier détail. Et je ne pouvais pas flancher de cette manière.
Victor avait disparu aussi. Peut-être venait-il les soirs où je n'étais pas là. Ou bien il voyait Flavie directement chez lui, pour la défoncer jusqu'à l'extase. Les images revenaient, incontrôlables, au milieu d'une phrase de Lucas, au détour des légumes au supermarché. Je le voyais, lui, la tenir par les hanches, la pilonner, l'écraser sous son corps, lui arracher des cris. Je chassais ces visions d'un geste mental... et les appelais à nouveau, comme une drogue que je détestais aimer.
Victor avait disparu aussi. Peut-être venait-il les soirs où je n'étais pas là. Ou bien il voyait Flavie directement chez lui, pour la défoncer jusqu'à l'extase. Les images revenaient, incontrôlables, au milieu d'une phrase de Lucas, au détour des légumes au supermarché. Je le voyais, lui, la tenir par les hanches, la pilonner, l'écraser sous son corps, lui arracher des cris. Je chassais ces visions d'un geste mental... et les appelais à nouveau, comme une drogue que je détestais aimer.
Chaque tintement de la clochette du bar me faisait lever la tête. Parfois, je sentais mon cœur se préparer à l'impact, mais ce n'était jamais lui. Puis un jour... il était là.
Assis à une table. Seul. Pas de femme à son bras. Pas de Flavie. Juste lui. Et son regard. Fixe. Ancré dans le mien comme s'il savait que je l'attendais. Le bruit du bar s'est estompé autour de moi. Mes pas vers sa table m'ont semblé interminables. Les cendres de mon désir s'envolèrent par son regard. Il a glissé une main dans sa poche, sans me lâcher des yeux. Lentement. Délibérément. J'ai cru qu'il allait sortir un billet, son téléphone, n'importe quoi. Mais non. Entre ses doigts, un morceau de tissu noir. Il l'a laissé pendre, juste assez pour que je le reconnaisse.
Mon tanga.
Assis à une table. Seul. Pas de femme à son bras. Pas de Flavie. Juste lui. Et son regard. Fixe. Ancré dans le mien comme s'il savait que je l'attendais. Le bruit du bar s'est estompé autour de moi. Mes pas vers sa table m'ont semblé interminables. Les cendres de mon désir s'envolèrent par son regard. Il a glissé une main dans sa poche, sans me lâcher des yeux. Lentement. Délibérément. J'ai cru qu'il allait sortir un billet, son téléphone, n'importe quoi. Mais non. Entre ses doigts, un morceau de tissu noir. Il l'a laissé pendre, juste assez pour que je le reconnaisse.
Mon tanga.
Celui que je lui avais donné, après m'être déshabillée dans la cabine, devant lui, entièrement nue.
Je suis restée debout, muette, le souffle coupé, incapable de faire un geste. Lui, il a juste esquissé un sourire.
Mon corps s'est embrasé. Une chaleur brutale a dévalé de mon ventre à mes cuisses, un torrent de lave qui a fait battre mon cœur à m'en rompre les côtes.
Je suis restée debout, muette, le souffle coupé, incapable de faire un geste. Lui, il a juste esquissé un sourire.
Mon corps s'est embrasé. Une chaleur brutale a dévalé de mon ventre à mes cuisses, un torrent de lave qui a fait battre mon cœur à m'en rompre les côtes.
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Commentaires ()
Grâce à votre style, c'est criant de vérité, on croirait presque que tout est vrai.
Il y a tout : les sentiments, les odeurs, la souffrance, les désirs inassouvis, les envies crues non pas du corps mais du mental... tout ceci est tellement bien raconté, pardon, bien écrit, qu'on en arrive à très bien vous imaginer.
Un immense bravo à vous, Chacha :)
Ce commentaire est valable pour tous les épisodes
Récit bien écrit et tu fait vivre le moment !!