Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Enquêtes en Orégon — Chapitre 4 · Un autre village, une autre découverte
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Enquêtes en Orégon
Chapitre 4 · Un autre village, une autre découverte
1932 – USA Epoque de la prohibition. Oregon.
Agent du FBI j'ai été détaché sur la côte Pacifique pour découvrir outre les trafics et collusions locales, les distilleries clandestines. Je poursuis mes recherches à Gold Beach…
Quand nous émergeons, Ellie et moi, le soleil a commencé à emplir la pièce, la lumière nous fait découvrir l'autre un peu différemment mais le spectacle est toujours aussi enrichissant. Son corps pulpeux, ses courbes joliment dessinées, le triangle noir niché entre ses cuisses, sa longue natte qui virevolte quand elle se lève, nue comme au premier jour. Nous procédons à nos ablutions puis prenons un petit déjeuner sur la terrasse. Le bruit des vagues constitue un agréable fond sonore en même temps qu'il sert de support à quelques confidences. Veuve depuis une bonne dizaine d'années, elle profite de la vie en sélectionnant les hommes qui lui plaisent et s'offre quelques moment avec eux. Brimée, battue par son mari pasteur qui n'appliquait aucun des préceptes qu'il mettait en avant, ne pouvant avoir d'enfant, elle assouvit ses désirs comme elle le désire.
— Cela te choque ? me demande t'elle après s'être confiée.
— Pas le moins du monde. C'est toi qui diriges ta vie et avec ce que tu me dit, je crois bien que tu as largement le droit de le faire.
— Oh oui !
Sa réponse, véritable cri du cœur m'encourage à continuer :
— J'imagine que tu restes ici parce qu'outre le fait que c'est superbe et que la situation et fort pratique, c'est toi qui viens du coin ?
— Oui, Martin venait de Chicago, envoyé par sa congrégation pour prendre en charge les âmes des païens des petits villages de la côte.
Son petit rire est charmant et je passe ma main sur la sienne. Elle me sourit et poursuit :
—Oui, c'est mon pays. Les terres sont à ma famille depuis longtemps. Tu sais il a essayé de me guérir de ma joie de vivre à coups de trique mais la vie lui a joué un tour quand il c'est enfui avec une jeunette, enfin désormais je vis pour moi et je suis bien. Et toi tu vas retrouver ta vie un jour.
— À la façon dont tu l'as dit, ce n'est pas une question.
— Non, je sens que tout va s'éclaircir. En attendant…
— En attendant je crois que l'on va encore discuter un peu.
Nous rions de concert et après avoir rangé, regagnons sa chambre. Comme si le repos nous avait redonné nos forces c'est plus sauvage, oh pas plus fort, mais différent. On se délecte du corps de l'autre, des sensations de nos peaux jointes, de nos mains habiles à donner du plaisir. Je finis même par la prendre différemment et ce don qu'elle ne concède que très rarement nous comble tous deux. De plus dans cette levrette détournée, les sensations sont démultipliées et son fessier me donne l'impression d'aspirer ma queue tendue et prise dans un fourreau étroit. Les encouragements qu'elle me prodigue, les mots dont j'use pour lui répondre… Nous nous lâchons et c'est délicieux, J'ai croché ses hanches et je ne retiens pas mes mouvements pour un plaisir partagé. C'est si intense et les caresses qu'elle et moi y rajoutons font qu'elle part dans un orgasme puissant et soudain. Pris dans l'instant et le plaisir je jouis sur ses seins quand je me retire d'entre ses fesses et dans un rire elle se caresse la poitrine avec ma semence. C'est évidemment suivi un peu plus tard d'un passage dans l'océan pour de nouveaux jeux tout aussi amusants…
Je reste un autre jour sur place, me consacrant à la détente et au plaisir, de toute façon il faut bien que j'attende puisque le bus greyhound ne passe pas souvent. Bien sûr, nous savons tous deux que c'est une rencontre courte et sans lendemain mais cela ne nous empêche pas de nous livrer à toutes sortes de plaisirs.
C'est finalement en oscillant entre rêve et fatigue que je prends place dans le bus. Du regard, je suis vaguement la ligne de côte qui défile à ma droite, je dois m'assoupir quelque peu puisque quand je me réveille nous sommes arrivés dans un petit bourg. L'arrêt n'était pas prévu mais nécessité ou plutôt panne faisant loi, je vais flâner sur le port. L'endroit est charmant, les maisons de pêcheur de toutes les couleurs disposées le long des deux côtés d'une profonde crique en arc de cercle ; deux pontons qui s'avancent dans l'océan, l'un avec des bateaux de pécheurs et l'autre avec quelques voiliers de famille. Vers la gauche tout cela se termine par un cap sombre et sur la droite cela part vers d'autres criques découpées à la hache dans la côte.
Je marche sur le ponton et j'examine les vaisseaux, j'ai toujours adoré faire cela depuis la guerre ce qui, encore une fois me laisse pensif. Quelques pêcheurs sont là à transborder des caisses vers leur bateau, préparant sans doute la prochaine sortie et ahanent sous le poids, on se salue avec un sourire et je vais m'asseoir tout au bout du quai. Le bourg – un soixantaine de maisons – est coloré et j'y sens une ambiance qui incite à la détente. Les navires de pêcheurs se croisent et les marins – dont de nombreuses femmes ce qui est assez étonnant – se saluent avec le sourire. C'est reposant pour moi, même si je me doute que ce doit être fatiguant pour eux et…
Une autre pensée vient de jaillir et je repasse instantanément en mode agent spécial. Voyons, les pêcheurs ne font pas de roulements comme chez Ford ou Packard ! Ils partent et reviennent les uns presque avec les autres. Et, d'ailleurs bon sang, c'est au retour que les caisses doivent être lourdes, pas au départ ! Je décide immédiatement de rester sur place même si ce n'était pas prévu et je me lève souplement.
Pour me retrouver presque nez à nez avec le shérif local. Il y a quelques secondes de surprise car nous sommes tous deux choqués par la forte ressemblance entre nous. Oh, ce n'est pas mon jumeau mais il y a des traits en lui qui me rappellent la vision que j'ai dans le miroir, en plus il doit être de mon âge ou peu s'en faut. Il est, lui aussi un peu étonné et me demande ce que je fais au bout du quai réservé. Je réalise alors que subjugué par le site, je n'ai pas fait attention aux écriteaux même s'il m'indique qu'ils sont pourtant assez grands. Il m'examine à nouveau - je suis en mode écrivain perdu avec un air inoffensif – et finit par me demander mes papiers. Mon nom ne lui dit visiblement rien et il finit par retrouver un air plus jovial quand je lui demande s'il y a une auberge ou une pension dans le coin. Il me sourit et me dit qu'il y a celle tenue par ses parents.
— En tout cas si vous ne craignez pas le danger monsieur Trick.
J'arbore un air ahuri et puis, avisant ma longue cicatrice, clairement due à une lame il se racle la gorge et lâche :
— Hmm, désolé, j'imagine que non, enfin, c'est heureusement un autre genre de danger, plus sonore et virevoltant.
Il me sourit et je le lui rends car, inexplicablement je ressens une sympathie immédiate pour lui et après qu'il m'ait indiqué la grande maison bleue, il me laisse pour reprendre sa ronde. Je vais encore me promener et note quelques petits détails très discrets, un camion bien bâché près du port, des femmes qui chargent un autre bateau, ce genre de choses. La taverne où je vais manger est tranquille, familiale et un peu étonnante avec son décor mêlant souvenirs de l'Ouest comme de vieilles roues de chariot, des arcs, des boucliers indiens et de vieux fusils et d'autres liés à la pêche. Mais je me sens bien et je profite d'un excellent repas. Je note que le personnel est féminin de même que la majeure partie des clients. C'est seulement au bout d'un moment que je réalise que bon nombre des femmes sont en pantalon mais je ne suis pas un pisse-froid et cela m'indiffère. De ma place, je vois que le shérif discute avec deux femmes, l'une penchée par-dessus la portière du camion qu'elle a stoppé et l'autre encore vêtue de sa tenue de patron pêcheur et d'un bonnet rouge vif . Il se passe un moment avant que le shérif ne les laisse et quitte les lieux.
Mon repas terminé, je vais encore flâner un peu, reste un instant à admirer un vieux chariot de la conquête de l'Ouest – mais fort bien entretenu – à côté du monument aux morts. Comme toujours j'évite de regarder la liste, ces noms étaient peut-être ceux d'amis, de frères d'armes et je me dirige vers la pension du grand danger comme je l'ai baptisé en esprit.
Quand j'agite la cloche - similaire à celles des autres maisons – c'est une femme d'une cinquantaine d'années qui vient m'ouvrir. Celle-ci est en robe et son très léger accent quand elle me salue m'apprend qu'elle n'est pas originaire du coin. Elle me fait un sourire et reprend :
— Si c'est mon mari que vous cherchez pour les cloches, il est à la forge.
— Euh non, le shérif m'a indiqué que vous faisiez aussi pension.
— Oh pardon, nous attendions un représentant et j'ai cru que, allez suivez-moi, je vais vous montrer nos chambres, vous êtes le seul client vous pourrez choisir.
Elle me guide de l'autre côté et me montre ensuite les deux chambres qui donnent sur le port, je choisis la plus claire et je m'installe. J'ai une belle vue et de ma petite valise j'extrais mes jumelles et examine tout, notant encore d'autres détails. Et puis je vois arriver une silhouette que je reconnais comme celle de la patronne de pêche qui discutait avec le shérif et les autres. Cette fois elle a quitté son bonnet rouge de marin et sa grosse veste et je peux donc détailler la jeune femme. Et quelle jeune femme !
La seule réflexion qui me vient à l'esprit est que c'est la plus belle femme que j'ai jamais vue. Elle est grande, d'un blond très pâle avec une longue natte qui virevolte dans son dos et son visage droit et fier est charmant même à cette distance. Son jeans moule une silhouette parfaite, fine et musclée et les renflements sous son t-shirt sont prometteurs. Je me fais l'effet d'un voyeur mais je n'arrive pas à lâcher mes jumelles.
Bon sang elle grimpe d'un pas sportif l'allée qui mène à la pension et lorsque la porte d'entrée s'ouvre à l'étage du dessous j'entends une voix rauque et sensuelle appeler mon hôtesse. Je repense alors aux mots du shérif et je comprends de quel danger il voulait parler !
Une heure plus tard, la cloche du diner retentit et je suis les instructions en descendant vers la salle de réception commune. L'hôtesse m'accueille et me présente à son mari, un homme de haute taille qui ressemble à son fils le shérif même s'il a un peu moins de traits communs avec moi. Comme sa femme il a le même air surpris même s'il retient ses questions. De toute façon, je ne pourrais y répondre, une tornade entre dans la pièce. Mon cœur explose car de près elle est encore plus belle, une jeune trentaine, de petites taches de rousseur qui rehaussent encore sa beauté, une beauté naturelle qui pour le moment me fixe de ses yeux d'un bleu très pâle. Visiblement elle aussi se pose des questions. C'est finalement la mère qui se lance et me demande d'un ton naturel :
— Alors monsieur Trick qu'est ce qui vous amène à Liberta ?
C'est là que mon cerveau explose, un voile noir, un tourbillon dans ma tête et la dernière vision que j'ai avant de m'écrouler est le visage si beau et si surpris de la jeune femme.
Agent du FBI j'ai été détaché sur la côte Pacifique pour découvrir outre les trafics et collusions locales, les distilleries clandestines. Je poursuis mes recherches à Gold Beach…
Quand nous émergeons, Ellie et moi, le soleil a commencé à emplir la pièce, la lumière nous fait découvrir l'autre un peu différemment mais le spectacle est toujours aussi enrichissant. Son corps pulpeux, ses courbes joliment dessinées, le triangle noir niché entre ses cuisses, sa longue natte qui virevolte quand elle se lève, nue comme au premier jour. Nous procédons à nos ablutions puis prenons un petit déjeuner sur la terrasse. Le bruit des vagues constitue un agréable fond sonore en même temps qu'il sert de support à quelques confidences. Veuve depuis une bonne dizaine d'années, elle profite de la vie en sélectionnant les hommes qui lui plaisent et s'offre quelques moment avec eux. Brimée, battue par son mari pasteur qui n'appliquait aucun des préceptes qu'il mettait en avant, ne pouvant avoir d'enfant, elle assouvit ses désirs comme elle le désire.
— Cela te choque ? me demande t'elle après s'être confiée.
— Pas le moins du monde. C'est toi qui diriges ta vie et avec ce que tu me dit, je crois bien que tu as largement le droit de le faire.
— Oh oui !
Sa réponse, véritable cri du cœur m'encourage à continuer :
— J'imagine que tu restes ici parce qu'outre le fait que c'est superbe et que la situation et fort pratique, c'est toi qui viens du coin ?
— Oui, Martin venait de Chicago, envoyé par sa congrégation pour prendre en charge les âmes des païens des petits villages de la côte.
Son petit rire est charmant et je passe ma main sur la sienne. Elle me sourit et poursuit :
—Oui, c'est mon pays. Les terres sont à ma famille depuis longtemps. Tu sais il a essayé de me guérir de ma joie de vivre à coups de trique mais la vie lui a joué un tour quand il c'est enfui avec une jeunette, enfin désormais je vis pour moi et je suis bien. Et toi tu vas retrouver ta vie un jour.
— À la façon dont tu l'as dit, ce n'est pas une question.
— Non, je sens que tout va s'éclaircir. En attendant…
— En attendant je crois que l'on va encore discuter un peu.
Nous rions de concert et après avoir rangé, regagnons sa chambre. Comme si le repos nous avait redonné nos forces c'est plus sauvage, oh pas plus fort, mais différent. On se délecte du corps de l'autre, des sensations de nos peaux jointes, de nos mains habiles à donner du plaisir. Je finis même par la prendre différemment et ce don qu'elle ne concède que très rarement nous comble tous deux. De plus dans cette levrette détournée, les sensations sont démultipliées et son fessier me donne l'impression d'aspirer ma queue tendue et prise dans un fourreau étroit. Les encouragements qu'elle me prodigue, les mots dont j'use pour lui répondre… Nous nous lâchons et c'est délicieux, J'ai croché ses hanches et je ne retiens pas mes mouvements pour un plaisir partagé. C'est si intense et les caresses qu'elle et moi y rajoutons font qu'elle part dans un orgasme puissant et soudain. Pris dans l'instant et le plaisir je jouis sur ses seins quand je me retire d'entre ses fesses et dans un rire elle se caresse la poitrine avec ma semence. C'est évidemment suivi un peu plus tard d'un passage dans l'océan pour de nouveaux jeux tout aussi amusants…
Je reste un autre jour sur place, me consacrant à la détente et au plaisir, de toute façon il faut bien que j'attende puisque le bus greyhound ne passe pas souvent. Bien sûr, nous savons tous deux que c'est une rencontre courte et sans lendemain mais cela ne nous empêche pas de nous livrer à toutes sortes de plaisirs.
C'est finalement en oscillant entre rêve et fatigue que je prends place dans le bus. Du regard, je suis vaguement la ligne de côte qui défile à ma droite, je dois m'assoupir quelque peu puisque quand je me réveille nous sommes arrivés dans un petit bourg. L'arrêt n'était pas prévu mais nécessité ou plutôt panne faisant loi, je vais flâner sur le port. L'endroit est charmant, les maisons de pêcheur de toutes les couleurs disposées le long des deux côtés d'une profonde crique en arc de cercle ; deux pontons qui s'avancent dans l'océan, l'un avec des bateaux de pécheurs et l'autre avec quelques voiliers de famille. Vers la gauche tout cela se termine par un cap sombre et sur la droite cela part vers d'autres criques découpées à la hache dans la côte.
Je marche sur le ponton et j'examine les vaisseaux, j'ai toujours adoré faire cela depuis la guerre ce qui, encore une fois me laisse pensif. Quelques pêcheurs sont là à transborder des caisses vers leur bateau, préparant sans doute la prochaine sortie et ahanent sous le poids, on se salue avec un sourire et je vais m'asseoir tout au bout du quai. Le bourg – un soixantaine de maisons – est coloré et j'y sens une ambiance qui incite à la détente. Les navires de pêcheurs se croisent et les marins – dont de nombreuses femmes ce qui est assez étonnant – se saluent avec le sourire. C'est reposant pour moi, même si je me doute que ce doit être fatiguant pour eux et…
Une autre pensée vient de jaillir et je repasse instantanément en mode agent spécial. Voyons, les pêcheurs ne font pas de roulements comme chez Ford ou Packard ! Ils partent et reviennent les uns presque avec les autres. Et, d'ailleurs bon sang, c'est au retour que les caisses doivent être lourdes, pas au départ ! Je décide immédiatement de rester sur place même si ce n'était pas prévu et je me lève souplement.
Pour me retrouver presque nez à nez avec le shérif local. Il y a quelques secondes de surprise car nous sommes tous deux choqués par la forte ressemblance entre nous. Oh, ce n'est pas mon jumeau mais il y a des traits en lui qui me rappellent la vision que j'ai dans le miroir, en plus il doit être de mon âge ou peu s'en faut. Il est, lui aussi un peu étonné et me demande ce que je fais au bout du quai réservé. Je réalise alors que subjugué par le site, je n'ai pas fait attention aux écriteaux même s'il m'indique qu'ils sont pourtant assez grands. Il m'examine à nouveau - je suis en mode écrivain perdu avec un air inoffensif – et finit par me demander mes papiers. Mon nom ne lui dit visiblement rien et il finit par retrouver un air plus jovial quand je lui demande s'il y a une auberge ou une pension dans le coin. Il me sourit et me dit qu'il y a celle tenue par ses parents.
— En tout cas si vous ne craignez pas le danger monsieur Trick.
J'arbore un air ahuri et puis, avisant ma longue cicatrice, clairement due à une lame il se racle la gorge et lâche :
— Hmm, désolé, j'imagine que non, enfin, c'est heureusement un autre genre de danger, plus sonore et virevoltant.
Il me sourit et je le lui rends car, inexplicablement je ressens une sympathie immédiate pour lui et après qu'il m'ait indiqué la grande maison bleue, il me laisse pour reprendre sa ronde. Je vais encore me promener et note quelques petits détails très discrets, un camion bien bâché près du port, des femmes qui chargent un autre bateau, ce genre de choses. La taverne où je vais manger est tranquille, familiale et un peu étonnante avec son décor mêlant souvenirs de l'Ouest comme de vieilles roues de chariot, des arcs, des boucliers indiens et de vieux fusils et d'autres liés à la pêche. Mais je me sens bien et je profite d'un excellent repas. Je note que le personnel est féminin de même que la majeure partie des clients. C'est seulement au bout d'un moment que je réalise que bon nombre des femmes sont en pantalon mais je ne suis pas un pisse-froid et cela m'indiffère. De ma place, je vois que le shérif discute avec deux femmes, l'une penchée par-dessus la portière du camion qu'elle a stoppé et l'autre encore vêtue de sa tenue de patron pêcheur et d'un bonnet rouge vif . Il se passe un moment avant que le shérif ne les laisse et quitte les lieux.
Mon repas terminé, je vais encore flâner un peu, reste un instant à admirer un vieux chariot de la conquête de l'Ouest – mais fort bien entretenu – à côté du monument aux morts. Comme toujours j'évite de regarder la liste, ces noms étaient peut-être ceux d'amis, de frères d'armes et je me dirige vers la pension du grand danger comme je l'ai baptisé en esprit.
Quand j'agite la cloche - similaire à celles des autres maisons – c'est une femme d'une cinquantaine d'années qui vient m'ouvrir. Celle-ci est en robe et son très léger accent quand elle me salue m'apprend qu'elle n'est pas originaire du coin. Elle me fait un sourire et reprend :
— Si c'est mon mari que vous cherchez pour les cloches, il est à la forge.
— Euh non, le shérif m'a indiqué que vous faisiez aussi pension.
— Oh pardon, nous attendions un représentant et j'ai cru que, allez suivez-moi, je vais vous montrer nos chambres, vous êtes le seul client vous pourrez choisir.
Elle me guide de l'autre côté et me montre ensuite les deux chambres qui donnent sur le port, je choisis la plus claire et je m'installe. J'ai une belle vue et de ma petite valise j'extrais mes jumelles et examine tout, notant encore d'autres détails. Et puis je vois arriver une silhouette que je reconnais comme celle de la patronne de pêche qui discutait avec le shérif et les autres. Cette fois elle a quitté son bonnet rouge de marin et sa grosse veste et je peux donc détailler la jeune femme. Et quelle jeune femme !
La seule réflexion qui me vient à l'esprit est que c'est la plus belle femme que j'ai jamais vue. Elle est grande, d'un blond très pâle avec une longue natte qui virevolte dans son dos et son visage droit et fier est charmant même à cette distance. Son jeans moule une silhouette parfaite, fine et musclée et les renflements sous son t-shirt sont prometteurs. Je me fais l'effet d'un voyeur mais je n'arrive pas à lâcher mes jumelles.
Bon sang elle grimpe d'un pas sportif l'allée qui mène à la pension et lorsque la porte d'entrée s'ouvre à l'étage du dessous j'entends une voix rauque et sensuelle appeler mon hôtesse. Je repense alors aux mots du shérif et je comprends de quel danger il voulait parler !
Une heure plus tard, la cloche du diner retentit et je suis les instructions en descendant vers la salle de réception commune. L'hôtesse m'accueille et me présente à son mari, un homme de haute taille qui ressemble à son fils le shérif même s'il a un peu moins de traits communs avec moi. Comme sa femme il a le même air surpris même s'il retient ses questions. De toute façon, je ne pourrais y répondre, une tornade entre dans la pièce. Mon cœur explose car de près elle est encore plus belle, une jeune trentaine, de petites taches de rousseur qui rehaussent encore sa beauté, une beauté naturelle qui pour le moment me fixe de ses yeux d'un bleu très pâle. Visiblement elle aussi se pose des questions. C'est finalement la mère qui se lance et me demande d'un ton naturel :
— Alors monsieur Trick qu'est ce qui vous amène à Liberta ?
C'est là que mon cerveau explose, un voile noir, un tourbillon dans ma tête et la dernière vision que j'ai avant de m'écrouler est le visage si beau et si surpris de la jeune femme.
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Commentaires ()
Eh oui, j'ai voulu clore ce chapitre sur un - petit - cliffhanger comme disent nos amis d'outre-Atlantique !
Ses origines inconnues ne le sont plus et ça a fait Boum!dans sa tête.
La boucle se boucle, bien joué et à suivre évidemment ^^'
(la jeune et si jolie jeune femme, hum hum...)