Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Anaïs, divine libertine — Chapitre 1 · Troublant voisinage
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Anaïs, divine libertine
Chapitre 1 · Troublant voisinage
Il parait qu'il suffit de penser très fort à ce que l'on désire pour l'obtenir.
Je ne sais pas qui a dit ça — une personne très naïve sans doute. Moi, je rêve d'un été torride, d'un enchaînement de relations intimes intenses et nombreuses. Quelque chose me fait croire, qu'y penser très fort, ne me mènera qu'à de longues soirées en solitaire devant mon écran, entre deux sessions de modélisation 3D sur Autocad ou SolidWorks.
Je m'appelle Joss. Simplement Joss. Pas Joshua ou Jocelyn. Juste Joss. Je me prépare à entamer ma dernière année d'études de concepteur CAO/DAO à la rentrée. J'ai passé une partie du mois de juillet en Italie avec des amis. C'était pas mal. J'ai participé à quelques belles fêtes et fait quelques rencontres aussi courtes que passionnées. Pour le mois d'août, il est prévu que chacun rentre dans sa famille. Mes parents, partis fêter leurs noces d'argent au Maroc, me laisse la maison pour moi tout seul. C'est une belle maison, plutôt une villa, avec une belle terrasse et un jardin. Pas de piscine comme chez nos voisins, hélas.
À propos de nos voisins, je ne reconnais pas le couple qui se prélasse au bord de la piscine. Je me souviens vaguement que ma mère m'avait annoncé le décès de notre voisine et qu'un couple sans enfant s'était installé dans sa maison. Ils semblent avoir quarante ans, soit le double de mon âge. Vu de la fenêtre de ma chambre, à l'étage, ils me paraissent plutôt gros et peu attirants.
Je me détourne de la fenêtre et jette un regard circulaire sur ma chambre. Rien n'a changé depuis que j'ai quitté la maison pour aller faire mes études. Les mêmes posters ornent les murs. Mon lit et mon petit bureau n'ont pas bougé. J'ai posé dans un coin mon vieux PC pour le remplacer par le Mac plus récent, que j'utilise pour mes travaux.
J'entends des cris, féminins et gais. Mes voisins semblent bien s'amuser. Je crois me souvenir que mon père, féru d'ornithologie, garde une paire de puissantes jumelles dans le garage. J'hésite un peu à faire le voyeur. Je pourrais aller les saluer. Deux minutes plus tard, me voilà, jumelles en main, en train de les observer. L'homme a plongé dans la piscine et asperge la femme restée dans sa chaise longue. Bien que mes goûts me portent plutôt vers des filles très minces à la chevelure longue et sombre, je trouve que la femme n'est peut-être pas si mal finalement. Sa crinière blonde lui donne un air de lionne. J'étudie ses formes. Elles me semblent rondes et sensuelles. Vraiment pas mal. J'essaie de l'imaginer nue. C'est alors qu'elle se lève et retire en un geste sec, le tee-shirt qui lui servait d'unique vêtement.
Oh mon Dieu ! Quel corps divin ! Mais quel corps, mon Dieu ! Alors oui, c'est une femme forte, que l'on pourra même qualifier de grosse. Mais ses formes sont parfaites. Larges certes, mais absolument parfaites. Sa poitrine opulente à souhait, descend jusqu'au nombril. Ses tétons, cernés de larges aréoles brunes, sont si charnus qu'ils projettent une petite ombre sous eux. Son ventre rebondi surplombe un pubis soigneusement épilé. Elle se retourne pour plonger dans la piscine. Mille et un fantasmes me traversent l'esprit lorsque je découvre brièvement, dans les verres de mes jumelles, son cul majestueux. Il disparait dans de grandes éclaboussures.
Je recule et me laisse tomber sur mon lit. Mon sexe raide devient douloureux dans mon short. Je me caresse en m'imaginant sous ce cul chaud bouillant. Je m'imagine léchant, dévorant ses parties intimes. Comme elle doit être humide. Avec un petit goût et une odeur un peu salés, comme j'aime.
* * *
Je prends une douche et reprends mes esprits. Je réalise que mes voisins doivent croire que la maison de mes parents est inoccupée. Ils ne m'ont pas vu arriver. C'est pour cela qu'ils se baignent nus sous ma fenêtre. S'ils découvrent ma présence, je ne pourrai plus admirer cette femme. Que dis-je, cette Déesse ! Je n'avais jamais vu un corps aussi parfaitement fait pour le sexe, même dans le plus délirant de mes fantasmes. Cette femme devrait faire du porno. Elle deviendrait une star en peu de temps. J'ai tellement envie d'elle. Me voilà pris entre deux feux. D'un coté, j'ai envie de tout savoir sur elle, de me rapprocher d'elle. De l'autre, je sais que je dois me cacher si je veux pouvoir continuer de l'admirer nue sous ma fenêtre. Mais il n'est pas dans ma nature de me cacher. Ni dans mes habitudes d'être un voyeur passif.
Je me distrais en passant quelques coups de fils, en regardant quelques épisodes d'une série. J'essaie de ne pas penser à Elle. Je ne pense qu'à Elle. J'ai faim, alors je sors. Le snack où nous sortions entre potes lorsque j'avais quinze, seize ans est toujours là. Au menu, nachos sauce salsa arrosés d'une Corona. En mangeant, je repense à ce voyage au Mexique que je projette depuis des années. Je manque de motivation, comme trop souvent. Il n'y a pas beaucoup de monde dans le snack — rien que moi et deux types qui discutent un peu fort dans une langue des pays de l'Est. Je sors, je traîne un peu. Je passe devant un bar ouvert. Je m'arrête pour y prendre un café, mais n'engage la conversation avec personne. De toute manière, il n'y a aucune personne de mon âge.
Je rentre chez moi comme un voleur, je n'allume aucune lampe — mes nouveaux voisins ne doivent pas savoir que je suis là. Je remarque plusieurs voitures garées devant leur maison. Ils ont de la visite. Je monte dans ma chambre dans le noir. J'allume mon Mac, bien décidé à reprendre mes travaux. Je lance les chansons du dernier Wet Leg pour ne plus entendre les échos des discussions des voisins et de leurs visiteurs. Je repense sans cesse à la femme. J'essaie de me convaincre qu'elle n'est pas mon genre, mais ce n'est pas vrai. Je crois qu'elle m'obsède.
Les formes de la structure que j'essaie de concevoir sous Autocad commencent à ressembler aux formes rondes de son corps. Je délire. Je pense à aller me coucher. Je coupe la musique, j'éteins le Mac. Je me lève pour aller prendre une dernière douche, pour me rafraichir. La lumière d'en face projette des ombres sur le plafond de ma chambre. Je m'approche de la fenêtre. Je veux jeter un dernier coup d'œil. La voir une dernière fois avant de dormir.
Ce que je vois me fait décrocher la mâchoire.
Les formes de la structure que j'essaie de concevoir sous Autocad commencent à ressembler aux formes rondes de son corps. Je délire. Je pense à aller me coucher. Je coupe la musique, j'éteins le Mac. Je me lève pour aller prendre une dernière douche, pour me rafraichir. La lumière d'en face projette des ombres sur le plafond de ma chambre. Je m'approche de la fenêtre. Je veux jeter un dernier coup d'œil. La voir une dernière fois avant de dormir.
Ce que je vois me fait décrocher la mâchoire.
* * *
Après une courte nuit au sommeil agité, je découvre dans la cuisine, un Post It trainant devant la porte du réfrigérateur. Décollé par la chaleur sans doute, je ne l'avais pas vu la veille.
Joss,
la tondeuse est enfin réparée. Si tu te sens de tondre la pelouse… Passe de belles vacances.
A bientôt, Papa
la tondeuse est enfin réparée. Si tu te sens de tondre la pelouse… Passe de belles vacances.
A bientôt, Papa
Sans le savoir, mon père me sauve la vie. Car après ce que j'ai vu cette nuit, il est hors de question de continuer à me cacher de la vue de mes voisins. Il est grand temps de manifester ma présence. Je sors la tondeuse de la cabane du jardin. C'est un ancien modèle à essence, particulièrement bruyant. L'idéal dans ma situation. Elle démarre du premier coup. Me voilà, tondant la pelouse, l'air de rien, lunettes de soleil sur le nez. Mes voisins ne tardent pas à apparaître. Ils sortent par la grande porte vitrée de leur salon - salle à manger, qui fait face à leur piscine (et clairement visible de la fenêtre de ma chambre). Je les vois échanger des regards stupéfaits. Cette fois c'est certain, ils croyaient que la maison de mes parents était vide. Ils doivent se demander depuis quand je suis là, et ne vont pas tarder à venir à la pêche aux renseignements.
L'homme s'avance vers moi et me tend la main, par-dessus la haie basse qui délimite nos jardins.
— Bonjour ! Moi, c'est Gérald, dit-il en parlant fort pour que je l'entende par-dessus le bruit infernal de la tondeuse.
— Bonjour. Joss, enchanté.
— Bonjour ! Moi, c'est Gérald, dit-il en parlant fort pour que je l'entende par-dessus le bruit infernal de la tondeuse.
— Bonjour. Joss, enchanté.
J'ai éteint la tondeuse pour aller lui serrer la main. Elle vient doucement vers nous. Elle — celle qui hante mes pensées et mes rêves pornos depuis vingt-quatre heures. Son corps de déesse est enveloppé dans une robe de chambre de soie rose. Son regard clair et fascinant me fixe, lorsqu'elle s'arrête derrière son mari. Elle a vraiment l'air d'une lionne en chasse, avec sa crinière blonde décoiffée qui lui tombe sur les épaules.
— Ah ! s'exclame Gérald en la voyant, voici mon épouse Anaïs.
— Bonjour Anaïs. Je m'appelle Joss. (Je m'efforce de parler d'un ton neutre et de n'afficher aucune expression particulière sur mon visage.)
— Bonjour Joss. Tu habites ici ?
— Je suis le… le fils de vos… voisins. (Ça y est, je craque. Je bredouille et mes genoux commencent à trembler. J'ai peur de ne pas pouvoir leur mentir. Je dois le faire, si je ne veux pas passer pour un minable petit voyeur. Je me lance.) Je viens d'arriver. Je… J'ai des révisions à faire cet été. C'est bien d'avoir la maison pour moi seul.
— Eh bien content de te connaître, Joss. Oh ! On se tutoie, n'est-ce pas ? (Sans attendre ma réponse, Gérald se retourne et part vers la maison.)
— Bonjour Anaïs. Je m'appelle Joss. (Je m'efforce de parler d'un ton neutre et de n'afficher aucune expression particulière sur mon visage.)
— Bonjour Joss. Tu habites ici ?
— Je suis le… le fils de vos… voisins. (Ça y est, je craque. Je bredouille et mes genoux commencent à trembler. J'ai peur de ne pas pouvoir leur mentir. Je dois le faire, si je ne veux pas passer pour un minable petit voyeur. Je me lance.) Je viens d'arriver. Je… J'ai des révisions à faire cet été. C'est bien d'avoir la maison pour moi seul.
— Eh bien content de te connaître, Joss. Oh ! On se tutoie, n'est-ce pas ? (Sans attendre ma réponse, Gérald se retourne et part vers la maison.)
Anaïs reste là devant moi, superbe et ensorcelante. Elle continue de me fixer de ses yeux clairs. Je n'arrive pas à distinguer leur couleur. Sont-ils bleus ou gris ? Elle me détaille de la tête aux pieds. Est-ce que je lui plait ? Un petit rictus apparait au coin de ses lèvres. Elle sait que je mens. Elle sait que j'étais là hier, que je l'ai vue. Me voilà sur le point d'être démasqué. Je me raidis lorsque je vois ses lèvres s'entrouvrir.
— Ce n'est pas bon d'être seul, Joss. Un beau jeune homme comme toi... Tu devrais avoir une copine. Belle journée.
— Belle journée, vous aussi.
— Tu peux me tutoyer. Maintenant qu'on se connait…
— Belle journée, vous aussi.
— Tu peux me tutoyer. Maintenant qu'on se connait…
M'a-t-elle fait un clin d'œil avant de se retourner ? Je crois que oui. Je rallume la tondeuse. Anaïs et son mari prennent leur petit déjeuner sur leur terrasse. Je sais qu'ils m'observent. Je sais qu'ils parlent de moi. J'aimerais tellement savoir ce qu'ils se disent.
* * *
Pendant mon adolescence, je rêvais de devenir un artiste. Je dessinais beaucoup. Quand je voyais un artiste dessiner dans la rue, aux pastels sur la chaussée, ou à la bombe sur un mur, je rêvais de l'imiter. Mais je n'ai jamais osé me lancer. Une année, à Noël, mes parents m'ont offert une boîte de pastels. Je viens de retrouver cette boîte. Ils n'ont quasiment jamais servis. Je mets la boîte dans mon sac, accompagnée d'une bouteille d'eau et d'un rouleau d'essuie-tout. Direction, le centre-ville, les rues piétonnes.
Je me trouve un coin à l'ombre et déballe mon matériel. À la craie blanche, je trace rapidement les grandes lignes de mon dessin. À quelques mètres, un type gratte une guitare et chante en anglais un morceau que je reconnais. Une chanson de George Michael, Faith. Ma mère l'écoutait en boucle quand j'étais gamin. Elle l'écoute sans doute encore. Elle était en larmes, lorsqu'elle avait appris la mort du chanteur, à Noël. Je crois bien que c'était l'année où elle m'avait offert ma boîte de pastels. C'est peut-être un signe.
J'arrive au bout de mon œuvre et mes genoux me font mal. Je me lève pour prendre un peu de recul. C'est pas mal. La crinière de ma lionne me semble assez réussie, mais il manque quelque chose dans ses yeux. Un reflet, une touche de bleu. Je mélange mon bleu indigo avec une pointe de blanc, en l'estompant avec le bout de mon index. Une silhouette familière vient droit vers moi. Elle porte une courte robe d'été, taillée dans un fin tissu imprimé d'un motif à fleurs.
— Salut, Joss. Oh dis donc, quel talent ! C'est magnifique ! Tu es un véritable artiste.
— Merci. C'est la première fois que je dessine dans la rue, comme ça.
— Tu as terminé ? Tu veux aller prendre un café, quelque part avec moi ?
— Avec plaisir, Anaïs.
— Merci. C'est la première fois que je dessine dans la rue, comme ça.
— Tu as terminé ? Tu veux aller prendre un café, quelque part avec moi ?
— Avec plaisir, Anaïs.
* * *
Situé au premier étage d'une maison de maître du dix-neuvième siècle, le salon de thé où m'emmène Anaïs, offre une splendide vue sur la place de la Cathédrale. Nous nous installons près d'une fenêtre et passons commande à un jeune serveur.
— Tu sais, dit-elle afin de briser la glace, j'ai été modèle pour des artistes.
— Ah bon ?
— Je posais nue pour les étudiants de l'École des Beaux-Arts, quand j'avais ton âge. (Elle attend ma réaction, puis me fixe avec insistance.) Tu m'as vu nue, toi aussi…
— Ah bon ?
— Je posais nue pour les étudiants de l'École des Beaux-Arts, quand j'avais ton âge. (Elle attend ma réaction, puis me fixe avec insistance.) Tu m'as vu nue, toi aussi…
Je ne peux m'empêcher de baisser les yeux. J'ai peur de rougir. J'ai surtout peur qu'elle me prenne pour un vulgaire voyeur. Elle pose une main sur la mienne. Elle se met à me caresser les doigts.
— Tu as de très belles mains, Joss. Avec des doigts fins. Des doigts d'artiste.
Le serveur revient avec nos cafés et nos croissants. Anaïs lâche ma main et le remercie. Elle attend qu'il s'éloigne avant de poursuivre.
— Est-ce que je te plais, Joss ?
— Oui, beaucoup. Tu es vraiment très belle…
— Merci, Joss. Ce compliment me touche venant de toi.
— Oui, beaucoup. Tu es vraiment très belle…
— Merci, Joss. Ce compliment me touche venant de toi.
Anaïs ouvre les trois premiers boutons de sa robe et laisse échapper un sein. J'ai envie de le toucher. Anaïs devine mon intention et hoche la tête. Je regarde autour de nous. Aucun client ne remarque ce qui se passe. Je tends ma main, la pose sur son sein. Il est chaud et doux, comme on peut l'imaginer. J'aimerais pouvoir le palper, mais cela pourrait attirer l'attention. Je me contente de faire rouler la chair de son téton entre mon pouce et mon index. Puis je pose ma main sur mon sexe et le presse entre mes cuisses, pour tenter d'en empêcher l'érection.
— J'ai une autre question à te poser, poursuit Anaïs. Est-ce que ce que tu as vu cette nuit t'a choqué ?
— Un peu, oui…
— Je suis désolée.
— … mais pas vraiment.
— Ah bon ? (Elle me scrute encore de son regard clair, attendant la suite.)
— J'ai déjà eu des relations à plusieurs. On a rencontré deux filles en Italie, avec mon pote. Elles voulaient qu'on fasse l'amour tous les quatre, dans le même lit. Mais toi, c'était pas pareil…
— C'était un gang-bang. Ce n'est pas la même chose. En effet. (Elle sirote une gorgée de son café, puis mord à pleines dents dans son croissant.)
— Je sais. J'ai vu. Je n'aurai pas dû regarder, je crois.
— Tu ne pouvais pas ne pas regarder, Joss. Je te comprends. J'aurais regardé moi aussi. Nous aurions dû abaisser les volets de la baie vitrée. Nous ne savions pas que quelqu'un pouvait nous voir. Tu as une question à me poser ?
— Tu aimes vraiment faire ça, Anaïs ?
— J'adore ça, Joss. Tu ne peux pas imaginer ce que cela me fait d'être entouré par une forêt de pénis en érection. Et de les laisser me prendre, l'un après l'autre ou plusieurs à la fois.
— Quand je te regardais, je me disais : « Elle devrait faire du porno ».
— Oh, vous les hommes, vous êtes vraiment tous les mêmes ! Mon mari me tanne avec ça. Et mes amants aussi. Gérald me filme et voudrait vendre nos vidéos à des sites pornos. Je veux rester anonyme. Et nous n'avons pas besoin d'argent. Gérald est candauliste. Tu sais ce que ça veut dire ?
— Non. (Je me souviens avoir déjà entendu ce mot, mais j'en ignore le sens.)
— Un candauliste est un homme qui prend du plaisir à partager sa femme avec d'autres hommes.
— Alors tu l'as bien gâté cette nuit. Ils étaient au moins dix.
— En privé, nous avons une sexualité tout ce qu'il y a de plus banale. Mais Gérald aime aussi me voir prise par des messieurs de tout âge, de toute corpulence. Pourvu qu'ils aient une queue qui bande pour moi. C'est sa façon bien à lui de m'aimer. Je dois y aller…
— Un peu, oui…
— Je suis désolée.
— … mais pas vraiment.
— Ah bon ? (Elle me scrute encore de son regard clair, attendant la suite.)
— J'ai déjà eu des relations à plusieurs. On a rencontré deux filles en Italie, avec mon pote. Elles voulaient qu'on fasse l'amour tous les quatre, dans le même lit. Mais toi, c'était pas pareil…
— C'était un gang-bang. Ce n'est pas la même chose. En effet. (Elle sirote une gorgée de son café, puis mord à pleines dents dans son croissant.)
— Je sais. J'ai vu. Je n'aurai pas dû regarder, je crois.
— Tu ne pouvais pas ne pas regarder, Joss. Je te comprends. J'aurais regardé moi aussi. Nous aurions dû abaisser les volets de la baie vitrée. Nous ne savions pas que quelqu'un pouvait nous voir. Tu as une question à me poser ?
— Tu aimes vraiment faire ça, Anaïs ?
— J'adore ça, Joss. Tu ne peux pas imaginer ce que cela me fait d'être entouré par une forêt de pénis en érection. Et de les laisser me prendre, l'un après l'autre ou plusieurs à la fois.
— Quand je te regardais, je me disais : « Elle devrait faire du porno ».
— Oh, vous les hommes, vous êtes vraiment tous les mêmes ! Mon mari me tanne avec ça. Et mes amants aussi. Gérald me filme et voudrait vendre nos vidéos à des sites pornos. Je veux rester anonyme. Et nous n'avons pas besoin d'argent. Gérald est candauliste. Tu sais ce que ça veut dire ?
— Non. (Je me souviens avoir déjà entendu ce mot, mais j'en ignore le sens.)
— Un candauliste est un homme qui prend du plaisir à partager sa femme avec d'autres hommes.
— Alors tu l'as bien gâté cette nuit. Ils étaient au moins dix.
— En privé, nous avons une sexualité tout ce qu'il y a de plus banale. Mais Gérald aime aussi me voir prise par des messieurs de tout âge, de toute corpulence. Pourvu qu'ils aient une queue qui bande pour moi. C'est sa façon bien à lui de m'aimer. Je dois y aller…
Anaïs replace son sein sous sa robe, referme ses boutons. Elle dépose un billet sous la soucoupe. Elle se lève pour s'en aller, s'arrête à ma hauteur et pose une main amicale sur mon épaule.
— Bien, Joss. Je suis contente d'avoir eue cette conversation avec toi. Même si nous aurions dû nous parler dans un lieu plus discret. Et j'aurais dû mettre une culotte. Je suis mouillée… Ça se voit, non ?
— Non. Pas trop. Et moi, je bande comme un âne…
— Oui, je vois ça. Attention de ne pas renverser la table en te levant. À plus tard, Joss. Et si l'envie t'en prend de venir nager quelques brasses dans notre piscine, tu es le bienvenu.
— Merci. À plus tard, alors.
— Non. Pas trop. Et moi, je bande comme un âne…
— Oui, je vois ça. Attention de ne pas renverser la table en te levant. À plus tard, Joss. Et si l'envie t'en prend de venir nager quelques brasses dans notre piscine, tu es le bienvenu.
— Merci. À plus tard, alors.
Anaïs dépose un baiser chaleureux sur ma joue, puis s'en va. Elle me laisse seul avec le feu qu'elle a allumé dans mon short. Je suis heureux de savoir que moi aussi, j'ai allumé un feu dans son intimité moite. J'ai menti en lui disant que ça ne se voyait pas. Je me retourne pour la regarder marcher vers les escaliers. Sa robe est souillée d'une large tache d'humidité sous ses fesses.
Et tout le monde peut la voir.
Et tout le monde peut la voir.
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