Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Reste, alors — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Reste, alors
Chapitre 1
Il est deux heures et demie du matin, un mardi pourri de novembre. Le bar est vide, ou presque. Je suis derrière le comptoir, un torchon sur l'épaule, à compter la recette de la soirée. Il n'y a plus que les verres sales, l'odeur de bière éventée, et toi.
Dehors, la pluie s'est mise à tomber il y a une heure. Elle frappe les vitres du bar par rafales, et le bruit de l'eau qui ruisselle sur le bitume est le seul compagnon qui me reste avec le ronronnement du frigo à bières. La nuit est froide, humide, ce genre de nuit où les gens normaux sont chez eux, au chaud, blottis sous une couverture. Pas toi. Pas moi.
Tu es installée tout au bout du zinc, un verre de gin presque vide qui tourne entre tes doigts. Je t'ai remarquée dès que tu es entrée, il y a deux heures. Tu étais avec une copine, vous avez ri, bu, fumé sur le trottoir sous l'auvent, vos rires étouffés par le bruit de la pluie. Puis ta copine est partie, et tu es restée. Tu as commandé un dernier verre. Puis un autre. Maintenant, tu es seule, les cheveux un peu en bataille à cause de l'humidité, ta robe noire remontée sur tes cuisses sans que tu aies l'air de t'en rendre compte.
De temps en temps, tu lèves les yeux vers moi. Pas un regard insistant. Juste une pause, une seconde, avant de replonger dans ton verre. Mais moi, je capte. Je capte la façon dont tes doigts caressent le bord du verre, la façon dont tu croises et décroises tes jambes, le bruit de tes talons qui tapotent le sol en rythme. Je capte aussi la façon dont tu mords ta lèvre inférieure quand tu réfléchis, comme si tu pesais une décision dans ta tête.
Je finis de compter, je pose le carnet, je m'essuie les mains sur mon jean. Je sors de derrière le comptoir, je fais le tour, lentement. Mes pas sont les seuls à trouer le silence avec le ronronnement du frigo à bières et le martèlement de la pluie sur les vitres. Je m'arrête à côté de toi, pas en face. À côté. Je pose un coude sur le comptoir, je te regarde de profil.
— J'allais fermer.
Tu tournes la tête vers moi. Tes yeux sont un peu vitreux, mais pas ivres. Fatigués, peut-être. Ou ailleurs. Tu laisses échapper un petit rire, tu secoues la tête.
— Je n'ai plus envie de rentrer.
Je te regarde. Vraiment. Je prends le temps de voir la courbe de ton cou, la façon dont ta robe bâille un peu sur ta poitrine, le vernis rouge écaillé sur ton pouce. Je sens l'odeur de ton parfum mélangé à la fumée froide et à l'humidité de la nuit. Je pose ma main sur la tienne, celle qui tient le verre. Tes doigts s'arrêtent de tourner.
— Reste, alors.
C'est tout ce que je dis. Un mot. Mais le ton, le regard, le poids de la main sur la tienne, tout dit le reste. Tu ne retires pas ta main. Tu la laisses sous la mienne, chaude, immobile. Tu lèves les yeux vers moi, et cette fois, ton regard s'attarde. Il descend sur ma bouche, remonte, s'accroche à mes yeux.
Je me penche, je prends ton verre vide, je le pose plus loin. Je glisse ma main sous ton menton, je tourne doucement ton visage vers le mien. L'air entre nous est lourd, chargé. J'attends une seconde, deux secondes, le temps que tu aies le temps de dire non, de bouger, de te lever. Tu ne fais rien.
Alors je t'embrasse.
Le rideau de fer est à moitié baissé, nous sommes seuls au monde. Je t'embrasse profondément, ma langue pousse tes lèvres, s'enfonce, goûte le gin et ta salive. Tu gémis contre ma bouche, et ta main attrape ma nuque pour me retenir.
Je recule juste assez pour te regarder. Je défais ma ceinture, lentement, le bruit du cuir claque dans le silence du bar. Je vois tes yeux descendre, suivre mes doigts. Je sors ma queue, déjà dure, le bout luisant sous la lumière tamisée. Je te prends la main, je la pose dessus.
— Tu sais quoi faire.
Tu serres les doigts, tu glisses ta paume le long de ma hampe, une fois, deux fois. Ton pouce caresse le bout, et je lâche un souffle rauque. Je t'attire contre moi, je plaque ton cul contre le bord du comptoir. Je soulève ta robe, je tire sur ta culotte jusqu'à ce qu'elle cède. Tes cuisses sont nues, chaudes, prêtes.
Je t'embrasse encore, plus fort, pendant que ma main descend entre tes jambes. Je te touche, je sens l'humidité, je glisse un doigt, puis deux. Tu te cambres, tu t'accroches à mes épaules, tu mords ma lèvre inférieure.
— Putain, tu mouilles déjà.
Je retire mes doigts, je les porte à mes lèvres, je les lèche en te regardant. Tes yeux brillent. Je te soulève d'un coup, tu t'enroules autour de ma taille, le dos contre le comptoir. Je guide ma queue contre ton entrée, je frotte le bout contre ton clito, une fois, deux fois, jusqu'à ce que tu pousses les hanches pour m'aspirer.
Je te pénètre d'un coup sec. Tu cries, un son étouffé par ma bouche qui s'écrase sur la tienne. Je commence à bouger, lentement d'abord, des coups de reins profonds qui te font glisser sur le zinc. Le bruit de nos corps qui claquent, tes gémissements, ma respiration rauque, tout résonne dans le bar vide.
Je ralentis, je sors presque, puis je replonge. Tu es trempée, chaude, serrée autour de moi. Je sens tes ongles plantés dans mon dos à travers ma chemise. Je te regarde : ta robe remontée jusqu'à la taille, tes seins qui dansent sous le tissu, ta bouche ouverte, les yeux mi-clos.
— Regarde-moi.
Tu obéis. Nos regards se verrouillent. J'accélère, je te prends plus fort, plus vite. Le comptoir tremble sous ton poids. Je sens la montée, la tension dans mes couilles, la chaleur qui monte le long de ma colonne.
— Jouis pour moi. Maintenant.
Tu te crispes, tu te renverses en arrière, un cri rauque t'échappe. Ton corps vibre autour de moi, et ça me fait basculer. Je plante mes doigts dans tes hanches, je te remplis, une, deux, trois secousses, jusqu'à ce que je me vide en toi, la tête qui tourne, le souffle coupé.
Je reste en toi quelques secondes, le front contre le tien, haletant. Mes lèvres retrouvent les tiennes, plus douces cette fois. Je retire ma queue lentement, je regarde notre mélange couler le long de ta cuisse.
— Viens. On va finir la nuit chez moi.
Tu sautes du comptoir, ta culotte en lambeaux dans ma poche, ta robe toujours froissée. Tu me suis sans un mot, un sourire en coin. Je remonte le rideau de fer juste assez pour qu'on puisse passer, je verrouille derrière nous.
Dehors, la pluie a cessé. La rue est déserte, l'air est frais et propre après l'orage. Ta main trouve la mienne tandis qu'on marche vers ma voiture garée un peu plus loin. Tes doigts s'entrelacent avec les miens, et je sens encore la chaleur de ton corps contre le mien.
J'ouvre la portière côté passager. Tu t'installes sans rien dire, mais ton regard accroche le mien dans la pénombre de l'habitacle. Un regard qui dit que la nuit est loin d'être finie.
Je démarre. La voiture s'éloigne du bar, et la nuit nous avale.
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Commentaires ()
Je suis un immense fan de ces atmosphères et de ces personnages : pas sombres, juste terriblement naturels.
Il cherche juste à vivre, à se sentir vivant.
Un grand bravo !