Gays
Orientation principale dans ce chapitre
Pacte avec un flic — Chapitre 3 · Mathias
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Pacte avec un flic
Chapitre 3 · Mathias
Je roule lentement. Trop lentement peut-être. Les rues sont vides, vitrines éteintes, trottoirs couverts de givre.
Le chauffage souffle à peine. À côté de moi, Soraya, la mère de Samy, pleure sans bruit, les épaules secouées par à-coups, comme si elle essayait encore d'être discrète.
Je garde les yeux sur la route.
— Je comprends pas, dit-elle enfin. J'ai tout fait pour mes fils, Mathias. Pourquoi est-ce que ça finit toujours mal ?!
Sa voix tremble. Passe de la colère à l'effondrement en une seconde.
— Et Samy... J'ai bossé comme une folle pour qu'il ne manque de rien. Et... Il fait ça ?! Il vend de la drogue et il nous attire des ennuis ?!
Je serre le volant un peu plus fort. J'ai mal pour elle. Je comprends sa peine.
— Il n'a pas cherché ça, je dis.
— Abdel non plus, murmure-t-elle. Et pourtant, il s'est tué. Samy joue avec la mort comme si c'était rien alors qu'il a perdu un frère et moi, un fils.
— C'est pour ça que vous venez chez moi ce soir, je lâche enfin. Juste le temps que ça se calme. Que je trouve une solution.
— Abdel non plus, murmure-t-elle. Et pourtant, il s'est tué. Samy joue avec la mort comme si c'était rien alors qu'il a perdu un frère et moi, un fils.
— C'est pour ça que vous venez chez moi ce soir, je lâche enfin. Juste le temps que ça se calme. Que je trouve une solution.
Elle hoche la tête, essuie son visage avec sa manche.
— Tu es un homme bien, Mathias.
Ses mots me touchent, mais pas le temps pour la complaisance. Thibault, mon collègue et binôme, est en train de m'appeler sur mon téléphone.
Je décroche.
Je décroche.
— Ouais, gros, t'es où ? m'interroge-t-il. Tu es allé voir une racaille au dépôt et depuis, on te trouve plus. On va faire une descente, là.
— Couvre moi, Steuplait. J'ai une urgence médicale.
— Tu t'es coincé la bite dans la braguette ?
— Couvre moi, Steuplait. J'ai une urgence médicale.
— Tu t'es coincé la bite dans la braguette ?
Un humour toujours très fin, comme d'hab...
— Ouais voilà.
— T'abuses, soupire-t-il. Je te couvre ce soir mais n'en fais pas une habitude.
— Merci poto. Bonne soirée.
— Ouais, c'est ça... Bonne soirée.
— T'abuses, soupire-t-il. Je te couvre ce soir mais n'en fais pas une habitude.
— Merci poto. Bonne soirée.
— Ouais, c'est ça... Bonne soirée.
On raccroche. Soraya m'envoie un regard coupable.
— On te fait louper le travail, comprend-elle.
— Non, non, t'inquiète.
— Non, non, t'inquiète.
Le reste du trajet se fait dans le silence. Un silence lourd, plein de questions. Mais la fatigue l'emporte et personne ne parle.
On se gare sur le parking de l'immeuble. Le béton est humide, froid. Je coupe le moteur. Soraya ne bouge pas tout de suite. Elle inspire, profondément, comme avant un plongeon. Elle se donne du courage.
Je lui ouvre la portière.
Elle descend. On regagne mon bâtiment, direction premier étage.
On monte les escaliers. À chaque marche, je sens la tension grimper. Celle celle du danger. Et... Celle, plus oppressante, du malaise sexuel.
Elle descend. On regagne mon bâtiment, direction premier étage.
On monte les escaliers. À chaque marche, je sens la tension grimper. Celle celle du danger. Et... Celle, plus oppressante, du malaise sexuel.
J'ai laissé Samy ici après l'avoir défoncé en levrette dans ma chambre... Aïe...
J'ouvre la porte.
Samy est là. Affalé devant la télé, éteinte. Il lève la tête quand il nous voit.
Il n'a pas le temps de dire un mot. Soraya se jette sur lui.
Il n'a pas le temps de dire un mot. Soraya se jette sur lui.
— Espèce de petit con !
Elle le frappe, pas fort, mais vite. Les mains qui tremblent plus qu'elles ne giflent. Elle l'insulte en arabe, aussi.
Samy ne se défend pas. Il ne recule même pas. Il encaisse. Les yeux grands ouverts, déjà pleins de larmes.
J'interviens. Je les sépare, attrape les poignets de Soraya avec douceur mais fermeté.
— Ça suffit. Stop. Ça n'arrange rien à la situation.
Elle se débat encore une seconde, puis s'effondre contre moi. Elle pleure à voix haute maintenant. Des sanglots brisés.
Je me tourne vers Samy.
— Tu vois ce que tu lui fais ? Tu vois dans quel état tu la mets ?
Il ne répond pas. Il me regarde, mais il ne me voit pas vraiment. Les larmes coulent sans bruit sur ses joues. Il a l'air vidé. Comme si son angoisse éclatait.
— Il est tard, dis-je plus calmement. On a besoin de dormir.
Je conduis Soraya jusqu'à ma chambre, que je vais lui prêter.
Je dormirai sur le canapé et Samy et Ayoub se partageront un matelas gonflable dans le salon.
Je dormirai sur le canapé et Samy et Ayoub se partageront un matelas gonflable dans le salon.
— Je vais juste changer les draps, je l'informe.
Je le fais vite, mécaniquement. En pensant à pourquoi je les change.
Son fils, à quatre pattes, moi, lui limant les fesses...
Son fils, à quatre pattes, moi, lui limant les fesses...
— Repose-toi. Vous êtes en sécurité ici.
Soraya me serre les mains avec gratitude avant de se coucher.
— Merci….
Je ferme la porte doucement.
Au salon, Samy est toujours debout. Je prends deux bières dans le frigo. Je lui en tends une.
— Tu veux ?
Il hésite, puis accepte. Ses doigts tremblent encore.
On s'assoit. Pas trop près. Pas trop loin. C'est bizarre, cette distance, quand on sait qu'on a ken même pas deux heures plus tôt..
— Ayoub ? il demande dans un murmure.
— Je l'ai prévenu. Il était chez des potes. Il arrive.
— Je l'ai prévenu. Il était chez des potes. Il arrive.
Il hoche la tête. Boit une gorgée. Long silence.
Puis, d'une voix basse :
— Mathias… Tout à l'heure… Dans ta chambre...
Je me tends. Je sens venir la phrase.
— Ouais..., je marmonne. C'était un peu chelou. Désolé si je t'ai laissé en plan. Je n'avais pas la tête à ça et tu m'as gonflé avec tes histoires. J'avais peur pour ta mère.
— Merci d'être allé la chercher.
— Merci d'être allé la chercher.
Il baisse les yeux.
— Et quoi que c'était tout à l'heure dans la chambre, poursuit-il. C'était bien.
Ça me serre la poitrine.
Toc toc toc.
On sursaute. Je me lève pour aller ouvrir la porte prudemment et tombe nez à nez avec mon meilleur pote, Ayoub.
Il est furieux. Si furieux qu'il ne dit pas "bonjour", trace dans l'appart et va incendier Samy. Ils s'engueulent.
Puis Ayoub finit par se calmer, se poser sur le canapé et discuter avec nous.
Puis Ayoub finit par se calmer, se poser sur le canapé et discuter avec nous.
Mais... Un boulanger, ça se lève tôt, et il.a bossé , ce matin. À une heure du matin, il pique carrément du nez.
Et naturellement, il élut domicile dans le canapé.
Et un Ayoub endormi ? Vous pouvez toujours courir pour le réveiller...
Et naturellement, il élut domicile dans le canapé.
Et un Ayoub endormi ? Vous pouvez toujours courir pour le réveiller...
Un peu déstabilisé, je sors un matelas du placard, le gonfle, et l'agrémente de coussins et de couvertures.
— Vas-y, je lance à Samy. Installe-toi.
— Quoi ? s'étonne-t-il. On dort ensemble ?!— Oui. Sauf si tu veux passer la nuit sur le paillasson...?
— Quoi ? s'étonne-t-il. On dort ensemble ?!— Oui. Sauf si tu veux passer la nuit sur le paillasson...?
Il râle puis capitule. Il se cale sous la couette en enfonçant la moitié du matelas.
Je me couche, à mon tour. Évidemment, comme je suis plus lourd, ça déséquilibre ce putain de lit gonflable et Samy se retrouve malgré lui à rouler vers moi.
On finit collés l'un à l'autre, en pleine nuit et dans la pénombre.
Je me couche, à mon tour. Évidemment, comme je suis plus lourd, ça déséquilibre ce putain de lit gonflable et Samy se retrouve malgré lui à rouler vers moi.
On finit collés l'un à l'autre, en pleine nuit et dans la pénombre.
— Bah putain, lâche-t-il avec admiration.
— Quoi ?
— Rien, répond-il dans un grand sourire. Je bande juste déjà.
— Quoi ?
— Rien, répond-il dans un grand sourire. Je bande juste déjà.
Merde.
Merde.
MERDE.
Merde.
MERDE.
Ses mots suffisent à me provoquer une érection, à moi aussi.
Je suis là, à le regarder dans le blanc des yeux sans savoir quoi lui répondre.
Et dans le silence, je comprends que la nuit va être longue.
Très longue.
Je suis là, à le regarder dans le blanc des yeux sans savoir quoi lui répondre.
Et dans le silence, je comprends que la nuit va être longue.
Très longue.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()