Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confinements et conséquences — Chapitre 2 · Voisinage Spécial
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confinements et conséquences
Chapitre 2 · Voisinage Spécial
Les jours qui suivent cette incartade sont très difficiles à vivre pour moi. Je ressens un sentiment de honte d'avoir osé qui m'empêche de discuter de cela avec mon homme. Paul saisit parfaitement mes états d'âme et ne cherche ni à encenser la soirée et pas plus à la minimiser. En un mot comme en mille, il me laisse digérer ce qui est pour moi un vrai revirement. Jamais je ne me serais cru capable de ce genre de « prouesses ». J'ai une certaine appréhension avant de refaire l'amour avec lui, inquiétude qui s'estompe pourtant, au fil de nos échanges. Puis il y a de nouveau des sons étouffés qui la nuit, après nos ébats me parviennent de la chambre voisine. Je ne dis rien à Paul, mais je reste de longues minutes à écouter sans parvenir à comprendre.
Il ne me reparle pas de son patron ni de son fantasme du reste. J'imagine que celui-ci assouvi n'est plus vraiment d'actualité. Et la vie reprend son cours que je qualifierais de « normal ». Nous allons plus souvent au restaurant, grâce en partie à l'apport d'argent qui accompagne le nouveau poste de mon Paul. Mais il n'est plus question de monsieur Henry à l'horizon et je m'en félicite. Je croise en rentrant de courses, la factrice ce matin et nous discutons le bout de gras devant les boites où elle dépose le courrier. C'est là que nous voyons arriver... descendant directement de son appartement, mon fameux voisin. Voir deux femmes palabrer dans le hall le fait sursauter. Et... dès qu'elle l'aperçoit qui porte la main à sa boite, la préposée au courrier l'apostrophe.
— Vous êtes Mickael Sarment ?
— Oui ? Mais...
— J'ai justement un recommandé pour vous. Ça tombe bien. Je suis quitte de vous mettre un avis de passage.
— Ah... c'est ce que j'attends depuis un moment... enfin !
— Oui ? Mais...
— J'ai justement un recommandé pour vous. Ça tombe bien. Je suis quitte de vous mettre un avis de passage.
— Ah... c'est ce que j'attends depuis un moment... enfin !
La nana en uniforme fouille dans sa sacoche de cuir, une relique d'un temps où la poste s'appelait encore les PTT. Elle fait émarger le gaillard et il lui rend son stylo ! J'en profite pour prendre congé de la dame qui a une tournée à finir. Ce qui fait que ce Mickael et moi remontons ensemble les escaliers. Nous ne nous sommes jamais trouvés si proches l'un de l'autre... exception faite bien sûr de la mince cloison qui isole nos deux chambres. Nous sommes légèrement gênés aux entournures. Il doit bien se douter que la braillarde qui crie presque toutes les nuits... c'est moi et de mon côté, j'ai dans le crâne le boucan de son sommier qui grince suffisamment fort pour que ça m'interdise de dormir rapidement.
Pas question évidemment de parler de ceci, mais rien n'interdit d'être poli. Et je cherche donc à entamer la conversation.
— Ça va ? On se croise rarement...
— Oui ! Vous avez raison, je suis seulement là le soir, la journée je travaille... enfin pas aujourd'hui. J'avais des heures à récupérer.
— Ah ! Et qu'est-ce que vous faites comme boulot ?
— Je suis dans l'informatique... dans une grosse boite.
— Vous savez donc vous débrouiller avec les ordinateurs ?
— Ben... oui... enfin ça dépend pourquoi, mais oui, c'est un peu la base de mon job. Vous avez des problèmes avec votre PC ?
— Non ! Mais, on ne sait jamais... c'est fragile ces bêtes-là. Je ne suis pas non plus une surdouée et mon conjoint non plus.
— Vous ne vivez pas seule donc ?
— Non...
— Oui ! Vous avez raison, je suis seulement là le soir, la journée je travaille... enfin pas aujourd'hui. J'avais des heures à récupérer.
— Ah ! Et qu'est-ce que vous faites comme boulot ?
— Je suis dans l'informatique... dans une grosse boite.
— Vous savez donc vous débrouiller avec les ordinateurs ?
— Ben... oui... enfin ça dépend pourquoi, mais oui, c'est un peu la base de mon job. Vous avez des problèmes avec votre PC ?
— Non ! Mais, on ne sait jamais... c'est fragile ces bêtes-là. Je ne suis pas non plus une surdouée et mon conjoint non plus.
— Vous ne vivez pas seule donc ?
— Non...
J'ai envie d'ajouter quelque chose. Il le sait pertinemment, tout comme je connais son passetemps nocturne favori. Et ça me laisse dubitative. Bon d'un autre côté, j'imagine qu'il ne va pas me dire ce qu'il en pense. Et nous sommes déjà devant son paillasson. Il ouvre sa porte alors que je continue mon chemin. Trois mètres tout juste me séparent de mon entrée. Nous nous saluons d'un geste de la main comme gênés par une situation étrange. Il disparait dans son appartement et je fais de même. Ben... il est surement plus jeune que nous, mais il ne doit pas y avoir un gros écart d'âge entre lui et nous. Pas plus de trois ou quatre ans. Un peu châtain clair, il n'a pas l'air d'être très hardi. Et il porte des lunettes qui lui donnent sans doute une apparence plus mûre qu'il ne l'est en réalité. C'est un beau gosse quoi !
Je me plonge dans les frites et les steaks de notre repas et une petite demi-heure plus tard, Paul rentre de son bureau. Nous déjeunons gentiment, et je lui fais part de ma rencontre, avec la factrice d'une part et par ailleurs de ma discussion avec le voisin...
— Il est sympa ?
— Ben... il ne m'a pas mordue non plus. Et puis le temps de grimper d'un étage, ça n'ouvre pas de grands sujets à débattre !
— Oui... il vit seul ?
— Sans doute ! Je n'ai pas posé de question d'ordre privé. Il doit avoir quelques années de moins que nous...
— Ah ! Il est peut-être encore puceau.
— Franchement Paul ! À quoi tu songes et qu'est-ce qui te prend de parler de cette manière de notre voisin ?
— Oh ! Je plaisante ma belle. Il ne t'a pas plu...
— Pourquoi ? Tu as l'intention de l'inviter à la place de ton patron ?
—... Eh ben... du coup, c'est toi qui deviens désobligeante... avec Henry. À ce propos, il me tanne le cuir pour nous rendre l'invitation à diner... je ne trouve plus d'excuses...
— Tu peux y aller tout seul si ça te chante... mon chéri. Moi, j'ai donné...
— Bon sang ! Il ne t'a pas non plus sauté dessus...
— Non, je n'ai pas non plus dit une telle chose. Mais j'ai honte de me retrouver devant lui, tu peux comprendre ?
— Pas vraiment... nous avons adoré et je reste persuadé que toi aussi tu as su apprécier... je te connais mieux que quiconque et sais que tu n'as pas fait semblant...
— Le sujet est clos. Je ne veux plus rien entendre... c'est clair ?
— On ne se fâche pas. Je suis désolé Mira... je ne devrais pas te tarabuster avec ça !
— Psst !
— J'ai entendu... mais revenons à ce jeune homme alors ? Comment il s'appelle ?
— Mickael, je crois... la préposée au courrier lui a remis un recommandé... et je sais qu'il bosse dans l'informatique.
— Ouais... c'est vague ! Il te plait ?
— Quoi ? Tu ne vas pas encore me refaire le même coup.
— Mais non. Tu es assez grande pour savoir ce que tu veux...
—... ?
— Ce qui n'interdit en rien d'avoir de bonnes relations entre personnes vivant sur le même palier, non ?
— Je te vois venir... tu ne peux plus t'en empêcher, hein ? C'est plus fort que toi, il faut que tu me titilles avec ça !
— Ben... il ne m'a pas mordue non plus. Et puis le temps de grimper d'un étage, ça n'ouvre pas de grands sujets à débattre !
— Oui... il vit seul ?
— Sans doute ! Je n'ai pas posé de question d'ordre privé. Il doit avoir quelques années de moins que nous...
— Ah ! Il est peut-être encore puceau.
— Franchement Paul ! À quoi tu songes et qu'est-ce qui te prend de parler de cette manière de notre voisin ?
— Oh ! Je plaisante ma belle. Il ne t'a pas plu...
— Pourquoi ? Tu as l'intention de l'inviter à la place de ton patron ?
—... Eh ben... du coup, c'est toi qui deviens désobligeante... avec Henry. À ce propos, il me tanne le cuir pour nous rendre l'invitation à diner... je ne trouve plus d'excuses...
— Tu peux y aller tout seul si ça te chante... mon chéri. Moi, j'ai donné...
— Bon sang ! Il ne t'a pas non plus sauté dessus...
— Non, je n'ai pas non plus dit une telle chose. Mais j'ai honte de me retrouver devant lui, tu peux comprendre ?
— Pas vraiment... nous avons adoré et je reste persuadé que toi aussi tu as su apprécier... je te connais mieux que quiconque et sais que tu n'as pas fait semblant...
— Le sujet est clos. Je ne veux plus rien entendre... c'est clair ?
— On ne se fâche pas. Je suis désolé Mira... je ne devrais pas te tarabuster avec ça !
— Psst !
— J'ai entendu... mais revenons à ce jeune homme alors ? Comment il s'appelle ?
— Mickael, je crois... la préposée au courrier lui a remis un recommandé... et je sais qu'il bosse dans l'informatique.
— Ouais... c'est vague ! Il te plait ?
— Quoi ? Tu ne vas pas encore me refaire le même coup.
— Mais non. Tu es assez grande pour savoir ce que tu veux...
—... ?
— Ce qui n'interdit en rien d'avoir de bonnes relations entre personnes vivant sur le même palier, non ?
— Je te vois venir... tu ne peux plus t'en empêcher, hein ? C'est plus fort que toi, il faut que tu me titilles avec ça !
Il sourit hausse les épaules et nous desservons la table ensemble. Ses mains deviennent vite baladeuses, mais le temps de sa pause est compté. Alors je le repousse gentiment. Puis par je ne sais quel désir de défi, je lui assène un coup bas verbal qui le laisse pantois.
— Non, non Paul ! Finalement, je crois que je vais me contenter de notre informaticien de voisin. Il aura plus le temps de s'occuper de moi puisqu'il ne travaille pas aujourd'hui !
Mon chéri me regarde avec des quinquets tout ronds et sa réponse lapidaire me fait rougir.
— Si tu veux ! Mais tu me raconteras ce soir comment ça s'est passé... l'idée me plait et me fait... bander encore plus.
Cette fois, je suis scotchée par ces propos. Provocation ou réel défi ? Il me donne un baiser sur le bout du nez, me pince délicatement un téton puis sa main s'abat sur mes fesses pour une petite tape que je juge amicale. Et il file avec un sifflotement de joie. Trop heureux de m'avoir cloué le bec, je le sens content. Et ça tourne sous ma tignasse brune ! Quelque part, un peu vexée également je me surprends à penser qu'il mériterait que je le fasse. C'est nul, bien sûr parce que je n'oserais jamais faire un truc de ce genre. Mais ça m'effleure l'esprit de me venger et les traits du visage assez sympa de ce Mickael refont surface, avec cette petite pointe d'envie que m'a pourtant insufflé Paul. Je ne peux nier que ses semi-câlins, ses tentatives de me toucher ne m'ont pas laissée de marbre.
Un après-midi cool, où je remets de l'ordre dans l'appartement et aussi dans ma caboche, secouée par les envies trop criantes de mon homme. Son patron, Henry, seule la honte de croiser son regard me pousse à refuser les invitations expresses qu'il réitère à Paul. Je sais bien que si ces deux-là me tripotent de nouveau, je vais surement craquer au bout de cinq minutes et... non ! Mais bon sang, que j'ai chaud à l'évocation de cette soirée. Les frissons qui me reviennent sont tout bonnement divins. Incroyable comme le fait de savoir que la queue qui m'a labouré le ventre n'était pas celle de mon homme, peut-être jouissif. Et... une vague de plaisir qui fait baver ma chatte me submerge, sans aucune intervention de ma part.
Ça me mouille le fond de la culotte et je dois presque courir à la salle de bain pour la jeter dans la panière de linge sale. Je me passe le sexe à l'eau et direction notre chambre à coucher pour en récupérer une toute propre. Et là... alors que je suis tranquillement en train de fouiller sur l'étagère pour en dégoter une qui me plaise, des couinements qui se font entendre stoppent net mes mouvements de recherche. Ma respiration se bloque et curieusement, je tends l'oreille. Pas de doute, c'est de chez ce Mickael que les bruits proviennent. Pas très distincts, mais si présents qu'ils ouvrent une brèche dans mon cerveau. Allez savoir aussi pourquoi, je joue les espionnes ! Et du coup, je colle carrément ma joue contre le mur, ce qui plaque mon esgourde en position d'entendre plus nettement ce qui se passe derrière le mince mur.
De toute évidence, le garçon doit être seul et c'est bien son sommier qui gémit. De là à imaginer le petit jeu auquel il se livre, il n'y a qu'un pas que ma tête franchit sans vergogne... et je n'ai plus rien sur les fesses. Ce qui facilite pour une obscure raison le cheminement de ma paluche vers ma foufoune qui s'englue à nouveau, alors que j'imagine les mouvements du poignet qui montent et descendent sur le manche du jeune homme. Voilà ! Nous sommes deux à nous masturber à quelques centimètres de distance sans nous voir bien entendu. Et il m'arrive de percevoir de temps à autre ses soupirs un peu plus prononcés. Un long râle qui s'arrache d'une bouche que je visualise virtuellement largement ouverte, et mes doigts... tirent une musique magique du violon qu'ils câlinent avec ferveur.
— xXx —
Durant des mois nous ne nous sommes jamais vu Mickael et moi et là depuis plusieurs semaines, nous nous croisons à tout bout de champ. Oh ! Pas de grandes effusions, non ! Juste une salutation dans les marches des escaliers ou sur le palier. Et la vie fait que Paul aussi et lui échangent parfois un mot, bref, sans faire exprès, nous nous sommes rapprochés. Pas d'invitation entre nous, bien sûr, surement parce que Paul a bien compris que notre coup de canif dans le contrat avec son boss m'est un peu resté en travers de la gorge. Et nous vivons depuis quelques jours, des évènements alarmants. Un méchant virus étend son ombre sur le monde. Ce soir notre Président nous a fait une annonce terrible. Le seul mot que je retiens du fatras d'informations qu'il nous délivre c'est : « Confinement. »
Prisonniers dans nos appartements, voilà ce qui nous tombe sur les épaules. Bon ! Si le premier moment de stupeur passé nous en rigolons, le manque de mouvement risque fort de vite se faire sentir. Et encore sommes nous deux. Alors pour les personnes seules, ce doit être un peu plus difficile. Et nous entendons notre voisin qui met sa musique un peu plus fort qu'à l'accoutumée. Il doit donc profiter de nos berceuses spéciales qui se renouvellent à toute heure du jour et de la nuit. Le désœuvrement pousse souvent à retrouver les joies du sexe et... nous en sommes friands. J'aime ces longs intermèdes qui font que puisque nous n'avons rien d'autre à faire, nous nous aimons physiquement plus encore que d'ordinaire. Les jours se suivent et se ressemblent. Nous profitons aussi bien plus souvent de notre petit balcon.
Celui-ci n'est séparé de celui du jeune homme d'à côté que par un muret d'un mètre de haut. C'est-à-dire que debout, nous pouvons bien sûr l'apercevoir qui bouquine sur sa loggia. Et si nous le voyons, il est certain que l'inverse et vrai. C'est ainsi que le second dimanche de notre enfermement gouvernemental, j'entends des voix d'hommes et constate que d'un balcon à l'autre, Paul et Mickael échangent quelques mots. Je ne prends pas particulièrement part au débat qui s'ouvre là entre eux. Lorsque je rappelle mon homme pour le déjeuner, je comprends qu'ils ont fait ami-ami. Le tutoiement est déjà en circulation entre eux. Et curieuse, j'interroge donc mon chéri sur la nature des relations qui les lient.
— Alors... vous êtes devenus copains, à ce que j'entends.
— Ben... il s'emmerde ferme. Il est loin de sa famille et l'interdiction de circuler n'est pas très plaisante pour les gens loin de chez eux !
— Ouais... et tu le trouves comment ?
— Sympa ! Un peu paumé, mais bon il ne doit pas être le seul et pour nous qui sommes ensemble c'est déjà pénible, alors pour un type isolé...
— Ah... il se débrouille pour les courses, la bouffe et tout ça ? Il n'est jamais chez lui dans la journée en temps normal !
— Tu t'en poses des questions pour notre jeune voisin ! Tu veux l'inviter où quoi ?
—... ? Oh ! Qu'est-ce qui te prend ? Je suis humaine, c'est tout. Tu vivrais ça comment toi, si tu devais rester cloitré dans ton appartement sans contact avec quiconque ?
— Eh ! Ma Chérie, calme-toi ! Ce n'est pas un reproche... et si tu n'imaginais pas toujours des trucs, je l'aurais sans doute invité à venir boire une bière ou partager un repas avec nous... Personne ne le saurait et il n'a pas à mettre un pied ailleurs que sur le palier. Je crois qu'au boucan qu'ils font, les gens de l'étage au-dessus de nous s'en paient une tranche tous les soirs.
— C'est eux que nous entendons qui chantent alors ?
— Ben oui ! Qui veux-tu que ce soit ?
— Je me suis imaginé que c'était ce Mickael qui mettait sa radio un peu trop fort...
— Mais non ! Alors ? Tu en penses quoi ?
— De quoi ? Je dois penser quoi de quoi ?
— D'inviter le locataire d'à côté à manger en notre compagnie, de boire un coup... enfin je n'en sais rien moi, de faire un scrabble peut-être, ou de jouer aux cartes.
— Tu n'as pas une autre idée dans la caboche au moins ?
— Mais non ! L'affaire « Henry » m'a suffi... bien que je reste absolument persuadé que tu as aimé plus que tu ne veux le dire.
— Après tout, fait comme tu le sens. On ne va pas mourir pour une bibine ou un apéro. Et puis je vois bien que ça te pèse de tourner en rond avec toujours ma bouille en face de toi.
— N'importe quoi... Mira... c'est vrai que c'est pesant de vivre avec juste la permission d'une heure par jour, mais tu sais si bien combler ces heures perdues...
— Ben... je reconnais que c'est comme si nous étions en vacances. Pourvu tout de même que ça ne dure pas trop longtemps...
— Bah ! Nous allons vers un renouvellement c'est certain... il va falloir que nous prenions notre mal en patience. Et prépare-toi à me faire l'amour encore plus souvent... nous n'avons plus que cela de bon, non ?
— Ben... il s'emmerde ferme. Il est loin de sa famille et l'interdiction de circuler n'est pas très plaisante pour les gens loin de chez eux !
— Ouais... et tu le trouves comment ?
— Sympa ! Un peu paumé, mais bon il ne doit pas être le seul et pour nous qui sommes ensemble c'est déjà pénible, alors pour un type isolé...
— Ah... il se débrouille pour les courses, la bouffe et tout ça ? Il n'est jamais chez lui dans la journée en temps normal !
— Tu t'en poses des questions pour notre jeune voisin ! Tu veux l'inviter où quoi ?
—... ? Oh ! Qu'est-ce qui te prend ? Je suis humaine, c'est tout. Tu vivrais ça comment toi, si tu devais rester cloitré dans ton appartement sans contact avec quiconque ?
— Eh ! Ma Chérie, calme-toi ! Ce n'est pas un reproche... et si tu n'imaginais pas toujours des trucs, je l'aurais sans doute invité à venir boire une bière ou partager un repas avec nous... Personne ne le saurait et il n'a pas à mettre un pied ailleurs que sur le palier. Je crois qu'au boucan qu'ils font, les gens de l'étage au-dessus de nous s'en paient une tranche tous les soirs.
— C'est eux que nous entendons qui chantent alors ?
— Ben oui ! Qui veux-tu que ce soit ?
— Je me suis imaginé que c'était ce Mickael qui mettait sa radio un peu trop fort...
— Mais non ! Alors ? Tu en penses quoi ?
— De quoi ? Je dois penser quoi de quoi ?
— D'inviter le locataire d'à côté à manger en notre compagnie, de boire un coup... enfin je n'en sais rien moi, de faire un scrabble peut-être, ou de jouer aux cartes.
— Tu n'as pas une autre idée dans la caboche au moins ?
— Mais non ! L'affaire « Henry » m'a suffi... bien que je reste absolument persuadé que tu as aimé plus que tu ne veux le dire.
— Après tout, fait comme tu le sens. On ne va pas mourir pour une bibine ou un apéro. Et puis je vois bien que ça te pèse de tourner en rond avec toujours ma bouille en face de toi.
— N'importe quoi... Mira... c'est vrai que c'est pesant de vivre avec juste la permission d'une heure par jour, mais tu sais si bien combler ces heures perdues...
— Ben... je reconnais que c'est comme si nous étions en vacances. Pourvu tout de même que ça ne dure pas trop longtemps...
— Bah ! Nous allons vers un renouvellement c'est certain... il va falloir que nous prenions notre mal en patience. Et prépare-toi à me faire l'amour encore plus souvent... nous n'avons plus que cela de bon, non ?
Je souris et il me prend dans ses bras. Nous nous roulons une pelle, là, juste avant que je dresse la table. Et pour éviter des caresses trop précises, je lui réclame, une fois n'est pas coutume, un verre d'apéritif.
— Sers-nous donc deux kirs, il reste du Muscadet... et la liqueur de cassis est dans le buffet...
— Tu veux que j'invite notre nouvel ami ?
— Tu seras sage, Paul ?
— Sage ? Ne le suis-je pas toujours ?
— Ouais... pas d'idée farfelue, juste pour l'apéro et éventuellement un repas ?
— Ça me va... au moins verrons-nous une tête différente, pendant un temps.
— D'accord alors !
— Je lui demande s'il veut venir, alors ?
— Fait comme tu le sens... mon chéri !
— Tu veux que j'invite notre nouvel ami ?
— Tu seras sage, Paul ?
— Sage ? Ne le suis-je pas toujours ?
— Ouais... pas d'idée farfelue, juste pour l'apéro et éventuellement un repas ?
— Ça me va... au moins verrons-nous une tête différente, pendant un temps.
— D'accord alors !
— Je lui demande s'il veut venir, alors ?
— Fait comme tu le sens... mon chéri !
Mince ! Ma voix est légèrement éraillée alors que je lui donne mon aval. Et Paul ne se le fait pas dire deux fois. Il est déjà sur le balcon, à héler celui qui vit de l'autre côté du mur. Les bribes de conversations me parviennent, sans que j'y prête attention. Je m'attends à entendre la sonnette de la porte ou des coups discrets dans celle-ci, et je suis surprise de voir les deux loustics arriver ensemble dans le salon. Visiblement, Mickael est passé par-dessus la séparation des loggias. Il avance résolument dans ma direction, pour me saluer.
— Bonjour madame... je suis confus...
— Ne t'inquiète pas Micka... Mira est au courant et elle m'a donné son feu vert.
— Merci alors... désolé de n'avoir pas de fleurs à vous offrir... votre invitation est sympa. Je déprime moi de ne pas pouvoir aller et venir à ma guise. Dire que ça va durer encore un bout de temps...
— Ah ? C'est officiel ? Tu as entendu ça à la radio ?
— Ne t'inquiète pas Micka... Mira est au courant et elle m'a donné son feu vert.
— Merci alors... désolé de n'avoir pas de fleurs à vous offrir... votre invitation est sympa. Je déprime moi de ne pas pouvoir aller et venir à ma guise. Dire que ça va durer encore un bout de temps...
— Ah ? C'est officiel ? Tu as entendu ça à la radio ?
Et les gaillards se lancent dans un dialogue qui ne m'intéresse pas. Nous trinquons tous les trois et puis le déjeuner, simple pour le coup, me laisse entendre que c'est bien plus difficile pour lui qui est loin de tout, que cet enfermement interminable est un enfer. Il détourne souvent les yeux, comme s'il refusait d'affronter mon regard, sans que je saisisse bien le pourquoi d'une telle attitude. Et ce n'est que trois heures plus tard qu'il réintègre son appartement par le chemin emprunté pour venir chez nous. Nous nous tutoyons tous désormais. Ce qui ne nous a pas fatalement plus rapprochés, ce gars et moi. Je tiens à garder une certaine distance de sécurité, compte tenu de la mésaventure patronale « Henry », je suis prudente.
Le pli est vite pris. Le muret se franchit allégrement dans les deux sens et les deux mecs passent beaucoup de temps sur l'ordinateur de Mickael, un PC très puissant prévu pour les jeux en ligne. En revanche, les repas se prennent dans notre appartement et franchement, nous picolons beaucoup. Je dis « nous », parce que je ne donne pas ma part au chat et c'est une période où il m'arrive d'aller me coucher avec la tête qui tourne. Ce soir ne fait pas exception et j'ai mal au crâne. Dans le noir, un bandeau sur les yeux, je me sens mieux ainsi. Le léger chuintement de la porte tournant sur ses gonds m'annonce la venue de Paul.
— Ça va, ma chérie ?
— Ouais... je bois... nous buvons trop ! Pff ! Il va falloir un peu calmer tout cela... Il est rentré chez lui ?
— Il connaît le chemin ! Il s'est endormi sur le canapé... et moi, j'ai envie de ma petite femme.
— Attends ! Tu es en train de me dire qu'il cuve à côté ? C'est ce que je dois comprendre ?
— Ben... nous avons presque descendu la bouteille de whisky qu'il a apportée... alors forcément...
— Et toi tu n'es pas bourré ?
— Pas au point de t'oublier, ma toute belle...
— Et si... il se réveille ? S'il nous écoute ?
— Oh ! Tu ne crois pas que depuis le temps que nous baisons dans ce pieu, il doit nous avoir écoutés des dizaines de fois ?
— Peut-être, mais le savoir là, tout près, ça me bloque un peu...
— Arrête ! Humm... c'est à toi toute seule, ça.
— Ne me tripote pas, je suis ivre et puis... il ne dort peut-être pas aussi profondément que tu me le dis ! Je... non ! Oh... sale type... il faut toujours que tu obtiennes ce que tu veux, hein ?
— Tu n'aimes pas ça ? Dis-moi, quand je te mordille le lobe de l'oreille, comme ceci... hein, ça ne te fait plus frissonner.
— Si... c'est pour cela que je te dis que tu es un sale type... s'il te plait... mmm !
— Ouais... je bois... nous buvons trop ! Pff ! Il va falloir un peu calmer tout cela... Il est rentré chez lui ?
— Il connaît le chemin ! Il s'est endormi sur le canapé... et moi, j'ai envie de ma petite femme.
— Attends ! Tu es en train de me dire qu'il cuve à côté ? C'est ce que je dois comprendre ?
— Ben... nous avons presque descendu la bouteille de whisky qu'il a apportée... alors forcément...
— Et toi tu n'es pas bourré ?
— Pas au point de t'oublier, ma toute belle...
— Et si... il se réveille ? S'il nous écoute ?
— Oh ! Tu ne crois pas que depuis le temps que nous baisons dans ce pieu, il doit nous avoir écoutés des dizaines de fois ?
— Peut-être, mais le savoir là, tout près, ça me bloque un peu...
— Arrête ! Humm... c'est à toi toute seule, ça.
— Ne me tripote pas, je suis ivre et puis... il ne dort peut-être pas aussi profondément que tu me le dis ! Je... non ! Oh... sale type... il faut toujours que tu obtiennes ce que tu veux, hein ?
— Tu n'aimes pas ça ? Dis-moi, quand je te mordille le lobe de l'oreille, comme ceci... hein, ça ne te fait plus frissonner.
— Si... c'est pour cela que je te dis que tu es un sale type... s'il te plait... mmm !
Il me caresse la poitrine et sa bouche aspire le pendant d'oreille, sachant parfaitement jouer de mes points faibles. Et évidemment que je lâche prise. Cette fois, c'est ma propre menotte qui part à l'aventure, sans que je prenne soin de retirer mon bandeau. Et je le branle docilement alors qu'il s'étend de tout son long tête-bêche, mais sur le flanc. Je peux tout à loisir continuer ma branlette et bénéficier de sa langue qui se faufile dans tous les replis de mon sexe qui bave déjà. Bien entendu que nous n'en restons pas là. Notre posture se transforme vite en un soixante-neuf où chacun de nous exécute sa partition et inutile de préciser que j'y mets un certain cœur à l'ouvrage.
Et c'est encore et toujours moi qui le repousse, lorsque je n'en peux plus d'impatience. Je le pousse sur le dos, et je fais glisser l'ensemble de mon corps sur lui. Mes mains viennent se refermer sur ses chevilles, ma tête tournée vers ses pieds ; je soulève ma croupe et il guide sa tringle vers ce qu'il vient de savamment lubrifier. Je pousse un simple gémissement en me laissant retomber sur lui. Le poids de mon corps fait que je m'emmanche littéralement sur son tenon. Commence alors une danse lascive ou lui fait pression sur mon cul pour m'aider à le soulever en cadence. Nous prenons un rythme de croisière et bien sûr, j'en oublie jusqu'à la présence sur notre canapé de notre voisin.
C'est fou, mais je suis prise de tremblements et mon homme souffle de plus en plus fort, pendant que de mon côté, je gémis sans interruption. Et c'est quasiment ensemble que nous jouissons avec une force décuplée. Je hurle cette fois en sentant sa semence qui gicle en moi et lui laisse libre cours à sa déraison. Il me donne deux ou trois petites claques sur les fesses, ce qui accentue encore les vagues qui déferlent en moi, suite à un orgasme démentiel. Ses mains longent mon dos, suivent ma colonne vertébrale et s'agrippent à mes cheveux. Il tire ma tête en arrière sans pour autant me faire mal et je me couche sur sa poitrine sans que son sexe quitte le mien. Là, sa bouche près de ma joue, il me murmure des mots crus.
Je n'aime pas la vulgarité d'ordinaire, sauf dans des instants tels que celui-ci où elle contribue à augmenter la dose d'adrénaline nécessaire à une montée du plaisir. Et Paul est passé maitre dans l'art de me distiller ces mots doux qui me font l'effet là, d'une bombe.
— Petite salope, tu baises comme une reine. Bon sang ! C'est trop bon de t'en mettre plein le cul... dommage que tu ne veuilles pas refaire un trio...
— Paul... oh Paul...
— Tu ne veux pas qu'on appelle notre pote qui dort au salon... ?
— Paul ! Pourquoi tu me fais ça ? Tu profites de ma vulnérabilité pour mieux faire passer la pilule... Tu es un salaud, un profiteur.
— Promets-moi que nous le referons ! Pas ce soir, mais un autre jour, une autre nuit, promets-moi ma chérie que tu me feras ce plaisir une fois encore.
— Qu'est-ce que ça peut bien t'apporter de plus que ce que nous avons fait là ? Hein ? Dis-moi Paul, qu'est-ce que tu veux de plus ?
— J'ai envie de te voir, de te sentir jouir ! Là, je suis acteur de notre propre plaisir et ne profite pas vraiment de toutes les sensations que ça peut te donner. Si je suis un peu plus spectateur... comme avec Henry, je peux voir tous les traits de ton visage refléter la montée de ta jouissance et... bon Dieu combien tu es trop belle... je ne m'en lasserai pas... promets-moi, ma chérie, oui, fais-moi la promesse que nous réessayerons ? Dit... sois gentille.
— Oui... ben on verra... je ne suis pas sûre que ça me plaise autant qu'à toi... on verra... mais pour le moment, j'ai encore besoin que tu m'embrasses, me caresse, que tu sois présent pour moi. Je veux me sentir aimée... tu peux comprendre ça ? Et puis... j'ai peur... de l'après, tu peux imaginer ce que c'est pour une femme de se sentir salie, ou salope !
— Mira... promets-moi que tu oseras... promets-le !
— Pff ! Oui, mais pas maintenant...
— Oh... je t'aime.
— Paul... oh Paul...
— Tu ne veux pas qu'on appelle notre pote qui dort au salon... ?
— Paul ! Pourquoi tu me fais ça ? Tu profites de ma vulnérabilité pour mieux faire passer la pilule... Tu es un salaud, un profiteur.
— Promets-moi que nous le referons ! Pas ce soir, mais un autre jour, une autre nuit, promets-moi ma chérie que tu me feras ce plaisir une fois encore.
— Qu'est-ce que ça peut bien t'apporter de plus que ce que nous avons fait là ? Hein ? Dis-moi Paul, qu'est-ce que tu veux de plus ?
— J'ai envie de te voir, de te sentir jouir ! Là, je suis acteur de notre propre plaisir et ne profite pas vraiment de toutes les sensations que ça peut te donner. Si je suis un peu plus spectateur... comme avec Henry, je peux voir tous les traits de ton visage refléter la montée de ta jouissance et... bon Dieu combien tu es trop belle... je ne m'en lasserai pas... promets-moi, ma chérie, oui, fais-moi la promesse que nous réessayerons ? Dit... sois gentille.
— Oui... ben on verra... je ne suis pas sûre que ça me plaise autant qu'à toi... on verra... mais pour le moment, j'ai encore besoin que tu m'embrasses, me caresse, que tu sois présent pour moi. Je veux me sentir aimée... tu peux comprendre ça ? Et puis... j'ai peur... de l'après, tu peux imaginer ce que c'est pour une femme de se sentir salie, ou salope !
— Mira... promets-moi que tu oseras... promets-le !
— Pff ! Oui, mais pas maintenant...
— Oh... je t'aime.
Et alors que sa queue n'est pas totalement ressortie de ma chatte, il rebande déjà. Et du coup il me replace en avant et en se contorsionnant, sans jamais s'extraire de mon ventre, il parvient à me positionner en levrette. Et là, c'est plus fort, plus violent, mais ça coulisse aussi dans les lubrifiants naturels qui se sont mélangés lors de notre précédent coït. Entre sperme et mouille, le piston qui glisse, son ventre qui frappe mon derrière, il me semble que des sons extraordinaires viennent rallumer l'incendie de mes tripes libérées par une immense envie nouvelle. Combien de temps dure cet assaut qui entraine une crispation de tous mes muscles ? La longueur de cette possession ne se mesure plus en temps, mais bien en émotions et... j'en ressens tellement que plus rien de ce qui m'entoure n'est réel.
Et... je me réveille au petit matin avec mon bandeau qui n'a pas bronché de mes yeux, nue comme un ver sur un lit totalement dévasté, avec un bras de Paul qui repose sur un de mes seins. Quelle cavalcade ! J'ai froid, et me lève sans plus penser à notre voisin. Et pour aller au petit coin, je dois forcément passer devant le salon dont la porte est béante. C'est au moment de m'engouffrer dans les toilettes que je réalise soudain que je suis à poil, face au canapé ou assis, Mickael me reluque avec des yeux exorbités. Merde ! Je n'ai plus du tout songé à celui-là, moi. Et je pique un fard que le boucan saugrenu de ma miction ne fait qu'intensifier. Et... il me faut encore ressortir pour regagner notre chambre conjugale ! Je le fais en vitesse, les paupières closes pour ne pas savoir s'il me chouffe ou pas.
— xXx —
Les news à la télé ne sont pas terribles. On nous annonce des tas de pauvres gens qui meurent et l'ambiance commence à nous peser. Ceux qui à l'étage supérieur chantaient au début du confinement s'engueulent plus fréquemment depuis qu'on sait que nous allons encore être prisonniers, au moins un mois supplémentaire. Cette saloperie de virus n'en finira donc jamais de nous maintenir à l'arrêt ? Ce qui au début était charmant devient pénible. Le silence des rues, le ciel d'un bleu sans zébrures, c'est drôle ! Nous savons que nous sommes tous logés à la même enseigne et pourtant, l'absence de mouvement partout nous fiche les jetons. L'humain n'est pas fait pour être mis en cage. Ne plus rien avoir à faire est finalement une source d'inquiétude et personne ne s'y fait vraiment. Notre couple résiste encore à la pression de cette solitude.
Par contre, notre ami Mickael lui tourne en rond sur son balcon comme un lion en cage. Et... de temps en temps, Paul me rappelle ma pseudo promesse. Je botte en touche, mais pour combien de temps vais-je encore tenir le coup ? Je ne tiens pas plus que cela à me quereller avec cet homme qui me supporte autant que je l'aime. Il est vrai que certains matins, je suis d'une humeur grincheuse. Lui s'en accommode plutôt pas mal et reste zen. Il a encore invité le jeune homme d'à côté, et j'ai droit pendant que nous cuisinons le diner à une supplique muette. Ce ne sont pas des mots qui me sont servis pour me quémander la faveur soi-disant promise, mais bien ses mirettes qui plongent jusqu'au fond de mon âme comme pour me faire savoir que je ne tiens pas ma parole. Et... c'est compliqué.
L'exigüité de la kitchenette fait aussi que nous nous frôlons à chaque pas et que forcément nos sens à fleurs de peau nous jouent des tours. Je le soupçonne aussi de m'allumer le plus possible pour que je sois plus malléable. Et je crois qu'il parvient à me faire bouillir. Pas de crise, non, juste cet état d'excitation sexuelle permanent qui nous noue le ventre et auquel nous n'avons jamais autant succombé depuis ces deux mois et demi. Nous faisons l'amour trois, quatre fois par jour et parfois même plus encore. Et je suis complètement déboussolée par ce dérèglement imposé par notre isolement. Avec ça, les beaux jours sont revenus et les tenues plus légères s'imposent de plus en plus. Et alors que nous finissons de nous rouler une énième pelle, notre invité enjambe le mur de séparation de nos appartements.
Il nous surprend enlacés et ne peut guère rater la main de mon homme qui traine sur mes fesses. J'ai un sursaut et je repousse les avances trop ciblées de Paul. Lui aussi se raidit à la vue du voisin qui s'encadre dans la porte qui délimite cuisine et salle à manger.
— Oh ! Pardon... je suis désolé ! Je tombe mal.
— Ça va ! Attends j'arrive... on va manger sur le balcon pour profiter de l'air extérieur, puisqu'on ne peut pas se balader dans la nature ou les rues.
— Ouais... je commence à trouver ça plus que longuet. C'est abuser... plus personne ne voit personne, les gens comme moi, tout seuls vont finir par péter les plombs... heureusement que vous êtes là Mira et toi... merci à vous deux. Et encore désolé de... vous déranger !
— Ne te fais pas de mouron... Nous aussi nous en avons plein le dos de cet internement. On va quand même boire l'apéro, histoire de ne pas se laisser abattre ? Tu trinques avec nous, ma chérie ?
— Allez mettre la table ! Je vais arriver... et oui... je vais boire moi aussi un coup pour oublier que nous sommes des prisonniers...
— Eh ben... l'ambiance n'est pas au beau fixe, on dirait... je suis confus. Je peux repasser plus tard si vous le souhaitez.
— Allons Micka... on a tous le bourdon et si on commence à faire comme ceux du dessus et nous chamailler, ça va devenir invivable.
— Ah ! Vous les avez entendus vous aussi... je crois que la vaisselle a fait les frais de leur dispute.
— Ça va ! Attends j'arrive... on va manger sur le balcon pour profiter de l'air extérieur, puisqu'on ne peut pas se balader dans la nature ou les rues.
— Ouais... je commence à trouver ça plus que longuet. C'est abuser... plus personne ne voit personne, les gens comme moi, tout seuls vont finir par péter les plombs... heureusement que vous êtes là Mira et toi... merci à vous deux. Et encore désolé de... vous déranger !
— Ne te fais pas de mouron... Nous aussi nous en avons plein le dos de cet internement. On va quand même boire l'apéro, histoire de ne pas se laisser abattre ? Tu trinques avec nous, ma chérie ?
— Allez mettre la table ! Je vais arriver... et oui... je vais boire moi aussi un coup pour oublier que nous sommes des prisonniers...
— Eh ben... l'ambiance n'est pas au beau fixe, on dirait... je suis confus. Je peux repasser plus tard si vous le souhaitez.
— Allons Micka... on a tous le bourdon et si on commence à faire comme ceux du dessus et nous chamailler, ça va devenir invivable.
— Ah ! Vous les avez entendus vous aussi... je crois que la vaisselle a fait les frais de leur dispute.
J'esquisse un sourire et les deux mecs se regardent, puis le mien empoigne Mickael par le haut du bras.
— Allez viens ! Allons préparer la table sinon miss Mira va nous écharper...
Ils rigolent les deux et ça détend un zeste l'atmosphère. C'est reparti ! Ils sont un peu plus loin et je ne distingue pas clairement leurs propos. Il me semble, mais sans garantie qu'ils parlent de femmes. De celle qui s'est de nouveau accrochée avec son compagnon ou mari ? Et je finis ma tambouille avant d'aller les rejoindre. La table de camping est dressée face à la mer de toits de la ville. Spectacle en tuiles ondulant entre rouge vif, ocre et jaune sale. Puis d'un coup... une immense clameur qui nous surprend. De partout comme des applaudissements, des mercis aussi que nous distinguons vaguement. Des mots dans une large rumeur qui monte du ventre des maisons avoisinantes. Nous aussi tapons dans nos mains et je finis par saisir qu'il s'agit de remercier ces femmes et ces hommes qui se battent contre la maladie... les services de santé submergés par une vague sans précédent dans notre histoire moderne.
La claque spontanée qui s'éternise presque un quart d'heure à ceci de bon qu'elle nous remet les idées en place. Et j'avoue que je me relaxe en me défoulant en battant des mains. Paul me prend par la taille alors que je suis en appui sur le garde-fou de la loggia. Et sa main lisse ma jupe avec une infinie tendresse, pendant que le bruit décroît lentement. Et... j'ai chaud. Je crois bien que si notre hôte n'était pas là... je me laisserais aller à.... bon ! Inutile de retourner le couteau dans la plaie. Je m'extrais de la caresse qui relance un désir devenu permanent depuis des semaines. Et nous avalons nos boissons censées nous ouvrir l'appétit. Enfin, nous dinons en devisant simplement sur les derniers évènements et les discours diamétralement opposés de nos pontes dans les hautes sphères.
Nos journées se résument à peu de choses. Manger, boire, baiser et dormir dans cent mètres carrés, ça prend des proportions assez néfastes pour certains. Et là, nous cherchons un second souffle, pour ne pas sombrer dans la neurasthénie. Deux verres de Vodka orange pour moi et les hommes sont au pastis et une bouteille et demie de rouge pour faire bonne mesure, nous allons finir alcoolos si la privation de liberté se poursuit encore longtemps. J'ai d'un coup un cafard monstrueux. Trop de stress, trop de craintes pour un avenir que personne ne prédit rose, et me voici plutôt morose. Paul sent la patate et il se presse contre moi. Je m'abandonne dans ses bras, bien que je sache pertinemment que ce faisant, j'allèche aussi la pièce rapportée à notre dinette.
Il me berce contre son cœur, et toujours assis tous les trois à table, nous demeurons là, immobiles et silencieux, naufragés d'un monde qui s'écroule de partout. J'ai le sentiment que plus rien ne sera plus jamais comme avant. Et dans ma tête, ça crée un véritable cataclysme. Je ferme les yeux. Paul ressent-il cela comme un abandon de toute forme de résistance ? En tout cas, il est gentil et ses bras m'entourent de toute l'affection dont il est capable. Il me caresse l'épaule doucettement, sans aller plus loin. Je me sens aimée, et je profite vraiment de ces instants hors du temps. Les ennuis ne s'envolent bien entendu pas pour autant, mais au moins sont-ils mis entre parenthèses pour un moment. Qu'il est doux d'être dorlotée de cette façon si amoureusement tendre.
Je finis par faire abstraction complètement de la présence de notre voisin. Et ce sont mes menottes qui se frottent au dos de celui qui me cajole avec une sollicitude sans faille. Quand est-ce que je prends conscience que sa patte, celle qui jusque-là s'est contentée de me chiffonner le chemisier sur le haut du bras, oui, quand donc est-ce que je la devine bien plus bas ? En fait, insensiblement elle s'est déplacée pour venir sur mes reins. Et là, elle fait de petits cercles qui ont une nette tendance à remonter les pans de ma chemise. Ma peau doit être à la vue de celui qui sagement sur son siège est un spectateur privilégié. Si l'idée m'effleure que sa présence peut devenir très gênante, je n'en demeure pas moins muette.
Lorsque la paume chaude collée à mon dos se faufile entre la ceinture de ma jupe et l'élastique de ma culotte, je n'ai pas vraiment le sursaut nécessaire pour neutraliser la caresse de Paul. Et il joue avec la raie de mes fesses, de ses doigts patients. Je sais ! Je devrais le repousser, lui faire remarquer que nous ne sommes pas seuls, que non seulement Mickael est là, mais que les locataires de l'appartement du dessus, s'ils se penchent un peu, peuvent nous observer. Mais là, en cet instant, je suis bien loin de toutes ces considérations terre à terre. Je me sens... réconfortée, et c'est là l'essentiel. Et pourquoi mon homme ne profiterait-il pas de son avantage évident ? Si sa patte quitte la chaleur de ma culotte, ce n'est que pour saisir le zip de la fermeture éclair qui tient serrer mon vêtement. Et le bruit de la glissade qui en sépare les rails fait un barouf qui zèbre le silence ambiant.
Cette fois, la visiteuse peut à son gré, frôler l'arrondi de mon derrière que ma position assise accentue d'une manière plus provocante. Et délicatement, entre pouce et index, la dernière protection de mes fesses est repoussée au plus bas qu'elle puisse aller. Mon seul refuge c'est de me blottir plus encore contre la poitrine qui me soutient. Sans que je saisisse que le simple geste de faire avancer mon buste dégage un peu plus mon cul de l'assise de ma chaise. Et par voie de conséquence, libère aussi une plus grande partie visible de mon popotin. Paul a désormais la main entièrement entre mes fesses. Là, il me touche l'anus, tournant sur le petit cercle qui me renvoie des coups d'électricité, et mon souffle se fait plus court. Il n'est question que de massages, pas d'intromission, le tout orchestré devant celui qui depuis le début de l'opération ne bronche plus.
Il ne cherche pas non plus à rentrer chez lui, tout comme je ne le chasse pas. Paul encore moins et je me doute bien que malgré le fait qu'il soit sur mon flanc, il a une idée très précise de ce que fabrique mon homme. Et s'il continue de suivre cette ébauche de relation, c'est peut-être tout bêtement parce que mon homme le lui a demandé auparavant ! L'idée d'un coup me remonte dans le crâne ! Je dois demander à Paul de stopper de suite ses manœuvres, mais... il y a une sorte de blocage, en tout cas un vrai décalage entre ce que je songe et ce que je fais. Donc toujours, aucune réaction négative de ma part et il se sent encouragé à poursuivre son initiative. Il m'attire un peu plus contre lui, et je finis par être soulevée de mon siège et j'atterris à califourchon sur lui.
Je visualise immédiatement la scène. Paul assis sur sa chaise, moi débraillée positionnée sur ses cuisses et l'autre qui regarde tout ça. Un tableau qui évolue toujours plus vers le pornographique puisque les deux pattes de mon homme me soulèvent suffisamment pour qu'il baisse ma culotte, tout en retroussant la corole de ma jupe sur mes reins. Mon cul est à l'air, à la vue de Mickael et du coup, il peut aussi tout à fait suivre les circonvolutions obscènes de cette phalange qui me titille l'œillet. Je me raidis contre mon compagnon et mes bras viennent se nouer autour de son cou. Signal d'un abandon total, ou simple mouvement pour cacher ma honte ? Un peu des deux. À cet instant, je peux toujours renverser la vapeur. Me redresser et ficher le camp serait la meilleure des solutions. Très curieusement, ce n'est pas celle que j'adopte.
Et c'est bel et bien de mon propre chef que je soulève le bas de mon corps, facilitant par-là, la venue de la main sur mon sexe. Mon Dieu... j'ai chaud, j'ai envie de ces caresses qui débutent là. Et... bien entendu que je sais que nous avons un voyeur à quelques centimètres de nous deux, que le garçon me voit dans une attitude des plus... intimes. Mon esprit ne fonctionne plus tout à fait comme il le devrait. Enivrée par la situation endormie par les gestes fous que me prodigue mon conjoint, je suis... absente et laisse faire. Je prends même l'initiative en ce qui concerne les embrassades. Ma bouche cherche celle de cet homme qui offre la partie la plus secrète de mon corps à la vue de notre jeune ami. Et dès que nous dessoudons nos lèvres, Paul me susurre quelques mots à l'oreille...
— Tu veux bien que nous allions dans notre chambre, ma chérie, tu veux bien, dis ?
—...
—...
Je n'ai pas de réponse toute faite, ou elle ne monte pas spontanément à ma gorge. Et une fois de plus, je suis soulevée par ses bras costauds. Et accrochée à son cou, portée apparemment sans effort, je suis entrainée vers l'intérieur de notre appartement. Mes paupières closes, je ne veux pas savoir si... notre voyeur est dans notre sillage. Paul m'étend sur notre lit et en deux temps et trois mouvements, je suis dévêtue. Lui aussi se débarrasse de ses habits. La pièce est plongée dans le noir et... je ne tiens pas vraiment à savoir su nous sommes juste lui et moi ou si... Mickael est aussi invité. La couche à ma droite, là où Paul est censé se trouver s'affaisse un peu, sous le poids du corps qui me rejoint. Et un véritable massage qui débute là commence par mes orteils. Frissons, chair de poule et délicieuse approche que j'adore. Les paumes qui me frictionnent, je ne sais toujours pas à qui elles appartiennent.
De mes pieds à mes chevilles et la lente montée de ces étranges tripotages, qui s'élancent dans une ascension graduelle vers le haut de mes cuisses, c'est un pur bonheur. Et là, un sursaut puisque deux autres mains encadrent mon visage et alors que sur le bas de mon corps je suis toujours la cible de massages savants, je sais parfaitement que personne ne possède deux paires de pattes. Donc... les deux hommes sont sur le lit et s'occupent de ma petite personne. Le frisson qui me parcourt l'échine en appréhendant cela est indescriptible. Mais là encore, pas de velléités de chasser les inopportunes. Et mon visage est encadré par ce qui doit être des genoux. Mes épaules, mes jambes, tout est entrepris avec délicatesse et je suis aux anges. Perplexe cependant, ne sachant pas faire le distinguo entre les doigts de l'un ou de l'autre.
Ça dure un long moment et plus celui qui me câline le buste avance au-dessus de moi, plus je devine la présence toute proche d'un sexe ou de testicules qui ont tendance à flirter avec mon nez. Bien sûr, il arrive ce qui doit arriver, à savoir que la hampe tout entière se frotte à mon menton. Réflexe ? Je ne veux pas le savoir ou le reconnaitre, mais c'est bien de mon propre chef que je sors la pointe de ma langue... et... ce simple effleurement sur la longueur du gourdin me décrit cet objet. Je suis certaine qu'il ne peut en aucun cas s'agir du sexe de Paul... là le gland est totalement dégagé et sans prépuce. J'en ai la chair de poule de me rendre compte que... c'est Mickael qui... me caresse les seins maintenant. Et Paul lui dans tout ceci ?
Eh bien, mon compagnon est à l'orée de mon buisson. Il joue d'un doigt dans les boucles comme il sait si bien le faire lors de nos jeux... amoureux. Et celui à qui je viens de saliver la longueur du nœud a pris cela pour une invitation, ce en quoi il n'a pas tort. Il rabat sa tige raide à l'entrée de ma bouche et... comment ne pas avaler cette queue tentante ? Je le fais sans arrière-pensée, avec juste une seconde d'hésitation, mais n'est-ce pas ce que Paul veut, après tout ? Et la bataille est lancée. Mon homme opte pour une léchotte qui me donne elle aussi des soupirs, et j'ai toutes les peines du monde à garder en place le vit que je tète. Je me perds dans des gestes qui sont habituellement pratiqués uniquement sur mon conjoint. Inexplicablement, je me sens... la reine de ces deux mecs.
Dans le noir, je ne veux plus faire de différence. Paul, Mickael, ils ont voulu ce qui arrive ! Alors je me livre, me donne dans des postures que les prostituées m'envieraient sans doute. Je ne cherche plus à éviter la bite de l'un au profit de celle de l'autre et lorsqu'un des hommes se place derrière moi, qu'il m'agrippe par les talons pour me relever les gambettes à l'équerre, ma main fouille mon flanc à la recherche de la seconde mentule que je suce avidement. Et les rôles s'inversent ou pas ! Je ne suis plus en mesure de contenir les assauts des mâles qui se relaient pour me baiser. Oui ! Là, il ne s'agit plus de faire l'amour, mais bien plus de baiser. Gémissements, plaintes, cris et soupirs fusent dans tous les sens, dans cette chambre qui connaît d'ordinaire nos amours pacifiques à Paul et moi. Je n'ai plus aucune retenue et guère plus de repères. Celui qui me veut me prend.
Comme chaque fois, bien que le temps se double sans doute puisque les hommes le sont, il arrive un moment où la fatigue me gagne. Et avec elle, l'envie baissant, je repousse un dernier assaut. De qui ? Aucune importance, mon « non » vaut pour tous les deux. Et c'est entre les deux hommes que je m'endors, recrue d'une fatigue dont je sais la cause. Je ne peux pas dire que je rêve ou que je songe à ce qui vient d'arriver, non. Je suis trop crevée pour que ça imprègne ou s'imprime dans mes méninges. Et une aube nouvelle me ramène à la vie toujours entrelardée avec Paul sur ma droite et notre voisin sur mon flanc gauche. Leurs bras sont entrecroisés sur mon ventre... comme pour me protéger... ou m'empêcher de m'enfuir ! Et je suis allongée en chien de fusil, visage tourné vers Paul. Lui se réveille lentement et il me sourit. Il me prend doucement la main et remue ses lèvres. Il ne dit rien pourtant.
C'est un merci muet que je lis sur ses lippes. Et sous ma main... sa verge qui se raidit. Il attire ma bouille vers la sienne, pour peut-être m'embrasser ? Mais il me murmure quelques mots gentils dans le creux de l'esgourde et sa seconde paluche guide ma menotte vers un endroit bien précis qui regorge de vie, déjà ! Machinalement, je serre les doigts et instinctivement... je secoue mon poignet. Paul aime mes petites branlettes matinales d'ordinaire. L'autre dans mon dos vient de se caler un peu plus encore contre moi qu'il ne l'est. Et... il bande lui également. Une de ses pattes échoue sur mes fesses, les écarte simplement et une légère poussée propulse sa bite en moi. Je masturbe donc mon homme et suis limée par notre ami... la matinée s'annonce radieuse...
Et notre confinement prend une tout autre tournure... c'est à trois que nous allons attendre la levée de notre emprisonnement. J'adore les bienfaits de ce huis clos qui nous est imposé... et qui sait ! Peut-être que ce qui ne doit qu'être un jeu entre des amoureux, va devenir une manière de vivre. Mais là, je veux seulement profiter de l'instant présent et... des bonnes dispositions de mes deux gaillards... pour le reste, l'avenir nous le dira !
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