Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un mal de gorge salvateur — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un mal de gorge salvateur
Chapitre 1
Ambre avait l'impression de respirer du verre pilé. Chaque déglutition était une épreuve, une brûlure qui lui descendait dans la gorge. Elle avait pourtant tout essayé : pastilles au miel, spray antiseptique, paracétamol, infusion au thym avalée de travers au réveil à six heures du matin. Rien n'y faisait. Sa voix était voilée, légèrement rauque, comme si elle avait passé la nuit à crier dans un stade.
Et pourtant, elle n'avait pas le choix ce mardi matin. À vingt-huit ans, Ambre était comptable depuis six mois dans le cabinet Lemaître & Associés, un cabinet sérieux, exigeant, où chaque journée ressemblait à une course contre la montre. Elle travaillait beaucoup et se préparait au diplôme d'expert-comptable. Elle aimait ce métier plus qu'elle ne l'aurait cru en débutant ses études, un peu perdue face à l'étendue des formations existantes. Elle avait toujours aimé compter : les marches quand elle montait les escaliers, les personnes devant elles dans une file d'attente... Elle gérait depuis toute petite son budget. Les chiffres la rassuraient. Ils obéissaient à des règles. Ils ne mentaient pas.
Ce matin-là, elle avait deux rendez-vous clients à l'extérieur. Elle avait longuement hésité en ouvrant son dressing et avait finalement choisi un tailleur pantalon noir, un chemisier légèrement décolleté du même bleu que ses yeux qu'elle avait rehaussés d'un peu de mascara, et ses escarpins préférés. Deux chefs d'entreprise auxquels elle devait proposer des solutions d'optimisation fiscale. Elle avait préparé ses dossiers la veille, jusque tard, la gorge déjà en feu, mais l'esprit clair. Le premier rendez-vous avait été long et difficile, très technique. Elle avait dû expliquer, reformuler, convaincre. Son client, un sexagénaire qui ne souhaitait pas lâcher la barre, était complètement dépassé, mais n'admettait pas qu'une petite jeune lui explique comment gérer l'argent de son entreprise. À la sortie, elle était vidée. Sa gorge la faisait souffrir davantage encore, et un léger mal de tête s'installait. Elle se détendit un quart d'heure dans un café italien en prenant un espresso latte.
Le second rendez-vous s'était bien passé. Ambre avait parlé doucement, en économisant sa voix, mais avec précision. Elle avait vu dans les yeux de son interlocuteur ce mélange familier de soulagement et d'admiration : "Enfin quelqu'un qui comprend mes chiffres". Il avait un peu noyé son regard dans son décolleté, avait été tactile sans que ce soit déplacé, lui avait proposé à la fin de déjeuner au restaurant. Ils avaient opté pour la brasserie du coin. Le repas s'était déroulé dans une ambiance décontractée, ils avaient parlé de tout, de rien, s'étaient découvert des points communs, la cuisine japonaise (pour leur prochain déjeuner d'affaires), le billard et le whisky. C'était clair, elle lui plaisait, mais même si c'était assez réciproque et qu'elle sentait des petits papillons dans son ventre, elle avait décliné son invitation à faire ce soir un billard dans un pub irlandais.
Même s'il avait du charme, il avait une petite dizaine d'années de trop, et surtout, elle était en couple et fidèle, contrairement à lui qui, ça se voyait à la marque à son annulaire gauche, avait ôté son alliance pour la rencontrer ! En sortant du restaurant, il lui fit une bise appuyée et ils partirent chacun dans leur direction, lui se retournant pour regarder une dernière fois son joli petit cul, elle filant droit devant rejoindre la station la plus proche avec une pointe de culpabilité : elle irait à la salle ce soir pour compenser et garder son ventre plat.
Dans le métro qui la ramenait vers le cabinet, elle sortit son smartphone et regarda son fond d'écran. Lucas et elle en maillot de bain sur la plage, la montagne en arrière-plan. La Corse l'été dernier, des vacances de rêve dans un gîte sans réseau, une déconnexion de la vie stressante, mais une reconnexion à la vraie vie. Lucas et elle étaient ensemble depuis trois ans. Trois ans sans grandes tempêtes, pensait-elle. Une relation stable, construite, rassurante. Ils parlaient de s'installer enfin ensemble dans un appartement plus grand. Peut-être même, un jour, d'acheter. Elle avait commencé à faire les sites des agences et avait repéré un T3 en location dans leurs prix, elle le lui montrerait. Un T3, ça faisait un bureau pour travailler, ou une chambre d'amis, ou une chambre pour bébé... Dans la rame bondée, serrée entre deux inconnus, Ambre souriait toute seule, s'imaginant un avenir radieux avec Lucas.
Lucas était parti la veille au matin pour Nantes, pour le travail. Un déplacement de deux jours, rien d'exceptionnel. Ils s'étaient embrassés rapidement, encore ensommeillés. Il avait promis d'être de retour ce soir-là et était vite parti pour ne pas rater son train. Elle s'était recouchée, mais n'avait pas pu se rendormir. Elle s'était alors caressée, le désir était monté. Elle s'était levée chercher son sex-toy, se l'était inséré et elle n'avait pas tardé pas à jouir. De ces jouissances qui font mal parce qu'on se retrouve seule quand ça redescend, et un peu coupable. Mais elle en avait eu envie, très envie. Ça faisait quinze jours que Lucas ne lui avait pas fait l'amour. Quinze jours que leurs draps ne s'étaient pas froissés de leurs ébats, qu'il ne l'avait pas chevauchée jusqu'au bout de la nuit, qu'elle n'avait pas griffé son dos quand il se déchargeait en elle en la faisant hurler de plaisir. Quinze jours. Quinze longs jours.
Lucas travaillait beaucoup ces derniers temps, rentrait tard le soir, était souvent en déplacement. Ce week-end, ils n'avaient passé que la soirée de dimanche ensemble, et encore, ensemble était un bien grand mot. Lucas avait assisté impuissant à la défaite de son club de foot à la télé. De son côté, Ambre s'était fait deux épisodes de Squid Game : même si physiquement parlant elles étaient très éloignées, elle s'identifiait au personnage de Kang No-eul, peut-être en commun un passé douloureux. Ambre reprit ses esprits. Elle avait eu une idée pour raviver la flamme. Elle avait décidé de faire une surprise à Lucas. Hier, elle avait commandé pour ce soir chez leur traiteur préféré du quartier. Mais aussi, elle avait fait les boutiques. Elle avait acheté un ensemble sexy noir avec dentelle rouge : soutien-gorge, string et porte-jarretelles.
Elle le porterait ce soir avec des bas noirs, sous une minijupe rouge et un top sans manche blanc, et mettrait ses nouveaux escarpins rouges et noirs qui la grandissaient de douze centimètres. Et surtout, elle lui céderait ce soir, elle lui offrirait sa première fellation. Bridée par une éducation stricte en école catholique où la luxure est un péché capital, elle s'y était tout le temps refusée. Et puis elle avait l'appréhension de la première fois : qu'elle ne sache pas comment s'y prendre pour lui donner du plaisir, qu'il lui lâche tout dans la bouche sans l'avoir prévenue, qu'il lui en mette dans les yeux, qu'il tache les draps...
Mais ce soir, elle n'aurait pas peur !
Depuis quelques semaines, Lucas semblait plus fatigué, plus distant aussi. Pas froid. Juste ailleurs. Ambre avait mis ça sur le compte du travail. Il était commercial dans une grande boîte internationale, avec de lourdes responsabilités. Fin d'année difficile, dossiers en retard, pression pour atteindre les objectifs. Alors elle avait eu envie de lui rappeler leurs premiers mois. Elle avait planifié la soirée, dans une ambiance cosy, avec pour seul éclairage des guirlandes lumineuses à lumière chaude. Elle avait même réservé, pour le week-end suivant, une petite maison d'hôtes à deux heures de route, au milieu de nulle part. Rien que pour eux. Elle voulait lui annoncer tout ça ce soir. Le voir sourire, l'enlacer, le prendre en bouche le sentir défaillir pour la première fois sous les assauts de sa langue sur sa queue, le laisser décharger dans sa bouche avant d'aller l'embrasser pour partager son jus d'amour.
Malgré la routine, malgré la fatigue, ils étaient encore solides, c'était ça l'important. Ambre sortit son téléphone, prit un selfie cadré serré et le lui envoya, juste accompagné d'un smiley cœur rouge. Ce soir, pensa-t-elle. Ce soir, tout ira mieux.
De retour au cabinet, Ambre retrouva son bureau partagé avec Matthieu. Il devait avoir peut-être trente-cinq ans. Il était dans l'entreprise depuis une dizaine d'années et maîtrisait. Quand Ambre avait été embauchée, elle avait partagé le bureau de Duchemin qui aurait dû superviser son alternance, mais, à quelques années de la retraite, il ne s'était pas investi dans la mission. Matthieu avait fait ce qu'il avait pu pour aider Ambre, et rapidement le patron M. Lemaître s'en était aperçu et elle avait changé de bureau. Ambre l'aimait bien, même si leur relation se limitait au professionnel. Il avait un humour sec, une bienveillance discrète, et surtout une capacité étonnante à rester calme en toutes circonstances.
Il leva les yeux de son écran quand elle entra.
— Tu as une tête à te faire porter pâle, dit-il sans lever la voix.
Ambre posa son sac, soupira.
— J'ai la gorge en feu. J'ai l'impression d'avaler des lames de rasoir.
— Tu parles encore, c'est bon signe.
— Pour l'instant.
— Tu parles encore, c'est bon signe.
— Pour l'instant.
Elle s'assit, alluma son ordinateur. Le silence du bureau était ponctué par le cliquetis des claviers et le bourdonnement lointain de l'imprimante.
— Je prends des médicaments depuis hier, j'ai essayé tout ce que j'ai pu, mais rien n'y fait !
— Tu veux un secret de vieux ? demanda Matthieu après quelques secondes.
— Arrête, tu n'es pas vieux. Après moi, tu es le plus jeune dans la boîte. De toute façon, vu mon état, je prends tous les secrets.
— Tu veux un secret de vieux ? demanda Matthieu après quelques secondes.
— Arrête, tu n'es pas vieux. Après moi, tu es le plus jeune dans la boîte. De toute façon, vu mon état, je prends tous les secrets.
Il se pencha vers son tiroir, fouilla, puis en sortit un petit pot en verre brun, sans étiquette.
Ambre fronça les sourcils.
Ambre fronça les sourcils.
— C'est... légal ?
— Parfaitement. Enfin... je crois. C'est une potion miracle. Je la fais moi-même, je la tiens de ma grand-mère.
— Ah, une recette de grand-mère...
— Ne te moque pas. Miel, citron, thym, gingembre, un peu de propolis. Et un ingrédient secret.
— Lequel ?
— Si je te le dis, ce ne serait plus un secret.
— Parfaitement. Enfin... je crois. C'est une potion miracle. Je la fais moi-même, je la tiens de ma grand-mère.
— Ah, une recette de grand-mère...
— Ne te moque pas. Miel, citron, thym, gingembre, un peu de propolis. Et un ingrédient secret.
— Lequel ?
— Si je te le dis, ce ne serait plus un secret.
Ambre hésita. Elle prit le pot entre ses doigts.
— Tu veux vraiment que je prenne un truc non identifié, prescrit par un expert-comptable ?
— Je te rappelle que tu manges des plats préparés industriels depuis des années. Là, je te l'assure, c'est fabriqué uniquement avec des produits naturels.
— Touché.
— Je te rappelle que tu manges des plats préparés industriels depuis des années. Là, je te l'assure, c'est fabriqué uniquement avec des produits naturels.
— Touché.
Elle ouvrit le bouchon, huma. L'odeur était forte, piquante.
— Et ça marche vraiment ?
— Toujours. Enfin si on le prend comme il faut.
— Parce qu'il y a une manière de le prendre ?
— Oui, c'est un peu visqueux, l'idéal, c'est de le mettre le plus au fond de la gorge possible pour que ce soit efficace.
— Pas évident. Je ne sais pas si j'y arriverai.
— Mon ex avait une technique. Si tu veux la suivre, tu pourras demander à Lucas ce soir, lui répondit Matthieu avec un regard complice.
— Tu ne pourrais pas m'aider ? Plus tôt je me soigne, plus tôt je guéris.
— Disons que c'est gênant, je pense que tu ne vas pas apprécier... ce serait mieux avec Lucas.
— Vas-y, dis toujours !
— Bon, tu l'auras voulu. Mon ex n'arrivait pas à la prendre toute seule. Elle a eu une idée qui fonctionnait très bien. Elle me déposait la potion sur le bout du gland puis me faisait une fellation en gorge profonde. De cette façon, je lui déposais la potion là où il fallait.
— ...
— Je t'ai choquée ? Désolé...
— Toujours. Enfin si on le prend comme il faut.
— Parce qu'il y a une manière de le prendre ?
— Oui, c'est un peu visqueux, l'idéal, c'est de le mettre le plus au fond de la gorge possible pour que ce soit efficace.
— Pas évident. Je ne sais pas si j'y arriverai.
— Mon ex avait une technique. Si tu veux la suivre, tu pourras demander à Lucas ce soir, lui répondit Matthieu avec un regard complice.
— Tu ne pourrais pas m'aider ? Plus tôt je me soigne, plus tôt je guéris.
— Disons que c'est gênant, je pense que tu ne vas pas apprécier... ce serait mieux avec Lucas.
— Vas-y, dis toujours !
— Bon, tu l'auras voulu. Mon ex n'arrivait pas à la prendre toute seule. Elle a eu une idée qui fonctionnait très bien. Elle me déposait la potion sur le bout du gland puis me faisait une fellation en gorge profonde. De cette façon, je lui déposais la potion là où il fallait.
— ...
— Je t'ai choquée ? Désolé...
Elle reposa le pot sur son bureau.
— Effectivement, je vais attendre ce soir.
Matthieu sourit. Il s'imaginait Ambre en train de prendre son médicament. En lui indiquant la technique, une bonne petite érection lui était venue. Cette petite avait du charme avec ses yeux bleus derrière ses lunettes oversize à monture noire, son visage fin agrémenté d'un sourire impeccable et son chignon négligé blond. Avant, il l'avait toujours vue comme une collègue. Maintenant, pour la première fois, il la voyait comme une femme, une belle femme, désirable. Il l'aiderait bien à prendre la potion, et plus si affinités !
Ils travaillèrent quelques minutes en silence, puis Ambre relança la conversation.
— Lucas devrait rentrer ce soir.
— Devrait ?
— Oui. Il est à Nantes pour le boulot.
— C'est parfait, il va pouvoir te soigner !
— Peut-être. Je ne suis pas sûre d'y arriver.
— Comment ça, pas sûre ?
— Je n'ai jamais fait de fellation. Alors en gorge profonde... Mais ce soir, j'avais envie de lui faire une surprise et de le sucer pour la première fois. Tu ne pourrais pas m'apprendre, pour que je sache exactement comment faire ce soir ?
— Devrait ?
— Oui. Il est à Nantes pour le boulot.
— C'est parfait, il va pouvoir te soigner !
— Peut-être. Je ne suis pas sûre d'y arriver.
— Comment ça, pas sûre ?
— Je n'ai jamais fait de fellation. Alors en gorge profonde... Mais ce soir, j'avais envie de lui faire une surprise et de le sucer pour la première fois. Tu ne pourrais pas m'apprendre, pour que je sache exactement comment faire ce soir ?
Matthieu resta interdit. Il rêvait où sa collègue sur laquelle il venait de flasher lui proposait de le sucer ? Son érection redoubla et il se sentit à l'étroit dans son boxer. Il s'imaginait déjà Ambre à genoux devant lui, lui caressant son sexe dressé et lui massant les testicules. Sa langue parcourait sa verge puis elle le prenait en bouche. Elle le pompait avec avidité en faisant des petits bruits de succion, et il sentait son plaisir monter. Il lui mettait alors la main derrière sa tête et imprimait avec le bassin des mouvements de va-et-vient, allant de plus en plus vite jusqu'à décharger au fond sa gorge.
— Matthieu ? Matthieu, tu es là ?
— Oui, oui. Avec plaisir. Je peux t'aider !
— Oui, oui. Avec plaisir. Je peux t'aider !
Elle se leva pour lui faire un bisou sur la joue.
— Oh, c'est trop sympa de ta part, Matthieu !
Surpris, Matthieu rougit.
— Tu veux qu'on se mette où, Ambre ?
— On peut rester dans notre bureau, pourquoi veux-tu aller ailleurs ?
— Eh bien... si on nous surprend...
— Si on nous surprend ? C'est-à-dire ?
— ...
— Ne me dis pas que tu pensais que j'allais te sucer pour apprendre à faire une fellation !
— ...
— Et puis excuse-moi, je n'aurais pas dû te parler de mes histoires de cul. On oublie ça et on passe à autre chose.
— On peut rester dans notre bureau, pourquoi veux-tu aller ailleurs ?
— Eh bien... si on nous surprend...
— Si on nous surprend ? C'est-à-dire ?
— ...
— Ne me dis pas que tu pensais que j'allais te sucer pour apprendre à faire une fellation !
— ...
— Et puis excuse-moi, je n'aurais pas dû te parler de mes histoires de cul. On oublie ça et on passe à autre chose.
Matthieu, confus et honteux, reprit son travail. Mais qu'était-il allé s'imaginer ? "No zob in job", sinon tout risque de partir en sucette ! Reprends-toi ! Ambre est une collègue que tu apprécies, avec qui tu fais du bon travail. Ça serait dommage que sur un malentendu tout s'arrête ! Ambre avait le regard au plafond, comme absente.
— Ça va, Ambre ?
— Oui. Enfin non. Lucas n'est pas très présent en ce moment.
— Ça a l'air de te peser.
— Un peu. Mais j'ai prévu une surprise pour ce soir.
— Oui. Enfin non. Lucas n'est pas très présent en ce moment.
— Ça a l'air de te peser.
— Un peu. Mais j'ai prévu une surprise pour ce soir.
Matthieu se tourna vers elle, intéressé.
— Ah oui ? Quel genre ?
Ambre sourit, un sourire discret.
— Une soirée. Rien d'extravagant. Juste... nous rappeler pourquoi on est ensemble.
— C'est mignon.
— Tu trouves ?
— Oui. Beaucoup de gens oublient de faire ça.
— C'est mignon.
— Tu trouves ?
— Oui. Beaucoup de gens oublient de faire ça.
Ambre joua avec son stylo.
— Tu crois qu'on peut s'user, même sans s'en rendre compte ?
Matthieu réfléchit un instant.
— Je crois surtout qu'on peut croire que tout va bien, et ne pas poser les questions qui dérangent.
— Tu dis ça comme si tu parlais d'expérience.
— Peut-être.
— Tu dis ça comme si tu parlais d'expérience.
— Peut-être.
Un silence.
— Tu l'aimes ? demanda-t-il simplement.
— Oui. Évidemment.
— Oui. Évidemment.
Elle le pensait sincèrement.
La fin d'après-midi arriva plus vite que prévu. Ambre classait des documents quand son téléphone vibra. Un message de Lucas. Elle sourit avant même de le lire. Puis elle lut. "Désolé ma belle... imprévu de dernière minute au boulot. Je ne pourrai pas rentrer ce soir. Je reste jusqu'à jeudi. Je t'appelle plus tard." Son sourire disparut. Elle relut le message plusieurs fois, comme si les mots allaient changer. Jeudi. Encore deux jours. Une vague de déception la traversa, violente. Elle inspira profondément. Ce n'était pas dramatique. Juste... frustrant. Sa surprise tombait à l'eau. Tout ce qu'elle avait imaginé s'effondrait doucement.
Matthieu leva les yeux.
— Mauvaise nouvelle ?
— Il ne rentre pas.
— Ah...
— Jeudi seulement.
— Tu vas faire quoi de ta surprise ?
— Il ne rentre pas.
— Ah...
— Jeudi seulement.
— Tu vas faire quoi de ta surprise ?
Ambre haussa les épaules.
— Je la garde. Ou je l'annule. Je ne sais pas. Il faut que je voie avec le traiteur. J'avais réservé un dîner pour deux, je ne sais voir si ça peut attendre deux jours.
— Tout dépend de ce qu'il y a.
— Des sushis, c'est notre péché mignon. Et plein d'autres choses.
— Les sushis, ça ne tiendra pas jusqu'à jeudi. Il faudra que tu les manges ce soir toute seule. Ou que tu invites quelqu'un si tu ne veux pas risquer l'indigestion !
— Tout dépend de ce qu'il y a.
— Des sushis, c'est notre péché mignon. Et plein d'autres choses.
— Les sushis, ça ne tiendra pas jusqu'à jeudi. Il faudra que tu les manges ce soir toute seule. Ou que tu invites quelqu'un si tu ne veux pas risquer l'indigestion !
Ambre quitta le cabinet quand la nuit tombait déjà. L'air froid piqua sa gorge. Elle passa chez le traiteur qui lui confirma que les sushis n'attendraient pas jeudi. Elle rentra ensuite chez elle, posa ses affaires, puis ressortit presque aussitôt pour la salle de sport. Elle avait besoin de se défouler. Sur le tapis de course, elle courait mécaniquement, les écouteurs dans les oreilles, la musique forte. Un homme s'installa à côté d'elle, tenta un sourire, puis une phrase. Elle retira un écouteur.
— Pardon ?
— Je disais que tu avais un bon rythme.
— Merci.
— Tu viens souvent ici ?
— Je disais que tu avais un bon rythme.
— Merci.
— Tu viens souvent ici ?
Elle hocha la tête, remit son écouteur. Le message était clair. Il insista un peu, puis abandonna.
Elle rentra chez elle. Sous la douche, l'eau chaude apaisa enfin sa gorge et ses pensées. Elle se sentit vidée. Malgré sa séance de sport, elle n'avait pas très faim. En attendant, elle se fit un dîner simple et lança une série : Grey's Anatomy. Une valeur refuge. Des histoires qui font mal, mais finissent toujours par se réparer, au moins un peu.
Vers 20h30, son téléphone vibra. Appel vidéo WhatsApp entrant. Lucas. Elle répondit.
— Coucou.
L'image apparut... le cadrage était bizarre.
— Lucas ? Tu m'entends ?
Elle pouvait distinguer le visage de Lucas. Au-dessus, pas d'erreur possible, c'était le cul d'une femme qu'il était en train de bouffer ! Un cul doré, bien rebondi, sans aucune trace de cellulite. Et dans cette position, pas de doute possible, elle était en train de le sucer ! La main droite de Lucas était entre des deux globes de la jeune femme, un doigt tentant maladroitement de s'insérer en elle. Ambre se figea. Depuis combien de temps Lucas la menait-il en bateau ? Voilà qui expliquait la distance qu'elle avait sentie s'installer...
Elle reconnut les draps de Lucas. Le salaud ! Il n'était pas à Nantes, mais toujours à Paris. Le voyage d'affaires était un prétexte pour se taper cette pouffiasse ! Laquelle pouffiasse déplaça légèrement sa jambe gauche dont la cheville apparut à l'écran. Ce n'était pas possible, ce tatouage "Girl power", le même qu'elle portait ! Cette fille avec qui Lucas s'envoyait en l'air, c'était Laura, sa meilleure amie, sa sœur de cœur avec qui elle partageait tout. Ambre sentit son cœur se briser lentement. Des sons diffus provenaient du téléphone. Lucas se leva puis vint s'agenouiller derrière Laura pour la pénétrer. Ambre raccrocha et resta là quelques secondes. Puis tout s'effondra. Elle glissa contre le mur et pleura. Longtemps.
Ambre reprit ses esprits. Des larmes baignaient son visage. Elle prit un mouchoir en papier pour se l'essuyer. Son mascara avait coulé, elle devait avoir un visage à faire peur. Elle reprit son téléphone et chercha un nom dans son répertoire.
— Matthieu, tu peux venir ?
— Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne va pas ? On dirait que tu pleures.
— Viens, s'il te plaît.
— Je suis là d'ici une demi-heure.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne va pas ? On dirait que tu pleures.
— Viens, s'il te plaît.
— Je suis là d'ici une demi-heure.
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