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Chaleur Catalanes — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chaleur Catalanes
Chapitre 1
La chaleur de juillet à Barcelone n’était pas celle de la France. Elle était plus lourde, plus charnelle, comme si l’air lui-même avait une texture. Julien la ressentait sur ses épaules nues depuis qu’il avait posé son sac dans l’auberge de jeunesse du quartier de l’Eixample, et il s’y abandonnait avec une délectation qu’il ne se permettait jamais chez lui.
Il avait vingt-trois ans, un billet de train aller simple, et deux semaines devant lui. Rien d’autre. C’était exactement ce qu’il avait voulu.
Julien était grand — un mètre quatre-vingt-deux — et son corps portait les traces de cinq ans de natation compétitive. Ses épaules étaient larges, presque disproportionnées par rapport à sa taille de guêpe, ses bras longs et définis, les triceps saillants même au repos. Son torse, qu’il laissait souvent nu sous la chaleur catalane, était sculpté sans être excessif : des pectoraux fermes, des abdominaux en relief discret que l’on devinait davantage qu’on ne les voyait. Sa peau, naturellement claire, avait pris en quelques jours une teinte dorée qui faisait ressortir ses yeux verts. Il portait un simple short de bain bleu marine, des sandales, et rien d’autre.
Le premier soir, il s’était installé en terrasse d’un bar à tapas de la rue de Provença, une bière fraîche devant lui, le regard perdu dans le flux incessant des passants. Barcelone vivait la nuit d’une façon qui lui semblait presque obscène tant elle était généreuse — les rires, les corps, les parfums mêlés de jasmin et de friture, la musique qui s’échappait de partout.
C’est là qu’il avait vu Rafael.
Il était assis deux tables plus loin, seul lui aussi, un verre de vin rouge à la main, et il lisait. Ce détail avait d’abord amusé Julien — lire dans ce vacarme, avec cette lumière de lanternes vacillantes. Puis il avait cessé de trouver cela amusant, parce qu’il n’arrivait plus à regarder ailleurs.
Rafael avait vingt-cinq ans, bien qu’il en parût davantage — non pas à cause de rides ou de fatigue, mais à cause d’une certaine façon qu’il avait de prendre de la place, tranquillement, comme un homme qui n’a jamais eu à prouver quoi que ce soit. Il était espagnol, de Séville, comme Julien l’apprendrait plus tard. Sa peau était mate et sombre, ses cheveux noirs coupés court sur les côtés et légèrement plus longs sur le dessus, coiffés avec une négligence qui semblait calculée. Il portait une chemise blanche à manches courtes, ouverte sur deux boutons, et ce simple tissu ne suffisait pas à dissimuler ce qu’il y avait en dessous.
Rafael était bâti comme un rugbyman — non pas la masse grasse et lourde de certains joueurs, mais la version condensée et fonctionnelle de la puissance physique. Ses bras étaient épais, les biceps ronds et durs, les avant-bras striés de veines qui couraient jusqu’à ses grandes mains. Sa chemise tirait légèrement sur ses épaules et sa poitrine, révélant des pectoraux volumineux à chaque mouvement. Son cou était large, ses mâchoires carrées, et lorsqu’il tourna la tête — sentant peut-être le regard de Julien — ce dernier vit des yeux marron foncé, presque noirs, qui le fixèrent sans ciller pendant trois secondes entières.
Julien ne détourna pas les yeux. C’était nouveau pour lui.
Rafael posa son livre. Il prit son verre, se leva, et traversa la terrasse avec une lenteur délibérée. Il tira la chaise en face de Julien, s’assit, et posa son verre sur la table.
— Tu regardes depuis un moment, dit-il en français, avec un accent qui roulait les consonnes de façon presque indécente.
— Tu lisais depuis un moment, répondit Julien. Ça m’a intrigué.
Un sourire lent étira la bouche de Rafael — une bouche charnue, aux lèvres épaisses.
— Seulement le livre ?
Julien but une gorgée de bière sans répondre, mais il souriait. Rafael commanda deux verres de vin sans lui demander son avis. Julien ne dit rien.
Ils parlèrent pendant deux heures. De tout et de rien — de Barcelone, de leurs vies respectives, de la chaleur. Rafael était architecte, en déplacement professionnel pour la semaine. Julien était entre deux emplois, en fuite douce de sa propre vie. À un moment, Rafael posa sa main sur la table, paume vers le haut, sans rien dire, et Julien y glissa la sienne comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
La main de Rafael était grande, chaude, et elle se referma sur celle de Julien avec une fermeté qui n’était pas une question.
Ils marchèrent jusqu’à l’hôtel de Rafael — un établissement sobre du quartier gothique, pas luxueux mais discret. Dans l’ascenseur, Rafael se plaça derrière Julien et posa les deux mains sur ses hanches, ses lèvres contre sa nuque, et Julien sentit contre son dos la largeur de ce torse, la chaleur que ce corps dégageait comme une fournaise contenue. Il ferma les yeux. Ses mains à lui cherchèrent les avant-bras de Rafael et s’y accrochèrent, sentant les muscles jouer sous ses doigts.
— Tu sais ce que tu veux ? murmura Rafael contre sa peau.
— Oui, dit Julien.
La chambre était petite, la fenêtre ouverte sur le bruit lointain de la ville. Rafael alluma une seule lampe, celle du bureau, qui baignait la pièce d’une lumière chaude et basse. Puis il se retourna vers Julien et déboutonna sa chemise avec une lenteur appliquée, comme s’il avait tout son temps, comme s’il voulait que Julien regarde.
Et Julien regarda.
Le torse de Rafael était à couper le souffle. Large, épais, les pectoraux proéminents séparés d’un sillon profond, les abdominaux massifs et durs dessinés en blocs nets sous une peau sombre et lisse. Une ligne de poils noirs descendait du nombril vers la ceinture de son pantalon. Ses épaules, libérées de la chemise, étaient impressionnantes — rondes, denses, les deltoïdes formant des courbes que Julien voulut immédiatement toucher. Il s’approcha et posa les paumes à plat sur ce torse, sentit la chaleur, la dureté, le léger battement du cœur en dessous.
Rafael laissa faire pendant quelques secondes. Puis il attrapa les poignets de Julien, les ramena dans son dos, et l’attira contre lui.
— Je mène, dit-il simplement.
Ce n’était pas une menace. C’était une information. Et au regard que Julien lui rendit — yeux mi-clos, souffle court — Rafael comprit qu’il n’y aurait pas d’objection.
Ce qui suivit fut long, intense, et d’une précision presque cruelle. Rafael prit son temps avec le corps de Julien comme un homme qui connaît la valeur de la lenteur. Il le déshabilla entièrement, laissant ses grandes mains parcourir chaque centimètre de peau découverte — les clavicules, les côtes, le ventre plat et ferme, les cuisses longues de nageur. Julien se laissait faire, debout au milieu de la chambre, les bras le long du corps, le souffle déjà irrégulier.
Quand Rafael fit glisser le caleçon de Julien le long de ses jambes, il s’accroupit légèrement pour le ramasser et laissa son regard remonter lentement. Julien était déjà bandé — une érection fine et longue, bien proportionnée à son corps de nageur, légèrement courbée vers le haut, le gland rosé et déjà humide à la pointe. Rafael y posa deux doigts, presque distraitement, et Julien inspira brusquement.
— Bien, dit Rafael simplement.
Il se déshabilla à son tour avec cette même lenteur calculée. Quand son pantalon et son caleçon tombèrent, Julien retint son souffle. Le sexe de Rafael était à la mesure du reste de son corps — épais, lourd, nettement plus large que celui de Julien, à peine moins long mais d’une circonférence qui fit passer une onde de chaleur mêlée d’appréhension dans le ventre du jeune homme. Il était déjà tendu, dressé contre le bas-ventre, les veines saillantes sous la peau sombre.
— À genoux, dit Rafael.
Sa voix était calme. Pas d’agressivité, pas de brusquerie. Juste une certitude absolue.
Julien obéit.
Il prit Rafael dans sa bouche avec une avidité qui le surprit lui-même, les mains posées à plat sur les cuisses dures comme de la pierre. L’épaisseur de ce sexe lui écartait les lèvres de façon presque inconfortable, et il dut adapter sa respiration, trouver son rythme. Rafael posa une main dans ses cheveux — pas pour forcer, mais pour guider — et Julien laissa faire, fermant les yeux, se concentrant sur ce poids chaud et dense contre sa langue, sur les gémissements graves que Rafael retenait à peine. Il s’appliqua longuement, faisant glisser ses lèvres jusqu’à la base autant qu’il le pouvait, la mâchoire légèrement douloureuse et ne s’en souciant pas. Quand il sentit les cuisses de Rafael se contracter, la main dans ses cheveux se resserra et l’en écarta d’une pression ferme.
— Sur le lit. Sur le ventre.
Julien s’exécuta. Il entendit Rafael fouiller dans son sac, le froissement d’un emballage, puis le matelas se creusa sous le poids de l’autre homme qui s’installait derrière lui. Les grandes mains revinrent sur ses fesses, les pétrissant sans hâte, les écartant doucement. Julien enfouit son visage dans l’oreiller et serra les draps dans ses poings.
Rafael prit un temps interminable à le préparer — les doigts d’abord, méticuleux et précis, attentifs à chaque réaction, s’arrêtant quand Julien se raidissait, reprenant quand il se détendait. C’était une forme de torture douce et délibérée, et Julien gémissait dans le tissu blanc en murmurant des choses qu’il n’entendait pas lui-même. Quand il fut prêt — vraiment prêt, le corps ouvert et impatient — il tourna la tête sur le côté.
— S’il te plaît, dit-il.
Rafael s’approcha, et Julien sentit contre lui cette épaisseur, la pression au centre de son corps, la résistance initiale puis l’ouverture progressive. Rafael entra en lui lentement, avec une maîtrise de lui-même que Julien trouva presque inhumaine. Il sentit chaque centimètre de cette progression, l’étirement intense et la brûlure se dissoudre en une plénitude qui lui coupa le souffle. Rafael s’immobilisa quand il fut entièrement enfoncé en lui, les hanches collées contre les fesses de Julien, posant les lèvres entre ses omoplates, lui laissant le temps de s’adapter à cette masse qui l’occupait entièrement.
Puis il commença à bouger.
D’abord lent — des allers-retours profonds et mesurés, ce sexe épais se retirant presque entièrement avant de revenir s’enfoncer, faisant gémir Julien à chaque poussée, le souffle coupé net puis relâché en un long soupir. Rafael travaillait avec une efficacité tranquille, ajustant l’angle, cherchant la réaction exacte, et quand il la trouva — quand Julien mordit l’oreiller en arquant le dos — il s’y tint avec obstination.
— Là, dit Julien. Ne bouge pas de là.
Rafael n’en fit qu’à sa tête. Il accéléra progressivement, les hanches claquant contre les fesses de Julien avec un bruit charnel et régulier, les doigts s’enfonçant dans sa chair. Julien, les avant-bras à plat sur le matelas, se laissait porter par chaque impact, sentant cette épaisseur le traverser encore et encore avec une régularité qui le vidait de toute pensée cohérente. La tête de lit heurtait doucement le mur.
Rafael se redressa, attrapant les hanches de Julien à deux mains, et prit un rythme plus puissant — des coups de reins francs et profonds qui faisaient saillir les muscles de ses cuisses et contractaient ses abdominaux à chaque impact. Julien sentait le poids de ce corps en mouvement derrière lui, la sueur qui commençait à briller sur le torse de Rafael lorsqu’il tourna brièvement la tête. La vue de ces bras tendus, de ces muscles au travail, lui fit fermer les yeux à nouveau.
À un moment, Rafael se pencha en avant, couvrant entièrement le corps de Julien du sien, ses lèvres contre son oreille.
— Tu es bien ? murmura-t-il.
— Oui, dit Julien d’une voix qu’il ne reconnut pas. Oui. Continue.
Rafael glissa une main sous le ventre de Julien, referma ses doigts autour de son sexe tendu et humide, et commença à le caresser en cadence avec ses propres mouvements. Julien cessa de retenir quoi que ce soit. Les sons qui lui échappaient alors étaient crus et involontaires, et ils semblaient plaire à Rafael dont la respiration se fit plus rauque, le rythme plus urgent, les coups de reins plus courts et plus durs.
La fin arriva vite après cela — pour Julien d’abord, dans un spasme long et violent qui lui tira un cri étouffé et contracta tous les muscles de son corps, son sexe se vidant entre les doigts de Rafael. Rafael le sentit se serrer autour de lui et lâcha prise à son tour quelques secondes plus tard, les hanches pressées à fond contre Julien, un grognement sourd contre sa nuque.
Ils restèrent immobiles un long moment, le temps que leurs souffles se calment, les corps entremêlés et moites dans la chaleur barcelonaise.
Au petit matin, les draps tordus et la fenêtre toujours ouverte sur Barcelone qui recommençait à vivre, Julien était allongé contre le flanc de Rafael, la tête sur ce torse large et chaud, à écouter sa respiration ralentir.
— Tu repars quand ? demanda Rafael.
— Dans douze jours.
Un silence. La main de Rafael remonta lentement le long du dos de Julien.
— C’est long, douze jours, dit-il.
Julien sourit contre sa peau.
— Ou très court, dit-il.
Dehors, la chaleur recommençait.
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