Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La voix de Lilly — Chapitre 1 · Rencontre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La voix de Lilly
Chapitre 1 · Rencontre
— Environ 1450 mots - 5 à 6 minutes de lecture —
- Rencontre -
Une petite voix s'éleva dans le silence qui suivait la dernière phrase du maître de conférence. Je fus immédiatement séduit non seulement par la pertinence de la question mais également par ce joli timbre féminin. Il avait un je-ne-sais-quoi de candeur, de naïveté qui me plurent tout de suite.
À l'inverse de beaucoup d'hommes, ce n'était pas tant le regard que les sons qui mobilisaient mon attention. Pour traduire cela en mots crus : une video de cul sans son ne me faisait que peu d'effet. En revanche entendre la voisine du dessus s'extasier durant ses ébats nocturnes ne me laissait pas du tout insensible. Ma qualité de musicien et d'instrumentiste devait y être pour quelque chose.
Il était rare qu'une étudiante prenne la parole en amphi. Neuf fois sur dix, c'était un étudiant initiait le débat, pas une. La sonorité de cette inflexion claire et assurée — bien que peu puissante — me ravit les oreilles plus qu'elle ne me surprît. Et l'à-propos ainsi que la justesse de son intervention m'emballèrent l'intellect. Une voix masculine m'aurait peut-être rendu un peu jaloux d'avoir relevé ce paradoxe mathématique, comme ça, en plein cours, sans que je n'y aie pensé auparavant. Cette interruption faite par une gorge féminine, elle, me conquit sur-le-champ : la forme avait primé sur le fond. Boys will be boys.
Équivalent anglo-saxon de "Paris sera toujours Paris". Les choses ne changent pas.
J'hésitai une seconde à me retourner : dans une assemblée, tout le monde ou presque tourne la tête pour voir qui parle. Sauf que j'ai horreur de faire mon mouton de Panurge
Faire comme tout le monde, sans réfléchir
. Un vrai mulet. Réprimant mon envie, je me contentai de regarder le professeur se retourner et préparer sa réponse. Il commença par un flatteur « Excellente remarque » puis argumenta afin de dissoudre tout doute. Sa démonstration fut courte, rapide, efficace, redoutable. Enfin, soyons clairs : sans entrer dans les détails techniques, la question était d'une justesse incroyable, et montrait sans l'ombre d'un doute que la fille maîtrisait son sujet. Bien mieux que la plupart des étudiants de la salle, c'était sûr.
Durant le reste du cours, entre deux prises de note, je m'interrogeai. Ça devait bien carburer sous ses couettes, ça me donnait très envie de la connaître. Et sa voix si particulière, si mignonne, m'avait vraiment séduit. Un peu comme certaines chansons ou musiques qui, dès la première écoute, vous donnent la certitude que vous l'écouterez ad nauseam
Jusqu'à saturation, jusqu'au dégoût
dans les jours suivants. Elle n'avait parlé que quelques secondes et pourtant sa voix résonnait encore dans ma tête. Une demi-heure plus tard, le maître de conférence s'interrompit soudain pour lancer un « Oui ? » en levant le menton vers le fond de la salle. Mon cœur s'emballa, je retins mon souffle pour entendre avec déception une voix quelconque s'exprimer. Je ne me souviens même plus de ce dont il s'agissait — femme ou homme — je crois que mes oreilles se sont fermées dès l'arrivée des premiers mots.
Enfin, le cours s'acheva. Je me levai rapidement et partis du côté de la salle d'où venait la voix, en quête d'un visage qui pouvait correspondre à ce que j'avais entendu. Sur quels critères autres que l'intuition ? Aucun. Il y avait bien cette fille qui venait de se lever, encore derrière le pupitre. Elle devait être métissée, probablement quarteron
Personne dont trois des grands-parents appartiennent à une ethnie, et le/la quatrième à une autre assez différente
voire octavonIdem, avec sept arrière-grands-parents contre un·e seul·e
vus ses cheveux châtain clair et légèrement ondulés, à la limite de la blondeur. Mais sa peau très mate, couleur caramel fort délayé de lait, laissait quand même présager un mélange ethnique dans son arbre généalogique. Sa chevelure descendait jusqu'au milieu du dos, et n'était pas attachée. Elle était de taille moyenne, ne portait pas de lunettes, était habillée d'une façon on ne peut plus classique en jeans et tee-shirt. Sa taille était fine et marquée, sa poitrine et ses fesses étaient généreuses sans être débordantes. Était-ce elle ? Comment savoir ? Pour en avoir le cœur net, je m'approchai d'elle, pendant qu'elle remontait les marches vers la sortie de l'amphi. D'autres étudiants me gênaient dans ma progression, et j'essayais de slalomer entre eux sans les cogner, pas facile. Elle discutait avec une fille et un gars tout en progressant vers le fond de la salle. Ce faisant, je réalisai que je frisais le stalking, en suivant ainsi une fille random juste parce qu'elle avait une voix que je trouvais craquante.
Lorsque j'arrivai derrière le trio, j'avais changé d'avis : je ne voulais pas être le cringe de service ; je décidai de laisser tomber, de les dépasser pour sortir et oublier cette histoire de "fille-à-la-voix-ensorcelante". Par un heureux hasard, elle se tut et laissa la parole à sa copine. Les dieux m'avaient entendu et décidé de m'aider à passer à autre chose. La copine prononça quelques phrases, puis ce fut le gars qui s'exprima. Malgré moi, je pus entendre de quoi ils parlaient : du cours auquel nous venions d'assister.
Nous continuions d'avancer, nous dirigeant avec le flux des autres étudiants vers les double-portes de sortie. J'avais décidé de dépasser le petit groupe après les avoir franchies et d'arrêter cette "enquête" stupide et presque malsaine… mais la fille reprit la parole et je reconnus immédiatement sa voix.
Un prénom fut lâché, "Fred". C'était le nom du boug. Nous avons parcouru les derniers mètres jusqu'aux portes tous les quatre. Enfin, eux trois, moi juste derrière, et la moitié de reste de l'amphi juste après. La seconde suivante, nous passions dans le hall. Alors que j'avais accéléré le pas pour dépasser le trio, je me surpris à apostropher la fille dans son dos :
— Hey, pour le coup des algèbres de Lie, tu m'as bluffé ! Trop bien pensé, approche très élégante, bravo !
Les trois s'arrêtèrent et se retournèrent, un peu étonnés d'entendre un quatrième venu de nulle part leur parler. Fred s'orienta légèrement vers celle à qui je venais de m'adresser :
— Et alors, Lilly, qui c'est qu'avait raison ?
Il souriait en disant ça. Il devait être de mon avis. En fait, difficile de ne pas avoir été bluffé. À part ceux qui ne maîtrisaient pas encore les arcanes de l'algèbre — avec tous ses corps, ses anneaux, ses idéaux et autres espaces vectoriels — et qui devaient être carrément dépassés.
Je n'en revenais pas de leur avoir adressé la parole ainsi de dos. Ça avait été une pulsion, quelque chose qui m'avait complètement échappé, qui ne me ressemblait pas. Mais j'avais entendu son prénom ! Lilly. L'intéressée me répondit :
— Ouais, mais j'étais à côté de la plaque.
— Peut-être, sauf que le prof t'a dit que c'était une bonne remarque et…
— Une excellente remarque, me coupa Fred en rigolant
— Peut-être, sauf que le prof t'a dit que c'était une bonne remarque et…
— Une excellente remarque, me coupa Fred en rigolant
Je ne m'en offusquai pas, d'abord parce qu'il avait raison, ensuite car son visage franc et souriant montrait une certaine bienveillance. En fait, il avait une tête qui attirait la sympathie. Je repris :
— Oui t'as raison. Il a dit que c'était une excellente remarque et franchement, tu m'as tué avec ta question. Tu maîtrises l'algèbre, y a pas à dire !
— C'est une tronche, notre petite Lilly, dit Fred en rigolant, passant son bras derrière les épaules de cette dernière en la secouant un peu.
— C'est une tronche, notre petite Lilly, dit Fred en rigolant, passant son bras derrière les épaules de cette dernière en la secouant un peu.
Merde ! C'est sa meuf et il veut bien me le faire savoir : chasse gardée !
Nous discutâmes tous les quatre quelques instants du cours et du professeur. Puis l'autre fille fit remarquer l'heure : il était temps pour eux de filer au restaurant universitaire s'ils voulaient éviter de faire trop de queue et trouver de la place pour trois sans difficulté. Ce dur rappel à la réalité me fit l'effet d'une douche froide. On était si bien, là. Je ne sais pas si Lilly remarqua mon désarroi de me faire planter en pleine discussion, mais en tout cas elle me proposa de les accompagner pour continuer la conversation. Et, comble du bonheur, la copine - dont j'ignorais toujours le nom - prit la main de Fred et nous nous dirigeâmes tous les quatre vers le resto U.
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Commentaires ()
Effectivement, j'avais déjà publié ce chapitre il y a trois et demi. Il était resté en ligne quelques mois.
Bonne mémoire !
Je me demande si mon impression de "déjà lu" est justifiée quant à ce texte, ou si je le confond avec un autre...
Merci.
Merci.
Vivement la suite !
Hâte de découvrir la suite.