Lesbiennes
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Cours de droit... Privé — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cours de droit... Privé
Chapitre 1
Le brouhaha de l'amphithéâtre me submerge. L'excitation de la rentrée est effervescente.
Les sacs qui claquent, les chaises qu'on tire, les voix trop fortes...
Je suis là, gobelet de café à moitié vide posée sur le bord du pupitre, à me demander pourquoi le droit historique existe, et pourquoi j'ai choisi ça.
Je suis là, gobelet de café à moitié vide posée sur le bord du pupitre, à me demander pourquoi le droit historique existe, et pourquoi j'ai choisi ça.
Et puis elle entre.
Pas de mot, pas de salutation, juste cette façon imposante de traverser l'espace. Droite, calme, souveraine.
Ses cheveux gris et courts, ses yeux noirs et ses traits sévères dominant chacun de nous ici.
Ses cheveux gris et courts, ses yeux noirs et ses traits sévères dominant chacun de nous ici.
Madame Casal.
Le nom sonne comme un écho dans la salle, porté par la rumeur des anciens étudiants.
La prof la plus dure de la fac.
La plus intransigeante
Exigeante.
Sans pitié.
La plus intransigeante
Exigeante.
Sans pitié.
Elle pose son ordi portable sur le bureau, ajuste ses cheveux en arrière, et d'un geste presque théâtral, fait taire cent cinquante personnes d'un simple silence.
Sa voix a quelque chose de brute. Grave, précise, avec cette chaleur mais cette rigueur qu'on ne peut pas feindre.
Elle nous observe avec ce petit sourire en coin, presque amusée devant notre jeunesse, devant notre naïveté, et quand elle parle, quand elle se présente et commence le cours, c'est tout le monde qui l'écoute. Pas que c'est particulièrement intéressant, mais parce qu'elle rend ça intéressant.
Elle parle de la Rome antique, de la notion de justice comme fondement de la civilisation, de la première loi gravée sur la pierre.
Personne ne moufte.
Moi non plus.
On la regarde.
Happés.
Personne ne moufte.
Moi non plus.
On la regarde.
Happés.
Au début, je note pour me donner bonne conscience, puis j'oublie vite mon stylo. Madame Casal raconte comme on raconte une histoire qu'on aime. Avec détails. Avec anecdotes croustillantes. Avec passion.
Ses mains, fines et veinées, ponctuent lses phrases, sûres, bien placées. Elle ne lit pas. Elle ne récite pas. Elle explique à peine.
Elle fait carrément vivre cette leçon.
Elle fait carrément vivre cette leçon.
Chaque mot semble tomber à sa place. Inébranlable. Incontestable.
Et je me dis que peut-être, ce cours ne sera pas une corvée.
Et je me dis que peut-être, ce cours ne sera pas une corvée.
Un étudiant entre en retard, et le bruit qui fait en ouvrant la double porte battante de l'amphi nous faire presque tous sursauter.
On est violemment tirés de notre accaparement, presque frustrés de cette soudaine douche froide, et puis...
Il avance sous nos yeux, d'abord en souriant, puis, ralentit la descente des marches qui bordent chaque rangée de strapontins devant nos regards médusés.
Il bredouille une excuse maladroite, qu'il se sent, devant ce silence pesant, obligé de formuler.
On est violemment tirés de notre accaparement, presque frustrés de cette soudaine douche froide, et puis...
Il avance sous nos yeux, d'abord en souriant, puis, ralentit la descente des marches qui bordent chaque rangée de strapontins devant nos regards médusés.
Il bredouille une excuse maladroite, qu'il se sent, devant ce silence pesant, obligé de formuler.
Madame Casal se tourne vers lui, lentement. Toujours ce sourire maîtrisé.
— Non, monsieur, pas aujourd'hui.
C'est dit sans colère, mais avec cette autorité douce qui ne laisse pas d'alternative. Le jeune homme ressort, rouge de honte. Dans la salle, plus personne ne respire.
La prof reprend comme si de rien n'était.
La voix revient, souple, captivante. Puis elle pose une question - un subtilité, un lien entre deux textes, anciens, mais connus.
Le calme plat. Les étudiants s'observent, mutiques. Mais ne savent pas.
La voix revient, souple, captivante. Puis elle pose une question - un subtilité, un lien entre deux textes, anciens, mais connus.
Le calme plat. Les étudiants s'observent, mutiques. Mais ne savent pas.
Je sens que Madame Casal attend. Ses yeux noirs se plissent, intriguée, comme pour essayer d'analyser celui ou celle, parmis nous, qui saura l'étonner.
La convaincre.
L'impressionner.
Cette seule idée me fait frémir. L'adrénaline pulse dans mes veines. Et avant de réfléchir, ma main se lève.
La convaincre.
L'impressionner.
Cette seule idée me fait frémir. L'adrénaline pulse dans mes veines. Et avant de réfléchir, ma main se lève.
— Oui ?
Ses yeux se posent immédiatement sur moi, et tout à coup, ça devient concret.
Elle m'interroge.
Elle m'interroge.
Moi, lui répondant à elle, devant tout un amphithéâtre...
Je réplique. Pas immédiatement. Le stress me fait d'abord oublier, puis les connexions cérébrales reviennent.
Je bafouille un truc.
Pas sûre de moi.
Elle m'écoute, sans m'interrompre, avec un respect presque cérémonial que je ne mérite pas.
Puis elle hoche la tête, léger.
Je bafouille un truc.
Pas sûre de moi.
Elle m'écoute, sans m'interrompre, avec un respect presque cérémonial que je ne mérite pas.
Puis elle hoche la tête, léger.
— Pas faux. Je ne pensais pas à ces textes-ci, mais votre remarque est très pertinente. Mademoiselle… ?
— Zélie Amerio....
— Zélie.
— Zélie Amerio....
— Zélie.
Un sourire presque imperceptible. Et je sens quelque chose trembler en moi. Ce n'est pas grand-chose, pourtant. J'ai juste répondu à une question, mais sa façon de me regarder... De me considérer...
Mes mains en tremblent.
À la fin du cours, madame Casal range ses affaires. Les étudiants sortent en grappes, dans des rires animés. Je passe près du bureau, lui glisse un “merci, c'était passionnant”.
Je me sens un peu honteuse, parce que j'ai l'impression de lui faire de la lèche... Mais... J'ai tellement aimé ce cours, tellement aimé notre échange, tellement aimé son aura... Que ça me pousse à venir lui parler.
À venir... Lui rappeler que j'existe.
Je me sens un peu honteuse, parce que j'ai l'impression de lui faire de la lèche... Mais... J'ai tellement aimé ce cours, tellement aimé notre échange, tellement aimé son aura... Que ça me pousse à venir lui parler.
À venir... Lui rappeler que j'existe.
C'est pitoyable, ma pauvre Zélie... Alors on en est encore là ? À essayer de t'aimer au travers du regard des autres ?
Je regrette aussitôt. Je regrette aussitôt mes mots prononcés.
Mais...
Elle relève la tête, ses pensées interrompues par ma présence.
Mais...
Elle relève la tête, ses pensées interrompues par ma présence.
— Je vous remercie, dit-elle. Mais vous savez, Zélie, ce c'est que le début. L'histoire du droit a plus de chair qu'on ne le croit. Vous verrez...
Je ne sais pas si c'est sa voix, basse, le mot “chair”, ou le ''vous verrez'' prometteur qui me trouble, mais je sors sans répondre, le cœur un peu trop rapide pour un simple cours de début d'année.
...
Les cours se succèdent pendant les semaines qui suivent et, à chaque fois, je sens ce même frisson en voyant la silhouette de Madame Casal entrer dans l'amphithéâtre.
Toujours impeccable, élégante en costume sombre, chemisette légèrement ouverte au col, voix posée mais capable de remplir tout l'espace.
Je me surprends à anticiper ses gestes : la façon dont elle ajuste ses cheveux courts et gris, ce tic qu'elle a de se mordre la lèvre quand elle cherche sur son ordinateur un document à nous montrer sur la toile du vidéoprojecteur, ce mouvement de tête qui fait taire les bavardages....
Je participe plus volontiers, et elle me remarque. Pas d'un regard qui juge, mais... D'un regard qui capte. Qui déstabilise. Qui laisse place au silence plus qu'aux mots.
Le cours d'aujourd'hui parle de l'évolution du code civil. Les phrases de la prof résonnent en moi, toujours aussi incisivement, me passionnant jusqu'à l'âme.
Mais, au fil de ses mots, des idées, des pensées, des liens se font dans ma tête.
Je lève la main pour parler ; elle s'interrompt presque sur-le-champ, interloquée, et me donne la parole.
Mais, au fil de ses mots, des idées, des pensées, des liens se font dans ma tête.
Je lève la main pour parler ; elle s'interrompt presque sur-le-champ, interloquée, et me donne la parole.
— Oui ?
Alors j'interviens. Je dis ce que j'ai à dire, même si ce n'est peut-être pas intéressant.
Mais tout le monde me fixe.
Elle aussi.
Et... Elle me sourit.
Mais tout le monde me fixe.
Elle aussi.
Et... Elle me sourit.
Ça peut paraître débile, dit comme ça, mais... Ce n'est pas un de ces sourires de d'habitude, souvent curieux, amusés et contrôlés.
C'est un sourire un peu tendu, s'accompagnant d'un regard qui s'attarde. Qui brille. Qui touche.
Quelque chose... De particulier. Une suspension du temps.
Ses yeux se baissent et elle acquiesce.
C'est un sourire un peu tendu, s'accompagnant d'un regard qui s'attarde. Qui brille. Qui touche.
Quelque chose... De particulier. Une suspension du temps.
Ses yeux se baissent et elle acquiesce.
L'espace d'un court instant, je crois la voir rougir légèrement, peiner à avaler sa salive ou à reprendre ses esprits, mais elle nous tourne le dos et montre, de sa main, la toile du vidéoprojecteur.
— Remarque très pertinente, Zélie, comme d'habitude. Bien, ce que vous voyez là, ce sont les premiers textes existants du code civil actuel. Les tout premiers prémices de...
Elle poursuit son cours, comme si de rien n'était, mais moi, ce regard troublé, ce soudain désir, que j'ai ressenti... Et que je crois, elle a ressenti aussi... Je ne m'en remets pas.
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Commentaires ()
Je vais goûter les chapitres suivants. Votre technique de récit est descriptive et progressive on se coule, du moins je me coule, dans ce double désir naissant. c'est tout l'intérêt érotique, vous savez me faire ressentir physiquement cette montée du désir.
Merci beaucoup.
Je commenterais les chapitres suivants.
Ralph
Je vais goûter les chapitres suivants. Votre technique de récit est descriptive et progressive on se coule, du moins je me coule, dans ce double désir naissant. c'est tout l'intérêt érotique, vous savez me faire ressentir physiquement cette montée du désir.
Merci beaucoup.
Je commenterais les chapitres suivants.
Ralph