Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'encre des Desirs — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'encre des Desirs
Chapitre 4
L'encre des désirs
Épisode 4
Le claquement de la portière de la berline sonna comme un signal de fin. Julie se retrouva enfermée dans cet habitacle luxueux, isolée du monde extérieur, de son agence et de ses responsabilités. L'odeur du cuir neuf se mélangeait au parfum boisé de Monsieur Master, créant une atmosphère étouffante et grisante. Elle restait figée sur son siège, les mains crispées sur son sac à main posé sur ses genoux.
Épisode 4
Le claquement de la portière de la berline sonna comme un signal de fin. Julie se retrouva enfermée dans cet habitacle luxueux, isolée du monde extérieur, de son agence et de ses responsabilités. L'odeur du cuir neuf se mélangeait au parfum boisé de Monsieur Master, créant une atmosphère étouffante et grisante. Elle restait figée sur son siège, les mains crispées sur son sac à main posé sur ses genoux.
Luc Master démarra le moteur dans un ronronnement imperceptible. Il maniait le volant avec une aisance décontractée, comme s'il était chez lui partout. Julie, elle, se sentait comme une intruse dans sa propre vie. Elle le regardait du coin de l'œil, essayant de déchiffrer ce profil calme. Qui est cet homme ? La question tournait en boucle dans sa tête, frappant contre ses tempes comme un tambour. Est-ce lui ? Est-ce lui qui, la nuit, se transforme en ce "Luc" mystérieux qui manipule ses nerfs à travers les pages d'un livre bleu nuit ? Tout semblait trop coïncider : le prénom, l'autorité, cette façon de la regarder comme s'il connaissait déjà la texture de sa peau.
Elle mourait d'envie de lui poser la question, de briser ce silence pour lui demander s'il était l'auteur de ses tourments. Mais les mots restaient bloqués dans sa gorge. Elle n'osait pas. Face à lui, elle se sentait petite, presque insignifiante, comme si poser la question équivalait à avouer sa propre défaite.
Le silence dura de longues minutes, seulement rythmé par le cliquetis du clignotant. Julie était perdue dans ses pensées, imaginant mille scénarios, quand la voix de Monsieur Master la ramena brutalement à la réalité.
— Alors, Julie… Où avez-vous envie d'aller manger ?
— Alors, Julie… Où avez-vous envie d'aller manger ?
Elle sursauta, comme si on venait de la réveiller en sursaut. Elle ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Ses pensées étaient tellement embrouillées qu'elle était incapable de se souvenir du nom d'un seul restaurant à Lyon, elle qui en connaissait pourtant des dizaines. Elle restait là, la bouche entrouverte, l'air totalement perdu.
Luc laissa échapper un petit rire, un son grave et moqueur qui ne fit qu'accentuer son malaise. Il semblait s'amuser de son désarroi, jouant de son trouble comme on joue d'un instrument.
Luc laissa échapper un petit rire, un son grave et moqueur qui ne fit qu'accentuer son malaise. Il semblait s'amuser de son désarroi, jouant de son trouble comme on joue d'un instrument.
— Je vois que vous avez l'esprit ailleurs, reprit-il avec un sourire en coin. Ce n'est pas grave. Je vais décider pour vous. On va aller chez Jean, un petit bouchon dans le Vieux Lyon. C'est un endroit que je connais très bien, on y est tranquille pour discuter des fameux "détails" restants.
Julie hocha simplement la tête. Elle n'avait même plus la force de proposer quoi que ce soit. Il décidait, et c'était presque un soulagement de le laisser faire.
Le trajet vers Saint-Jean commença. Les embouteillages lyonnais de la mi-journée ralentissaient leur progression, transformant les quais du Rhône en une file ininterrompue de voitures. Julie regardait les passants sur le trottoir, des gens normaux qui allaient déjeuner, ignorant tout du séisme qui secouait ses sens.
Arrivés à un feu rouge près du pont Bonaparte, la voiture s'immobilisa. Julie fixait le tableau de bord, cherchant à reprendre une contenance, quand elle sentit soudain une chaleur intense sur sa jambe. Elle sursauta violemment. La main de Monsieur Master venait de se poser sur sa cuisse, juste au-dessus du genou.
Sa première réaction fut une envie de reculade. Un réflexe de défense. De quel droit ce type se permettait-il un geste aussi audacieux, aussi déplacé ? Elle voulut saisir son poignet pour retirer cette main, elle voulut lui dire ses quatre vérités, l'envoyer paître et sortir de cette bagnole. Elle tourna la tête vers lui, prête à exploser, mais elle croisa son regard. Ses yeux clairs la transperçaient littéralement. Il ne souriait plus. Il la regardait avec une intensité froide, une autorité qui semblait lui dire : « Ne bouge pas. »
Julie baissa les yeux sur cette main d'homme posée sur son tailleur. Un frisson violent, électrique, partit de ses pieds pour remonter jusqu'à la pointe de ses cheveux. Elle sentit son souffle se raccourcir. Elle lutta une seconde, puis elle abandonna. Elle lâcha un long soupir et décida de ne rien faire. Elle resta immobile, laissant cette main là où elle était. Elle commença même, malgré elle, à apprécier la chaleur qui irradiait à travers le tissu de sa jupe, remontant lentement le long de sa cuisse pour finir par s'installer dans son bas-ventre. Elle se sentait honteuse, mais le plaisir de cette main dominatrice était plus fort que tout.
Monsieur Master ne retira pas sa main quand le feu passa au vert. Il conduisit d'une seule main jusqu'au quartier Saint-Jean, maintenant cette pression constante sur sa cuisse, comme pour lui rappeler à chaque seconde qu'il avait pris possession d'elle.
Ils arrivèrent enfin près de la zone piétonne. Luc Master s'engagea dans la rampe d'un parking privé, une petite cour intérieure cachée derrière une lourde porte cochère. Il gara la voiture avec précision. Le moteur s'éteignit, et le silence qui suivit fut encore plus lourd qu'auparavant.
Il sortit de la voiture, fit le tour avec un pas mesuré, et vint ouvrir la portière de Julie. Il lui tendit la main, paume vers le haut. Julie hésita une fraction de seconde, puis elle posa ses doigts dans les siens pour s'aider à sortir.
Dès que leurs peaux se touchèrent, une véritable décharge électrique lui secoua le bras. Julie sursauta et un petit gémissement s'échappa de ses lèvres. Ce n'était pas de la douleur, ni vraiment de la peur. C'était la surprise brute d'une connexion physique trop intense. Elle leva les yeux vers lui, le souffle coupé.
Il sortit de la voiture, fit le tour avec un pas mesuré, et vint ouvrir la portière de Julie. Il lui tendit la main, paume vers le haut. Julie hésita une fraction de seconde, puis elle posa ses doigts dans les siens pour s'aider à sortir.
Dès que leurs peaux se touchèrent, une véritable décharge électrique lui secoua le bras. Julie sursauta et un petit gémissement s'échappa de ses lèvres. Ce n'était pas de la douleur, ni vraiment de la peur. C'était la surprise brute d'une connexion physique trop intense. Elle leva les yeux vers lui, le souffle coupé.
Monsieur Master la regardait avec ce sourire qui commençait à l'envoûter totalement. Il ne lâchait pas sa main, enserrant ses doigts dans les siens avec une fermeté tranquille.
— Tout va bien, Julie ? demanda-t-il, sa voix de basse vibrant dans l'air frais du parking.
— Tout va bien, Julie ? demanda-t-il, sa voix de basse vibrant dans l'air frais du parking.
Elle ne put que hocher la tête, incapable de décrocher un mot. Elle se sentait devenir folle de l'intérieur. Cet homme la rendait dingue, et le pire, c'est qu'il le savait parfaitement.
— On va finir à pied, expliqua-t-il en l'entraînant doucement. La rue est piétonne, et c'est bien plus agréable pour marcher un peu avant de s'attabler.
— On va finir à pied, expliqua-t-il en l'entraînant doucement. La rue est piétonne, et c'est bien plus agréable pour marcher un peu avant de s'attabler.
Elle le suivit, la main toujours prisonnière de la sienne, ses talons claquant sur les pavés du Vieux Lyon. Elle savait que chaque pas l'éloignait de la femme qu'elle était ce matin. Elle était désormais Julie, celle qui suivait, celle qui obéissait.
Julie suivait le mouvement, presque portée par la poigne de Monsieur Master. En arrivant devant le bouchon « Chez Jean », elle vit la petite file d'attente qui s'étirait sur le pavé. Des touristes et des habitués scrutaient leur montre, espérant qu'une table se libère enfin. Sans un regard pour eux, sans même ralentir, Luc fendit la foule. Il ne les voyait pas, ils n'existaient pas. Sa main restait fermement verrouillée sur celle de Julie, une prise si puissante qu'elle avait l'impression de flotter derrière lui, comme aimantée.
Julie suivait le mouvement, presque portée par la poigne de Monsieur Master. En arrivant devant le bouchon « Chez Jean », elle vit la petite file d'attente qui s'étirait sur le pavé. Des touristes et des habitués scrutaient leur montre, espérant qu'une table se libère enfin. Sans un regard pour eux, sans même ralentir, Luc fendit la foule. Il ne les voyait pas, ils n'existaient pas. Sa main restait fermement verrouillée sur celle de Julie, une prise si puissante qu'elle avait l'impression de flotter derrière lui, comme aimantée.
À l'intérieur, l'odeur de charcuterie et de vin chaud les enveloppa. Un serveur, chargé de deux assiettes, se précipita vers eux, le visage tendu par le coup de feu.
— Désolé, monsieur, c'est complet ! Il va falloir faire la queue dehors comme tout le monde, lança-t-il sans même lever les yeux.
Monsieur Master s'arrêta. Il ne dit pas un mot. Il fixa simplement l'homme. Julie vit le serveur relever la tête, s'apprêtant à rouspéter, quand soudain, son expression se décomposa. Il se tut net, ses épaules s'affaissèrent et il baissa les yeux, presque humblement.
— Pardonnez-moi, monsieur… je ne vous avais pas reconnu. Venez, suivez-moi, je vais vous installer à votre table habituelle.
Julie en resta bouche bée. C'était surréaliste. Comment un simple regard pouvait-il briser la résistance d'un serveur lyonnais en plein service de midi ? Elle commença à échafauder des théories complètement folles dans sa tête pour justifier son propre manque de volonté. C'est un magicien ? Un extraterrestre ? Elle se surprit à imaginer que Luc Master était une sorte d'entité venue d'ailleurs, capable de prendre le contrôle de l'esprit des gens par simple télépathie. C'est pour ça que je ne peux pas lui résister, se dit-elle, presque soulagée par cette explication absurde. Je suis son cobaye, il teste son pouvoir sur moi avant de conquérir la Terre.
— Désolé, monsieur, c'est complet ! Il va falloir faire la queue dehors comme tout le monde, lança-t-il sans même lever les yeux.
Monsieur Master s'arrêta. Il ne dit pas un mot. Il fixa simplement l'homme. Julie vit le serveur relever la tête, s'apprêtant à rouspéter, quand soudain, son expression se décomposa. Il se tut net, ses épaules s'affaissèrent et il baissa les yeux, presque humblement.
— Pardonnez-moi, monsieur… je ne vous avais pas reconnu. Venez, suivez-moi, je vais vous installer à votre table habituelle.
Julie en resta bouche bée. C'était surréaliste. Comment un simple regard pouvait-il briser la résistance d'un serveur lyonnais en plein service de midi ? Elle commença à échafauder des théories complètement folles dans sa tête pour justifier son propre manque de volonté. C'est un magicien ? Un extraterrestre ? Elle se surprit à imaginer que Luc Master était une sorte d'entité venue d'ailleurs, capable de prendre le contrôle de l'esprit des gens par simple télépathie. C'est pour ça que je ne peux pas lui résister, se dit-elle, presque soulagée par cette explication absurde. Je suis son cobaye, il teste son pouvoir sur moi avant de conquérir la Terre.
Le serveur les guida à travers la salle bruyante, mais au lieu de les installer dans un coin, il poussa une lourde porte en bois sombre au fond. Ils pénétrèrent dans une arrière-salle qui semblait appartenir à un autre monde. Contrairement au brouhaha du restaurant, ici, le silence était absolu. La pièce était vide, à l'exception d'une seule table dressée pile au milieu, sous un lustre en fer forgé dont la lumière tamisée jetait des reflets cuivrés sur les murs en pierres apparentes.
Le décor restait celui d'un bouchon traditionnel, avec ses nappes à carreaux rouges et blancs, mais l'atmosphère y était radicalement différente. C'était étrangement calme, presque romantique, mais d'une sensualité pesante. L'air y semblait plus dense, plus chaud, chargé d'une odeur de cire de bougie et de vieux bois. On aurait dit que la pièce entière n'attendait qu'eux, que le temps s'y était arrêté pour leur offrir un sanctuaire.
Sur la table, tout était déjà prêt. Deux couverts impeccables, deux menus élégants posés près des assiettes, et surtout, quatre grands verres à vin, deux par personne, qui brillaient sous la lumière. Julie tiqua intérieurement. C'est inutile, pensa-t-elle, je ne bois jamais de vin. Elle s'autorisait parfois un petit blanc moelleux pour les grandes occasions, mais rien de plus.
Sur la table, tout était déjà prêt. Deux couverts impeccables, deux menus élégants posés près des assiettes, et surtout, quatre grands verres à vin, deux par personne, qui brillaient sous la lumière. Julie tiqua intérieurement. C'est inutile, pensa-t-elle, je ne bois jamais de vin. Elle s'autorisait parfois un petit blanc moelleux pour les grandes occasions, mais rien de plus.
Monsieur Master lâcha enfin sa main pour contourner la table. Il écarta sa chaise avec une courtoisie glaciale pour l'inviter à s'asseoir. Au moment précis où le contact de sa peau se rompit, Julie ressentit un froid glacial au creux de sa paume. C'était une sensation physique, nette, comme si on venait de lui poser un glaçon dans la main. Elle regarda machinalement l'intérieur de sa paume, s'attendant à y voir une trace, une marque, quelque chose… mais il n'y avait rien. Pourtant, le froid continuait de lui mordre l'épiderme, une douleur sourde qui lui rappelait que sans son contact, elle n'était plus rien.
Elle s'assit, le dos droit, sentant le regard de Luc Master se poser sur elle alors qu'il prenait place en face d'elle. Le duel, ou plutôt la leçon, allait vraiment commencer.
Luc s'installa face à elle avec une décontraction qui confine à l'arrogance. Sans lui adresser un regard, il se saisit du menu et commença sa lecture, le visage totalement impénétrable. Julie, elle, était clouée sur sa chaise, incapable d'esquisser le moindre geste, même le plus insignifiant. Elle se sentait littéralement hypnotisée par cet homme qui occupait tout son champ de vision, toute sa conscience.
De longues minutes s'écoulèrent, s'étirant comme des heures dans le silence feutré de cette arrière-salle. Elle le détaillait avec une acuité maladive, cherchant désespérément une faille, une hésitation, un pli d'inquiétude dans cette armure de certitude qu'il dégageait. Mais rien. Il était d'une assurance effrayante, conscient de chaque millimètre de son emprise sur elle.
De longues minutes s'écoulèrent, s'étirant comme des heures dans le silence feutré de cette arrière-salle. Elle le détaillait avec une acuité maladive, cherchant désespérément une faille, une hésitation, un pli d'inquiétude dans cette armure de certitude qu'il dégageait. Mais rien. Il était d'une assurance effrayante, conscient de chaque millimètre de son emprise sur elle.
Comment je vais me sortir de ce guêpier ? pensa-t-elle, une pointe de panique commençant à lui comprimer la poitrine.
L'angoisse monta d'un cran. Et s'il l'enlevait ? Elle savait, avec une lucidité terrifiante, qu'elle n'aurait ni la force physique ni la volonté morale de lui résister. Son imagination, dopée par le trouble de ses sens, s'emballa. Elle se vit déjà, dès demain matin, jetée au fin fond de la Bolivie, forcée de faire le tapin pour satisfaire les réseaux d'un homme qui semblait pouvoir tout commander d'un simple regard.
C'est alors que l'image d'Anabelle s'imposa à elle. Sa belle Nanabelle. C'était le petit surnom secret qu'elle lui donnait dans l'intimité de ses pensées, un jardin interdit où elle n'avait jamais osé laisser entrer personne, et surtout pas l'intéressée. Elle n'avait jamais eu le cran d'avouer à sa secrétaire l'attirance dévorante qu'elle éprouvait pour elle.
Une vague de tristesse infinie submergea son excitation. Elle ne reverrait plus jamais ses jolis yeux rieurs, ces yeux qui s'illuminaient à chaque fois qu'elles partageaient une blague de bureau. Elle ne verrait plus ses petites pommettes se soulever quand elle souriait. Elle repensa à toutes ces fois où, au détour d'un dossier, elle détaillait secrètement ses formes quand Anabelle se penchait un peu trop sur son bureau. Elle revit ses fesses, si souvent moulées dans des jeans qui soulignaient sa démarche dynamique. Julie aurait tant aimé la voir plus souvent en jupe ou en robe ; elle trouvait que la féminité d'Anabelle y éclatait avec une grâce que le denim étouffait.
À cet instant, le reste n'existait plus. L'agence qu'elle avait bâtie, son poste de directrice, son appartement impeccable à Gerland… tout cela lui semblait dérisoire, vide de sens. La seule chose qui comptait, la seule perte qui lui déchirait le cœur, c'était l'idée de ne plus jamais revoir sa Nanabelle. Elle se sentait prête à tout abandonner, mais pas ce lien invisible, pas ce désir secret qu'elle n'avait même pas eu le temps de transformer en aveu.
Luc Master tourna lentement une page du menu, le bruit du papier glacé résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence de la pièce. Il ne levait toujours pas les yeux, mais Julie eut l'impression qu'il savourait chaque seconde de son agonie intérieure. Elle était là, à sa merci, perdue entre le désir pour cet homme et le regret de la femme qu'elle laissait derrière elle.
Elle inspira brusquement, l'odeur de la cire et du vieux bois lui rappelant qu'elle était toujours là, dans ce bouchon lyonnais, face à son destin. Elle attendait qu'il parle, qu'il brise ce silence, qu'il confirme ses craintes ou qu'il l'emmène encore plus loin, là où elle n'avait plus aucun pouvoir.
Après de longues minutes de ce silence qui pesait sur les épaules de Julie comme une chape de plomb, Monsieur Master finit par poser son menu sur la nappe à carreaux. Il leva les yeux vers elle, un petit sourire au coin des lèvres, un sourire de prédateur tranquille qui fit fondre Julie encore un peu plus dans son désarroi.
Après de longues minutes de ce silence qui pesait sur les épaules de Julie comme une chape de plomb, Monsieur Master finit par poser son menu sur la nappe à carreaux. Il leva les yeux vers elle, un petit sourire au coin des lèvres, un sourire de prédateur tranquille qui fit fondre Julie encore un peu plus dans son désarroi.
Il avait bien vu qu'elle n'avait pas encore touché au menu. Il observait sa poitrine qui se soulevait de plus en plus vite sous la soie mauve. Sans même s'en rendre compte, Julie était au bord de l'orgasme. Entre les visions de sa Nanabelle qui dansaient dans son esprit et le visage, la droiture et l'autorité silencieuse de cet homme en face d'elle, l'équilibre était rompu. Elle sentait que ses nerfs étaient à vif. Il n'aurait fallu qu'un effleurement, une simple pression sur son clitoris, pour déclencher en elle un véritable tsunami de plaisir. Elle aurait pu crier là, maintenant, tout son plaisir, déverser ses flots de cyprine sur sa chaise, laissant une mare de jouissance à ses pieds, maculant ses cuisses, ses mollets et ses escarpins. Elle luttait physiquement pour ne pas se cambrer, pour ne pas gémir.
Elle s'apprêtait enfin à ouvrir la bouche, les lèvres tremblantes, pour exiger des explications, pour briser ce charme maléfique, mais elle n'en eut pas le temps. Monsieur Master tourna légèrement la tête et, comme par enchantement, le serveur s'avança vers lui.
D'où sortait-il ? Julie ne l'avait même pas remarqué. Il devait être resté dans son dos, immobile, tel une ombre. Une bouffée de chaleur supplémentaire lui monta aux joues : elle se dit que, heureusement, elle ne s'était pas donnée en spectacle à l'instant, elle aurait eu une honte atroce de jouir ainsi devant un inconnu.
D'où sortait-il ? Julie ne l'avait même pas remarqué. Il devait être resté dans son dos, immobile, tel une ombre. Une bouffée de chaleur supplémentaire lui monta aux joues : elle se dit que, heureusement, elle ne s'était pas donnée en spectacle à l'instant, elle aurait eu une honte atroce de jouir ainsi devant un inconnu.
Le serveur s'approcha, le carnet à la main, l'attitude presque servile. Monsieur Master prit la parole d'une voix qui ne souffrait aucune contestation :
— Mademoiselle prendra un verre de gewurztraminer, en vendanges tardives. Pour moi, ce sera un verre de Bordeaux, un Côtes de Graves.
— Bien, monsieur, répondit le serveur d'un ton monocorde. Et pour la suite ?
Monsieur Master planta alors ses yeux dans ceux de Julie. Elle tressaillit violemment. Ce regard était une caresse et un ordre à la fois, une force qui la rendait folle. Elle sentit les pointes de ses tétons se durcir instantanément sous le tissu fin, une réaction si visible qu'elle eut l'impression que le serveur lui-même pouvait les compter.
D'une voix calme, presque détachée, Luc continua :
— Ce sera deux assiettes de charcuterie, suivies de deux quenelles de brochet et de leur gratin dauphinois. Nous prendrons ensuite une bouteille de Côte-Rôtie, un Côteau de Jamet de préférence.
— Bien, Monsieur, répéta le serveur avant de repartir comme il était venu, s'évanouissant dans l'ombre de l'arrière-salle.
— Mademoiselle prendra un verre de gewurztraminer, en vendanges tardives. Pour moi, ce sera un verre de Bordeaux, un Côtes de Graves.
— Bien, monsieur, répondit le serveur d'un ton monocorde. Et pour la suite ?
Monsieur Master planta alors ses yeux dans ceux de Julie. Elle tressaillit violemment. Ce regard était une caresse et un ordre à la fois, une force qui la rendait folle. Elle sentit les pointes de ses tétons se durcir instantanément sous le tissu fin, une réaction si visible qu'elle eut l'impression que le serveur lui-même pouvait les compter.
D'une voix calme, presque détachée, Luc continua :
— Ce sera deux assiettes de charcuterie, suivies de deux quenelles de brochet et de leur gratin dauphinois. Nous prendrons ensuite une bouteille de Côte-Rôtie, un Côteau de Jamet de préférence.
— Bien, Monsieur, répéta le serveur avant de repartir comme il était venu, s'évanouissant dans l'ombre de l'arrière-salle.
Julie restait pétrifiée. Elle n'en revenait pas. Non seulement il avait choisi pour elle sans lui demander son avis, mais il avait fait mouche à chaque fois. Le Gewurztraminer était exactement ce qu'elle aimait quand elle s'autorisait un blanc moelleux. La quenelle de brochet était son plat lyonnais préféré, celui qu'elle commandait toujours lorsqu'elle voulait se faire plaisir.
L'effroi se mêla à une excitation pure. Comment c'était possible ? Comment pouvait-il connaître ses goûts les plus personnels, alors qu'ils ne s'étaient jamais parlé auparavant ? Une sueur froide perla sur ses tempes tandis que l'humidité entre ses jambes se faisait plus lourde, plus traîtresse.
Mais qui est ce type ? se demanda-t-elle, le regard fixé sur les mains de Luc Master qui reposaient maintenant sur la table, calmes et puissantes. Est-ce qu'il lit en moi comme dans son livre ? Est-ce qu'il possède chaque recoin de mon esprit ?
Elle se sentait de plus en plus comme une proie consentante, une marionnette dont il tirait les fils avec une précision diabolique. Elle n'avait plus faim, elle n'avait plus soif, elle n'avait plus qu'une envie : savoir jusqu'où il comptait l'emmener avant la fin de cet après-midi qui semblait durer une éternité.
Monsieur Master avait toujours le regard planté dans l'âme, dans le cœur, dans le corps de Julie. Il semblait attendre que chaque battement désordonné de son pouls lui raconte une confidence de plus.
Lorsqu'enfin il brisa le silence qui s'était installé entre eux, sa voix de basse, plus douce mais toujours aussi impitoyable, fit l'effet d'une décharge :
— Non, Julie…
Elle tressaillit à ces mots. Cette proximité soudaine, cette intimité qu'il glissait dans ces deux simples syllabes, l'enveloppa comme une écharpe chaude un jour d'hiver. C'était une protection et une emprise à la fois. Il marqua une pause, laissant le temps à Julie de reprendre ses esprits, de réaliser qu'il venait de franchir la dernière barrière : celle de ses pensées privées. Il reprit, le regard brillant d'une lueur d'amusement cruel :
— Non, Julie, vous ne serez pas en Bolivie demain matin. Et oui, ne vous inquiétez pas, vous retrouverez très vite votre… comment l'appelez-vous déjà ? Ah oui, Nanabelle. Très joli surnom au passage, j'apprécie beaucoup ce petit trait d'humour. Donc rassurez-vous, vous la retrouverez très vite.
— Non, Julie…
Elle tressaillit à ces mots. Cette proximité soudaine, cette intimité qu'il glissait dans ces deux simples syllabes, l'enveloppa comme une écharpe chaude un jour d'hiver. C'était une protection et une emprise à la fois. Il marqua une pause, laissant le temps à Julie de reprendre ses esprits, de réaliser qu'il venait de franchir la dernière barrière : celle de ses pensées privées. Il reprit, le regard brillant d'une lueur d'amusement cruel :
— Non, Julie, vous ne serez pas en Bolivie demain matin. Et oui, ne vous inquiétez pas, vous retrouverez très vite votre… comment l'appelez-vous déjà ? Ah oui, Nanabelle. Très joli surnom au passage, j'apprécie beaucoup ce petit trait d'humour. Donc rassurez-vous, vous la retrouverez très vite.
Une fois sa phrase dite, il se recula au fond de sa chaise avec une lenteur calculée, observant avec délice Julie perdre encore un peu plus pied.
Ces phrases résonnèrent dans l'esprit de Julie comme un écho au fond des Alpes. Les mots rebondissaient sur chaque paroi de son corps, de son cerveau, s'insinuant au plus profond de son esprit avec une précision terrifiante. Elle restait là, la bouche entrouverte, le souffle coupé, incapable de formuler la moindre pensée cohérente.
Ces phrases résonnèrent dans l'esprit de Julie comme un écho au fond des Alpes. Les mots rebondissaient sur chaque paroi de son corps, de son cerveau, s'insinuant au plus profond de son esprit avec une précision terrifiante. Elle restait là, la bouche entrouverte, le souffle coupé, incapable de formuler la moindre pensée cohérente.
Il sait. L'évidence la percuta de plein fouet. Ce n'était plus une intuition, plus une coïncidence. Il venait de répéter mot pour mot les pensées qu'elle venait d'avoir, le surnom secret qu'elle n'avait jamais prononcé à voix haute, pas même seule devant son miroir. La panique qui l'avait saisie un instant plus tôt se mua en une sorte de vertige mystique. Elle n'était plus seulement observée ; elle était possédée de l'intérieur.
Elle sentit une goutte de sueur glacée couler entre ses seins, là où la soie mauve collait désormais à sa peau. Son cœur frappait si fort contre ses côtes qu'elle craignait qu'il ne finisse par se briser. La chaleur entre ses jambes, elle, ne faiblissait pas. Au contraire, le fait qu'il lise en elle avec une telle facilité, qu'il ait accès à son désir caché pour Anabelle, à ses peurs les plus irrationnelles, provoquait une montée de plaisir d'une violence inouïe.
Elle sentit une goutte de sueur glacée couler entre ses seins, là où la soie mauve collait désormais à sa peau. Son cœur frappait si fort contre ses côtes qu'elle craignait qu'il ne finisse par se briser. La chaleur entre ses jambes, elle, ne faiblissait pas. Au contraire, le fait qu'il lise en elle avec une telle facilité, qu'il ait accès à son désir caché pour Anabelle, à ses peurs les plus irrationnelles, provoquait une montée de plaisir d'une violence inouïe.
Elle baissa les yeux vers la nappe, incapable de soutenir ce regard qui la mettait à nu plus sûrement que si elle s'était déshabillée au milieu du restaurant. Elle avait l'impression d'être transparente, de n'être plus qu'une extension de la volonté de cet homme.
Il est Luc. Il est le livre. Il est tout, comprit-elle enfin, dans un éclair de lucidité désespérée.
Il est Luc. Il est le livre. Il est tout, comprit-elle enfin, dans un éclair de lucidité désespérée.
Le serveur réapparut à ce moment précis, portant les verres de vin. Le cliquetis du cristal sur la table la fit sursauter une nouvelle fois. Le gewurztraminer brillait d'un jaune doré, promettant une douceur sucrée qui contrastait violemment avec la brutalité de la situation. Julie regarda le verre comme s'il s'agissait d'un poison ou d'un remède.
Monsieur Master, lui, n'avait pas quitté son sourire. Il semblait attendre qu'elle dise quelque chose, qu'elle proteste ou qu'elle s'abandonne tout à fait. Mais Julie ne trouvait plus ses mots. Elle était vidée, réduite à l'état de pur ressenti, attendant le prochain ordre, la prochaine révélation, le prochain frisson.
Monsieur Master, lui, n'avait pas quitté son sourire. Il semblait attendre qu'elle dise quelque chose, qu'elle proteste ou qu'elle s'abandonne tout à fait. Mais Julie ne trouvait plus ses mots. Elle était vidée, réduite à l'état de pur ressenti, attendant le prochain ordre, la prochaine révélation, le prochain frisson.
Monsieur Master se redressa avec une élégance lente, presque féline. Il saisit son verre de Bordeaux par le pied, ses doigts longs et assurés contrastant avec le cristal fin, et le leva à hauteur de son visage. Julie, comme mue par un fil invisible, l'imita. Elle n'avait pas décidé de ce geste ; son bras avait simplement obéi à l'impulsion silencieuse de l'homme en face d'elle. Elle fit tinter son verre contre celui de Luc.
Le son cristallin résonna dans le silence absolu de l'arrière-salle, un tintement pur qui sembla vibrer jusque dans ses os.
— Tchin… murmura-t-elle.
Ce petit mot, presque un souffle, lui sembla venir du plus profond de son âme, comme une reddition acceptée. Monsieur Master porta le vin à ses lèvres, prit une gorgée en fermant légèrement les yeux, puis reposa le verre avec une précision millimétrée.
— Tchin… murmura-t-elle.
Ce petit mot, presque un souffle, lui sembla venir du plus profond de son âme, comme une reddition acceptée. Monsieur Master porta le vin à ses lèvres, prit une gorgée en fermant légèrement les yeux, puis reposa le verre avec une précision millimétrée.
— Enfin j'entends le son de votre voix, Julie, dit-il, l'œil pétillant d'une ironie mordante. J'ai cru que vous étiez devenue muette subitement.
Julie ne répondit pas tout de suite. Sans le quitter des yeux, elle porta à son tour le verre de gewurztraminer à sa bouche. Dès que le liquide doré entra en contact avec ses papilles gustatives, ce fut une déflagration. C'était comme si des milliers d'étoiles explosaient contre son palais, une symphonie de sucre, de fruits exotiques et de fleurs. Elle n'avait jamais rien bu d'aussi divin. Elle ferma les yeux malgré elle, savourant la chaleur onctueuse qui glissait le long de son œsophage, irradiant une douceur sucrée dans toute sa poitrine. Le vin semblait agir comme un lubrifiant pour ses sens, apaisant sa gorge sèche tout en attisant le feu qui brûlait plus bas.
Quand le plaisir immédiat se dissipa, elle reposa son verre d'une main qui, pour une fois, ne tremblait plus. Le vin lui avait donné un soupçon de courage, ou peut-être était-ce simplement la fatigue de lutter. Elle fit un effort surhumain pour soutenir le regard bleu glacier de Monsieur Master. Elle ne baissa pas les yeux.
Elle voulait savoir. Elle devait savoir.
— Monsieur… commença-t-elle, sa voix encore un peu rauque à cause du vin et de l'émotion. Vous allez m'expliquer, n'est-ce pas ?
Elle n'avait pas précisé quoi. Elle n'avait pas besoin de parler du livre, de la boîte noire restée sur son bureau, du fait qu'il lise dans ses pensées ou de ce prénom, « Luc », qui la hantait. Tout était là, suspendu entre eux deux, au-dessus de la nappe à carreaux.
— Monsieur… commença-t-elle, sa voix encore un peu rauque à cause du vin et de l'émotion. Vous allez m'expliquer, n'est-ce pas ?
Elle n'avait pas précisé quoi. Elle n'avait pas besoin de parler du livre, de la boîte noire restée sur son bureau, du fait qu'il lise dans ses pensées ou de ce prénom, « Luc », qui la hantait. Tout était là, suspendu entre eux deux, au-dessus de la nappe à carreaux.
Luc Master s'appuya contre le dossier de sa chaise, croisant les bras sur sa poitrine. Le mouvement fit saillir les muscles de ses avant-bras, et le tatouage tribal sembla presque bouger sous la lumière tamisée. Il la détailla un long moment, savourant son audace fragile.
— Vous expliquer quoi, Julie ? demanda-t-il d'un ton faussement innocent, tout en jouant avec le pied de son verre. Est-ce que vous voulez parler du contrat pour les techniciens ? Ou préférez-vous que nous discutions de ce qui vous arrive quand vous tournez les pages d'un certain ouvrage… au bleu si profond ?
— Vous expliquer quoi, Julie ? demanda-t-il d'un ton faussement innocent, tout en jouant avec le pied de son verre. Est-ce que vous voulez parler du contrat pour les techniciens ? Ou préférez-vous que nous discutions de ce qui vous arrive quand vous tournez les pages d'un certain ouvrage… au bleu si profond ?
Julie sentit un nouveau frisson lui parcourir l'échine. Il l'avait dit. Il ne se cachait même plus. Le mot "bleu" claqua dans l'air comme un fouet. Elle se sentit soudainement très nue, malgré son chemisier mauve et sa jupe de tailleur.
— Comment savez-vous ? balbutia-t-elle, perdant déjà de sa superbe. Comment pouvez-vous savoir ce que je pense… et ce que je ressens ?
— Comment savez-vous ? balbutia-t-elle, perdant déjà de sa superbe. Comment pouvez-vous savoir ce que je pense… et ce que je ressens ?
À ce moment-là, le serveur réapparut avec les assiettes de charcuterie. Le fumet des salaisons lyonnaises envahit la table, mais Julie n'y prêta aucune attention. Elle était suspendue aux lèvres de cet homme, attendant une réponse qui, elle le sentait, allait sceller son sort pour de bon.
À suivre…
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Commentaires ()
C'est un plaisir de découvrir vos écris, un savoureux mélange de sensualité et d'érotisme, narré de manière subtile. Ce qui rend la lecture fluide, excitante tout en nous tenant en haleine. Une agréable surprise de pouvoir lire ce type de texte ici, sans vulgarité mais très explicite. Merci vivement la suite....
C'est vraiment un super récit
Tu nous tiens en haleine vivement la suite