Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un Après-midi de Vendanges — Chapitre 1 · Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un Après-midi de Vendanges
Chapitre 1 · Chapitre 1
Je m'appelle Laurent. J'ai trente-six ans. Je suis menuisier. J'ai mon atelier à Beaune, en Bourgogne. Je travaille le bois. Des meubles sur mesure. Des escaliers. Parfois des charpentes. C'est un métier de patience. Je mesure deux fois ; je coupe une fois. La même règle devrait s'appliquer à la vie. Mais ce jour-là, j'ai coupé sans mesurer.
C'était un samedi d'octobre. La fin des vendanges. Mon ami Rémi possède trois hectares de pinot noir sur la côte de Nuits. Un petit domaine familial qu'il entretient seul onze mois par an. En octobre, il appelle tout le monde. Parents, amis, voisins. Quiconque sait tenir un sécateur. Je viens chaque année depuis dix ans. C'est épuisant, mal payé, et je n'y renoncerais pour rien au monde.
Ce samedi-là, nous étions une douzaine dans les vignes. Le soleil d'automne chauffait sans brûler. L'air sentait le raisin écrasé et la terre mouillée par la rosée du matin. Je coupais les grappes rang par rang. Penché. Le dos en feu dès dix heures. Les doigts collants de jus. Un travail simple. Répétitif ; qui libère l'esprit.
Elle était dans le rang d'à côté.
Je ne la connaissais pas. Rémi accueillait toujours de nouvelles têtes. Des amis d'amis. Des gens de passage. Elle avait une trentaine d'années. Des cheveux roux attachés sous un foulard bleu. Des taches de rousseur sur le nez et les bras. Elle portait un vieux t-shirt trop grand, un short en toile et des bottes en caoutchouc. Ses mains travaillaient vite. Précises ; habituées.
Nos rangs convergeaient au bout de la parcelle. Nous nous sommes retrouvés côte à côte devant la remorque où l'on vidait les seaux. Elle m'a souri en soulevant son seau. Un seau plein. Lourd.
— Tu veux un coup de main ? ai-je proposé.
— Non ; mais tu peux me dire où est la fontaine. Je meurs de soif.
— Non ; mais tu peux me dire où est la fontaine. Je meurs de soif.
Je l'ai accompagnée. La fontaine était au bout du chemin. Une source canalisée dans un vieux bassin en pierre. L'eau était glacée. Elle y a plongé les mains. Puis elle s'est aspergé le visage. Des gouttes coulaient sur son cou. Sur le col de son t-shirt. Elle a ri. Un rire simple ; un rire de fatigue et de soleil.
Elle s'appelait Émilie. Elle était céramiste. Elle avait un atelier à Dijon. Elle connaissait Rémi par sa sœur. C'était sa première vendange ici. Mais elle avait grandi dans le Jura. Les vignes ne lui étaient pas étrangères.
Nous avons bu ensemble. L'eau de la source avait un goût de calcaire et de fraîcheur. Je l'ai regardée boire. Sa gorge qui bougeait. Le filet d'eau qui descendait à la commissure de ses lèvres. Elle s'est essuyée du revers de la main. Un geste brut. Naturel. Qui m'a touché plus que n'importe quelle élégance.
Nous sommes retournés dans les vignes. Mais cette fois, j'ai pris le rang juste à côté du sien. Nous travaillions en parallèle. Séparés par un mètre de ceps. En parlant à travers le feuillage. Des fragments de conversation entre deux coups de sécateur. Son métier. Le mien. La terre. L'argile. Le bois ; les matières qui se travaillent à la main. Elle comprenait le toucher. La texture. Cette conversation entre la main et la matière. Je retrouvais mes propres mots dans sa bouche.
Le déjeuner a eu lieu dehors. Une grande table sous les noyers. Rémi avait préparé du jambon persillé, du fromage, du pain de campagne et du vin de l'année précédente. Nous étions seize autour de la table. Les conversations se croisaient. Les rires montaient. Émilie s'est assise en face de moi. Le soleil traversait les feuilles des noyers et jetait des ombres mouvantes sur sa peau. Ses taches de rousseur semblaient danser.
Elle mangeait avec appétit. Sans façon. Elle parlait avec les autres. Elle riait fort. Elle se resservait du vin sans attendre qu'on le propose. Il y avait chez elle une absence totale d'affectation qui me plaisait profondément. Pas de calcul. Pas de retenue artificielle. Juste une femme qui était bien dans sa peau, dans ce lieu, dans ce moment.
Nos regards se croisaient par-dessus la table. Chaque fois, elle soutenait le mien une seconde de trop. Juste une seconde. Mais c'était assez.
L'après-midi, la chaleur est montée. Les rangs du haut de la parcelle. Exposés plein sud. Étaient les plus durs. Le raisin y était le plus mûr. Le jus coulait sur les doigts. Collant. Sucré. Le soleil tapait ; les corps suaient. Autour de nous, les vendangeurs ralentissaient. Certains ont arrêté vers quinze heures.
Émilie et moi avons continué. Nous étions dans les derniers rangs. Isolés du reste du groupe par la pente et les arbres. Le silence de l'après-midi s'installait. Plus de rires en bas. Plus de moteur de remorque. Juste le bruit du sécateur et le bourdonnement des abeilles autour du raisin.
Elle s'est redressée. Une main dans le dos. Une grimace.
— Mon dos va me tuer, a-t-elle dit.
— Le mien aussi. Pause ?
— Le mien aussi. Pause ?
Nous nous sommes assis au bout du rang. À l'ombre d'un cerisier sauvage qui poussait en bordure de parcelle. La terre était sèche et tiède. Elle a ôté son foulard. Ses cheveux roux sont tombés sur ses épaules. Le soleil les traversait. Ils brillaient comme du cuivre.
J'ai sorti ma gourde. Nous avons bu. Elle s'est appuyée contre le tronc du cerisier. Les yeux fermés. Le visage offert au soleil filtré par les feuilles. Je la regardais. Le t-shirt trempé de sueur collait à sa poitrine. Ses bras étaient striés de traces de jus de raisin. Violet sombre sur la peau claire et tachée de roux.
— Tu me regardes encore, a-t-elle dit sans ouvrir les yeux.
— Comment tu le sais ?
— Je le sens.
— Comment tu le sais ?
— Je le sens.
Elle a ouvert les yeux. Ils étaient verts. Un vert clair. Comme les vignes en juin avant que le soleil ne les fonce. Elle me regardait avec un sourire en coin. Un défi tranquille.
J'ai posé la gourde. J'ai tendu la main vers son visage. Mes doigts ont touché sa joue. Elle était brûlante de soleil. Elle n'a pas bougé. Mon pouce a effleuré ses lèvres. Elles étaient sèches. Gercées par le vent de la matinée.
Elle a tourné la tête. Elle a embrassé la paume de ma main. Un baiser lent. Appuyé. Puis sa langue a touché ma peau. Le goût du raisin sur mes doigts. Elle l'a cherché. Elle l'a trouvé.
Je me suis penché vers elle. Je l'ai embrassée. Sa bouche avait le goût du vin du déjeuner. Du raisin de la vigne. Du soleil. Le baiser était direct. Sans hésitation. Comme tout ce qu'elle faisait. Ses mains ont agrippé le col de ma chemise. Elle m'a attiré contre elle.
Le cerisier nous cachait. Les autres vendangeurs étaient loin en bas. Près de la grange. Le silence de la parcelle était total. Sauf les abeilles. Sauf nos souffles.
J'ai fait passer son t-shirt par-dessus sa tête. En dessous, une brassière de sport noire. Simple. Pratique. Ses épaules étaient couvertes de taches de rousseur. Chacune un point de lumière sur sa peau claire. J'ai embrassé son épaule. Puis son cou. La peau salée de sueur. Elle sentait le travail, la terre, le raisin ; des odeurs vraies. Des odeurs de corps vivant.
Ses mains ont trouvé ma chemise. Elle l'a ouverte d'un geste. Ses paumes sur mon torse. Rugueuses. Les mains d'une femme qui travaille l'argile. Cette rugosité me faisait frissonner. Nos peaux se sont touchées. Chaudes. Humides de sueur ; collantes de jus de raisin.
Nous nous sommes allongés sur la terre sèche. L'herbe courte piquait mon dos. Le ciel au-dessus de nous. Bleu profond à travers les branches du cerisier. Immense. Le reste des vêtements est parti vite. Sans cérémonie. Avec la même efficacité que les gestes de la vigne.
Elle était belle. D'une beauté brute. Sans apprêt. Sans filtre. Les taches de rousseur couvraient ses épaules, ses bras, le haut de sa poitrine. Ses seins étaient petits. Fermes. Les mamelons durcis par l'air. Son ventre plat portait la marque élastique du short. Ses cuisses étaient musclées. Les cuisses d'une femme qui pétrit l'argile debout des heures.
J'ai pris un sein dans ma bouche. Le mamelon rose et dur entre mes lèvres. Le goût du sel et du sucre. De la sueur du travail. J'ai sucé. Mordu légèrement. Elle a cambré le dos. Sa main a plaqué ma tête contre sa poitrine. L'autre sein dans ma main. Je le pressais ; le malaxais. Son mamelon roulait entre mon pouce et mon index.
Ma bouche a descendu. Le long de son ventre. Chaque tache de rousseur un repère. Son odeur devenait plus forte en descendant. Musquée. Terreuse. Mêlée à la sueur et au parfum du raisin. Quand j'ai atteint son sexe, j'ai vu qu'elle était trempée. Ses lèvres étaient gonflées. Entrouvertes ; sa mouille brillait dans la lumière de l'après-midi. Une petite touffe de poils roux. Cuivrés. Dorés par le soleil.
J'ai posé ma bouche sur elle. Son goût m'a envahi. Âcre. Salé. Mêlé aux parfums de la vigne autour de nous. Ma langue a glissé entre ses lèvres. De bas en haut. Récoltant sa mouille abondante. J'ai trouvé son clitoris ; gonflé. Je l'ai pris entre mes lèvres. J'ai sucé. Elle a gémi. Un son franc. Sans retenue. Qui s'est perdu dans l'air de la parcelle.
J'ai enfoncé deux doigts en elle. Elle était serrée. Brûlante. Ses parois se contractaient autour de moi. Je les bougeais en elle pendant que ma langue tournait sur son clitoris. La cyprine coulait sur mes doigts. Sur mon menton. Abondante. Elle ondulait contre ma bouche. Ses mains serraient l'herbe. La terre ; arrachaient des touffes. Ses hanches montaient. Poussaient son sexe contre ma bouche. Avec urgence.
— Oui. Là. Continue, a-t-elle soufflé. Ne t'arrête pas.
J'ai accéléré. Mes doigts la baisaient. Vite. Profondément. Ma langue appuyait sur son clitoris. Sans relâche. L'orgasme l'a prise violemment. Son sexe s'est contracté autour de mes doigts. Des spasmes puissants. Elle a crié. Elle a plaqué une main sur sa bouche pour étouffer le son ; mais c'était trop tard. Le cri est sorti. Ses cuisses se sont refermées autour de ma tête. Fort. Presque douloureux. Son corps tremblait. De longues secousses. Comme les derniers grains qui tombent quand on secoue le cep.
Elle m'a tiré vers elle. Elle m'a embrassé. Sa langue a cherché son goût sur mes lèvres. Sur mon menton. Elle a souri. Puis sa main a trouvé mon sexe. Dur. Douloureux d'attente. Elle m'a caressé. Ses doigts de céramiste. Précis. Habiles. Elle m'a branlé quelques secondes. Le pouce glissant sur le gland mouillé de désir.
Puis elle m'a poussé sur le dos. La terre tiède sous mes épaules. Elle s'est mise à califourchon sur moi. Ses yeux verts. Le soleil derrière sa tête. Une couronne de feu dans ses cheveux roux. Elle a pris ma queue dans sa main. L'a positionnée à son entrée. Puis elle s'est laissée descendre. Lentement.
La sensation de la pénétration était intense. Sa chaleur m'enveloppait. Serrée. Trempée. Elle descendait centimètre par centimètre. Prenait tout. Jusqu'à la base. Quand elle m'a eu entièrement en elle, elle a fermé les yeux. La bouche ouverte. Je la sentais autour de moi ; vivante. Palpitante.
Elle a posé ses mains sur mon torse. Elle contrôlait le rythme. Ses hanches traçaient des cercles. Le mouvement d'une potière au tour. Cette rotation précise que ses mains connaissaient si bien. À chaque rotation, mon sexe glissait en elle. Touchait des endroits différents. Elle gémissait doucement à chaque passage.
Puis elle a changé de rythme. Elle se soulevait. Presque entièrement. Je voyais ma queue sortir d'elle. Luisante de sa mouille. Puis elle redescendait d'un coup. M'engloutissait. Le bruit humide de nos sexes résonnait dans la parcelle vide. Ses petits seins rebondissaient à chaque descente. Ses taches de rousseur dansaient. La mouille coulait le long de ma queue ; sur mes couilles. Sur la terre.
Le plaisir montait avec le soleil de l'après-midi. Je sentais la terre chaude sous mon dos. Le poids de son corps sur le mien. Mes mains tenaient ses hanches. Je la guidais. La faisais descendre plus fort. Elle accélérait. Ses mouvements devenaient courts. Rapides ; son sexe me serrait de plus en plus.
— Je vais jouir encore, a-t-elle dit ; les yeux dans les miens. Jouis avec moi.
Elle s'est penchée en avant. Ses mains de chaque côté de ma tête. Ses hanches claquaient contre les miennes. Je sentais son clitoris frotter contre mon pubis à chaque mouvement. Son visage se crispait. Sa bouche s'ouvrait. Mes mains ont agrippé ses fesses. Je la tirais vers moi. Je poussais mes hanches vers le haut. M'enfonçant au plus profond d'elle.
L'orgasme l'a saisie la première. Son sexe s'est contracté autour du mien. Des pulsations rapides. Puissantes. Elle a crié. Cette fois elle n'a pas couvert sa bouche. Le son s'est perdu dans le ciel de Bourgogne. Ses contractions m'ont fait basculer. J'ai joui en elle. Profondément. De longs jets chauds. Je sentais ma semence se mêler à sa mouille ; couler entre nous. Ses hanches continuaient de bouger. Lentement. Prolongeant nos orgasmes. Pressant les dernières gouttes de plaisir.
Le ciel au-dessus de nous. Immense. Bleu. Les abeilles bourdonnaient. Le silence de la Bourgogne en automne nous enveloppait.
Nous sommes restés étendus sur la terre. Le soleil descendait. L'ombre du cerisier s'allongeait sur nos corps. Des feuilles tombaient autour de nous. Jaunes et rouges. L'automne.
Elle s'est redressée sur un coude. Une feuille de cerisier s'était posée sur son épaule. Je l'ai retirée. Mes doigts ont traîné sur sa peau. Elle avait la chair de poule.
— On devrait redescendre, a-t-elle dit. Rémi va se demander où on est.
— On dira qu'on finissait les derniers rangs.
— Avec des feuilles de cerisier dans les cheveux ?
— On dira qu'on finissait les derniers rangs.
— Avec des feuilles de cerisier dans les cheveux ?
Elle a ri. Ce rire simple. Le même qu'à la fontaine. J'ai ri aussi. Nous nous sommes rhabillés lentement. Nos vêtements sentaient la terre et le raisin. Ses cheveux étaient pleins de brindilles. J'ai passé mes doigts dedans pour les retirer. Elle a penché la tête en arrière. Les yeux fermés.
Nous sommes redescendus vers la grange. La lumière rasante dorait les vignes dépouillées de leurs grappes. En bas, Rémi ouvrait des bouteilles pour le pot de fin de vendange. Les autres étaient déjà là. Fatigués. Heureux.
Émilie m'a regardé avant d'entrer dans le cercle.
— Tu es menuisier, a-t-elle dit.
— Oui.
— J'ai besoin d'étagères pour mon atelier. À Dijon.
— Oui.
— J'ai besoin d'étagères pour mon atelier. À Dijon.
J'ai souri. Dijon est à cinquante minutes de Beaune. Les étagères. C'est au moins deux prises de mesures et une pose. Elle le savait. Je le savais.
La nuit tombait sur la Bourgogne. Le vin coulait. Les étoiles apparaissaient. Et quelque part entre les vignes et le cerisier, quelque chose avait commencé qui n'était pas terminé.
À suivre.
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