Déchéance totale
Chapitre 1
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✦ tounet777 Déchéance totale XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Déchéance totale — Chapitre 1

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Déchéance totale

Chapitre 1

L'idée de ce voyage avait germé un soir de mars. Dehors, le printemps hésitait encore, mais dans la salle des profs, le chauffage tournait à plein régime. J'étais alors plongé dans mes corrections de "Gestion de la Relation Client" quand l'évidence m'avait frappé : mes étudiants de BTS avaient besoin de sortir du cadre théorique, de toucher du doigt la réalité du terrain. Après des semaines de marathon administratif, de justificatifs à fournir et de négociations acharnées avec une direction souvent frileuse, le projet avait finalement été validé : deux jours dans les Landes, à Mimizan, pour analyser les rouages du tourisme estival.
Ce matin, le réveil a sonné à quatre heures. La chambre est encore plongée dans une pénombre bleutée. Avant de quitter la chaleur du lit, je me penche sur Gaël. Il est là, nu sous les draps, sa respiration calme rythmant le silence. Je l'embrasse longuement, savourant la douceur de sa peau contre la mienne, une ancre dans ma vie.
— Je dois y aller, je murmure contre son épaule.
Il entrouvre un œil, un sourire endormi aux lèvres.
— Appelle-moi ce soir, hein ?
— Promis. Je t'aime, Gaël. Tu vas me manquer.
Je quitte l'appartement avec ce goût de lui sur les lèvres, une sensation de sécurité qui, je l'ignore encore, va être mise à rude épreuve dès les premières heures de la journée.
À six heures, le car attend devant le lycée, moteur tournant dans la lumière crue de l'aube. Je vérifie une dernière fois les effectifs avec Lola, notre AED. Elle est d'une efficacité redoutable, un peu trop rigide peut-être, mais rassurante. Nous nous installons dans l'espace club, au milieu du bus. Quatre sièges sont disposés autour d'une petite table centrale. Je prends place dos à la route, Lola en face de moi. Le bus s'ébranle dans un vrombissement sourd qui fait vibrer le plancher.
— On fait le point sur le planning, Lola ? je demande en retirant mes lunettes pour les nettoyer, un tic nerveux qui trahit une agitation inhabituelle. L'arrivée à l'auberge est prévue pour le milieu d'après-midi. On gère la répartition des chambres dès notre arrivée ?
Lola acquiesce, énumérant les contraintes logistiques, mais mes sens sont déjà happés par ce qui se passe juste derrière elle. À l'autre bout de la table, dans le sens de la marche, sont installés Côme Béranger et sa bande : Robin, Sam et Tony. Ils sont inséparables, un noyau dur qui, en cours, me donne souvent du fil à retordre par leur agitation.
Je sens un regard peser sur moi. Je lève les yeux. Côme est là, tourné vers moi, le buste en appui sur la table. Il est brun, mignon, avec des yeux bleu foncé intenses et une silhouette athlétique, héritée de sa pratique de la gymnastique, qui se dessine sous son t-shirt alors qu'il est à peu près de ma taille. Il ne détourne pas le regard, affichant une assurance presque prédatrice. Il se penche vers Robin, son petit ami, lui murmure quelque chose à l'oreille. Robin sourit, un sourire complice, et pose une main sur la cuisse de Côme. Ils ne se cachent pas ; tout le lycée connaît leur relation, leur façon de se tenir la main, de s'échanger des baisers furtifs sous le nez de tout le monde.
Mais ici, dans l'intimité confinée du car, le geste prend une dimension différente. Côme revient vers moi, le regard fixé sur le mien. Il étire ses lèvres en un sourire qui n'a rien d'amical. C'est une provocation silencieuse qui me met instantanément mal à l'aise.
— Eddy, tu m'écoutes ? demande Lola, brisant le silence électrique qui s'est installé.
Je sursaute, ramenant mon attention sur elle.
— Pardon, excuse-moi. Je… je vérifiais juste si le groupe de devant était calme.
Je jette un coup d'œil rapide. Côme a tourné la tête vers Sam et Tony, mais il rit, un rire bas, guttural, qui semble m'être directement adressé. Mon cœur bat plus vite. Est-ce la fatigue du voyage ou cette tension bizarre qui semble se propager dans l'habitacle ?
Les heures passent, la route est monotone. À chaque fois que je relève la tête, Côme est là. Il me dévore du regard, sans aucune retenue. Parfois, il fait mine de regarder son téléphone, mais je sens ses yeux brûler mes avant-bras tatoués, détailler mon piercing à l'oreille, s'attarder sur le col de ma chemise entrouverte. Il se penche à nouveau vers ses amis, et des regards en coin fusent vers moi, suivis de chuchotements. Je me sens exposé, comme si j'étais le sujet d'un jeu dont je ne connais pas les règles.
Vers midi, nos regards se croisent plus longuement. Côme sourit, un sourire en coin. J'ai cru, une fraction de seconde, voir un clin d'œil. Je me fige. Non, impossible. C'est mon imagination, le stress. Pourtant, une chaleur diffuse envahit mes joues. Je m'agite, je change de position, je tente de me concentrer sur les notes de service, mais le malaise grandit. Côme semble s'amuser de ma gêne, de mon incapacité à soutenir ce jeu.
Six heures de route dans un huis clos étouffant. Chaque minute est ponctuée par ces rires qui me visent, ces regards qui me scrute sans aucune pudeur.
Enfin, le car ralentit. Les pins landais surgissent par les vitres. Mimizan. Le moteur se coupe dans un silence soudain. Les élèves se lèvent dans un vacarme de rires et de sacs qui s'entrechoquent. Côme se lève lentement. Il récupère son sac, frôle mon genou en passant. Il ne s'excuse pas. Il pose ses yeux sur moi une dernière fois, une lueur de satisfaction profonde dans le regard, avant de descendre du bus en rejoignant ses amis.
Je reste assis quelques secondes, le souffle court.
— Ça va, Eddy ? Tu as l'air ailleurs, remarque Lola en ramassant ses affaires.
— Oui, dis-je en me passant la main dans les cheveux, le cœur encore battant. Oui, ça va. C'est juste le voyage.
Le hall de l'auberge de jeunesse, avec son carrelage froid et ses murs aux tons ocres, me semble soudainement oppressant. L'hôtesse, derrière son comptoir en bois brut, pianote sur son clavier avec une lenteur exaspérante. Je sens la sueur perler le long de mes tempes.
— Bonjour Monsieur Vuillaume, bienvenue parmi nous. Je vérifie votre dossier immédiatement... Voilà, c'est en ordre : nous avons bien bloqué vos deux dortoirs de dix personnes chacun, soit 20 places au total, ainsi que vos deux chambres doubles, chacune équipée d'un lit deux places.
Je déglutis, le cœur battant à tout rompre.
— Bonjour. Je vous remercie... En fait, je réalise en faisant le point à la descente du bus que j'ai commis une erreur dans ma réservation initiale. J'ai 21 élèves avec moi, et non 20. Est-ce qu'il serait possible de rajouter un lit supplémentaire dans l'un des dortoirs pour cet élève ?
Le silence qui suit est glacial. L'hôtesse cesse de taper, lève les yeux vers moi, un petit sourire désolé mais ferme étirant ses lèvres.
— Je vois. Monsieur Vuillaume, je comprends votre souci, mais je ne vais pas pouvoir accéder à votre demande. Nos deux dortoirs sont strictement configurés pour dix personnes chacun, et l'agencement est fixe ; nous n'avons aucun couchage supplémentaire à ajouter. De plus, pour des raisons de sécurité incendie et de respect des normes ERP, nous sommes tenus de respecter scrupuleusement la capacité maximale de chaque pièce. Il m'est donc absolument interdit d'ajouter un lit d'appoint ou d'autoriser un élève à dormir au sol.
Un vertige me prend. Je suis le professeur principal, l'adulte responsable, celui qui est censé gérer les imprévus. Et là, j'ai merdé. J'ai oublié de comptabiliser cet élève supplémentaire arrivé en cours d'année. Je marque un temps d'arrêt, le regard perdu dans le vide, conscient de la gravité de ma négligence. Mes sourcils se froncent, je croise les bras, ma chemise tirant sur mes épaules. Je me tourne un instant vers la baie vitrée : mes vingt-et-un étudiants discutent, rient, inconscients de la bombe que je viens d'amorcer. Je reporte mon attention sur le comptoir, le visage grave, pesant l'absurdité de la situation. Pas de lit d'appoint, pas de sol, pas de solution externe possible en pleine saison touristique. Après un silence qui me paraît durer une éternité, je hoche la tête, l'air soucieux, et je me dirige vers la sortie.
Pousser la porte de l'auberge pour retrouver mon groupe est l'épreuve la plus difficile de ma courte carrière. Mes élèves sont là, debout, leurs bagages encombrant tout le hall. À peine ai-je tourné les talons vers eux que des murmures montent. Je lève une main autoritaire, coupant court aux bavardages, ma voix résonnant dans l'espace voûté.
— Silence ! ordonné-je, imposant une autorité de façade qui masque ma panique intérieure. Nous avons un souci logistique majeur. Il y a eu une erreur sur notre réservation, il nous manque un couchage.
Un soupir collectif traverse le groupe, suivi immédiatement par une vague de plaintes.
— Oh non, encore ? lance Sam. On est épuisés là, on veut juste poser nos sacs !
— Taisez-vous ! tranché-je, mon ton plus sec qu'à l'accoutumée. Pour les filles, ça ne bouge pas. Vous êtes dix, vous prenez le dortoir du fond, et Lola, tu auras la chambre simple juste en face. Pour les garçons, on a fait six heures de route. Je refuse catégoriquement de faire demi-tour. La seule solution, c'est que l'un d'entre vous partage ma chambre.
Le chaos éclate. Les garçons, soudainement pudiques, protestent bruyamment, tandis que les filles, hilares, se moquent ouvertement de leur gêne.
— Partager la chambre du prof ? C'est contre le règlement, non ? ricane Tony.
Je frappe dans mes mains, exaspéré par cette cacophonie.
— Ça suffit ! Je veux une réponse claire. Qui se propose ? Sinon, je procède au tirage au sort et personne ne pourra contester.
Les garçons continuent de gueuler, refusant de s'avouer vaincus. Puis, le silence se fait, net. Un mouvement brusque coupe la cacophonie. Côme lève la main, très haut, avec une énergie déterminée. Son sourire énigmatique ne quitte pas ses lèvres alors qu'il serre ostensiblement la main de Robin avant de la lâcher. C'est une provocation, je le sens.
Je ressens un malaise s'installer dans ma poitrine en croisant le regard de Côme. C'est le dernier élève que j'aurais souhaité avoir dans ma chambre. J'hoche la tête, la mâchoire serrée, incapable de faire machine arrière.
— Ok. Côme, c'est bon, dis-je, ma voix manquant un peu d'assurance.
Je fais alors un signe à tout le groupe pour qu'il se rapproche. J'attends que le silence soit total, balayant les vingt étudiants du regard, mon expression devenant grave, presque suppliante.
— Écoutez-moi bien, tous, sans exception. Ce que nous faisons là est strictement interdit par le règlement. Si cette histoire remonte jusqu'à l'établissement, c'est fini pour ma carrière, et pour vous, ce sera une sanction disciplinaire exemplaire. Vous me faites tous la promesse, ici et maintenant, que personne ne dira rien à notre retour ? Ce n'est que pour deux nuits, je compte sur votre loyauté à tous.
Les étudiants, soudainement conscients de la gravité de la situation, acquiescent en silence, les visages fermés.
— Bien, soufflé-je, jetant un œil à ma montre. Ma chambre est située tout au bout du couloir, à l'opposé du dortoir des garçons. Maintenant, allez tous poser vos affaires. On se retrouve dans trente minutes pour manger au réfectoire. Il est presque treize heures et ils vont bientôt fermer, on ne peut pas se permettre d'être en retard.
Je tourne les talons, le cœur battant, espérant que ce secret collectif ne finira pas par nous trahir tous. Derrière moi, je sens le poids du regard de Côme, une présence trop lourde qui semble déjà saturer l'air de cet après-midi ensoleillé.
— Allez, en route ! Tout le monde bouge, on n'a pas de temps à perdre ! lancé-je, ma voix résonnant avec une autorité que je m'efforce de rendre naturelle pour dissimuler le trouble qui me noue l'estomac.
Je fais un signe de tête catégorique à Lola, m'appuyant sur notre complicité professionnelle pour garder le cap.
— Lola, tu prends les filles en charge. Vous allez dans le dortoir du fond, installez-vous rapidement.
Elle hoche la tête, sans poser de questions, et entraîne le groupe féminin vers l'aile gauche du bâtiment. Je me tourne alors vers les garçons, qui semblent encore sonnés par l'imprévu. — Pour vous, c'est par là.
Je les guide d'un pas ferme vers l'autre extrémité du couloir, jusqu'à ce que nous atteignions la porte de ma chambre. Je fais signe aux autres de poursuivre jusqu'à leur dortoir, tout en retenant Côme d'un geste sec sur le bras. Le contact de mes doigts contre le tissu de son t-shirt me fait l'effet d'une décharge électrique, mais je le lâche immédiatement.
Une fois la porte refermée, le silence de la pièce devient assourdissant. La chambre est d'une simplicité rudimentaire, si mal agencée qu'elle en devient oppressante. Un lit double occupe l'essentiel de l'espace, laissant à peine de quoi circuler, tandis qu'un petit sofa, ajouté dans l'angle, encombre le peu de place restant sous la fenêtre. L'ensemble dégage une impression de désordre étouffant. Le visage tiré, je fais quelques pas, cherchant désespérément à éviter de croiser le regard de l'élève.
— Écoute, Côme… commencé-je, ma voix trahissant mon assurance en lambeaux. Je passe nerveusement une main dans mes cheveux, les ramenant en bataille. Je suis vraiment navré pour cette situation. Le lit est double, ce qui n'est… absolument pas l'idéal.
Je marque une pause, déglutissant difficilement, avant de désigner le sofa du menton.
— Pour que nous gardions une certaine distance, je vais m'installer sur ce canapé pour la nuit.
Côme, qui observe la pièce avec un calme déconcertant, se tourne lentement vers moi. Il ne semble nullement intimidé par mon embarras. Au contraire, il laisse échapper un léger rire qui fait vibrer l'atmosphère chargée. Il s'approche, ses yeux bleu foncé brillant d'une lueur provocante. Il jette un regard dédaigneux vers le sofa avant de revenir vers moi. Il s'immobilise à une distance trop courte, envahissant mon espace vital, et déclare d'un ton traînant, presque susurré :
— Sur ce vieux truc mal placé ? Non merci, Monsieur. Vous n'êtes pas obligé de dormir là-dessus, sinon c'est vous qui allez vous casser le dos. Entre le lit qui prend toute la place et ce sofa qui bloque le passage, on est déjà contraints d'être très proches. Inutile de vous bousiller la santé sur un meuble pareil juste pour vous rassurer et faire plaisir à votre fameux règlement…
Il laisse sa phrase en suspens, un sourire en coin étirant ses lèvres, me laissant totalement désarmé face à cette audace.
Côme dépose son sac de voyage sur le lit et se tourne vers moi, le regard planté dans le mien.
— Monsieur Vuillaume, est-ce que j'ai le temps de prendre une douche rapide avant d'aller manger ?
Encore crispé par les événements, je fixe le cadre de la fenêtre pour éviter ses yeux.
— Oui, mais tu te dépêches, Côme. Il ne nous reste que vingt minutes avant que le réfectoire ne ferme.
Sans attendre, il ouvre son sac, en tire sa trousse de toilette et une pile de vêtements, puis disparaît dans la salle de bain. Il referme la porte, mais la laisse légèrement entrouverte. Le sifflement de l'eau commence à filtrer. Seul, cherchant à évacuer mon anxiété, je saisis mon téléphone et compose le numéro de Gaël.
— Allô, Gaël ? Oui, on est bien arrivés… C'est l'enfer, une vraie catastrophe au niveau de l'organisation, commencé-je en faisant les cents pas, prenant soin de ne pas mentionner le lit double. Je ne te raconte pas l'état des lieux, c'est très rudimentaire, on est entassés dans une petite auberge, mais bon, je gère.
Tout en parlant, je déambule machinalement. Je passe devant la porte entrouverte de la salle de bain et m'arrête, le regard attiré comme par un aimant. Le jet d'eau perle sur le corps de Côme. Je vois Côme se savonner lentement, ses mains glissant sur ses hanches, puis sur son sexe. Sous l'effet de l'eau chaude et de ses propres gestes, sa verge commence à grossir, s'allongeant pour devenir une pièce imposante.
— Eddy ? Tu es toujours là ? T'as l'air un peu ailleurs, demande la voix de Gaël, intriguée.
Je ne capte plus rien. Je suis hypnotisé, le souffle court, le sang battant dans mes tempes. Je ne reprends mes esprits que lorsque Côme, sentant une présence, tourne la tête vers l'ouverture. Il est là, face à moi, une main fermée sur son érection massive, un sourire en coin étirant ses lèvres.
— Excuse-moi, Gaël… je… je dois te laisser, il y a un problème urgent avec un étudiant. Je te rappelle plus tard, bredouillé-je en me détournant brutalement, le visage en feu.
Je m'éloigne d'un pas précipité vers le fond de la chambre, le cœur battant à tout rompre. Au même instant, la porte s'ouvre totalement et Côme sort, une simple serviette de bain nouée autour de la taille.
— Mince, j'ai oublié mon shorty, lance-t-il avec une désinvolture totale avant de retourner se changer.
La vue de ce corps, ce déhanchement volontaire, provoque chez moi une réaction physique immédiate : une érection douloureuse que je tente désespérément de camoufler en me tournant vers la fenêtre, les mains agrippées au rebord froid. Lorsqu'il ressort, Côme est vêtu.
— Je suis prêt, Monsieur.
La voix altérée, je le renvoie d'un geste de la main.
— Va rejoindre les autres… j'arrive tout de suite.
Côme me gratifie d'un sourire énigmatique et d'un clin d'œil appuyé avant de lâcher :
— Ok, M'sieur. À tout de suite.
Une fois la porte refermée, je me laisse choir sur le bord du lit, les mains enfouies dans mon visage.
— Putain, mais qu'est-ce que je fais ? murmuré-je dans un soupir désespéré.
Après quelques secondes, je me relève, réajuste nerveusement mon pantalon, passe une main dans mes cheveux et sors. Je retrouve les élèves dans le brouhaha du réfectoire. Je m'installe aux côtés de Lola et, retrouvant un semblant de prestance professionnelle, frappe doucement sur la table.
— Écoutez-moi bien pour cet après-midi, annoncé-je d'une voix ferme. On change le programme. Direction Mimizan-Plage pour une analyse de terrain. Au lieu d'une simple promenade, vous allez réaliser un audit rapide. Observez l'aménagement du front de mer, l'accessibilité PMR, la signalétique et la gestion des flux. C'est un exercice crucial pour votre BTS : vous devez adopter une posture de professionnel.
Le repas touche à sa fin. Je me lève, l'esprit en ébullition, et entraîne le groupe vers la sortie.
— Allez, tout le monde dehors ! On ne traîne pas, le bus nous attend sur le parking.
Arrivés sur le front de mer de Mimizan-Plage, les étudiants se dispersent dans un brouhaha joyeux, leurs carnets à la main. Je reste immobile sur le trottoir, balayant le secteur du regard, cherchant à m'ancrer dans la réalité professionnelle de cette mission. À 26 ans, je sais que je dois imposer une autorité naturelle, mais la tâche est parfois ardue avec des étudiants qui n'ont que six ans de moins que moi. Côme, lui, n'est pas pressé. Il attend que le dernier binôme soit formé, observant ma nuque avec une intensité qui me hérisse les poils. Il s'approche avec cette nonchalance qui, désormais, m'agace autant qu'elle me fascine.
— Monsieur Vuillaume ? commence-t-il, une lueur amusée dans les yeux. Tous les binômes sont déjà faits, et je me retrouve un peu seul pour cet audit. Vous pourriez m'aider à réaliser le travail ?
Je me raidis instantanément, mon cœur manquant un battement. Je jette un regard vers le groupe de Robin, qui s'éloigne déjà en riant vers les dunes, et je fronce les sourcils, cherchant à cacher mon trouble.
— Côme… tu ne t'es pas mis en binôme avec Robin ?
Il hausse les épaules, un geste qui souligne la tension sculpturale de ses épaules sous son t-shirt.
— Être trop collé l'un à l'autre, ce n'est pas toujours bon, Monsieur. On finit par étouffer.
Il marque une pause, son sourire se faisant plus appuyé, presque prédateur, tandis que ses yeux détaillent mon visage.
— Même si, je vous l'accorde, être vraiment bien collé à quelqu'un, ça peut être… incroyablement bon.
La chaleur me monte aux joues, une sensation brûlante que je tente de masquer en me détournant brusquement vers la signalétique du front de mer.
— Ce genre de remarque n'est pas approprié, Côme. Nous sommes en plein exercice professionnel, garde tes réflexions pour toi. Je ne suis pas là pour tes états d'âme.
Il fait un pas de plus, réduisant l'espace personnel à néant. Je sens son souffle sur mon épaule alors que nous commençons à marcher côte à côte. Soudain, sa main traîne, effleurant avec une lenteur calculée le haut de ma fesse avant de remonter le long de ma hanche. Le contact est électrique. Mon corps réagit avec une traîtrise absolue : une érection forte et rapide se tend sous mon pantalon de toile.
Je m'arrête net, le souffle coupé, le visage livide.
— Côme ! Arrête ça tout de suite ! soufflé-je, la voix tremblante de colère et de ce désir réprimé qui me dévore. Ne me touche plus, c'est inadmissible !
Il s'immobilise, les mains ostensiblement levées en signe d'innocence feinte, son expression restant parfaitement neutre, presque déconcertante.
— De quoi parlez-vous, Monsieur ? Je n'ai rien fait. Vous devez être un peu nerveux, non ?
— Ne joue pas à ça avec moi, grondé-je, tentant de masquer ma gêne alors que mon membre, douloureusement rigide, me rend chaque pas pénible. Je sais très bien ce que tu as fait.
— Vous vous faites des idées, M'sieur, répond-il avec un sourire en coin, une lueur de défi pur dans le regard. Ce n'est pas parce que vous êtes troublé que je suis responsable de quoi que ce soit.
Je reprends ma marche, le corps raidi, la mallette serrée contre moi comme un bouclier inutile. Je me sens piégé, exposé. Pourquoi ne l'ai-je pas renvoyé bouler plus sévèrement ? Je pense à Gaël, à ma vie rangée, à mon métier que je débute à peine et que je risque de perdre pour un simple caprice. Chaque fibre de mon être hurle de le faire taire, mais je sais, avec une terreur grandissante, que je perds pied face à ce beau gosse de 20 ans.
Sur le chemin du retour, dans le bus, l'atmosphère est lourde. Je suis assis à l'avant, mais je sens le regard de Côme peser sur ma nuque. Pour garder une contenance, je m'adresse au groupe, ma voix sonnant un peu trop forte.
— Demain, soyez prêts dès 7h. Nous serons sur le terrain à 9h pour une analyse comparative entre Mimizan et Hossegor. Vous devrez effectuer un benchmarking précis sur les stratégies de développement balnéaire, les types d'hébergement et la gestion des risques littoraux. Soyez rigoureux.
Arrivés à l'auberge à 19h, le dîner est une épreuve. Côme est assis en face de moi. Il mange lentement, avec une sensualité délibérée qui me donne envie de fuir. Chaque fois qu'il porte sa fourchette à sa bouche, ses yeux ne quittent pas les miens. Je finis par me pencher vers Lola, à mes côtés.
— Lola, je te laisse en charge du groupe pour l'heure de temps libre. Surveille les retours au dortoir. J'ai un appel important à passer.
Je m'éclipse précipitamment. Une fois dans ma chambre, je verrouille la porte et compose le numéro de Gaël.
— Allô, mon cœur… murmure-je, ma voix s'adoucissant, cherchant désespérément un refuge. Pardonne-moi pour tout à l'heure, Gaël. J'ai eu une urgence de gestion avec l'un des participants et j'ai dû raccrocher brutalement. Tout va bien, je suis juste épuisé par cette journée.
La voix de Gaël, calme et rassurante, me rappelle qui je suis. Je raccroche, regrettant déjà l'éloignement, et je file sous la douche, espérant que l'eau glacée calmera cette fièvre.
Mais en sortant, le choc est brutal. Côme est là, assis sur le lit en shorty, l'air nonchalant, en train de pianoter sur son téléphone.
— Je vous pique la place sous la douche, M'sieur, lance-t-il sans même lever les yeux.
Je reste figé, une serviette autour de la taille.
— Mais… tu es déjà là ?
— Oui, je suis naze, répond-il en se levant.
En passant devant moi, son shorty, excessivement serré, ne laisse aucune place au doute : il bande avec une intensité telle que le tissu semble prêt à céder. Il s'arrête un instant, un sourire provocateur étirant ses lèvres. Son regard glisse lentement sur mon entrejambe, puis remonte vers le mien, avant de murmurer :
— Et en plus, j'ai très, très chaud.
Il entre dans la salle de bain, laissant la porte entrouverte. Je reste là, le souffle court, le cœur battant à tout rompre. Je me laisse choir sur le bord du lit, les mains enfouies dans mon visage.
— Putain, mais qu'est-ce que je fais ? murmuré-je dans un soupir désespéré.
Je regarde mon propre reflet dans la glace. J'ai 26 ans. Je suis un professionnel, un enseignant. Je ne devrais pas tolérer cela. Je ne devrais pas vouloir cela. Je réajuste mon caleçon, tentant de dissimuler l'érection que sa simple présence vient de provoquer. La limite entre mon autorité et mon désir est devenue dangereusement poreuse. Je sens que, cette nuit, si je ne fais rien, le rideau risque de tomber sur ma carrière et sur ma vie.
La petite chambre d'auberge est un four. La fenêtre ouverte sur la nuit ne laisse entrer qu'une brise tiède, chargée d'embruns et de sel, qui alourdit l'air ambiant, le rendant visqueux, presque palpable. Assis sur le rebord du lit, je suis en caleçon ample et t-shirt, mes notes sur l'audit de Mimizan étalées sur mes genoux. J'essaie désespérément de me concentrer sur les graphiques de gestion des flux de circulation, mais chaque battement de mon cœur résonne dans le silence pesant de la pièce. Ma respiration est courte, saccadée ; chaque fibre de mon être est focalisée sur le bruit de l'eau derrière la porte.
La salle de bain s'entrouvre. Côme en sort, les cheveux encore ruisselants, l'eau coulant en filets lents le long de son torse bronzé, glissant sur ses abdominaux saillants pour se perdre dans les replis de la serviette blanche nouée bas sur ses hanches. Il s'approche du lit avec une démarche féline. Le matelas s'affaisse sous son poids lorsqu'il s'assoit, beaucoup trop près de moi. L'odeur de gel douche, mêlée à l'arôme musqué de sa peau échauffée, agresse mes sens et me prive de ma dernière parcelle de lucidité.
Je me raidis, trahissant une gêne palpable et une panique grandissante. Je dépose mes notes et, sans oser croiser son regard, je pointe du doigt la porte de la salle de bain.
— Côme... s'il te plaît. Habille-toi. Ce n'est pas correct de rester ainsi, surtout entre nous.
Côme incline la tête, un sourire en coin étirant ses lèvres. Il ne bouge pas. Au contraire, il se tourne davantage vers moi, son genou nu effleurant ma cuisse à travers le tissu léger de mon caleçon. La chaleur de sa peau, à travers le coton, brûle comme un tison.
— Il fait beaucoup trop chaud, M'sieur, répond-il d'une voix traînante, volontairement grave, qui fait vibrer mon bas-ventre. Et puis... je déteste porter quoi que ce soit la nuit quand il fait une chaleur pareille. Je me sens... à découvert, vous comprenez ?
Il insiste sur le mot, son regard plongeant dans le mien, lourd de promesses indicibles. Chaque millimètre qui nous sépare semble charger l'air d'électricité statique. Mon cœur cogne contre mes côtes, un martèlement sourd qui me coupe le souffle. Je pose une main hésitante, presque par réflexe, sur son torse humide pour le repousser, mais au contact de sa peau brûlante, mes doigts se figent. La texture ferme, la chaleur vibrante sous ma paume, me paralysent.
— Côme, arrête, murmuré-je, la voix brisée, presque suppliante. Tu ne devrais pas faire ça. Je suis en couple.
Côme ne recule pas. Il attrape ma main et la presse davantage contre sa poitrine, là où son propre cœur bat la chamade, un tambourinement sauvage qui répond au mien.
— Oui, je sais, souffle-t-il, son sourire se faisant carnassier. J'ai vu les photos de vous avec votre copain sur Insta. Il est mignon, M'sieur... mais il est loin. Il n'est pas là, dans cette chambre, sous cette chaleur. Et moi, si. Je suis là, je suis brûlant, et je n'attends que vous.
Côme profite de ce moment de faiblesse pour se lever, me forçant à reculer jusqu'au mur. Il se place entre mes jambes, imposant sa présence massive, son bassin à quelques centimètres de mon visage. Sa main remonte lentement, avec une lenteur calculée, le long de ma cuisse, s'immisçant sous le bord élastique de mon caleçon pour effleurer la peau sensible de l'intérieur de ma cuisse. Je sens une érection douloureuse et immédiate se tendre sous le tissu, un besoin impérieux qui écrase toute morale.
— Vous avez peur de perdre votre statut, ou vous avez peur de réaliser que vous crevez d'envie de moi depuis ce matin ? chuchote-t-il à mon oreille, son souffle humide faisant frissonner ma nuque. On est loin de tout. Personne ne regarde. Votre corps ne ment pas, M'sieur... regardez dans quel état vous êtes et dans quel état vous me mettez. Chut... si vous voulez crier, faudra mordre l'oreiller.
Le contact de sa peau humide et salée contre la mienne est une décharge électrique. Je ferme les yeux, un gémissement tremblant s'échappant de mes lèvres alors que ses doigts frôlent enfin mon intimité. La lutte intérieure s'arrête net, engloutie par le besoin viscéral. Dans un geste de reddition totale, j'agrippe ses hanches musclées, mes doigts s'enfonçant dans sa chair ferme, et je l'attire rudement contre moi pour écraser ma bouche sur la sienne. Ce n'est plus un baiser, c'est une collision : une urgence fiévreuse, nos langues se cherchant avec sauvagerie, tandis qu'abandonnant toute dignité et tout remords, je me laisse enfin consumer par le brasier que j'avais tenté d'étouffer toute la journée.
La tension dans la petite chambre est devenue insoutenable, chaque respiration sonnant comme une rupture dans le silence moite de l'auberge. Je sens mon propre caleçon devenir une entrave insupportable, le tissu trempé par mon désir, tandis que mes mains agrippent les hanches de Côme, ses muscles durs et brûlants sous mes doigts.
Avec une lenteur calculée qui confine à la torture, il saisit le rebord de sa serviette blanche. Un mouvement sec, et le tissu tombe, révélant sa nudité imposante dans la pénombre. Je retiens mon souffle devant sa verge longue, épaisse et magnifiquement formée, arborant une légère courbure qui semble appeler mes lèvres. Ses testicules, lourds, pleins et tendus, pendent avec une masse qui témoigne de son excitation à son comble. Au sommet, le gland, gonflé et congestionné d'un rouge sombre, est couronné d'une perle de liquide pré-séminal qui capte la faible lumière, une vision qui me fait perdre tout contrôle.
Il ne dit rien, plante son regard dans le mien, puis incline la tête vers son entrejambe, une invitation sans équivoque. Je ne réfléchis plus ; je m'abaisse à genoux. En approchant mon visage, je sens la chaleur intense qui émane de lui, mêlée à l'odeur musquée de ses couilles lourdes et chaudes. Je prends sa grosse queue dans ma bouche, la savourant comme une offrande. Je monte et descends avec une précision que je ne me connaissais pas, explorant la texture ferme, les veines saillantes qui courent le long de son sexe et la peau fine et sensible de ses testicules que je caresse avec mes doigts. Je fais rouler ma langue sur le filet ultra-sensible, aspirant doucement pour créer un vide qui le fait gémir, ses mains s'emmêlant dans mes cheveux pour guider mon rythme. Je goûte son essence, ce parfum musqué et sauvage qui m'enivre, tandis que mes lèvres, bien humides, glissent le long de sa chair dure.
Il se cambre, ses râles emplissant la pièce, son rythme s'accélérant alors qu'il appuie ses hanches, ses testicules ballants contre mon visage, pour s'offrir davantage à moi.
Soudain, il me fait arrêter. Il me relève d'une main ferme, son regard brillant d'un désir noir et possessif. Sans prévenir, il saisit ma nuque pour me basculer légèrement en arrière, puis, dans un mouvement brutal, il enfonce sa grosse queue directement dans ma bouche. Il occupe tout l'espace de ma cavité buccale, forçant ma langue à se rétracter et imposant sa masse imposante contre le fond de ma gorge. Je suffoque sous cet assaut, mes yeux s'écarquillant alors que je suis forcé d'accepter cette plénitude sauvage qui m'empêche presque de respirer. La salive se met à couler abondamment le long de mes lèvres, tandis que j'essaie désespérément de m'adapter à cette intrusion massive et impérieuse. Chaque mouvement qu'il imprime est un défi, un étirement total de mes muscles buccaux qui me laisse sans défense, totalement soumis à son rythme.
Il finit par se retirer, le souffle court, me laissant haletant, les lèvres tuméfiées et tremblantes. Je le regarde, les pupilles dilatées, totalement désorienté par l'intensité de ce qui vient de se produire.
Il se positionne alors derrière moi, ses mains, lubrifiées par le nectar que j'ai déposé sur lui, glissant vers mon entrejambe. Avec une assurance désarmante, il commence à me préparer. Ses doigts s'immiscent avec une agilité experte, ouvrant le chemin, étirant les tissus avec une lenteur exquise. Chaque pression, chaque mouvement de va-et-vient contre mes zones les plus sensibles envoie des décharges électriques le long de ma colonne vertébrale. Je me cambre, incapable de retenir les petits gémissements qui m'échappent, alors qu'il m'apprivoise, promettant une sensation d'une intensité que je n'avais jamais osé imaginer jusqu'ici. Je suis un instrument entre ses mains, et chaque note qu'il tire de mon corps me rapproche un peu plus du point de non-retour.
La tension qui habitait la pièce explose dans un fracas de chair. Côme ne laisse aucune place à la douceur ; il me saisit par les hanches avec une rudesse bestiale et me force à me cambrer sur le lit, le visage enfoncé dans l'oreiller que je mords jusqu'au sang pour étouffer mes cris. Il m'attaque avec une fureur primitive, m'enfonçant sa grosse queue jusqu'à la garde à chaque coup de rein, envoyant des ondes de choc dévastatrices dans tout mon corps. Le bruit est obsédant, viscéral : le claquement sourd et rythmé de nos peaux qui s'entrechoquent, le martèlement violent de ses couilles lourdes et pleines contre mes fesses, un son humide et sauvage qui résonne dans toute la chambre. Chaque poussée est une intrusion brutale qui me fait hurler.
Sans me laisser de répit, il me bascule brutalement sur le côté, me forçant à me mettre à quatre pattes, les bras pliés sous moi. Il s'installe derrière moi, saisissant mes cheveux pour tirer ma tête en arrière, m'obligeant à offrir mon corps à ses assauts. Il m'empale avec une vigueur nouvelle, ses mains puissantes agrippant mes flancs, marquant ma peau de ses doigts. Il me secoue, m'utilisant comme un jouet, chaque poussée étant plus profonde, plus viscérale que la précédente. Je sens la chaleur de son ventre contre mon dos, ses testicules qui viennent frapper le haut de mes cuisses à chaque va-et-vient, un rythme sauvage qui m'arrache des gémissements déchirants.
Il ne s'arrête pas là. Avec une autorité glaciale, il me renverse sur le dos, saisissant mes chevilles pour ramener mes jambes violemment sur mes épaules. Il m'empale de face, dans cette position de vulnérabilité totale, ses mains ancrées dans mes flancs, me secouant à chaque poussée sauvage. Je suis totalement déconstruit, les yeux révulsés, submergé par la sensation de cette verge épaisse, massive et brûlante, qui me laboure l'intérieur sans aucune retenue. Le rythme devient frénétique, un déchaînement de violence érotique où chaque mouvement de son bassin semble vouloir arracher un morceau de mes entrailles.
Au paroxysme de la frénésie, Côme se retire brutalement pour me retourner une dernière fois, me forçant à m'appuyer contre la tête de lit, avant de m'enfoncer à nouveau avec une force dévastatrice. Dans ce dernier élan destructeur, il déverse sa semence, forçant ses testicules à se contracter contre moi, avant de m'obliger à encaisser son sperme chaud au fond de ma gorge lors d'un ultime baiser sauvage, me faisant suffoquer sous l'afflux. Il continue de me baiser avec une ferveur carnassière, martelant mon corps jusqu'à l'épuisement total, ses muscles saillants tremblant contre les miens.
Une fois le calme revenu, dans le silence moite de l'auberge, Côme, le souffle encore saccadé, fait un geste sec vers moi, m'ordonnant de nettoyer les vestiges de notre étreinte sur sa peau. Le regard vide, les mains tremblantes, je m'exécute avec une soumission totale, essuyant chaque trace de ce sperme tiède sur ses cuisses et ses couilles ballantes, un mélange complexe de dégoût et de satisfaction sombre qui me tord l'estomac.
Nous nous glissons sous les draps, chacun de notre côté, séparés par un fossé désormais infranchissable. Le silence, lourd, est brisé par la voix de Côme, calme et tranchante :
— J'en avais envie depuis le début de l'année, vous savez. Et Robin, mon petit ami, il le sait très bien. Il savait que ça arriverait.
Mon cœur manque un battement, un froid polaire remplaçant soudain la fièvre.
— S'il te plaît… Côme… ne dis rien à personne, chuchoté-je, la voix brisée par une panique irréversible.
Côme ne répond pas, sombre immédiatement dans un sommeil de plomb, totalement indifférent au chaos qu'il vient d'abattre sur ma vie. Prostré, les yeux grands ouverts fixés sur le plafond dans l'obscurité, je reste immobile, incapable de fermer l'œil. La nuit, jusque-là brûlante de luxure et de chair, s'est muée en une cellule glacée où j'attends, dans une angoisse insoutenable, le lever du soleil.
Au réveil, la lumière crue du matin perce les rideaux de l'auberge. Je me sens épuisé, le corps endolori, les yeux brûlés par l'insomnie. Soudain, une pression familière et brûlante se fait sentir contre mes reins. Côme, encore à demi endormi, presse sa grosse queue déjà dure contre le creux de mes fesses, une façon brutale et silencieuse de réclamer son dû. Sans un mot, dans un mouvement sec, il me fait basculer sur le ventre. Il s'installe au-dessus de moi et m'empale d'un seul coup, enfonçant sa virilité massive jusqu'à la garde avec une urgence bestiale. Le claquement de nos chairs, le choc de ses testicules lourds et chauds contre mon entrejambe, tout résonne dans la chambre silencieuse. Ce n'est pas de l'affection ; c'est une marque de possession pure, un marquage de territoire avant que, quelques minutes plus tard, il ne se lève, calme et impavide, pour s'habiller comme si de rien n'était.
Au moment de sortir, Côme lance, l'air de rien :
— Je me mets en binôme avec vous pour l'analyse des dunes, M'sieur.
Trop dévasté pour protester, je suis le mouvement, l'esprit en lambeaux. Dans l'intimité du relief sableux, loin des regards, Côme ne perd pas une seconde. Il me fait pencher en avant, appuyé contre une dune, le vent apportant le sel des embruns sur notre peau en sueur. Il me prend par derrière avec une ferveur sauvage, sa grosse queue m'étirant, me remplissant jusqu'à la douleur, tandis qu'il me murmure des ordres crus, des obscénités que seul moi peux entendre. Le dernier soir, dans la chambre, la scène se répète, plus sombre, plus exigeante. Il ne se contente pas de me posséder ; il semble vouloir consumer chaque parcelle de dignité qu'il me reste, me forçant à des positions inconfortables où chaque coup de rein résonne comme un affront, ses mains serrées autour de ma gorge pour m'empêcher de reprendre mon souffle.
Le lendemain, le trajet en bus est une torture. Je reste prostré à l'avant, sentant le regard de Côme peser sur moi dans mon dos. Le plus insoutenable est la présence de Robin, assis juste à côté de lui. Robin m'observe avec un sourire carnassier, une complicité dérangeante dans les yeux, comme s'il connaissait chaque détail, chaque mouvement, chaque humiliation subie sous les draps. Côme, tout en caressant ouvertement la cuisse de Robin, ne lâche pas mes yeux, son sourire prédateur alternant entre mépris et domination. Je vois la main de Robin remonter le long de la jambe de Côme, une provocation silencieuse qui me donne envie de vomir tout en éveillant une honteuse excitation.
En descendant du bus, mon chaos interne est à son comble : la honte absolue se mélange à une excitation viscérale qui refuse de retomber. Côme s'approche, pose une main lourde et possessive sur mon épaule et glisse à mon oreille, d'une voix douce qui glace mon sang :
— Merci pour tout, M'sieur. J'espère vraiment qu'on recommencera.
Puis, sans un regard en arrière, il s'éloigne. Je les regarde s'éclipser, Côme et Robin marchant main dans la main, une unité parfaite dans leur perversion. Tout le monde finit par quitter le trottoir, les groupes se dispersent dans la ville, mais je reste immobile, les pieds comme soudés au bitume. Je fixe le point où ils ont disparu, le souffle court, le cœur battant à tout rompre sous l'effet de ce mélange inavouable de terreur et de manque. Alors que les rues se vident autour de moi, je ne peux m'empêcher de rejouer en boucle la sensation de sa grosse queue m'envahissant, la lourdeur de ses couilles contre mon corps, et cette possession totale que je viens de vivre. Je reste là, seul au milieu du tumulte qui s'apaise, me répétant en boucle, comme une litanie obsédante :
— Putain, j'ai déconné... Putain, j'ai déconné.
Fin.
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