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✦ tounet777 Le carnet bleu XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le carnet bleu — Chapitre 3

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3
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le carnet bleu

Chapitre 3

Chapitre 3
La sortie du café se fait dans une atmosphère saturée. L'air froid de Besançon s'engouffre sous mon caban, mais je ne ressens plus le gel. Mon sang bout. Xavier marche d'un pas assuré, ses épaules larges ouvrant la voie dans l'obscurité des ruelles de la Boucle. Soudain, il s'arrête et se tourne vers moi. Son regard est une lame grise qui me transperce.
— Tu ne rentres pas chez toi ce soir, Côme, déclare-t-il d'un ton calme mais sans appel, une autorité naturelle vibrant dans sa voix. Tu viens dormir chez moi. C'est ainsi.
Je n'ai même pas la force de protester. Sa volonté semble avoir remplacé la mienne dès l'instant où il a refermé ce carnet. Je le suis, hypnotisé par sa démarche, par le mouvement de son corps sous son blouson de cuir. Nous nous engageons dans une petite ruelle étroite, enserrée entre deux hauts murs de pierre de Chailluz, là où les lampadaires ne jettent que des ombres incertaines.
Soudain, sans prévenir, Xavier pivote. Sa main s'abat sur mon épaule et, d'une poussée ferme et irrésistible, il me plaque contre le mur de pierre froide. Le choc me coupe le souffle, mais avant que je puisse protester, son corps est déjà contre le mien. Il m'écrase de tout son poids, ses mains descendant avec une force brute pour s'ancrer dans mes hanches. Ses doigts s'enfoncent dans ma chair à travers le tissu de mon pantalon, me tenant avec une possession qui me fait frissonner.
Puis, il m'embrasse.
C'est un baiser fougueux, presque sauvage. Ses lèvres sont chaudes, exigeantes, son goût est un mélange de whisky et de tabac froid. Ma tête bascule contre la pierre, mes mains cherchent désespérément un appui sur son torse. C'est une déflagration. Je n'ai jamais été embrassé avec cette fureur, comme si cet homme cherchait à arracher les secrets que je n'ai pas encore dits. Quand il se retire enfin de quelques centimètres, je suis haletant, le cœur battant à m'en briser les côtes. Je reprends mon souffle avec difficulté, les lèvres brûlantes, le regard embrumé.
Xavier reste là, son visage à quelques millimètres du mien, ses mains tenant toujours mes hanches avec cette poigne de fer.
— Tu en avais envie, avoue-le, murmure-t-il d'une voix sourde, un défi brillant dans ses yeux gris.
Je suis incapable de parler. Le monde autour de nous a disparu ; il n'y a plus que la texture de la pierre derrière mon dos et la chaleur oppressante de son corps contre le mien. Je me sens totalement hypnotisé, dépouillé de toute défense. Lentement, je fais simplement "oui" de la tête, un aveu silencieux qui semble le satisfaire.
Nous finissons le trajet jusqu'à son appartement dans un silence chargé de promesses. Son intérieur lui ressemble : brut, épuré, avec des tirages photographiques en noir et blanc punaisés aux murs et une odeur de papier et de café. Il me fait signe de m'asseoir sur le canapé en cuir usé tandis qu'il sert deux verres.
Il vient s'asseoir tout près de moi, si près que nos genoux se touchent. Le silence s'installe, mais ce n'est plus le silence du train. C'est un prélude. Xavier pose son verre et, sans détour, place sa main sur ma cuisse. Il commence à la caresser, d'abord doucement, puis avec une pression de plus en plus forte, de plus en plus rythmée. Ses doigts remontent lentement, centimètre par centimètre, vers mon entrejambe, ignorant la barrière de mes vêtements.
— Dis-moi, Côme... Est-ce que tu aimes ça ? Est-ce que tu aimes te sentir ainsi troublé par un inconnu qui a forcé les portes de ton intimité ? me demande-t-il en fixant ma réaction avec une intensité dévorante.
Je ferme les yeux, ma tête basculant en arrière sur le dossier du canapé. Je sens son pouce presser le haut de ma cuisse, là où la peau est la plus sensible.
— Je... je n'ai jamais ressenti ça, réponds-je enfin, ma voix étranglée. Je ne suis pas quelqu'un de timide d'habitude, mais avec toi, j'ai l'impression d'être devenu transparent. Comme si tu avais su voir en moi ce que je n'avais moi-même jamais remarqué. C'est effrayant.
Xavier s'arrête un instant, sa main restant pressée fermement contre le haut de ma jambe.
— Tu veux savoir ce que j'ai ressenti, la toute première fois que je t'ai vu dans ce wagon ? dit-il en se penchant vers mon oreille. J'ai vu un homme enfermé dans une cage de verre. Tu étais si propre, si rangé, si distant... Mais tes yeux disaient autre chose. Ils criaient le besoin d'être brisé. J'ai su dès cet instant que je serais celui qui ferait voler ce verre en éclats. Je t'ai désiré avant même de connaître ton nom. Je t'ai désiré parce que tu avais l'air de ne jamais avoir été touché par la foudre.
Ses mots sont directs, sans aucune retenue. Il me parle de mon corps comme s'il en était le propriétaire légitime. Sa main reprend son ascension, plus audacieuse, plus insistante.
— J'ai passé des heures à imaginer la texture de ta peau sous tes chemises empesées. J'ai écrit ces mots "osés" pour voir jusqu'où tu me laisserais aller. Et maintenant que tu es là, sur mon canapé, je me rends compte que le papier était une bien piètre consolation.
Je sens mon érection revenir, brutale et douloureuse sous la pression de sa main. Je suis à découvert, sans aucune protection face à cet homme qui m'a lu avant de me connaître. Je me sens vulnérable, mais pour la première fois de ma vie, cette vulnérabilité est mon plus grand plaisir.
— Ne sois pas timide, Côme, reprend-il d'un ton autoritaire en sentant mon corps se tendre. Tu m'as laissé entrer. Il est trop tard pour avoir honte maintenant.
Il ne prend plus de gants. La conversation s'efface devant l'urgence de la peau, et dans la pénombre de son salon, je comprends que Xavier ne m'a pas seulement trouvé ; il m'a révélé à moi-même.
Le silence est tombé dans le salon, épais, seulement brisé par le battement fou de mon cœur. Xavier s'est levé, sa main quittant ma cuisse avec une lenteur insoutenable qui m'a laissé frissonnant. Il s'est dirigé vers un coin de la pièce, là où des projecteurs sur pied et un drap blanc tendu sur un cadre dessinaient un espace qui n'attendait que moi. Mon regard s'est posé sur son équipement, puis sur lui, mon corps tendu d'une attente que je ne savais plus dissimuler.
— Allons, Côme, dit-il d'une voix basse, mais d'une autorité nouvelle qui ne souffrait aucune discussion. Ne reste pas là. Viens.
Je me suis levé, mes jambes un peu engourdies, et j'ai rejoint le petit studio improvisé. Le drap blanc était comme une page vierge, prête à recevoir une nouvelle histoire. Xavier s'est posté derrière son appareil, un boîtier imposant qui semblait être une extension de son être. Il a ajusté l'objectif, puis a levé les yeux vers moi.
— Mes mots étaient précis dans ce carnet, Côme. Maintenant, je veux voir si ton corps répond à mes descriptions. Je veux le capturer. Je ne veux plus le deviner à travers le tissu de ton costume.
Mon sang n'a fait qu'un tour. Mes joues se sont empourprées instantanément. L'idée d'être photographié, de me montrer ainsi sous son regard technique, était à la fois terrifiante et étrangement excitante.
— Je... je ne suis pas sûr de vouloir faire ça, Xavier, ai-je balbutié, mes mains se serrant l'une contre l'autre. Je ne suis pas... je ne suis pas habitué à être le sujet.
Xavier a posé son appareil et s'est approché de moi. Ses yeux gris m'ont fixé, intenses, insondables, brillant d'une détermination calme.
— Tu n'es plus un homme d'habitudes, Côme. Pas avec moi. J'ai brisé tes règles par mes écrits. Maintenant, tu vas me laisser briser tes peurs. Tu ne me feras pas ce plaisir de te cacher. Je t'ai désiré à travers le verre d'un train. Je t'ai écrit chaque nuit, et ce soir, je vais te photographier. Ce n'est pas une question. C'est une évidence.
Il a tendu sa main et, avec une lenteur calculée qui m'a rendu fou, a commencé à déboutonner mon caban. Son pouce a effleuré ma peau à travers la chemise, et un frisson a parcouru tout mon corps. Il a écarté les pans du manteau, puis l'a fait glisser de mes épaules. Le vêtement est tombé au sol dans un léger froissement.
— Voilà. C'est bien. Tu es magnifique, Côme. Ne doute jamais de l'effet que tu produis. Maintenant, tourne-toi. Mets-toi de profil. Un peu plus à gauche. Oui. Comme ça.
J'ai obéi, comme sous hypnose. Ma chemise de bureau me semblait soudain trop étroite, et je me sentais exposé. Le flash de l'appareil a crépité une première fois, me faisant sursauter.
— Tes mains, Côme. Lâche-les. Ne les serre pas. Laisse-les pendre. Non, pas ainsi. Laisse-les juste... tomber le long de tes hanches. Oui. Comme ça. C'est parfait.
Il a pris d'autres clichés. J'ai senti son regard sur chaque ligne de mon buste. J'ai senti la chaleur monter à mon visage. J'étais incapable de bouger, de respirer normalement.
Puis, il a reposé l'appareil. Il s'est approché à nouveau, son parfum de cuir et de papier m'enveloppant. Son regard était intense, presque possessif.
— Ta chemise, Côme. Je veux voir tes épaules. Lentement.
Il a glissé ses mains sur mon col, défaisant les boutons un à un avec une dextérité qui me faisait trembler. Ses doigts effleuraient mon torse à chaque mouvement, une torture délicieuse. Il a écarté le tissu blanc, le faisant glisser le long de mes bras. Ses paumes ont glissé sur mes flancs, sur mes côtes. Quand la chemise est tombée, ses mains sont restées là, sur mes épaules nues, une caresse ferme qui m'a coupé le souffle.
— Respire, Côme. Ne retiens pas ton souffle pour moi. Laisse-le sortir. Laisse-moi te voir tel que je t'ai imaginé en écrivant.
Il a reculé, a repris son appareil.
— Maintenant, pose tes mains sur tes hanches. Oui. Comme si tu hésitais. Comme si tu attendais quelque chose. Tes yeux... lève un peu la tête. Regarde vers la lumière. Oui. C'est ça. Le trouble. La promesse de l'abandon.
Le flash a de nouveau crépité. Je me suis senti rougir violemment. Mes muscles étaient tendus, chaque parcelle de ma peau semblait vibrer sous les projecteurs. L'idée de me montrer ainsi, à moitié déshabillé, à cet homme qui m'avait décrit avec tant d'audace, était d'une puissance folle.
Xavier a continué, sa voix toujours ce mélange d'autorité et de douceur enivrante qui me privait de toute volonté propre.
— Ta ceinture, Côme. Détache-la. Et ton pantalon.
J'ai hésité, le souffle court. Mon corps était parcouru de décharges électriques. Il a posé l'appareil, s'est de nouveau approché. Son regard ne me quittait pas, il me tenait littéralement. Il a glissé ses doigts sur la boucle de ma ceinture, l'a ouverte d'un geste lent, puis a tiré sur la fermeture éclair. Ses doigts ont effleuré la peau de mon bas-ventre. Un gémissement silencieux m'est resté au fond de la gorge.
— Tes mains, Côme. Aide-moi. Laisse-le glisser.
J'ai obéi, les doigts tremblants. Mon pantalon a glissé le long de mes jambes, s'accumulant à mes chevilles. Je me suis retrouvé en sous-vêtements, face à son objectif, ma nudité à moitié exposée. La chaleur est montée à mes joues, à mes oreilles, à ma nuque.
— Mets tes mains derrière ta tête, Côme. Comme ça. Oui. Écarte un peu les jambes. Laisse ton bassin s'avancer légèrement. Non. Pas si raide. Lâche-toi. Oui. Regarde-moi dans l'objectif. Laisse-moi tout lire sur ton visage.
Les flashs ont fusé, capturant chaque seconde de mon trouble et de mon désir. J'étais prisonnier de son regard, de sa voix qui me dirigeait comme s'il connaissait mon corps mieux que moi.
— Maintenant, retire le reste, a-t-il dit doucement, en s'approchant une dernière fois.
Mes yeux se sont écarquillés. J'ai secoué la tête, un dernier réflexe de pudeur.
— Non, Xavier... s'il te plaît... c'est trop...
Il a posé une main sur ma joue, son pouce caressant ma peau brûlante avec une tendresse infinie.
— Je sais, Côme. Je sais que c'est difficile. Mais je ne te laisserai pas te cacher derrière ce dernier rempart. Pas ce soir. Pas après tout ce que j'ai écrit pour toi. Tu as lu mes mots les plus crus. Maintenant, je vais voir la vérité. Tu n'es pas vulgaire, tu es pur dans ton trouble. Fais-le pour moi. Laisse-moi te voir sans aucun filtre.
Sa main a glissé de ma joue vers mon cou, puis vers ma clavicule, son pouce s'arrêtant juste au-dessus de mon cœur qui battait à une vitesse effrayante. Ses yeux ne m'ont jamais quitté, gris et magnétiques.
— Laisse-moi le faire alors, a-t-il murmuré d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
Il a glissé ses mains sous l'élastique du tissu, ses doigts effleurant ma peau avec une précision qui m'a fait basculer la tête en arrière. Lentement, avec une détermination implacable, il a fait descendre le dernier vêtement. Le tissu est tombé à mes pieds.
Je me suis retrouvé entièrement nu. Devant lui. Sous ses projecteurs blancs. Je n'ai jamais été aussi exposé, aussi vulnérable. Mon corps entier semblait rougir, mais c'était un incendie de désir.
— Magnifique, Côme. Absolument magnifique. Ton corps est exactement comme je l'avais tracé dans ma tête.
Il a reculé, son appareil levé, capturant ma silhouette intégrale.
— Mets tes mains devant toi, sur tes cuisses. Non, ne cache rien. Montre-moi cette vulnérabilité. Oui. Comme si tu t'offrais à l'image. Ton corps est une œuvre d'art, Côme. Maintenant, tourne-toi. De dos. Laisse-moi voir la ligne de tes reins. Lève un peu les bras, étire-toi.
Je me suis exécuté, prenant chaque position qu'il exigeait, chaque ordre étant donné d'une voix grave et envoûtante. Chaque flash était une caresse de lumière, chaque compliment était un aveu. Il me parlait des ombres sur mes muscles, de la courbe de mon dos, de la façon dont ma peau accrochait la clarté. Je me sentais rougir à chaque nouvelle demande, chaque angle me révélant davantage.
Je me suis retrouvé à genoux sur le drap blanc, les mains liées derrière ma nuque, le buste droit, offrant mon torse à son regard. Il s'est approché, a reposé son appareil sur le trépied. Sa main a saisi ma nuque, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux, puis il a descendu lentement sa main le long de ma colonne vertébrale jusqu'au bas de mon dos.
— Tu es à moi, Côme, a-t-il murmuré, sa voix devenue rauque par le désir qu'il avait lui-même alimenté. Totalement à moi.
Il m'a relevé avec force, me tirant contre lui. Sa peau chaude contre la mienne a provoqué un choc électrique. Il m'a embrassé à nouveau, une union de lèvres et de langues qui cherchait à sceller ce que l'objectif avait commencé à capturer.
— Maintenant, a-t-il dit en me soulevant presque pour m'emmener vers la chambre, on va terminer ce que le carnet a commencé.
Et je n'ai pas eu besoin d'un mot de plus pour le suivre.
La chambre de Xavier était baignée dans une pénombre bleutée, seulement percée par la lumière résiduelle du studio qui filtrait sous la porte. L'air y était plus frais, mais entre nos deux corps, la température atteignait un point de non-retour. Nous nous tenions debout au pied du lit, encore haletants de la séance photo qui venait de s'achever. J'étais nu, exposé, vibrant encore sous son regard. Xavier, lui, portait encore ses vêtements, cette armure de cuir et de coton qui le séparait de ma peau.
Il s'est arrêté devant moi, sa haute silhouette dominant mon trouble. Ses yeux gris, devenus sombres comme l'orage, ne me quittaient pas.
— Côme, dit-il d'une voix basse, chargée d'une autorité qui me fit frissonner. C'est à ton tour. C'est toi qui as lu mes désirs, c'est toi qui as vu mon grain de beauté sur le papier. Maintenant, je veux que ce soit tes mains qui me découvrent. Mets-moi nu.
L'ordre était simple, mais il me coupa les jambes. Mes doigts, habitués à la précision des tracés industriels, tremblaient alors que je m'approchais de lui. J'ai posé mes mains sur le revers de son blouson de cuir. La matière était froide, contrastant avec la chaleur qui irradiait de son torse. J'ai fait glisser le vêtement de ses épaules, lourd, et il est tombé sur le parquet avec un bruit sourd.
En dessous, il portait une chemise noire. Mes doigts se sont attaqués aux boutons, un par un. Je sentais son regard peser sur ma nuque, sur mes épaules nues, m'encourageant dans mon entreprise. À chaque bouton défait, je découvrais un peu plus de lui : la naissance de son cou, le haut de son torse parsemé de quelques poils sombres, la force de ses muscles. Quand la chemise s'est ouverte, j'ai posé mes paumes à plat sur sa poitrine. Son cœur battait avec une force sauvage, une cadence qui répondait à la mienne.
— Continue, murmura-t-il, sa voix vibrant contre mon front. Ne t'arrête pas.
J'ai glissé mes mains vers sa ceinture. Le cuir a craqué, le métal a cliqueté. Je l'ai déshabillé avec une hâte nerveuse, une urgence qui me consumait. Quand il s'est enfin retrouvé nu face à moi, la réalité a balayé toutes les images du carnet. Il était plus massif, plus réel, plus impressionnant que tout ce que j'avais pu imaginer. Son sexe, déjà fier et sombre, semblait appeler mes mains.
Xavier m'a alors saisi par la taille et m'a basculé sur les draps sombres du lit. Il s'est mis au-dessus de moi, ses genoux encadrant mes hanches, son poids m'écrasant avec une force délicieuse.
— On y est, Côme, a-t-il grogné contre mon oreille. Plus de papier, plus d'objectif. Juste la chair.
Sa main a saisi mes deux poignets pour les plaquer au-dessus de ma tête, tandis que l'autre descendait sur mon torse, griffant légèrement ma peau. Il m'embrassait partout, sur la mâchoire, descendant vers mes clavicules avec une faim qui me faisait gémir. Je me cambrais sous lui, cherchant un contact plus étroit.
— Xavier… s'il te plaît…, ai-je soufflé, le souffle court, au bord de l'implosion.
Il s'est redressé légèrement, me fixant avec une sévérité magnétique qui me paralysa.
— Non, Côme. Ne me demande pas de faire. Fais ce que tu as envie de faire. Arrête d'attendre mes ordres comme un élève. Le carnet est fini, les photos sont prises. C'est à toi d'écrire la suite avec ton corps. Lâche-toi, enfin. Arrête d'être ce dessinateur bien rangé, cette statue de marbre que j'ai décrite. Lâche l'animal qui hurle en toi depuis que tu as lu la première page. Libère-le.
Ces mots ont agi comme une rupture de barrage. Quelque chose a craqué en moi, une libération violente. J'ai libéré mes bras de sa prise et j'ai enroulé mes jambes autour de sa taille avec une force brutale. J'ai plongé mes doigts dans ses cheveux, le tirant vers moi pour un baiser qui n'avait plus rien de poli. C'était une lutte, une collision de chair.
La scène est devenue d'une intensité totale. Nous nous roulions sur le lit dans un désordre de membres et de souffles courts. Je griffais son dos, je mordais son épaule, cherchant à marquer sa peau comme il avait marqué mon esprit. Xavier riait presque, un rire rauque et triomphant, en voyant ma sauvagerie éclater. Il a saisi mes jambes, les basculant sur ses épaules, m'ouvrant totalement, sans aucune pudeur.
— Voilà… c'est ça que je voulais… cet homme-là, a-t-il grogné.
Il s'est préparé avec une hâte nerveuse, ses yeux gris ne quittant pas les miens. Quand il a commencé à entrer en moi, la sensation a été si pleine, si totale, que j'ai cru défaillir. Ce n'était pas seulement physique ; c'était comme si chaque mot qu'il avait écrit prenait enfin une forme solide, une poussée de réalité qui m'envahissait.
— Plus fort, Xavier… encore plus fort, ai-je hurlé, la tête rejetée en arrière, mes ongles s'enfonçant dans ses avant-bras.
Il a obéi, ses coups devenant puissants, rythmés, sans aucune retenue. Je n'avais jamais ressenti une telle connexion, un tel oubli de tout ce qui m'entourait. La sueur perlait sur nos corps, collant nos peaux dans un bruit de souffle et de plaisir. Je me sentais transparent, possédé, mais surtout enfin libre de mes propres chaînes. Je lui offrais tout, mes cris, mes contorsions, mon abandon total.
Xavier me fixait, son visage contracté par l'effort. Il voyait l'homme qu'il avait deviné derrière ses carreaux de train prendre vie sous lui, et cette réalisation semblait décupler son désir.
— Tu es à moi, Côme ! Dis-le !
— À toi… oui, je suis à toi !
Alors que nous approchions du point de non-retour, que la tension devenait une onde de choc irradiant dans tout mon être, j'ai ressenti le besoin viscéral d'être marqué. Je voulais qu'il laisse sa trace la plus intime à l'intérieur de moi, qu'il scelle notre pacte là où personne n'était jamais allé avec une telle fureur.
— Xavier… dedans… je veux que tu viennes dedans ! ai-je supplié, ma voix n'étant plus qu'un cri rauque.
Il a marqué un temps d'arrêt, ses muscles bandés à l'extrême, son regard cherchant une ultime confirmation. J'ai agrippé ses hanches pour le presser encore plus profondément en moi, mes yeux ancrés dans les siens.
— S'il te plaît… en moi !
Il a poussé un cri animal qui a vibré dans toute la pièce, et s'est enfoncé une dernière fois avec une violence libératrice. J'ai senti la chaleur de sa jouissance m'envahir, une sensation de plénitude absolue, un sceau définitif posé sur cette nuit. Au même instant, mon propre corps a lâché prise, une explosion de plaisir m'emportant bien au-delà des murs de cet appartement.
Nous sommes restés ainsi pendant de longues minutes, effondrés l'un contre l'autre, nos souffles s'apaisant lentement. Xavier a fini par se retirer avec une infinie douceur, m'attirant contre son torse, son bras entourant mes épaules. Il a embrassé le sommet de ma tête, sa main caressant mes cheveux mouillés.
— Le carnet est terminé, Côme, a-t-il murmuré. Mais notre histoire ne fait que commencer.
Fin du chapitre 3.
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