Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Surprise en forêt — Chapitre 3 · Chevreuse III - Participation
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Surprise en forêt
Chapitre 3 · Chevreuse III - Participation
L'homme bande à nouveau.
Laura le voit, de l'autre côté du ruisseau, dans la pénombre. Sa silhouette immobile, son sexe qui reprend vie, mécaniquement, sous l'effet de ce qu'il vient de regarder. Il ne s'est pas rhabillé. Il est resté là, fidèle à sa place, comme quelqu'un qui sait que l'histoire n'est peut-être pas terminée, qui n'ose pas présumer mais qui espère.
Maxime voit la même chose.
Il est toujours dans le dos de Laura, son corps contre le sien, son sexe dur contre elle. Il sent la chaleur de son dos, l'humidité de sa nuque, son souffle qui se pose encore après l'orgasme. Il met la bouche près de son oreille, suffisamment proche pour que ce qu'il dit reste strictement entre eux.
Il dit, très bas :
— Tu en veux plus ?
Laura ne répond pas.
Il sent son corps changer contre le sien, une tension nouvelle, différente de l'excitation de tout à l'heure, quelque chose de plus complexe. Un frisson court le long de son dos, remonte vers ses épaules.
Maxime continue, à la même distance, au même volume :
— Je pourrais l'inviter à traverser.
Pause.
— Est-ce que tu veux le goûter avec ta langue ? Est-ce que tu as envie qu'il te prenne ?
Les mots flottent dans l'air tiède entre sa bouche et l'oreille de Laura. Il ne les dit pas pour décider à sa place, il les dit pour qu'elle les reçoive, pour qu'elle les tienne dans son esprit et sente leur poids, leur texture, ce qu'ils font dans son ventre quand elle les entend vraiment.
Et Laura les entend vraiment.
Elle ne répond pas. Elle regarde à nouveau l'homme de l'autre côté du ruisseau : sa silhouette statique, son sexe tendu, durci dans la pénombre. Et elle laisse les questions de Maxime se poser en elle comme on laisse une pierre tomber dans de l'eau profonde, attendant de sentir jusqu'où les cercles vont.
Est-ce qu'elle en désire davantage, est-ce qu'elle veut ça ?
La question n'est pas rhétorique. Elle la pose honnêtement à son propre corps, parce que c'est là que la réponse vit. Pas dans sa tête, pas dans ce qu'elle devrait ou ne devrait pas vouloir, pas dans l'image qu'elle a d'elle-même depuis trente-quatre ans. Dans le corps. Dans ce qui se passe entre ses cuisses en ce moment, dans la façon dont sa poitrine se soulève, dans ce frisson qui court encore le long de sa colonne.
Elle pense à cet homme qu'elle ne connaît pas. Un homme de la campagne, en bleu de travail, qui était là par hasard et qui a été, et c'est ça qui compte, elle le réalise : correct. Pas obscène. Pas agressif. Il a regardé, il a célébré ce qu'il voyait avec une sincérité sans sophistication, il a suivi chacune des instructions de Maxime sans une seule tentative de débordement.
Elle pense à Maxime qui bande, contre elle, dans son dos.
Elle pense à la façon dont cette nuit a progressé, chaque étape vers quelque chose qu'elle n'avait pas prévu, chaque fois que Maxime lui a laissé le choix, ou l'a prise par la main vers quelque chose qu'elle découvrait vouloir. Il la connaît. Pas de façon abstraite, de façon précise, empirique, accumulée. Il sait où sont ses limites parce qu'il les a exploré avec elle sur des années, et il sait aussi, parce qu'il fait attention, quand elles se déplacent.
Son ventre se noue, un nœud chaud et vivant qui descend en elle comme une coulée. Elle sent son cœur battre jusque dans ses tempes, jusque dans le bout de ses doigts posés sur l'avant-bras de Maxime. Ce n'est pas de la peur, elle en est certaine. C'est quelque chose de plus grand que la peur, quelque chose qui lui donne envie de rire et de trembler à la fois.
Elle se retourne vers Maxime.
Elle cherche ses yeux dans l'obscurité, et elle l'embrasse.
C'est un baiser qui dit : je suis là, je suis avec toi, ce que tu proposes je le reçois. Sa bouche sur la sienne, pleine, présente, les mains de Laura qui vont trouver sa nuque.
Maxime répond.
Il répond avec la même intensité, ses mains sur ses hanches, et pendant quelques secondes ils ne sont plus que ça, deux personnes qui s'embrassent dans une forêt la nuit, l'herbe humide sous leurs pieds, le ruisseau qui coule.
Laura s'écarte.
Elle le regarde. De tout près, leurs visages à quelques centimètres, et dans ses yeux à elle il y a quelque chose de calme, de posé, de délibéré. Elle prend le temps, avant de parler, de poser sa main à plat sur le torse de Maxime, juste au-dessus de son cœur, comme pour ancrer ce qu'elle va dire dans quelque chose de plus profond qu'un mot.
— Tu sais ce que je te demande, dit-elle. Ce n'est pas que tu choisisses pour moi parce que je n'ose pas. C'est que je veux que ce soit toi. Que la nuit passe par tes mains. Je n'ai pas peur de ce qui va se passer, j'ai juste besoin que ça vienne de toi.
Elle marque une pause. Sa voix descend encore, presque un murmure, mais chaque mot est net, posé, sans trace d'hésitation.
— Je te donne ça, je me donne à toi. C'est important. Tu le sais.
Puis elle dit, enfin, les yeux fixés dans les siens, le mot qu'elle avait à la bouche :
— Décide.
Un seul mot. Deux syllabes. Et dedans, maintenant qu'elle l'a habillé de tout le reste : une confiance totale, offerte à voix haute, sans filet.
Maxime reste immobile une seconde.
Décide.
Il reçoit ce mot comme on reçoit quelque chose de lourd et de précieux en même temps. Il comprend exactement ce qu'il signifie : pas de l'indifférence, pas de la passivité, pas une façon de se décharger de la responsabilité. C'est l'inverse. C'est Laura qui dit : je te fais assez confiance pour te remettre la clé de cette décision. Je sais que tu me connais. Je sais que tu sauras faire.
Quelque chose se serre dans sa gorge, une émotion qu'il n'attendait pas au milieu de tout ce désir, presque de la gravité, presque du vertige. Il repense, en une fraction de seconde, à toutes les fois où il a vu Laura négocier, protéger, contrôler, dans sa vie professionnelle, dans ses rapports aux autres, une femme qui ne lâche jamais rien facilement. Et là, dans cette forêt, elle vient de lui remettre quelque chose qu'elle ne remettrait à personne d'autre.
Il y a peu de choses qui l'excitent autant que ça, et il le réalise pleinement en cet instant, pas le spectacle, pas l'homme de l'autre côté du ruisseau, pas la forêt ni la nuit, ni le caractère extraordinaire de ce qui vient de se passer. Ce qui l'excite le plus c'est ça : l'abandon de Laura quand elle se sent en sécurité avec lui. Sa capacité à lâcher le contrôle avec la même grâce qu'elle met à tout le reste.
— Je sais ce que cela veut dire, dit-il, la voix rauque. Je vais en prendre soin.
Il lui sourit.
Puis il tourne la tête vers l'autre rive.
Il évalue.
C'est une évaluation calme et méthodique, déconnectée du désir pour quelques instants. L'homme est resté où il était. Il n'a pas tenté de traverser, pas tenté de se rapprocher, n'a rien dit depuis plusieurs minutes. Ses mains ont été visibles presque en permanence. Il a suivi chacune des instructions sans négocier, sans tenter d'en obtenir davantage.
Ça, c'est le comportement. Le fond, c'est autre chose.
Ce qui décide Maxime, et il l'identifie avec précision, c'est le registre dans lequel l'homme s'est exprimé. Il aurait pu commenter le corps de Laura avec des mots qui abaissent, qui traitent, qui réduisent. Il ne l'a pas fait. Il a dit magnifique, merveilleux, beau, des mots qui élèvent, qui célèbrent, qui témoignent d'une fascination authentique. Il n'a pas dit une seule chose qui aurait obligé Maxime à intervenir.
C'est suffisant.
Il se tourne vers l'homme de l'autre côté et il parle, clair, posé, sans hausser le ton :
— C'est ton jour de chance. À condition que tu saches te tenir.
Pause. Il laisse le poids de ça se poser.
— Tu fais ce que je te dis. Tout ce que je te dis. Rien de plus. À la moindre déviation, je te sors de là. C'est clair ? Je veux te l'entendre dire, clairement, que tu as compris et que tu es d'accord.
De l'autre côté du ruisseau, l'homme reste immobile un instant.
Il y a quelque chose de presque comique dans ce silence, un homme qui essaie de prendre la mesure de ce qui lui est offert sans être encore tout à fait certain de ce que c'est. Sa poitrine se soulève plus vite. Il porte une main à sa bouche, comme pour vérifier qu'il ne rêve pas, puis la laisse retomber. Quand il parle enfin, sa voix tremble légèrement, pas de nervosité, d'une émotion plus forte, presque incrédule.
— Bien sûr, dit-il. Je ferai exactement ce que vous souhaitez.
Il s'arrête. Reprend son souffle, comme si les mots suivants pesaient plus lourd que les premiers.
— Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie. Vous n'imaginez pas ce que ça représente pour moi, d'être ici, d'avoir eu ça. Merci pour le spectacle. Et merci pour... ce que vous voudrez bien m'accorder de plus. Je ne sais pas si je le mérite, mais je vous jure que je saurai m'en montrer digne.
Ce merci n'est pas servile. Il dit simplement la vérité : cet homme sait qu'il est là par une grâce extraordinaire et qu'il n'y a aucun droit acquis dans ce qui suit. Il y a dans sa voix ce mélange précis d'humilité et d'émerveillement qui ne se joue pas, on ne fabrique pas ce trémolo-là.
Maxime hoche la tête.
— Traverse le pont. Viens vers nous. Lentement, tu ne te précipites pas. Tu t'arrêtes à un mètre, tu attends. Les mains croisées dans le dos.
L'homme commence à marcher.
Il traverse le ruisseau sur le pont de bois, les planches craquent sous ses pas, un son aigu dans le silence de la forêt. Il marche lentement, comme indiqué. On entend l'eau en dessous, indifférente.
Pendant qu'il marche, Maxime se place derrière Laura.
Ses mains trouvent ses épaules, et il la tourne, doucement, dans le sens de l'homme qui approche, pour qu'elle lui fasse face.
Il murmure à son oreille :
— Regarde-le avancer.
Laura regarde.
L'homme progresse sur le chemin entre les arbres. Sa démarche est lente, un peu hésitante, l'hésitation de quelqu'un qui veut ne rien faire de travers. Il s'approche. Son sexe dépasse de son pantalon ouvert, dressé, visible dans la pénombre.
Maxime dit, toujours à voix basse, contre l'oreille de Laura :
— Il avance vers toi. Avec son désir tendu pour toi.
Il marque une pause.
— Qu'est-ce que tu vas lui faire, sous ma direction ? Juste le caresser ? Le goûter ? Ou le prendre en toi ?
Il laisse le silence absorber chaque option.
— Je déciderai.
Laura sent son propre pouls battre dans sa gorge. Elle serre involontairement les cuisses, cherche un contact, une sensation, quelque chose pour canaliser ce qui monte en elle. Elle a conscience d'être debout, entièrement nue, éclairée par la lune, devant un homme qui n'était il y a une heure qu'une silhouette lointaine et qui devient, pas après pas, une présence concrète, réelle.
— Ça t'excite, dit Maxime, de ne pas savoir ce que je vais choisir.
— Oui, souffle-t-elle. Ça m'excite de ne pas savoir. Et de savoir que toi, tu sais peut-être déjà.
— Oui, souffle-t-elle. Ça m'excite de ne pas savoir. Et de savoir que toi, tu sais peut-être déjà.
Laura gémit.
Un son court, bas, qui vient de quelque part de profond. Maxime ne l'a pas touchée. Il n'y a que les mots, l'image de l'homme qui s'approche, et la fraîcheur de la forêt autour d'elle, et son propre corps qui répond à tout ça avec une franchise absolue.
Elle coule littéralement.
Elle le sait sans avoir à vérifier, elle le sent, la chaleur humide entre ses cuisses, le résultat de toute la nuit accumulée, de toutes les orgasmes qui l'ont ouverte davantage, la laissant dans un état de désir permanent et liquide.
De dehors, elle a l'air presque sage. Ses bras le long du corps, son visage calme, sa posture presque tranquille. Mais à l'intérieur, tout tremble, un tremblement fin, continu, qu'elle contient par pure habitude de tenue. Cette même habitude qui fait qu'à Paris on ne devine jamais rien d'elle. Ici, dans cette forêt, ce vernis-là tient encore, de justesse, et c'est précisément ce contraste-là, sage en apparence, en feu en dedans, qui la fait vibrer plus qu'autre chose.
L'homme s'arrête.
Il est à un mètre d'eux, comme indiqué. Il a les mains croisées dans son dos. Son sexe dressé dépasse de son pantalon, épais, trapu, différent de celui de Maxime. Il regarde Laura avec une fixité absolue, les yeux larges, comme quelqu'un qui ne veut pas cligner des yeux pour ne rien manquer. Sa respiration est audible, courte, et elle voit sa poitrine se soulever trop vite pour quelqu'un qui veut être immobile.
Maxime s'est déplacé. Il est sur le côté, légèrement en avant de Laura, à portée. Un positionnement qui dit : je suis là sans que ça soit un barrage.
Il dit à l'homme :
— Regarde-la. Regarde comme elle est belle. Nue devant toi, dans la nuit. Vois comme elle est excitée.
L'homme fait exactement ça. Il dit, et sa voix est basse, presque révérencieuse :
— Elle est absolument magnifique.
Maxime dit :
— Tu restes où tu es. Tu ne bouges pas. Tu profites de ta chance et tu restes respectueux, quoi qu'il arrive. Tu as bien compris.
— Oui. Bien sûr.
— Oui. Bien sûr.
Maxime tourne la tête vers Laura.
Il lui sourit, un sourire intime, juste pour elle. Il dit, calmement, avec la même tonalité qu'il emploierait pour lui proposer quelque chose d'agréable :
— Tu t'approches. Tu te mets à genoux devant lui. Et tu le caresses, tu le masturbes. Doucement.
Laura lui sourit en retour.
Elle fait un pas vers l'homme.
Ce pas est une décision entière. Elle en est pleinement consciente, son cerveau adulte, rationnel, celui qui a une vie à Paris, des habitudes et une image d'elle-même construite sur trente-quatre ans, ce cerveau-là observe ce pas et l'enregistre sans protester. Parce que ce pas vient d'un endroit que le cerveau rationnel ne gouverne pas ce soir. Il vient du corps, qui sait, et de la confiance en Maxime, qui est absolue.
Elle descend.
Ses genoux trouvent l'herbe, fraîche, humide sous ses paumes quand elle s'y appuie pour s'installer. La terre est souple, les brins d'herbe contre ses tibias, une sensation granuleuse et organique à la fois. Elle est nue dans l'herbe d'une forêt dans les Yvelines avec un inconnu qu'elle ne connaît pas debout devant elle et son homme à deux pas sur le côté.
Elle prend le temps.
Elle le prend vraiment, elle ne se précipite pas, parce que Maxime ne se précipite jamais et que cette lenteur est devenue une langue commune entre eux. Elle regarde le sexe de l'homme devant elle depuis cette nouvelle hauteur. Il est dressé, le gland brillant, le prépuce en partie rétracté. Il est, comme elle l'avait deviné, plus épais que Maxime, moins long, mais d'une largeur qui lui dit quelque chose sur la sensation que cela doit représenter.
Elle prend note. Factuellement. Sans affect particulier.
Puis elle tend les mains.
Elle commence par le pantalon.
Ses doigts trouvent le tissu du bleu de travail, épais, rugueux, encore légèrement imprégné de l'odeur des chevaux et du foin, une odeur terrestre et animale qui n'est pas déplaisante dans ce contexte-là, dans cette nuit-là. Elle l'ouvre davantage, dégage le tissu, libère complètement le sexe de l'homme et le fait sortir du pantalon pour mieux y accéder.
L'homme ne bouge pas. Il garde les mains dans le dos. Elle entend sa respiration qui s'est modifiée, plus lente mais plus chargée, la respiration de quelqu'un qui se concentre pour ne pas réagir à ce qu'il ressent.
Elle prend le sexe de l'homme dans ses mains.
Les deux mains, une sur le membre, une en dessous. Elle prend le temps de le tenir, de le sentir, de l'explorer comme on explore quelque chose d'inconnu avec une curiosité dépourvue d'urgence. Il pèse dans sa main d'une façon différente de Maxime : plus massif, plus court, une masse chaude et compacte qui bat contre sa paume à chaque pulsation. Elle fait courir ses pouces sur la longueur. Elle sent la chaleur, le battement sourd du sang en lui. Elle prend ses testicules dans sa paume, le poids différent de ceux de Maxime, la texture différente, plus lourds, la peau plus rugueuse. Elle les tient délicatement, les soupèse.
Elle remonte.
Ses doigts s'enroulent autour du membre dressé. Ils couvrent la majorité de la longueur mais ne l'encerclent pas entièrement, c'est l'épaisseur, elle le sent maintenant dans sa main, cette sensation de devoir écarter davantage les doigts que d'habitude, un rappel physique constant que ce n'est pas Maxime. Elle ajuste sa prise, trouve la bonne pression, et commence.
Des mouvements lents. Elle ne cherche pas l'efficacité. Elle explore, elle apprend, elle observe comment il répond. La peau glisse sur lui, vers le haut, le prépuce se rétracte légèrement sous la traction, elle relâche, recommence. L'homme gémit.
C'est un son sincère, sans performance. Un son de plaisir qui vient de loin. Son bassin frémit une fraction de seconde, un mouvement à peine perceptible qu'il rattrape immédiatement, comme s'il avait failli avancer les hanches vers elle et s'était retenu au dernier instant.
Laura continue.
De son côté, Maxime regarde.
Il est à deux mètres, debout dans l'herbe, son sexe également dressé dans le noir. Il regarde les mains de Laura sur l'homme. Il regarde la concentration sur le visage de Laura, la façon dont elle incline la tête, la façon dont ses cheveux châtains retombent de chaque côté de son visage.
Ce qu'il ressent est complexe.
Il y a de l'excitation, pure, directe, sans équivoque. Son sexe gonflé en est la preuve immédiate. Mais il y a aussi autre chose, quelque chose qui est moins attendu et plus difficile à nommer : une sorte de fierté, étrange et sincère, à voir Laura aussi entière dans ce qu'elle fait. Elle n'est ni hésitante ni surjouée. Elle est simplement là, dans la continuité exacte d'elle-même.
Il pense, en la regardant, que c'est précisément ça qui le rend fou : ce n'est pas de la voir toucher un autre homme. C'est de la voir rester elle, absolument elle, dans cet acte-là. Elle ne devient pas quelqu'un d'autre pour lui plaire ou pour plaire à l'homme. Elle reste Laura, curieuse, précise, entière, et transporte simplement cette Laura-là dans un territoire nouveau. Cela, ça l'excite plus que n'importe quelle image.
Il y a aussi la surveillance. Il ne la quitte pas des yeux, ni elle, ni l'homme. Il lit le corps de l'homme dans ses moindres variations : les épaules, les hanches, la façon dont ses mains restent croisées dans son dos. Il est prêt. Cette préparation n'est pas de la méfiance, c'est de la présence. Ce sont deux choses différentes.
L'homme dit, dans un souffle : merci.
Ce merci là, adressé à Laura, à la façon dont elle le tient dans ses mains, est dit avec une sincérité désarmante. Laura lève les yeux vers lui une seconde, le regarde, puis regarde Maxime.
Elle lui fait signe.
Un simple geste de la tête : viens.
Maxime s'approche.
Il fait les deux pas qui le séparent d'eux et se place à côté de l'homme, son épaule à hauteur de l'épaule de l'homme, leurs deux sexes dressés à quelques dizaines de centimètres l'un de l'autre, et Laura à genoux dans l'herbe devant eux.
Laura s'arrête un moment.
Elle lève les yeux sur les deux hommes debout devant elle. Elle prend le temps de recevoir cette image : ce qu'elle est en train de vivre depuis son propre point de vue, depuis le sol de cette forêt dans la nuit de juillet. Elle pense, brièvement, à l'endroit où elle était ce matin : dans son appartement parisien, son café, sa routine du week-end. L'écart entre les deux est si vertigineux qu'il en serait presque comique si ce n'était pas si réel, si physique, si présent.
Son ventre se contracte à cette pensée, pas de gêne, quelque chose d'animal, presque un vertige de plaisir devant l'ampleur de ce qu'elle est en train de vivre.
Elle se sent couler encore davantage.
Ce n'est pas une métaphore, elle le sent, littéralement, la chaleur qui s'accumule entre ses cuisses et qui coule sur l'intérieur de ses jambes. Son corps ne fait pas semblant. Son corps est absolument honnête.
Elle prend les deux sexes en main.
Un dans chaque main. La différence de texture, de taille, de chaleur entre les deux est immédiate et saisissante. Maxime qu'elle connaît par cœur, dont elle sait exactement comment la peau glisse, dont elle connaît les réactions. Et cet inconnu qu'elle découvre, différent, épais, qui répond à ses caresses d'une façon différente. Ses deux mains ne bougent pas au même rythme, elle s'en rend compte, chacune obéissant à un tempo différent selon ce qu'elle sent de chaque corps, et cette asymétrie, cette gymnastique qu'elle doit tenir, l'excite d'une façon qu'elle n'avait pas prévue, comme si son corps entier devait se dédoubler pour être à la hauteur des deux désirs qu'elle tient entre ses paumes.
Car elle les tient tous les deux. Elle les caresse, pas identiquement, elle adapte, elle apprend l'un tout en entretenant l'autre, ses deux mains travaillant à leur propre rythme, les sexes pulsant sous ses paumes.
Elle lève les yeux vers Maxime et dit, honnêtement, parce que c'est vrai :
— J'adore sentir à quel point vous me désirez.
Elle dit vous. Le mot est sorti naturellement, sans calcul, et il couvre les deux hommes dans la même phrase d'une façon qui dit exactement où elle en est.
Maxime la regarde.
— Je le vois, dit-il. Et j'aime ce que cela te fait, à toi, de nous sentir comme ça.
— Ça me rend folle, dit-elle. Vous êtes tellement différents. Et vous êtes tous les deux si durs pour moi.
— Ça me rend folle, dit-elle. Vous êtes tellement différents. Et vous êtes tous les deux si durs pour moi.
Elle fait un clin d'œil à Maxime.
C'est un geste si normal, si quotidien entre eux, un clin d'œil comme on en échange au dessus d'une table de restaurant quand quelque chose d'amusant se passe, qu'il tranche avec tout le reste de façon absurde et parfaite. Laura est à genoux dans une forêt dans la nuit, nue, avec deux hommes devant elle, et elle lui fait un clin d'œil.
Maxime comprend immédiatement.
Il dit à l'homme, sans quitter Laura des yeux :
— Tu la laisses faire. Tu ne bouges pas. Tu profites.
L'homme déglutit. Il hoche la tête. Il ne dit rien, il est au-delà des mots, la gorge nouée par quelque chose qui est de l'ordre de l'incrédulité heureuse.
Laura se penche vers lui.
Elle tourne la tête, approche ses lèvres du sexe de l'homme. Elle pose ses lèvres sur la pointe, légères, et sent l'homme frémir de tout son corps sans bouger d'un millimètre, ses mains toujours croisées dans son dos, une maîtrise qui lui coûte visiblement. Puis elle ouvre la bouche et l'enveloppe.
L'homme pousse un son long, contenu, qui part du fond de la poitrine.
Laura le prend en bouche avec la même attention qu'elle avait mise dans ses mains. Elle l'explore, ses lèvres sur lui, sa langue qui en prend la mesure, sa mâchoire qui s'adapte à l'épaisseur, s'ouvrant davantage que d'habitude, un étirement qu'elle sent jusque dans ses joues. Elle y reste quelques instants, glisse sur lui deux ou trois fois, lente, puis le libère, un fil de salive brillant reliant encore sa lèvre inférieure au gland avant de se rompre.
Elle se tourne.
Son visage pivote vers Maxime, et sans transition elle prend son sexe dans sa bouche. Le sien, connu, familier, dont elle sait exactement la sensibilité, la façon dont il frémit quand elle fait ce qu'elle s'apprête à faire. Elle sent la différence immédiatement, une sensation différente dans la bouche, une façon différente de répondre, un sexe qu'elle pourrait reconnaître les yeux fermés entre mille.
— Laura, murmure Maxime, la voix soudain plus rauque.
Elle sourit autour de son sexe dressé, un sourire qu'il sent plus qu'il ne le voit, puis elle le relâche. Et revient à l'homme.
Elle va de l'un à l'autre.
Elle construit un rythme, organique, guidé par ce qu'elle sent, par les respirations des deux hommes, par ses propres envies du moment. Elle suce l'un, caresse l'autre. Elle prend les testicules de l'un dans sa paume pendant que ses lèvres glissent sur l'autre. Elle fait courir sa langue sur toute la longueur de Maxime, lente et plate, en partant de la base, puis elle revient à l'homme et referme les lèvres autour du gland.
Ses mâchoires commencent à fatiguer, une tension sourde qui s'installe dans ses joues et sa gorge, et cette fatigue-là, curieusement, ne la ralentit pas. Elle l'ancre davantage dans son corps, dans ce qu'elle fait, la rend plus présente encore à chaque mouvement.
Les sons au-dessus d'elle changent.
L'homme dit, les mâchoires serrées : putain c'est trop bon. Ce n'est pas dit comme une obscénité, c'est dit comme un constat biologique, comme quelqu'un qui rapporte en temps réel ce que son corps est en train de recevoir.
Maxime ne dit rien.
Mais Laura sent son sexe dans sa main. Elle sent la tension qui le traverse, la façon dont ses cuisses se sont raides, la veine qui bat plus fort sous ses doigts. Elle sait lire son corps mieux que le sien parfois, et ce qu'elle lit en ce moment dit qu'il est terriblement excité et qu'il tient ça avec tout le sang-froid dont il est capable.
Son sang-froid est lui aussi une forme de désir.
Elle lève les yeux vers Maxime, depuis le bas, depuis l'herbe, depuis cette position qui inverse tous les rapports habituels.
Il la regarde.
Ce regard dure trois secondes, peut-être quatre.
Il la lit. Maxime fait ça : il la lit, il vérifie, il prend des mesures sans que ça ressemble à une interrogation. Il voit son excitation, il voit sa concentration, il voit l'absence de la moindre hésitation dans ses yeux. Mais il cherche aussi quelque chose de plus fin, est-ce qu'elle se force ou est-ce qu'elle suit, est-ce que ses limites sont respectées, ou est-ce qu'elles ont été franchies sans signal.
Il regarde sa respiration : régulière, ample, sans accroc. Il regarde ses épaules, détendues. Il regarde ses yeux, cette lumière particulière qu'il connaît, celle qui apparaît seulement quand elle est pleinement, absolument dans le plaisir et non dans la performance.
Ce qu'il lit, c'est : elle est entière. Elle est là, entièrement, sans réserve ni retenue.
Ce qu'il réalise dans ce même regard, c'est que ce qui l'excite ce soir n'est pas la présence de cet homme, pas la forêt, pas la transgression. C'est cela : la confiance de Laura. Sa façon de s'abandonner à lui avec la certitude absolue qu'il ne la perdra pas. Il est le seul à savoir combien cela lui coûte de lâcher le contrôle. Il la connaît assez pour mesurer l'étendue de ce qu'elle lui offre.
Il pense, presque malgré lui : je ne pourrai jamais lui rendre exactement ce qu'elle me donne là. Mais je peux être digne de ça, ce soir et après.
Il lui dit :
— Relève-toi.
Laura les lâche tous les deux, les doigts qui se déplient lentement, et elle se relève. Elle ne cache rien de la difficulté à quitter ce qu'elle était en train de faire, ses mains qui traînent légèrement, à regret.
Maxime dit à l'homme :
— Recule de quelques pas.
L'homme obéit, sans question.
Maxime marche vers son blouson.
Deux pas dans l'herbe. Il s'accroupit, fouille dans une des poches intérieures, sa main ressort avec un préservatif. Il le tient entre ses doigts un moment en se relevant, puis il revient vers Laura et le lui tend.
Elle le prend.
Elle regarde le sachet dans sa main. Petit carré d'aluminium, brillant dans le peu de lumière. Ce qu'il représente est parfaitement clair.
Maxime dit à l'homme de se rapprocher à nouveau. L'homme revient, reprend sa place.
Maxime regarde Laura.
— Tu lui mets le préservatif. Et ensuite il va te prendre.
Il dit ça avec la même clarté calme qu'il dirait n'importe quelle autre instruction. Pas de dramatisation. Pas de mise en scène dans les mots. Les faits, exposés simplement, et Laura qui décide si elle avance.
Elle avance.
Ses yeux brillent. Pas de réticence. Pas d'hésitation enfouie. Quelque chose d'ouvert, de pleinement présent, qui dit oui depuis l'intérieur.
Elle hoche la tête.
Maxime dit à l'homme, en le regardant directement :
— Tu la laisses faire. Je te dis la suite après.
Laura s'approche de l'homme.
Elle déchire le sachet. Elle sort le préservatif, le tient entre ses doigts, et s'accroupit légèrement devant lui.
Elle pose le préservatif sur le bout de son sexe. Et c'est là qu'elle sent ses mains.
Elles tremblent légèrement. Une vibration fine qui dit : ton corps sait que ce qui se passe est réel et il réagit en conséquence. Ce n'est pas de la peur. C'est l'excitation portée à un niveau où le corps ne fait plus la différence entre les deux.
Elle commence à dérouler le préservatif.
Ses doigts descendent le long du sexe de l'homme, faisant glisser le latex sur lui progressivement. L'épaisseur sous ses doigts est différente recouverte du préservatif, plus lisse, plus uniforme, et elle descend jusqu'en bas, s'assure que c'est bien en place, puis se redresse.
Elle recule comme Maxime lui a dit.
Maxime s'approche de l'homme.
Il se met à côté de lui, à portée de voix basse, épaule contre épaule presque. Il parle pour que Laura n'entende pas. Sa voix est basse et sans ambiguïté :
— Tu peux la prendre. Tu la tiens par les hanches, juste pour la tenir. C'est tout. Pas de tape. Rien d'autre que les hanches. Tu commences doucement et tu lui donnes du plaisir. À la moindre incartade, je t'éjecte sans discussion. C'est clair ?
L'homme murmure : oui.
— Elle est à moi. Tu es son hôte ce soir, pas son propriétaire. Tu gardes ça en tête.
— Je comprends.
— Et tu ne jouis pas en elle. Même dans le préservatif. Quand tu es proche, tu te retires. Tu pourras jouir sur ses seins. C'est clair ?
— Je comprends.
— Et tu ne jouis pas en elle. Même dans le préservatif. Quand tu es proche, tu te retires. Tu pourras jouir sur ses seins. C'est clair ?
Un silence d'une seconde. Puis :
— Oui. Très clair.
Maxime se redresse. Il dit à voix normale :
— Tu attends que je te fasse signe.
L'homme hoche la tête.
Maxime vient se placer devant Laura.
Il est à quelques pas d'elle, debout dans l'herbe sombre, l'homme derrière elle à distance.
Maxime la regarde. Juste la regarde, d'abord.
Elle est nue, ses baskets aux pieds, ses cheveux légèrement défaits, ses joues colorées par tout ce que la nuit lui a fait. Elle est là, debout dans cette forêt, et elle le regarde en retour.
Il avance vers elle, prend son visage dans ses mains et l'embrasse, vraiment, fougueusement, le genre de baiser qui dit : tu es à moi et je suis à toi et rien de ce qui va se passer ne change ça. Elle répond avec la même force. Ses mains agrippent son tee-shirt.
Il s'écarte. Il la regarde encore.
— Il est derrière toi, dit-il. Il bande pour toi. Il va venir. Il va entrer en toi. Il va te prendre, te faire gémir.
Il scrute ses yeux pendant qu'il dit ça. Il cherche le moindre signal qui dirait stop, le plus subtil changement dans sa façon de le regarder. Il ne trouve rien de tel. Il trouve de l'attente. Une attente profonde, brûlante, entièrement volontaire.
— Penche-toi en avant, dit-il. Attrape mes avant-bras. Cambre-toi. Offre-toi.
Laura se penche.
Elle plie les hanches, incline le buste vers l'avant, et ses mains trouvent les avant-bras de Maxime, tendus devant lui, stables, une barre d'appui. Elle s'y agrippe. Elle écarte les jambes, arque le dos, laisse ses hanches se soulever légèrement.
Elle est cambrée, offerte, face à Maxime qui la tient par les bras.
Dans cette position elle voit le bas du corps de Maxime, ses cuisses, ses bottes de moto encore aux pieds, son sexe dressé devant elle. Elle voit ça et quelque chose se resserre en elle avec une intensité qu'elle n'attendait pas, ce sexe à lui, familier, désiré, tendu pour elle même maintenant, même dans cette configuration improbable. Ce n'est pas l'homme qui est derrière elle qui l'excite le plus.
C'est lui.
— Tu me vois, dit-elle, dans un souffle. Moi, Même maintenant, c'est toi que je regarde, toi qui m'excite.
— Je sais, dit Maxime.
— Je sais, dit Maxime.
Maxime fait un signe de tête à l'homme.
L'homme s'approche.
Laura entend ses pas dans l'herbe. Elle ne le voit pas. Elle voit Maxime, qui lui, voit tout. Elle l'entend venir et elle se concentre sur les avant-bras de Maxime sous ses mains, sur la stabilité de ce contact.
Les mains de l'homme trouvent ses hanches.
Des mains larges, de grandes mains de travailleur, qui se posent de chaque côté d'elle avec une douceur délibérée. Elle sent le poids de ces mains différentes, inconnues, la façon dont elles sont posées sur elle, la peau plus rugueuse que celle de Maxime, calleuse par endroits, un contact qui lui rappelle à chaque seconde que ce n'est pas lui.
L'homme se place.
Elle sent le membre contre elle, la chaleur à travers le latex, la pression qui cherche. Il s'arrête là. Un instant suspendu. Elle entend son souffle, retenu, concentré. Il murmure, presque pour lui-même :
— Qu'est-ce qu'elle est belle.
Puis il entre.
Il entre progressivement.
Il glisse en elle avec la même lenteur délibérée que sa marche dans la forêt, comme quelqu'un qui veut que ça dure, qui ne veut pas rater une seconde de ça. Il ne rencontre aucune résistance. Elle est si ouverte, si prête, si amplement mouillée que son sexe glisse en elle sans effort et continue de s'enfoncer, jusqu'au fond.
Il s'arrête là. Enfoncé complètement.
Laura laisse sortir un long gémissement.
C'est différent. L'épaisseur est différente, elle l'emplit autrement que Maxime, dans une direction différente, une pression latérale qu'elle n'a pas l'habitude de sentir, un étirement qui touche des parois qu'elle ne sent d'habitude pas de cette façon-là. Ce n'est ni mieux ni moins bien, c'est inconnu. Et l'inconnu, ce soir, a une valeur particulière.
Elle serre autour de lui, involontairement, et sent son propre sexe pulser autour de cette présence étrangère, un réflexe qui lui échappe entièrement.
Il attend un instant, toujours immobile, planté en elle, et dans cette immobilité elle sent le battement de son pouls à lui, le frémissement contenu de son désir qui tient.
— Tu es tellement serrée, murmure-t-il. Tellement chaude.
Puis il commence.
Des petits mouvements d'abord.
Il se retire de quelques centimètres, revient. Se retire, revient. Il prend son temps pour trouver le rythme, pour sentir comment elle répond. Ses mains sur ses hanches sont stables, pas de pression excessive, juste assez pour se tenir.
Laura gémit à chaque retour en elle.
Ce sont des sons distincts, un par mouvement, parce que chaque pénétration après le retrait partiel est sa propre sensation, sa propre vague. Elle tient les avant-bras de Maxime.
Maxime la regarde.
Il la regarde vraiment, elle. Il suit chaque expression, chaque variation de son corps à chaque poussée profonde. Il note aussi, sans y penser consciemment, la façon dont sa respiration se cale sur le rythme de l'homme, comment son corps s'adapte, s'organise autour de ce désir qui n'est pas le sien mais qu'elle reçoit pleinement. Il est présent d'une façon qui, Laura le réalise, est plus intense que tout ce que l'homme derrière elle lui fait.
Elle lui dit, entre deux gémissements :
— Je sens son sexe en moi qui me remplit. Il me fait du bien.
Pause. Il la regarde, il attend la suite.
— Mais j'aime encore plus que tu sois là. Que tu me regardes comme ça, que tu me vois comme ça.
Quelque chose passe dans les yeux de Maxime. Quelque chose de chaud.
— Continue à me le dire, dit-il, la voix basse. Dis-moi tout ce que tu sens.
— Il me remplit différemment de toi, souffle-t-elle. C'est plus large, ça pousse sur les côtés. Ça me fait trembler les cuisses.
— Et moi, qu'est-ce que je te fais que lui ne peut pas te faire ?
— Toi, tu me connais, dit-elle, le souffle court. Tu sais exactement le rythme, où appuyer. Lui, il découvre. Toi, tu sais déjà.
— Il me remplit différemment de toi, souffle-t-elle. C'est plus large, ça pousse sur les côtés. Ça me fait trembler les cuisses.
— Et moi, qu'est-ce que je te fais que lui ne peut pas te faire ?
— Toi, tu me connais, dit-elle, le souffle court. Tu sais exactement le rythme, où appuyer. Lui, il découvre. Toi, tu sais déjà.
Cette phrase-là traverse Maxime plus profondément que tout le reste de la scène. Il resserre les mâchoires, sent son propre sexe pulser douloureusement, ignoré depuis trop longtemps.
L'homme gagne en amplitude.
Ses mouvements s'allongent, il se retire maintenant presque entièrement, elle sent le vide bref, puis il revient, jusqu'au fond, et le son qu'elle fait à ce moment-là est plus long, plus lourd. Ses mains sur ses hanches se resserrent, comme quelqu'un qui s'ancre davantage pour prendre davantage d'élan.
Son souffle s'accélère.
Il fait des sons à présent, sourds, gutturaux, la respiration de quelqu'un en effort physique intense qui contient l'essentiel mais laisse filtrer les bords. Il accélère encore.
Laura est emportée dans le rythme. Elle ne fait plus rien que tenir les bras de Maxime et recevoir. Elle crie par moments, de vrais cris, courts, qui partent dans la forêt. Elle dit des mots qui ne sont pas vraiment des mots, des sons articulés qui disent juste : oui, encore, là, comme ça.
Ses seins ballottent à chaque poussée, ses cheveux collent à ses tempes humides de sueur, et elle sent une nouvelle vague monter en elle, différente de la précédente, plus sourde, plus large, comme si tout son bas-ventre se préparait déjà à une nouvelle décharge.
— Je sens que je pourrais y retourner, dit-elle à Maxime, entre deux souffles. Encore.
— Alors laisse-toi aller. Prends ce qu'il te donne.
— Alors laisse-toi aller. Prends ce qu'il te donne.
Elle le prend.
La vague continue de monter, refuse de se stabiliser, gagne en volume à chaque coup de reins de l'homme derrière elle. Laura sent ses cuisses trembler, ce même signal qu'elle connaît maintenant par cœur ce soir, mais amplifié par tout ce qui a précédé : les heures d'attente, les deux orgasmes déjà reçus, son corps rendu à un état de sensibilité qu'elle a rarement connu.
— Maxime, dit-elle, la voix cassée. Je crois que je vais encore jouir.
— Je sais. Je le vois sur toi.
— Je sais. Je le vois sur toi.
Il la regarde vraiment en disant ça. Ses yeux qui descendent sur sa nuque, sur ses épaules, sur la ligne de son corps arquée entre ses propres bras et le bassin de l'homme derrière elle. Il tient ses poignets plus fermement, comme pour lui donner un point fixe dans ce qui menace de l'emporter.
— Dis-moi ce que tu sens.
Laura essaie. Les mots sortent, entrecoupés par le souffle, par les à-coups du bassin de l'homme qui cogne contre elle.
— Je le sens partout. Son sexe, tes mains sur mes poignets, ton regard. Je sens ton regard, Maxime, je le sens autant que je le sens lui.
— C'est moi qui te fais ça autant que lui. Tu vas venir parce que je te regarde jouir sous un autre. C'est ça que tu sens.
— C'est moi qui te fais ça autant que lui. Tu vas venir parce que je te regarde jouir sous un autre. C'est ça que tu sens.
Elle gémit, un son qui n'est plus vraiment une réponse, qui est déjà la vague elle-même en train de se former.
— Oui. C'est toi qui me fais ça.
L'homme derrière elle ne dit rien à cet échange, mais son rythme change. Il l'entend, cet échange qui se déroule devant lui, autour de lui, sans lui, et quelque chose dans ses coups de reins se durcit encore, comme si être exclu de l'intimité pendant qu'il est physiquement au plus profond d'elle décuplait quelque chose en lui aussi. Il la tient plus fort. Il pousse plus loin.
Laura sent la vague changer de nature. Elle cesse d'être une possibilité et devient une certitude, quelque chose qui ne demande plus qu'à se libérer.
— Maxime, dit-elle, presque suppliante. Regarde-moi. Ne me quitte pas des yeux.
— Je te regarde. Je fais ça depuis le début de la soirée, tout au long la journée.
— Je te regarde. Je fais ça depuis le début de la soirée, tout au long la journée.
Il dit ça avec une gravité qui contraste avec le corps de Laura secoué de spasmes anticipés, et cette gravité-là, ce regard qu'elle sent posé sur elle avec une intensité presque physique, devient l'élément qui fait basculer tout le reste.
— J'aime que tu me voies comme ça, la voix qui se brise déjà. J'aime que ce soit toi qui décides que je peux jouir sous lui.
— Alors viens. Maintenant. Devant moi.
— Alors viens. Maintenant. Devant moi.
Laura jouit.
Ça la prend d'un coup, une décharge qui remonte de ses cuisses jusqu'à son ventre et se répand ensuite dans tout son corps, un orgasme qui n'a pas besoin de crescendo supplémentaire parce que tout ce qui a précédé, les mots de Maxime, son regard, la permission qu'il vient de lui donner en même temps que le corps de l'homme qui la remplit, a déjà fait le travail. Elle crie, un cri différent des précédents, plus haut, plus incontrôlé, qui part directement dans les frondaisons et s'y perd.
Son corps se contracte violemment autour du sexe de l'homme, des vagues successives qui la traversent sans qu'elle puisse en retarder ou en accélérer aucune. Ses bras tremblent dans les mains de Maxime. Ses jambes menacent de céder.
— Voilà, dit Maxime se penchant vers elle, tout près de son visage, sa voix basse et pleine. Voilà. C'est exactement ça.
Il ne la touche pas autrement que par ses mains sur ses poignets, mais sa présence, sa voix, le fait qu'il continue de la regarder pendant que tout son corps se défait, ajoute une couche supplémentaire à l'orgasme lui-même. Comme si le plaisir n'était complet que parce qu'il en était le témoin actif, celui qui l'autorise et qui la recueille en même temps.
L'homme, lui, sent les contractions de Laura autour de lui, cette réponse de son corps qui se resserre par vagues, et il gémit, un son sourd et rauque qui dit que cette sensation-là le rapproche dangereusement de son propre bord.
Laura tremble encore quand elle entend, derrière elle, la voix de l'homme qui change de texture, plus tendue, plus urgente.
L'homme dit, les mâchoires serrées :
— Je ne vais pas tarder.
Il ralentit. Il ralentit progressivement, contre sa propre impulsion, et se retire d'elle.
Son sexe ressort, luisant, gonflé, le préservatif translucide et humide.
Maxime dit : stop. Ne bouge plus.
L'homme s'arrête, la poitrine soulevée par un souffle qu'il peine visiblement à maîtriser.
Maxime dit à Laura :
— Retourne-toi. À genoux devant lui.
Laura se redresse.
Elle lâche les avant-bras de Maxime et se retourne. L'homme est là, à trente centimètres, les hanches légèrement en avant, son sexe recouvert du préservatif tendu vers elle, son souffle encore heurté.
Elle descend.
Ses genoux dans l'herbe à nouveau. Elle est face au sexe de l'homme et avant que quiconque ait le temps de dire quoi que ce soit, ses mains trouvent ce qu'elles cherchent. Elle retire le préservatif.
Elle le retire d'un geste fluide, le laisse tomber dans l'herbe, et elle prend le sexe de l'homme dans sa main nue.
Il est brûlant. Plus chaud ainsi, sans le latex, une chaleur directe et vivante dans sa paume, presque fiévreuse, la peau tendue à l'extrême.
Elle commence à le caresser. Deux, trois coups de poignet, fermes, réguliers. L'homme fait un son qui dit qu'il est à deux secondes d'éjaculer. Tout son corps se raidit, ses cuisses tremblent visiblement, ses mains quittent son dos un instant avant de s'y recroiser précipitamment, comme s'il avait failli oublier la consigne. Elle lève les yeux vers lui.
Elle dit, calmement, clairement, les yeux dans les siens :
— Regarde-moi. Viens pour moi.
Elle donne encore deux coups de poignet.
L'homme jouit.
Son sperme jaillit par vagues successives, trois, quatre, cinq contractions, chacune plus faible que la précédente mais toutes généreuses, et se répand sur la poitrine de Laura, une traînée chaude qui coule ensuite lentement le long de la courbe de ses seins jusqu'à son ventre. Elle le regarde pendant qu'il prend son plaisir, les yeux levés vers lui. Elle ne détourne pas le regard, elle sent la chaleur du liquide sur sa peau qui refroidit déjà dans l'air de la nuit, un contraste net et étrange, agréable.
Le silence revient.
L'homme reprend son souffle. Il est courbé en avant, les genoux souples, les mains qui ont quitté son dos et pendent maintenant le long de son corps. Il regarde Laura, incapable de détacher les yeux de ce qu'il vient de déposer sur elle, comme s'il n'arrivait pas encore à croire que c'était réellement arrivé.
Maxime est à côté.
Il n'a pas quitté Laura des yeux, mais quelque chose en lui a changé pendant cette dernière minute. Une tension qui n'a fait que grimper depuis que l'homme est entré en elle, depuis qu'il l'a regardée gémir sous un autre corps que le sien tout en restant, elle le lui a dit elle-même, tournée vers lui. Son sexe le fait souffrir maintenant, une douleur sourde, celle d'un désir qu'il retient depuis trop longtemps sans exutoire. Il serre les poings, respire profondément, une fois, deux fois, pour ne rien laisser paraître de ce qui commence à ressembler, chez lui aussi, à une urgence.
Il tend une main et aide Laura à se relever. Elle se met debout dans l'herbe, le sperme répandu sur ses seins, qui coule légèrement sur sa peau sous la lune.
Maxime dit à l'homme :
— Tu as eu ta part. Laisse-nous maintenant.
L'homme se redresse. Il se rajuste lentement. Il regarde Laura, puis Maxime, et son visage dit quelque chose d'authentique : pas de la honte, pas de l'arrogance. De la reconnaissance, presque de la gratitude religieuse, celle de quelqu'un qui sait qu'il vient de vivre quelque chose d'irremplaçable.
— C'était merveilleux, dit-il, la voix encore tremblante. Vous êtes magnifiques. Extraordinaires. Je ne l'oublierai jamais, vous savez. Jamais.
Il hoche la tête plusieurs fois, comme pour ancrer ses propres mots.
— Merci. Merci du fond du cœur.
Il se retourne. Il marche vers le pont de bois. Maxime le regarde sans le quitter des yeux jusqu'à ce que le craquement des planches se soit éteint dans le sous-bois, jusqu'à ce que ses pas dans l'herbe de l'autre côté deviennent inaudibles, jusqu'à ce que la forêt l'ait repris.
Puis il se tourne vers Laura.
Il va chercher un mouchoir dans la poche de son blouson.
Il le déplie, revient vers elle, et le lui tend sans un mot. Elle le prend. Elle le déploie entre ses doigts et commence à s'essuyer. Les seins d'abord, lentement, les yeux levés vers Maxime pendant qu'elle le fait.
Ils se regardent.
Il y a dans ce regard quelque chose qui n'a besoin d'aucun mot pour exister. Un inventaire silencieux de la nuit, de ce qu'ils ont fait ensemble, de ce qu'elle a fait sous sa direction, de ce qu'il a regardé sans dévier. Une forme de reconnaissance mutuelle qui est plus intime que tout ce qui a précédé.
Laura laisse tomber le mouchoir dans l'herbe.
Elle s'approche de lui.
Elle pose sa bouche sur la sienne et elle l'embrasse longuement, avec profondeur. Un baiser qui prend son temps, qui dit tout ce qu'elle n'a pas dit et qu'elle n'a pas besoin de dire.
Elle sent son sexe contre elle.
Toujours dur. Toujours autant. Peut-être davantage, avec tout ce que la nuit lui a infligé sans résolution. Elle sent la tension dans son corps, la façon dont il tient ça depuis des heures, un tremblement à peine perceptible dans ses bras quand il la serre contre lui, celui d'un homme au bord de sa propre limite.
Elle s'écarte de ses lèvres. Elle pose sa bouche contre son oreille. Et elle dit, à voix basse, les lèvres contre sa peau :
— Tu n'as pas joui, toi.
Elle laisse ça se poser une seconde.
— Et moi je suis un volcan. En éruption. Prends-moi. Remplis-moi. Profite de moi comme tu veux. Je suis toute à toi.
Pause.
— Et fais-moi jouir encore.
Maxime prend une longue inspiration.
Tout à l'heure, contre l'arbre, il avait commencé à la prendre. Il était en elle, dans ce premier instant avant que l'homme soit apparu. Puis l'interruption, le passage en mode protecteur, la résolution de tension dans une toute autre direction. Et depuis : il a dirigé, il a regardé, il a géré, il a contenu. Son sexe est dur depuis une heure sans soulagement, une douleur maintenant presque insupportable, sourde et lancinante, irradie jusque dans ses reins.
Ce n'est plus vraiment supportable.
Il regarde Laura devant lui, nue dans la lumière de la lune, les baskets aux pieds, les yeux brillants de désir et de confiance et de quelque chose d'autre que cette nuit a allumé en elle et qui n'existait pas ce matin.
Il grogne sourdement.
Et il avance vers elle.
À suivre...
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Cette histoire est un mélange de réalité vécue et de fantasme. Je suis curieux de savoir comment cette aventure en forêt a résonné en vous ?
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