Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Virée shopping — Chapitre 3
Auteure
Virée shopping
Chapitre 3
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Même après avoir refermé les cuisses, même après avoir essuyé mes doigts sur le drap comme une voleuse, le rêve restait collé à ma peau. Pas seulement les images. La sensation. Cette impression d'avoir été ouverte par derrière, de m'être offerte jusqu'au fond, de m'être sentie… pleine. D'une façon que mon mariage de vingt-deux ans n'avait jamais connue.
Pierre dormait toujours, la bouche un peu ouverte, une main sur le ventre. Innocent. Tranquille. Et moi, à côté de lui, je me demandais ce qui m'arrivait.
Isabelle. Quarante-cinq ans. Professeur de lycée, mère de famille, bourgeoise respectable. Élevée dans une maison où l'on baissait la voix pour parler de « ces choses-là », où la sexualité se limitait à ce qui se passait dans le noir, sous les draps, face à face, proprement. Et voilà que je me retrouvais obsédée par l'idée d'avoir un sexe dans le… dans le cul.
Le mot seul me faisait rougir.
Pourtant, il ne quittait plus ma tête.
Le lendemain, j'ai fait comme si de rien n'était. Café, douche, boulot, sourire aux collègues, à mes élèves, rendez-vous, courses. Mais dès que j'étais seule — en voiture, dans les toilettes, au bureau, sous la douche —, les images revenaient. L'homme du rêve qui me prenait par derrière. La douleur première, puis cette pression lourde, cette sensation d'être envahie jusqu'au fond des entrailles. Et mon propre corps qui, dans le rêve, avait fini par pousser vers lui, par supplier.
Je me suis surprise à chercher sur mon téléphone le soir, quand Pierre était au salon.
« Première fois sodomie femme »
« Sensation pénétration anale »
« Est-ce que ça fait mal »
« Comment se préparer seule »
« Première fois sodomie femme »
« Sensation pénétration anale »
« Est-ce que ça fait mal »
« Comment se préparer seule »
J'effaçais l'historique immédiatement après. Comme si quelqu'un pouvait entrer et me prendre en flagrant délit de curiosité indécente.
Les forums parlaient de pression, de chaleur, de sensation d'être « trop pleine », de plaisirs différents, plus profonds, plus sales. Certaines femmes disaient que ça faisait mal au début, puis que quelque chose s'ouvrait, que le corps finissait par accepter, même par réclamer. D'autres parlaient de larmes, de honte, de jouissance confuse. Je lisais tout ça le cœur battant, les cuisses serrées, en me répétant que ce n'était que de la lecture. Que je n'irais jamais jusque-là.
Mais mon corps, lui, ne mentait pas.
Chaque fois que je lisais une description trop précise, mon sexe se contractait. Mon anus, que j'avais toujours considéré comme une zone purement fonctionnelle, se mettait à picoter, à se rappeler qu'il existait. J'avais l'impression qu'il me regardait, qu'il attendait.
Trois jours plus tard, ne travaillant pas, j'étais seule jusqu'au soir. L'après-midi s'est étiré, vide, trop calme. La maison était à moi.
J'ai tenu jusqu'à quinze heures.
Puis j'ai cédé.
Je suis montée dans la salle de bains, j'ai verrouillé la porte — même si personne ne devait rentrer — et je me suis regardée dans le miroir. Isabelle en jean et chemisier, cheveux bruns tirés en arrière, visage un peu tiré. Une femme sage. Une femme qui n'aurait jamais dû en être là.
Le cœur battait trop fort.
Je me suis déshabillée complètement. Le carrelage était froid sous mes pieds. Je me suis assise sur le bord de la baignoire, puis j'ai changé d'avis et me suis agenouillée sur le tapis de bain, face au miroir. Pour me voir. Pour ne pas pouvoir mentir.
J'ai mis un peu de crème sur mes doigts d'abord. Celle que j'utilisais pour mon visage.
J'ai écarté une fesse, j'ai touché mon anus. Il s'est contracté immédiatement, comme surpris. J'ai appuyé doucement. Une phalange. Puis deux. La sensation était étrange, serrée, un peu brûlante. Pas douloureuse, mais… intrusive. Comme si mon corps disait « ça n'a pas le droit d'être là ».
J'ai respiré. J'ai ajouté de la crème. Puis j'ai enfoncé mon doigt totalement dans mon fondement. Je suis restée ainsi de longues secondes à le bouger, à explorer cette « Terra Incognita ». Puis j'ai dû m'avouer que j'en voulais plus.
J'ai ouvert les tiroirs du meuble de salle de bains, à la recherche d'un objet susceptible de servir mes envies. Rien à l'horizon — mais soudain la vision de ce qui pourrait remplir mes envies et mon… oui, soyons honnêtes, mon trou du cul, m'est apparue.
J'ai hésité longtemps, ainsi nue, les fesses à l'air dans la salle de bains, partagée entre la folie de mes envies et la raison qui aurait dû m'en empêcher. J'ai pensé à ma fille. Si elle savait ce que j'allais faire… Mon Dieu, j'ai eu honte. Je me suis sentie sale, affreusement sale et perverse.
Et pourtant je n'ai pas bougé. Mes pieds refusaient de me porter vers la sortie. Je suis restée là, debout, le souffle un peu court, à regarder le couloir qui menait à sa chambre. Je pensais à son visage, au dîner de la veille, à sa façon de rire — et en même temps une autre pensée, plus sombre, plus insistante, s'insinuait : elle ne le saura pas. Personne ne le saura jamais.
Un pincement au cœur, je me suis levée et, sans même me rhabiller, suis sortie de la salle de bains. Je suis rentrée dans la chambre de Julie, ma fille. J'ai ouvert le tiroir de sa coiffeuse. L'objet de mes désirs était là. Forme simple, phallique, silicone rose pâle. Je l'ai pris. Il était tiède dans ma main, familier et terriblement étranger à la fois — le manche de sa brosse à cheveux, lisse, parfaitement proportionné.
Je suis retournée rapidement dans la salle de bains et, sans tarder, me suis remise en position, agenouillée, cuisses ouvertes devant le miroir. Le contact du silicone contre mon anus m'a fait fermer les yeux. J'ai poussé très lentement. La résistance était nette. Mon sphincter refusait. J'ai senti la peau s'étirer, une brûlure sourde monter. J'ai dû m'arrêter, le souffle court, les joues en feu.
— Qu'est-ce que tu fais, Isabelle… Si les gens savaient…
La voix dans ma tête était celle de ma mère, de la femme respectable, de toutes les années où j'avais appris à tenir mon corps correctement.
Mais une autre voix, plus basse, plus sale, murmurait : continue.
J'ai poussé un peu plus. Le gland artificiel a franchi le premier anneau. Une douleur vive, courte, puis une pression lourde, profonde. J'ai gémi malgré moi. Le son a résonné dans la salle de bains, obscène. Je me suis regardée dans le miroir : agenouillée, une main écartant ma fesse, l'autre tenant le manche enfoncé à moitié dans mon cul, ma toison brune encore visible entre mes cuisses, mon sexe déjà humide sans que personne ne l'ait touché.
La honte m'a submergée. La brosse de ma fille dans l'anus, situation quasi incestueuse.
Et en même temps, quelque chose d'autre. Une curiosité brûlante. Une envie primaire de savoir jusqu'où mon corps pouvait aller.
J'ai avancé encore d'un centimètre. Puis d'un autre. Jusqu'à ce que le silicone soit enfoncé presque entièrement. Je suis restée immobile, le souffle coupé, en train de m'habituer à la sensation d'être pleine par derrière. C'était différent de tout. Plus dense. Plus… total. Mon vagin se contractait dans le vide, comme s'il était jaloux. Du jus a commencé à perler le long de ma toison.
Très lentement, j'ai commencé à bouger l'objet. Petits va-et-vient. La brûlure s'est transformée en quelque chose de plus complexe. Une pression qui allait et venait, qui touchait des endroits que je ne savais même pas sensibles. À chaque mouvement, mon anus s'ouvrait un peu plus, acceptait un peu mieux. J'ai senti mon sphincter se relâcher par instants, puis se resserrer, comme s'il hésitait encore entre le refus et le désir.
Je me suis arrêtée.
Pas parce que j'avais mal. Parce que l'envie était trop forte, et que quelque chose en moi voulait — avait besoin — de mesurer ce qu'elle pesait vraiment. J'ai retiré le manche presque entièrement, les yeux sur mon propre reflet, le souffle suspendu. Mon anus est resté là, entrouvert, palpitant, réclamant. Une odeur chaude, intime, terriblement charnelle s'est élevée dans la pièce. La mienne. Celle de mon propre corps en train de céder.
J'ai refermé les yeux une seconde.
Puis j'ai enfoncé l'objet de nouveau, d'un coup plus décidé.
Je gémissais maintenant. Bas. Honteuse. Les yeux dans les miens dans le miroir.
— Putain… ai-je murmuré, le mot sortant tout seul.
J'ai accéléré un peu. Le bruit humide du silicone dans mes entrailles s'est mêlé à celui de ma respiration. Ma main libre est descendue entre mes cuisses. J'ai écarté mes lèvres poilues et j'ai glissé deux doigts dans ma chatte. La double sensation m'a arraché un vrai gémissement. Pleine des deux côtés. Ouverte. Sale. Salope…
Le plaisir montait d'une façon confuse, nouvelle, presque douloureuse par moments. Ce n'était pas le plaisir net et clair que je connaissais. C'était plus bas, plus animal. Comme si mon corps découvrait une nouvelle façon de jouir, plus profonde, plus honteuse.
J'ai continué jusqu'à ce que mes cuisses tremblent. Jusqu'à ce que mon anus se mette à se contracter par vagues autour du manche. Jusqu'à ce que je jouisse, les yeux ouverts, en me regardant dans le miroir, une femme de quarante-cinq ans, agenouillée sur un tapis de bain, un objet phallique enfoncé dans le cul, les doigts dans sa chatte poilue, le visage défait de plaisir et de honte.
Quand c'est retombé, j'ai retiré le manche très lentement. Mon anus est resté entrouvert une seconde, puis s'est refermé, encore sensible, encore battant. J'ai regardé le silicone brillant de mes propres sécrétions. Puis je me suis regardée, moi.
La femme respectable était toujours là. Mais quelque chose en elle venait de céder.
Je me suis lavée longuement. J'ai frotté fort le manche de la brosse. Malgré cela il m'a semblé que l'odeur de mon corps y était incrustée pour toujours — cette chaleur intime, animale, que je ne pouvais pas tout à fait nommer sans rougir. Je me suis rhabillée, ai ouvert la porte de la salle de bains comme si de rien n'était, suis allée reposer la brosse de ma fille dans sa chambre.
Mais dans mon corps, la sensation restait. Cette impression d'avoir été ouverte. D'avoir goûté à quelque chose d'interdit.
Et déjà, pendant que je préparais le dîner, une question tournait en boucle, plus dangereuse que toutes les autres :
Et si, la prochaine fois, ce n'était plus un jouet ?
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