Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
De danseuse au bled à femme d'affaires en France — Chapitre 3 · Le grand départ
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
De danseuse au bled à femme d'affaires en France
Chapitre 3 · Le grand départ
On est allongés dans notre chambre, chacun sur son lhaf. La pièce est petite, les murs peints en blanc jauni, une seule fenêtre avec un rideau fin qui laisse passer la lumière de l'après-midi. Pas de lit. Juste deux matelas posés à même le sol, recouverts de couvertures un peu usées, et un placard bancal dans le coin. L'air sent encore la lessive et la poussière. Siham est à côté de moi, vêtue d'un pyjama assez fin, le short qui remonte un peu sur ses cuisses et le débardeur qui colle à sa poitrine. Elle regarde son téléphone, le visage éclairé par l'écran.
Soudain elle se redresse un peu sur un coude.
— Hey Sofiane... Malik vient de m'envoyer un message. Il veut qu'on se voie demain.
Je relève les yeux de mon écran.
— Et comment tu veux faire sans que maman le sache ?
— Je sais pas encore...
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase. La porte de la chambre s'ouvre et maman entre d'un pas pressé, déjà en train d'attacher ses cheveux.
— Les enfants, j'ai été appelée par Madame Tamil pour aller faire le ménage. Elle a des invités, je risque de rentrer tard.
— Ok maman, on répond presque en même temps.
Elle hoche la tête, jette un dernier regard dans la pièce et ressort. Quelques secondes plus tard, on entend la porte d'entrée claquer.
À peine le bruit s'est-il éteint que Siham me jette un regard malicieux, un sourire en coin.
— C'est un signe.
Siham se précipite vers le placard bancal et l'ouvre d'un geste vif. Un léger nuage de poussière s'élève, mêlé au parfum tenace du cèdre et du vieux tissu. Elle commence à en sortir des vêtements, les jetant sur son matelas avec une frénésie que je ne lui connaissais pas.
— Allez, aide-moi à choisir, Sofiane. Je ne peux pas y aller en pyjama, lance-t-elle, le souffle un peu court.
Elle sort d'abord une robe marocaine moderne, une *takchita* courte en mousseline bleu nuit, avec des broderies dorées discrètes sur le buste.
— Trop formel ? Trop « mariage » ? fait-elle en la tenant contre elle.
— Oui, trop. On va dans un restaurant, pas à une cérémonie.
— Trop formel ? Trop « mariage » ? fait-elle en la tenant contre elle.
— Oui, trop. On va dans un restaurant, pas à une cérémonie.
Elle acquiesce et attrape autre chose : un pantalon en lin blanc, large et élégant, et un haut. Elle lève le haut devant la lumière de la fenêtre. C'est un chemisier en soie sauvage, d'un vert d'eau, avec un décolleté en V plongeant qui part des clavicules. Le tissu est fin, presque translucide.
— Celui-là... il est joli, dis-je, surpris par l'audace.
— Joli ? C'est tout ? rétorque-t-elle en souriant. Tourne-toi.
— Celui-là... il est joli, dis-je, surpris par l'audace.
— Joli ? C'est tout ? rétorque-t-elle en souriant. Tourne-toi.
Je me tourne, fixant le mur jauni. J'entends le froissement du tissu, le claquement élastique d'un soutien-gorge, puis un petit soupir.
— Bon, regarde maintenant.
— Bon, regarde maintenant.
Je me retourne. Le pantalon de lin tombe parfaitement, accentuant la longueur de ses jambes. Le chemisier vert, effectivement, est très décolleté. La soie épouse la courbe de sa poitrine, s'arrêtant juste assez bas pour être provocant sans être vulgaire. Elle a mis un soutien-gorge push-up noir, dont la dentelle dépasse légèrement. Elle se tourne devant le miroir fêlé accroché à la porte du placard.
— Et alors ? Ça passe ?
— C'est... très décolleté, Siham. Tu es sûre ?
— Malik n'est pas un vieux recruteur en costard, Sofiane. C'est un type qui a des contacts en Espagne, qu'on a rencontré dans un contexte... festif. Il faut montrer qu'on a confiance en soi. Et puis, ajoute-t-elle en ajustant le tissu sur ses hanches, c'est classe.
— Et alors ? Ça passe ?
— C'est... très décolleté, Siham. Tu es sûre ?
— Malik n'est pas un vieux recruteur en costard, Sofiane. C'est un type qui a des contacts en Espagne, qu'on a rencontré dans un contexte... festif. Il faut montrer qu'on a confiance en soi. Et puis, ajoute-t-elle en ajustant le tissu sur ses hanches, c'est classe.
Elle a les joues légèrement roses, une lueur dans ses yeux noisette. Ce n'est pas seulement l'excitation du départ, c'est autre chose.
— T'as l'air super excitée, remarqué-je en m'asseyant sur mon matelas. C'est pour le contrat de serveuse en Espagne... ou pour le « type qu'on a rencontré dans un contexte festif » ?
— T'as l'air super excitée, remarqué-je en m'asseyant sur mon matelas. C'est pour le contrat de serveuse en Espagne... ou pour le « type qu'on a rencontré dans un contexte festif » ?
Elle cesse de s'observer dans le miroir et me lance un regard par-dessus son épaule, un sourire en coin aux lèvres.
— Les deux, peut-être. Un contrat, ça se signe mieux dans une bonne ambiance, non ? Maintenant, tourne-toi encore. Il faut que je trouve une veste au cas où il fait frais.
— Les deux, peut-être. Un contrat, ça se signe mieux dans une bonne ambiance, non ? Maintenant, tourne-toi encore. Il faut que je trouve une veste au cas où il fait frais.
Le restaurant est chic sans être guindé, un endroit à la mode avec des murs en *tadelakt* et des banquettes basses. Malik nous attend déjà à une table, sourire large, vêtu d'un polo bien coupé qui moule ses épaules. Ses yeux s'illuminent quand il voit Siham.
— Siham ! *Sbah lkhir*. Tu es... magnifique, dit-il en lui baisant la main, son regard plongeant sans complexe dans son décolleté avant de remonter à son visage.
— Merci, Malik. *Sbah lkhir* à toi aussi, répond-elle, sa voix un peu plus douce que d'habitude.
Elle s'assoit en face de lui, s'efforçant de croiser les jambes avec élégance. Le chemisier vert bouge à chaque respiration. Moi, je me sens un peu comme un accessoire. La discussion commence sur le contrat. Malik parle de visas, de démarches administratives à Casablanca, d'un ami dans un restaurant à Barcelone qui cherche du personnel.
— C'est pour un poste de serveuse, c'est ça ? demandé-je, prenant ma tasse de thé à la menthe.
— Serveuse, oui, bien sûr, dit Malik, mais ses yeux ne quittent pas Siham. Bien payé. Avec des pourboires. Les clients aiment le... charme, le professionnalisme.
Il insiste sur le mot « charme ». Siham sourit, jouant avec une mèche de ses cheveux.
— Et les horaires ? demande-t-elle.
— Flexibles. Très flexibles. On pourrait même discuter d'autres arrangements... tu m'avais dit que tu dansais, non ? Dans les mariages. C'est un talent. Ça pourrait ouvrir d'autres portes.
— Et les horaires ? demande-t-elle.
— Flexibles. Très flexibles. On pourrait même discuter d'autres arrangements... tu m'avais dit que tu dansais, non ? Dans les mariages. C'est un talent. Ça pourrait ouvrir d'autres portes.
Je lève un sourcil. Serveuse ? Elle m'avait parlé de serveuse. Pas de danse.
— Je vais fumer une cigarette, annoncé-je, sentant la tension devenir palpable.
— Je viens avec toi, dit Siham, presque trop vite.
— Je viens avec toi, dit Siham, presque trop vite.
Nous nous levons et nous dirigeons vers la sortie secondaire qui donne sur une petite terrasse ombragée.
À peine la porte vitrée s'est-elle refermée que je lâche, allumant ma clope :
— « Autres arrangements » ? « Talent de danseuse » ? Il ne te regarde pas comme une future employée, Siham. Il te regarde comme... enfin, tu vois.
— « Autres arrangements » ? « Talent de danseuse » ? Il ne te regarde pas comme une future employée, Siham. Il te regarde comme... enfin, tu vois.
Elle tire une longue bouffée, les yeux mi-clos.
— Et alors ? Il est séduisant, il a des contacts. Et il me regarde comme une femme. C'est un problème ?
— Non, mais... tu joues avec le feu. Et ce contrat de serveuse, c'est du flan, non ?
— Et alors ? Il est séduisant, il a des contacts. Et il me regarde comme une femme. C'est un problème ?
— Non, mais... tu joues avec le feu. Et ce contrat de serveuse, c'est du flan, non ?
Elle tourne la tête vers moi, un air de défi dans le regard.
— Peut-être. Mais c'est *moi* qui décide de ce que je fais de ce feu, Sofiane. Toi, tu es là pour le contrat, point. Laisse-moi gérer le reste. Compris ?
— Peut-être. Mais c'est *moi* qui décide de ce que je fais de ce feu, Sofiane. Toi, tu es là pour le contrat, point. Laisse-moi gérer le reste. Compris ?
Sa voix est douce mais ferme. C'est un rappel à l'ordre. C'est elle qui mène cette danse.
C'est à ce moment-là que nous la voyons. De l'autre côté de la rue, sortant d'une voiture noire et luisante, il y a notre mère. Elle porte une robe-tailleur en soie prune, courte, moulante, avec des talons aiguilles qui allongent ses jambes. Ses cheveux, d'habitude attachés, cascadent sur ses épaules. L'homme qui lui tient la porte est grand, en costume gris fer, l'air d'un homme d'affaires prospère. Il pose une main dans le bas de son dos, un geste possessif et intime, et ils disparaissent sous l'auvent d'un hôtel discret quelques portes plus loin.
Je reste bouche bée, ma cigarette oubliée entre les doigts.
— Putain... murmuré-je.
— Putain... murmuré-je.
Siham, elle, ne paraît pas surprise. Un petit sourire étrange flotte sur ses lèvres.
— Eh ben, souffle-t-elle.
— Elle... elle va à l'hôtel. En pleine journée. Avec un...
— Avec un homme, oui, Sofiane. Elle est divorcée, elle est libre. Et elle en a sûrement marre des murs jaunis et de l'odeur de lessive.
— Eh ben, souffle-t-elle.
— Elle... elle va à l'hôtel. En pleine journée. Avec un...
— Avec un homme, oui, Sofiane. Elle est divorcée, elle est libre. Et elle en a sûrement marre des murs jaunis et de l'odeur de lessive.
Je la regarde, partagé entre la stupeur, une pointe de honte à les avoir vus, et une excitation sourde, inavouable. Voir ma mère, si réservée d'habitude, transformée en cette femme désirable...
— C'est... c'est normal, tu penses ? demandé-je, la voix rauque.
— C'est... c'est normal, tu penses ? demandé-je, la voix rauque.
Siham écrase sa cigarette, son regard devenant sérieux.
— Bien sûr que c'est normal. Elle a le droit à une vie, à du plaisir, à un jardin secret. Nous tous, on a ce droit. Elle ne trahit personne. Elle vit.
— Bien sûr que c'est normal. Elle a le droit à une vie, à du plaisir, à un jardin secret. Nous tous, on a ce droit. Elle ne trahit personne. Elle vit.
Elle marque une pause, me scrutant.
— Et un jour, moi aussi, je vais fréquenter des hommes. Pas pour me marier tout de suite, mais pour... vivre. Il va falloir que tu t'y fasses, petit frère.
— Et un jour, moi aussi, je vais fréquenter des hommes. Pas pour me marier tout de suite, mais pour... vivre. Il va falloir que tu t'y fasses, petit frère.
Le message est clair. Elle prépare le terrain, pour elle, et peut-être même pour notre mère. Elle me domine de toute sa hauteur, dans son chemisier vert décolleté, avec une assurance qui me coupe le souffle.
Nous retournons à la table. L'atmosphère est encore plus électrique. Malik a commandé une bouteille d'eau minérale. Il verse un verre à Siham, sa main effleurant la sienne.
— Alors, ces cigarettes ? Vous avez réglé les problèmes du monde ? plaisante-t-il.
— Quelque chose comme ça, répond Siham avec un rire clair.
— Alors, ces cigarettes ? Vous avez réglé les problèmes du monde ? plaisante-t-il.
— Quelque chose comme ça, répond Siham avec un rire clair.
La discussion reprend, mais elle n'est plus que formalités. Malik promet de nous envoyer les premiers documents par email. Ses compliments envers Siham se font plus directs.
— Avec une silhouette comme la tienne, Siham, et ce talent de danseuse, tu feras un malheur là-bas. Il faudra que tu viennes me montrer quelques pas un de ces jours, hors mariage.
— Avec une silhouette comme la tienne, Siham, et ce talent de danseuse, tu feras un malheur là-bas. Il faudra que tu viennes me montrer quelques pas un de ces jours, hors mariage.
— Peut-être, dit-elle simplement, en soutenant son regard.
Je subis, silencieux, témoin de ce jeu où je suis devenu transparent.
Le soir tombe quand nous rentrons à la maison, l'odeur de poussière et de cèdre nous accueillant comme un cocon familier. Nous n'avons pas suivi notre mère plus loin. Le choc initial a cédé la place à une étrange complicité.
Elle arrive une heure après nous, les joues légèrement rosies, les cheveux légèrement défaits. Elle a remis une tenue plus simple, mais une lumière douce persiste dans ses yeux.
— Alors, cette journée ? demande-t-elle en accrochant son sac.
— Bien, maman, répond Siham avec un calme parfait.
— Très bien. Et vous, vous avez passé une bonne journée ? ajouté-je.
— Alors, cette journée ? demande-t-elle en accrochant son sac.
— Bien, maman, répond Siham avec un calme parfait.
— Très bien. Et vous, vous avez passé une bonne journée ? ajouté-je.
Elle nous regarde, un bref instant, comme si elle cherche quelque chose dans nos yeux. Puis elle sourit, un sourire fatigué mais apaisé.
— Oui, oui. Une bonne journée. Je vais préparer le dîner.
— Oui, oui. Une bonne journée. Je vais préparer le dîner.
Elle se dirige vers la cuisine. Siham me jette un regard en haussant les épaules, comme pour dire « tu vois ? ». Chacun retourne à son matelas, à son écran de téléphone, faisant semblant que rien n'a changé, alors que tout, sous la surface de notre petite chambre aux murs jaunis, vient de basculer dans un nouvel équilibre, fragile et excitant.
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