Entre deux flammes
Chapitre 1
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Entre deux flammes — Chapitre 1

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NaughtyAngel
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Entre deux flammes

Chapitre 1

Élise avançait à grands pas, en faisant croire qu'elle avait une grande confiance en elle. Le regard haut, le buste sorti, une démarche assurée. Elle est en première année d'école de commerce, et c'est la fin de sa première semaine. Elle est paniquée.
Où est la salle 302 ? On ne s'y retrouve pas dans ces couloirs, et pourquoi il n'y a jamais de plan ? Est-ce que c'était bien 302, ou 203 ?
— Et merde, murmura-t-elle en fouillant dans son sac à main pour trouver l'info.
Elle savait très bien où est-ce qu'elle l'avait écrit. Et elle savait très bien qu'elle l'avait oublié sur son bureau. Typique. Elle se maudit intérieurement, et continua sa recherche avec hâte.
— Tu cherches quelque chose ?
Une voix l'interpella. Étonnée et prise au dépourvu, elle tourna la tête. Deux jeunes hommes étaient là. Celui qui lui avait parlé semblait plus sociable que le deuxième qui ne se décolla pas du mur sur lequel il était appuyé, mais il fixait Élise de ses yeux noirs. Elle essaya de ne pas y prêter attention tout en s’avançant vers son interlocuteur, visiblement plus gentil.
— Je cherche le cours d'introduction au management d'entreprise, lança-t-elle comme un appel à l'aide.
— Ah, une première année, constata-t-il amusé. C'est 302 normalement, ça ne change pas. T'es pas dans le bon couloir, c'est de l'autre côté.
— Merde... Merci.
Il continua de parler mais Élise fit le choix de repartir dans la bonne direction. Elle ne l'avait qu'à peine regardé, son regard s'était arrêté sur cette autre personne contre le mur, celui qui ne bougeait pas, qui la fixait. Alors qu'elle s'éloignait, elle sentait encore le poids de son regard braqué sur elle. Elle ne se doutait pas qu'il notait chaque détail d'elle.
— Hé je t'accompagne si tu veux !
Ne pas répondre. Elle n'avait aucune envie que ce gars la suive, ce n'était pas le moment.
— Bon bah je l'accompagnerai pas pour cette fois, devina le jeune homme en se tournant vers son ami.
— On se demande bien pourquoi.
— Elle est mignonne, elle avait l'air complètement perdue. Avec son petit cul là...
— Allez arrête de dire des conneries, nous aussi on a cours.
— Tu la trouves pas jolie, Ryan ? Je lui aurais bien donné, moi, son cours d'introduction.
Ce jeune homme très fier de sa remarque, c'était Tristan. Un garçon extraverti, bavard, bruyant, un peu maladroit mais avec un bon fond. Et à ses côtés, Ryan. Beaucoup moins bavard et démonstratif, mais très observateur. Il l'avait vu passer, s'arrêter pour fouiller son sac. Et il avait fallu que Tristan aille lui parler. Il ne perdait pas une occasion de se faire remarquer.
Elle semblait si vulnérable, trop petite pour ce grand bâtiment.
Elle était plus petite que Ryan, environ un mètre soixante, de longs cheveux bruns et ondulés qui lui tombaient dans le dos, et de grands yeux marron et brillants. Elle semblait fragile et sûre d'elle à la fois, n'ayant besoin de personne mais envie d'être importante, de prendre sa place. Mais elle avait surtout l'air naturelle, un vent frais, un rayon de soleil. Elle portait un joli haut bleu, et un jean blanc qui mettait ses longues jambes en valeur. Il avait remarqué son cou, la forme de sa mâchoire, ses cheveux, sa poitrine qui se soulevait à chaque respiration. La façon dont elle se mordait la lèvre quand elle semblait pensive. Et sa démarche qui fendait l'air, avec ses fesses ondulant de gauche à droite.
La remarque de Tristan l'avait irrité. Il ne voulait pas qu'elle lui parle. Il voulait garder les yeux posés sur elle, la suivre à travers les couloirs, l'observer. Alors qu'elle tourna dans un couloir, les yeux d’Élise ne purent s'empêcher de jeter un dernier regard à ce garçon. Il aurait voulu détourner les yeux, ne plus la regarder. Il ne pouvait pas. Mais c'est lui qu'elle regardait, pas Tristan.
Elle le trouvait plutôt intimidant et froid, un grand contraste avec l'autre garçon qui semblait beaucoup plus ouvert et chaleureux. Mais il avait quelque chose de magnétique. Grand et large d'épaules, il était plutôt imposant. Et avec ses cheveux noirs et son regard tout aussi sombre, cela ne le rendait pas plus chaleureux. Elle n'arriva pas à le faire sortir de sa tête et elle se trouvait bien stupide, trop proche du cliché de la jeune étudiante qui tombe pour un garçon plus âgé qu'elle.
Elle semblait désormais le croiser partout, lorsqu'elle buvait son café, quand elle montait les escaliers, quand elle discutait avec des gens de sa classe. Toujours là, en arrière-plan, sans parler mais sans la lâcher du regard. Elle ne le lâchait pas non plus et cela devint vite un jeu entre eux. Elle se mit à lui sourire, à rougir, à l'attendre. Et lui, toujours accompagné d'autres personnes, jamais seul, il ne montrait pas grand-chose. Mais Ryan attendait ses regards, cherchait la moindre preuve de son trouble. Alors qu'il était de plus en plus compliqué pour lui de cacher à quel point il était fasciné. Au bout d'un certain temps, il se mit à lui sourire également. Un sourire discret, joueur, un sourire de défi. Ce jour-là, Élise sentit son ventre se nouer et la chaleur lui monter aux joues.
Puis vint le jour où il lui parla enfin. Un matin de novembre, perdu dans ses pensées et mal réveillé, il s'assit dans le bus qui le menait à l'université. Les yeux rivés sur son téléphone, il aperçut à côté de lui des chaussures qui lui étaient familières. Et un sac, tout aussi familier. Il tourna la tête et elle était là, assise à côté. Elle lui sourit à son tour, plus timidement que dans les couloirs. Pour la première fois de sa vie, Ryan oublia comment formuler ses phrases. Comment avait-il fait pour ne pas la remarquer ?
— Salut
Ce fut elle qui brisa le silence, étonnée de son soudain courage.
— Moi c'est Élise, ajouta-t-elle, un sourire timide aux lèvres.
— Ryan. En première année, c'est ça ?
— Oui, et toi ?
— Troisième année.
— C'est bien ce que je me disais, tu es toujours entouré, tu dois connaître beaucoup de monde maintenant.
Elle ne semblait pas aussi tendue que lui, mais elle serrait son sac à main contre elle comme si c'était la seule chose qui pouvait la protéger, sa bouée de sauvetage. Elle ne prenait pas ce bus habituellement, mais elle avait passé la nuit chez sa meilleure amie. Et il fallait qu'ils se retrouvent côte à côte. Elle n'osait à peine respirer, sentant sa chaleur irradier comme un brasier, leurs jambes l'une contre l'autre. L'agitation de Ryan ne se traduisait que par un tapotement ininterrompu de son index sur sa cuisse. Mais Élise avait du mal à cerner son comportement. Elle gardait son regard droit devant elle, pendant qu'elle sentait le poids de sa présence.
Ryan tourna légèrement la tête vers elle. Et il fut conquis. Son odeur l'envahit, un mélange de framboise et... Était-ce du miel, de la vanille ? Une odeur autant douce que dangereuse. Il serra les dents en même temps que son cœur ratait un battement. Pourquoi devait-elle sentir aussi bon ?
Le bus freina, et Ryan se leva pour sortir.
— Tu ne descends pas là ?
Elle releva la tête, un peu perdue, sortant de son rêve.
— Euh... Si.
Elle se leva à son tour. Il la laissa passer devant. Encore une fois, elle sentait sa présence beaucoup trop forte dans son dos, comme s'il la tenait fermement par la nuque pour la faire avancer. Elle ne savait pas trop si elle avait envie de partir en courant, ou se perdre une bonne fois pour toute dans son regard.
— Tristan organise un truc chez lui samedi soir, dit-il soudain. Si t'as rien de mieux à faire.
Elle se retourna lentement, le cœur battant et les yeux grands ouverts.
— Tristan ?
— Mon meilleur pote, celui à qui tu as parlé.
— Oh... Euh... Je ne sais pas. Pourquoi pas ?
Un sourire en coin apparut sur les lèvres de Ryan, presque imperceptible. Elle était troublée, il adorait ça.
— T'aurais tort de pas venir.
Il sortit son téléphone de sa poche et le tendit doucement à Élise.
— Tu me donnes ton numéro et je t'envoie l'adresse ?
Elle hocha la tête, incrédule. Leurs doigts se frôlèrent lorsqu'elle prit le téléphone dans ses mains. Élise fut parcourue d'une décharge. L'avait-il sentie aussi ? Ses yeux rivés sur l'écran, elle tapa son numéro à la hâte, les joues brûlantes. Pendant que Ryan l'observait toujours, avec une forte envie d'enfouir son visage dans son cou pour s'imprégner de son odeur. Il aurait voulu qu'elle prenne tout son temps pour écrire son numéro.
Lorsqu'elle lui rendit son téléphone, il jeta rapidement un coup d’œil à l'écran, satisfait de voir son prénom, Élise, qui s'affichait, comme une victoire.
— À samedi alors.
Cela ne sonnait pas comme une question, ni comme une invitation. C'était un ordre.
Et le samedi soir arriva, à la fois beaucoup trop vite et beaucoup trop lentement. Tristan, visiblement très content, alla vers deux autres jeunes hommes qui parlaient dans la cuisine, chacun une bière à la main.
— Hey les gars, y'a Ryan qui a invité une meuf ce soir. Une première année.
— Ah bon ? C'est rare qu'il fasse ça.
— Mais la meilleure, vous savez pourquoi il a fait ça ?
Tristan ne leur laissa pas le temps de réfléchir à une réponse.
— Pour moi !
Il reçut deux paires d'yeux interrogatives. Il expliqua.
— C'est une fille de l'école, je lui ai parlé une fois, précisa-t-il non sans fierté. Elle est canon vous allez voir.
— Mais pourquoi il a fait ça pour toi ? Tu pouvais pas l'inviter toi-même ?
— Parce que c'est un vrai frère, vous comprenez pas. Mais quand vous la verrez... Là vous comprendrez.
Tristan repartit, avec un sourire de gagnant au Loto, et profondément reconnaissant envers son meilleur ami d'avoir fait ça pour lui. Il vit justement au loin une amie ouvrir la porte à quelqu'un. Et elle entra, timide, mal assurée.
Élise ne savait pas trop où elle mettait les pieds, elle était rongée par un mélange de stress, de curiosité, d'excitation. Elle trouvait ça digne d'une malédiction que les êtres humains puissent ressentir aussi fort tout un tas d'émotions à la fois. Elle salua la fille qui venait de lui ouvrir.
Sans attendre, et pas timide pour un sou, Tristan s'élança vers elle.
— Salut ! Bienvenue chez moi. Tu peux poser tes affaires, euh... Où tu peux, en fait. La cuisine est là, tu fais comme chez toi. Bon là c'est le salon, et il y a aussi une cour à l'arrière, par là-bas.
— Tristan, c'est ça ?
— Ouais, c'est moi !
Il semblait si content. Élise fut rassurée de cet accueil, elle le trouvait peut-être un peu trop familier mais c'était mieux comme ça, elle se sentait moins gênée. Elle enleva sa veste et, comme lui avait indiqué Tristan, la posa où elle pouvait. Il devait y avoir une quinzaine de personnes, une musique en fond, des conversations, des rires. Tristan restait à côté d'elle alors qu'elle parcourait la pièce des yeux. Celui qu'elle cherchait n'était pas visible.
— Euh... Ryan est là ? osa-t-elle demander à Tristan.
— Ouais il doit être par là, il fait sa vie. Enfin bref, ça va ? T'es jolie ce soir. Tu veux boire un truc ? Viens, là c'est la cuisine, tu veux quoi ?
— Euh... Une bière, ça ira.
Il parlait vite, et passait d'un sujet à un autre en un claquement de doigts. Il lui semblait débordant d’énergie. Tristan, sans jamais quitter son sourire, lui servit un verre et lui tendit. Bien sûr, sans oublier de jeter un regard de victoire aux deux jeunes hommes qui avaient l'air de le croire enfin.
Élise continuait d'écouter Tristan lui parler de tout, de rien, lui faire un topo de qui était là ce soir. En posant la main sur son épaule, il la conduisit dans le salon pour continuer sa visite des lieux où chaque détail méritait un commentaire. Le regard d’Élise était ailleurs, à l’affût.
C'est alors qu'elle l’aperçut. Dos à elle, Ryan était là, en train d'écouter une fille lui parler. Il portait un tee-shirt noir près du corps, avec une chemise ouverte par-dessus, noire également. Son jean foncé était simplement orné d'une ceinture en cuir. Il semblait plus absorbé par le cadran de la montre à son poignet que par les paroles de cette fille. Élise l'avait déjà vu avec elle.
Comme s'il avait senti sa présence, Ryan tourna la tête vers elle. Elle était là, au milieu de la foule, et la température de la pièce sembla grimper d'un coup, l'air chargé d’électricité. Elle portait un débardeur blanc qui épousait parfaitement ses formes. Par-dessus elle avait mis une chemise en dentelle, légèrement ouverte, qui laissait voir un pendentif doré logé entre ses seins. Ses fines jambes, vêtues d'un jean slim noir, étaient mises en valeur par des bottines à talons noires, avec une boucle dorée autour des chevilles. Elle avait pris beaucoup de temps pour s'occuper de ses cheveux, ils étaient brillants sous la lumière et formaient des vagues souples. Elle avait l'air timide, mais avec une touche de détermination en plus.
Ryan ne prit pas la peine de dire quoi que ce soit à la fille, il lui tourna le dos et traversa la foule sans hésitation vers Élise. À mesure qu'il avançait vers elle, elle se sentait de moins en moins confiante. Il avait toujours cette attitude assurée qui la déstabilisait, ce regard perçant qui la clouait sur place. Il semblait voir en elle plus que ce qu'elle ne laissait paraître. Sous son regard, elle se sentit autant exposée que sublimée.
Ryan essayait de garder une contenance, ne pas montrer son plaisir de la voir. Mais son odeur, toujours cette odeur de framboise, vint lui prendre ses sens en otage. Il serrait les poings nerveusement.
— Ah bah t'es là, lui lança alors Tristan d'un air enjoué, regarde qui est là !
— T'en as mis du temps.
Élise ne savait pas trop comment prendre cette remarque, était-ce un reproche ? Une moquerie ? Elle sentit son cœur s'embraser.
— Hé Ryan, sois gentil avec elle, d'accord ?
En voyant un ami qui lui faisait signe, Tristan laissa son meilleur ami avec Élise. Il espérait vraiment que Ryan dirait du bien de lui. Ils se retrouvèrent face à face, comme si aucun des deux ne savait ce qu'il fallait faire maintenant.
— Je vois que tu as rencontré Tristan.
— Il a l'air sympa, répondit-elle, les joues roses.
— Il pense que je t'ai invitée pour lui faire plaisir.
— Et... C'est le cas ?
— Non.
Son regard s'intensifia sur Élise qui ne savait plus trop où se mettre. Il cherchait à lire en elle. Ils furent interrompus par cette fille blonde qui trouvait que sa présence était apparemment nécessaire.
— Tout va bien, Ryan ?
À son regard, elle aurait dû comprendre qu'elle n'avait rien à faire là. Ryan soupira.
— Tu as une veste ? demanda-t-il à Élise.
— Oui.
— Va la chercher.
Élise reprit sa veste, sans se poser de question, et il lui indiqua par un signe de tête de la suivre. Ils arrivèrent dans la cour, plutôt petite et mal éclairée. Avec la fraîcheur d'une nuit de novembre, ils étaient seuls.
— T'as hésité à venir ?
— Non. Pourquoi ?
— T’arrives tard.
— Et alors ? Tu étais en pleine conversation de toute façon.
Ryan parut amusé qu'elle réplique sur ce ton presque désinvolte.
— Il fallait arriver plus tôt alors.
— J'étais un peu stressée, c'est tout. Je ne connais personne.
Elle baissa la tête en se mordant doucement la lèvre. Un silence s'installa entre eux, lourd et chargé de tension.
— T'as pas à être stressée.
Ce ton rassurant contrastait avec ses répliques sèches. Mais sa voix semblait plus grave, comme s'il avait du mal à sortir ces mots.
— Pourquoi ?
— Je te laisse pas.
Elle remonta les yeux vers lui, doucement, impressionnée. Son cœur cognait dans sa poitrine et elle sentit une chaleur s'y répandre. Il ne la lâchait toujours pas du regard. Lorsqu'un coup de vent vint faire voler quelques mèches des cheveux d’Élise, Ryan leva lentement sa main vers son visage pour remettre une mèche derrière ses oreilles. Elle retint son souffle. Les doigts de Ryan effleurèrent son oreille, elle sentit la chaleur de sa main irradier sur son visage. Elle lui semblait tétanisée, comme si elle venait de recevoir une décharge.
— Tu peux respirer, tu sais ?
Elle eut un petit rire nerveux, se sentant soudain ridicule.
— Je te fais peur ?
— Non.
Pour le lui prouver, elle fit un pas vers lui et se retrouva maintenant très proche de lui. Ils furent enveloppés par une chaleur électrique. Ryan se sentait perdre ses moyens, partagé entre la pulsion de la prendre dans ses bras, ou la plaquer contre le mur. Ses doigts étaient crispés, tout comme sa mâchoire. Il voulait la toucher encore. Outre le bruit de la soirée à l'intérieur, leurs souffles étaient le seul bruit à se faire entendre à l'extérieur.
— Tu sens bon, finit-il par lâcher.
Elle ne put s'empêcher de sourire. Un sourire large, incontrôlable.
— Merci. C'est... C'est sûrement mes produits pour les cheveux.
Amusé par cette réponse, il prit une mèche qui tombait sur ses épaules entre ses doigts et la porta à son visage. En effet, ses cheveux sentaient merveilleusement bon, la framboise venait donc de là. Ryan ne tenait qu'une seule mèche mais Élise avait l'impression que c'était elle toute entière qui était au creux de sa main. Attirée, elle se rapprocha encore. Il ne restait que quelques centimètres entre eux. Son visage se retrouvait au niveau des épaules de Ryan. Elle n'aurait pas eu besoin de grands efforts pour y déposer son front et se laisser envahir par son odeur, fauve et suave. Elle n'osa pas, mais Ryan monta sa main contre son bras, jusqu'à son épaule qui semblait si fragile au milieu de ses grands doigts. Une irrésistible envie de l'embrasser, la sentir contre lui.
— Ah bah vous êtes là, je vous cherchais !
Tristan débarqua, victorieux, dans la cour. Son sourire se figea lorsqu'il aperçut la main de Ryan, le regard d’Élise, la tension. Il arrivait au mauvais moment, il ne pouvait pas en être plus sûr. Élise sortit de l'emprise du regard de Ryan et reprit ses esprits.
— Je... Je retourne à l'intérieur, je commence à avoir froid.
Un mensonge. Elle brûlait de l’intérieur. Ryan aurait voulu la retenir, il aurait surtout voulu que Tristan ne vienne jamais les déranger.
— Mec, qu'est-ce que tu fous ? Elle était pas pour moi à la base ?
Passablement exaspéré, Ryan ferma les yeux en poussant un soupir. Si ce n'était pas son meilleur ami...
— Non, Tristan, jamais.
Il donna une tape sur l'épaule de son ami. Ryan savait que Tristan était quelqu'un d'assez sensible, il s'en voulait un peu de l'avoir laissé croire ça. Il rentra à son tour et ne tarda pas à retrouver Élise dans la cuisine qui se resservait un verre d'un geste nerveux. Elle n'avait pas enlevé sa veste et avait toujours les joues rouges, le regard vague. Ryan ne réfléchit pas, il savait juste qu'il voulait que Tristan arrête de venir l'interrompre, et qu'il ne voulait être qu'avec elle. Il arriva rapidement derrière elle et posa une main sur sa hanche. Ses doigts s'enroulèrent autour de sa taille. Elle se redressa soudainement, surprise par ce contact inattendu et irrésistible.
— Tu veux qu'on parte d'ici ?
— Pour aller où ?
— Chez moi. Prends tes affaires, on y va.
Ils se retrouvèrent dehors assez rapidement, Ryan n'ayant pas pris la peine de dire qu'il partait. Les gens finiraient par remarquer son absence, ce n'était pas son problème.
Les rues étaient calmes, contrairement à leur désir. Élise devait marcher plus vite que lui, elle faisait deux pas pendant qu'il n'en faisait qu'un seul. Elle l'observait marcher, la forme de ses jambes, sa démarche, son assurance. Elle allait sûrement faire une crise cardiaque avant d'arriver. Ce n'était pas du tout son genre d'aller chez des hommes qu'elle ne connaissait pas. Et il n'avait pas le même profil que les garçons du lycée. S'il voulait la tuer, il pourrait. Élise le suivit malgré tout, confiante, bouillante. Elle savait très bien dans quoi elle mettait les pieds.
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ambusy259
9 octobre 2026 à 00:27
C'est un très bon début d'histoire !
Soyez respectueux
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