Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous son Regard : la Captive volontaire. — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous son Regard : la Captive volontaire.
Chapitre 7
Vendredi soir,
Elise se présenta à nouveau au portier du restaurant étoilé qui, cette fois, la reconnu. Ces personnes, destinées à l'accueil dans les lieux les plus huppés, sont très souvent parfaitement physionomistes. Pas question, en effet, de louper l'arrivée d'une personnalité ou d'une personne d'influence politique, économique ou culturelle. Ce serait une énorme erreur stratégique.
Aussi, ce dernier lui ouvrit la porte avec délicatesse après l'avoir aidé à monter les marches du lieu.
— Bonne soirée, Mademoiselle ! Monsieur Wallace est déjà arrivé.
— Merci, c'est très gentil de me prévenir.
Elise s'avança sans remarquer le soupir d'aise de cet homme pourtant habitué à la grâce et à la beauté, lorsqu'elle le dépassa et que son regard s'attarda sur sa silhouette parfaitement dessinée dans sa nouvelle robe.
Elise entra directement dans le lounge et aperçu Gabriel en grande discussion avec une jeune femme absolument ravissante.
Elle portait une robe noire entrouverte sur les cuisses et un décolleté absolument scandaleux qui s'ouvrait jusqu'au centre de son ventre plat dévoilant une poitrine affolante mais totalement siliconée. Elle semblait pendue aux lèvres de son interlocuteur et le regardait comme si elle souhaitait en faire son dîner.
Gabriel semblait mal à l'aise. Il l'embrassa sur la joue et se retourna.
C'est à cet instant qu'il vit Elise.
Il oublia de respirer une seconde. Puis, se reprenant, un sourire carnassier apparu sur son visage. Il contrôlait à nouveau ses émotions et ses sentiments.
Il quitta sans vergogne celle qui lui parlait et se dirigea d'un pas calme vers elle.
— Vous êtes superbe, Elise. Comme toujours.
— Bonsoir Monsieur Wallace.
— Gabriel, je vous prie.
— Vous êtes, également, très élégant.
— Cela me semble normal, chère ami. On demande toujours à une femme de se comporter comme si elle allait concourir, d'être élégante, sexy, classe et de faire semblant d'être toujours à l'aise. Le tout en même temps. C'est la moindre des politesses pour un homme que de répondre à ces efforts, vous ne pensez pas ?
— Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle.
— Eh bien, moi si ! Vous êtes magnifique, Elise. Vraiment une femme absolument superbe. Je me dois donc de me montrer sous mon meilleur jour pour être digne de vous.
Elise rougit à ces paroles.
Gabriel, gentleman, n'insista pas et déclara
— Nous prenons un verre avant de dîner ou vous avez faim ?
— J'ai la soirée.
— Très bien. C'est une façon de répondre.
Ils s'installèrent chacun dans un fauteuil moelleux.
Gabriel détailla la jeune femme tandis qu'elle s'installait.
Sa robe rouge, lui arrivant au-dessus des genoux, lui dessinait une taille magnifique. Son décolleté était élégant et étudié pour ne montrer que le nécessaire et laisser la place à l'imaginaire. Tout ce que Gabriel adorait. La sensation d'être en présence d'une femme magnifique qui le sait mais n'en fait pas des tonnes. Qui a apprit à jouer de son corps et de sa féminité avec classe et retenue tout en permettant de profiter du voyage.
La classe pure.
Rien à voir avec la bimbo siliconée et stupide comme une oie qu'il venait de quitter avec promptitude, voire diligence.
Ses jambes étaient fuselées d'un voile de soie noire, retenu par les fines attaches auxquelles il tenait en chaque occasion. Il aimait la féminité et, à ses yeux, rien n'était plus féminin que ces accessoires délicieusement provocateurs.
Son maquillage était parfaitement étudié à son teint et ses cheveux ondulés par les mains d'un magicien capillaire.
Elise était une apparition divine au milieu d'un paradis devenu trop petit pour elle. Il était temps qu'elle le comprenne.
La touche finale venait de ses talons hauts que Gabriel aimait pour l'élégance qu'ils permettaient au maintien du corps féminin, malgré le fait que ces escarpins puissent aussi devenir une torture lorsqu'on n'y est pas habitué. Gabriel avait, cette fois, insisté auprès de Jacqueline pour qu'Elise porte des Louboutin noirs. Son port altier lui rendait grâce et son dos droit était un appel au regard.
Elle était absolument superbe.
La jeune femme qui discutait avec Gabriel à l'arrivée d'Elise et que Gabriel avait déjà oubliée passa à leur côté et lança, par bravade,
— Bonne soirée, Gabriel ! Appelle-moi vite ! Tu me dois encore une soirée torride.
Elle regarda Elise d'un œil méprisant et totalement jaloux puis, lui tournant le dos, s'éloigna avec grâce, perchée sur des talons vertigineux qui résonnaient sur le marbre de la pièce.
— Qui est-ce ? Osa Elise.
— Catherine. Une ex plutôt encombrante mais sincère.
— Oh.
— C'est de l'histoire ancienne, Elise. Très ancienne. Mais elle reste une amie chère. Même si elle s'imagine que provoquer les autres femmes que je fréquente ou que je rencontre reste un sport auquel je joue. Son intelligence ne correspond en rien aux atours qu'elle véhicule devant elle à chaque pas. Elle pense que l'apparence fait tout. Elle est belle jusqu'aux sourcils, au-dessus, c'est l'anémie.
— Je vois, répondit Elise en réprimant un fou rire.
— Elise ! Que les choses soient claires. C'est une amie et rien de plus.
— D'accord, Gabriel. Je n'ai aucun problème avec cela. Ce n'est pas comme si nous étions ensemble, n'est-ce pas ?
— Touché ! Répondit-il en souriant, conscient de sa volonté de la posséder mais qu'il ne l'avait encore jamais même touchée.
La soirée se passa alors avec élégance et calme.
Ce n'est que de retour dans la berline que Gabriel osa demander
— Avez-vous la clé ?
— Oui, vous me l'avez demandé.
— Alors allons-y !
Gabriel regarda devant lui sans prêter attention à la réaction d'Elise.
Elle tremblait intérieurement. Elle sentait que son corps réclamait Gabriel. Elle pouvait ressentir sa chatte devenir humide, son cœur palpiter un peu plus vite, sa bouche s'assécher et sa poitrine résonner de l'ensemble de son ressenti.
Elle savait qu'elle allait se donner à cet homme hors du commun. Combien de femmes tueraient père et mère pour se trouver à sa place ?
Ses cogitations l'amenèrent loin. Aussi, elle fut surprise de se retrouver au pied de l'immeuble.
Le temps de monter au penthouse et Gabriel retira son veston pour s'affaler dans le grand canapé après leur avoir servi un verre.
— Vous n'avez pas emménagé ?
— Non !
— Puis-je vous demander pourquoi ?
— Parce que ce n'est pas à moi.
— Et si cela l'était ?
— Monsieur Wallace, je sais vos largesses à mon égard et je vous en remercie. Mais j'ai aussi ma fierté. Et, si je peux accepter une robe, un repas dans un restaurant étoilé ou même une somptueuse parure de lingerie hors de mes moyens, je n'en reste pas moins une femme indépendante. Cet appartement n'est pas à moi et ne le sera jamais. Suis-je claire ?
— Vous l'êtes totalement et je vous remercie de cette franchise.
Elise, furieuse intérieurement de se faire traiter ainsi de prostituée ne vit pas le petit sourire naître sur le visage de Gabriel.
Depuis la baie vitrée du penthouse, la ville s'étendait sous eux comme une constellation mouvante. Les lumières des avenues se reflétaient sur les vitres, tandis qu'au loin la pluie commençait à tomber, légère et régulière.
Élise tenait encore son verre entre les mains.
Elle n'avait presque pas touché au whisky que Gabriel lui avait servi.
Il se tenait à quelques mètres d'elle seulement.
Trop près.
Pas assez.
Comme toujours.
Le silence n'avait rien d'inconfortable. Au contraire. Il semblait avoir été soigneusement installé entre eux, comme un troisième invité dont aucun ne voulait se débarrasser.
Gabriel observait la ville.
Ou peut-être l'observait-il elle.
Avec lui, elle n'était jamais certaine.
— Tu fais ça souvent ? demanda-t-elle finalement en le tutoyant par bravade afin de lui faire comprendre qu'elle n'aimait pas se faire sentir comme redevable ou, pire, achetable.
— Quoi ?
— Inviter une femme dans un appartement avec une vue pareille.
Un léger sourire apparut au coin de ses lèvres.
— Non.
— Je suis censée te croire ?
— Je ne t'ai jamais demandé de me croire. Juste d'avoir confiance.
La réponse la fit sourire malgré elle. L'art de jouer sur les mots personnifié.
Elle détourna les yeux vers la vitre.
Sous son reflet, elle apercevait encore celui de Gabriel. Grand. Calme. Immobile.
Cette maîtrise permanente l'agaçait parfois.
Elle posa son verre.
— Tu sais ce qui est insupportable chez toi ?
— Beaucoup de choses, j'imagine.
— Tu as toujours l'air de savoir exactement ce qui se passe.
Cette fois, il tourna la tête vers elle.
— C'est faux.
— Vraiment ?
— Je ne sais pas ce qui se passe dans ton esprit.
Leurs regards se croisèrent.
— Tu en es sûr ?
Un silence.
Puis,
— Non.
Son cœur accéléra sans qu'elle sache pourquoi.
Peut-être parce qu'il venait de répondre honnêtement.
Peut-être parce qu'elle avait l'impression qu'il la voyait davantage qu'elle ne le souhaitait.
Gabriel s'approcha de quelques pas. Pas suffisamment pour la toucher. Simplement assez pour réduire la distance. Assez pour qu'elle sente sa présence. Assez pour qu'elle en devienne consciente.
— À quoi penses-tu ? demanda-t-il.
Élise eut un rire nerveux.
— Mauvaise question.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne suis pas sûre d'avoir envie de répondre.
— Alors n'y réponds pas.
Elle fronça les sourcils.
— C'est tout ?
— Tu croyais que j'allais insister ?
— Peut-être.
— Je préfère les réponses qu'on choisit de donner !
Une nouvelle fois, il la déstabilisa.
Elle avait passé des semaines à imaginer ce qu'il attendait d'elle.
Et chaque fois qu'elle croyait comprendre, il déplaçait les règles.
Gabriel s'appuya contre le bord du meuble derrière lui.
Toujours ce calme.
Toujours cette patience.
Comme s'il avait tout son temps.
— Je pense à toi plus que je ne devrais, finit-elle par dire.
Les mots étaient sortis avant qu'elle puisse les retenir.
Le regard de Gabriel ne changea presque pas.
Mais “presque” suffisait.
— Je sais.
Cette réponse lui coupa le souffle.
— C'est terriblement prétentieux.
— Ce n'était pas de la prétention.
— Alors quoi ?
Il la regarda quelques secondes.
— La manière dont tu me regardes quand tu crois que je ne m'en aperçois pas.
Le rouge lui monta aux joues.
Elle détourna les yeux immédiatement.
Erreur.
— Élise.
Sa voix était douce.
Pourtant elle s'immobilisa.
— Regarde-moi.
Elle releva lentement les yeux.
Cette fois, aucun des deux ne détourna le regard.
La ville continuait de briller derrière eux.
La pluie frappait les vitres.
Et dans ce penthouse immense, tout semblait s'être réduit à quelques mètres de distance et à ce regard qu'aucun d'eux n'abandonnait.
Puis Gabriel esquissa un sourire presque imperceptible.
— Voilà.
— Voilà quoi ?
— Tu arrêtes enfin de fuir.
Pour la première fois de la soirée, Élise comprit que ce n'était pas lui qui contrôlait réellement la situation.
Le véritable combat se déroulait en elle-même.
Et elle n'était plus certaine d'avoir envie de le gagner.
Putain de Cendrillon qui s'était barrée loin de son Prince alors qu'elle allait succomber.
Mais minuit allait sonner aussi pour Elise le glas de ce qu'elle connaissait jusqu'à présent.
Et la citrouille n'avait qu'à bien se tenir...
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Commentaires ()
Et surtout....comment ?
J'espère que vous me pardonnerez d'avoir découpé mon récit en autant de chapitres. J'ai, en fait, toujours peur que cela soit trop long et donc rébarbatif à lire
Cordialement
Le rouge me monte aux joues.
Bonne lecture, la suite arrive.