Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À deux, sans limite — Chapitre 2 · Chapitre 2 - Une journée d’été
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
À deux, sans limite
Chapitre 2 · Chapitre 2 - Une journée d’été
Chapitre 2 : Une journée d’été
C’était un jour de grande chaleur. Un de ces après-midis où même les pierres de la place Bellecour semblaient respirer le soleil. J’étais arrivé en avance, nerveux sans vraiment vouloir me l’avouer. La veille, on s’était écrit une bonne partie de la nuit. Pas des messages très intimes, mais ce genre de petits échanges qui disent déjà beaucoup : on a envie de se retrouver.
Quand je l’ai vue descendre de la station, j’ai eu un petit coup au cœur. Elle avait ce charme éclatant, presque trop simple pour être calculé. Une robe fleurie, légère, qui dansait autour de ses hanches à chaque pas. Des baskets blanches aux pieds. Pas de maquillage trop voyant. Elle avait attaché ses cheveux en un chignon flou. Et pourtant... elle était magnifique. Encore plus que dans mes souvenirs. Le genre de beauté qui rend muet.
Elle m’a souri, un peu timidement. Elle s’est approchée, m’a salué d’un petit « salut » et m’a embrassé sur la joue. Une bise rapide, simple. Moins joueuse que la dernière fois. Moins électrique aussi. Elle gardait une distance. Et je l’ai sentie tout de suite.
On a commencé à marcher dans les rues piétonnes. Il faisait chaud, mais je ne sentais rien d’autre que sa présence à côté de moi. J’essayais de capter son regard, mais elle le fuyait légèrement. Elle avait baissé la garde, refermé un peu ses ailes. Je me suis demandé ce qui clochait. Est-ce qu’elle regrettait le baiser de l’autre soir ? Est-ce qu’elle m’avait idéalisé ? Ou au contraire, est-ce qu’elle s’était méfiée trop tard ?
J’ai décidé de faire comme si de rien n’était. J’ai gardé le ton léger. On a flâné dans les magasins, essayé des lunettes de soleil trop grandes, des chapeaux ridicules. On a ri, un peu. Elle souriait davantage avec le temps, mais je sentais que quelque chose restait suspendu entre nous. Une tension discrète. Comme si elle ne savait pas encore si elle voulait se rapprocher... ou s’éloigner.
On s’est arrêtés boire une limonade en terrasse. Elle avait croisé ses jambes sous la table, relevé un coin de sa robe pour ne pas qu’elle colle à sa peau. J’avais le regard qui glissait tout seul sur ses cuisses dorées, sur le creux de son cou. Elle le savait, bien sûr. Mais elle ne disait rien. Elle me parlait doucement de sa famille, de ses études, de son stage à venir. Et puis, après un long silence, elle a posé son verre, tourné la tête vers moi, et elle a lâché :
— J’ai appris un truc sur toi, l’autre jour...
J’ai senti mes épaules se raidir. Le genre d’entrée en matière qui annonce rarement des bonnes nouvelles. Je l’ai regardée, un peu surpris.
— Ah ouais ? Quoi donc ?
Elle a baissé les yeux, et après une courte hésitation, elle a continué :
— Apparemment... t’as une petite réputation. Tu vois ce que je veux dire.
J’ai souri malgré moi. Bien sûr que je voyais. Les soirées étudiantes, les potins, les ex un peu rancunières ou trop bavardes. Je n’avais jamais prétendu être un ange. Mais je n’avais pas non plus envie que Roxane me voie comme un connard en chasse.
— Écoute... je vais pas te mentir. J’ai eu mes histoires. Oui. Je suis pas un moine. Mais avec toi... c’est pas pareil. T’es pas juste une fille de plus, Roxane.
Elle a croisé mes yeux, sceptique.
— Tu me dis ça parce que t’as envie que je te croie. Mais moi, j’ai pas trop d’expérience avec les mecs. Et je veux pas être juste... une étape.
Elle avait dit ça avec une sincérité qui m’a touché. Une vraie pudeur dans la voix. Elle n’était pas en train de me faire la morale ni de me repousser. Elle me livrait quelque chose d’intime. Et ça, je l’ai senti profondément.
Alors je n’ai pas cherché à jouer. Ni à la séduire. Je me suis simplement penché vers elle, les coudes sur la table.
— Je peux pas t’effacer ce que t’as entendu sur moi. Et je peux pas te promettre la lune. Mais je peux te dire un truc : depuis que je t’ai vue, j’arrête pas de penser à toi. Et je te veux, oui. Mais pas que pour une nuit. J’ai envie d’apprendre à te connaître, de t’apprivoiser. T’es différente, Roxane. Vraiment.
Elle n’a rien dit tout de suite. Elle m’a juste regardé, longuement. Et dans ce silence-là, j’ai compris que j’avais dit les bons mots. Ou plutôt, que j’avais dit ce que je ressentais sans tricher.
Elle a fini par sourire un peu. Puis elle a repris sa limonade, l’a sirotée en évitant soigneusement mon regard. Mais ses joues avaient rosé.
On a continué à marcher. Le reste de la journée s’est passée dans une ambiance plus détendue. Elle s’est ouverte peu à peu. M’a parlé de sa première déception amoureuse, de ses complexes d’ado, de ses parents un peu trop protecteurs. Elle avait ce besoin de se faire comprendre, de montrer qu’elle n’était pas qu’un joli corps dans une robe d’été. Et moi, je buvais chacun de ses mots. Je ne faisais pas semblant. Elle me fascinait.
Vers la fin de l’après-midi, on s’est assis sur un muret à l’ombre. Elle avait enlevé ses baskets pour reposer ses pieds. Je l’ai regardée un instant sans rien dire. Juste... la regarder. Et je me suis dit : C’est elle. Ce n’était pas un coup de foudre débile. C’était plus fort. Plus calme. Plus enraciné.
J’ai posé ma main sur la sienne. Elle ne l’a pas retirée.
On n’a pas échangé de baiser cette fois-là. Pas d’étreinte brûlante. Mais au moment de se quitter, elle m’a serré dans ses bras. Longuement. Contre mon torse, j’ai senti sa respiration lente, son cœur calme. Puis elle a levé les yeux vers moi.
— Je suis contente de t’avoir revu.
— Moi aussi.
— Moi aussi.
Un petit sourire. Et puis elle a tourné les talons.
Je l’ai regardée s’éloigner dans les rues dorées de fin de journée, robe légère flottant derrière elle. Et je me suis dit que peu importe le temps que ça prendrait, peu importe les doutes, les hésitations... j’irais au bout avec elle.
Je voulais Roxane. Mais pas comme les autres. Pas juste pour son corps. Je la voulais entière. Et je savais, au fond de moi, qu’elle allait devenir bien plus que ce qu’elle imaginait elle-même.
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