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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Léa — Chapitre 3 · Le raffinement d’un slow hongrois - 3/4

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Léa

Chapitre 3 · Le raffinement d’un slow hongrois - 3/4

Sandor se penche sur Léa.
— Il y a… à l’étage… une salle privée, dit Sandor à voix basse, le regard posé sur ses seins partiellement découverts.
— Une salle… pour danser ?
— Pas exactement. Plutôt… une galerie. Très intime. Il n’y a qu’une œuvre. Un original.
— Une peinture ?
— Une photographie. Formento & Formento. Vous connaissez ?
— Non…
— Ils ne montrent pas vraiment des corps.
Il marque un léger temps, puis il continue.
— Ce sont des photographes… ils montrent des moments.
— Quels genres de moments ?
— Ceux où… tout pourrait encore s’arrêter.
Il la regarde dans les yeux.
— Ou continuer.
— Et que voudriez-vous… que j’y voie ?
— Pas ce qu’on y regarde. Mais ce qu’on y ressent. Ce que la pièce… permet d’oublier.
— Et que pourrait-on oublier, là-haut ?
— Tout ce qu’on est censé retenir.
Elle reste immobile un instant, puis se laisse guider dans un demi-tour lent. Le tissu de sa robe glisse encore, découvrant presque la naissance de sa hanche à chaque mouvement.
Son regard se perd dans son décolleté.
— Ce que vous retenez… déjà, dit Sandor en revenant à ses yeux, puis à son décolleté.
Elle ne dit rien, mais sourit.
— Et si je m’égarais… dans cette pièce ?, chuchote-t-elle, joue contre joue.
— Alors je m’égarerais avec vous. Avec une précision… presque indécente.
Elle ne recule pas. Elle ne tremble pas. Elle sourit.
— Indécente… mais élégante ?, murmure-t-elle très bas, au bord de son oreille.
— Toujours. Je ne suis pas un homme… qui fait les choses dans la précipitation.
— Et que feriez-vous… dans une salle privée… avec une poupée comme moi ?, demande-t-elle en penchant légèrement la tête en arrière, nuque offerte.
— Je commencerais par la contempler… longtemps. Sans la toucher. Juste… respirer ce qui monte à sa peau.
— Et ensuite ?
— Ensuite… j’enlèverais le silence… avec mes lèvres. D’abord ici… (il effleure à peine, du regard seulement, sa clavicule) puis là… (ses yeux descendent vers la courbe intérieure de son sein, à peine couverte)… et plus bas… là où même les mots hésitent à aller.
— C’est donc votre manière… de perdre la raison ?
— Non. C’est ma manière… de la transmettre à quelqu’un d’autre. De la glisser… sous la peau. Là où les femmes… oublient de mentir.
Elle ferme les yeux une seconde. Elle sent la moiteur entre ses cuisses, le corset trop bas, le souffle court.
— Vous parlez comme un homme qui a déjà tout vu.
— Non. Comme un homme… qui n’a vu qu’une chose… et qui l’attend depuis toujours.
— Ah…
— Et ensuite… je vous ferais m’ouvrir vos cuisses sans les mains. Juste avec la voix. Puis, si vous tremblez, je ne vous retiendrai pas. Je vous laisserai tomber… contre moi. Comme une chute voulue, chuchote-t-il contre son oreille.
— Et si je ne tombais pas ?, demande-t-elle, les yeux mi-clos.
— Alors je vous ferais plier. Doucement. Par l’intérieur.
— Vous parlez comme un homme qui sait ce que fait une langue… bien placée, répond-elle avec un sourire sensuel, les lèvres humides.
— Et vous… comme une femme qui rêve qu’on la prononce entière… sans jamais interrompre la phrase.
La musique s’éteint.
Silence. Net. Comme une frontière invisible.
Sandor s’arrête à un souffle de sa bouche. Pas un baiser. Juste cette suspension.
Léa ne recule pas. Et pendant une seconde, une seule, elle ne pense plus à Gérard. Elle pense seulement à ce qui pourrait arriver…
Puis, elle rouvre les yeux. Elle ne bouge pas tout de suite. Puis elle tourne légèrement la tête… et le voit.
Gérard.
Il s’approche. Calme. Costume impeccable. Un verre à la main. Il sourit… doucement.
— Bonsoir, Monsieur. Vous me permettez de reprendre ma charmante femme ?
— Bonsoir, mais assurément. C’est moi… qui doit m’effacer. La beauté ne devrait jamais être partagée… sans l’accord de son gardien.
— Je croyais être… exposée. Comme une œuvre. Une vitrine… non ?, lance Léa, légèrement provocante.
— Une vitrine qu’on regarde… mais qu’on ne touche pas.
— Il faut parfois s’approcher très près… pour voir si l’on a envie de voler.
Un silence.
— Et certains voleurs… n’aiment que les pièces uniques.
— Alors protégez-la bien, Monsieur. On vole souvent ce qui semble déjà prêt à partir, répond Sandor en regardant Gérard.
— J’étais justement venu la reprendre.
— Reprendre… oui. Mais… certains instants, Monsieur… ne se reprennent pas. Ils se prennent… ou s’envolent, dit Sandor en inclinant la tête, un sourire subtil aux lèvres.
— Et certains s’envolent… juste avant d’être touchés, glisse Léa, regardant Sandor du coin de l’œil, la voix douce.
— Il y a des regrets… qui ne portent pas sur ce que l’on a dit… mais sur ce que l’on aurait pu faire… si le temps avait eu la décence de durer un peu plus, dit Sandor, un rien plus grave, mais toujours raffiné.
— Vous parlez comme un homme à qui il manque une seconde.
— Une seconde… ou une éternité. La différence tient souvent dans le pli d’un souffle, ou dans le frisson d’un consentement trop tardif.
— Ou dans un pas de danse… qui s’arrête juste avant la dernière note.
— Une note… que j’aurais aimé entendre… au creux du silence. Mais… les plus belles musiques sont parfois celles qu’on n’a pas osé jouer, répond Sandor avec une légère inclinaison, le regard chaud.
Les lumières se font plus tamisées, la salle se vide légèrement, et la musique, plus lente, s’installe comme une respiration profonde.
Léa est maintenant dans les bras de Gérard. Leur pas est moins sûr, moins fluide. Ce n’est plus la danse de la découverte, mais celle d’un couple qui cherche à se retrouver.
À quelques mètres d’eux, Sandor s’est dirigé vers le bar. Il a repris un verre, calmement. Il ne parle à personne. Mais ses yeux, toujours, la suivent. Chaque mouvement de hanche, chaque balancement discret de Léa semble répondre à la trajectoire de son regard.
Gérard s’en aperçoit immédiatement. Il garde le rythme, mais sa voix, plus basse, trahit une tension nouvelle.
— Qui est ton Chevalier, mon amour ?
— Un homme… hongrois, je crois. Il danse bien, répond Léa sans détourner les yeux.
— Il te fixe encore, dit Gérard en serrant légèrement sa taille.
— Oui, répond-elle, le regard posé sur Sandor.
— Et de quoi vous avez parlé, aussi longtemps ?
— De peinture. De silence. D’envies mal placées, répond-elle, le regard lent, un souffle de provocation.
— En d’autres mots ?
— Il m’a proposé de voir une œuvre à l’étage. Une salle privée, dit-elle dans un léger rire, les yeux toujours sur Sandor.
— Pour te montrer quoi ?
— À t’entendre, tu le devines très bien.
— Et tu comptais accepter ?, demande-t-il, plus sec.
— Qui sait ? C’était une conversation. Rien de plus… ou presque, répond-elle dans un haussement imperceptible d’épaules.
La musique emplit de nouveau la salle. Un slow ancien, feutré, presque flou, comme un écho du premier.
Léa danse avec Gérard. Sa main dans la sienne, son autre bras posé sur son épaule, sa tête proche de lui… mais son regard, lui, est resté ailleurs.
Sandor est debout au bar. Il boit. Et il regarde Léa, sans aucune gêne. Pas avec insistance. Avec cette tranquille évidence d’un homme qui sait ce qu’il aurait pu prendre, et qui sait qu’il a laissé une trace.
Gérard suit ce regard.
Il le sent sur elle. Il voit ses yeux à elle qui, malgré tout, retournent sans cesse vers Sandor. Comme si son corps s’était remis à lui… mais pas son imaginaire.
— Tu veux me dire ce qu’il y a de si fascinant… chez ce dandy à l’accent poudré ?
— Ce n’est pas lui… c’est ce qu’il n’a pas fait, répond Léa avec un sourire lent, le regard toujours ailleurs.
— Et que… tu aurais voulu qu’il le fasse ?
— Ce n’est pas ce que tu veux savoir, dit-elle en tournant enfin les yeux vers lui, mi-ombre mi-lumière.
— Alors dis-moi ce que je dois savoir, répond Gérard en resserrant doucement son étreinte.
— Il m’a proposé de m’égarer. Là-haut. Dans une pièce où il aurait… redéfini ma pudeur.
— Charmant, ironise Gérard, un peu blessé. Et tu lui as dit quoi ?
— Que j’étais mariée. Et que j’aimais… les risques mesurés, répond-elle en se laissant aller un peu contre lui, les yeux mi-clos.
— Et lui ?
— Il m’a dit qu’il savait très bien… mesurer le vertige, dit-elle, le regard vers le bar.
Gérard ne répond pas. Il la serre un peu plus. Mais pas comme un amant. Comme un homme qui retient ce qu’il ne sait plus posséder. Comme un homme trop âgé pour sa femme.
Et Sandor, du bar, lève son verre… vers elle. Un geste infime. Un adieu. Ou une promesse reportée.
Léa le fixe. Son sourire est à peine esquissé. Mais ses hanches, dans les bras de Gérard, recommencent à onduler.
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Chapitre 4 · Le raffinement d'un slow hongrois - 4/4
Léa a quitté la salle de bal sans trop savoir pourquoi. Là-haut, dans un silence que la musique effleure à peine, elle se retrouve face à une étrange peinture : une femme nue, assise dans un siège d'avion, aussi exposée qu'absente. Sandor n'est jamais loin, et chaque geste, chaque souffle semble peser davantage dans cette pièce à part. Léa se demande ce qu'elle cherche vraiment, et si elle est prête à franchir la ligne qu'elle s'était juré de ne jamais franchir.
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