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✦ Cestpresqueca Angélique sage et coquine XSTORY
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Angélique sage et coquine — Chapitre 8 · Ce qu’il restait d’eux

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Angélique sage et coquine

Chapitre 8 · Ce qu’il restait d’eux

Il n’avait pas appelé. Il s’était contenté d’un message : “On doit parler. Ce soir. Après que je ramène les enfants.”
Angélique n’avait pas répondu. Elle avait juste lu ces quelques mots, une fois, puis encore une seconde fois, avant de verrouiller son téléphone et de continuer sa journée. Elle savait très bien ce qu’il avait vu. Elle avait placé cette clé USB dans sa main avec une précision clinique, comme une dernière adresse à ce qu’ils avaient été.
Et maintenant, il allait vouloir comprendre. Ou juger. Ou demander pourquoi.
Le soir venu, elle prépara un dîner léger pour les enfants, les laissa devant un film, puis attendit. Il arriva à l’heure, le visage fermé, l’air plus tendu qu’à l’ordinaire. Il s’installa dans le salon, les bras croisés. Les enfants vinrent l’embrasser, puis montèrent à l’étage.
Le silence s’installa entre eux, lourd.
— C’est quoi, ce que tu m’as donné ? demanda-t-il enfin.
Angélique s’assit dans le fauteuil en face, jambes croisées, calme.
— Ce que tu as vu.
— Je te parle sérieusement, Angélique. C’était quoi, ce message ? C’est quoi cette mise en scène ?
Elle le regarda, droit dans les yeux.
— Ce n’était pas une mise en scène. C’était un miroir. Pour toi.
— Un miroir de quoi ? De ton besoin de te foutre à poil ? De t’exhiber ? De... — il s’interrompit, pris par une forme de colère qu’il n’arrivait pas à contenir — ... de faire ça avec un photographe que tu connais à peine ?
— Ce que tu as vu, c’est ce que je suis devenue. Ce que tu n’as jamais voulu voir. Tu me regardais, mais tu ne me voyais pas.
Il secoua la tête.
— Tu penses vraiment que c’est une réponse à quoi que ce soit ? Que c’est sain ? Faire ça, m’envoyer ça ?
Elle inclina la tête, plus douce.
— Ce n’était pas une vengeance. C’était une vérité. J’ai voulu que tu vois ce que tu n’as jamais su toucher. Ce que tu as laissé mourir.
Il se leva, fit quelques pas dans la pièce, les poings serrés.
— Et cette façon de t’exposer... Tu crois que c’est ça, être une mère ?
Elle ne broncha pas. Son regard resta fixé sur lui, implacable.
— Je suis une femme avant d’être ta définition d’une mère. Et mes enfants sont aimés, protégés, entourés. Ce que je fais de mon corps, aujourd’hui, ne regarde que moi.
Il resta debout, devant la verrière. Elle le vit hésiter, vaciller entre l’orgueil blessé, la curiosité, et un reste d’attirance. Elle le connaissait trop bien. Il était incapable de ne pas penser à ce qu’il avait vu. Ces images l’avaient secoué, excité malgré lui. Et c’était là qu’elle voulait le conduire : dans cet entre-deux. Ni possession ni pardon. Juste un rappel.
Elle se leva à son tour, sans un mot, et quitta la pièce.
Il crut d’abord qu’elle fuyait la discussion. Mais au bout de quelques minutes, il l’entendit redescendre.
Angélique descendit les marches sans se presser. Elle avait pris le temps de se changer, pas tant pour se faire désirer que pour affirmer quelque chose de profond : un choix. Elle portait simplement un pull long, tombant souplement jusqu’à mi-cuisses, et une paire de collants noirs dont l’ouverture discrète révélait à peine plus que ce qu’un regard pouvait deviner.
Quand elle entra de nouveau dans le salon, il leva les yeux. Son visage se referma d’un coup, entre surprise et trouble. Ce n’était pas la nudité frontale qui l’avait frappé. C’était cette manière qu’elle avait de se montrer sans se livrer, de laisser deviner sans donner. Toute cette retenue, cette maîtrise, rendait le moment plus puissant que n’importe quelle provocation.
Elle ne dit rien. Elle passa devant lui, la tête haute, puis s’arrêta près de la table basse, s’y appuya du bout des doigts. Il voyait son dos, ses cheveux encore humides tombant dans le creux de son cou, et surtout cette découpe franche dans le tissu sombre, comme une brèche volontaire ouverte sur l’interdit. Il comprenait maintenant ce que signifiait ce retour. Ce n’était pas un pardon. C’était une offrande lucide, mesurée, presque solennelle.
Il se leva, s’approcha lentement. Elle ne bougea pas. Quand il posa une main sur sa hanche, elle lui laissa ce geste. Mais ce fut elle qui se redressa d’un mouvement léger, et qui le regarda par-dessus son épaule.
— Pas pour reprendre, murmura-t-elle. Pour comprendre. Pour sentir ce que tu as laissé derrière.
Il ne répondit pas. Il posa son front contre sa nuque, et ferma les yeux. Il aurait voulu dire qu’il regrettait, qu’il n’avait jamais cessé de la désirer, qu’il était dépassé par tout ce qu’elle incarnait maintenant. Mais aucun mot n’aurait été juste.
Alors il la suivit. Doucement, il effleura la peau offerte. Elle se cambra à peine, un frisson remontant sa colonne. Il s’attarda sur ses hanches, la courbe parfaite de ses reins, la tension sous-jacente qui trahissait autant son contrôle que son attente.
Ils ne firent pas l’amour comme avant. Ce ne fut ni tendre ni précipité. C’était une sorte de rituel, presque silencieux. Chaque geste, chaque mouvement, portait le poids de leurs années communes et de ce qui avait manqué entre eux. Lui, il découvrait ce qu’il n’avait jamais osé réclamer. Elle, elle offrait sans s’abandonner, comme une femme qui décide quand et comment elle est prise.
Il comprit vite que ce moment n’était pas une revanche. C’était une manière pour elle de lui montrer ce qu’elle avait toujours voulu vivre, ce qu’elle était maintenant capable d’assumer pleinement.
Et dans cette tension presque sacrée, alors qu’il avançait lentement, elle tourna le visage vers lui, souffla à voix basse, presque sans émotion :
— Prends-moi comme si tu ne devais plus jamais me revoir.
Il obéit, non pas dans un élan dominateur, mais dans une urgence sincère. Il voulait inscrire ce moment dans sa mémoire. Il voulait se rappeler de chaque seconde, chaque respiration, chaque vibration de son corps contre le sien. Et elle, dans un calme étrange, absorbait ce qu’il avait à donner comme on recueille un aveu.
Le silence était rempli de gestes, d’échos muets, de sensations entremêlées. Il s’attarda, longtemps, attentif à ce que son corps disait de ce qu’ils n’étaient plus. Ce fut lent, profond, comme une prière inversée — où le regret côtoyait l’extase, où chaque mouvement était un dernier mot non dit.
Quand tout fut fini, il resta là, encore contre elle, incapable de bouger. Elle se dégagea doucement, remit son pull en place, et s’éloigna de quelques pas.
— C’était ta dernière chance de me connaître, dit-elle sans amertume.
Il comprit. Et il sut qu’aucune image, aucune vidéo, aucun souvenir ne lui rendrait jamais cette présence.
Elle tourna le dos. Il resta là quelques secondes, puis partit.
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