00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Exorium Le journal intime de Clémence XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le journal intime de Clémence — Chapitre 18

18 minutes
3.1k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Exorium
Exorium
Histoires publiées
212
Abonnés
375
J'aime cumulés
33.5k

Le journal intime de Clémence

Chapitre 18

Mardi 2 juillet
Camille est revenue tout excitée des sanitaires.
‒ Tu sais ce que je me demande ? C'est si Boris et Lucas ils sont pas homos.
‒ Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
‒ Ben parce que… Parce que leur douche tout à l'heure ils l'ont prise ensemble.
‒ Et alors ? Ça veut rien dire ça ! Tu t'es jamais douchée avec une copine, toi ?
‒ Oui… si ! Bien sûr ! Mais il y avait la façon dont ils se parlaient là-dedans. C'était… je sais pas comment dire… Et puis, à un moment, j'ai même cru entendre claquer un baiser. Je suis même sûre en fait.
‒ S'ils sont bien comme ça ! C'est eux que ça regarde, hein !
‒ Oui. Évidemment… Sauf que Lucas alors je peux faire une croix dessus.
‒ Ça dépend…
‒ Oh, ben si ! Si ! Forcément. Bon, mais tu sais pas ? On va en avoir le cœur net. On va trouver un prétexte pour les laisser y aller tout seuls à leur plage et, quand, ils y seront, on ira se planquer dans les buissons derrière. On verra bien.
‒ Vas-y si tu veux, mais moi…
‒ Tu me laisses tomber.
‒ Non. Bien sûr que non. Mais hier soir, sur le port, j'ai cru apercevoir un type sur qui j'ai pas mal flashé.
‒ Et t'aimerais bien pouvoir remettre la main dessus. Logique. Bon, ben chacun de son côté alors !
Midi
Évidemment, à force d'arpenter le bled dans tous les sens – surtout qu'il est pas bien grand – j'ai fini par me trouver nez à nez avec lui. Charusse. Et j'étais mauvaise langue : il n'a pas eu l'air le moins du monde surpris. Il n'a pas cherché non plus à invoquer quelque justification que ce soit. Il s'est avancé vers moi avec un grand sourire comme si c'était la chose la plus naturelle du monde de se retrouver là tous les deux.
‒ Ça tombe bien ! Vous tombez bien.
Je l'ai regardé sans comprendre.
‒ Ben oui ! Parce qu'il est midi, que j'ai une faim de loup et horreur de déjeuner tout seul. Je vous invite. Qu'on puisse discuter un peu.
C'est plus le même que là-bas. Plus du tout. Il rit. Il plaisante. Détendu. J'ai presque envie de dire « décoincé ». Le fait d'être en vacances ? Dans un contexte complètement différent ? Sans doute. Sûrement. D'ailleurs l'une des premières choses qu'il m'ait dites, quand on a été attablés tous les deux en terrasse face à la mer, c'est que les cours, tout ça, on oubliait.
‒ Ça existe plus. Je ne suis plus votre professeur et vous n'êtes plus mon étudiante. D'accord ?
D'accord. S'il voulait, oui ! Et de tout on a parlé. Surtout lui. Sans jamais être ennuyeux. À plein de choses en fait il s'intéresse. Des BD. Des films. Des groupes. Jamais j'aurais cru.
Au dessert il a voulu savoir
‒ Et avec votre petit ami ça s'est arrangé ?
‒ Mon petit ami ?
‒ Vous vous étiez disputés.
Ça m'est revenu d'un coup ce que je lui avais raconté.
‒ Ah, oui ! Oui. Enfin, non ! Ça s'arrangera pas, non. On est trop différents. On a rompu.
‒ Si bien que maintenant vous êtes libre de vous promener tout votre saoul sans culotte.
J'ai soutenu son regard.
‒ Voilà, oui.
‒ Et c'est le cas aujourd'hui ?
Je n'ai pas voulu le détromper. Qu'il puisse rêver.
‒ C'est le cas, oui.
Il s'est levé.
‒ Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour ces très agréables moments passés en votre compagnie.
C'était plutôt à moi de le remercier.
‒ Et si je ne craignais d'abuser je solliciterais bien une faveur.
‒ Dites !
‒ Vous faites quelque chose de spécial ce soir ?
‒ Ce soir ? Non, rien.
‒ On se retrouve ici alors ? Je nous réserve la table.
Ce soir je serai vraiment sans culotte.
16 heures
J'ai retrouvé Camille sur la plage. Au même endroit.
‒ Ah, te voilà enfin ! Je commençais à m'inquiéter, moi ! Où t'étais passée ?
‒ Au restaurant.
‒ Au restaurant ? Tout ce temps-là ? Eh ben dis donc ! Avec qui ?
‒ Charusse.
‒ Charusse ? C'est pas vrai ! Et alors ?
‒ Ben, rien. On a discuté. Et puis c'est tout.
‒ Tu vas le revoir ?
‒ Ce soir…
‒ Ah, ben d'accord. Et ?
‒ J'en sais rien. Je verrai bien.
‒ Tu parles ! C'est tout vu. T'en crèves d'envie. Tu me raconteras, hein !
‒ Et toi ? Ce matin ?
‒ Oui, oh ben j'avais vu juste, hein ! Ils le sont.
‒ T'es sûre ?
‒ Oh, ben oui, attends ! Quand deux mecs ils se tiennent par la main et qu'il y en a un qui pose sa tête sur la poitrine de l'autre, il y a pas vraiment photo.
‒ Oh, mais quand même ! Il est peut-être attiré quand même par les filles aussi, Lucas, non, tu crois pas ?
‒ Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ?Faut que je voie ! Faut pas que je parte battue.
Il était en ligne, Julien. Et je lui ai raconté.
‒ Ah, oui ? Ça m'étonne pas d'elle. C'est un truc qui l'a toujours fascinée, ça, les mecs ensemble. Et pas qu'un peu. Alors tu sais ce qui va se passer maintenant ? Ça va être un alibi, Lucas. Pour pas les lâcher. Pour passer sa vie à leurs basques. À les épier. Et pour peu qu'ils se laissent vraiment aller sur leur petite plage déserte, là, en bas.
20 heures
Il était déjà là. Son regard s'est illuminé.
‒ Vous êtes venue.
‒ Ben oui, je suis venue. Vous en doutiez ?
‒ Vous auriez pu changer d'avis.
‒ Eh bien non, vous voyez, j'ai pas changé d'avis.
Le serveur s'est précipité, a pris nos commandes, s'est éloigné. Il m'a souri.
‒ C'est pas toujours facile de porter un masque, vous savez !
‒ Pourquoi vous dites ça ?
‒ Oh, parce qu'un professeur, il a un rôle à jouer. Ce qu'on attend de lui, c'est qu'il s'y cantonne. Qu'il fasse corps avec sa fonction. Et avec sa matière. Pas question qu'il laisse paraître quoi que ce soit de ses problèmes ou de ses états d'âme. Il doit être parfaitement lisse. Et il en crève.
Il s'est perdu dans ses pensées. Très loin. Est revenu.
‒ Il y a des moments où tout devient tellement insupportable qu'on n'a plus le courage ni la force de rien. Qu'on voudrait que tout s'arrête. Ça a failli. L'irrémédiable. Ça a failli. J'ai été à deux doigts. Trois fois. Et tu sais ce qui m'a retenu ? C'est toi. Parce que ça voulait dire ne plus te voir. Jamais. Toi, assise là, au premier rang. Si jolie. Si désirable. Ça voulait dire ne plus pouvoir te caresser du bout des yeux. Jamais. Je te dois beaucoup, tu sais. Infiniment. Je te dois d'être encore là.
Par-dessus la table, j'ai lancé ma main vers la sienne. Elles se sont serrées. Elles sont restées jointes.
À la sortie du restaurant il faisait incroyablement doux.
‒ On marche un peu ?
Une rue. Une autre. Nos pas nous ont menés vers la mer. Qu'on a longée dans la clarté de la lune. Qui est venue nous lécher les pieds.
‒ Comment elle est chaude ! C'est de la folie… Ça me rappelle…
‒ Ça te rappelle ?
‒ Une nuit, l'année dernière, avec des copains. Que des garçons. Quatre garçons. Il faisait tellement bon qu'ils s'étaient désapés et qu'ils s'étaient baignés. Moi, j'osais pas : je restais là, sur le bord, à les regarder. Comment j'avais envie pourtant à les voir nager. Se poursuivre. S'éclabousser. Ils m'appelaient. Ils n'arrêtaient pas de m'appeler : « Mais viens, Clémence, viens ! Tu sais pas ce que tu perds ! Comment elle est bonne !
Je me suis décidée d'un coup. Idiote. J'étais idiote. Et je les ai rejoints.
Il m'a repris la main.
‒ J'aime trop quand tu te racontes comme ça ! Je voudrais tout savoir de toi. Tout !
Et il l'a portée à ses lèvres…
Mercredi 3 juillet
Camille a passé la tête par l'ouverture de leur tente.
‒ Non, ils sont pas levés.
S'est recouchée.
‒ J'ai passé la soirée avec eux. Jusqu'à plus de minuit on a discuté. Comment ça me faisait drôle, n'empêche, de me dire que je savais et qu'ils ne savaient pas que je savais. Vachement sympas ils sont. Et puis tu sais ce que je me demande ? C'est s'ils s'intéressent pas quand même un peu aux filles. Parce qu'il y a des trucs. Une façon de regarder. Des choses qu'ils ont dites aussi. Bon, mais et toi ? Je t'ai pas entendue rentrer. Il était tard, non ?
‒ Trois heures. Par là.
‒ Eh ben dis donc ! Et alors ?
‒ Et alors rien. Enfin, si ! On est allés au restaurant. Et puis après on s'est promenés. Et on a parlé.
‒ Tout ce temps-là ? Et après ? Il y a rien eu d'autre ?
‒ Rien, non.
‒ Ma pauvre ! Et il y aura, tu crois ?
‒ J'ai pas vraiment envie. Qu'il y ait quelque chose. Pas tout de suite en tout cas. J'aime trop quand il est comme il est en ce moment avec moi.
‒ Ah, ça bouge à côté. Je vais voir ce qui se passe.
Pas de nouvelles de Pierre. Julien, lui, par contre, était en ligne.
‒ Mais t'es tout le temps connecté, toi !
‒ Parce que je m'emmerde. Si tu savais ce que je m'emmerde ! Ils sont gentils mes parents, mais bon ! Quinze jours comme ça ? Je tiendrai jamais le coup ! Et vous ? Ça se passe bien ?
‒ Ça va. Camille est en train de déjeuner avec les deux types d'à côté. Je les entends discuter et rigoler. Et moi, ben je suis tombée sur Charusse. Qui me lâche pas. Je lui fais sacrément de l'effet, je crois.
‒ À tout le monde t'en fais, c'est obligé. Fichue comme t'es.
‒ Oui, ben en attendant elles y sont toujours pas mes photos sur le site. Qu'est-ce qu'ils foutent ? Non, mais qu'est-ce qu'il foutent ?
‒ Quelle impatiente tu fais !
‒ Mais non, mais… 
Camille nous a interrompus…
‒ Ça y est ! Ils y sont partis à leur plage. Le temps qu'ils s'installent… Que je fasse la vaisselle… On a pas eu le temps hier soir. Et je retourne les espionner.
‒ Laisse la vaisselle ! Laisse ! Je la ferai.
La seule place libre, aux bacs, c'était à côté d'un type, un jeune de mon âge.
‒ Salut !
‒ Salut !
Ça fait quand même bizarre, faut le dire, de faire la vaisselle à poil avec un mec qu'on connaît ni d'Ève ni d'Adam et qui l'est aussi à poil.
‒ T'y arriveras pas.
J'ai levé sur lui un regard interrogateur.
‒ Quoi ?
‒ Le cul de ta casserole, tu l'auras pas avec ton truc, là. Essaie ça plutôt !
‒ Merci.
Il m'a regardée faire.
‒ Et alors ? Ça va pas mieux ?
Ah, si ! Si ! Fallait reconnaître…
‒ Je t'en filerai. J'en ai tout un tas. Mon stage de BTS, je l'ai fait dans l'usine qui les fabrique, alors !
‒ C'est vrai que ça va bien.
‒ Et toi, tu fais quoi ?
‒ Véto.
‒ C'est ce que je voulais faire quand j'étais petit, mais elles sont trop longues, les études. Je suis pas très courageux en fait. Non, et puis surtout je peux pas me permettre ; Ils sont pas bien riches, mes parents.
On l'a quitté ensemble, le bloc. Sa tente est tout à fait à l'autre bout, là-bas. Très sympa, il est comme mec. Vraiment très sympa. Maxime, il s'appelle.
Midi
Il a voulu qu'on change de restaurant.
‒ Tu vas voir. Celui-là, c'est autre chose.
C'était. Le grand luxe. Avec des nappes blanches. Des bougeoirs en argent. Des fleurs partout. Et des serveurs déguisés en pingouins. Quant au menu…
‒ Mais c'est hors de prix !
‒ T'occupe pas de ça ! Prends ce qui te fait plaisir. Et parle-moi de toi !
‒ De moi ? Oh, il y a pas grand-chose à en dire, vous savez !
‒ Je suis sûr que si !
Et il a voulu savoir. Avec qui j'étais en vacances ?
‒ Une copine. Ma colocataire en fait. Enfin, non ! La copine de mon colocataire. Mais bon, c'est pareil.
‒Et où ?
‒ Oh, dans un camping par là.
J'ai pas précisé lequel. Ni qu'il était naturiste, le camping. J'ai pas du tout envie de l'y voir débarquer. Faut que ça reste à part nous deux. Complètement à part.
‒ Pourquoi tu souris ?
J'ai inventé.
‒ C'est parce que je repense à un truc, là, ce matin, dans les douches.
‒ Et… on peut savoir ?
‒ Oh, un type dans la cabine à côté. Non, mais ce qu'il faut d'abord vous dire, c'est qu'il y a des trous dans les parois qui les séparent, les cabines. Et donc, j'y étais à peine entrée dans la mienne qu'il s'est précipité à côté, le type. Et qu'il m'a regardée.
‒ Comment tu le sais ?
‒ À sa façon de respirer. Fort. Et précipité. Tout près en plus.
‒ Et alors ? 
Ses yeux brillaient à Charusse.
‒ Et alors… Vous allez penser plein de mal de moi.
‒ Je te jure que non.
‒ Et alors… comment dire ? Je me suis arrangée pour qu'il en profite bien. Devant. Derrière. Parce que faut être honnête. J'adore ça, moi, qu'on aime me regarder. Faire plein d'effet. Surtout quand on croit que je m'en rends pas compte.
Elle tressautait à toute allure, sa pomme d'Adam.
‒ T'en as plus du coup de petit ami alors !
On avait fini de manger. On prenait le café, sous la glycine, dans le petit jardin du restaurant, derrière.
‒ Pas d'attitré. Pas pour le moment en tout cas, non.
‒ Ce qui veut dire ?
‒ Que j'ai pas du tout l'intention de me prendre la tête avec ça maintenant. Que j'en ai marre de me faire avoir avec des histoires soi-disant sérieuses et durables qui capotent au bout de trois mois. Et que donc, si un mec me plaît, j'ai bien l'intention d'en profiter sans me poser de questions. Surtout en vacances.
‒ Oh, toi, t'aurais quelqu'un en vue…
‒ Peut-être, oui, mais j'en parle pas. Je dis rien. Ça porte la poisse. Bon, mais… et vous ?
‒ Moi ?
‒ Ben oui, vous ! Vous me posez tout un tas de questions. Vous faites votre curieux, mais, en attendant, je sais rien de vous, moi ! Sauf que vous vivez tout seul, ça, c'est sûr ! Ça se voit tout de suite qu'il y a pas de nana chez vous. Mais vous me ferez pas croire… Vous en avez quand même, non ?
‒ Si, bien sûr ! Si ! Mais l'essentiel, c'est pas celles qu'on a. C'est celles qu'on n'a pas. Certaines, en tout cas. Elles sont souvent beaucoup plus importantes. Et de loin.
16 heures
Camille n'était pas sur la plage, mais Maxime, si ! Allongé tout seul et tout nu sur le sable. Maxime qui m'a fait un grand sourire. Qui a tapoté le sable, à côté de lui, du plat de la main.
‒ Mets-toi là, si tu veux ! On discutera.
Je ne me suis pas fait prier. Je me suis déshabillée. Installée. Il s'est tourné vers moi, appuyé sur un coude.
‒ Elle est pas avec toi ta copine ?
‒ Je sais pas où elle est passée, mais bon ! Elle fait sa vie. Et toi ? T'es en vacances tout seul ?
‒ Non. Avec trois potes.
‒ T'as pas l'air franchement enthousiaste.
‒ Oui, oh, c'est de ma faute. Je le savais comment ça allait forcément se passer avec eux.
‒ Vous vous engueulez ?
‒ Oh, non, non ! Il vaudrait mieux dans un sens. Non, mais il y a qu'un truc qui les intéresse, c'est chiquer des bières. Ils y sont depuis ce matin. Sur le coup de six heures ils passeront au Ricard. Et après, dans la soirée, au whisky. Tu parles de vacances.
19 heures.
On est remontés au camping ensemble. Tous les deux. Camille n'était toujours pas là. Les deux types d'à côté non plus. Quant aux copains de Maxime…
‒ Ils sont dans un état ! Je reste pas là avec eux, moi ! Je vais me faire un petit moule-frites quelque part. Ça te dit pas ?
Ça me disait, si !
‒ Le temps que je m'habille…
En douce n'empêche que j'avais eu le nez fin pour Charusse. J'avais eu le nez fin de lui dire que je savais pas si je viendrais au restaurant avec lui ce soir. Que je pouvais pas laisser tomber ma copine systématiquement comme ça. Et on s'est retrouvés attablés tous les deux, Maxime et moi, en bord de mer, dans un petit truc sympa qui payait pas de mine. Il a voulu savoir : j'avais un copain ? J'avais, oui, mais bon…
‒ Mais bon quoi ?
Je savais pas trop. Je savais plus trop. Il y avait des jours où j'étais sûre de tenir à lui. Et puis d'autres où j'avais l'impression d'en avoir rien à foutre. Comme là. Il était en vacances aux États-Unis et il me manquait pas. Pas du tout. Des journées entières je passais sans penser à lui. Ça voulait bien dire ce que ça voulait dire. Et lui ? Il avait quelqu'un ?
Ah, oui. Oui. Darline elle s'appelait. Et ce qu'ils vivaient tous les deux…
‒ J'aurais jamais cru. C'est trop génial. Même s'il y a pas grand monde qui comprend. Parce qu'on se laisse libres. On s'impose rien. Elle a envie d'autres types. J'ai envie d'autres nanas. Comment ça pourrait être autrement ? Aimer quelqu'un, c'est pas vouloir l'avoir tout entier à soi. Qu'à soi. C'est pas l'enfermer. C'est avoir besoin de revenir sans arrêt à lui. À elle.
De la musique, par vagues. Des rires. Des clameurs.
‒ Tu entends ?
Il entendait, oui.
‒ Il y a une fête quelque part. Ou un bal. On va voir ? On finit notre dessert et on va voir ?
Un chapiteau un peu à l'écart. Plein à craquer. Un orchestre en bourre. On s'est mêlés aux autres danseurs. On s'est laissé porter. Emporter.
Et puis des rythmes doux. Lents. Qui nous ont enveloppés. J'ai été dans ses bras. Son regard. Tendre et suppliant. Implorant et exigeant. J'ai laissé ma tête tomber sur son épaule. Son désir dressé contre moi. Contre mon ventre. Ses mains au creux de mes reins. Il a voulu mes yeux. Je les lui ai donnés. Ses lèvres ont effleuré les miennes. S'en sont éloignées, y sont revenues. Les ont fait s'entrouvrir.
On est sortis. Vingt mètres. Un baiser. Trente mètres. Un autre ; Un autre encore. On a marché. Une sorte de parc. Ou de jardin. Avec des arbres. Des buissons. Des arbustes. Toutes sortes de coins et de recoins. On s'est assis sur l'herbe. On s'est enlacés. Encore ses lèvres. Ses mains. Ses mains sur moi. Sur mon dos. Sur mon ventre. Sur mes seins. Sur mes fesses. Ses mains sous mes vêtements. Ses mains qui m'en dépouillent. Qui me cherchent, me cajolent, me câlinent. Qui se font douces et savantes. Et puis la mienne. Qui se referme sur son désir. Qui le sent battre. Qui le découvre tout au bout. Qui le lisse.
Ouverte pour lui. Envie. Tellement. Et il a été en moi. Avec ses lèvres dans mon cou. Qu'il a doucement mordillé. Je me suis refermée sur lui. Mes bras noués dans son dos. Mes jambes refermées sur les siennes. Ça s'est élancé. Ça m'a ravinée. Ça m'a débordée. Je l'ai clamé, mon plaisir. Je l'ai hurlé. Lui, il a grogné le sien. Et il est resté en moi. À me dire merci. Et des tas d'autres mots de tendresse et de douceur.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 19
18 minutes
6.4k
58
6
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 24
Par Exorium
218
8
14.1k
Hétéro
✦ Lucifer88 Le maître du jeu XSTORY
Le maître du jeu
Chapitre 8
Par Lucifer88
218
9
5.9k
Hétéro
✦ Exorium Ma vie amoureuse XSTORY
Ma vie amoureuse
Chapitre 6
Par Exorium
247
4
7.4k
Hétéro
✦ fournaise22 Vacances bretonnes 2020 XSTORY
Vacances bretonnes 2020
Chapitre 3
Par fournaise22
59
1
5.5k
Hétéro
✦ Everdeen Camping surprise XSTORY
Camping surprise
Chapitre 1
Par Everdeen
379
7
28.4k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 13
Par Exorium
258
8
11.1k
Hétéro
✦ deliradeux Souvenirs de Maurice (L'Île ) XSTORY
Souvenirs de Maurice (L'Île )
Chapitre 2
Par deliradeux
73
1
5.4k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 18
Par Exorium
246
12
8.6k
Hétéro
✦ Exorium "Toute nue" XSTORY
"Toute nue"
Chapitre 7
Par Exorium
181
12
11.8k
Hétéro
✦ Exorium Confidences conjugales XSTORY
Confidences conjugales
Chapitre 17
Par Exorium
135
4
4.5k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio