Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les démons du passé — Chapitre 3 · En équilibre
Auteur
Les démons du passé
Chapitre 3 · En équilibre
Adossée contre un mur sur le lieu où elle a découvert les deux étudiants la veille, la jupe relevée, le string baissé à mi-cuisses, Priscilla se masturbe énergiquement en regardant cette vidéo dont elle a reçu le lien le matin même, la faisant défiler à vitesse rapide. D'érotisme, le contenu est vite devenu bien plus sulfureux pour s'intensifier en un porno pur et dur. Elle sait déjà qu'elle la visionnera à nouveau, lorsqu'elle aura plus de temps, pour s'écouter gémir, pour s'entendre dire des mots crus.
Ce n'est pas ce film d'elle qui l'excite le plus, mais bien l'idée d'avoir été vue, d'avoir été admirée, d'avoir fait bander, d'avoir fait éjaculer, et peut-être aussi que d'autres la découvriront. Susciter le désir, susciter l'envie ; ses anciens démons sont revenus plus puissants que jamais.
Elle aurait pu attendre de rentrer chez elle pour s'observer aussi offerte face à l'objectif. Mais ses pulsions sexuelles se sont réveillées dès que les yeux brillants de ses étudiants se sont posés sur elle, ou plutôt sur sa poitrine trop sensible pour porter un soutien-gorge qui lui aurait été insupportable d'endurer plus de quelques minutes.
Des regards de prédateurs sur leur proie, sur elle ; des regards intenses qui ont éveillé ses sens. Elle s'est sentie tellement vulnérable en imaginant que leur main remplaçait le tissu de son haut qui caresse sa peau à chaque mouvement, qui énerve ses tétons, les force à rester bien dressés. Ils sont restés aux aguets comme pour attendre le meilleur moment pour aller la dévorer, alors qu'elle a plaqué, dès qu'elle le put, son sac contre sa poitrine gonflée.
Se cacher alors qu'elle aime s'exhiber, comme pour les rendre plus fous d'elle en les frustrant. Et dès qu'elle s'est montrée, tous là à sourire de la vue, de ces seins libres sous l'étoffe, de leur bout pointu. Elle a feint de ne rien remarquer alors que son string s'humidifiait, que sa vulve palpitait.
Elle se demande, parmi ces jeunes mâles, combien ont bandé pour elle, combien bandent encore en pensant à elle, combien vont se branler en fantasmant sur elle. Des litres de foutre déversés grâce à elle. Enfin, l'orgasme la submerge. Elle tient à peine debout avec les jambes qui flagellent, laissant tomber son téléphone sur l'herbe.
Elle observe autour d'elle se disant qu'elle n'a peut-être pas été discrète et qu'on la surveille. Elle ne voit personne. Cela la rassure autant que ça la frustre. Elle se sent un peu calmée, mais elle sait déjà que la tension remontera lorsqu'elle rejoindra sa classe avec ces yeux désireux d'elle.
Avant de se remettre en état, elle ramasse son appareil pour prendre un selfie, la chatte nue et humide, un sein sorti par le décolleté, qu'elle envoie aussitôt après à son mari. Elle espère que l'image lui fera plaisir, qu'il sera calmé ce soir avec l'envie de la prendre, de lui faire l'amour. S'il le demande, elle acceptera même d'avaler alors qu'elle déteste le goût du sperme.
— Je crois que tu t'es trompée de destinataire.
Voilà la réponse qu'elle reçoit, qui la rend triste à lui en faire couler une larme. Elle remet en place son string, son sein et part se prendre un sandwich au distributeur en plaquant son sac contre son ventre, marchant la tête baissée. Il a mal pris alors que son chef aurait adoré, alors que n'importe quel autre homme aurait apprécié. Mais c'est à lui qu'elle veut faire plaisir.
Elle mange son repas sur un banc posé sur le bitume de ce qui se veut être un parc, là où on va fumer sa clope, discuter, prendre l'air. Elle est perdue dans ses pensées à se demander comment arranger les choses avec Stanislas. S'il n'a pas aimé ce selfie, il n'aimera pas non plus qu'elle se mette en tenue sexy ce soir. Elle médite, penchée avec le dos rond, ses coudes reposant sur ses cuisses, sa tête tenue par ses paumes dont les doigts portent encore les effluves de sa vulve. Elle réfléchit pour essayer de trouver une porte de sortie à ce conflit entre eux.
— Priscilla, t'as déjà été prise ?
Elle relève les yeux, sortant difficilement de ses pensées chaotiques, pour observer un camarade de sa promo.
— Je ne suis plus vierge depuis un moment. Tu en doutais ?
— Hein ? Ah non, je parle pas de ça. Ah ah ah, elle est pas mal, celle-là. Non, c'est pour le travail de groupe. Avec Théo, on cherche une troisième personne pour le binôme.
— Un binôme, c'est à deux. À trois, c'est un trinôme.
— Et c'est exactement pour ça qu'on a besoin de toi. T'es partante pour qu'on te prenne ?
— Je suis ouverte.
De plus en plus ouverte en découvrant cette bosse formée dans le pantalon du jeune homme et qui grossit. Elle prend conscience que dans sa position, elle offre une vue indécente de son décolleté. Sa morosité s'estompe ; ses envies de plaire et d'exciter prennent le relais. Cette queue qui prend vie sous ses yeux lui redonne le sourire et le désir.
— Tu voulais me dire autre chose ?
— Ouais, mais j'ai oublié.
Elle se redresse, met ses mains sur ses hanches en se cambrant comme pour simuler un mal de dos. Elle serait prête à lui demander si la vue lui plaît, mais elle ne veut pas le bloquer, l'embarrasser, préférant jouer de ses charmes pour attiser le feu. Dans sa position, le tissu de son haut épouse la forme de ses seins, moule ses tétons distendus et durs. Il se met à rougir, à avoir chaud. Il détourne un peu le regard ; elle penche la tête sur le côté.
— Ah oui, je me rappelle. On se disait que ça serait mieux de bosser chez nous pour être plus à l'aise.
— Chez qui ?
— Théo et moi. On partage une coloc avec un autre gars et sa connasse de copine. Ça te dit ?
— Ok, on fait ça. Quand ?
— Samedi après-midi, si t'es dispo. Je ne sais pas encore à quelle heure. Ok ?
— Ok, Lucas.
Après s'être échangé leur numéro pour pouvoir se contacter, il s'en va mais Priscilla a encore en tête cette masse, cette forme qui se dessinait sous le tissu du pantalon. Elle se lève du banc et le suit de loin, se demandant ce qu'il va maintenant faire, imaginant qu'il cherche un endroit pour calmer son érection. Elle espère qu'il pensera à elle lors de son éjaculation.
Il entre dans le vieux bâtiment aux peintures craquelées, là où sont dispensés leurs cours. Il pénètre dans les toilettes qui n'ont pas été refaites depuis bien trente ans, les seules d'entre ces murs, forcément mixtes. Elle attend un peu, puis passe la porte à son tour sans faire de bruit, la refermant derrière elle tout doucement. Il s'est mis dans l'un des deux seuls box, le seul qui se ferme encore à clé, là où elle s'est fait jouir la veille avec du monde à côté ; les pissotières sont vides.
Aussi discrète qu'un félin, elle arrive devant la paroi en bois usé. Elle écoute, entend ses petits râles de mâle, les bracelets de son poignet s'entrechoquer. Elle est convaincue qu'il se masturbe et elle en sourit. Elle pourrait en rester là, ayant déjà la réponse à sa question. Mais sa chatte vibre intensément ; ses démons sont en effervescence.
Elle aimerait voir cette main branler ce membre. Elle se l'imagine dans les moindres détails, ses doigts glissant à nouveau sur sa vulve. Son string la dérange, lui est devenu insupportable. Elle le baisse jusqu'à ce qu'il tombe à ses pieds. Elle reprend ses caresses intimes à quelques centimètres de Lucas qui s'offre son plaisir en pensant à elle.
Elle sait que si quelqu'un arrivait à cet instant, il la surprendrait avec ses seins sortis du décolleté, sa main fouillant son entrejambe. Le risque que cela arrive est grand, et est aussi un moteur dans son excitation qui ne cesse de s'amplifier.
À ces pensées, un gémissement soudain sort de sa gorge, audible, fort. Elle prend peur et se précipite à la sortie alors qu'elle entend derrière elle le box s'ouvrir. Elle espère ne pas avoir été vue en remettant rapidement en place ses vêtements, réalisant qu'elle en a perdu un dans son évasion. Elle tente de contrôler son souffle lourd et saccadé en croisant d'autres personnes, honteuse, la tête baissée, son sac contre sa poitrine. Elle cherche à se ressaisir, à reprendre ses esprits. Elle a besoin d'air, de respirer. Elle retourne dans la cour avant que le prochain cours ne débute.
Le visage levé vers le soleil, les paupières baissées, la bouche entrouverte, elle se calme doucement en profitant des rayons qui chauffent sa peau.
— Tu as oublié un truc, et il est trempé.
Elle sursaute en entendant la voix de Lucas juste à côté d'elle. Elle ouvre les yeux et voit son string se balancer devant son visage, qu'il tient du bout des doigts. Elle se met à rougir, sachant qu'elle a été démasquée, sa vulve se contractant en même temps qu'une chaleur immense envahit son ventre. Hésitante :
— Ce n'est pas à moi.
— Vraiment ? Qu'est-ce que tu faisais dans les chiottes, petite voyeuse ?
— Je ne sais pas de quoi tu parles. Tu te fais des idées.
Elle cherche à fuir pour se cacher et essuyer les gouttes de cyprine qui commencent à ruisseler le long de l'intérieur de ses cuisses de peur qu'il s'en aperçoive. Elle pousse un petit cri alors qu'il lui attrape le poignet, la bloquant. Elle s'imagine qu'il la plaque contre un mur et qu'il la force pour un coït bestial, fantasmant d'un coup sur cette queue qui coulisse avec vigueur en elle avant de se décharger.
— Tu mens très mal.
La tête baissée, elle se tourne vers lui. Se sentant vulnérable comme une petite fille, les joues en feu, elle regarde cette main qui la tient, cette main qui devait être sur sa verge quelques minutes plus tôt. Cette main chaude qui lui fait du bien.
— Ça… Ça reste entre nous, d'accord ? T'en parles à personne ?
— C'était donc bien toi ?! J'avais un doute, en fait. On pourrait se trouver un coin tranquille pour s'amuser. T'en penses quoi ?
— J'en pense que je suis mariée et que je suis fidèle. Vraiment désolée.
Ce dernier mot est sincère car elle aimerait également. Elle a besoin de sexe, de luxure. Elle a besoin de voir un membre dur bandé pour elle. Elle le voudrait sur sa langue, dans son corps, le sentir palpiter en elle jusqu'à l'explosion.
— Ça fait chier, mais ok, je comprends. Il reste dix minutes avant la reprise des cours. On pourrait juste se regarder, non ? Je ne suis pas allé jusqu'au bout. Avoue que tu as envie de voir, vu l'état de ton string et tu sens le cul à plein nez.
Elle lève la tête et ose enfin poser ses yeux dans les siens. Puis, dans un moment d'hésitation, de peur qu'il arrive à lire dans ses pensées, elle les baisse et tombe sur cette forme dans le pantalon, ce sexe toujours bien dur lui prouvant qu'il dit la vérité. Elle a envie de le voir. Il n'y a presque plus que cette verge qui monopolise ses pensées.
D'une voix éteinte, mais dont l'intonation n'arrive pas à cacher cette envie puissante, se sentant soumise entièrement avec cette main qui entoure toujours son poignet, l'autre qui tient son sous-vêtement tâché de ses propres sécrétions :
— On se regarde juste sans se toucher, c'est bien ça ?
— Promis.
À nouveau, leurs regards se croisent. La respiration de Priscilla est lourde. Ils se sourient un instant. Elle se laisse entraîner sans tenter de résister. Ils vont jusqu'au bout du parking extérieur désert de toute personne. À peine cachés par un arbre, elle l'incite fortement à ouvrir son pantalon, impatiente de découvrir la bête. Sans s'en rendre compte, comme par réflexe, elle passe sa langue sur ses lèvres en suivant le mouvement des mains de l'homme qui va s'exhiber dans quelques secondes.
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Commentaires ()
Je ne sais pas comment tout ça va finir, mais elle devrait bien s'entendre avec Pauline 😏.
J'ai compris le sous-entendu avec Pauline. 😤