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✦ Exigeant 4h47 XSTORY
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

4h47 — Chapitre 2 · Chapitre 1 - l'écrit

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Ce qui frappe d'emblée, c'est la précision chirurgicale de la narration : chaque détail compte, chaque silence est habité, et on perçoit tout sans que rien ne soit dit trop franchement. La phrase « elle avait transformé son bandeau en armure » résume à elle seule toute la psychologie du personnage féminin, et ça, on ne l'oublie pas. Le désir monte sans jamais se montrer, et c'est justement ça qui retient.

4h47

Chapitre 2 · Chapitre 1 - l'écrit

La feuille pliée en deux
C'est là que ça a basculé — pas comme il l'avait prévu. Il avait imaginé l'épreuve du bandeau comme une épreuve : la privation, la dépendance, la crainte. Ce qui s'est passé, c'est autre chose. Après dix minutes de malaise, elle s'est mise — très simplement, très profondément — à se laisser aller. Elle qui vérifiait tout : elle ne pouvait rien vérifier. Elle qui réglait tout : il n'y avait plus rien à régler. Il la voyait, verre après verre, descendre dans une sorte d'apesantement, ses phrases redevenir celles de l'écrit, celles de 4h47, plus libres, plus basses parfois, comme prises à la gorge d'elles-mêmes. Le bandeau avait cessé d'être un obstacle. Il était devenu une enveloppe. Une protection. Elle s'était blottie dedans comme dans le seul lieu au monde où l'on ne puisse pas la juger, parce qu'on ne peut pas la voir.
Et c'est là qu'il a senti l'échec.
Elle allait trop bien. Elle était trop bien, là, les yeux bandés, dans son fauteuil — à l'abri. C'était elle qui avait trouvé la faille du jeu : tant qu'elle ne voyait rien, elle n'avait rien à soutenir. Il comprenait, avec une espèce de fierté fâchée, qu'elle était plus forte que le dispositif — qu'elle avait transformé son bandeau en armure.
Il lui a dit alors, très calmement :
— Je voudrais que vous passiez dans la pièce à côté. Je vous y laisse seule, le temps qu'il vous faudra. Vous retirerez vos sous-vêtements, vous garderez tout le reste. Et pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté possible entre nous — vous me les remettrez, dans ma main, bandeau sur les yeux.
Elle n'a rien dit.
Le silence a duré ce qu'il faut pour que deux personnes entendent très fort leur propre sang.
— Vous êtes libre de dire non, a-t-il ajouté. Vous êtes libre de partir. Vous êtes libre de retirer le bandeau. Vous savez tout ce que vous êtes libre de faire. Je vous demande seulement de le savoir avant de répondre.
Elle a eu un rire très court, sans joie, qui lui est sorti comme une apostrophe de son ancienne voix :
— C'est précisément ça le problème. Vous me laissez toutes les portes ouvertes, et du coup je ne sais plus laquelle est celle qu'on garde fermée.
Il a attendu.
Elle s'est levée. Elle a tendu la main devant elle, pour être guidée, et ce geste-là — la main tendue, le poignet offert — il a su qu'il ne l'oublierait pas. Il l'a conduite à la porte de la pièce voisine, et il a eu la cruauté douce, avant de s'écarter, de lui effleurer le dos de la main avec le dos des siennes, pour qu'elle sache exactement où il était, et qu'il s'en allait.
Il a refermé la porte sur elle et il s'est assis, et il a écouté.
C'est le moment du récit le plus difficile à écrire, et pourtant il n'y a rien à écrire : une porte, et de l'autre côté, une femme qui décide. Il a entendu le bruit de ses talons sur le parquet, puis plus rien. Puis un très long silence, entrecoupé de ces petits bruits de tissu que l'on croit inaudibles et qui, de l'autre côté d'une porte, déchirent. Elle a eu le temps de partir. Elle a eu le temps de se raviser dix fois. Il sentait sa propre pulsation dans les doigts, comme elle, il l'a su plus tard, sentait la sienne dans sa gorge.
Elle a mis longtemps. Il ne lui a jamais demandé combien de temps exactement — elle lui a dit, un jour, avec ce sourire en coin qu'il commençait à connaître : « Comptez vous-même. J'étais dans le noir. Le temps ne passe pas pareil, dans le noir. »
De sa place, il n'avait que des bruits. Il ne savait pas — comment saurait-il — ce qu'elle retirait, dans quel ordre, de quelle main. Il avait ce que donnent les portes : des froissements de tissu, entrecoupés de silences ; un petit claquement qu'il n'identifia pas et qu'il n'essaya pas d'identifier, parce que le non-savoir est un luxe qu'il savait goûter ; puis un silence très long, très dense, le pire de tous, celui où l'on n'entend plus rien du tout et où l'esprit fabrique. Elle était là, derrière le bois, en train de faire quelque chose d'elle-même, et il ne saurait jamais dire quoi, ni comment, ni à quel point — et c'est bien ce silence-là qu'il écoutait, plus que les bruits : le silence d'une femme qui se décide.
Il savait seulement — et il le savait, celui-là, par expérience des femmes de parole — qu'elle était tellement occupée par sa situation qu'elle avait tout à fait oublié le papier. Elle ne pensait plus au test, au coussin, au pli en deux, à rien : elle ne pensait qu'au geste d'après, à la main ouverte, à ce qu'il faudrait de courage pour sortir par cette porte. C'est précisément pour ça que les femmes dans ces cas-là n'entendent plus rien : elles sont tout entières dans l'instant qui vient. Il le savait. C'est même, dira-t-il plus tard, ce qu'il attendait d'elle — qu'elle fût assez à elle-même pour lui laisser la place.
Il fit d'abord ce qu'il fallait pour qu'elle crût le contraire. Il s'approcha de la porte de la salle de bain, et il s'y installa — bruyamment, si l'on peut dire : il posa sa paume à plat sur le bois, fit craquer un peu le parquet sous son poids, se racla tout doucement la gorge, tous ces petits signes d'un homme resté accolé à la porte, à un cheveu d'elle, guettant le moindre froissement — un geôlier attentionné. Il laissa sa présence sur la porte comme on laisse une lampe allumée : pour qu'elle s'y fie. Puis il retira sa main, et il s'éloigna — sur la pointe des pieds, comme il savait marcher, lui qui écrivait des silences à l'écrit.
Le coussin. La feuille. Pliée en deux, docile, exactement où elle l'avait mise — et ce simple fait lui fit quelque chose qu'il n'avait pas prévu : elle avait fait ça bien. Elle avait fait ça comme elle faisait tout : proprement, d'avance, pliée une fois dès le laboratoire, sans froisser, sans froisser non plus l'usage. Il souleva le coussin sans un bruit, prit la feuille, et le pli fit le reste : elle s'ouvrit à plat, docilement — et il jeta sur le document son œil de lynx : trois secondes, tout balayer.
Dans son dos
L'en-tête du laboratoire. La date — récente, bonne. Les lignes. VIH : négatif. Le reste — les valeurs, les abréviations, ce patois de laboratoire qu'on ne lit pas mais qu'on balaye — tout y était, en bonne et due forme, sans aucune mauvaise surprise. Rien à redire. Elle était saine, dépistée, à jour, et cette santé-là, il la tenait sous les yeux en trois secondes — cette santé qu'elle avait été chercher seule, dans un laboratoire, pour lui, pour un soir qu'il n'avait pas eu besoin d'annoncer, et dont elle avait, à cet instant même, tout oublié derrière une porte, à s'écouter vivre.
Il referma la feuille sur son pli d'origine, la reposa sous le coussin, bien à plat, dans le coin du capitonnage, à sa place, et redéposa le coussin sans un pli de plus, sans que rien dans la pièce ne dît que quelqu'un avait jamais soulevé quoi que ce soit. Puis il regagna la porte de la salle de bain — et il y redevint ce qu'il n'avait pas cessé d'être à ses yeux : la paume sur le bois, un petit raclement de gorge, l'homme resté là, sans faute, accolé à la porte, qui n'avait rien vu, rien touché, rien su, et qui attendait sa femme de parole.
Elle n'a rien su. Elle ne saura jamais — sauf s'il le lui écrit, un jour, dans une lettre qu'elle ne pourra pas déplier sans se souvenir de ce pli en deux.
Et c'est avec cette certitude-là — sa santé vérifiée dans son dos, son secret violé sans qu'elle le sache, et la fausse présence à la porte qui l'avait couverte — qu'il écouta, l'oreille contre le bois, la suite des bruits et des silences dont il ne saurait jamais rien, jusqu'à ce que sa voix vînt :
— Je... je voudrais vous rejoindre.
Elle est entrée dans la pièce, bandeau sur les yeux, habillée. Décence parfaite. Rien à voir, absolument rien à voir — et c'est justement pour ça qu'il n'a jamais rien vu d'aussi dénudé.
Elle s'est assise face à lui, et ses deux mains sont restées derrière son dos.
Il y a eu un moment où il a douté. Elle tenait ses mains cachées, l'une sur l'autre, dans le creux des reins, avec une application si étrange qu'il a pensé : elle n'a pas joué le jeu, elle a gardé ses dessous, elle va me tendre une chose et pas l'autre, elle garde une porte — et il a eu, pendant une seconde, une déception presque affectueuse. Puis il a regardé de nouveau. La nuque. L'arc des épaules. Le menton tenu trop haut, maintenu, ce léger tremblement de la mâchoire qui ne se commande pas. Quelque chose avait changé dans la manière qu'avait son corps d'habiter ses vêtements, comme si le tissu était devenu plus mince, ou sa peau plus proche. Elle était tendue à fleur de peau, et pourtant il ne voyait rien — rien de visible, rien d'indécent, rien que la décence même.
— Vous avez joué le jeu ?
Elle n'a pas répondu. Pas par calcul : elle ne pouvait plus. Il a vu ses lèvres s'ouvrir et ne rien produire, cette femme qui avait des mots pour tout, qui en avait trop — interdite, suspendue, exactement comme au tout premier fil de discussion, quand il lui avait écrit une phrase qu'elle avait relue onze fois avant d'y répondre.
Il n'a plus eu de doute.
— Tendez-moi la main.
Elle a rougi — de tout le corps, il l'a su au front, à la base du cou, à cette vague cramoisi qu'il voyait monter depuis ses clavicules et qu'elle ne pouvait pas voir elle-même. Elle a tendu le bras, la main fermée, et il a posé sa paume ouverte dessous, sans refermer les doigts, pour ne rien presser d'elle.
Elle a ouvert la main.
Ce n'était pas de la soie, et il l'a su avant même de refermer les doigts. Un soutien-gorge, d'abord — et puis, déposé dans sa paume ouverte juste après, le tanga. Elle avait gardé la main tendue trop longtemps, ce qui était déjà une réponse ; et quand il a pris le second objet, il l'a su au poids, à la texture, au moelleux de l'étoffe : ce n'était pas sec. Il a laissé sa main se refermer lentement, sans commentaire, et il y a eu ce moment — elle ne l'a pas vu, elle ne verra jamais ça — où il a porté le tanga à son nez, très tranquillement, fermant les yeux, humant l'entrejambe doux, chaud et humide, ce parfum délicat et âcre à la fois de femme qui se ment depuis des heures sur ce qu'elle est venue chercher ; et il l'a même effleuré des lèvres, pour goûter, comme on goûte un vin dont on vient de lire l'étiquette. Il l'a fait sans honte et sans geste inutile, avec l'application d'un homme qui vérifie une donnée : elle était prête depuis la sortie du taxi. Peut-être depuis la veille. Peut-être depuis l'écrit.
Il a reposé le tout sur la table basse, entre eux, comme des pièces à conviction, et il a dit très bas, sans ironie aucune :
— Merci.
Elle a eu ce mouvement d'épaules, très léger, qui veut dire tant de choses à la fois.
Et c'est là que s'est produit le plus étrange. Il ne la voyait pas autrement qu'à son arrivée : habillée, correcte, sans un bouton de défait. Rien, dans le champ du regard, n'autorisait rien.
Mais elle — elle se tenait comme une femme surprise sans voile. Comme si la décente évidence du vêtement n'opérait plus que pour lui, et qu'elle, de l'intérieur, venait de subir l'équivalent exact d'un déshabillage intégral, avec cette différence qui changeait tout : que ce n'était pas le regard qui l'avait mise à nue, mais sa propre main. Il n'avait rien pris. Elle s'était déshabillée elle-même, dans une pièce voisine, à voix basse, dans le noir de son bandeau, et lui en avait remis le produit — tiède — comme on signe.
Il souriait, et il n'était pas fier de sourire, et il souriait quand même.
Il lui a laissé quelques minutes. Reprendre un verre, laisser le sang refluer, rendre le temps à sa vitesse normale. Elle buvait à petites gorgées, très droite, en train de refaire à l'envers le chemin qui l'avait menée là. Il a attendu qu'elle fût revenue tout à fait à lui — il voyait le moment, à ses mains qui se remettaient à bouger, à sa façon de tripoter le bord du bandeau, elle qui ne se touchait jamais les cheveux en public.
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Chapitre 3 · Chapitre 1 - l'écrit
Ils ne se sont jamais vus. Ils se connaissent par leurs nuits à l'écrit — des phrases, des aveux, une intimité construite dans le noir des écrans. Ce soir, pour la première fois, ils sont dans la même pièce. Elle porte un bandeau sur les yeux. Il lui propose de le découvrir comme une non-voyante découvre un visage : avec les mains, sans se presser. Entre eux, la frontière entre lire et toucher, entre écrire et ressentir, est sur le point de se franchir — et chaque geste pose une question que les mots, seuls, ne suffisaient plus à formuler.
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