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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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4h47 — Chapitre 1

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Exigeant
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4h47

Chapitre 1

4h47 — Préambule
À celle qui lit à 4h47
Ce livre s'est passé. Il se passe encore, quelque part, ce soir — 4h47 est une heure qui appartient à beaucoup de femmes, et chacune croit être la seule. Vous voudrez peut-être sauter des chapitres, vérifier la fin, regarder ce qui vous attend avant d'y entrer. Elle aussi vérifiait tout. Vous saurez à la première page ce que ça lui a coûté. Lisez dans l'ordre. Personne n'entre dans une nuit par la fenêtre. Si, en tournant les pages, une phrase vous fait rougir de tout le corps — c'est que le livre parle de vous. Personne d'autre ne le saura. C'est notre clause.
………
4h47 — L'écrit
1. — L'heure exacte
Ce qui suit s'est passé. Les noms et les lieux ont été modifiés.
… … …
Elle est arrivée un mardi, en fin d'après-midi, à l'heure exacte qu'il avait dite. Pas en avance — elle n'était pas le genre à arriver en avance, ça eût été un aveu — et pas en retard, ce qui eût été une manœuvre. À l'heure. Il a su plus tard qu'elle avait fait le tour du pâté de maisons deux fois avant de sonner, et qu'elle avait failli repartir après le premier tour. Elle le lui a dit d'une voix très calme, des semaines après, comme on rapporte un détail sans importance.
Ils se connaissaient depuis des mois. Pas comme on dit qu'on se connaît. Ils s'étaient rencontrés là où l'on ne se rencontre pas, un soir d'insomnie, sur un fil de discussion sans importance, et ils n'avaient plus lâché. Des nuits entières, à l'écrit. De lui, elle savait la façon qu'il avait de couper une phrase avant la fin. D'elle, il savait l'heure exacte où elle cessait d'être celle qu'elle était en journée — 4h47 — et ce qu'elle devenait à cette heure-là, quand plus personne ne la regardait. C'était déjà beaucoup. C'était même, peut-être, la seule chose qui comptât.
Elle menait d'ailleurs une vie qu'elle aurait appelée, sans ironie, une belle vie — du moins l'aurait-elle appelée ainsi il y a encore un an. Deux enfants — un garçon, une fille, des prénoms qu'elle avait choisis seule et défendus contre tous — qu'elle avait portés, nourris de son corps, allaités nuit et jour pendant des mois, sevrés à regret. Depuis quelques mois, la maison s'était coupée en deux : une séparation en cours, pas encore signée, le notaire attendait les dates comme on attend la fin des pluies — et les enfants vivaient chez elle une semaine, chez leur père l'autre. La garde alternée, on lui avait dit, c'est ce qu'il y a de mieux pour eux ; elle le croyait, elle le vérifiait, elle tenait le planning comme on tient une digue.
Les semaines pleines : les plantes arrosées le dimanche matin, en commençant par le ficus, mais seulement après les crêpes ; le café pris debout avant six heures, avant le réveil des enfants, la seule demi-heure de la journée qui fût à elle, entière ; les cartables vérifiés le soir, les dents comptées, les histoires du soir lues jusqu'au bout parce qu'on ne coupe pas une histoire. Les semaines creuses : le même appartement, les mêmes horaires, la maison trop grande et trop calme, le lundi où les petites chaussures manquent dans l'entrée comme deux trous dans la journée. Leur père restait correct, ponctuel, jamais en retard, jamais en avance — ils s'étaient quittés à froid, comme ils avaient tout fait, et elle n'avait rien à lui reprocher : c'est peut-être ça, le pire qu'elle avait à lui reprocher. Au travail, on l'attendait, son avis faisait loi, les dossiers difficiles finissaient sur son bureau et elle les ouvrait le matin comme on ouvre les fenêtres. Sa mère, le dimanche soir, toujours la première à raccrocher ; sa sœur deux fois par mois, pour rire de ce qui ne se dit pas. Rien ne lui manquait, ou presque. Elle le disait encore, avec ce petit sourire de contentement qui voulait dire merci la vie — et qui voulait aussi, mais elle ne le savait pas encore, dire : rien ne me traverse.
Car c'était ça, son secret à elle, le seul qu'elle ne se fût jamais avoué : les semaines creuses, rien ne lui arrivait. Elle avait connu les grands bouleversements, évidemment — la grossesse, les nuits sans sommeil, la séparation — mais tout cela, c'était donner : donner le corps, donner les nuits, donner les années. Le don l'avait vidée de la demande : elle ne savait plus demander, elle ne savait même plus qu'on pût lui donner quelque chose. Et depuis la séparation, les semaines creuses avaient un nom d'horloge : 4h47. L'heure où l'appartement ne répond plus. L'heure où le plafond devient l'inventaire de tout ce qui tient et de tout ce qui manque — le côté gauche du lit, les petites chaussures de l'entrée, la signature qui attend ses dates chez le notaire, la vie d'avant qui ne reviendra pas parce qu'elle n'en veut pas, mais qui laisse son silence comme un locataire. À 4h47, l'empire dormait et ne la gouvernait plus ; il ne restait qu'elle, au milieu de sa compétence, à chercher, sans jamais le nommer, ce qui la prendrait — elle, toute entière, sans préavis et sans son consentement d'avance. Elle qui avait été prise deux fois par les enfants — le corps retourné, les seins douloureux, la nuit confisquée — et qui avait appelé ça le bonheur, à juste titre. Mais le bonheur ne demande pas la permission non plus ; et depuis qu'elle dormait seule, personne, plus personne, n'était entré en elle sans frapper.
Quand il lui avait proposé de venir, elle avait dit oui vite, trop vite pour quelqu'un qui réfléchit autant, et puis elle avait eu peur. Le soir même, il lui avait écrit le nom d'un hôtel, un étage, un numéro de chambre — et son nom, en échange d'une seule condition.
Qu'elle entrât dans la chambre, les yeux bandés.
2. — Devant la porte
Elle avait relu le message plusieurs fois, comme on relit une ordonnance dont on espère qu'elle dit autre chose. Elle aurait dû refuser. Elle savait qu'elle aurait dû. Elle qui vérifiait les taxis, les comptes, les hommes, les serrures — accepter d'entrer, aveugle, dans la chambre d'un inconnu dont elle ne connaissait que la ponctuation. Elle avait vérifié l'hôtel, évidemment — l'adresse, le quartier, les photos du site, les sorties ; mais une chambre louée ne se vérifie pas, et c'est bien pour ça qu'il l'avait choisie : rien dans ces quatre murs ne lui donnerait de prise sur lui. Elle en avait eu des sueurs, des retours de pensée au milieu de réunions, une nuit entière à le savoir sans se l'avouer : cette condition-là, posée ainsi, à froid, par écrit, était la raison pour laquelle elle venait. Il ne lui demandait pas sa beauté, ni sa docilité, ni rien de ce qu'on demande d'habitude. Il lui demandait la seule chose qu'elle ne donnait jamais : sa confiance, avant preuve. Elle s'était dit que c'était déraisonnable. Puis elle s'était dit que c'était la première chose raisonnable qu'on lui demandait depuis des années, parce que c'était la première dont elle pouvait mesurer, elle-même, tout le prix.
Elle avait acheté le bandeau dans une pharmacie, à l'autre extrémité de la ville — ce bandeau de repos qu'on vend aux insomniaques — pour qu'on ne la connaisse pas.
Et le mardi arriva — un mardi de semaine creuse, les enfants chez leur père, l'appartement rendu au silence, le lit trop grand — et elle fit ce qu'elle avait décidé : elle prit le taxi comme on passe une douane. Elle vérifia l'identité du chauffeur, la plaque, le trajet — vieille habitude, trois secondes — et le taxi partit, et sa vie entière resta sur le trottoir, debout : les plantes, les cartables du lundi prochain, la mère qui raccroche la première, les deux prénoms qu'elle avait choisis seule et défendus contre tous, tout son monde chaud, propre, vérifié — et elle dans la voiture, emportée vers l'hôtel, sans rien pouvoir vérifier de ce qui l'attendait. Ce n'était pas de la peur, ce qu'elle sentait : la peur, elle la connaissait — accoucher, c'est ça aussi, la peur qui travaille et qui accouche — et elle l'avait faite deux fois, cette peur-là, sans anesthésie pour la seconde. C'était autre chose, de plus ancien et de plus candide, qui lui serrait la poitrine au rythme des feux rouges : la sensation, très exacte, de quitter son monde pour entrer dans un autre — un autre où ses lois ne comptaient plus, où l'exactitude ne servait à rien, où même le fait d'avoir tout donné sa vie entière ne la protégerait pas d'être, ce soir, à qui on demanderait. Elle qui n'avait jamais rien demandé à personne était en route, droite, ponctuelle, rouge de tout le corps — vers ce que 4h47 lui promettait depuis des mois sans jamais le dire : quelque chose qui ne se demande pas. Quelque chose qui arrive.
Quand elle a sonné, il a eu ce petit serrement — lui aussi. Elle a toujours nié, mais il est certain qu'elle a entendu quelque chose dans sa voix, parce qu'elle a dit, derrière la porte, avant qu'il ouvre :
— C'est moi. J'ai joué le jeu. Vous pouvez ouvrir.
Elle portait le bandeau déjà, quand il a ouvert — et il a compris à sa voix qu'elle venait de le mettre là, devant sa porte. Elle avait traversé le hall les yeux libres, l'hôtel entier les yeux libres — le trajet, l'ascenseur, le couloir aux moelleuses tapisseries, une femme comme les autres, une femme qui se rend à un rendez-vous parmi mille autres, indiscernable, correcte — et elle avait compté les portes, bien sûr, elle comptait toujours, c'est plus fort qu'elle, trois de la gauche, la quatrième au bout — et puis sa main avait rencontré le bon numéro, celui qu'elle connaissait par cœur depuis des semaines, et elle était restée là, devant, un moment qui lui parut long comme une vie. Elle qui vérifiait tout, tout le temps, depuis toujours : pour une fois, elle ne pouvait plus rien vérifier. Ce qui l'attendait de l'autre côté du panneau ne se lisait sur aucune fiche. Alors elle a fait la chose la plus douce et la plus folle de sa vie : elle a sorti le bandeau de son sac — ce bandeau de pharmacie, acheté pour qu'on ne la connaisse pas — et elle s'est bandée, debout dans le couloir, seule, au dernier endroit où reculer était encore possible. Pas dans l'ascenseur, où l'aveuglement eût été un piège — ici, sur le seuil, pour que ce fût un choix. Le cœur si fort qu'elle l'entendait dans le bandeau. La dernière chose qu'elle a vue de la journée, c'était un numéro de porte ; et elle a voulu que ce fût ça — l'image la plus banale du monde, fermée comme un couvercle sur tout ce qui allait suivre. Puis elle a levé la main, et sonné. Le bandeau, mal fait, plié en hâte, une étoffe qu'il a reconnue au toucher sans savoir pourquoi. Elle a tendu la main dans l'entrebâillement de la porte, d'une façon si naturelle et si raide à la fois qu'il n'a jamais pu l'oublier depuis. La main d'une femme qui ne demande rien et qui en demande infiniment.
— Vous êtes libre de le retirer à tout instant, a-t-il dit en refermant la porte. Le jeu veut seulement que vous le gardiez le plus longtemps possible.
— Je sais. Vous me l'avez écrit.
Il y avait, dans sa voix, un accent qu'il n'avait jamais lu chez elle à l'écrit.
Elle avait prévu de rester une demi-heure. Elle avait prévu de tout contrôler — le sujet de conversation, la longueur du verre, l'heure de la fuite. Elle avait répété. Et dès les premières minutes, il y a eu ce malaise prévu, cette pression dans la pièce, ce stress qui montait par vagues dès que le silence durait deux secondes de trop : et il a vu, avec une netteté presque douloureuse, tout ce que ça lui coûtait. La nuque raide. Les mains posées à plat sur les cuisses comme pour les y tenir. Cette façon qu'elle avait de tourner légèrement la tête vers les sons, avec une précision animale, et de se détourner dès qu'il s'approchait, comme si la main qui guidait son verre vers la table pouvait la lire.
3. — Le refuge cartographié
Il lui a servi à boire. Il lui a mis le verre dans la main, et ses doigts ont frôlé les siens, et elle a eu ce mouvement infinitésimal de retrait — pas de dégoût, non : de prudence, comme si le contact avait eu lieu sur une peau plus fine que la sienne.
Puis il a vu l'autre chose, celle qu'il n'avait pas prévue : elle ne savait pas où elle était. Non pas au sens de l'adresse — au sens le plus simple, animal : elle ne pouvait pas se situer dans l'espace. Le verre bu, elle était restée figée dans son fauteuil, ne se permettant pas le moindre mouvement vers l'avant, les deux mains bien posées sur ses cuisses, comme une passagère à qui l'on a attribué un siège. Elle, qui cartographiait tout, qui repérait les sorties, qui vérifiait : elle était ici, dans une pièce dont elle ne connaissait ni la taille, ni les meubles, ni les distances, ni où était la porte derrière elle. Et c'était intenable pour elle — il l'a vu à la pointe des pieds, qui ne se reposaient pas à plat, à cette inquiétude de repères qu'elle croyait cacher.
— Levez-vous, a-t-il dit. Vous ne pouvez pas vivre dans une pièce que vous ne connaissez pas. Je vais vous la donner à connaître.
Il a pris sa main — la première fois, une main entière dans la sienne, elle le nota — et il l'a guidée, objet après objet, à reconstruire toute la pièce par le toucher. La chambre était spacieuse, une de ces chambres d'hôtel qui tiennent du studio : il fit courir ses doigts d'abord sur le rebord de la table basse, en bois sombre, l'angle, l'autre angle, « voilà la table, vous y posez votre verre ». Puis le fauteuil où elle était assise, le second fauteuil en vis-à-vis, l'écart exact entre les deux — « vous êtes là, je serai là ». Le dossier du lit, large, haut, le drap, l'oreiller qu'elle effleura une demi-seconde de trop et retira. Les dimensions de la pièce, il les lui donna en la faisant marcher, une main dans la sienne, d'un mur à l'autre, en comptant ses pas à voix basse. Enfin la porte de la salle de bain, la grande salle de bain attenante, séparée par une vraie porte qui ferme — et là il posa sa main sur la poignée, la fit peser, tourner : « Celle-ci ferme à clé. Vous savez désormais ce qui existe, et ce qui sépare. »
La visite dura de longues minutes. Elle posait des questions de méthode, il répondait par les objets. Et quelque chose s'est fait pendant cette visite, qu'il n'a pas vu se faire : en lui redonnant l'espace, il lui avait donné un territoire au noir — et mieux qu'une maison : une chambre d'hôtel, ce qui n'est à personne, où aucun meuble ne parle de la vie d'un homme. Elle savait désormais où tout était. Elle pourrait s'y mouvoir, s'y repérer, s'y tenir — sans lui, sans les yeux. La pièce n'était plus un piège : c'était devenu son territoire. Son refuge cartographié.
La visite touchait à sa fin quand, sans transition, il lui a tendu deux choses.
— Votre sac est à l'entrée, dit-il. Prenez-le. Voici le coussin du fauteuil où vous êtes assise. Je vais me tourner vers la fenêtre. Vous avez tout le temps nécessaire.
Elle avait mis une seconde à comprendre — puis la phrase d'écrit lui était revenue, entière, dans le noir : le moment venu, glissez-le sous le coussin, sans que je m'en rende compte.
Le voilà, le moment. Et la voilà, la machinerie : il lui remettait son sac, il lui remettait le coussin, il lui offrait son dos tourné, la décence même — et cette décence était le traquenard. Parce que le coussin dans ses mains, c'était son fauteuil, donc son assise, donc elle ; et que faire glisser un document de laboratoire — ce papier peuplé d'abréviations et de valeurs seuils, cette preuve qu'elle s'était fait dépister, seule, pour un homme, en prévision de ce qu'il n'avait même pas annoncé — c'était signer sa situation entière d'offerte et de vulnérable, dans le dos de l'homme, de sa propre main, sans témoin, sous son propre corps pour sceller.
Elle a pris le coussin. Elle a pris le sac. Il s'était déjà retourné.
Elle resta un moment immobile, le coussin contre elle — puis elle a fait ce qu'elle ne se serait pas cru faire : elle a ouvert le sac, en a sorti la pochette, en a sorti la feuille. Elle était déjà pliée en deux — elle l'avait pliée ainsi dès le laboratoire, une fois, proprement, comme on plie un document que l'on veut prêt à être ouvert, et non froissé dans une poche. Ce pli-là, c'était presque une décence : la feuille ne ferait aucun bruit à manipuler, aucun craquement de papier neuf ; elle s'ouvrirait d'elle-même, à plat, docilement, entre des mains qui la cherchent. Elle n'a pas repensé à cette phrase. Pas encore.
Elle a glissé la feuille sous le coussin, telle quelle, pliée en deux, bien à plat, dans le coin du capitonnage, là où nul regard ne la trouverait qu'à la chercher — en retenant son souffle pour ne rien trahir de ses gestes : pas un froissement, pas un frottement de tissu, pas un raclement d'ongle, toute la pièce avait des oreilles, et l'homme face à la fenêtre aussi, même dos tourné, surtout dos tourné. Puis elle s'est rassise — sur le fauteuil, sur le coussin, sur le document — d'un geste naturel, de femme qui n'a rien à déclarer, qui a juste repris sa place, et qui s'est juste assise dessus. Le silence qui suivit fut le plus lourd de la soirée : chacun des deux savait ce que le fauteuil contenait, et ni l'un ni l'autre n'en dirent rien. Elle s'était assise, littéralement, sur la preuve qu'elle était venue offerte — et elle ne savait pas encore qu'elle resterait assise dessus toute la soirée.
La visite terminée, ils étaient revenus à leurs deux fauteuils, et c'est là qu'il a pris conscience de la chose, et la chose l'a fâché : elle avait construit sa bulle.
Puis il s'est tu, et il a laissé faire le temps.
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Chapitre 2 · Chapitre 1 - l'écrit
Il avait tout prévu : le bandeau, le silence, la pièce voisine, et cette demande précise — lui remettre ses sous-vêtements dans la main. Elle, qui règle tout et vérifie tout, se retrouve soudain sans prise sur rien. Entre deux portes et deux silences, une tension s'installe, conduite à voix basse, où chaque geste retenu pèse plus que ce qu'il montre. Ce qu'elle va choisir — et ce que cela révélera — reste encore à découvrir.
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