Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'apprenti boulanger — Chapitre 1
Auteur
L'apprenti boulanger
Chapitre 1
Le réveil strident de trois heures trente retentit dans l’obscurité du studio. Avant même d’ouvrir les yeux, la même lourdeur familière me plaque au matelas. C’est le côté vide du lit qui me le rappelle à chaque fois : je suis seul. Cela fait des semaines que nous sommes séparés, mais le fantôme de mon ex s’accroche encore à chacune de mes pensées. Je tends la main, prêt à attraper mon téléphone pour vérifier machinalement s’il a laissé un message, puis je me ravise. Non. Il faut que j’arrête.
Je reste allongé encore quelques secondes, les yeux grands ouverts dans le noir. Le silence de l’appartement est presque tangible. Pas de respiration régulière à côté de moi, pas de draps froissés par un corps qui bouge, pas de chaleur partagée. Seulement le tic-tac lointain de l’horloge de la cuisine et le souffle irrégulier de mon propre cœur. Je me force à me redresser. Les pieds touchent le carrelage froid. Un frisson me parcourt le dos. Je traverse la pièce à tâtons, évite la chaise que j’ai oubliée la veille, et pousse la porte de la salle de bain.
L’eau froide me frappe le visage. Je la laisse couler longtemps, les mains appuyées de chaque côté du lavabo, la tête penchée. Dans le miroir, mon reflet me regarde : cernes marquées, peau trop pâle, cheveux en bataille. Je me rase machinalement, enfile mon pantalon de travail, mon t-shirt blanc, mon sweat à capuche. Les gestes sont automatiques. Huit mois que je suis apprenti boulanger-pâtissier. Huit mois que je me réfugie dans la farine, le pétrissage et la rigueur de ce métier pour essayer de remonter la pente. Ce matin, pourtant, la routine semble plus fragile que d’habitude.
Dehors, l’air de la nuit est encore plus vif. Il pique les joues et les oreilles. La rue est déserte, les lampadaires projettent des cercles jaunes sur le bitume humide. Je marche d’un pas un peu trop rapide, comme si je pouvais laisser derrière moi les pensées qui tournent en boucle. L’immeuble de la boulangerie apparaît au bout de la rue, sa vitrine encore sombre, mais la lumière du laboratoire, au fond, brille déjà. Une lueur chaude, dorée, qui contraste avec l’obscurité environnante.
En poussant la porte de service, l’odeur me frappe en premier. Levure, beurre chaud, farine, un soupçon de vanille et de cannelle. C’est presque un câlin olfactif. Zach est déjà là, bien sûr. Il est penché sur le pétrin, les manches de sa chemise relevées jusqu’aux coudes, exposant ses avant-bras musclés et tatoués. Ses cheveux bruns sont encore un peu en désordre, comme s’il venait de se lever lui aussi, et son tablier épais souligne la largeur de ses épaules. Il lève les yeux quand j’entre, et son sourire familier s’étire, facile, un peu taquin.
— Salut Tyler. Prêt pour la fournée ? me lance-t-il de sa voix chaude, légèrement rauque à cette heure.
Je réponds d’un simple hochement de tête. Je range mon sac, enfile mon tablier, me lave les mains. Le geste est précis, presque rituel. Mais aujourd’hui, quelque chose coince. Mes doigts sont un peu engourdis. Quand je commence à peser le sucre pour les brioches, ma main tremble légèrement. Un nuage blanc s’échappe du bac et se répand sur le plan de travail. Je m’immobilise, les yeux fixés sur les grains qui brillent sous la lumière du néon. Les paupières me brûlent. Derrière moi, le pétrin tourne avec un bruit régulier, rassurant. Le four, déjà chaud, diffuse une chaleur qui devrait me détendre. Pourtant mon esprit dérive.
Je revois la dernière dispute. Les mots trop durs. La porte qui claque. Le silence qui s’installe ensuite, définitif. Je me force à reprendre le travail. Je verse le sucre, je pèse la farine, je prépare le levain. Mais mes gestes sont lourds, un peu maladroits. Je renverse un peu de beurre fondu. Je me corrige trop vite, presque sèchement. Zach, de l’autre côté du laboratoire, ne dit rien. Il continue à travailler, mais je sens son regard sur moi de temps en temps. Il a toujours eu cet œil attentif, même quand il feignait de ne penser qu’à la production.
Une heure passe. Peut-être plus. Les premières fournées de croissants et de pains au chocolat sont en train de lever. L’odeur devient plus intense, plus sucrée. D’habitude, c’est à ce moment-là que je me perds complètement dans le rythme : façonner, badigeonner, enfourner, sortir. Aujourd’hui, je flotte. Je regarde mon reflet dans la vitre du four et je ne me reconnais pas vraiment. Les épaules voûtées, le visage tiré. Zach s’approche. Sa présence est d’abord une ombre, puis une chaleur derrière mon dos. Une main ferme et rassurante se pose sur mon épaule. Je sursaute légèrement.
— Dis-moi, Tyler… Qu’est-ce qui ne va pas ce matin ? Ça fait un moment que je te vois flotter.
Sa voix est basse, presque douce. Pas le ton de patron pressé qu’il utilise d’habitude quand on est en retard sur une fournée. Je baisse les yeux, embarrassé. La fatigue et le trop-plein d’émotions finissent par l’emporter sur ma réserve.
— Je… Désolé Zach. C’est juste mon ex. On s’est séparés récemment et… je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. J’ai l’impression de tout rater en ce moment.
Il ne répond pas tout de suite. Il coupe le minuteur du pétrin, attrape deux mugs en céramique ébréchée, et verse un café bien chaud, noir et fort. L’odeur monte, amère et réconfortante. Il m’en tend un, puis fait un geste de la tête vers l’arrière-boutique, là où se trouve la petite table en bois contre le mur de pierre.
— Assieds-toi deux minutes, me dit-il doucement. On a le temps. La fournée est en cuisson. Raconte-moi.
Je le suis. La pièce est plus sombre, plus calme. On entend encore le ronronnement du four à travers le mur, mais ici le silence est presque protecteur. Je m’assieds. Zach s’assoit en face de moi, les coudes sur la table, le mug entre les mains. Ses yeux, d’habitude rieurs et un peu trop insistants, sont maintenant sérieux. Il me regarde vraiment. Pas comme le patron qui vérifie que l’apprenti ne fait pas d’erreur. Comme quelqu’un qui a remarqué.
Je parle. D’abord par fragments. La rupture. Les semaines qui ont suivi. Le lit trop grand. Les messages non envoyés. L’impression de stagner, de ne plus avancer ni dans mon apprentissage ni dans ma vie. Les mots sortent un peu en désordre, mais il écoute sans m’interrompre. De temps en temps, il hoche la tête. Une fois, il pousse le pot de sucre vers moi, un geste simple, presque anodin.
Quand je m’arrête enfin, la gorge un peu serrée, il reste silencieux quelques secondes. Puis il pose son mug et croise les bras.
— Tu n’es pas en train de tout rater, Tyler. Tu es juste en train de traverser quelque chose de dur. Ça arrive. Et ce n’est pas une raison pour te laisser manger par le silence de ton appart à trois heures du matin.
Sa voix est posée, presque grave. Il y a quelque chose de différent dans la façon dont il me regarde. Moins de distance. Moins de cette distance légère et flirteuse qu’il a toujours maintenue. Aujourd’hui, c’est autre chose. Une attention plus nette, plus proche.
Dehors, la nuit commence à peine à s’éclaircir. À l’intérieur, l’odeur du pain chaud continue de monter. Et pour la première fois depuis des semaines, je ne me sens pas tout à fait seul.
Zach prend une gorgée de son café, m’observant par-dessus la vapeur chaude. Son regard est doux, dénué de tout jugement. Il repose le mug avec un petit bruit sourd sur le bois usé de la table et se penche légèrement en avant, les avant-bras croisés.
— Écoute-moi bien, Tyler, dit-il d’un ton calme mais posé. Si ce gars n’a pas su voir ce qu’il avait sous les yeux, c’est que ce n’était pas le bon. Point final. Tu as vingt-quatre ans, tu es brillant, tu as toute la vie devant toi. Des mecs, tu en rencontreras d’autres. Que ce soit pour t’amuser un peu, profiter sans te prendre la tête, ou pour reconstruire quelque chose de vrai… Ne laisse pas cette rupture te faire croire que tu n’as plus d’avenir. Tu n’es pas cassé. Tu es juste en train de te remettre. Et c’est normal.
Ses paroles agissent comme un baume sur ma poitrine. Un poids énorme semble s’alléger d’un coup. L’air de l’arrière-boutique sent encore le café et la pierre froide, mais quelque chose de plus chaud s’installe entre nous. Je lui esquisse un petit sourire, le premier depuis des jours. Mes doigts se resserrent un instant autour du mug.
— Merci, Zach. Ça me fait du bien de l’entendre. Vraiment.
Il hoche la tête, un sourire en coin apparaissant enfin. Puis il tape dans ses mains avec un clin d’œil, l’énergie revenant d’un coup.
— Allez, debout. La pâte n’attend pas, et nos clients veulent des croissants, pas des larmes !
Nous reprenons nos postes respectifs. L’ambiance au laboratoire a changé. La chaleur du four est plus présente, l’odeur du beurre et de la levure plus enveloppante. Zach semble s’être donné pour mission de me faire oublier mes soucis. Il travaille avec une légèreté nouvelle, sifflant parfois entre ses dents, me lançant des regards en coin quand il passe près de moi.
Alors que je me penche sur la table de tourage pour abaisser le feuilletage, il s’approche sans un bruit. Son torse s’appuie fermement contre mon dos. Je sens d’abord la largeur de ses pectoraux, puis la chaleur de son corps qui traverse le tissu de mon t-shirt. Ses bras passent de chaque côté des miens. Ses mains, larges et un peu farineuses, viennent se poser directement sur les miennes pour empoigner le rouleau. Sa poitrine est collée à mon dos, son bassin juste contre le mien. Je sens même le battement de son cœur, régulier, un peu plus rapide que d’habitude.
— Regarde, il faut faire comme ça, Tyler, murmure-t-il juste contre mon oreille, sa voix basse et terriblement chavirante. En pâtisserie, tout est une question de rythme et de pression. Il faut savoir y aller avec une fermeté bien maîtrisée… Prendre son temps, bien assouplir la matière jusqu’à ce qu’elle devienne chaude et obéissante sous tes mains. Si tu vas trop vite sans humidifier, ça chauffe, ça craque et ça gâche tout le plaisir.
Chaque mot est prononcé lentement, presque caressé. Ses doigts pressent les miens sur le bois du rouleau, guidant le mouvement de va-et-vient. Je sens la solidité de ses cuisses contre les miennes. Une vague de chaleur me monte aux joues, mais un rire nerveux et amusé m’échappe malgré moi. Il se recule lentement, mais pas complètement. Sa main gauche glisse le long de mon flanc, descend jusqu’à mon bas-ventre, s’attarde une seconde de trop avant de se poser brièvement sur ma hanche.
— Bien. Continue comme ça.
Un peu plus tard, au moment de pétrir une nouvelle masse à la main sur le plan de travail, je m’y prends un peu mollement. La pâte est encore un peu ferme. Ni une ni deux, Zach revient se placer immédiatement dans mon dos. Il s’avance si près que je sens son souffle chaud dans mon cou, juste sous mon oreille. Ses mains, déjà poissées de farine, se glissent sur mes poignets. Il m’imprime un mouvement de va-et-vient appuyé, puissant, presque lentement sensuel, pour écraser la pâte contre le marbre.
— C’est ça… voilà le geste, me glisse-t-il à demi-mot tout en accompagnant mon bassin dans le mouvement. Il faut y mettre du cœur et du muscle. Tu prends à pleine main, tu étires bien au fond, et tu ramènes vers toi. Plus tu insistes avec énergie, plus ça devient souple et agréable. Tu sens comme ça s’ouvre sous la pression ? Comme ça se détend quand on insiste juste ce qu’il faut ?
Son torse est maintenant moulé contre mes épaules. Je sens la rigidité de ses abdominaux à travers le tissu, la chaleur de ses cuisses collées aux miennes. Son bassin suit le mien à chaque poussée. Mon cœur s’accélère sous la double pression de ses mots et de son corps. La pâte s’assouplit peu à peu, devenant élastique, brillante. Zach ne se retire pas tout de suite. Ses doigts restent un instant de plus sur mes poignets, puis remontent le long de mes avant-bras, laissant des traces de farine blanche.
Quand nous passons enfin à la préparation des éclairs et des choux, il reste à mes côtés, l’épaule contre la mienne, l’œil rieur. La poche à douille est déjà remplie de crème pâtissière tiède. Je m’apprête à fourrer le premier chou quand sa main se pose sur la mienne, la guidant.
— Tu hésites trop quand tu fourres tes choux, me taquine-t-il en glissant ses doigts entre les miens pour mieux tenir la poche. Il faut rentrer franchement, Tyler. Tu enfiles l’embout jusqu’au fond… tout au fond. Et tu presses fort, d’un coup sec, jusqu’à ce que la crème déborde généreusement sur les bords. C’est comme ça qu’on sait que c’est bien rempli et que ça va faire jouir les papilles. Si tu restes timide en surface, ça manque cruellement de gourmandise… et de plaisir.
Je secoue la tête, absolument médusé et hilare devant ces sous-entendus sans aucune ambiguïté. Un rire me secoue vraiment cette fois. Mais Zach n’en a pas fini. Il se place encore derrière moi pour le prochain chou, son torse collé à mon dos, une main sur mon ventre pour me stabiliser, l’autre guidant la poche.
— Plus profond, murmure-t-il contre mon oreille. N’aie pas peur de forcer un peu. Tu sens comme ça résiste au début, puis comme ça cède ? C’est exactement ça… Il faut remplir jusqu’à ce que ça déborde. Jusqu’à ce que tu sentes que c’est bien tendu, bien plein.
Sa main sur mon ventre s’est un peu abaissée. Ses doigts effleurent la ceinture de mon pantalon. Je sens la chaleur de sa paume à travers le tissu. Mon souffle se fait plus court. Quand il se relève enfin, il reste tout près, l’épaule contre la mienne, et me regarde avec un sourire de pure provocation.
Je me surprends alors à le détailler du regard. Le tissu de son tee-shirt est tendu sur ses pectoraux, légèrement humide de sueur à cause de la chaleur du four. Ses bras, puissants, sculptés par des années de pétrissage, sont encore farineux jusqu’aux coudes. Sa mâchoire est tannée, un peu rugueuse, et cette odeur envoûtante de sucre, de farine et d’eau de Cologne chaude émane de lui à chaque mouvement. Ses yeux rieurs me fixent, conscients de l’effet qu’il produit.
Jusqu’ici, Zach était juste mon patron sexy et un peu dragueur. Mais là, en repensant à la sensation de son corps collé au mien, à la pression de ses mains sur les miennes, à ses provocations de plus en plus osées, quelque chose bascule complètement en moi. Malgré nos douze ans d’écart, je m’aperçois que je ne le regarde plus du tout de la même manière. Ce n’est plus seulement mon chef. C’est un homme follement désirable. Un homme dont la présence physique m’envahit, dont la voix basse me fait frissonner, dont le corps chaud contre le mien a effacé d’un seul coup le fantôme de mon ex.
Un frisson brûlant me parcourt le dos, descend le long de ma colonne, s’installe bas dans mon ventre. Je détourne brièvement le regard, le cœur battant trop fort, et je me concentre sur le prochain chou. Mais je sens encore le poids de son regard sur moi. Et pour la première fois depuis des semaines, je ne pense plus du tout à la solitude de mon lit.
En passant la porte de mon appartement en début d’après-midi, une énergie nouvelle m’anime. Pour la première fois depuis des semaines, le silence de mon studio ne me pèse plus. Je jette mon sac dans un coin, retire mon sweat encore imprégné de farine et d’odeur de beurre, et je me dirige droit vers la salle de bain. Dans le miroir, mon visage a changé : les cernes sont toujours là, mais quelque chose d’autre brille dans mon regard. Une sorte d’agitation chaude, insistante.
Je sors un grand carton du placard. Sans hésiter, j’y jette tout ce qui appartient encore à mon ex : son bocal à brosses à dents, la brosse noire qu’il avait oubliée, ses t-shirts froissés au fond du tiroir, ses livres empilés sur la table de nuit, même le chargeur de téléphone qu’il n’avait jamais repris. Chaque objet qui tombe dans le carton me soulage un peu plus. Je scotche le carton avec des gestes précis, presque rageurs, et je le pousse au fond du placard, derrière les boîtes de Noël. C’est terminé. La page est tournée.
Le reste de l’après-midi s’écoule dans une sorte de flottement. Je nettoie, je range, je change les draps. Mais dès que je m’arrête, les images de la matinée reviennent. La voix basse de Zach collée à mon oreille. La pression de son torse contre mon dos. Ses mains larges, farineuses, posées sur les miennes. Le parfum de farine, de cannelle et de sueur chaude qui collait à sa peau.
Le soir, glissé sous mes draps encore un peu froids, ce ne sont plus des regrets qui m’empêchent de dormir. Ce sont ces mêmes images qui défilent en boucle. Je me retourne plusieurs fois, le corps tendu, le souffle un peu trop court. À un moment, je pose ma main sur mon ventre et je referme les yeux, essayant de chasser ces pensées. C’est mon patron. Il a douze ans de plus. C’est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Mais le souvenir de son bassin collé au mien revient quand même, tenace, et je m’endors enfin en serrant l’oreiller un peu trop fort.
Le lendemain, trois heures trente. L’alarme retentit. Je me lève plus vite que d’habitude. L’eau froide du lavabo me réveille vraiment. Je m’habille avec soin, presque trop. Je franchis la porte du laboratoire avec un battement de cœur accéléré, la gorge déjà un peu sèche.
Quand je découvre Zach, mon souffle se coupe un instant.
Il porte un simple débardeur blanc, très ajusté, qui moule la courbe de ses pectoraux et laisse voir ses bras puissants, ses épaules larges et les muscles de son dos dessinés par des années de pétrissage. La lumière du laboratoire accroche la fine couche de sueur déjà présente sur sa peau. Il est d’une sensualité brute, presque insolente. Ses cheveux sont encore un peu en bataille, et son regard, dès qu’il me voit, se charge d’un sourire qui ne laisse aucun doute.
— Salut Tyler, me lance-t-il en me balayant de haut en bas d’un regard plein de sous-entendus. Tu as l’air plus en forme qu’hier… C’est ma présence qui te fait cet effet ou tu as enfin fait de beaux rêves ?
Je sens le rouge me monter immédiatement aux joues. Je me force à répondre d’une voix à peu près stable :
— Salut. Juste… bien dormi, c’est tout.
Il ricane doucement, clairement pas convaincu, et se rapproche déjà.
Durant toute la matinée, Zach accentue la pression et se montre encore plus tactile que la veille. Pour me faire passer du pétrin à la table de découpe, il ne se contente pas de me demander de bouger : il s’approche par-derrière, attrape mes deux hanches à pleines mains, ses doigts s’enfonçant un peu trop dans la chair à travers mon pantalon, et me décale doucement tout en collant son bassin contre le mien. Je sens net la pression de son sexe à travers le tissu. Il reste collé une seconde de trop avant de relâcher.
— Déplace-toi un peu… comme ça. Voilà. Parfait.
Plus tard, alors que nous préparons la crème pâtissière, il vient se caler juste derrière moi sans prévenir. Ses mains enserrent fermement ma taille, me collant entièrement contre lui. Son torse chaud, moulé dans le débardeur, écrase mes omoplates. Une de ses mains remonte lentement le long de mon ventre, les doigts écartés, tandis que l’autre recouvre la mienne pour mélanger au fouet.
— Il faut fouetter énergiquement, Tyler, me murmure-t-il, son souffle chaud venant caresser mon cou et le lobe de mon oreille. Tu vois comme la crème s’épaissit et devient chaude sous la cadence ? Si tu ne tiens pas le rythme, ça grumèle. Moi j’aime quand ça résiste un peu… avant d’être complètement lisse et soumis. Quand on sent que ça cède enfin sous la pression.
Ses doigts se resserrent sur ma hanche, marquant sa prise. Son pouce caresse le bord de ma ceinture, s’attarde, appuie un peu plus. Je déglutis avec difficulté, incapable de détacher mes yeux de son encolure où perlent quelques gouttes de sueur. Mon corps réagit malgré moi : un frisson me parcourt le dos, mon sexe se tend légèrement dans mon pantalon. Je me force à parler, la voix un peu rauque :
— Zach… tu le fais exprès, cette façon de parler ?
Il se rapproche encore, au point que je sens le battement de son cœur contre mon dos. Sa main glisse de ma hanche jusqu’au bas de mon dos, juste au-dessus de la fente de mon pantalon, les doigts s’enfonçant légèrement.
— Faire exprès quoi ? demande-t-il avec un brin de malice dans les yeux, se penchant pour que nos visages se frôlent. De te montrer comment on travaille ? Ou de vérifier si tu me trouves aussi séduisant que je le pense ? Avoue, Tyler… Tu me trouves à ton goût, n’est-ce pas ?
Pris au piège de ses mains posées sur moi, de sa présence physique écrasante, je baisse les yeux, rouge pivoine. Je lutte intérieurement. C’est mon patron. Je ne devrais pas. Je ne peux pas. Pourtant les mots sortent malgré moi, dans un murmure malicieux et un peu défait :
— C’est injuste… Tu sais très bien que tu es sacrément beau mec, Zach.
Un sourire carnassier étire ses lèvres. Ses pouces caressent le creux de mes hanches, appuyant un peu plus, avant qu’il ne se recule lentement. Il sait qu’il a gagné la première manche. Je me redresse, le souffle un peu court, et je tente de reprendre le contrôle.
— Zach… on ne devrait pas. Tu es mon patron. C’est… compliqué. Je ne peux pas… on ne peut pas faire ça.
Il me regarde un instant, les yeux plissés, puis hoche légèrement la tête, comme s’il acceptait le frein que j’essaie de poser. Mais son regard reste brûlant, et sa main quitte mon corps avec une lenteur calculée.
— Je sais. On verra.
Le reste de la journée se déroule dans une tension électrique. Chaque fois qu’il passe près de moi, sa main effleure mon bras, mon dos, ma taille. Une fois, en me tendant un plateau, ses doigts s’attardent volontairement contre les miens, glissent le long de mon poignet. Une autre fois, alors que je suis penché pour enfourner, il se place juste derrière et pose une main à plat au bas de mon dos, comme pour me stabiliser, mais ses doigts glissent un peu trop bas, s’attardent sur le haut de ma fesse avant de se retirer.
En fin de journée, le silence revient peu à peu dans la boulangerie. Les derniers clients sont partis. Le four est éteint. Je range les derniers ustensiles, le cœur encore trop rapide, quand Zach s’approche. Il a retiré son tablier. Le débardeur blanc colle à sa peau, légèrement humide. Il s’appuie contre le plan de travail à côté de moi, les bras croisés, un sourire en coin.
— Tyler. Reste un moment. J’ai préparé deux sandwichs pour la fin de service. On pourrait manger un morceau ensemble ici, au labo. Juste toi et moi.
Mon cœur rate un battement. J’hésite une seconde, la gorge sèche, puis j’accepte d’un simple hochement de tête. Nous nous asseyons sur le bord du grand plan de travail en inox. Les sandwichs qu’il a préparés sont posés entre nous. Mais au lieu de toucher au sien, Zach pousse doucement le plateau de côté et se tourne entièrement vers moi. Il réduit l’espace entre nous jusqu’à ce que ses genoux touchent les miens. Puis il pose ses mains sur mes cuisses, juste au-dessus des genoux, et les fait remonter lentement le long de mes flancs jusqu’à agripper fermement mes hanches. D’un geste précis et dominateur, il m’attire contre lui au bord de la table, jusqu’à ce que mon bassin soit collé au sien. Je sens à nouveau la dureté de son sexe contre le mien.
— Ce n’est pas vraiment de pain dont tu as envie en ce moment, n’est-ce pas ? murmure-t-il, la voix basse et chargée.
Mon cœur martèle dans ma poitrine. Je ne cherche même plus vraiment à nier. Mon corps est déjà complètement abandonné à sa poigne sur mes hanches. Pourtant une dernière résistance monte en moi, plus forte cette fois.
— Zach… attends. Vraiment. Tu es mon patron. On ne peut pas… c’est trop risqué. Si quelqu’un le savait… si ça tournait mal… Je…
Il ne me laisse pas finir. Son regard descend sur mes lèvres, puis remonte dans le mien. Il se penche tout doucement, son corps massif surplombant le mien, me plongeant dans une chaleur étouffante et délicieuse. Une de ses mains quitte ma hanche pour venir se poser à l’arrière de mon cou, les doigts s’enfonçant légèrement dans mes cheveux. Ses lèvres s’arrêtent à un millimètre des miennes. Son souffle est court, chaud, chargé de désir.
— Tu sais… la pâte est enfin arrivée à parfaite maturation, murmure-t-il dans un dernier souffle très poussé, la voix rauque. Il est temps de passer à la dégustation…
Je n’en peux plus. Vaincu par l’envie, par la pression de ses mains qui me maintiennent contre lui, par des semaines de solitude et par cette attraction qui me brûle depuis la veille, je comble le dernier millimètre qui nous sépare. Je plaque fermement mes lèvres contre les siennes.
Sous la pression de ma bouche, je sens Zach esquisser un sourire victorieux contre mes lèvres avant de répondre au baiser avec une ferveur immédiate, profonde, affamée.
Le contact de ses lèvres fait exploser tout ce qui me restait de retenue. Ce n’est plus un simple baiser : c’est une prise de possession sauvage. La bouche de Zach s’ouvre sur la mienne, sa langue s’engouffre avec une ardeur brûlante qui me fait pousser un gémissement étouffé. Ses mains puissantes broient mes hanches, m’incrustant contre son bassin tandis que je passe mes bras autour de son cou, mes doigts emmêlés dans ses cheveux. Nos langues s’enroulent, se poursuivent, se dévorent. Je goûte le café et la sueur sur sa bouche. Il gémit dans mon gosier, un son grave, animal, qui me traverse de part en part.
Il rompt brutalement le baiser de quelques millimètres seulement. Nos souffles saccadés se mélangent, sa poitrine puissante se soulevant contre la mienne. Ses yeux noirs de désir me fixent avec une intensité brute.
— Dis-moi que tu as envie de moi, Tyler… murmure-t-il d’une voix rauque, presque menaçante de besoin. Dis-moi que tu me veux, là, tout de suite, sur cette putain de table. Que tu veux que je te baise jusqu’à ce que tu ne saches plus ton nom.
— Oui… oui, bordel, Zach, oui ! j’hachure en haletant contre sa bouche, pris d’un frisson incontrôlable. Je te veux… je te veux tellement…
Ma réponse agit comme une étincelle sur de la poudre. En un éclair, Zach attrape le col de mon tee-shirt et le tire par-dessus ma tête avant de faire glisser mon pantalon et mon boxer d’un geste frénétique, me dénudant sans la moindre cérémonie. Le tissu tombe en tas sur le sol farineux. Il débarrasse son propre corps de son débardeur mouillé de sueur en un geste vif, puis ouvre son pantalon et le pousse vers le bas avec son boxer. Son sexe, déjà lourd, dur, veineux, se dresse contre mon ventre. La chaleur de sa peau nue contre la mienne me fait gémir à nouveau.
La fraîcheur de l’air du laboratoire sur ma peau nue contraste brutalement avec la chaleur torride qui émane de son corps massif. Zach me saisit par la nuque, ses doigts s’enfonçant dans mes cheveux, et me guide doucement mais fermement vers le bas. Je me retrouve à genoux sur le sol dur du laboratoire. La farine colle immédiatement à mes genoux. Sans perdre une seconde, je prends son membre déjà dur et brûlant entre mes mains. Il est épais, chaud, le gland luisant déjà d’une goutte de pré-sperme. Mes lèvres se referment sur lui, l’accueillant dans une fellation avide et profonde. Je le sens glisser sur ma langue, toucher le fond de ma gorge. Un gémissement grave, presque un grognement, sort de la poitrine de Zach.
— Putain… oui… comme ça… suce-moi bien… plus profond…
Ses doigts se resserrent dans mes cheveux. Il me presse la tête, imposant un rythme lourd et possessif. Je m’étouffe un peu, les yeux humides, mais je continue, affamé. Je le lèche, je suce, je le prends encore plus loin. La salive coule le long de mon menton. Il pousse des hanches, me baise la bouche avec une lenteur brutale.
— Tu aimes ça, hein ? Avoir ma queue dans ta gorge… Dis-le…
— Oui… gémis-je autour de lui, le son étouffé. J’aime… j’aime te sucer…
Il me laisse encore quelques minutes, me forçant à le prendre jusqu’à la racine, jusqu’à ce que mon nez touche son ventre. Puis, d’un coup de bras puissant, il me redresse. Je chancelle. Il me fait basculer face contre le grand plan de travail en inox. Un nuage de farine s’élève de la table sous l’impact, blanchissant mon torse, mes abdominaux, mes cuisses. Le métal froid m’arrache un cri. Zach s’approche derrière moi. Je sens son sexe chaud et dur se glisser entre mes fesses.
Il s’enduit les doigts de matière glissante – un reste d’huile ou de crème, je ne sais pas – et me prépare à la hâte. Un doigt d’abord, puis deux, qui s’enfoncent en moi. Je gémis fort, le front collé à l’inox.
— Putain… tu es si serré… Si chaud… Tu m’as manqué toute la journée, Tyler… Tu vas me prendre toute ma queue maintenant. Tu es prêt ?
— Oui… oui, Zach… baise-moi… s’il te plaît…
D’un coup de rein brutal et sans retenue, il s’enfonce en moi jusqu’au bout. Un cri sourd m’échappe, mêlant douleur passagère et plaisir pur. Il est énorme. Je le sens m’ouvrir, me remplir complètement. Il s’immobilise une seconde, respirant fort contre mon oreille.
— Bordel… tu me serres trop fort… Respire… Voilà… Tu le sens ? Toute ma queue en toi…
Puis il commence à bouger. D’abord lentement, profondément, chaque va-et-vient faisant cliqueter l’acier de la table. Mes mains glissent sur l’inox couvert de farine, laissant des traînées humides. La sueur dégouline déjà de nos corps. Zach me saisit par la taille, ses doigts s’enfonçant dans ma chair, me marquant.
— Tu aimes ça ? Tu aimes être baisé comme ça, sur la table où on travaille ? Dis-le…
— Oui… aah… oui, j’aime… plus fort…
Il accélère. Les coups de rein deviennent plus rudes, plus profonds. Chaque impact me fait crier. La farine vole autour de nous, se colle à nos peaux moites, à nos abdominaux, à ses bras. L’odeur du pain chaud, du sucre et de la sueur se mêle dans l’air. Il me prend avec une énergie bestiale, imprimant un rythme ravageur.
— Encore… plus fort… je gémis, la voix brisée.
— Tu en veux plus ? Tu veux que je te défonce ?
— Oui… baise-moi plus fort… Zach…
Il obéit. Ses hanches claquent contre mes fesses. Le bruit est obscène, mouillé. Je sens mon sexe rebondir contre le bord froid de la table à chaque poussée. Il se penche, mord mon épaule, lèche la sueur sur mon dos.
Après un moment, il me redresse d’un coup, me fait pivoter et me plaque dos au mur. Une de mes jambes s’accroche à sa hanche. Il me soulève presque, s’enfonçant encore plus profond. Je crie son nom. Mes ongles griffent ses épaules. La farine et la sueur collent partout.
— Regarde-moi… regarde-moi pendant que je te baise… Tu es à moi… Dis-le…
— Je suis à toi… aah… Zach… plus… s’il te plaît…
Il me porte ensuite près de la cuve du pétrin. Mon dos s’appuie contre le métal encore tiède. Il me soulève complètement, mes jambes autour de sa taille, et me baise debout, avec une force brute. Chaque poussée me fait heurter le pétrin. Je gémis sans retenue, la tête renversée.
— Tu es si chaud… si serré… Je vais jouir en toi… Tu veux ça ? Tu veux mon sperme au fond de toi ?
— Oui… oui… jouis en moi… remplis-moi…
Il me ramène finalement contre le plan de travail. Je suis à nouveau plié en deux, les mains collées à l’inox. Il me prend encore plus fort, plus vite, ses hanches, claquant contre moi dans un rythme frénétique. La sueur coule de son front sur mon dos. La farine est partout : sur nos peaux, dans nos cheveux, collée à nos sexes.
— Je vais… je vais jouir… gémit-il, la voix cassée. Tu me serres trop… putain…
Je sens mon propre orgasme monter, incontrôlable. Il me saisit le sexe d’une main et me branle en rythme avec ses coups de rein. Je hurle. Le plaisir explose. Je jouis sauvagement sur le plan de travail, mon sperme se mêlant à la farine. Mes muscles se contractent autour de lui.
Zach pousse un long grognement d’animal. Il s’enfonce jusqu’à la garde une dernière fois et se libère intensément au plus profond de moi. Je sens les jets chauds de son sperme me remplir, encore et encore. Il continue de bouger doucement, vidant tout en moi, gémissant mon nom contre ma nuque.
Nous restons ainsi, collés, suants, tremblants, le souffle court. La farine, la sueur et le sperme se mélangent sur nos peaux. L’odeur du laboratoire n’est plus la même. C’est celle de nous deux.
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