Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous l’uniforme — Chapitre 3 · Une journée sous tension
Auteur
Sous l’uniforme
Chapitre 3 · Une journée sous tension
La nuit ne me laisse aucun répit.
Le message de Léandro m’a endormi avec un sourire, c’est vrai. Mais ce sourire n’a pas tenu. Les heures qui suivent deviennent un manège infernal. Je me retourne sans cesse. D’un côté du lit, puis de l’autre. L’image de son regard noir sur le parking se mélange à la chaleur de son souffle contre mon oreille, à la pression de ses mains sur mes hanches, au ton sec du message. « Compris, Lasalle ? » Il a utilisé mon nom. Comme un rappel. Comme une intimité. Comme une menace douce.
Je repense à Noémie. À ce qu’elle a dit. Que personne ne sait rien de lui. Que sa carapace est impénétrable. Et moi, j’ai vu derrière. J’ai senti derrière. Et maintenant il me demande de me taire. Comme s’il avait peur.
J’ai peur aussi. Peur que ça se sache. Peur de ce que ça pourrait détruire. Peur, surtout, de ce que je ressens encore chaque fois que je pense à lui. Mon corps s’échauffe sans que je le veuille. Je finis par me toucher dans le noir, vite, presque avec colère, en pensant à sa voix, à ses mains, à la façon dont il m’avait regardé. Après, je suis encore plus agité. Le sommeil ne revient qu’au petit matin, par fragments, jusqu’à ce que le réveil sonne.
Je me lève avec des cernes légers sous les yeux. Douche froide. Café avalé trop vite. Uniforme soigneusement plié. Je descends aux vestiaires plus tôt que nécessaire, le cœur déjà trop rapide.
Léandro est déjà là.
Torse nu. Debout devant le miroir, en train d’enfiler son polo de service. Il tire le tissu sur ses épaules larges avec des gestes précis, presque mécaniques. Sa peau est encore marquée par le sommeil. La barbe de trois jours est parfaitement nette. Il ne se retourne pas quand j’entre. Il ne dit rien. Le silence de la pièce n’est brisé que par le froissement du tissu et le léger cliquetis de sa boucle de ceinture.
Torse nu. Debout devant le miroir, en train d’enfiler son polo de service. Il tire le tissu sur ses épaules larges avec des gestes précis, presque mécaniques. Sa peau est encore marquée par le sommeil. La barbe de trois jours est parfaitement nette. Il ne se retourne pas quand j’entre. Il ne dit rien. Le silence de la pièce n’est brisé que par le froissement du tissu et le léger cliquetis de sa boucle de ceinture.
Je m’arrête un instant, retenant mon souffle. J’attends. Un mot. Un regard. Une allusion, même minime, au message de la nuit. Quelque chose qui dirait « on est tous les deux dans le même secret ».
Rien.
Son expression est fermée. Impénétrable. Exactement celle d’un supérieur qui ne connaît de son subordonné que son nom de famille. Le message sur Grindr n’a jamais existé. Le regard noir non plus. La nuit à l’hôtel non plus. Tout a été effacé.
Son expression est fermée. Impénétrable. Exactement celle d’un supérieur qui ne connaît de son subordonné que son nom de famille. Le message sur Grindr n’a jamais existé. Le regard noir non plus. La nuit à l’hôtel non plus. Tout a été effacé.
Je me force à avancer jusqu’à mon casier. Je m’habille en silence. Le polo. Le pantalon. La veste. Chaque geste est trop conscient. Je sens sa présence à deux mètres de moi comme une brûlure. Quand il passe derrière moi pour récupérer son képi, l’air se charge de son parfum. Le même. Boisé. Discret. Celui qui a imprégné les draps de l’hôtel.
— Dépêchez-vous, Lasalle. Le briefing part dans dix minutes.
Sa voix est neutre. Parfaitement professionnelle. Il sort sans un regard en arrière. La porte se referme. Je reste seul une seconde, les mains crispées sur le bord de mon casier, la gorge serrée. Puis je le suis.
Le briefing est court. Léandro annonce le programme de la matinée d’une voix monotone : contrôles de vitesse à la sortie de la ville, jumelles laser, zone limitée à 50. On part en véhicule. Je m’installe à sa droite. L’habitacle referme son silence autour de nous.
Pendant le trajet, je le surprends plusieurs fois.
Une première fois dans le rétroviseur central. Son regard est posé sur moi, bref, perçant, avant de revenir à la route. Une seconde fois quand il négocie un virage. Ses yeux glissent sur mon profil, sur ma bouche, puis repartent. Chaque fois que je tourne la tête vers lui, le masque est déjà revenu. Froid. Concentré. Comme s’il n’avait rien fait.
Une première fois dans le rétroviseur central. Son regard est posé sur moi, bref, perçant, avant de revenir à la route. Une seconde fois quand il négocie un virage. Ses yeux glissent sur mon profil, sur ma bouche, puis repartent. Chaque fois que je tourne la tête vers lui, le masque est déjà revenu. Froid. Concentré. Comme s’il n’avait rien fait.
On s’installe sur le bas-côté. Le véhicule est garé en retrait. Léandro sort le trépied, les jumelles laser. Il me montre comment stabiliser l’appareil. Il se place juste derrière moi. Trop près. Ses épaules dominent les miennes. Sa poitrine frôle presque mon dos. Son souffle, quand il parle, me chatouille la nuque.
— Tenez l’appareil bien droit, Lasalle. Ne lâchez pas la visée dès qu’un véhicule freine. Anticipez. Les gens freinent trop tard ici.
Sa voix est grave, basse, presque murmurée. L’air de sa bouche glisse contre ma peau. Je déglutis. Mon rythme cardiaque s’emballe. Je sens la chaleur de son corps à travers le tissu de nos uniformes. Le même parfum. La même proximité dangereuse. Ses mains corrigent légèrement la position des miennes sur les poignées des jumelles. Le contact est bref, professionnel… et pourtant mon ventre se contracte.
Je fixe la route. Je force mes yeux à rester sur les véhicules qui arrivent. Mais du coin de l’œil je vois sa mâchoire, tendue, concentrée. Sa barbe courte. La courbe de son cou. Il ne recule pas d’un centimètre. Il verrouille l’espace entre nous avec une autorité naturelle qui tient autant de la formation que d’autre chose. Quelque chose de silencieux. De calculé.
Un véhicule approche trop vite. Je déclenche. Léandro confirme le chiffre d’une voix neutre. On le fait s’arrêter. Contrôle. Verbalisation. Retour au poste. Et à chaque fois, il se replace juste derrière moi. Juste assez près pour que je sente sa présence comme une main posée entre mes omoplates. Juste assez près pour que mon corps se souvienne de tout ce qu’il m’a fait deux nuits plus tôt.
Je serre les doigts sur les jumelles jusqu’à ce que mes jointures blanchissent. Je lutte pour rester concentré. Pour ne pas laisser paraître le tumulte qui me consume de l’intérieur. Le silence entre nous est devenu autre chose. Plus lourd. Plus chargé. Chaque regard en coin qu’il croit dissimuler, chaque centimètre qu’il refuse d’éloigner, chaque souffle contre ma nuque… tout me dit la même chose.
Il n’a rien oublié.
Et moi non plus.
Et moi non plus.
Vers midi, on lève le poste de contrôle. Léandro range le matériel en silence et on reprend la direction de la brigade. L’habitacle est toujours aussi chargé. Je n’ose plus le regarder de peur de croiser encore une de ces œillades furtives qui me mettent le sang en ébullition.
À peine arrivés, Noémie m’attrape dans le couloir.
— Hé, le bleu ! Viens manger avec moi, allez. T’as l’air d’avoir besoin de décompresser.
Je la suis dans la salle de détente. On s’installe face à face. Elle a apporté des sandwiches et des fruits. La conversation part tout de suite sur un ton léger. Elle me demande des anecdotes de l’école. Je lui raconte la fois où un élève de ma promo a confondu le code radio et a annoncé une intervention « urgence absolue » pour un chat coincé dans un arbre. Elle éclate de rire, les yeux plissés. Elle me parle ensuite des patrouilles les plus absurdes de la région : un type qui avait appelé la brigade parce que son voisin tondait trop tôt le dimanche, un autre qui voulait porter plainte contre le vent qui faisait trop de bruit. On rit vraiment. Pour la première fois de la journée, mes épaules se détendent.
En plein milieu d’un fou rire provoqué par son imitation d’un usager ivre, je tourne machinalement la tête vers l’autre bout de la pièce.
Léandro est assis seul, un café noir à la main. Il nous regarde.
Ce n’est plus le masque de marbre. Ce n’est plus le regard noir et menaçant du parking. Cette fois, son expression est différente. Troublée. Presque envieuse. Il y a une pointe de jalousie mal dissimulée dans la façon dont il observe la facilité avec laquelle je ris avec Noémie. Ses sourcils sont légèrement froncés, sa mâchoire serrée.
Ce n’est plus le masque de marbre. Ce n’est plus le regard noir et menaçant du parking. Cette fois, son expression est différente. Troublée. Presque envieuse. Il y a une pointe de jalousie mal dissimulée dans la façon dont il observe la facilité avec laquelle je ris avec Noémie. Ses sourcils sont légèrement froncés, sa mâchoire serrée.
Il pose son café, se lève brusquement et traverse la pièce d’un pas décidé. Il s’arrête net devant notre table, dominant de toute sa hauteur.
— Lasalle, on ne traîne pas. Il faut continuer. Le plus gros du travail va se faire maintenant. Pas de temps à perdre.
Sa voix est sèche, faussement professionnelle. Le silence retombe autour de nous. Je relève les yeux et je le regarde droit dans les siens. Je refuse de baisser le regard.
— Oui, mon Adjudant.
Il pivote sur ses talons et s’éloigne sans un mot de plus. Noémie le suit des yeux, puis se tourne vers moi en étouffant un rire.
— Dis donc… il n’est vraiment pas comme d’habitude aujourd’hui. Il a l’air de vouloir te monopoliser à cent pour cent. Courage pour ton après-midi avec l’ogre.
Je force un sourire, avale une dernière gorgée de café et range mes affaires. Cinq minutes plus tard, je rejoins Léandro dans le bureau qu’on va partager jusqu’à la fin de service.
L’après-midi bascule dans le huis clos administratif.
Rédaction des procès-verbaux. Encodage des pièces dans les logiciels. Classement des plaintes. Préparation des dossiers pour le procureur. Entre deux lignes de texte, le standard téléphone sans arrêt. De temps en temps, un usager vient à l’accueil et l’un de nous doit se lever pour le recevoir. La pièce est petite. Nos bureaux se font face. Chaque fois que je lève les yeux, les siens sont déjà sur moi. Des regards insistants, lourds, qui durent une seconde de trop avant de revenir à l’écran.
Rédaction des procès-verbaux. Encodage des pièces dans les logiciels. Classement des plaintes. Préparation des dossiers pour le procureur. Entre deux lignes de texte, le standard téléphone sans arrêt. De temps en temps, un usager vient à l’accueil et l’un de nous doit se lever pour le recevoir. La pièce est petite. Nos bureaux se font face. Chaque fois que je lève les yeux, les siens sont déjà sur moi. Des regards insistants, lourds, qui durent une seconde de trop avant de revenir à l’écran.
Vers quinze heures, mon ordinateur plante.
L’écran se fige au milieu d’une procédure. Je clique, je redémarre, rien n’y fait. Je soupire malgré moi. Léandro relève la tête.
L’écran se fige au milieu d’une procédure. Je clique, je redémarre, rien n’y fait. Je soupire malgré moi. Léandro relève la tête.
— Problème ?
— Le logiciel a planté. Je n’arrive plus à enregistrer.
— Le logiciel a planté. Je n’arrive plus à enregistrer.
Il se lève sans un mot et contourne les bureaux. En deux pas il est derrière moi. Trop près. Bien trop près. Son entrejambe vient se coller contre mon épaule gauche pendant qu’il se penche vers l’écran. La pression est nette, chaude, impossible à ignorer. Une décharge électrique me traverse l’échine d’un coup. Je me raidis sur ma chaise.
Sa main frôle la mienne en attrapant la souris. Le contact est bref, mais mon ventre se contracte violemment. Je sens son parfum monter jusqu’à moi. Boisé, chaud, mélangé à l’odeur de sa peau sous l’uniforme. Je tourne très légèrement la tête, assez pour inhaler discrètement. Juste une seconde. Juste assez pour que ça me fasse mal au ventre d’envie.
Il s’en aperçoit.
Je le sens au léger sourire qui tire le coin de sa bouche. Presque invisible. Mais bien là.
Je le sens au léger sourire qui tire le coin de sa bouche. Presque invisible. Mais bien là.
Il se penche encore un peu plus, jusqu’à ce que ses lèvres frôlent presque mon oreille. Sa voix n’est plus qu’un murmure grave, uniquement pour moi.
— Lasalle… le travail reste le travail. Compris ?
Je n’ai pas le temps de répondre. Il ajoute, encore plus bas, les lèvres contre le cartilage de mon oreille :
— On n’est pas dans une chambre d’hôtel pour se faire baiser.
Le souffle me quitte. Mon cœur s’arrête une seconde avant de repartir trop fort. Il se redresse comme si de rien n’était, retourne à son bureau face au mien et se rassied. L’écran de mon ordinateur est déjà débloqué. Il a juste fait mine de m’aider.
Je reste figé, les mains tremblantes au-dessus du clavier. Mon slip est devenu trop étroit. Mes joues brûlent. Je n’ose plus lever les yeux.
Pourtant je les lève.
Léandro me regarde par-dessus son écran. Un vrai sourire, cette fois. Léger. Presque joueur. Sa voix redevient normale, professionnelle, mais le sous-entendu est limpide :
Léandro me regarde par-dessus son écran. Un vrai sourire, cette fois. Léger. Presque joueur. Sa voix redevient normale, professionnelle, mais le sous-entendu est limpide :
— Vous avez encore un souci technique, Lasalle… ou vous voulez qu’on passe à la manipulation manuelle ?
Je reste sans voix. La gorge complètement nouée. Impossible de trouver la moindre réponse. Il relève un sourcil, attend une seconde, puis détourne les yeux vers son dossier comme s’il n’avait rien dit d’inhabituel.
Moi, je fixe mon écran sans rien voir.
Mon corps entier est en alerte. Chaque battement de cœur me rappelle la pression de son entrejambe contre mon épaule, le frôlement de sa main, le murmure contre mon oreille, et cette phrase qui continue de résonner :
On n’est pas dans une chambre d’hôtel pour se faire baiser.
Mon corps entier est en alerte. Chaque battement de cœur me rappelle la pression de son entrejambe contre mon épaule, le frôlement de sa main, le murmure contre mon oreille, et cette phrase qui continue de résonner :
On n’est pas dans une chambre d’hôtel pour se faire baiser.
Sauf que maintenant, c’est exactement ce à quoi je ne peux plus m’empêcher de penser.
Les dernières heures de l’après-midi s’étirent dans une pesanteur presque insoutenable.
Le bureau est devenu trop petit. Chaque bruit de clavier, chaque soupir, chaque fois que l’un de nous se lève pour aller chercher un dossier, les regards se croisent. Lourds. Insistants. Chargés de tout ce qui n’a pas été dit. Je n’arrive plus à me concentrer correctement sur les PV. Les phrases se mélangent. Les dates se confondent. Chaque fois que je relève les yeux, les siens sont déjà sur moi. Et chaque fois, mon ventre se contracte.
Le bureau est devenu trop petit. Chaque bruit de clavier, chaque soupir, chaque fois que l’un de nous se lève pour aller chercher un dossier, les regards se croisent. Lourds. Insistants. Chargés de tout ce qui n’a pas été dit. Je n’arrive plus à me concentrer correctement sur les PV. Les phrases se mélangent. Les dates se confondent. Chaque fois que je relève les yeux, les siens sont déjà sur moi. Et chaque fois, mon ventre se contracte.
Quand dix-huit heures sonnent enfin, le soulagement est mêlé d’une pointe de frustration. On range en silence. On descend aux vestiaires.
Léandro redevient instantanément l’Adjudant. Distant. Glacial. Il retire son uniforme avec des gestes précis, enfile un jean sombre, un t-shirt noir, une veste légère. Pas un regard dans ma direction. Pas un mot. Il referme son casier, passe à côté de moi comme si j’étais transparent, et sort d’un pas ferme. La porte claque doucement derrière lui.
Je reste encore une minute, seul, le cœur trop rapide, avant de me changer à mon tour.
Dehors, l’air du soir est plus frais. Je n’ai pas envie de rentrer tout de suite. J’ai besoin de marcher. Je sors ma vapoteuse, j’en tire une longue bouffée, et je prends la direction de la petite supérette du centre. En traversant le parking de la brigade, je l’aperçois.
Léandro est adossé à un muret, en train de discuter avec deux collègues. Il rit presque. Un vrai rire, rare. Puis, au moment où je passe à quelques mètres, son regard se détache de la conversation et me suit. Lentement. Lourdement. Je sens son attention collée à mon dos jusqu’à ce que je disparaisse au coin de la rue.
À la supérette, j’achète un steak, des légumes, un peu de fromage. Rien de compliqué. Sur le chemin du retour, les bras chargés du sac en papier, je le revois. Toujours au même endroit. Les collègues sont partis. Il est seul maintenant, les mains dans les poches, l’air de surveiller quelque chose… ou quelqu’un. Nos regards se croisent une fraction de seconde. Il ne détourne pas les yeux. Moi non plus. Puis je continue mon chemin vers l’immeuble des logements de fonction.
Une fois la porte de mon appartement refermée, je laisse le sac sur le plan de travail et je file sous la douche.
L’eau chaude coule le long de mon dos, de mes épaules, de mon ventre. Je ferme les yeux. Les images de la journée remontent toutes en même temps. Le frôlement de son entrejambe contre mon épaule. Le murmure contre mon oreille. « On n’est pas dans une chambre d’hôtel pour se faire baiser. » La façon dont il m’a regardé ensuite, avec ce sourire presque joueur. Ma main glisse le long de mon torse, plus bas. Je suis déjà dur. Je me caresse lentement d’abord, puis plus vite. L’autre main descend entre mes fesses. Je m’ouvre avec un doigt, puis deux, en imaginant que ce sont les siens. Que c’est lui qui me touche, qui me prépare, qui me regarde. Je jouis en silence, le front appuyé contre le carrelage froid, les jambes tremblantes, le souffle court.
Vingt minutes plus tard, je sors de la salle de bain, un simple short de survêtement ample sur les hanches, rien en dessous. Je cuisine rapidement le steak et les légumes. Je m’installe sur le canapé avec le plateau, la télévision allumée sur une chaîne quelconque. Je mange sans vraiment goûter. Mon esprit est ailleurs.
Il est tout juste vingt et une heures quand mon téléphone vibre sur la table basse.
Notification Grindr.
Un message de « L. ».
Je déverrouille l’écran, le cœur déjà trop rapide.
Un message de « L. ».
Je déverrouille l’écran, le cœur déjà trop rapide.
« 21h30, troisième étage, porte du fond. Ce sera ouvert. Besoin de me vider les couilles, entre sans frapper. »
Le texte est brut. Direct. Sans aucune ambiguïté. Mon sexe réagit instantanément sous le short. Une bouffée de chaleur me monte au visage. Je reste figé quelques secondes, le pouce suspendu au-dessus de l’écran, avant de poser le téléphone.
Le texte est brut. Direct. Sans aucune ambiguïté. Mon sexe réagit instantanément sous le short. Une bouffée de chaleur me monte au visage. Je reste figé quelques secondes, le pouce suspendu au-dessus de l’écran, avant de poser le téléphone.
Je me lève. Je pose mon assiette à demi terminée dans l’évier. Je me brosse les dents rapidement. J’enfile un débardeur blanc moulant. Je passe une main dans mes cheveux. Je me regarde une seconde dans le miroir de l’entrée. Mes joues sont colorées. Mes yeux trop brillants.
J’attends.
Dix minutes interminables. Je fais les cent pas dans le salon. Je regarde l’heure toutes les trente secondes. À vingt et une heures vingt-neuf, je sors de mon appartement, referme la porte sans bruit, et monte les escaliers quatre à quatre.
Dix minutes interminables. Je fais les cent pas dans le salon. Je regarde l’heure toutes les trente secondes. À vingt et une heures vingt-neuf, je sors de mon appartement, referme la porte sans bruit, et monte les escaliers quatre à quatre.
Le troisième étage est plongé dans une demi-pénombre. Au bout du couloir, la porte du fond est entrouverte. Un mince filet de lumière jaune s’échappe de l’intérieur. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’on pourrait l’entendre. Je m’approche. Ma main s’avance. Je pousse le battant.
Et ce que je découvre de l’autre côté me coupe immédiatement le souffle.
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