Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Colocation sous tension — Chapitre 2 · Le premier dérapage
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Colocation sous tension
Chapitre 2 · Le premier dérapage
La journée avait été longue. Un de ces mardis sans fin où tout sonne faux. J'étais restée plantée dans un bureau trop blanc, à faire semblant de bosser, avec Marc en boucle dans ma tête. Il n'avait rien fait, et c'était bien ça le problème. Il existait dans l'espace, et ça suffisait à m'obséder.
Quand je suis rentrée, il était là. Dans la cuisine, torse nu, un torchon sur l'épaule, préparant quelque chose qui sentait l'ail et le thym. Il a tourné la tête vers moi, juste un peu.
— J'ai fait à manger.
J'ai haussé les sourcils. Il n'avait jamais cuisiné pour moi. Ni pour nous.
— Pour moi ?
— Pour nous. J'avais faim. Et j'avais un reste de poulet. Et j't'ai entendue rentrer.
— Pour nous. J'avais faim. Et j'avais un reste de poulet. Et j't'ai entendue rentrer.
C'était flou comme d'habitude, mais j'ai dit merci. Et je suis restée. Il a sorti deux assiettes, servi sans un mot de plus. On s'est assis. On était proches. Trop peut-être. La table était petite, nos genoux se frôlaient parfois sous la table. Des frissons, involontaires. Ou pas.
Il ne disait rien. Il mangeait lentement. Moi, je piquais dans mon assiette, le cœur déjà ailleurs. Mon regard accrochait ses bras, les veines visibles, la façon qu’il avait de prendre le couteau, ferme et tranquille. Il respirait le contrôle. Et ça me faisait vriller.
— C’est bon, ai-je lâché, un peu à côté.
— Ouais ?
— Ouais. J’aime bien quand tu cuisines. Enfin... j’imagine que c’est pas pour m’impressionner.
— Ouais ?
— Ouais. J’aime bien quand tu cuisines. Enfin... j’imagine que c’est pas pour m’impressionner.
Il m’a regardée. Lentement.
— Non. C’est parce que t’es là. Et que j’aime te voir manger.
Ma fourchette s’est arrêtée. Un silence tendu s’est installé. Pas pesant. Électrique.
— T'as pensé à moi aujourd'hui ?
Je n’ai pas réfléchi. J’ai juste posé la question. Ma voix était un peu rauque.
Il a levé les yeux. Lentement. Et il m'a fixée. Un temps long. Ça m'a traversé la peau.
— Toute la journée.
Ma respiration s’est coupée. Mon ventre s’est noué. Et mes cuisses se sont serrées sans que je les commande. J'étais prête à exploser.
Le reste s'est fait tout seul. Nos corps se sont levés avant nous. Il m'a plaquée contre le mur de la cuisine. Sa main dans mes cheveux. Ma bouche contre la sienne, ouverte, affamée. Ce n’était pas un baiser. C'était une collision. Une prise de possession. Mes mains s'accrochaient à ses épaules, mes jambes cherchaient son bassin.
Il m'a soulevée sans effort, mes jambes autour de sa taille. Je sentais son sexe dur contre moi. J'étais déjà humide, brûlante. Mon t-shirt est remonté, son souffle contre ma peau, sa main sur mon sein, directe, possessive. Il m'a pincé le téton, assez fort pour me faire gémir, avant de le prendre entre ses lèvres, de le sucer lentement, puis de le mordre. Mon dos s'est arqué d'instinct. J’ai enfoui mes doigts dans ses cheveux, tiré légèrement, il a grogné.
Il m'a portée jusque dans sa chambre. A tout fait tomber sur le chemin. Porte claquée. Pas de lumière. Juste nos respirations. Et nos mains partout. J'ai arraché son pantalon, il a glissé ma culotte sur le côté. Aucun mot. Juste l'urgence.
Je l'ai senti frotter contre moi, juste au bord, son sexe tendu frôlant mes lèvres trempées. Il me testait, me faisait attendre, son regard ancré dans le mien. Il est entré en moi d’un seul coup. J'ai lâché un cri, surprise par la force. C'était brut. Métallique. Lui en moi, profond, entier. Il me tenait par les hanches, me regardait dans les yeux. Il grognait à chaque coup de reins. Et moi, je me tordais sous lui. Mon dos se cambrant, ma gorge dévoilée.
— Regarde-moi, Lucie.
J'ai obéi. Ses yeux étaient noirs. Intenses. Rien à voir avec le silence habituel. Là, il était entier. Dévorant. Il me pilonnait lentement, en profondeur, me laissant reprendre mon souffle juste avant de recommencer plus fort. J'avais l'impression de perdre pied à chaque va-et-vient.
Je griffais ses bras, ses épaules, son dos. Il haletait. M'embrassait le cou, la mâchoire, le dessous de l’oreille. Sa langue chaude, sa bouche gourmande. Il descendait, remontait, me prenait sans relâche. Je sentais chaque veine de sa verge gonflée frotter contre les parois de mon sexe. Mon clito frottait contre son bas-ventre à chaque poussée. C'était trop. Juste trop bon. J’étais trempée, fondue autour de lui.
Je le voulais partout. Qu’il me prenne comme une faim. Qu’il me mange de l’intérieur.
— Encore. Arrête pas. Encore.
Il a accéléré. Je me sentais déborder. Comme si mon corps n'était plus le mien. Juste un lieu de passage pour quelque chose de plus grand. J'ai joui. Fort. Longtemps. Une déferlante. Il a suivi presque aussitôt. Un cri bref. Un souffle coupé. Un dernier coup de reins profond, ancré, viscéral.
Puis le silence.
Il était sur moi. En moi. Lourd. Réel. Ça tremblait encore dans mes jambes. J'ai passé mes doigts dans ses cheveux, sans réfléchir. Il a posé sa main sur ma hanche. A respiré fort contre mon cou.
Il ne s'est pas levé. Il est resté. Collé. Longtemps. Et j'ai su que rien ne serait plus pareil.
J'avais l'impression d'avoir franchi une ligne qu'on regardait depuis des jours. C'était fait. Et maintenant, tout allait changer. Sans retour.
J’ai fermé les yeux. Sentant encore sa chaleur contre moi. Sa sueur sur ma peau. Mon sexe encore ouvert, vibrant, marqué. Et dans le silence, j’ai senti un sourire naître. Légèrement. Inévitable.
Il a fini par se dégager, doucement. Sans un mot. Il m’a regardée, a glissé deux doigts sur ma joue, puis s’est allongé à côté de moi. On n’a rien dit. Mais je sentais son souffle, calme, presque lent.
Moi, j’étais ailleurs. Pas dans l’attachement, pas encore. Mais dans l’après. Ce moment où ton corps a tout donné et où ton esprit s’invente des possibles.
Et là, dans le noir, je me suis demandé : demain, on recommence ? Ou il retournera à ses silences ?
Mon ventre, lui, avait déjà choisi. Il en voulait encore. Plus fort. Plus longtemps. Jusqu’à ce que je n’aie plus de doute.
Et c’est comme ça que je suis tombée.
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Commentaires ()
Un réel plaisir de vous lire comme je n'en ai que trop rarement eu ces derniers temps ici.