Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Alice, la véritable histoire — Chapitre 3 · La chenille bleue (partie 1)
Auteur
Alice, la véritable histoire
Chapitre 3 · La chenille bleue (partie 1)
Dans les éditions que l’on lit aux enfants, la Chenille est une sage qui fume le narguilé et pose des questions philosophiques. Elle n’a jamais fumé que par politesse, et les questions, elle ne les posait qu’en attendant mieux. « Patience » est un mot que les adultes emploient pour parler d’attendre sans se plaindre. Chez les chenilles, il désigne l’art de faire attendre les autres, et de prendre un plaisir infini à les regarder s’impatienter. Alice, justement, avait beaucoup de questions.
♦ ♦ ♦
Alice s’approcha du champignon. Il était énorme, avec un pied épais, légèrement rosé, surmonté d’un large chapeau rougeâtre. Elle en fit le tour, intriguée par sa taille et sa forme. La nature avait vraiment de curieuses fantaisies dans ce pays.
Un léger gargouillement lui fit lever la tête.
Une femme était installée sur le bord du chapeau, les jambes pendantes. Elle portait une longue robe bleue et une capuche assortie. À ses côtés, un narguilé dont elle tirait tranquillement quelques bouffées.
— Bonjour, madame !
La femme ne répondit pas. Elle continuait à fumer en observant Alice.
— Excusez-moi, madame. Pourriez-vous me renseigner ?
La femme retira lentement le tuyau de sa bouche.
— Qui es-tu ?
— Je m’appelle Alice.
— Ce n’est pas ce que je t’ai demandé.
— Pourtant, c’est bien mon nom !
— Je t’ai demandé qui tu es, pas comment tu t’appelles.
— Je m’appelle Alice.
— Ce n’est pas ce que je t’ai demandé.
— Pourtant, c’est bien mon nom !
— Je t’ai demandé qui tu es, pas comment tu t’appelles.
Alice réfléchit quelques instants.
— Eh bien, je suis une jeune femme de vingt-cinq ans, et j’essaie de comprendre ce qui m’arrive depuis que je suis entrée dans ce pays.
— Et que t’arrive-t-il ?
— Des choses bien étranges ! Tout à l’heure, j’ai bu une potion qui m’a fait grossir les seins, les hanches et même les fesses !
— Et que t’arrive-t-il ?
— Des choses bien étranges ! Tout à l’heure, j’ai bu une potion qui m’a fait grossir les seins, les hanches et même les fesses !
La femme leva légèrement les sourcils.
— Et cela t’a déplu ?
— Pas du tout ! Je me trouvais plutôt jolie. Mais l’effet n’a duré que quelques minutes, et tout est redevenu comme avant.
— Quel dommage !
— C’est exactement ce que je me suis dit !
— Et tu voudrais recommencer ?
— Pas du tout ! Je me trouvais plutôt jolie. Mais l’effet n’a duré que quelques minutes, et tout est redevenu comme avant.
— Quel dommage !
— C’est exactement ce que je me suis dit !
— Et tu voudrais recommencer ?
Alice hésita.
— Je dois reconnaître que cela ne me déplairait pas. Et puis, il n’y avait pas que mes formes qui avaient changé. J’avais aussi une chaleur.
— Tu avais de la fièvre ?
— Non, pas du tout !
— Alors où avais-tu chaud ?
— Eh bien… dans le bas du ventre.
— Tu avais mal ?
— Non, justement ! C’était même très agréable.
— Tu avais de la fièvre ?
— Non, pas du tout !
— Alors où avais-tu chaud ?
— Eh bien… dans le bas du ventre.
— Tu avais mal ?
— Non, justement ! C’était même très agréable.
La femme la regarda quelques instants, visiblement amusée par son embarras.
— Et tu aimerais retrouver cette sensation ?
Alice baissa les yeux, soudain très intéressée par le bout de ses chaussures.
— Peut-être bien. Mais je ne sais pas comment m’y prendre. Il me reste un peu de potion, mais elle ne ferait effet que quelques minutes, et tout disparaîtrait aussitôt après.
La femme reprit son narguilé.
— Tu tournes beaucoup autour du sujet, Alice.
— C’est parce que le sujet est gênant ! D’ailleurs, vous ne m’avez toujours pas dit qui vous êtes.
— La Chenille.
— La Chenille ? Voilà un nom bien étrange !
— Pas plus étrange qu’Alice.
— Peut-être, mais je n’ai jamais rencontré de chenille en robe bleue.
— Il faut bien une première fois à tout.
— C’est parce que le sujet est gênant ! D’ailleurs, vous ne m’avez toujours pas dit qui vous êtes.
— La Chenille.
— La Chenille ? Voilà un nom bien étrange !
— Pas plus étrange qu’Alice.
— Peut-être, mais je n’ai jamais rencontré de chenille en robe bleue.
— Il faut bien une première fois à tout.
Alice commençait à trouver cette femme aussi agaçante que mystérieuse.
— Et vous restez toujours sur ce champignon ?
— Pas toujours.
— Et que faites-vous quand vous n’y êtes pas ?
— Je ramasse des champignons.
— Je vois que vous aimez cela !
— Tu n’imagines pas à quel point.
— Pas toujours.
— Et que faites-vous quand vous n’y êtes pas ?
— Je ramasse des champignons.
— Je vois que vous aimez cela !
— Tu n’imagines pas à quel point.
La Chenille désigna les champignons qui poussaient un peu partout autour d’elles.
— Certains possèdent des propriétés bien plus surprenantes que celles de ta potion.
Alice ouvrit de grands yeux.
— Vraiment ? Ils pourraient me faire retrouver ces sensations ?
La Chenille esquissa un sourire.
— Bien plus encore…
— Bien plus ? Comment ça ?
— Tu verras.
— Alors, vous allez me les montrer, oui ou non ?
— Bien plus ? Comment ça ?
— Tu verras.
— Alors, vous allez me les montrer, oui ou non ?
La Chenille posa enfin son narguilé et se leva tranquillement.
— Viens donc faire une petite cueillette avec moi. Tu comprendras.
— Très bien. Mais j’espère que vous connaissez votre affaire !
— Ne t’inquiète pas, Alice. Les champignons, c’est ma spécialité.
— Alors nous devrions bien nous entendre !
— Très bien. Mais j’espère que vous connaissez votre affaire !
— Ne t’inquiète pas, Alice. Les champignons, c’est ma spécialité.
— Alors nous devrions bien nous entendre !
La Chenille sourit.
— C’est ce que nous allons voir.
♦ ♦ ♦
La Chenille descendit de son champignon en se laissant glisser le long du pied rosé, avec une souplesse étonnante. Sa robe bleue remonta au passage, dévoilant de longues jambes gainées de bas résille bleus, maintenus par un porte-jarretelles assorti et, tout en haut, un minuscule string de la même couleur. Une tenue pour le moins inattendue chez une chenille.
Alice en perdit ses mots.
La Chenille, qui avait parfaitement remarqué son regard, prit tout son temps pour remettre sa robe en place.
— Quelque chose ne va pas, Alice ?
— Non, non ! C’est que je ne pensais pas que vous portiez… enfin…
— Que je portais quoi ?
— Oh ! Vous savez très bien ce que je veux dire !
— Tu as l’air très intéressée par mes dessous.
— Ce n’est tout de même pas ma faute si votre robe est remontée !
— Bien sûr que non. C’est celle du champignon.
— Non, non ! C’est que je ne pensais pas que vous portiez… enfin…
— Que je portais quoi ?
— Oh ! Vous savez très bien ce que je veux dire !
— Tu as l’air très intéressée par mes dessous.
— Ce n’est tout de même pas ma faute si votre robe est remontée !
— Bien sûr que non. C’est celle du champignon.
Elle ramassa un petit panier dissimulé derrière le pied.
— Viens. Nous allons commencer par ceux qui poussent là-bas.
Elles s’avancèrent entre les arbres jusqu’à une petite clairière où poussaient des dizaines de champignons de toutes les couleurs.
— Oh ! Je n’en ai jamais vu autant !
— Et tu n’as pas tout vu.
— Et tu n’as pas tout vu.
Alice s’accroupit devant un gros champignon au pied rose et au chapeau rouge.
— Celui-ci ressemble beaucoup au vôtre, en plus petit.
— C’est de la même famille.
— Et à quoi sert-il ?
— Cela dépend de ce que tu veux en faire.
— C’est de la même famille.
— Et à quoi sert-il ?
— Cela dépend de ce que tu veux en faire.
Alice leva les yeux au ciel, puis examina un autre champignon, beaucoup plus long et plus mince.
— Et celui-là ? Il me paraît un peu grand.
— Tu sais, Alice, la taille ne fait pas tout.
— Vous avez toujours quelque chose à dire sur la taille !
— C’est toi qui poses les questions.
— Tu sais, Alice, la taille ne fait pas tout.
— Vous avez toujours quelque chose à dire sur la taille !
— C’est toi qui poses les questions.
Alice poursuivit sa recherche et finit par en apercevoir un, minuscule, presque invisible dans l’herbe.
— Regardez celui-ci ! Il est si petit que je distingue à peine son chapeau !
Elle se mit à quatre pattes pour l’examiner de plus près. À cet instant, un coup de vent souleva sa robe, dévoilant le haut de ses bas blancs bordés de dentelle et sa petite culotte.
La Chenille, juste derrière elle, avait cessé de cueillir quoi que ce soit. Elle resta silencieuse trois bonnes secondes, ce qui, chez elle, valait un aveu.
— Eh bien, Alice, je vois que tu as également de jolis dessous.
Alice se retourna, comprit, et se redressa en rabattant sa robe.
— Oh ! Vous auriez pu me prévenir !
— Je n’en ai pas eu le temps.
— Vous qui prenez toujours votre temps, voilà bien la première fois !
— Je n’en ai pas eu le temps.
— Vous qui prenez toujours votre temps, voilà bien la première fois !
La Chenille secoua la tête, amusée.
— Touché, Alice !
Alice se pencha de nouveau vers le minuscule champignon, en retenant cette fois sa robe d’une main. La Chenille vint s’accroupir à côté d’elle.
— Attention, il est très fragile. Il faut le prendre délicatement.
Alice le détacha avec précaution.
— Comme ceci ?
— Très bien. Tu es bien curieuse, Alice.
— On me le reproche souvent.
— Et tu comptes te corriger ?
— Certainement pas !
— Très bien. Tu es bien curieuse, Alice.
— On me le reproche souvent.
— Et tu comptes te corriger ?
— Certainement pas !
La Chenille éclata de rire, un vrai rire, le premier qu’Alice lui entendait.
— Voilà au moins une réponse qui me plaît !
Alice posa son champignon dans le panier.
— Et lequel de tous ceux-là possède les fameuses propriétés ?
— Nous n’avons pas encore trouvé le bon. Il faut être patiente.
— Avec le Lapin blanc, tout allait trop vite. Et avec vous, rien n’avance !
— Le Lapin blanc ? Tu le connais ?
— Nous n’avons pas encore trouvé le bon. Il faut être patiente.
— Avec le Lapin blanc, tout allait trop vite. Et avec vous, rien n’avance !
— Le Lapin blanc ? Tu le connais ?
Alice détourna les yeux.
— Nous nous sommes rencontrés tout à l’heure.
— Et il était pressé ?
— Comme toujours !
— Alors tu devrais apprécier de rencontrer quelqu’un qui sait prendre son temps.
— Et il était pressé ?
— Comme toujours !
— Alors tu devrais apprécier de rencontrer quelqu’un qui sait prendre son temps.
Alice lui adressa un sourire amusé.
— C’est justement ce que je commence à me dire.
[A suivre : Chapitre suivant : La Chenille bleue (partie 2)]
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