Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La jeune mariée — Chapitre 3
Autrice
La jeune mariée
Chapitre 3
J’étais de retour au bureau depuis deux semaines quand je me décidai enfin à faire ce test de grossesse. Il confirma ce que mes seins devenus énormes me disaient déjà : j’étais bel et bien enceinte de mon beau-père. Je le savais depuis deux semaines, mais je n’avais toujours trouvé aucune solution. Ma libido avait explosé : j’avais envie de sexe du matin au soir et du soir au matin, contrairement à Adrien, qui ne me touchait toujours pas malgré toutes mes tentatives de séduction.
À midi, je vis sur la géolocalisation de notre messagerie que mon mari était rentré à la maison. Excitée comme je l’étais, je décidai de le rejoindre, me disant qu’il serait peut-être plus motivé que le soir. Je m’absentai du travail en prétextant une maladie soudaine, dans l’idée de le surprendre et de passer un après-midi coquin. J’entrai discrètement dans la maison et ne trouvai Adrien ni dans la cuisine ni dans le salon. Je me dis qu’il était peut-être malade et j’allai voir dans la chambre, mais plus je m’en approchais, plus les bruits qui s’en échappaient me semblaient suspects. La porte était mal fermée et je jetai un œil discret par l’entrebâillement.
Adrien était en train de faire une fellation à un autre homme ! Je compris mieux pourquoi je ne l’excitais pas : il me manquait visiblement une partie importante de l’anatomie pour lui plaire. Je ne pus m’empêcher de continuer à regarder, et je trouvai la situation très excitante. Adrien suçait le sexe de cet homme avec avidité, léchant ses couilles tout en lui caressant l’anus, puis en y insérant des doigts. L’amant de mon mari gémissait et je ne pus m’empêcher de glisser la main dans ma culotte pour me caresser. J’observai Adrien pénétrer son partenaire avec vigueur tandis que mes doigts caressaient mon clitoris ; je dus mordre mon autre main pour ne pas gémir de plaisir. J’entendis Adrien jouir au moment où l’orgasme montait en moi, et pour la première fois, je jouis en même temps que lui. Je m’éclipsai discrètement avant d’être surprise, les laissant profiter de leur moment.
Je ne retournai pas au bureau. Je passai l’après-midi dans la voiture, garée au bout de la rue, à attendre que l’amant d’Adrien sorte de la maison. Quand je le vis enfin partir, je laissai passer encore une heure, puis je rentrai, bruyamment cette fois, en claquant la porte et en posant mes clés sur le meuble de l’entrée.
— Chérie ? Tu es déjà là ? lança Adrien depuis la cuisine.
Il avait l’air détendu, les cheveux encore humides. Il avait pris une douche. Je faillis sourire.
— Je ne me sentais pas bien, dis-je. Assieds-toi, il faut qu’on parle.
Il se figea, un torchon à la main. Je pris deux tasses, préparai du thé comme je le faisais chaque soir depuis sept ans, et m’assis en face de lui.
— Adrien, je sais.
— Tu sais quoi ?
— Je suis rentrée plus tôt ce midi. La porte de la chambre était mal fermée.
Le torchon tomba sur le sol. Il pâlit, ouvrit la bouche, la referma. Je posai ma main sur la sienne avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit.
— Écoute-moi jusqu’au bout, d’accord ? Je ne suis pas en colère. J’ai été surprise, oui, mais je ne suis pas en colère. Je crois que, quelque part, je comprenais depuis longtemps que quelque chose clochait. Je me suis souvent demandé ce qui n’allait pas chez moi.
— Rien ne va mal chez toi, murmura-t-il, la voix brisée. C’est moi. J’ai essayé, tu sais, j’ai vraiment essayé. Je t’aime, Léa. Pas comme tu mérites d’être aimée, mais je t’aime. Je n’ai jamais voulu te faire de mal. J’avais tellement peur de te perdre.
— Tu ne me perds pas. Tu es mon meilleur ami, Adrien. Tu l’as toujours été. Ça, rien ne le changera.
Il se mit à pleurer, doucement, comme un homme qui pose enfin un sac trop lourd. Je contournai la table et le serrai dans mes bras. Il resta longtemps contre mon épaule.
— Maintenant, repris-je en me rasseyant, j’ai moi aussi quelque chose à t’avouer. Et je te demande de m’écouter comme je t’ai écouté.
Il essuya ses yeux et hocha la tête.
— J’ai un amant. Depuis plusieurs mois.
Il me regarda un long moment, puis, à ma grande surprise, il éclata d’un rire nerveux, mouillé de larmes.
— Eh bien, voilà qui nous met à égalité.
— Ce n’est pas tout. Je suis enceinte.
Son rire s’éteignit. Je le vis passer par toutes les émotions, la stupeur, le calcul, puis une forme de compréhension douloureuse.
— Ce n’est pas de moi.
— Non.
— Tu... tu vas me dire qui c’est ?
— Non. Pas pour l’instant. Peut-être jamais. Mais je veux garder ce bébé, et je veux le garder avec toi. Je ne te demande pas de l’élever comme le tien par obligation. Je te demande seulement si tu veux encore de moi comme épouse, même avec tout ça.
Il garda le silence si longtemps que mon cœur se serra. Puis il prit mes deux mains dans les siennes.
— Léa, je n’ai jamais voulu une autre vie que celle-ci : toi, cette maison, nos habitudes. Je ne peux pas te donner tout ce que tu mérites, alors je ne peux pas te reprocher d’aller le chercher ailleurs. Oui, je veux encore de toi. Et je veux ce bébé.
— Même sans savoir ?
— Surtout sans savoir. Je crois que je préfère ne pas savoir.
Nous restâmes ainsi, nos mains jointes au-dessus de la table, deux complices qui venaient de se dire la vérité pour la première fois depuis des années. Ce soir-là, nous mangeâmes en parlant plus librement que jamais. Nous fixâmes nos règles : discrétion, respect, honnêteté sur l’essentiel. Chacun garderait sa vie à côté, et nous resterions ensemble.
Épilogue
Notre fille naquit au printemps. Adrien assista à l’accouchement, lui tint la main comme à moi, et pleura en la prenant dans ses bras. Mon beau-père vint la voir à la maternité avec un énorme bouquet et un sourire que je connaissais trop bien. Adrien lui serra la main, parfaitement poli, parfaitement aveugle.
Deux ans plus tard, un fils arriva. Puis, après une autre année, une deuxième petite fille. À chaque fois, quelques mois avant, mon beau-père avait multiplié ses visites « pour donner un coup de main à la maison ». À chaque fois, Adrien l’accueillait chaleureusement et trouvait un prétexte pour sortir avec son propre amant. Jamais il ne fit la moindre remarque sur ces coïncidences de calendrier, et jamais je ne lui en parlai.
Trois enfants, une maison pleine de rires, un mari qui reste mon meilleur ami, deux hommes que j’aime chacun à leur façon : notre famille n’avait rien de conventionnelle, mais elle était la nôtre. Chaque soir, quand les enfants dormaient, Adrien et moi buvions notre thé dans la cuisine et, d’un regard complice, nous nous disions sans un mot que nous avions trouvé notre manière d’être heureux.
À midi, je vis sur la géolocalisation de notre messagerie que mon mari était rentré à la maison. Excitée comme je l’étais, je décidai de le rejoindre, me disant qu’il serait peut-être plus motivé que le soir. Je m’absentai du travail en prétextant une maladie soudaine, dans l’idée de le surprendre et de passer un après-midi coquin. J’entrai discrètement dans la maison et ne trouvai Adrien ni dans la cuisine ni dans le salon. Je me dis qu’il était peut-être malade et j’allai voir dans la chambre, mais plus je m’en approchais, plus les bruits qui s’en échappaient me semblaient suspects. La porte était mal fermée et je jetai un œil discret par l’entrebâillement.
Adrien était en train de faire une fellation à un autre homme ! Je compris mieux pourquoi je ne l’excitais pas : il me manquait visiblement une partie importante de l’anatomie pour lui plaire. Je ne pus m’empêcher de continuer à regarder, et je trouvai la situation très excitante. Adrien suçait le sexe de cet homme avec avidité, léchant ses couilles tout en lui caressant l’anus, puis en y insérant des doigts. L’amant de mon mari gémissait et je ne pus m’empêcher de glisser la main dans ma culotte pour me caresser. J’observai Adrien pénétrer son partenaire avec vigueur tandis que mes doigts caressaient mon clitoris ; je dus mordre mon autre main pour ne pas gémir de plaisir. J’entendis Adrien jouir au moment où l’orgasme montait en moi, et pour la première fois, je jouis en même temps que lui. Je m’éclipsai discrètement avant d’être surprise, les laissant profiter de leur moment.
Je ne retournai pas au bureau. Je passai l’après-midi dans la voiture, garée au bout de la rue, à attendre que l’amant d’Adrien sorte de la maison. Quand je le vis enfin partir, je laissai passer encore une heure, puis je rentrai, bruyamment cette fois, en claquant la porte et en posant mes clés sur le meuble de l’entrée.
— Chérie ? Tu es déjà là ? lança Adrien depuis la cuisine.
Il avait l’air détendu, les cheveux encore humides. Il avait pris une douche. Je faillis sourire.
— Je ne me sentais pas bien, dis-je. Assieds-toi, il faut qu’on parle.
Il se figea, un torchon à la main. Je pris deux tasses, préparai du thé comme je le faisais chaque soir depuis sept ans, et m’assis en face de lui.
— Adrien, je sais.
— Tu sais quoi ?
— Je suis rentrée plus tôt ce midi. La porte de la chambre était mal fermée.
Le torchon tomba sur le sol. Il pâlit, ouvrit la bouche, la referma. Je posai ma main sur la sienne avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit.
— Écoute-moi jusqu’au bout, d’accord ? Je ne suis pas en colère. J’ai été surprise, oui, mais je ne suis pas en colère. Je crois que, quelque part, je comprenais depuis longtemps que quelque chose clochait. Je me suis souvent demandé ce qui n’allait pas chez moi.
— Rien ne va mal chez toi, murmura-t-il, la voix brisée. C’est moi. J’ai essayé, tu sais, j’ai vraiment essayé. Je t’aime, Léa. Pas comme tu mérites d’être aimée, mais je t’aime. Je n’ai jamais voulu te faire de mal. J’avais tellement peur de te perdre.
— Tu ne me perds pas. Tu es mon meilleur ami, Adrien. Tu l’as toujours été. Ça, rien ne le changera.
Il se mit à pleurer, doucement, comme un homme qui pose enfin un sac trop lourd. Je contournai la table et le serrai dans mes bras. Il resta longtemps contre mon épaule.
— Maintenant, repris-je en me rasseyant, j’ai moi aussi quelque chose à t’avouer. Et je te demande de m’écouter comme je t’ai écouté.
Il essuya ses yeux et hocha la tête.
— J’ai un amant. Depuis plusieurs mois.
Il me regarda un long moment, puis, à ma grande surprise, il éclata d’un rire nerveux, mouillé de larmes.
— Eh bien, voilà qui nous met à égalité.
— Ce n’est pas tout. Je suis enceinte.
Son rire s’éteignit. Je le vis passer par toutes les émotions, la stupeur, le calcul, puis une forme de compréhension douloureuse.
— Ce n’est pas de moi.
— Non.
— Tu... tu vas me dire qui c’est ?
— Non. Pas pour l’instant. Peut-être jamais. Mais je veux garder ce bébé, et je veux le garder avec toi. Je ne te demande pas de l’élever comme le tien par obligation. Je te demande seulement si tu veux encore de moi comme épouse, même avec tout ça.
Il garda le silence si longtemps que mon cœur se serra. Puis il prit mes deux mains dans les siennes.
— Léa, je n’ai jamais voulu une autre vie que celle-ci : toi, cette maison, nos habitudes. Je ne peux pas te donner tout ce que tu mérites, alors je ne peux pas te reprocher d’aller le chercher ailleurs. Oui, je veux encore de toi. Et je veux ce bébé.
— Même sans savoir ?
— Surtout sans savoir. Je crois que je préfère ne pas savoir.
Nous restâmes ainsi, nos mains jointes au-dessus de la table, deux complices qui venaient de se dire la vérité pour la première fois depuis des années. Ce soir-là, nous mangeâmes en parlant plus librement que jamais. Nous fixâmes nos règles : discrétion, respect, honnêteté sur l’essentiel. Chacun garderait sa vie à côté, et nous resterions ensemble.
Épilogue
Notre fille naquit au printemps. Adrien assista à l’accouchement, lui tint la main comme à moi, et pleura en la prenant dans ses bras. Mon beau-père vint la voir à la maternité avec un énorme bouquet et un sourire que je connaissais trop bien. Adrien lui serra la main, parfaitement poli, parfaitement aveugle.
Deux ans plus tard, un fils arriva. Puis, après une autre année, une deuxième petite fille. À chaque fois, quelques mois avant, mon beau-père avait multiplié ses visites « pour donner un coup de main à la maison ». À chaque fois, Adrien l’accueillait chaleureusement et trouvait un prétexte pour sortir avec son propre amant. Jamais il ne fit la moindre remarque sur ces coïncidences de calendrier, et jamais je ne lui en parlai.
Trois enfants, une maison pleine de rires, un mari qui reste mon meilleur ami, deux hommes que j’aime chacun à leur façon : notre famille n’avait rien de conventionnelle, mais elle était la nôtre. Chaque soir, quand les enfants dormaient, Adrien et moi buvions notre thé dans la cuisine et, d’un regard complice, nous nous disions sans un mot que nous avions trouvé notre manière d’être heureux.
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Commentaires ()
L'histoire est écrite avec beaucoup de tendresse, mais aussi un respect sur les différences de chacun, et de l'amour qui les réunis.
Merci pour le partage.
Bravo et merci beaucoup