Sexpress tendresses
Chapitre 2
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Couverture de Sexpress tendresses, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Sexpress tendresses — Chapitre 2

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Azimuteur
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Sexpress tendresses

Chapitre 2

Oser ! Je suis intimidée et tourne sept fois ma langue dans ma bouche. Mais bon, allez, au diable ma timidité :
— Euh... Misu, tu es bisexuelle depuis toujours ?
L’intéressée ouvre de grands yeux surpris par mon audace. Là, je l’ai scotchée, elle ne s’attendait pas à une telle franchise désinvolte de la part d’une fille qui rougit à la moindre allusion orientée. Ah-ah, moi aussi je sais être directe !
— Holà, si tu veux tout savoir, il va y en avoir pour un moment...
— Bon, ok, tu m’expliqueras ça pendant le repas...
— Ah parce que je mange chez toi ?
— Oui, j’ai ce qu’il faut dans mon frigo pour un déjeuner sympa. À moins que tu n’aies un régime particulier, ce sera crudités et rôti de porc froid. Sauf si ta religion te l’interdit.
Elle secoue la tête :
— Non, ça m’ira très bien.
— Bon alors, le programme du jour : Luz Casals, ce sera cette aprèm. Là, il est onze heures vingt, je te propose qu’on s’échauffe, qu’on se dérouille les muscles un moment, qu’on transpire un peu sur quelques vieux morceaux rythmés, genre Magic System ou Boney M.
— Holà, bonnets M ? Ce n’est vraiment ma... taille, explique-t-elle en portant ses mains sur sa poitrine... inexistante !
Je souris mais ne relève pas !
— Donc on se défoule, on transpire un peu. Puis petite douche obligatoire...
— Ensemble ! s’écrie-t-elle avec un sourire épanoui et en battant des mains. Yes ! Je pourrai vérifier !
— Vérif... NON ! Rêve pas : il y a plein de salles de bains dans cette maison, dans chacune des huit chambres. Et si tu as besoin de vêtements de rechange après, je te filerai ce qu’il faut.
— Non, j’ai, explique-t-elle avec un air exagérément penaud en désignant le sac de sport qu’elle a posé dans l’entrée.
Hé-hé, je l’ai douchée la bi ! Non mais, qu’est-ce que vous « croivez », comme dirait ma petite cousine.
Ooo000ooO
La séance d’échauffement a été intense et la mi-nipponne a vite eu le rouge aux joues ! Ça lui va bien d’ailleurs.
Sous le jet puissant de ma douche, je tente de calmer mon corps mais mes sens bouillonnent encore et toujours. L’incendie couve entre mes cuisses et je dois faire des efforts surhumains pour ne pas laisser mes doigts s’insinuer dans mon fendu. Je bascule le mitigeur vers eau froide dans l’espoir de calmer mes pulsions mais rien n’y fait : mon sexe continue de me chauffer. Je louche sur mon triangle châtain, me demandant si je ne vais pas le raser vite fait : comme cela, Misu ne pourra pas... « vérifier ! »

Ne pourra pas
? Non mais hé-oh Pipa, tu délires ? Arrête ton char, il n’est absolument pas question qu’elle voit ta tirelire ! Non-non-non, il n’en n’est pas question, je ne vais pas m’engager dans... Oh, et merde : stop, arrête ton char, sèche-toi idiote et rhabille-toi au lieu de dérailler.
Lorsque Misuki me rejoint dans la cuisine, elle s’est changée et frotte sa longue chevelure dans une serviette bordeaux qu’elle finit par nouer en turban. Le rouge lui va bien au teint, décidément !
Son t-shirt a connu des jours meilleurs : il n’est plus que très vaguement blanc, si usé qu’il en est presque diaphane, suffisamment pour me laisser entrevoir les très sombres aréoles resserrées de ses seins. La garce, elle le fait exprès. Et que dire de sa jupe plissée Roland-Garros : ultra-courte, elle dévoile très haut ses longues cuisses fuselées. Parfaites d’ailleurs. Non, absolument divines !
Ça promet ! Elle ne me sautera pas dessus a-t-elle dit, mais elle fait tout pour que ce soit moi qui la bascule !
Elle croque de bon appétit bâtonnets de carottes et concombres trempés dans du tzatziki mais opère une découpe chirurgicale de sa tranche de rôti froid pour écarter tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à du gras. Elle surveille sa ligne la donzelle ? Moi, je m’embarrasse moins : je n’ai aucun problème de ligne et puis, le gras, c’est la vie !
Bien qu’impatiente, je maronne jusqu’au dessert avant de mettre les pieds dans le plat :
— Alors, tu m’expliques ?
— Que je t’explique quoi, commence-t-elle, faussement surprise, avant de capituler. Ma bisexualité ? D’accord. En fait, c’est récent... mais dressons le tableau : après bon nombre d’amourettes fleur bleue avec des garçons, j’ai fini par sauter le pas avec un bellâtre un peu autour de mes dix-huit ans. Pas une grande réussite soit dit en passant... Puis, j’ai enchaîné des histoires plus ou moins éphémères et pour tout dire, pas vraiment enthousiasmantes pour la plupart. Ni sur le plan relationnel, ni même parfois sur le plan... horizontal. Il faut croire que je suis tombée majoritairement sur une kyrielle de relous, relativement machos et pas forcément très doués en fait pour m’envoyer au ciel. Je ne dis pas que ça n’arrivait pas de temps à autre mais dans l’ensemble, sur la balance, le bénéfice orgasme-vie commune était je dirais... mitigé. Mais donc, j’étais 100% hétéro et plutôt friande de bolets de Satan...
Tiens donc, ça me rappelle quelque chose. Il semblerait que nous ayons pratiqué le même genre de loulous... Et pour ce qui est des champignons rubiconds, j’ai toujours eu bon appétit !
— L’an passé, un peu lassée de ces mecs qui tapaient l’incruste et foutaient le bordel chez moi, j’ai viré le dernier en date et me suis trouvé une colocataire. Une fille très mignonne, sympa, dynamique. Gaie, un rayon de soleil ! Par ailleurs, obsessionnelle de la propreté et du ménage. Ménage qu’elle faisait régulièrement... quasi à poil. En string ! Très libre la nénette, nature-nature pour ne pas dire naturiste. Ou plutôt franchement exhib ! En croisant un de mes regards vaguement réprobateurs, elle m’avait gratifié d’un « Eh ho, on est entre filles et j’aime être à l’aise pour passer l’aspirateur ! » Je ne dirais pas que j’en ai été choquée, non, mais pour autant, je ne suis pas entrée dans son manège. Mais je reconnais cependant qu’à force de la voir se balader plus ou moins à loilpé, j’ai fini par être troublée. Fini... très vite ! Fascinée par ses seins surtout, des nibards de compète, gros, ronds et si fermes qu’ils ballottaient à peine dans ses mouvements forcenés pour extirper la moindre poussière des tapis. Pour une planche à pain comme moi, c’était sacrément tentant... Intrigant surtout en réalité !
— Et alors, t’as craqué et voulu goûter les pomelos ?
— Non, même si je reconnais que j’étais largement tentée, c’est sûr... Mais une nuit, en ce début d’année, nous avons essuyé une forte tempête, vent, grêle, orage, je pense que tu t’en souviens. J’étais déjà couchée quand ça a démarré. Je bouquinais. Tout à coup, ma lampe de chevet s’est éteinte : panne de secteur, noir total.
Vingt secondes plus tard, Vaness’ entre dans ma piaule.
« J’ai peur, me dit-elle, je peux dormir avec toi ? ». Le temps qu’elle contourne le lit, mes yeux s’étant habitués à la pénombre, je constate qu’elle est totalement nue. Moi-même, je ne porte qu’un t-shirt de nuit, trop court pour me couvrir totalement. Pudiquement, je me tourne sur le côté. Vanessa se glisse sous les draps et se blottit contre moi, en chien de fusil. Je sens ses seins appuyés dans mon dos. Un éclair aveuglant suivi dans la seconde d’un formidable coup de tonnerre, nous tressaillons l’une et l’autre et elle en profite pour passer un bras sous mon corps.
Ses deux mains sont plaquées sur mon ventre. Elle est si étroitement serrée contre moi que je sens la chaleur infernale de son sexe sur mes fesses nues. Chaque éclair lui est prétexte pour me serrer davantage, chaque coup de tonnerre lui fait plaquer ses mains sur mon ventre, mains qui remontent inexorablement vers mon torse. Quand ses doigts s’égarent finalement sur mes tétons, mes guignols sont totalement érigés et elle s’y accroche comme à des bites d’amarrage. Je gémis, je me tortille, mes fesses se pressent sur son sexe qui irradie de chaleur moite.
Misu marque une pause et me gratifie d’un sourire... équivoque.
— C’est là, à ce moment précis, que j’ai basculé ! Au propre comme au figuré : je me suis retournée, je l’ai plaquée sur le dos et je lui ai grimpé dessus ! J’ai viré mon t-shirt et je me suis goinfrée de ses nibards. Folle, démente, ma moule brûlante se frottant sur la sienne !
Misu exhale une profonde expiration.
— Voilà, c’est comme ça s’est passé...
Oh non, tu ne vas pas t’arrêter là ? Côté incendie, pour moi, là, c’est violentissime ! Interdire à mes mains de plonger entre mes cuisses relève de l’exploit ! Une torture !
La belle eurasienne a bien décelé mon excitation.
— Pipa, même si cette histoire s’est mal terminée en fait car, de ce moment-là, Vanessa s’est révélée exclusive, jalouse comme une tigresse et proprement invivable, le souvenir de notre première joute, et de quelques autres aussi, reste vivace et délicieux. Je ne t’en dirai pas davantage car je ne pourrais pas m’empêcher longtemps de glisser mes doigts sous ma jupe à l’évocation de nos turpitudes.
Misu me glisse un regard en biais.
— Et je ne pourrais surtout pas m’empêcher de te sauter dessus ma chérie. Et que je te saute dessus, ce n’est pas ce que tu veux... n’est-ce pas ?
J’ai du mal à déglutir.
— Nn... non... sûrement... pas...
Ma voix est étranglée et je m’en rends compte, mes dénégations ne sont guère convaincantes.
— Alors, allons danser. Vite !
Ooo000ooO
Dans mon training-garage au sous-sol, notre première séance d’entraînement se passera bien, même si la proximité de nos corps, certains contacts inévitables dans un tango et les troubles qu’ils ont engendrés m’ont par instants fait perdre le fil de la chorégraphie. Surtout, quand j’ai posé mes mains sur ses fesses et que je n’ai décelé ni le relief d’un élastique, ni aucune couture d’un slip. Estomaquée qu’elle puisse se balader cul nu sous une aussi courte jupe, j’ai, le plus discrètement possible, continué mes recherches à chaque fois que la chorégraphie m’en donnait l’occasion. D’autant que la petite rouée se laissait complaisamment ploter son cul... nu !
Nothing... Underneath Your Clothes !
De cette première approche, (je parle là de la danse, pas des vifs élancements sensuels de mon pelotage de son adorable petit cul qui m'ont provoqué des épanchements humides intempestifs ...), en une demi-heure, il en est ressorti que Misuki, liane souple et élève douée, n’aura aucun mal à assimiler les enchaînements du tango.
Il n’est même quatorze heures lorsque la belle me quitte. Sur le pas de la porte, elle prend ma main, m’attire vers elle et dépose deux bisous sur mes joues, le second frôlant la commissure de mes lèvres. Ce contact inattendu m’électrise. Alors qu’elle se recule, je conserve sa main dans la mienne et l’attire à nouveau vers moi. Prise d’une audace qui ne me ressemble pas, je lui glisse un baiser furtif, directement sur les lèvres avant de la repousser fermement, en riant pour masquer ma gêne.
Misu reste figée une petite seconde, passe lentement sa langue sur ses lèvres avant de rire à son tour et m’offre un « Merci ma douce chérie ». Gracieuse sylphide, elle se détourne et s’éloigne dans l’allée en sautillant comiquement. Juste assez pour que j’aperçoive son petit cul. Nu !
Je reste un bon moment, dos appuyé contre la porte refermée, avant de courir vers ma chambre. Je me jette en travers du lit. Les yeux rivés au plafond, je suis en proie à mille et une réflexions, torturée par des désirs et pulsions irraisonnées, chavirée par toutes ces sensations qui depuis ce matin ont exacerbé mon corps et mon sexe. Des mots, des phrases tournent dans mon esprit : « Tu me plais énormément ». Ah oui ? Jusqu’à quel point ? Était-elle vraiment sérieuse ? Et le « je ne pourrais pas m’empêcher de te sauter dessus » aussi ? Et quand elle battait des mains à l’idée d’une douche commune pour « vérifier... » la couleur de mon buisson ? C’était du fun, du flan, simple jeu ? Provocation gratuite ? Sans parler évidemment de son cul à l’air sous sa micro mini-jupe... Oh, sacrée pétroleuse !
Misu m’a totalement tourneboulée, échauffée, excitée. Dans le delta de mes cuisses, je sens bien à quel point mon corps réclame l'apaisement mais je résiste à ces élans qui me sidèrent encore. M'avouer cette attirance, cette envie si désespérée et déroutante constituerait un basculement trop fondamental. Je ne suis pas si obtuse et rétrograde pour considérer « contre nature » une relation entre femmes, non, certainement pas, mais je la sens pour le moins contre « ma nature ! Jamais, à quelque moment que ce soit, jamais, je n'ai ressenti une quelconque attirance pour une femme. Loin de là !
Pas même à l’adolescence, alors que j’étais pourtant si formidablement curieuse et impatiente de découvrir le sexe et ses joies. Ni avec Justin, lorsqu’il tentait plus ou moins habilement de me pousser au triolisme. Je me serais sans doute laissé entraîner dans une partie à trois... avec un homme ! Mais avec une femme, le deal n'éveillait franchement en moi aucun désir ! Non par dégoût ou puritanisme, simplement, l'idée me laissait froide et même vaguement dégoûtée...
Mais là, quelques petites heures après notre rencontre, voilà que je me sens prête, que je me « sais » prête à basculer. Inconcevable !
Plus inconcevable encore, l’emballement de mon cœur ! Car je me réalise amoureuse (réaliser est le mot, cette découverte me saute au cœur !), oui, amoureuse de la belle eurasienne ! Amoureuse ! Le mot tourne dans ma tête ! Mais non Pipa, arrête, tout de suite les grands mots ! Ça te ressemble bien ça ! Ton côté fleur bleue ? Il est clair qu’un sentiment amoureux impliquerait bien plus de conséquences que la simple furie sexuelle.
Non, sois sérieuse ma fille, tu n’es pas amoureuse, juste un peu dépravée et curieuse de découvrir de nouveaux horizons…
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Pipa a passé une nuit blanche, tiraillée entre angoisses et désir. Dimanche, Misuki revient chez elle pour reprendre l'entraînement, et la rousse n'est plus du tout la fille raisonnable qu'elle prétend être. Entre tenues pesées au gramme près et préparatifs au petit matin, elle affronte son trouble sans savoir où il la mène. Saura-t-elle enfin dire ce qu'elle ressent ?
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