Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sexpress tendresses — Chapitre 5
Auteur
Sexpress tendresses
Chapitre 5
Sept minutes ! Il ne lui aura fallu que sept minutes pour faire la route. Pour moi, sept interminables minutes passées à piétiner derrière ma porte, collant mon œil au judas toutes les dix secondes, consultant sans cesse ma montre. Une éternité au cours de laquelle j’ai regretté dix fois lui avoir demandé de venir, avant de m’enguirlander vertement tout aussitôt au sujet de mon inconsistance.
Sept minutes où je n’ai cessé de gigoter aussi, de presser mes cuisses l’une contre l’autre pour tenter de contenir le feu dévorant mon sexe, d’éviter que mes mains ne se coulent dans mon sanctuaire incendié. Je me suis injuriée, traitée de fille perdue, de salope, de sale gouine aussi mais en comprenant tout aussitôt que ces invectives étaient du flan. Pourtant, ce n’est pas moi ça, ça ne me ressemble d’être là à brûler de... faire l’amour à une ... femme !
Je n’ai pas obéi à sa demande de rester nue, j’ai enfilé un bête slip en coton blanc. Non dans une ultime pudeur imbécile mais par calcul lascif : je voulais lui conserver un petit suspens, pour qu’elle puisse finalement vérifier, lui laisser la surprise de la découverte de la couleur de mon buisson !
J’étais dans un état de nerfs indescriptible quand sa voiture s’est garée devant chez moi.
Ooo000ooO
Porte entrebâillée, je passe la tête et une épaule. Misu verra déjà un de mes seins nus. Elle sort de sa voiture : dans sa manœuvre, j’aperçois fugitivement son entrejambe : no slip ! Ok, me voilà rassurée, elle joue le jeu. Elle prend un sac en toile, visiblement bien rempli et une boîte à tarte. Elle porte une robe saharienne si courte qu’elle pourrait bien n’être qu’une veste en fait, à peine assez longue pour couvrir ses fesses et cacher son fri-fri. Veste beige écru fermée par des boutons pression.
Entrée dans la maison, elle balance son sac, me refile son Tup à tarte que je pose sur la console de l’entrée. Elle se plante fièrement devant et avec un air de défi, d’un coup sec, elle fait sauter toutes les pressions de la saharienne qui tombe au sol, révélant sa totale nudité.
Elle veut me sauter au cou mais je l’en empêche.
— Si tu m’embrasses ici, on n’atteindra jamais la chambre !
La petite garce n’est pas obéissante ! Elle se plaque contre moi mais je lui refuse obstinément ma bouche.
Sentir son corps tout contre le mien, sa peau contre la mienne, mes seins frôler ses formidables tétons dressés ravivent mon désir, si tant est qu’il ait jamais faibli depuis... tous ces derniers jours ! Nos mains s’égarent, les miennes empaument ses fesses, les siennes s’accrochent à ma culotte, en tiraillent l’élastique qu’elle fait claquer sèchement plusieurs fois sur mes fesses. Voudrait-elle me punir de ne pas lui avoir obéi, d’avoir enfilé ce slip ridicule alors qu’elle, n’a pas hésité à faire la route nue sous son scandaleux vêtement ? Je n’ai pas le temps de m’interroger car une cuisse s’insère entre les miennes, se frotte délibérément à mon sexe et me fait perdre raison. Je vacille, je tangue, je me raccroche comme je peux à ma partenaire. Je perds pied. Le désir qui me submerge est irrépressible, incontrôlable. Impérieux !
Je trouve tout de même la force de repousser la belle asiate.
— Viens, suis-moi !
Je prends les commandes et la mène à ma chambre. Où je m’effondre, poupée de chiffons, bras en croix, sur le lit. Misuki, penchée sur mon visage, un doux sourire aux lèvres, me demande dans un souffle :
— Tu es sûre ? C’est vraiment ce que tu veux ?
J’acquiesce, gravement.
— Oui, je te veux et je m’offre à toi !
Tragédienne, comédienne, il faut toujours que j’en fasse un tout petit peu trop, ce qui visiblement amuse ma partenaire.
Tragédienne, comédienne, il faut toujours que j’en fasse un tout petit peu trop, ce qui visiblement amuse ma partenaire.
Allongée de travers sur le lit, je vois Misu se relever, caresser ses seins, ses mini-nichons aux tétons tout pointus tout en me détaillant avec un regard aiguisé. Quand celui-ci s’arrête sur mon slip, elle sourit :
— Je comprends, tu voulais me laisser le plaisir de faire ma petite ... vérif ! Excellente idée mais je crois que je vais attendre encore un peu !
Sarcastique, elle se moque :
— Ta culotte de grand-mère est bien trop excitante pour que je te l’enlève de suite ! Pas avant qu’elle ne soit trempée, dégoulinante de ta liqueur d’amour ! Et crois-moi, je vais te faire mouiller comme jamais ma chérie !
La volcanique métisse s’allonge aux trois-quarts sur moi, chaude, bouillante, une cuisse vaguement insinuée entre les miennes. Son visage s’approche doucement du mien, son souffle balaye mes lèvres. Des lèvres que j’ouvre, tremblante et impatiente du délicieux contact que j’attends avec tant d’impatience.
Ce baiser espéré, rêvé, attendu, première détonante transgression, première violation manifeste et clairement assumée de la morale établie, sera aussi ma première, éclatante et irrémédiable insurrection, celle qui me précipitera sans retour possible dans une réalité divergente des conventions traditionnelles. Mais nos deux corps brûlants et offerts, nos caresses indiscrètes ne vaudront rien, ou pas grand-chose, tant qu’un baiser amoureux n’aura pas scellé notre victorieuse immoralité, tant qu’il n’aura pas fait voler en éclats le mensonge de la tâche originelle. Impatiente d’abandonner ma bouche toute entière à mon amante, de lui offrir mon souffle et de voler le sien, je tremble, transie d’espoir et de glorieuse honte.
Elles s’effleurent à peine nos bouches, comme pour s’apprivoiser, se connaître, s’amadouer. Elles se séparent, s’éloignent une fraction de seconde pour se retrouver avec plus de conviction jusqu’à ce qu’un élan ne me transporte et ne me fasse souder nos lèvres impatientes. Asphyxiée et affamée, je prends sa bouche, c’est moi qui l’embrasse, avec fougue et déraison, moi qui vole son souffle, moi qui lance ma langue affolée à la rencontre de la sienne. Le contact m’électrise, triple bang, je tremble de la tête aux pieds, oui, je tremble à nouveau mais de plaisir et de bonheur. L’instant est à la hauteur de l’attente, une fabuleuse magie grave le moment présent dans ma mémoire, moment si fragile, si intense que je sais déjà qu’il ne pourra plus se répéter avec cette puissance que lui confère la nouveauté.
Le bonheur unique de la première fois.
Nos baisers se font vite désordonnés, avides, une force animale nous transporte. Nous nous dévorons bien plus que nous nous embrassons, nous buvons nos souffles avec le sentiment d’une fusion de nos corps, de nos âmes. Oui, nos âmes car la mienne en tout cas, bien au-delà de mon simple corps, lui est offerte, sans retenue. Déjà...
Longtemps, seules nos bouches affolées conduisent à nos errements, mais quand une faible pression de sa cuisse appuie à peine sur mon sexe, effarouche mon bouton sensible, c’est un ouragan qui se déchaîne en moi. Je crie brusquement, me renverse et enfonce mon crâne dans la literie. Je perds mon souffle. Misu sourit, visiblement heureuse de l’effet produit, du plaisir donné : un micro-orgasme !
Ma délicieuse maîtresse me surplombe désormais, une main s’égare dans mon cou, caresse ma nuque : de délicieux frissons hérissent ma peau. La main vire vers mon aisselle, s’y coule, des doigts me chatouillent et me font frémir. À nouveau. Frémir et bouillir aussi ! Bouillir d’impatience !
J’en veux plus... tellement plus !
Heureusement, la main se mue en arthropode affolé, fait courir ses pattes sur mon torse, monte, descend, tournicote avant de se calmer pour s’aventurer sans hâte vers mon sein gauche. Des phalanges hardies suivent précautionneusement les limites du triangle pâle laissées par mon haut de bikini. Elles s’éternisent, avant qu’un index léger ne trace, enfin, une lente et infernale spirale autour de mon mamelon érigé. J’imagine cette volute se rétrécissant pour exciter l’aréole, des frôlements intermittents sur les granulis hérissés de ma rustine horripilée mais Misuki me sidère par une touchette appuyée, directement sur le sommet de mon téton dressé. L’attaque me cisaille, provoque un court-circuit de mes synapses, presque douloureux, tant la sensation est puissante. Je suis une brindille chahutée dans le tambour géant d’une essoreuse démente. Non, c’est plus fort encore : je suis fétu de paille transbahuté dans une ahurissante tempête cosmique.
Je réalise à cet instant qu’aucun homme quasiment ne m’a jamais exploré avec autant de patience. Pour être vraiment honnête, je dois reconnaître que certains de mes partenaires se sont montrés plutôt doués en caresses alambiquées et excitantes. Mais jamais, non jamais, lors d’une première fois. Trop gourmands, trop pressés, de peur sans doute qu’un « NON ! » impératif ne vienne mettre un terme, temporaire ou définitif, à ces préliminaires de leur quête du Graal, de leur cheminement vers la caverne prodigieuse. Mais doit-on s’en étonner ? En définitive, qui mieux qu’une femme, qui connaît parfaitement tous les ressorts sensibles de son propre corps, toutes les arcanes de son désir, qui donc, pourrait mieux qu’une femme éveiller avec autant de délicatesse les minuscules interrupteurs secrets du désir féminin.
Et elle, ma Misu, elle sait allumer ces interrupteurs secrets !
Au-delà de cela, Misuki tiendrait-elle son expertise d’un quelconque atavisme. Les asiatiques ne sont-ils pas réputés pour leur raffinement, leur science de la torture ? Car c’est bien une lente torture, ô combien exquise, que me fait subir ma douce tortionnaire alors que je brûle plus que jamais de lui offrir le délicat coquillage festonné de mon entrecuisse. J’attends, j’espère, je rêve, sans pouvoir les imaginer vraiment, les agaceries complexes que ses doigts prodigueront alors à mes petites lèvres, mon bouton, ma fente, mon gouffre embrasé. Je ne doute pas qu’ils sauront abonder en savantes caresses irradiantes.
Je me liquéfie littéralement dans cette attente insupportable.
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