Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Pleine charge — Chapitre 1 · Le téléphone de Charline
Auteur
Pleine charge
Chapitre 1 · Le téléphone de Charline
Le téléphone de Charline était toujours sur le siège passager de ma voiture. Je m'en étais aperçu en rentrant chez moi. Au départ, je n'avais pas vraiment prêté attention à cet oubli. J'avais simplement pensé qu'elle finirait par s'en rendre compte et trouverait un moyen de me contacter.
En attendant, j'avais essayé de voir s'il existait une façon de retrouver son identité pour lui rendre son appareil. C'est en manipulant le téléphone que j'avais aperçu quelques photos dans sa galerie. Je dois reconnaître que ma curiosité avait pris le dessus.
Charline avait visiblement une facette que je ne connaissais pas encore. Plusieurs clichés étaient particulièrement suggestifs. Des photos prises chez elle, devant un miroir, dans différentes tenues, parfois très légères. Sur l'une d'elles, elle portait un simple caraco blanc, les cheveux défaits, et regardait l'objectif avec une assurance tranquille qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais cru percevoir d'elle. Elle semblait parfaitement à l'aise avec son corps et n'avait manifestement aucun problème à le mettre en valeur.
Je n'avais pas cherché à aller plus loin. J'avais également aperçu son adresse dans les informations de son téléphone, mais je n'avais aucune intention de débarquer chez elle sans y avoir été invité. Je m'étais simplement dit qu'il faudrait trouver une occasion de lui rendre son bien.
Le lendemain, cette occasion se présenta. Nous avions convenu de nous retrouver sur un parking souterrain en plein centre-ville. Un endroit pratique, à proximité des commerces, où elle pourrait récupérer son téléphone avant de repartir. J'arrivai quelques minutes en avance.
Je m'étais garé près d'un pilier, dans une rangée relativement tranquille. Le parking était animé sans être bondé. On entendait les moteurs, les portières qui claquaient et les bruits de pas résonnant sur le béton. Je sortis mon téléphone et regardai l'heure. L'image du caraco blanc me revint sans prévenir — ce regard direct, cette assurance légère. Je la chassai de mon esprit. Puis une Mercedes blanche apparut au bout de la rampe. Je reconnus immédiatement la voiture. Elle descendit lentement dans le parking, passa devant plusieurs rangées de véhicules et finit par se garer à quelques mètres de moi. Le moteur s'arrêta. La portière s'ouvrit et Charline descendit.
Elle était particulièrement élégante. Un pantalon noir ajusté, un chemisier clair légèrement ouvert au col et des chaussures à talons. Ses cheveux bruns retombaient sur ses épaules. Elle avait pris soin de son apparence, et je me demandai si elle s'était préparée spécialement pour ce rendez-vous. Elle me repéra et esquissa un sourire.
— Alors, tu as mon téléphone ?
— Il est là.
— Il est là.
Je sortis l'appareil de ma poche. Elle s'approcha et le récupéra.
— Merci. Tu ne peux pas savoir à quel point j'en ai besoin.
— J'imagine que ça doit être compliqué de vivre sans.
— Surtout quand on a une vie sociale aussi passionnante que la mienne.
— J'imagine que ça doit être compliqué de vivre sans.
— Surtout quand on a une vie sociale aussi passionnante que la mienne.
Je souris. Elle vérifia rapidement l'écran, puis releva les yeux vers moi.
— Tout va bien ?
— Oui, pourquoi ?
— Je ne sais pas. Tu as une drôle de tête.
— Oui, pourquoi ?
— Je ne sais pas. Tu as une drôle de tête.
Je haussai les épaules.
— J'ai simplement découvert que tu avais une galerie photo assez intéressante.
Son sourire disparut une fraction de seconde. Elle comprit immédiatement.
— Ah…
Un silence s'installa. Elle regarda son téléphone, puis moi.
— Tu as regardé mes photos ?
— Je suis tombé dessus en essayant de retrouver ton identité. Je reconnais que j'aurais dû m'arrêter là.
— Je suis tombé dessus en essayant de retrouver ton identité. Je reconnais que j'aurais dû m'arrêter là.
Elle me fixa quelques secondes avant de sourire de nouveau.
— Et alors ?
— Et alors quoi ?
— Elles t'ont plu ?
— Et alors quoi ?
— Elles t'ont plu ?
Je ris légèrement.
— Tu veux vraiment savoir ?
— Sinon, je ne te poserais pas la question.
— Disons que je ne m'attendais pas à découvrir cette facette de toi.
— Sinon, je ne te poserais pas la question.
— Disons que je ne m'attendais pas à découvrir cette facette de toi.
Elle rangea son téléphone dans son sac.
— Tu sais, tu aurais pu me le dire dès le début.
— Je ne savais pas trop comment aborder le sujet.
— Tu aurais pu commencer par me dire bonjour.
— Je ne savais pas trop comment aborder le sujet.
— Tu aurais pu commencer par me dire bonjour.
Je m'approchai légèrement.
— Bonjour, Charline.
— Bonjour, Eliot.
— Bonjour, Eliot.
Elle éclata de rire. Nous restâmes quelques secondes à nous regarder. Il y avait quelque chose de différent dans son attitude. Elle semblait beaucoup moins réservée que lors de notre première rencontre.
— Tu as fait tout ce chemin uniquement pour me rendre mon téléphone ? demanda-t-elle.
— C'était le programme.
— Et maintenant que c'est fait ?
— Je peux repartir.
— C'était le programme.
— Et maintenant que c'est fait ?
— Je peux repartir.
Son sourire s'élargit, amusé.
— Ce serait dommage.
Elle contourna sa Mercedes et posa son sac sur le siège conducteur avant de refermer la portière.
— Tu sais ce qui m'amuse ? reprit-elle.
— Non.
— Je suis venue ici en me demandant si tu avais regardé mes photos.
— Et maintenant ?
— Maintenant, je me demande lesquelles tu as préférées.
— Non.
— Je suis venue ici en me demandant si tu avais regardé mes photos.
— Et maintenant ?
— Maintenant, je me demande lesquelles tu as préférées.
Je la regardai en souriant.
— Je ne vais quand même pas te faire l'inventaire de ta galerie au milieu d'un parking.
— Pourquoi ? Tu as peur de me vexer ?
— Plutôt de te donner trop d'importance.
— Pourquoi ? Tu as peur de me vexer ?
— Plutôt de te donner trop d'importance.
Elle rit franchement. Puis elle s'approcha de moi.
— Tu es toujours aussi sûr de toi ?
— Pas du tout.
— Ça ne se voit pas.
— C'est parce que j'essaie de faire bonne impression.
— Pas du tout.
— Ça ne se voit pas.
— C'est parce que j'essaie de faire bonne impression.
Elle posa une main sur mon torse. Son regard s'attarda sur mon visage, et je sentis la légère pression de ses doigts à travers le tissu avant qu'elle ne se rapproche davantage.
— Et tu crois que ça fonctionne ?
— Je ne sais pas encore.
— Je ne sais pas encore.
Elle ne répondit pas. Elle m'embrassa. Ce fut d'abord un baiser doux, presque prudent — ses lèvres tièdes contre les miennes, son souffle effleurant ma joue. Puis ses bras remontèrent autour de mon cou, son parfum se fit plus net, plus proche, et je posai les mains sur sa taille pour l'attirer contre moi.
Nous nous séparâmes quelques instants plus tard. Elle souriait.
— Je crois que tu te débrouilles plutôt bien.
— Je prends ça comme un compliment.
— Je prends ça comme un compliment.
Elle jeta un regard autour de nous. Quelques voitures circulaient encore, mais notre rangée était relativement calme.
— Tu as beaucoup de temps devant toi ?
— Pourquoi ?
— Comme ça.
— Je peux m'arranger.
— Pourquoi ?
— Comme ça.
— Je peux m'arranger.
Elle sourit et recula de quelques pas jusqu'à sa voiture. La Mercedes était superbe. Une carrosserie blanche parfaitement entretenue, des lignes élégantes et un long capot qui reflétait les néons du parking. Elle posa ses mains dessus et me regarda.
— Tu aimes ma voiture ?
— Beaucoup.
— Tu regardes la voiture ou autre chose ?
— Beaucoup.
— Tu regardes la voiture ou autre chose ?
Je souris.
— Les deux.
Elle baissa les yeux en riant. Puis elle s'installa sur le bord du capot, prenant appui de chaque côté avec ses mains.
— Tu sais, je ne suis pas certaine que ce soit une très bonne idée.
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
— Le fait qu'on soit en plein centre-ville, dans un parking, et que je sois en train de passer un moment avec un homme que je connais finalement assez peu.
— On peut toujours arrêter.
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
— Le fait qu'on soit en plein centre-ville, dans un parking, et que je sois en train de passer un moment avec un homme que je connais finalement assez peu.
— On peut toujours arrêter.
Elle me regarda.
— Tu en as envie ?
— Pas vraiment.
— Moi non plus.
— Pas vraiment.
— Moi non plus.
Je m'approchai d'elle. Ses mains se posèrent sur mes épaules et m'attirèrent vers elle. Nos lèvres se retrouvèrent rapidement. Je sentais ses doigts glisser dans mes cheveux tandis que je l'embrassais. Elle semblait avoir complètement oublié le prétexte initial de notre rendez-vous.
Le parking continuait de vivre autour de nous. Au loin, une voiture démarra, puis le bruit s'éloigna. Une portière claqua dans une autre allée. Charline interrompit notre baiser et regarda brièvement autour d'elle.
— On devrait peut-être faire attention.
— Tu as raison.
— Tu as raison.
Elle sourit.
— Mais je n'ai pas très envie de partir.
Je posai une main sur sa joue.
— Alors ne pars pas tout de suite.
Elle m'embrassa de nouveau. Le temps sembla s'étirer. Nous étions tous les deux conscients de l'endroit où nous nous trouvions, de la situation assez improbable et de ce que nous étions en train de faire. Pourtant, aucun de nous ne semblait vouloir mettre un terme à ce moment. Elle finit par descendre du capot et remit correctement son chemisier. Je reculai légèrement pour lui laisser de l'espace.
— Bon, dit-elle en récupérant son sac.
— Bon ?
— Je crois que je vais devoir rentrer.
— Je comprends.
— Bon ?
— Je crois que je vais devoir rentrer.
— Je comprends.
Elle ouvrit la portière, puis se retourna vers moi.
— Tu sais, Eliot…
— Oui ?
— La prochaine fois, tu n'auras pas besoin de mon téléphone pour me retrouver.
— Oui ?
— La prochaine fois, tu n'auras pas besoin de mon téléphone pour me retrouver.
Je souris.
— Je note.
Elle monta dans sa Mercedes, démarra et baissa sa vitre.
— Et évite de regarder toutes mes photos la prochaine fois.
— Je ne promets rien.
— Je ne promets rien.
Elle éclata de rire.
— Incorrigible !
Elle passa une vitesse et quitta lentement sa place. Je la regardai disparaître dans la rampe du parking. L'odeur de son parfum était encore là, légèrement, dans l'air froid du sous-sol. Je gardai les mains dans mes poches.
Je n'avais finalement pas seulement rendu un téléphone ce soir-là. J'avais surtout le sentiment que cette histoire ne faisait que commencer.
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