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Fantasme
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Amandine au pays des merveilles — Chapitre 10 · Christian

21 minutes
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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Amandine_in_wonderland
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Ce chapitre séduit d'abord par son rythme : tout se joue dans les infimes détails — un regard qui s'attarde une seconde de trop, un verre qu'on fait tourner pour se donner une contenance, un sourire qu'on ne parvient plus à dissimuler. On aime aussi la façon dont Didier occupe l'espace sans jamais envahir la scène, présent comme un filet de sécurité invisible. L'écriture sait laisser le silence parler à la place des mots, et c'est dans ces interstices que l'histoire trouve toute sa force.

Amandine au pays des merveilles

Chapitre 10 · Christian

Amandine était encore dans la chambre.
Elle venait de passer plusieurs minutes devant le miroir à se demander si elle n'avait pas fait un choix un peu trop audacieux pour une simple soirée entre amis. La robe noire qu'elle avait finalement choisie n'avait pourtant rien d'extravagant. Elle était même plutôt sage. Son décolleté restait discret, les manches courtes découvraient simplement ses bras et la jupe, légèrement ajustée à la taille, descendait jusqu'à quelques centimètres au-dessus de ses genoux.
Elle se regarda encore quelques secondes dans le miroir. Au fond, ce n’était pas seulement pour Christian qu’elle avait choisi cette robe. Elle savait que Didier aimait la voir ainsi, élégante sans être trop apprêtée, et cette pensée lui arracha un petit sourire.
C’était aussi pour lui qu’elle avait eu envie d’être jolie ce soir-là. Pour voir ce regard particulier qu’il posait sur elle lorsqu’il la trouvait belle, un regard qui la touchait toujours davantage qu’elle ne voulait bien l’avouer.
Elle passa doucement une main sur le tissu de sa robe.
Avec Didier, elle n’avait jamais besoin de jouer un rôle. Elle pouvait être timide, maladroite, parfois même un peu enfantine, et il savait toujours la rassurer d’un sourire ou d’un simple geste tendre. C’était peut-être cela qui lui donnait aujourd’hui le courage de se montrer autrement.
— Tu crois que ça va ? demanda-t-elle.
Didier, qui venait de passer la tête dans l'embrasure de la porte, lui adressa un sourire.
— Tu es magnifique ma puce.
— Ce n'est pas ce que je te demande.
— Je sais.
Il s'approcha d'elle et posa doucement les mains sur ses épaules.
— Et oui, ça va très bien. Christian vient simplement prendre l'apéritif. Tu n'as aucune raison de te mettre la pression.
Amandine acquiesça avec un petit sourire.
— Je ne me mets pas la pression.
Didier leva un sourcil amusé.
— Bien sûr que si.
Elle lui donna une petite tape sur le bras.
— Arrête de te moquer de moi !
La sonnette retentit à cet instant. Amandine inspira profondément avant de suivre Didier jusqu'au salon.
Christian attendait sur le palier.
À soixante-quatre ans, il avait conservé une élégance naturelle qui ne semblait jamais travaillée. Ses cheveux grisonnants étaient soigneusement coiffés, quelques rides fines entouraient ses yeux et son sourire possédait cette chaleur tranquille des hommes habitués aux conversations et aux soirées entre amis. Il portait un pantalon sombre et une veste légère sur une chemise claire, sans chercher à paraître plus jeune qu'il ne l'était.
Il était simplement élégant. Et plutôt bel homme.
— Christian ! Entre donc.
— Bonsoir, Didier.
Ils se serrèrent la main avant que Christian ne franchisse le seuil.
Puis son regard tomba sur Amandine. Il y eut un très léger silence. Rien de suffisamment long pour être embarrassant, une fraction de seconde, tout au plus.
Mais Amandine le remarqua et Christian aussi, probablement.
Son regard avait glissé sur elle avant de revenir rapidement vers son visage, comme s'il venait de prendre conscience qu'il s'était attardé.
— Bonsoir, Amandine.
— Bonsoir, Christian.
Elle lui sourit avec cette petite réserve qui lui était habituelle lorsqu'elle rencontrait quelqu'un qu'elle connaissait encore peu. Didier connaissait ce sourire, cette façon qu'elle avait de baisser les yeux lorsqu'elle était troublée. Et il aimait profondément cette femme. La voir plaire à un autre homme ne diminuait en rien ce qu'il ressentait pour elle. Au contraire, il éprouvait quelque chose d'étrangement tendre à la regarder découvrir, presque avec étonnement, l'effet qu'elle pouvait produire.
Christian lui fit la bise et, lorsqu'il se redressa, leurs regards se croisèrent, ce qui fit aussitôt détourner les yeux à Amandine. Elle sentit une chaleur légère lui monter aux joues.
Didier, lui, avait parfaitement observé la scène. Il ne laissa rien paraître, il se contenta de refermer la porte derrière son ami et de l'inviter à entrer, avec un sourire intérieur.
Il connaissait Christian depuis suffisamment longtemps pour savoir que son regard n'avait rien d'indifférent mais, sans éprouver la moindre jalousie, Didier ressentit une petite fierté presque enfantine. Il aimait voir les autres hommes découvrir ce qu'il savait depuis longtemps : Amandine était belle.
Mais sa beauté n'était pas seulement une affaire de traits ou de silhouette. Il y avait chez elle quelque chose de plus difficile à définir : une douceur dans la façon de sourire, une manière de baisser les yeux lorsqu'elle était gênée, et cette petite lumière espiègle qui apparaissait parfois lorsqu'elle se sentait suffisamment en confiance pour jouer avec la situation.
Ils s'installèrent dans le salon. La première partie de la soirée fut parfaitement ordinaire.
Didier servit le vin, Christian raconta quelques anecdotes, et Amandine participa à la conversation avec cette discrétion attentive qui lui était naturelle. Elle riait facilement, parfois même un peu plus franchement lorsqu'elle se sentait à l'aise.
Christian, de son côté, semblait apprécier sa présence. Il lui posait des questions, il écoutait véritablement ses réponses et, de temps à autre, son regard revenait vers elle, s'attardant parfois un peu trop longtemps.
Amandine finit par s'en apercevoir. La première fois, elle fit semblant de ne rien avoir remarqué. La deuxième, elle baissa les yeux vers son verre. La troisième, elle ne put s'empêcher de sourire, ce qui fit détourner les yeux de Christian avec un léger embarras.
Il était marié.
La pensée lui traversa l'esprit presque malgré lui. Pas comme une alarme, ni même comme un reproche, simplement comme un rappel de la réalité dans laquelle il se trouvait. Il n'était pas venu chez Didier pour chercher quoi que ce soit. Il était venu passer une soirée entre amis, comme il en avait passé tant d'autres.
Et pourtant, depuis qu'il avait franchi la porte, Amandine occupait une place étrange dans son attention.
Elle lui plaisait. Il n'avait pas vraiment de raison de se mentir là-dessus.
Ce qui le gênait davantage, c'était de constater à quel point cette évidence influençait déjà son comportement. Il faisait attention à ses gestes, à ses paroles, à la manière dont il la regardait. Il se surprenait parfois à chercher sa réaction lorsqu'il disait quelque chose, puis se reprenait presque aussitôt.
Il savait également qu'elle était la compagne de Didier.
Cette pensée-là comptait peut-être encore davantage. Il appréciait son ami et n'avait aucune envie de mettre leur amitié dans une situation embarrassante. Il savait qu'une limite existait. Ce qui était plus troublant, c'était de constater qu'une partie de lui avait déjà envie de s'en approcher.
Et cela se manifestait dans des détails qu'il aurait probablement préféré ne pas remarquer lui-même.
Lorsqu'elle croisait les jambes, il s'efforçait de regarder ailleurs. Lorsqu'elle riait, il se surprenait à la regarder plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu. Et lorsqu'elle se penchait pour attraper son verre, il s'intéressait soudain avec beaucoup de sérieux à la conversation de Didier.
Amandine observait tout cela du coin de l'œil. Elle ne savait pas exactement pourquoi cela la faisait sourire. Peut-être parce qu'elle découvrait qu'elle pouvait troubler un homme comme Christian. Mais, au fond, ce qui la troublait presque davantage était de savoir que Didier le voyait lui aussi.
Elle connaissait suffisamment son compagnon pour savoir qu'il n'était pas jaloux. Et cette confiance lui faisait quelque chose. Elle se sentait belle, désirée, mais surtout profondément aimée. C'était peut-être justement parce qu'elle se sentait aussi sûre de l'amour de Didier qu'elle pouvait se permettre de jouer un peu avec cette nouvelle sensation.
À un moment, Didier se leva.
— Je vais chercher quelque chose à grignoter.
Il regarda son ami, puis Amandine, avec un léger sourire plein de mystère.
— Je reviens.
Amandine comprit immédiatement qu'il n'était pas dupe. Elle lui lança un regard interrogateur auquel Didier répondit par un sourire parfaitement innocent avant de disparaître dans la cuisine.
Lorsqu'il ne fut plus dans son champ de vision, Amandine reporta son attention sur Christian. Un léger silence s'installa entre eux. Rien de véritablement pesant, mais une gêne nouvelle, plus subtile, née sans doute de la conscience qu'ils avaient désormais tous les deux de se retrouver seuls.
Christian posa doucement son verre sur la table.
Amandine, elle, baissa les yeux vers le sien, faisant semblant de s'y intéresser. Elle se sentait soudain un peu désemparée sans la présence rassurante de Didier à ses côtés. Pourtant, au fond d'elle-même, une petite curiosité lui donnait envie de savoir ce que Christian allait faire de cette situation.
Christian finit par sourire.
— Il nous laisse vraiment tous les deux…
Amandine releva les yeux vers lui. Un petit rire lui échappa.
— Vous pensez qu'il l'a fait exprès ?
Elle connaissait déjà la réponse, mais la question lui permettait de briser cette étrange tension qui s'était installée.
Christian haussa légèrement les épaules, avec un sourire amusé.
— Je n'en serais pas surpris.
Amandine baissa de nouveau les yeux. Un sourire timide se dessina sur ses lèvres.
— Moi non plus…
Christian la regarda un instant avant de sourire.
— Si je peux me permettre… votre robe vous va vraiment très bien.
Amandine releva les yeux vers lui. Elle ne s'attendait pas tout à fait au compliment et sentit ses joues rosir légèrement.
— Merci…
Elle baissa les yeux vers son verre, un sourire discret aux lèvres.
— J'ai longtemps hésité avant de la mettre.
Christian sembla surpris.
— Vraiment ?
Amandine hocha doucement la tête.
— Oui. Je ne savais pas si elle n'était pas un peu trop… enfin…
Elle chercha ses mots, puis haussa légèrement les épaules.
— Je voulais quelque chose de joli, mais pas trop habillé.
Christian sourit.
— Alors vous avez réussi.
Amandine releva les yeux vers lui.
— Vous trouvez ?
— Oui.
Il marqua une courte pause avant d'ajouter, avec un sourire sincère :
— Elle est élégante. Et elle vous va très bien.
Amandine sentit ses joues chauffer davantage.
— Merci…
Cette fois, son sourire était difficile à dissimuler. Elle resta quelques secondes à jouer distraitement avec son verre avant de relever les yeux vers lui. Christian la regardait encore.
Elle hésita, puis un petit sourire espiègle apparut sur ses lèvres.
— Vous savez que vous me regardez beaucoup ?
Christian eut un sourire amusé, comme un homme pris sur le fait.
— Oui...
La réponse la surprit, elle s'attendait à une dénégation.
— Et vous ne le niez même pas ? dit-elle avec un regard amusé.
— Je devrais ? demanda-t-il, comme s'il cherchait lui-même à savoir jusqu'où elle voulait aller.
— Non...
Elle rit doucement. Avant d’ajouter, presque dans un murmure :
— Ça me plaît un peu, je crois.
Christian resta silencieux, déstabilisé. Il regarda Amandine avec une attention nouvelle. Elle venait de prononcer ces quelques mots sans véritable assurance, presque comme si elle regrettait déjà de les avoir dits.
Mais elle ne se rétracta pas, relevant simplement les yeux vers lui.
Un bruit de vaisselle provenant de la cuisine leur rappela que Didier n'était pas loin.
Amandine sourit.
— Il va bientôt revenir.
— Oui.
— Et il va sûrement voir que quelque chose a changé.
Christian sourit à son tour.
— Peut-être.
Lorsque Didier revint quelques instants plus tard, il trouva Amandine toujours assise à la même place mais il remarqua aussitôt que son expression avait changé. Elle semblait plus détendue, plus lumineuse.
Didier posa le plateau sur la table.
— Alors ?
Amandine lui adressa un sourire innocent.
— Alors quoi ?
Didier la regarda quelques secondes. Il connaissait trop bien cette petite expression pour être dupe.
— Rien.
Il s'assit à côté d'elle et posa naturellement une main sur celle d'Amandine.
Elle tourna la tête vers lui. Leurs regards se rencontrèrent. Il y avait dans celui de Didier une douceur qui la rassura immédiatement.
— Tu sais que tu peux t'amuser un peu, si tu en as envie, murmura-t-il.
Amandine resta silencieuse.
Elle regarda Christian, puis Didier. Une petite hésitation passa dans ses yeux.
— Mais… je croyais que vous étiez… marié ?
La question avait été posée avec une véritable innocence. Christian baissa légèrement les yeux, comme s’il avait été pris en faute.
Didier répondit calmement :
— C'est à Christian de savoir ce qu'il veut faire. Moi, je sais simplement que je te fais confiance.
Christian releva les yeux. Il y eut un silence. Puis il sourit doucement.
— Didier a raison.
Amandine réfléchit quelques secondes. Elle semblait encore partagée entre la curiosité et cette petite peur de franchir une frontière invisible.
Finalement, elle sourit.
— Alors… je peux continuer à vous embêter un peu ?
Christian éclata de rire.
— Je crois que je pourrais survivre à ça, Amandine.
La jeune femme se mit à rire elle aussi. La tension venait de se détendre. Un jeu léger, fait de regards et de sourires semblait désormais s'être installé entre eux.
Christian ne chercha pas à la toucher, Amandine ne chercha pas davantage à provoquer, mais lorsqu'il lui adressa un nouveau regard, elle ne baissa pas les yeux.
Elle le soutint, longuement. Elle se rendait compte qu’elle pouvait plaire, qu’elle pouvait troubler.
Didier observa la scène avec tendresse. Il ne savait pas encore ce que cette soirée deviendrait, mais il savait qu'il aimait voir ce sourire sur le visage d'Amandine.
Lorsqu'elle croisa son regard, elle lui adressa un petit sourire complice, comme pour lui dire qu'elle avait compris.
Et qu'elle était peut-être prête à découvrir ce qui allait suivre.
La conversation reprit doucement, mais quelque chose avait changé dans l’atmosphère du salon.
Rien qui aurait pu être véritablement perceptible pour quelqu’un d’extérieur. Didier avait repris sa place, Christian avait porté son verre à ses lèvres et Amandine avait commencé à goûter distraitement aux quelques amuse-bouches disposés sur le plateau. Pourtant, sous cette apparente normalité, un jeu silencieux s’était installé.
Amandine en avait conscience. Elle n’osait pas encore vraiment se demander jusqu’où elle avait envie d’aller, mais elle savait qu’elle n’était plus tout à fait dans le même état d’esprit qu’au début de la soirée. Quelques minutes plus tôt, le moindre regard de Christian l’aurait probablement mise mal à l’aise. Maintenant, elle les attendait presque.
Elle le surprit justement en train de la regarder une nouvelle fois. Elle sentit ses joues rosir mais ne détourna pas les yeux.
Christian resta immobile quelques secondes, son verre entre les doigts. Son regard ne cherchait plus à se dissimuler, mais il n’avait rien d’insistant. Il semblait plutôt attendre une réaction de sa part, comme s’il lui laissait volontairement la possibilité de mettre fin à ce petit jeu.
Amandine sentit un sourire venir doucement sur ses lèvres.
Didier remarqua l’échange de regards. Il observa tour à tour sa chérie et Christian, puis reprit tranquillement sa conversation comme s’il n’avait rien vu. Ce geste, précisément parce qu’il était si naturel, rassura Amandine.
Elle comprit qu’elle n’avait pas besoin de se justifier, elle pouvait simplement profiter de cet instant.
Au fil des minutes, les regards se firent plus francs. Christian ne cherchait plus systématiquement à détourner les yeux lorsqu’Amandine le surprenait. Et elle-même commençait à prendre plaisir à soutenir son regard quelques secondes de plus avant de sourire timidement.
À plusieurs reprises, elle baissa les yeux, non par gêne véritable, mais parce qu’elle sentait son cœur accélérer.
Christian finit par se pencher légèrement vers elle.
— Je crois que vous êtes en train de prendre goût à ce petit jeu.
Amandine releva les yeux.
— Peut-être.
Elle avait répondu presque sans réfléchir, faisant sourire Christian.
— Je ne pensais pas que vous oseriez.
— Moi non plus.
Cette réponse les fit rire tous les deux.
Amandine se sentit soudain beaucoup plus légère. Elle avait toujours cette petite boule de nervosité au creux du ventre, mais elle n’était plus désagréable. C’était une attente nouvelle, troublante, qui lui donnait envie de savoir ce qui pourrait arriver ensuite.
Elle jeta un coup d’œil à Didier. Il lui souriait. Pas un sourire encourageant ou insistant. Simplement ce sourire tendre qu’elle connaissait si bien et qui semblait lui dire qu’il était là, qu’il avait compris et qu’elle pouvait prendre son temps.
Elle se tourna de nouveau vers Christian.
— Vous avez conscience que vous êtes en train de me troubler un peu ?
— Je crois que je suis surtout conscient que vous êtes la compagne de mon ami.
Amandine resta silencieuse quelques secondes, comme si elle pesait la réponse. Puis une petite lueur malicieuse passa dans ses yeux.
— C'est donc ça qui vous gêne ?
Christian sourit.
— Je n'ai pas dit que ça me gênait.
— Non…
Elle baissa les yeux un instant, puis ajouta avec un petit sourire :
— C'est plutôt rassurant, alors.
Christian haussa légèrement les sourcils.
— Rassurant ?
Amandine prit une gorgée de son verre, essayant visiblement de garder son sérieux.
— De savoir que je ne suis pas la seule à être un peu troublée.
— Disons que votre présence ne me laisse pas complètement indifférent.
Amandine sentit ses joues chauffer. Elle aurait pu se contenter de sourire et de passer à autre chose. Mais, encouragée par cette réponse et peut-être aussi par la présence de Didier, elle se permit une petite audace.
Elle prit tranquillement son verre et en but une gorgée avant de demander, avec une innocence un peu trop parfaite pour être tout à fait sincère :
— C'est embêtant ?
Christian sourit.
— Je ne sais pas encore.
Amandine haussa légèrement les sourcils.
— Vous avez l'air bien embêté, pourtant.
Christian la regarda, surpris par cette petite pique, puis se mit à rire.
— Vous vous moquez de moi maintenant ?
— Un petit peu, oui.
Elle accompagna ses mots d'un sourire espiègle.
— Mais vous aviez qu'à ne pas me dire que vous étiez troublé.
— Je ne suis pas certain d'avoir dit exactement ça.
Amandine prit un air pensif.
— Non, c'est vrai. Vous avez été beaucoup plus subtil que ça.
Christian secoua la tête, amusé.
— Vous êtes en train de me tendre un piège.
— Moi ? Jamais.
Elle prit une nouvelle gorgée de son verre, avec un sérieux parfaitement feint.
Puis elle ajouta :
— Je vous aide simplement un peu.
Christian éclata de rire.
— Je crois que je vais devoir me méfier de vous.
Amandine sourit.
— Vous devriez.
Christian secoua la tête, amusé.
— Vous êtes beaucoup plus malicieuse que vous en avez l'air.
Amandine prit un air faussement innocent.
— Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez.
Didier, qui suivait la conversation avec un sourire à peine dissimulé, laissa échapper un petit rire.
Amandine tourna aussitôt la tête vers lui.
— Quoi ?
— Rien du tout.
Elle lui lança un regard faussement mécontent avant de sourire.
Puis elle se retourna vers Christian.
— Vous voyez ? Maintenant, c'est lui qui se moque de moi.
— Je crois surtout qu'il vous connaît bien.
Amandine fit mine de réfléchir.
— Peut-être.
Elle reprit une gorgée de son verre, puis ajouta d'un ton léger :
— Mais je crois que je commence à bien vous connaître aussi.
Christian sourit.
— Ah oui ?
— Un peu.
Elle posa son verre sur la table.
— Et je crois que vous êtes beaucoup moins sage que vous en avez l'air.
Cette fois, Christian éclata franchement de rire. Amandine se mit à rire avec lui, un peu gênée de sa propre audace, mais visiblement ravie d'avoir osé.
Didier finit par se lever pour débarrasser quelques verres.
— Je vais mettre ça dans la cuisine.
Amandine le regarda partir. Elle comprit immédiatement qu’il leur accordait à nouveau un peu d’intimité, mais cette fois elle ne ressentit aucune inquiétude.
Christian attendit que Didier ait disparu derrière la porte avant de regarder Amandine.
— Il est vraiment doué pour nous laisser seuls au bon moment.
Amandine eut un petit rire.
— Oui.
Elle hésita, puis, avec cette petite malice qui commençait à apparaître de plus en plus facilement dans son regard, elle ajouta :
— Peut-être qu’il attend quelque chose.
Christian sourit.
— Peut-être.
Amandine se tut. Elle regarda un instant la porte de la cuisine, puis revint vers Christian.
Il était toujours là, à quelques pas d’elle. Elle se demanda soudain si elle avait réellement envie que quelque chose se passe.
Pendant une seconde, son esprit revint naturellement vers Didier. À la façon dont il l'avait regardée tout au long de la soirée, avec cette tendresse tranquille qu'elle connaissait si bien. Elle pensa à sa main posée sur la sienne, à sa confiance, à cette manière qu'il avait de lui laisser de la liberté sans jamais lui donner l'impression de s'éloigner d'elle. Elle pensa aussi à tout ce qu’ils partageaient, à cette tendresse familière qui existait entre eux et qui n’avait besoin d’aucun mot pour être comprise.
Elle l’aimait.
Cette évidence était si simple qu’elle n’avait même pas besoin d’être discutée.
Ce qu’elle ressentait pour Christian était différent. Nouveau. Troublant. Une curiosité mêlée d’émotion, le plaisir de découvrir qu’elle pouvait troubler un homme et, peut-être, l’envie de savoir ce que cela ferait d’être embrassée par lui.
Mais rien de tout cela n’effaçait Didier.
Au contraire, c’était peut-être parce qu’elle se sentait aussi profondément aimée par lui qu’elle pouvait, ce soir, se permettre d’aller à la rencontre de cette part inconnue d’elle-même.
La réponse lui vint alors sans qu’elle ait besoin d’y réfléchir davantage.
Oui. Elle en avait envie.
Elle inspira doucement, refoulant la petite peur qui tiraillait encore son ventre.
— Christian…
— Oui ?
Elle hésita encore.
— Vous pourriez m’embrasser...
Les mots étaient sortis si doucement qu’elle eut presque l’impression qu’ils n’avaient pas quitté ses lèvres.
Christian ne bougea pas immédiatement. Il la regarda simplement.
— Vous êtes sûre ?
Amandine hocha très légèrement la tête.
— Oui.
Puis, après une seconde :
— Enfin… je crois.
Un sourire attendri passa sur le visage de Christian.
— Alors prenez simplement une seconde pour en être sûre.
Cette réponse la surprit. Elle sentit une chaleur douce lui monter au visage.
— Non.
Elle eut un petit sourire nerveux.
— Je suis sûre.
Christian se rapprocha alors lentement.
Amandine ne bougea pas. Elle sentit simplement la distance entre eux diminuer, jusqu'à ce qu'elle puisse percevoir la chaleur de sa présence. Christian leva une main vers elle, mais s'arrêta juste avant de la toucher.
Amandine comprit. Elle fit un léger mouvement vers lui. Alors seulement, il posa délicatement la main contre sa joue.
Elle ferma les yeux.
Le premier contact de leurs lèvres fut à peine un baiser. Une simple rencontre, douce et hésitante, presque timide. Christian ne chercha pas à prolonger immédiatement le geste. Il resta simplement là quelques secondes, comme s’il voulait lui laisser le temps de réaliser ce qui venait de se passer.
Amandine rouvrit les yeux. Ils étaient tout près l’un de l’autre. Elle regarda Christian, un peu troublée, mais souriait.
— C’est tout ?
Christian eut un petit rire.
— Je ne voulais pas vous effrayer.
Amandine secoua doucement la tête.
— Vous ne m’avez pas effrayée.
Elle hésita une seconde puis ce fut elle qui se rapprocha.
Cette fois, elle posa elle-même ses lèvres sur les siennes.
Le second baiser fut un peu plus long, mais toujours aussi doux. Il n'y avait rien de précipité dans ce geste. Seulement la découverte tranquille d'une proximité qu'ils avaient, quelques minutes auparavant encore, à peine osé imaginer.
Lorsqu’elle se recula, Amandine resta quelques secondes sans parler. Elle avait encore le cœur qui battait vite.
Son premier réflexe fut de penser à Didier. Elle aurait aimé croiser son regard à cet instant, retrouver ce sourire tendre et un peu amusé qu’il lui adressait depuis le début de la soirée. Mais il était toujours dans la cuisine, juste de l’autre côté de la porte, et cette simple pensée suffit pourtant à lui apporter la même sensation rassurante. Elle savait qu’il était là. Elle savait aussi qu’il lui faisait confiance.
Christian la regardait avec une expression à la fois heureuse et légèrement déconcertée, comme s’il n’était pas certain lui-même de comprendre comment ils en étaient arrivés là.
Dans la cuisine, un bruit de verre posé sur un plan de travail se fit entendre. Amandine tourna la tête vers la porte. Elle eut un petit sourire. Puis elle regarda Christian.
— Il va savoir, dit-il avec un sourire, presque embarrassé.
Un sourire complice éclaira le visage de la jeune femme.
— Je crois qu’il sait déjà.
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Chapitre 11 · Après le départ de Christian
La porte vient de se refermer sur Christian. Dans le silence retrouvé du salon, Amandine se retrouve face à Didier — et face à elle-même. Ce qu'elle vient de vivre a quelque chose de vertigineux, et pourtant c'est lui, toujours lui, qu'elle cherche du regard. Entre tendresse et jeu complice, le couple va devoir trouver ses mots pour traverser cet instant suspendu. Mais saura-t-elle dire ce qu'elle ressent vraiment ?
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