Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Manif — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La Manif
Chapitre 3
Je gare la Porsche et fais le code de l’ascenseur. J’ai une surprise qui m’attend sur le palier : Sylvie est assise contre la porte, vêtue d’un jeans, d’un tee-shirt et de baskets.
— Où étais-tu ? Ça fait deux jours que je t’appelle ! Tu ne peux pas répondre ?
— Fiche le camp d’ici ! Tu es rentrée comment, d’abord ?
— J’ai regardé ton code, l’autre jour. J’ai une bonne mémoire. Pourquoi es-tu partie ?
— Tu me prends pour une idiote ? Tu es allée là-bas pour retrouver ta copine. J’allais tenir la chandelle, peut-être ?
— OK, j’ai déconné. Tu m’as vexée dans la baignoire ; j’ai voulu me venger idiotement et je suis allée retrouver Muriel, ça fait longtemps qu’elle me drague. Je me suis laissé embrasser.
— Va la retrouver et fiche-moi la paix ! Ôte-toi de ma porte : je veux rentrer chez moi.
— Je m’excuse, j’ai déconné, je n’aurais pas dû faire ça. Allez, laisse-moi entrer…
— Non, laisse-moi en paix ; fiche le camp d’ici ! Je suis sûre que tu as baisé avec elle.
— Et alors, qu’est ce que ça peut bien te faire ? Tu n’es pas lesbienne, que je sache. Oui, j’ai baisé avec ; tu avais fichu le camp : il a bien fallu que je me débrouille pour rentrer.
— Chez elle, pas chez toi.
— D’accord, chez elle. Mais, ma parole, tu me fais une crise de jalousie ?
— Jalouse de toi ? Tu te donnes trop d’importance. Je suis en colère parce que tu m’as prise pour une idiote, c’est tout. Ôte-toi de ma porte. Va retrouver ta Muriel et baise bien ! J’espère qu’elle t’a dépucelée et que tu t’es bien régalée.
— Non, c’était pas terrible. Laisse-moi entrer.
— Si tu ne pars pas d’ici, j’appelle la sécurité !
— Tiens, je t’ai rapporté ta robe.
— Je n’en veux pas ; tu ne crois pas que je vais mettre une robe que tu as portée ? Tu peux la garder.
— Comme tu voudras. Bye.
— Bye ; et ne reviens surtout pas ici, je vais changer le code.
— Fiche le camp d’ici ! Tu es rentrée comment, d’abord ?
— J’ai regardé ton code, l’autre jour. J’ai une bonne mémoire. Pourquoi es-tu partie ?
— Tu me prends pour une idiote ? Tu es allée là-bas pour retrouver ta copine. J’allais tenir la chandelle, peut-être ?
— OK, j’ai déconné. Tu m’as vexée dans la baignoire ; j’ai voulu me venger idiotement et je suis allée retrouver Muriel, ça fait longtemps qu’elle me drague. Je me suis laissé embrasser.
— Va la retrouver et fiche-moi la paix ! Ôte-toi de ma porte : je veux rentrer chez moi.
— Je m’excuse, j’ai déconné, je n’aurais pas dû faire ça. Allez, laisse-moi entrer…
— Non, laisse-moi en paix ; fiche le camp d’ici ! Je suis sûre que tu as baisé avec elle.
— Et alors, qu’est ce que ça peut bien te faire ? Tu n’es pas lesbienne, que je sache. Oui, j’ai baisé avec ; tu avais fichu le camp : il a bien fallu que je me débrouille pour rentrer.
— Chez elle, pas chez toi.
— D’accord, chez elle. Mais, ma parole, tu me fais une crise de jalousie ?
— Jalouse de toi ? Tu te donnes trop d’importance. Je suis en colère parce que tu m’as prise pour une idiote, c’est tout. Ôte-toi de ma porte. Va retrouver ta Muriel et baise bien ! J’espère qu’elle t’a dépucelée et que tu t’es bien régalée.
— Non, c’était pas terrible. Laisse-moi entrer.
— Si tu ne pars pas d’ici, j’appelle la sécurité !
— Tiens, je t’ai rapporté ta robe.
— Je n’en veux pas ; tu ne crois pas que je vais mettre une robe que tu as portée ? Tu peux la garder.
— Comme tu voudras. Bye.
— Bye ; et ne reviens surtout pas ici, je vais changer le code.
À peine est-elle entrée dans l’ascenseur que j’éclate en sanglots. J’ouvre ma porte et cours me jeter sur mon lit. Mon portable sonne ; c’est un texto de Sylvie : « Je te demande pardon ; je suis une grosse conne, j’ai tout gâché. J’étais jalouse de toi et de ta vie. Je comprends que tu m’en veuilles. ».
******************************************************
Ça fait trois mois que je n’ai plus entendu parler de Sylvie. J’ai repris mon train-train : les boîtes, la fac, et le dimanche chez mes parents. Mon copain m’a appelée ; il est venu un soir. Je l’ai laissé me tripoter ; il a voulu coucher avec moi. Je me suis laissée faire jusqu’au moment où, sans même de préliminaires, il a voulu me prendre.
Je l’ai repoussé et fichu à la porte ; je n’avais pas envie de sexe, de toute façon.
Je l’ai repoussé et fichu à la porte ; je n’avais pas envie de sexe, de toute façon.
Stéphanie, ma meilleure amie, est venue me voir ; nous sommes sorties en boîte. « Inconsciemment » (rien n’est moins sûr), je suis allée tout droit à la boîte où nous étions allées avec Sylvie. Toujours « inconsciemment » bien sûr, je l’ai cherchée des yeux. À tel point que Stéphanie m’a questionnée :
— Tu cherches quelqu’un ?
— Ne… Non, je…
— Ne… Non, je…
Et là, juste à ce moment, juste en face de moi, à cinquante centimètres, Sylvie vient se planter.
— Bonjour, Jennifer ; je suis heureuse de te voir.
Je la regarde comme si nous ne nous connaissions pas.
— On se connaît ?
— Jennifer, je t’ai demandé pardon. Je me suis excusée. Je m’en veux beaucoup.
— Je ne te connais pas ; fiche-moi la paix !
— Jennifer, je t’ai demandé pardon. Je me suis excusée. Je m’en veux beaucoup.
— Je ne te connais pas ; fiche-moi la paix !
Je tourne les talons et entraîne Stéphanie sur la piste de danse. Sylvie est là, à cinquante centimètres de moi ; elle me regarde danser, les bras le long du corps, comme une statue. Je continue de danser en lui tournant le dos. Stéphanie me regarde et s’approche pour me demander :
— C’est qui, cette fille ?
— Une conne !
— Tu es amoureuse ?
— Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ? Je ne la connais pas.
— Elle pleure…
— Et alors, que veux-tu que j’y fasse ? Je ne suis pas mère Térésa.
— Tu essaies de te venger ; ce n’est pas bien, et ce n’est pas toi.
— Tu m’ennuies, Stéphanie. Va la consoler si tu veux, mais fiche-moi la paix.
— Je te laisse : rendre les gens malheureux, ce n’est pas mon truc.
— Et moi, je ne suis pas malheureuse ? Cette petite connasse m’a prise pour une conne, et je devrais la consoler ? Qu’elle en bave autant que j’en ai bavé : ça lui fera les pieds !
— Une conne !
— Tu es amoureuse ?
— Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ? Je ne la connais pas.
— Elle pleure…
— Et alors, que veux-tu que j’y fasse ? Je ne suis pas mère Térésa.
— Tu essaies de te venger ; ce n’est pas bien, et ce n’est pas toi.
— Tu m’ennuies, Stéphanie. Va la consoler si tu veux, mais fiche-moi la paix.
— Je te laisse : rendre les gens malheureux, ce n’est pas mon truc.
— Et moi, je ne suis pas malheureuse ? Cette petite connasse m’a prise pour une conne, et je devrais la consoler ? Qu’elle en bave autant que j’en ai bavé : ça lui fera les pieds !
Je sais que la conne, c’est moi à cet instant ; je suis la plus malheureuse des femmes, mais je ne veux pas faire un pas. Je suis déjà à l’entrée de la boîte ; j’ai récupéré mon sac. Je cherche mes clefs de voiture tout en franchissant la porte.
Stéphanie me rattrape juste à ma voiture. Elle se met devant moi, la main sur la poignée de la portière. Il fait un froid de canard et il commence à pleuvoir.
— Tu peux m’expliquer pourquoi tu es comme ça ? Je te connais gentille, sympa et sans méchanceté ; et là, tu es immonde.
— Je vais t’expliquer.
— Je vais t’expliquer.
Je lui explique la manif et la soirée. Je finis en pleurant.
— Tu es lesbienne et tu es amoureuse…
— Zut ! Je ne suis pas lesbienne, et encore moins amoureuse !
— Tu ne veux pas l’avouer, te l’avouer, mais tu te rends malheureuse juste par fierté. Tu veux que j’aille la chercher ? Vous vous expliquerez, au moins ; ce serait plus cool.
— Non ! Tu restes là ou tu viens ?
— Zut ! Je ne suis pas lesbienne, et encore moins amoureuse !
— Tu ne veux pas l’avouer, te l’avouer, mais tu te rends malheureuse juste par fierté. Tu veux que j’aille la chercher ? Vous vous expliquerez, au moins ; ce serait plus cool.
— Non ! Tu restes là ou tu viens ?
Je la pose devant sa voiture ; nous n’avons pas échangé un mot depuis la boîte.
L’appartement me semble vide tout à coup. J’ai froid ; je prends une douche et, juste comme je sors de la salle de bain, on sonne à la porte. Je passe un peignoir et regarde par l’œilleton : elle est là, les joues pleines de larmes, les bras ballants. Zut ! Je n’ai pas changé le code.
J’ouvre, mais en laissant la chaînette.
J’ouvre, mais en laissant la chaînette.
— Que veux-tu ?
— Te parler.
— Fiche le camp de chez moi ; tu m’as assez fait de mal !
— Je t’aime ; je te demande pardon, je ne vis plus… Laisse-moi entrer.
— Te parler.
— Fiche le camp de chez moi ; tu m’as assez fait de mal !
— Je t’aime ; je te demande pardon, je ne vis plus… Laisse-moi entrer.
Elle pleure et elle grelotte, elle est trempée jusqu’aux os ; c’est sûr qu’il ne fait pas chaud, sur le palier. Je retire la chaîne et ouvre la porte.
— Entre, tu vas attraper la mort.
Elle se jette dans mes bras, ses lèvres cherchent ma bouche. Je la repousse.
— Pas ça : je veux bien te laisser entrer, mais uniquement pour te réchauffer.
— Tu ne me pardonneras pas, hein ?
— Ça, c’est sûr ; il fallait réfléchir avant. Ce que tu as fait est impardonnable. M’aurais-tu pardonné, toi, si c’était moi qui avais fait ce que tu as fait ?
— J’aurais essayé de comprendre, au moins.
— Comprendre quoi ? Que tu es une petite salope ?
— Que j’étais jalouse de toi, de ta vie, de tout ce que tu as et que je n’ai pas : du fric, un bel appartement, une belle voiture, une belle vie.
— Tu aurais pu partager tout cela si nous étions restées amies. L’appartement est grand ; il y a largement la place pour deux. Je ne suis pas avare de mon fric : il n’est pas à moi. Va dans la salle de bain, prends une douche chaude et des vêtements secs dans le dressing. Et cesse de pleurnicher, ça ne sert à rien.
— Tu ne me pardonneras pas, hein ?
— Ça, c’est sûr ; il fallait réfléchir avant. Ce que tu as fait est impardonnable. M’aurais-tu pardonné, toi, si c’était moi qui avais fait ce que tu as fait ?
— J’aurais essayé de comprendre, au moins.
— Comprendre quoi ? Que tu es une petite salope ?
— Que j’étais jalouse de toi, de ta vie, de tout ce que tu as et que je n’ai pas : du fric, un bel appartement, une belle voiture, une belle vie.
— Tu aurais pu partager tout cela si nous étions restées amies. L’appartement est grand ; il y a largement la place pour deux. Je ne suis pas avare de mon fric : il n’est pas à moi. Va dans la salle de bain, prends une douche chaude et des vêtements secs dans le dressing. Et cesse de pleurnicher, ça ne sert à rien.
Je la regarde partir vers la salle de bain. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis qu’elle est entrée, je me sens mieux. La boule dans mon ventre a disparu. Je vais faire un café bien chaud, en sers deux tasses que j’apporte au salon. Je m’assois sur le divan en l’attendant.
Elle revient ; elle a passé un grand pull irlandais en laine, jambes nues, et a séché ses cheveux blonds. Je regarde ses yeux bleus : ils sont tristes.
— Viens t’asseoir et bois ton café. Je n’ai pas envie de ressortir avec ce temps : tu dormiras sur le divan. Je vais te chercher une couverture.
— Tu veux m’écouter, au moins ?
— Si c’est pour parler de ce soir-là, j’aime autant pas. Je maudis cette manif !
— Je n’ai rien fait avec elle ; elle m’a juste embrassée. Comme je t’ai vue me regarder, je me suis laissé faire. Tu m’as repoussée dans la baignoire et ça m’a rendue malheureuse. En plus, j’étais jalouse de toi. Je t’ai aimé au premier regard, quand tu regardais mes seins. Je suis venue te parler et ensuite je n’ai pas pu me détacher de toi. Quand j’ai relevé les yeux, tu n’étais plus là. Je t’ai cherchée pendant une heure, puis je suis allée voir sur le parking si ta voiture était encore là. Je t’ai appelée mais tu n’as pas répondu. Elle m’a raccompagnée, mais elle m’a déposée devant chez moi. Je t’assure que c’est vrai.
— Mais je n’en ai rien à fiche de ça. Je ne crois pas un seul mot de ce que tu dis, mais ça m’est égal.
— Alors, pourquoi m’en veux-tu autant ? Si tu n’en as rien à faire ?
— Tu veux m’écouter, au moins ?
— Si c’est pour parler de ce soir-là, j’aime autant pas. Je maudis cette manif !
— Je n’ai rien fait avec elle ; elle m’a juste embrassée. Comme je t’ai vue me regarder, je me suis laissé faire. Tu m’as repoussée dans la baignoire et ça m’a rendue malheureuse. En plus, j’étais jalouse de toi. Je t’ai aimé au premier regard, quand tu regardais mes seins. Je suis venue te parler et ensuite je n’ai pas pu me détacher de toi. Quand j’ai relevé les yeux, tu n’étais plus là. Je t’ai cherchée pendant une heure, puis je suis allée voir sur le parking si ta voiture était encore là. Je t’ai appelée mais tu n’as pas répondu. Elle m’a raccompagnée, mais elle m’a déposée devant chez moi. Je t’assure que c’est vrai.
— Mais je n’en ai rien à fiche de ça. Je ne crois pas un seul mot de ce que tu dis, mais ça m’est égal.
— Alors, pourquoi m’en veux-tu autant ? Si tu n’en as rien à faire ?
Elle est toujours debout. Je la regarde et avance la main vers elle.
— Viens t’asseoir, tu me donnes le tournis.
— Je t’aime, Jennifer ; je suis malheureuse sans toi…
— Je t’aime, Jennifer ; je suis malheureuse sans toi…
Je lui prends la main et l’attire sur le divan ; elle vient se blottir contre moi. Je passe ma main derrière sa nuque et attire sa bouche sur la mienne. Elle a un gémissement quand ma langue cherche la sienne.
Ma main passe sous le pull, remonte sur la fesse délicate. Mes doigts courent sur sa hanche ; je sens ses côtes sous la peau du buste. Son sein est doux, le téton se dresse sous la caresse.
Ma main passe sous le pull, remonte sur la fesse délicate. Mes doigts courent sur sa hanche ; je sens ses côtes sous la peau du buste. Son sein est doux, le téton se dresse sous la caresse.
[à suivre]
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