Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Manif — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La Manif
Chapitre 4
Il fait une douce chaleur dans la pièce ; je suis heureuse. Je regarde son corps parfait, alangui sur le lit. Nous venons de faire l’amour pendant des heures ; ce que je pensais incroyable il y a quelques mois est arrivé : j’aime une fille à en devenir folle.
Je pensais impossible de pouvoir poser ma bouche sur une vulve, lécher un clitoris et donner du plaisir à une femme ; et pourtant, c’est ce que j’ai fait ce soir, avec un plaisir divin.
Je pensais impossible de pouvoir poser ma bouche sur une vulve, lécher un clitoris et donner du plaisir à une femme ; et pourtant, c’est ce que j’ai fait ce soir, avec un plaisir divin.
Je la regarde dormir, repue d’amour et de sexe. Je ne sais pas ce que sera demain ni où nous allons toutes les deux, mais je suis trop heureuse pour m’en inquiéter.
Je n’ai pas sommeil, trop bouleversée et trop amoureuse pour être sereine. Je me fais couler un bain. Je repense en entrant dans l’eau à cette soirée, après la manif. Je comprends Sylvie : voir une jeune femme comme moi nager dans le luxe alors qu’elle galère dans la vie. J’ai fait étalage de ma chance, sans prendre compte de sa vie. Je suis si habituée à cette vie que, jusque là, je ne comprenais pas que ça puisse choquer.
Je n’ai pas sommeil, trop bouleversée et trop amoureuse pour être sereine. Je me fais couler un bain. Je repense en entrant dans l’eau à cette soirée, après la manif. Je comprends Sylvie : voir une jeune femme comme moi nager dans le luxe alors qu’elle galère dans la vie. J’ai fait étalage de ma chance, sans prendre compte de sa vie. Je suis si habituée à cette vie que, jusque là, je ne comprenais pas que ça puisse choquer.
Je n’ai pas dormi. Je me suis installée sur le divan, mon ordi portable sur les genoux. J’écris ; c’est souvent que j’aime mettre sur un support ce que je ressens. Mes angoisses comme mes bonheurs. Un bruit dans le couloir me fait tourner la tête.
Elle est là, divinement nue ; elle me regarde de la porte. Ses yeux sont encore pleins de sommeil.
Elle est là, divinement nue ; elle me regarde de la porte. Ses yeux sont encore pleins de sommeil.
— Tu n’as pas dormi ?
— Non.
— C’est ma faute ?
— Dans un sens…
— Ah ! Je peux prendre un bain ?
— Bien sûr.
— Non.
— C’est ma faute ?
— Dans un sens…
— Ah ! Je peux prendre un bain ?
— Bien sûr.
Je me rends compte que ma réponse n’est peut-être pas très gentille ; mais à ce moment-là, je ne sais pas aller vers elle, la prendre dans mes bras et lui dire que je l’aime, que c’est pour ça que je n’ai pas dormi. C’est trop nouveau pour moi, d’aimer quelqu’un d’autre que moi.
Je pose mon ordi pour aller préparer du café. J’en remplis deux bols que je dispose sur la table, accompagnés de tartines.
Je pose mon ordi pour aller préparer du café. J’en remplis deux bols que je dispose sur la table, accompagnés de tartines.
Elle est habillée : elle a remis ses affaires de la veille qui ont séché. Je ne m’en rends pas compte sur le moment, je sers le café brûlant : elle est toujours à la porte, sans bouger.
— Viens déjeuner.
— Je vais y aller.
— Où ?
— Je rentre chez mes parents.
— Tu ne veux pas déjeuner ?
— Non, merci ; je t’ai assez ennuyée comme ça.
— Attends, tu me fais quoi, là ?
— Je vais y aller.
— Où ?
— Je rentre chez mes parents.
— Tu ne veux pas déjeuner ?
— Non, merci ; je t’ai assez ennuyée comme ça.
— Attends, tu me fais quoi, là ?
Je réfléchis à toute vitesse et je comprends : le « Dans un sens… » était en trop ; ce n’est pas ce que je voulais dire. Elle a compris à sa façon ; bien sûr, c’est sa faute mais uniquement pour de bonnes raisons.
— Tu regrettes déjà ce qu’il s’est passé entre nous : je n’aurais pas dû venir t’ennuyer encore une fois.
— Viens t’asseoir, idiote : je suis heureuse, trop heureuse pour perdre mon temps à dormir ! Tu n’y es pour rien. Si, un peu tout de même. Je t’aime : tu n’iras nulle part sans moi, je ne veux plus te perdre.
— Viens t’asseoir, idiote : je suis heureuse, trop heureuse pour perdre mon temps à dormir ! Tu n’y es pour rien. Si, un peu tout de même. Je t’aime : tu n’iras nulle part sans moi, je ne veux plus te perdre.
Je me lève de ma chaise pour la prendre dans mes bras et plaquer ma bouche sur la sienne en caressant ses magnifiques fesses. Elle répond au baiser fougueusement. Je la pousse contre le mur, déboutonne le jeans, retire son pull. Le jeans glisse sur ses hanches, ma bouche est déjà sur son ventre. Je la regarde dans les yeux.
— Tu es à moi, ma petite femme adorée. Jamais plus je ne te laisserai partir. Je veux que tu restes ici, avec moi. Tu manifestais pour le mariage pour tous, non ? Veux-tu être ma petite femme à moi ?
Elle me regarde, les yeux pleins de larmes. Elle éclate en sanglots dans mes bras. Je la caresse, passe ma main entre ses cuisses qu’elle ouvre un peu. Mon doigt tourne sur son clitoris.
— Tu n’as pas répondu à ma question : veux-tu vivre avec moi ? Être ma femme, et que je sois la tienne ?
Elle sanglote tellement que j’ai du mal, entre deux sanglots, à entendre ce qu’elle me dit. Mais je crois bien discerner un « non » parmi tous les mots entrecoupés de larmes.
— Pourquoi, non ? Cesse de pleurer, je ne comprends rien à ce que tu me dis.
— Je ne peux pas vivre avec toi : je n’ai pas d’argent ; ce sont mes parents qui me nourrissent et me logent. J’ai mes études et…
— …et tu ne m’aimes pas, j’ai compris. Je peux balayer tes arguments d’un revers de main. Je ne te demande rien : de l’argent, j’en ai ; tes études, tu peux les continuer. Je vais tous les jours – enfin presque – à la fac. Nous pouvons y aller ensemble ; j’ai un appart, un frigo plein et une voiture. Tu préfères ta liberté, je comprends. Je n’étais qu’une parmi tant d’autres, une conquête de plus.
— Non, ce n’est pas ça ; je ne suis pas à mon aise, ici. Tout ce luxe me fait tourner la tête.
— Si j’avais su, j’aurais choisi un appart minable pour te plaire. Mais encore cela n’aurait pas suffi, il aurait aussi fallu que je sois fauchée et que je me déplace en bus. Retourne chez toi ; mais si tu pars d’ici, inutile de revenir. Je n’ouvrirai plus ma porte.
— Je ne peux pas vivre avec toi : je n’ai pas d’argent ; ce sont mes parents qui me nourrissent et me logent. J’ai mes études et…
— …et tu ne m’aimes pas, j’ai compris. Je peux balayer tes arguments d’un revers de main. Je ne te demande rien : de l’argent, j’en ai ; tes études, tu peux les continuer. Je vais tous les jours – enfin presque – à la fac. Nous pouvons y aller ensemble ; j’ai un appart, un frigo plein et une voiture. Tu préfères ta liberté, je comprends. Je n’étais qu’une parmi tant d’autres, une conquête de plus.
— Non, ce n’est pas ça ; je ne suis pas à mon aise, ici. Tout ce luxe me fait tourner la tête.
— Si j’avais su, j’aurais choisi un appart minable pour te plaire. Mais encore cela n’aurait pas suffi, il aurait aussi fallu que je sois fauchée et que je me déplace en bus. Retourne chez toi ; mais si tu pars d’ici, inutile de revenir. Je n’ouvrirai plus ma porte.
Je la repousse sèchement. Me retiens de pleurer et me dirige vers ma chambre. Je ferme la porte à clef et laisse libre cours à mon chagrin. Elle ne m’aime pas, tout simplement. Ce qu’elle voulait, c’est me sauter.
Avec la fatigue de ma nuit blanche, je me suis endormie en pleurant. Je ne l’ai pas entendue partir. Elle n’a même pas laissé de mot.
Avec la fatigue de ma nuit blanche, je me suis endormie en pleurant. Je ne l’ai pas entendue partir. Elle n’a même pas laissé de mot.
[à suivre]
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