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• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cure de jouvence — Chapitre 5 · Je capitule

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Xaviernnrs
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Ce qui accroche d'emblée, c'est ce double point de vue : on entre dans la tête de Xavier qui se répète « je vais la détruire » comme un mantra, puis la porte s'ouvre et tout bascule. L'auteur sait faire monter une pression intérieure jusqu'au point de rupture, et la laisser déborder sans prévenir. Rarement une scène d'appartement aura tenu aussi longtemps sur le fil du rasoir.

Cure de jouvence

Chapitre 5 · Je capitule


Samedi

06h23

Il est parti. Je viens de sortir de la douche. J’ai un mal fou à choisir ce que je vais mettre… Est-ce que je m’habille vraiment, sachant que tu vas tout m’enlever à 07h05 ?

Sandra… sois raisonnable. Je viens aussi pour qu’on discute sérieusement, n’oublie pas. Je serai là un peu après 7h00.

On discutera, Xavier. Je serai très attentive. Mais je te préviens, j’ai prévu une tenue qui ne laisse pas beaucoup de place à la discussion…

7h06.
Nos rencontres, qui devaient rester uniquement charnelles, sont devenues intimes, trop intimes. Des confidences, des allusions à ce que nous “pourrions” devenir. Mais non, il n’y a pas de “nous”. Les câlins coquins se sont transformés en câlins d’amoureux… Amoureux ! Voilà, on y est. Amoureux. C’est donc ça, le point de bascule, le point de non-retour. Le mot me brûle la gorge rien que d’y penser. Une décision doit être prise avant que tout cela ne finisse par dégénérer complètement. On doit tout arrêter, ou on va y laisser notre peau. La mienne, je m’en fous, mais elle… Oui, elle, si je ne l’arrête pas, qu’est-ce qu’il va lui rester ? Son couple vacille déjà, c’est vrai, mais elle va finir par le flinguer, exploser son avenir de femme pour un mec qui a déjà fait son temps. Je ne peux pas la laisser saborder son existence pour une chimère, pour un homme qui pourrait être son père et qui n’a plus rien à lui offrir que des après-midis volés dans des coins d’ombre. C’est au vieux con de mettre le holà.
C’est avec cette certitude – ou cette excuse – que je gare la voiture. Le moteur coupé, le silence revient, mais ma tête est un chantier. Il est 7h08. Dans un peu plus de cinq minutes, je serai face à elle.
Dans cinq minutes, je vais la détruire.

Dans cinq minutes, je vais la détruire… Et elle ne le sait pas encore.
Dehors, une petite pluie fine de printemps rafraîchit l’air sans faire de bruit. Elle s’étale sur le pare-brise et brouille ma vision de la rue… du moins, c’est la version officielle. La vérité, c’est que le pare-brise n’est pas le seul à être trempé. Mes yeux sont lourds, chargés d’une humidité que ma fierté d’homme s’obstine à nier. À l’abri de l’habitacle, je reste immobile, les mains crispées sur le volant, fixant le vide en attendant que la tempête intérieure se calme.
Tu vas la détruire, Xav ! Je sens cette tension monter en moi, une urgence noire.
Je descends de voiture. L’air est encore frais, mais je ne sens rien. Je marche vers l’immeuble, chaque pas résonnant comme une sentence. Arrivé devant la porte, je m’arrête, je fixe la sonnette. Derrière cette porte, il y a la fin de ma raison et le début d’un enfer que j’ai moi-même alimenté. Je prends une grande inspiration. Ma main tremble un peu, mais je n’ai plus d’excuses. Mon doigt frôle le bouton de la sonnette.
C’est l’instant. Je vais ouvrir les vannes, libérer ce torrent de mots et de silences, et je vais la jeter dans le Styx. Je vais nous y précipiter tous les deux, pour que tout soit oublié, pour que ce souvenir de nous devienne un silence éternel sous les eaux glacées de l’oubli. C’est mon seul salut. Pour qu’elle survive, il faut que je l’envoie dans les profondeurs. J’appuie. Le glas vient de sonner.
Maintenant, je vais la détruire.

Maintenant, je vais la détruire… Et elle ne le sait pas encore.

Je ne verrai plus jamais son joli sourire… Et ça, je le sais déjà !
**********
Le déclic du verrou, dans le silence du couloir, résonne comme un coup de feu. Je ne lui laisse pas le temps de respirer, de reprendre ses esprits ou de formuler l’une de ses phrases toutes faites sur la « nécessité de discuter ». Dès que le pêne glisse, je tire la porte vers moi. L’air s’engouffre dans l’interstice. Xavier est là, figé sur le seuil, la main encore levée, les doigts crispés comme s’il s’apprêtait à sonner une seconde fois. Il a l’air étranger, presque âgé sous la lumière crue du palier, avec ces gouttes de pluie qui perlent sur ses cheveux. Il est venu pour détruire, pour couper, pour trancher le lien. Il ouvre la bouche. Un son, une excuse, le début d’une sentence. Mais je ne lui laisse aucune chance.
Je ne lui dis pas bonjour. Je ne lui demande pas s’il a fait bonne route. Je fais un pas vers lui, envahissant son espace vital. L’odeur du café, du matin, et ce parfum d’homme que je connais par cœur. Mes mains se posent sur ses épaules, non pas pour l’accueillir, mais pour l’ancrer dans ce couloir, dans cette bulle qui n’appartient qu’à nous. Je vois son regard parcourir mon visage, puis descendre, lentement, irrésistiblement, vers l’éclat rouge qui pointe sous mon peignoir entrouvert. Ses pupilles se dilatent. Le « vieux sage » vacille. La détermination qu’il affichait deux secondes plus tôt se fissure, se dissout dans un mélange de vertige et d’envie pure.
— Tu voulais discuter ? murmuré-je, ma voix n’étant plus qu’un souffle qui caresse son cou.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Je bascule en arrière, l’entraînant avec moi, le forçant à franchir le seuil. Dans mon dos, ma main cherche la poignée pour refermer la porte, verrouillant le monde extérieur, ses remords et nos vies d’avant. Le claquement du verrou est définitif. Il ne repartira pas. Il ne le sait pas encore, mais il vient de signer son arrêt de mort dans ce salon. Pas celle de son souffle, non, mais celle de l’homme qu’il était en entrant : ce vieux con rigide, muré dans ses certitudes. En cet instant précis, ses convictions sur l’âge et les convenances cessent d’être des remparts pour devenir des vestiges.
**********
La porte s’ouvre brusquement, sans même que j’aie le temps de reculer. Sandra est là. Elle porte son peignoir, légèrement trop juste pour ses formes généreuses, et je sens la chaleur de sa peau à travers le tissu. Avant que je puisse proférer un seul mot, je me sens happé par son étreinte, cette force insoupçonnable qui me plaque contre elle. Ce rempart de soie est une frontière bien trop fine. Je sens sa température qui brûle mes résolutions. Elle me serre si fort que j’ai l’impression qu’elle essaie de fusionner avec moi, de m’empêcher de repartir.
— Tu voulais discuter ? murmure-t-elle, la voix étouffée contre mon épaule.
Elle finit par réduire son étreinte, se recule doucement, mais garde mes mains prisonnières des siennes. Elle me sourit, mais c’est un sourire de façade, une tentative désespérée de masquer l’inquiétude qui brille dans ses yeux. Elle scrute mon visage, cherchant sans doute à y lire l’arrêt de mort de notre histoire.
— Hrm… Je brise le silence en premier, la voix un peu plus rauque que je ne l’aurais voulu.
— Sandra… on peut s’asseoir ?
Le mot est lâché. Elle comprend immédiatement. C’est le signal de la “discussion”. Je vois son visage changer en une fraction de seconde : son joli teint rosé se ternit, ses traits se figent. Elle me fait un petit sourire triste, celui qu’on adresse à un médecin qui va annoncer une mauvaise nouvelle.
— Je vais faire du café, lance-t-elle d’une voix blanche et froide en se dirigeant vers la cuisine.
Je la suis, je lui propose mon aide, mais elle décline sèchement, le dos tourné. Elle s’active avec les tasses et le sachet de café en papier kraft, le fameux café qu’elle a acheté au marché. Les gestes sont saccadés, trop rapides. Le sachet se déchire et répand une partie de son contenu sur le plan de travail.
— Putain, fais chier…
Elle reste là, immobile devant le plan de travail. De dos, je remarque qu’elle tremble. C’est imperceptible, comme ces frissons qui vous parcourent quand le froid vous gagne les os. Je m’approche lentement, je pose mes mains sur sa taille. Elle ne se retourne pas, mais j’entends un reniflement étouffé. Elle pleure.
— Hé… ça va ?
Je la prends par la taille, sentant la douceur de ses hanches sous mes paumes. Elle évite mon regard, essuyant ses joues d’un revers de manche. Je la guide doucement vers une chaise de la cuisine et je la fais s’asseoir. Machinalement, je pose nos deux tasses vides sur la table, mais je sens que le café ne sera pas pour tout de suite. Elle esquisse un sourire fragile et relève enfin la tête. Ses yeux sont rougis, mais ils cherchent les miens.
— Ah ben voilà… t’as mis tes jolis yeux sur “on”.
— T’es con, Xav… C’était ton café, pour toi. Elle soupire, un rire nerveux se mélangeant à ses larmes.
— Qu’est-ce qui se passe, Sandra ?
Question purement rhétorique, je me sens même con de l’avoir posée. Et les deux minutes suivantes, je vais me surpasser dans ma connerie.
— Non… c’est rien, t’inquiète. Non, ça ne va pas, tu crois que je ne sais pas ce que tu vas essayer de nous briser. Tu vas me découvrir guerrière, je vais me battre.
Mes mains jouent avec la tasse posée devant moi, je lève les yeux pour croiser son regard.
— Hop hop hop ! Quand une femme dit de ne pas s’inquiéter, c’est soit le moment de se sauver pour aller pêcher, soit… on s’assoit avec un bon café et on dit les choses. Toutes les choses. Tu peux me parler, tu sais. Comme à un ami.
À peine le mot “ami” est-il sorti que je sens le sang se glacer dans mes veines. Un silence soudain s’installe dans la cuisine, un silence épais, presque solide, qui semble aspirer tout l’oxygène de la pièce. Je vois Sandra se figer, ses articulations blanchissent à serrer sa tasse vide. Elle ne bouge plus. Seuls ses yeux, d’abord hébétés, se mettent à brûler d’une lueur sombre, venimeuse. Je tente d’ouvrir la bouche, de rattraper cette maladresse, mais il est déjà trop tard. Le malaise est là, insoutenable, une ligne rouge que je viens de franchir.
— MAIS TU N’ES PAS UN POTE, PUTAIN !
Le cri jaillit, résonne dans la pièce comme un verre qui explose, libérant des mois de silence et d’attente. Elle tremble de tout son corps, sa voix se brise sous le poids de tout ce qu’elle a contenu jusqu’ici. Elle me regarde, les yeux embués d’une rage qui est, en réalité, de la détresse pure…
— Je pensais que j’étais plus que ça pour toi… Je pensais qu’on construisait quelque chose. J’ai attendu, j’ai espéré, j’ai tu chaque doute… et tu me réduis à ça ? Une pote ? Après tout ce qu’on a été l’un pour l’autre ? Je pensais que j’étais ton égale, ton alliée, ton tout… En tout cas… c’est ce que je croyais.
Elle marque une pause, sa voix se fissure, devenant un murmure instable, presque effrayant de détresse.
— Mais ce n’est pas « quelque chose ». Pour toi, ce n’est rien. En tout cas… c’est ce que tu viens de me faire comprendre. Après tout ce qu’on a partagé, après toutes ces semaines où j’ai été là, dans l’ombre de ton indécision… tu me réduis à ça. Une pote.
Elle baisse enfin les yeux, un rire amer et sans joie lui échappe, une ultime décharge de cette colère devenue trop lourde à porter. C’est fini, la décision est prise. Je le sais maintenant, au fond de mes tripes, mon histoire avec Jules est morte. Il faut juste que je trouve le courage de lui dire. Mais je ne laisserai pas Xavier tout gâcher.
— Quel gâchis, putain. Quel immense gâchis.
— Excuse-moi… bafouillé-je, je suis maladroit. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.
Elle attrape une tasse vide en se levant et la balance violemment dans ma direction, sans vraiment chercher à me viser. Le bruit de la céramique qui se brise contre le mur résonne comme un coup de feu dans la cuisine.
— Je ne te laisserai pas faire ça ! Hurle-t-elle.
Elle se précipite sur moi. Ses yeux, d’ordinaire si profonds et apaisants, sont devenus deux lames de verre, injectés de sang. Les muscles de sa mâchoire sont crispés à en faire saillir les tempes, une tension qui déforme son visage habituellement si harmonieux en un rictus de douleur pure. Elle ne me regarde plus, elle me transperce. Ses poings s’abattent sur ma poitrine, non pas pour me faire mal, mais pour forcer la porte de ma cuirasse. Chaque impact est une supplique. Elle me frappe avec une cadence erratique, ses mains prises d’un tremblement incontrôlable qui commence dans ses épaules et se propage jusqu’au bout de ses doigts. C’est un séisme intérieur.
— T’as un cœur, Xav ! T’as un cœur, bordel ! S’époumone-t-elle, la voix striée de sanglots qu’elle tente en vain d’étouffer. Écoute-le ! Arrête de faire tes calculs de vieux con et écoute-le ! Écoute-le… !
Ses lèvres tremblent tellement qu’elle peine à articuler les mots, ses dents claquent légèrement sous le choc de sa propre rage. Elle finit par s’épuiser. Ses mains, qui s’acharnaient sur mon torse, s’ouvrent, leurs doigts agrippant le revers de ma chemise avec une force désespérée, ses articulations blanchissant sous l’effort. Puis, tout bascule. L’agressivité se dissout en une seconde. Ses genoux flanchent. Elle s’écroule contre moi, son front venant se loger dans le creux de mon épaule, son corps tout entier secoué par des secousses violentes, comme si elle était traversée par un courant électrique mourant. Elle me serre si fort que je sens ses côtes contre les miennes, son souffle chaud et humide mouillant le col de ma chemise. Elle ne combat plus le monde ; elle s’accroche à moi comme à son dernier ancrage dans la réalité.
Je reste là, pétrifié par ce contraste : la femme de feu qui, il y a une seconde encore, voulait me détruire, n’est plus qu’une enfant brisée qui cherche à se fondre en moi pour ne pas disparaître. Et je réalise, avec une terreur sourde, que cette destruction que je voulais infliger à Sandra, je viens de l’infliger à nous deux.
On a parlé longtemps, alors. Elle a déballé sa vie, son travail, ce couple avec Jules qui n’est plus qu’une façade, et sa rencontre avec moi, qui n’était qu’un jeu au début. De mon côté, j’ai essayé de clarifier, d’expliquer que je ne voulais pas profiter d’elle, que je tenais à elle…
Mais malgré tous mes efforts, mes explications me semblèrent être des mensonges, des pierres que je lui jetais au visage plutôt que des ponts. J’étais cet « ami plus plus » qui n’ose pas dire son nom de peur de tout faire exploser. En cherchant à la protéger, j’avais fini par ériger des murs si hauts que je l’avais condamnée à l’exil. Ma peur de l’attachement était devenue un poison que je lui faisais boire goutte à goutte. Je réalisais que mes « je tiens à toi » ne pesaient rien face à l’effondrement qu’elle venait de subir sous mes yeux. Tout ce que j’avais bâti pour rester indemne venait de s’écrouler, et dans le silence qui suivit ses cris, je compris qu’il n’y avait plus rien à expliquer. Juste à réparer.
Le calme est revenu, lentement. L’orage des mots a laissé place à une lassitude plus douce. Puis, comme si c’était devenu une habitude, elle est revenue s’asseoir sur mes genoux. Puisque les choses étaient dites, ou du moins entamées, je me sentais plus léger.
Mes mains ont glissé naturellement à l’intérieur de son peignoir. J’ai commencé à masser son ventre, ce ventre généreux et chaud que j’adore sentir sous mes doigts. À cet instant, dans le silence de la cuisine, les discours de rupture semblaient bien loin. On était juste là, l’un contre l’autre, suspendus avant le reste de la journée. Je croyais avoir déposé mon fardeau ; je ne faisais que m’enchaîner un peu plus à elle. Le silence retombe, seulement troublé par le ronronnement lointain du frigo et le tic-tac sourd d’une pendule. Sous mes doigts, la peau de son ventre est douce, vivante. Je sens Sandra se détendre, son corps s’abandonner un peu plus contre le mien. Elle appuie sa tête sur mon épaule, ses cheveux frôlant ma joue. Pendant un long moment, on ne dit rien. On savoure cette trêve fragile. Mais je sens son souffle changer. Il devient plus court, plus saccadé. Elle cherche ses mots, elle lutte contre quelque chose qui veut sortir.
— Xavier ? Murmure-t-elle.
Sa voix est si basse que je l’entends à peine. Je continue mon massage lent, circulaire, espérant que le geste suffira à la rassurer, à nous maintenir dans cette bulle de bien-être.
— Tu sais… pour moi, ce n’est plus un jeu depuis longtemps. Ce n’est pas juste… ça !
Elle ne dit pas les mots « plan cul », elle a trop de pudeur pour ça maintenant, mais ils flottent dans l’air, moches et froids. Elle se redresse un peu, juste assez pour approcher ses lèvres de mon oreille. Je sens la chaleur de son haleine sur ma peau, un frisson me parcourt l’échine.
— J’ai essayé de me raisonner, de me dire que c’était idiot, que ça allait tout bousiller… mais je n’y arrive plus.
Elle marque une pause. Le temps s’arrête. Je devrais l’interrompre, sortir une de mes phrases de vieux Yoda pour désamorcer la bombe, mais je suis comme paralysé.
— Je t’aime… je t’aime Xav.
C’est un souffle, presque rien. Un aveu glissé comme un secret coupable au creux de mon oreille. Mais pour moi, c’est un séisme. Le mot me traverse, me brûle, balayant mes certitudes et mes barrières. Je ferme les yeux, incapable de répondre, tandis que mes mains s’immobilisent sur sa peau. Elle vient de jeter la dernière carte du jeu. Et je n’ai plus rien pour contrer.
Le mot résonne encore contre mon tympan, vibrant jusque dans ma poitrine.
Je devrais dire : « Sandra, sois raisonnable. »

Je devrais dire : « On avait dit pas d’attaches. »

Je devrais dire…
Mais ma gorge est nouée, mes certitudes sont en cendres.
Je tourne lentement la tête vers elle. Ses yeux sont là, à quelques centimètres des miens, brillants d’une attente qui me déchire le cœur. Je vois sa lèvre inférieure trembler légèrement. À cet instant, je ne suis plus le sage, je ne suis plus celui qui sait. Je suis juste un homme qui se noie dans le regard d’une femme. Je pose ma main sur sa joue trempée, mon pouce recueillant une larme égarée.
— Moi aussi, Sandra… je crois que je suis foutu. Je t’aime, bordel.
C’est un aveu qui ressemble à une reddition. Dès que les mots franchissent mes lèvres, c’est comme si un poids immense s’envolait, remplacé par une urgence électrique.
Elle ne me laisse pas le temps de reprendre mon souffle. Ses lèvres s’écrasent sur les miennes avec une faim de louve. Une faim que les mois de cache-cache et de non-dits n’ont fait qu’attiser. Ma main, qui massait doucement son ventre l’instant d’avant, remonte avec autorité pour s’ancrer dans ses cheveux, tandis que l’autre la serre contre moi à en perdre haleine.
Le raisonnable, on s’en fout, plus de passé, maintenant on se fout de tout.
Il n’y a plus que nous deux, dans cette cuisine qui devient trop petite pour l’incendie qu’on vient d’allumer. Je me lève en la portant, ses jambes s’enroulant instinctivement autour de ma taille, et je l’entraîne vers la chambre. Aujourd’hui, on ne va pas juste faire l’amour. On va se dévorer jusqu’à en crever.
Je la dépose sur le lit, mais elle ne me lâche pas, ses mains s’accrochant à ma chemise comme si sa vie en dépendait. Dans la pénombre de la chambre, le rouge de la lingerie qu’elle a choisie semble brûler contre la pâleur de sa peau. Il n’y a plus de place pour les mots, plus de place pour la réflexion de « vieux con ». Mes mains, d’ordinaire si prudentes, explorent désormais chaque courbe avec une faim de possédé. Je redécouvre la cambrure de ses hanches, la douceur de son ventre généreux que je pétris avec une ferveur nouvelle, tandis que nos souffles se mêlent dans un rythme saccadé. Chaque contact est une décharge électrique, chaque gémissement étouffé de Sandra est une victoire sur la raison. On se cherche, on se dévore, portés par l’urgence de cette année de frustration qui vole en éclats. C’est une lutte autant qu’une union, un corps-à-corps où la peau s’enflamme, où la sueur et le parfum se confondent, jusqu’à ce que je me perde totalement en elle, oubliant le monde extérieur, le temps, et même mon propre nom.
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Chapitre 6 · Sous les scories du passé
Xavier, la cinquantaine, et Sandra, jeune femme de vingt-cinq ans, vivent une passion qui défie tout ce qu'il croyait raisonnable. Ce matin-là, il débarque chez elle avec une résolution en béton — et se retrouve face à une femme qui n'a aucune intention de le laisser sur sa lancée. Entre la dentelle rouge et la fureur tendre d'un désir trop longtemps retenu, qui va vraiment mener la danse ? Un face-à-face où les corps parlent plus fort que les principes.
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Commentaires ()

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slysex
13 octobre 2026 à 17:37
woah ! la tempete des emotions. Incroyable.

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