Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Xanths — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Xanths
Chapitre 10
Septima
Fahra a peur de moi. Maintenant ce n'est plus le cas, mais pendant quelques jours, lorsque nous avons commencé à échanger elle et moi, elle ne parlait pas beaucoup, et se cachait souvent derrière Romane. Pourtant, elle était vraiment belle : dans mon monde, lorsqu'une Romaine était aussi belle, elle disposait presque instinctivement d'une certaine confiance, voire même d'une certaine arrogance. Ayant été habituée à cela, je me suis retrouvée étonnée face à l'habitude un peu timide de la marquée. Après mon premier réveil, nous sommes restées encore deux ou trois jours dans les parages, à reprendre des forces, chercher des sorts et surtout expliquer à Fahra toutes les subtilités de Xanths. Accessoirement, nous avons reconstruit nos vêtements. Mais à part quelques petites bêtes, la nourriture a commencé à manquer, et nous avons décidé de lever le camp le soir du troisième jour.
Les voyages sont toujours un problème dans Xanths : soit l'on choisit de se déplacer de jour, au risque de croiser une multitude d'animaux et d'humanoïdes plus ou moins inoffensifs, mais nombreux ; soit l'on choisit de se déplacer de nuit, pour être plus tranquille, au risque de tomber sur des monstres bien plus dangereux. En tout cas, dans le biome que l'on explorait depuis que j'étais avec Romane, c'était sur ce calcul qu'il fallait se baser pour survivre.
Nous nous étions éloignées des territoires dont nous avions l'habitude : il fallait remonter jusqu'à la lisière du biome montagneux, puis bifurquer en direction de la mer pour retrouver notre cachette, et l'ogre bleu qui devait nous y attendre. Mais déjà nous étions épiées ; je l'ai senti tout de suite.
***
Romane.
Fahra nous obligeait à garder une allure plutôt modérée ; même si c'était plutôt dangereux, nous n'étions pas contre. L'aventure de l'Obake m'avait laissé un goût amer, et j'avais presque peur d'utiliser, et d'abuser de nouveau de mes sorts. La nuit nous marchions, à l'aurore, nous cherchions un sort ou un quelconque moyen de nous abriter, avant de dormir le reste de la journée. Sur le chemin, on tombait ci et là sur des fruits ou de petits animaux à manger. J'aurais dû me douter que quelque chose clochait : à part quelques ennuis mineurs, rien de bien méchant ne nous était encore arrivé. Sur le moment, je pensais que toutes les créatures étaient encore au sud, guettant la marquée que nous leur avions subtilisée. Mais pas seulement. La première fois que je l'ai aperçu, ce fut seulement l'espace d'un instant :
- … et c'est pour ça qu'il faut que tu fasses toujours gaffe à où tu mets les pieds en forêt quand tu te perds dans les broussailles. Si tu ne peux pas voir exactement où tu vas, n'y va pas. La dernière fois, on a mis plusieurs minutes à échapper à cette horreur avec Septima.
L'après-midi avait été plutôt calme : à part quelques herbes à peine dangereuses et deux jiangshis, rien de vraiment extraordinaire. Mais soudain, un léger tintement me fit tourner la tête : derrière un tronc assez large, un visage apparut. Un visage d'homme, la trentaine, plutôt barbu mais propre. Une aura blanche semblait se dégager de sa peau, dénotant avec le noir de la nuit. Je fus incapable de prononcer le moindre mot, m'arrêtant simplement de marcher. Les filles se retournèrent, et suivirent mon regard. Mais avant qu'elles ne puissent apercevoir la personne qui se tenait derrière l'arbre, je le vis, distinctement, prendre peur et s'en aller.
— Attends…
Il était parti. Comment était-ce possible ? Je courus derrière l'arbre en question, sachant pertinemment que Septima pourrait venir à mon secours en cas de pépin. Avec le recul, c'était une erreur : les illusions sont nombreuses à Xanths, et peuvent avoir des origines très variées. Mais quelque chose me faisait penser qu'il ne s'agissait pas d'une illusion : son regard apeuré, ses traits tirés lorsqu'il eut peur d'être aperçu par les filles. C'était trop vrai pour n'être qu'une illusion. Avec le recul, ça restait tout à fait stupide : l'imitation de l'Obake une petite semaine plus tôt avait été également terriblement réaliste.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Septima était sur ses gardes : elle avait sorti son couteau de son étui, prête à en découdre, comme à son habitude. Fahra, réfugiée derrière elle, était beaucoup moins rassurée.
— J'ai cru apercevoir quelqu'un. Mais j'ai dû rêver, il n'y a rien.
Septima a froncé son sourcil droit, comme quand quelque chose tilte dans sa tête. Elle avait dû deviner quelque chose. Mais nous avons poursuivi notre route. A l'aurore, nous avions aménagé trois petits lits suspendus au sommet d'un grand arbre, avant de nous coucher ; et alors que les filles commençaient à tomber dans les bras de Morphée, un petit bruissement attira mon attention : en me relevant sur les coudes, j'aperçus entre les branchages la même tête, enveloppée dans une aura blanchâtre qui eut un mouvement de recul au moment où je me redressais.
Nous nous sommes fixés l'un l'autre quelques secondes, sans oser bouger. J'eus un mouvement pour essayer de réveiller Fahra sur ma droite, mais la créature leva sa main droite, comme pour m'en empêcher. Il me fit un signe pour que je le suive. Que devais-je faire ? Il n'était pas prudent de suivre cette créature, ce pouvait être un piège. Même cette petite voix dans ma tête, qui semblait m'assurer que je ne courrais aucun danger, pouvait être un artifice de cette créature.
Nous nous sommes fixés l'un l'autre quelques secondes, sans oser bouger. J'eus un mouvement pour essayer de réveiller Fahra sur ma droite, mais la créature leva sa main droite, comme pour m'en empêcher. Il me fit un signe pour que je le suive. Que devais-je faire ? Il n'était pas prudent de suivre cette créature, ce pouvait être un piège. Même cette petite voix dans ma tête, qui semblait m'assurer que je ne courrais aucun danger, pouvait être un artifice de cette créature.
Mais pourtant, je pris le risque.
L'aurore se levait, les créatures dangereuses commençaient à se replier dans leur tanière, et les moins dangereuses vadrouillant le jour ne s'étaient pas encore levées. Je cachai discrètement le couteau de Septima dans les replis de mes peaux. Malheureusement, le sac de sorts était hors de ma portée, je n'aurais pas pu le prendre discrètement qui plus est.
Je suivis la créature. Elle semblait un peu rustique : elle avait la forme d'un homme, plutôt musclé, assez velu, torse nu avec un pantalon large et troué ; ses bras étaient terriblement musclés, avec un léger ventre un peu bedonnant, mais qui semblait dégager une force incroyable. Au fur et à mesure qu'elle avançait entre les branches, son aura blanchâtre disparaissait. Je grinçai des dents, et serrai plus fort le couteau dans ma main. Au bout de quelques dizaines de mètres, nous arrivâmes au sommet d'une petite clairière, en haut d'un grand pin aux branches larges. Il se retourna, et s'assit simplement sur la branche, tout sourire. Il était vraiment beau, même si la barbe n'a jamais vraiment été mon truc. En réalité, la simple vue de sa musculature me donnait chaud, mais en même temps, nous étions à Xanths, difficile d'en être autrement. Il commença :
— Merci d'avoir accepté de me suivre. Je suis plutôt timide, je préfère être seul en votre compagnie.
— Qui êtes-vous ? Et surtout, Qu'êtes-vous et pourquoi vous nous suivez ?
— Qui êtes-vous ? Et surtout, Qu'êtes-vous et pourquoi vous nous suivez ?
La créature sourit, et sans faire de bruit, elle claqua des doigts et disparut. J'eus une montée d'adrénaline, sortit le couteau et m'agrippait à la branche en dessous de moi. Mais aussitôt, il réapparut, comme si de rien n’était, et secoua les mains :
— Non, non, non. S'il vous plait, rangez ça, je ne suis pas une menace. Je suis un Huldu, mais je suis homme, comme toi tu es femme. Je ne suis pas venu pour te tendre un piège, je suis juste venu car je te trouve vraiment belle, et voudrais apprendre à te connaître.
C'était la meilleure : d'ailleurs, les bras m'en tombèrent. Était-ce une stratégie pour me faire baisser ma garde ?
— Je ne suis pas une menace, je te jure ! D'ailleurs, tu peux partir si tu ne me fais pas confiance, je ne t'en voudrais pas. Mais je ne te veux pas de mal.
J'eus d'abord un sourire, avant de rire doucement, en m'excusant maladroitement. Cette scène était tellement sortie de nulle part, elle semblait tout à fait invraisemblable, et rire fut mon seul réflexe. Lui, moins : il se sentit vexé, et claqua du doigt pour disparaître.
— Non, non, ne pars pas, reste ! Je te promets que ce n'était pas volontaire ! J'ai ri simplement parce que ça fait très longtemps que ça ne m'était pas arrivé, mais je préfère largement ça à autre chose, s'il te plait reviens.
Comme quoi la galanterie, même ici, ne semblait pas morte. Le Huldu réapparut, redressé cette fois, dans toute sa splendeur et Sa Majesté, avant de me demander simplement :
— Comment tu t'appelles ?
Nous passâmes près d'une heure à apprendre à nous connaître, à s'échanger des questions. Il était sympathique, et malgré son style de paysan, voire bucheron, je dois bien reconnaître que le bonhomme était plutôt attrayant. Le Huldu s'appelait Keira, une race comme les autres condamnée à fertiliser les pauvres jeunes femmes de Xanths ou condamnée à mourir. A une distinction près : Keira était le Roi de sa race. Il était venu pour trouver la marquée, à plusieurs kilomètres en dehors des limites de son royaume, parce sa reine était morte quelques années auparavant, et qu'il lui fallait trouver une remplaçante. La Reine, surnommée Huld, détiendrait alors quelques pouvoirs magiques, en plus d'être considéré comme l'être le plus important pour tout le reste de la race. Mais en tombant sur notre groupe, il avait été étonné par ma beauté, et n'avait vu que moi, au détriment de Fahra.
Discours flatteur, mais un peu trop beau pour être vrai. Qui plus est, il fallait encore écarter les cuisses, choses que je n'étais clairement pas décidé de faire. Je n'avais pas échappé à trois ogres, trois harpies des dizaines de gobelins, un popobawa et un Obake, sans compter la multitude d'autres espèces qui nous avaient un peu moins posé de problèmes, simplement pour se faire engrosser par le premier romantique du lot. Même si, vu le style et la beauté du bonhomme, l'offre restait intéressante. J'avoue avoir toujours été réceptive au fantasme du bucheron aux mains calleuses, brusques et assez violent, et la magie de Xanths n'arrangeait rien au problème, loin de là.
— Ecoute Keira, je ne peux pas. Déjà, je ne veux pas : je veux rentrer chez moi, retrouver les personnes que j'aime et une vie normale. Ensuite, les filles là-bas comptent sur moi, et je ne peux pas les laisser tomber comme ça.
— Romane ! Tu ne peux pas rentrer chez toi ! Personne n'y est jamais parvenu ! Et puis, les filles pourraient venir avec nous, elles seraient bien traitées, bien nourries. Surtout, elles ne seraient pas contraintes, si elles ne veulent pas d'enfant. Je suis Roi, j'ai le droit d'imposer quelques-uns de mes vétos sur les filles que je capture. S'il te plait Romane, réfléchis-y au moins à deux fois.
— Romane ! Tu ne peux pas rentrer chez toi ! Personne n'y est jamais parvenu ! Et puis, les filles pourraient venir avec nous, elles seraient bien traitées, bien nourries. Surtout, elles ne seraient pas contraintes, si elles ne veulent pas d'enfant. Je suis Roi, j'ai le droit d'imposer quelques-uns de mes vétos sur les filles que je capture. S'il te plait Romane, réfléchis-y au moins à deux fois.
Un bref silence s'installa. J'avais la mine grave, nul doute qu'il s'attendait à un retour négatif de ma part.
— J'ai un dernier argument…
Sur ce, il se leva, dégrafa le haut de son pantalon et le laissa tomber simplement sur le sol. Ma mâchoire se décrocha légèrement : son engin n'était clairement pas aussi important que ceux auxquels j'avais déjà eu affaire, Xanths oblige, mais si nous avions été dans le monde réel, ça aurait été le plus important auquel j'aurais eu affaire. Une bonne vingtaine de centimètres, assez large, une grosse paire en dessous, ajouté au charme du Huldu, auquel j'avais jusque là été assez sensible, le tout me fit piquer un sacré fard. J'eus une énorme bouffée de chaleur, et sentit a zone basse s'humidifier un peu.
Je devais penser à autre chose : Fahra et Septima m'apparurent, et heureusement… Car si tout n'avait tenu qu'à moi, je me serai mise à quatre pattes et bien cambrée sans avoir trop à réfléchir : je le trouvai vraiment beau.
— Stop, stop… S'il te plait, Keira, range-moi ça…
— Tu es toute rouge.
— Tu es toute rouge.
Et son commentaire me fit piquer un fard encore plus important, sans compter la bouffée de chaleur…
— Merci, mais ça va. Ecoute Keira, j'apprécie beaucoup que toi et ton peuple ne nous ayez pas sauté dessus au moindre répit ; vraiment c'est très sympa de ta part, et si tu veux, ce qui me ferait très plaisir, on peut rester ami. Mais là, j'ai vraiment trop à perdre. J'ai des gens qui tiennent à moi, et je ne peux pas simplement abandonner parce que j'en ai envie.
— Donc tu en as envie aussi ?
— Donc tu en as envie aussi ?
Je soufflai, il rendait les choses plus difficiles.
— Ne le prends pas pour toi s'il te plait. J'ai encore un peu de réserve ; j'ai encore un peu envie de me battre, et c'est important pour moi. Je ne compte pas mourir aussi simplement, même si l'option que tu me proposes est de loin la meilleure que j'ai eue depuis mon arrivée ici.
— Alors on peut quand même continuer de se voir ?
— Euh… Oui, oui, si tu veux.
— Alors on peut quand même continuer de se voir ?
— Euh… Oui, oui, si tu veux.
A ces mots, un sourire radieux réapparut sur son visage ; j'en ressentis d'ailleurs un immense soulagement, allez savoir pourquoi. Tout heureux, il me prit dans ses bras, sans pour autant avoir remonté son pantalon auparavant. Sa queue se retrouva comprimée contre mon ventre, étant beaucoup plus petite que lui, et je n'osai pas bouger. Elle était tellement dure, je regrettai déjà de lui avoir dit non.
— Euh, Keira, je…
— Ah, pardon !
— Ah, pardon !
Il me relâcha, avant de remettre son pantalon, et de déposer un baiser sur ma joue. Il me fit un clin d'œil, et claqua du doigt : le Huldu disparut complètement. Dans la brise de la nuit noire, j'entendis dans le vent :
- « A bientôt ! »
Et tout heureuse de ma nouvelle rencontre, et de mon nouvel allié, je décidai de retourner finir mon tour de garde auprès des filles, que j'avais malencontreusement laissé sans surveillance, et à la merci de toutes les créatures des environs…
***
Septima (x)
Romane a fait le tour du tronc auquel j'étais adossée. Lorsqu'elle est arrivée à ma hauteur, je l'ai attrapé à la gorge avant de l'écraser contre l'arbre.
— T'es pas folle ? La prochaine fois que tu veux jouer à ça, préviens-moi ! J'étais censé dormir, pas veiller sur toi comme une enfant. C'était ton tour de garde !
Romane m'a repoussé légèrement, sans violence, la mine grave.
— Je sais, je suis désolée, ça ne se reproduira pas. Vraiment, excuse-moi, je n'ai pas réfléchi.
— T'es complètement folle ! Tu pars toute seule dans la forêt alors qu'on est censée dormir, et tu voudrais que je passe dessus ?
— T'es complètement folle ! Tu pars toute seule dans la forêt alors qu'on est censée dormir, et tu voudrais que je passe dessus ?
Je l'ai encore repoussé contre l'arbre. Mais cette fois, elle m'a regardé avec un air bizarre. J'ai du me calmer toute seule, me rendant compte que j'étais largement capable de faire attention à moi, même endormie, à cause du sort de puissance, et que Fahra, dans ces conditions, n'a jamais rien eu à craindre non plus. Pourquoi étais-je énervée alors ?
— Ca va, Septima ?
Sa question a accentué encore mon trouble.
— C'est pas moi le problème ! Réveille-toi, tu n'es plus chez toi ! Il ne va pas gentiment attendre que tu lui ouvres tes cuisses pour te prendre. Comment est-ce que tu aurais réagi s'il t'avait fracassé la tête contre une branche avant de t'engrosser ? Tu serais…
— T'aurais sauvé mes fesses avant qu'il ne se passe quoi que ce soit.
— T'aurais sauvé mes fesses avant qu'il ne se passe quoi que ce soit.
Elle a encore répondu avec son insupportable petit sourire en coin, et la même réplique, qui m'a fait exploser de colère :
— Arrête avec tes bêtises ! S'il…
— Je suis désolée.
— Je suis désolée.
Elle m'a prit dans ses bras, comme pour réconforter un enfant qui fait un cauchemar en pleine nuit. Comme si rien de grave n'avait eu lieu. Bon, quelque part, rien de grave n'a eu lieu, mais elle aurait pu se faire prendre. Elle aurait pu se faire enlever discrètement, ou pire encore… Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ?
— Lâche-moi ! T'es idiote.
— Je sais. Allez, on rentre.
— Je sais. Allez, on rentre.
Nous sommes retournées là où nous nous étions posées quelque temps plus tôt. Fahra dormait toujours aussi paisiblement… seule. Le soleil était levé depuis quelques temps déjà, et quelques bestioles ont commencé à s'agiter en dessous de nos pieds. Mais les branchages nous cachaient assez bien pour ne pas être vues ; même, l'ambiance générale de la forêt nous a permis de chuchoter sans nous faire remarquer. Et pis, au pire, mon corps étant toujours affecté par le sort, j'étais toujours assez forte pour battre n'importe quelle créature qui nous aurait cherché des noises.
Comme nous n'étions pas fatiguées, nous nous sommes mises à discuter.
Comme nous n'étions pas fatiguées, nous nous sommes mises à discuter.
— Tu lui fais confiance ?
Elle m'a regardé avec un air familier : celui qu'elle adopte quand elle pense maîtriser la situation.
— Je ne sais pas encore. En fait, je ne sais rien sur rien : je ne sais pas depuis combien de temps il nous suit, à quelle fréquence il veut me voir, pourquoi moi et pas…
Son regard s'est tourné vers Fahra. Et avant qu'elle puisse continuer, je l'ai interrompue :
— Tu vas accepter sa proposition ?
— Je ne sais pas encore, je ne suis pas décidée.
— Je ne sais pas encore, je ne suis pas décidée.
J'ai vu ses yeux. Sa bouche disait peut-être, mais pas son cœur. Elle a pensé que nous étions écoutées discrètement par la créature : le stratagème était malin ! En lui faisant croire qu'elle était peut-être encline à accepter son offre, elle lui ôtait la possibilité de préparer un piège pour la forcer. J'ai eu un petit sourire en coin, et elle a eu le même : nous nous sommes comprises, sans même avoir besoin de développer. Du moins, c'est ce que je pensais à l'époque…
***
La créature disparaît. Elle se renfonce dans les galeries qu'elle parvient à peine à emprunter à cause de sa taille, laissant Zvolk enchaîné, épuisé et sanguinolent. Pendu par les mains, accroché au fond d'une petite salle lugubre à plusieurs dizaines de mètres sous terre, il peut enfin se permettre de pleurer. Son ventre lui fait mal, ses plaies ouvertes le brûlent et s'il pouvait hurler de douleur, il le ferait. Il peut à peine respirer sans s'étouffer.
Il la pensait disparue. Après tout, elle aurait pu passer à autre chose, se chercher un autre ennemi, une autre cible. Mais non. Elle était venue le chercher, et maintenant qu'elle l'a en sa possession, le pauvre petit hobgobelin va souffrir.
« Où est la blonde ? », « où est-elle ? ». Pendant des heures et des heures, peut-être même des jours ? Zvolk a perdu la notion du temps : il n'est plus qu'une loque qui souffre et qui saigne. Mais il ne dira rien. Apparemment, la créature a abaissé ses envies. Mais elle n'attrapera pas Septima.
En tout cas, Zvolk ne lui donnera pas.
En tout cas, Zvolk ne lui donnera pas.
***
Romane (x)
Nous arrivâmes enfin en terrain connu. Après près d'une petite semaine, Septima et moi commencions à reconnaître certains passages, certaines clairières et petits raccourcis entre les arbres. Nous nous étions aventurées loin au sud, et retrouver des paysages familiers était très réconfortant. Nous aurions pu marcher beaucoup plus vite, mais il aurait fallu apprendre à Fahra comment utiliser des sorts, et je préférai le faire en sûreté qu'au milieu de nulle part : marcher nous faisait du bien, nous permettait de faire le plein de sort et de reconstituer nos vêtements, en plus de nous vider la tête.
Septima avait presque construit une armure intégrale pour Fahra. En cas de pépin, il fallait qu'elle soit dure à déshabiller, il fallait conserver sa vertu à tout prix. Peau de bête et cuir la recouvraient de la tête aux pieds, laissant à peine apercevoir ses bras et une partie de ses jambes. Elle se plaignait : les peaux grattent, mais on s'y habitue après tout. Malgré sa naïveté et ses peurs, elle s'intéressait à tout.
Une fois en lieux sûrs, nous pourrions passer aux choses sérieuses ; surtout que depuis le combat contre l'Obake, je n'arrivai pas à me sortir de la tête le sort de puissance.
— Septima, t'es toujours forte ?
Les filles s'arrêtèrent. Nous étions au milieu de première clairière, à peine une centaine de mètres à la lisière du biome. Évidemment, ma blondinette souffla :
— Ca ne peut pas attendre qu'on soit arrivées ? J'ai faim, soif, et je suis fatiguée.
— Si j'ai raison, t'auras tout le temps de te reposer après, en réfléchissant. T'es toujours forte ?
— Si j'ai raison, t'auras tout le temps de te reposer après, en réfléchissant. T'es toujours forte ?
Elle souffla.
— Évidemment.
Septima regarda à droite à gauche, avant de repérer un petit rocher dans un coin de la clairière. Le genre de pierre sur laquelle on s'assoit d'habitude, à vue de nez, une grosse dizaine de kilos, voire un peu plus. Elle l'attrapa et le souleva à bouts de bras, le lançant dans les airs et jonglant avec comme s'il s'agissait d'un ballon de foot. Le double sort de puissance agissait toujours, malheureusement.
— Pourquoi tu me poses la question ?
— Pose-moi ça. Je voudrais que tu prennes une grande inspiration, que tu détendes tous tes muscles et que tu essaies de déraciner l'arbre qui est juste là.
— Pose-moi ça. Je voudrais que tu prennes une grande inspiration, que tu détendes tous tes muscles et que tu essaies de déraciner l'arbre qui est juste là.
Les filles m'ont regardé avec un air ahuri, Septima en particulier, vu que Fahra n'était pas encore habituée à la logique des sorts.
— T'es malade ? Même avec un sort de puissance, on ne peut pas faire n'importe quoi. Je peux abattre le tronc en tapant vingt fois dessus mais pas déraciner un arbre pareil.
Justement, c'était le but : il était massif, bien trop large pour qu'on puisse en faire le tour avec les bras. Mais quelque chose me disait qu'il était possible de faire quelque chose. Comme je regardai Septima avec insistance, elle souffla encore avant de s'atteler à la tâche. Elle prit une grande inspiration, et essaya de soulever le tronc, sans y parvenir : ses mains s'enfoncèrent dans l'écorce, sans plus.
— Voilà, merci Romane, on peut rentrer maintenant ?
Fahra me regardait avec un air incrédule. Je foulai dans ma besace, avant d'en sortir un sort de puissance, et de le consommer. J'eus une décharge électrique, et une immense énergie se mit à couler dans mes veines. Septima partit s'assoir en soupirant.
— Par tous les Dieux… Si je n'y arrive pas, tu n'y arriveras pas non plus, arrête !
Je me posai devant le tronc : l'arbre était imposant, au moins un mètre cinquante de diamètre. Ca me tuait de devoir le déraciner, mais je voyais mal comment tester nos pouvoirs autrement. En réalité, nous n'avions jamais remis en question nos utilisations de sort, parce qu'en disposer relevait déjà de l'extraordinaire. Mais si nous pouvions faire plus ? Comme lorsque j'avais sauté à plusieurs dizaines de mètres de hauteur pour assommer l'Obake ?
Je pris une grande inspiration, et soufflai un grand coup. Au bout de quelques respirations, tous mes muscles se détendirent. Je concentrai mon attention sur ma poitrine : la sensation est difficilement descriptive, mais je réussis à transmettre cette énergie dans mes bras et dans mes jambes. Je plaçai mes mains sur l'arbre, et pris une dernière grande inspiration.
Rien ne se passa. Septima perdit patience est se leva :
— Bon, quand t'auras fini, tu nous rejoindras à…
Dans un bruit infernal, l'arbre se déracina : les racines apparurent, encore à moitié dans le sol, se brisant une par une à mesure que je soulevai le tronc plus haut ; les branches de la cime nous tombaient sur la tête, secoués, et l'écorce se fendit un peu partout autour du tronc dans un bruit assourdissant. Je restai comme ça quelques secondes, avant de reposer l'arbre sur le sol, non sans produire un bruit qui dut s'entendre de l'autre bout de la forêt.
En me retournant, je vis d'abord plusieurs dizaines de branches et de feuilles tombées sur le sol. Certains oiseaux étaient même tombés de l'arbre. Je ne pus m'empêcher de sourire de mon exploit, malgré les sévices infligés à ce pauvre arbre, en constatant que Fahra et Septima étaient toutes les deux assises par terre, complètement ébahies.
— Je sais comment exploiter à pleine puissance les sorts. On va pouvoir passer à l'étape supérieure.
***
Je me doutais que nous finirions par y arriver. Lorsque nous sommes arrivées à la lisière de la forêt, à la limite nord du biome, Septima et moi nous retrouvâmes terrifiées. La gigantesque falaise qui s'étendait autrefois au-dessus de nos têtes, le seul endroit à des kilomètres à la ronde où le biome « forêt » au sud et le biome « montagne » au nord se rejoignaient, endroit que nous avions utilisé pendant des mois comme camp de base, d'entrainement et de stockage, avait disparu. La roche était explosée en milliers de petits morceaux étendus sur des kilomètres : de gigantesques morceaux de roches formaient un cimetière géant. Et Zvolk avait disparu. Sitôt retrouvé, sitôt disparu.
Je m'étais effondrée en pleurant : presque tous nos efforts pour survivre depuis des mois, des dizaines d'heures de forages à la main à même la roche réduites à néant par une explosion. Septima ne s'était pas écroulée, mais des larmes s'écoulaient tout de même sur ses joues. Fahra avait compris, la mine grave.
— Zvolk !
***
***
***
— Vous avez désobéi aux ordres, Quatrième. Le Conseil avait pourtant été très clair : pas de super-gardes.
Les Onze autres Conseillers se lèvent. Le Premier reprend la parole :
— Messieurs, vous connaissez la procédure. Sachant que cet acte de rébellion fragmente la stabilité de ce Conseil, menaçant à long terme chaque espèce vivante de ce continent, il est en notre devoir de trancher. Quatrième, avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?
Le Quatrième se lève :
— Je n'ai pas mis fin à leur vie. J'ai expressément attendu que les deux aient quitté leur abri pour le détruire. Tout comme ce… le traitre qui leur vient en aide.
Les Onze votent à main levée, le Premier reprend :
— Quatrième, vous êtes condamné à Neuf contre Deux. Sachez que vos actes entrainent leur immunité de notre part pour une période de cinq ans, même si elles peuvent toutefois succomber d'autre part. Si l'une d'elles parvient à survivre jusque-là, je lui proposerai moi-même de prendre votre place. En attendant…
Le Quatrième essaie de prendre la fuite, apeuré, avant d'être rattrapé par deux ogres : sa bague lui est enlevée, sa capuche est arrachée. Nue, elle se retrouve aux pieds de Nathanaël, suppliante :
— Non… Non ! Pitié, Nathanaël ne faites pas ça ! Vous ne pouvez pas… Je vous en supplie ! Ne m'emmenez pas là-bas, pour l'amour du Ciel… Non ! Non !
— Je vous demande pardon, mais le Conseil a voté.
— Je vous demande pardon, mais le Conseil a voté.
Les portes du Conseil se referment, sur les hurlements du Conseiller déchu.
— Mesdames et Messieurs, problématique suivante.
***
***
***
Romane court dans la forêt. Elle a laissé Septima et Fahra à sa lisière, avant de s'enfoncer en pleurant dans la noirceur du bois. Ses nerfs ont lâché : elle craint pour Zvolk, et surtout n'accepte pas que la première partie de sa vie à Xanths se termine ce soir. Elle détruit tout sur son passage : plantes, arbres, animaux, le sort de puissance n'épargne que ce qu'elle choisit d'éviter. Mais tout a une fin : le sort s'estompe, la jeune femme se fatigue, et finit par s'abandonner au creux d'une petite clairière, au bord d'un ruisseau. Ramassée sur elle-même, elle pleure toutes les larmes de son corps. Vulnérable, elle n'est pourtant pas seule :
— Romane ?
La jeune femme se retourne, sur ses gardes : elle a placé sa main droite sur le petit couteau qu'elle cache dans les plis de ses peaux, et la gauche dans son petit sac de sorts, prête à en découdre. Mais en voyant le petit être lumineux sortir de derrière les arbres, elle se rassoit, et essuie ses larmes.
— Keira ? Qu'est-ce que tu fiches ici ?
— J'ai vu que tu étais triste. J'ai eu mal au cœur en te voyant, donc je suis venu pour savoir si je pouvais te donner un coup de main.
— J'ai vu que tu étais triste. J'ai eu mal au cœur en te voyant, donc je suis venu pour savoir si je pouvais te donner un coup de main.
Romane rigole ; le Huldu vient s'assoir à côté d'elle. Effort remarquable, sachant que cette espèce n'a jamais vraiment été loquace. Mais Romane apprécie : elle a cessé de pleurer, pour simplement regarder le vide en attendant que sa douleur diminue ; malgré le fait qu'elle ne soit pas véritablement des plus patientes.
— Tu sais, si tu as besoin d'un coup de main, je peux demander à mes sujets…
— Tais-toi.
— Tais-toi.
Romane embrasse le Huldu, à pleine bouche. Sachant que cela fait plusieurs mois qu'elle n'a pas véritablement été avec quelqu'un, qui prenne soin d'elle et la chérisse, si l'on omet Septima, cela est presque compréhensible. Alors elle repousse le Huldu, en continuant de l'embrasser, pendant que ces mains baladeuses commencent progressivement à se débarrasser des peaux qui l'encombrent. Notre petite rousse se retrouve rapidement dénudée, et elle-même n'hésite pas à défaire le pantalon du Roi.
Romane se débarrasse de ses derniers vêtements, exposant sa croupe à la fraicheur de la nuit ; son buisson enflamme Keira, lui aussi débarrassé de son pantalon. Le Huldu n'a jamais été aussi prêt.
— T'es plutôt endurant comme garçon ?
— Je… heu… ça va, oui…
— Tais-toi.
— Je… heu… ça va, oui…
— Tais-toi.
Cette fois, la jeune femme l'a prononcé en badinant, à l'approche de ce qui arrive. Elle attrape le sexe de son compagnon, et l'embouche goulument, commençant sa fellation. Keira n'a pas l'habitude : il s'effondre sur le sol, savourant, certes moins que sa compagne, ce festival de nouvelles sensations. Il faut dire que Romane n'est pas en reste : elle joue de la langue, des joues, des mains, et fait même semblant de mordiller pour tenir en alerte son partenaire.
Au bout de quelque temps, elle se redresse, enjambe le Huldu, tout blanchâtre dans la nuit, et s'enfourne sur la bête, dans un long râle de plaisir. Romane met plusieurs longues secondes à s'empaler sur le sexe de son compagnon, tout heureuse. Tout sourire, elle balance la tête en arrière avant de jouer des reins, sa poitrine rebondissant à chaque mouvement de hanche. Cela fait quelque temps qu'elle ne s'est pas abandonnée, et le plaisir n'en est que plus grand encore. Keira place sa main gauche sur sa hanche, et la droite sur sa poitrine, roulant délicatement son téton entre son pouce et son index. Ses mains calleuses font complètement perdre la tête de la jeune femme, qui accélère frénétiquement la cadence.
Ses mouvements se font plus rapides, ses yeux roulent dans leurs orbites : au bout de quelques instants, son jeu de reins devient plus brusque encore, par à-coups, alors qu'un long frisson lui parcourt tout le corps, la tête balancée en arrière. C'est l'orgasme.
— Romane… Je vais pas…
La jouissance l'a sorti de son état absent. Dans un sursaut de lucidité, la jeune femme se dégage, lentement, avant de reprendre son compagnon dans la bouche. Cette fois-ci, abrutie et changée par l'amour et la volupté, elle se veut plus câline, plus douce : elle lèche, elle suçote, et bientôt Keira ne peut plus résister. Dans un frisson d'amour, et sachant que Xanths embellit de toute façon tout se qui se rapporte au sexe, elle avale. Elle qui ne l'avait jamais accepté dans le monde réel, elle est prête aujourd'hui, et surtout ici, à passer le pas ; et le goût, enjolivé par toutes les splendeurs et la magie du continent, n'en est que plus appréciable.
Elle s'allonge à son côté, encore nue et ruisselante, soufflant après l'effort et la fatigue de la journée, s'abandonnant au creux de son épaule.
Keira, lui, a un sourire narquois…
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Voici le chapitre qui conclut le premier cycle de Xanths ! La prochaine fois que vous rencontrerez Romane et ses amies, quelques années se seront écoulées dans leur monde. J'essaierai d'écrire en tout trois cycles de 10 chapitres, en espérant arriver à tenir mes promesses…
En tout cas désolée pour l'attente, mais je préfère largement vous fournir du contenu travaillé et (que j'estime) propre, plutôt qu'une histoire mal écrite juste pour publier. Si vous avez apprécié cette première série de chapitres, je vous invite à m'expliquer pourquoi dans les commentaires, tout comme (et surtout) les défauts que vous lui avez trouvés. De même, si vous voulez me faire part de fantasmes ou de créatures / situation que vous aimeriez retrouver dans la suite des chapitres, je vous invite à m'en faire part (en message privé si vous préférez), suite des chapitres qui s'intituleront « Xanths, un nouvel espoir ». A bientôt 😉 !
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Commentaires ()
En tout cas, merci pour vous encouragements ;), c'est très motivant!
J’espère que ce nouveau cycle arrivera vite et aura une fréquence de publication suffisante, ou du moins, comme l'on souligné Downstar et Shazam, avant qu'on ne sois obligé de relire les chapitres précédent....
;)
J'avais un peu perdu le fil mais je viens de tout relire et j'ai encore plus appreciée ton histoire.
J'ai vu ta proposition de nous envoyer une petite partie en privé. Si tu as toujours d'accord, je suis preneuse. Je suis très curieuse et il me tarde de lire la suite.
J’ai adoré cette histoire... En plus le traitement est bien vu... Mais j’ai failli perdre le fil entre les parutions m’obligeant à relire les chapitres précédent à chaque fois... En tout cas j’attends la suite avec impatience...
Merci
juste pour savoir si tu publiera les autre chapitre sur le même ou tu fera un autre volume et je voudrai savoir sije peux faire un copier coller uniquement sur mon ordi de tes histoire pour pouvoirs les relire directement l'or de tes prochaine publication
D'ailleurs, la suite devrait mettre du temps à arriver, mais une petite partie est déjà écrite. Si ça vous intéresse, je peux vous en envoyer une partie en privé le temps que tout soit au point.